Dans une ruelle de St Paul [8.03.1941]


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Dans une ruelle de St Paul [8.03.1941]

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MessageSujet: Dans une ruelle de St Paul [8.03.1941]   Ven 26 Juin - 14:50

Peter avait couru, couru un long moment. Couru à en perdre haleine sur peut-être 1 kilomètre. A bout de souffle et secoué de sanglots, il se laissa choir sur un muret non loin d'où il se trouvait. Les nombreuses gouttes de pluie qui inondaient la rue se mêlant à ses larmes. Et ses vêtements tellement détrempé que seules ses bretelles empêchaient son pantalon allourdit par par la pluie de tomber, sa chemise blanche maintenant devenue presque transparente lui collait à la peau et formait comme une sorte de seconde couche de peau plutôt désagréable mais il s'en moquait, une fois assis, il enfoui son visage dans ses mains sous ses cheveux blonds qui tombaient sur tout son visage et il se laissa aller à nouveau, sanglotant en silence en repensant à ce qu'il faisait endurer à sa mère, à son père, ce qu'il allait devenir. Un avenir incertain et sombre comme le ciel se profilait devant lui s'il continuait dans cette voie, il le savait. Mais jamais il n'aurait suffisamment de paix d'esprit pour faire comme si de rien n'était alors que les Nazis qui avaient tué un parie de sa famille et qui avaient ruiné leur vie étaient là. Ne sachant toujours pas quoi faire, il resta encore immobile sur son muret, toujours les deux mains plaquées devant ses yeux à continuer de sangloter seul au milieu de cette rue déserte... déserte? Peut-être pas tant que ça en fin de compte...
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MessageSujet: Re: Dans une ruelle de St Paul [8.03.1941]   Dim 28 Juin - 0:16

Malheureusement pour Peter, Murphy s'acharnait.

Il y avait des dizaines, peut être même deux ou trois centaines de rues à Montreuil. Des longues, des étroites, des moches, des pavées et des défoncées. Or, il fallait que sur ces quelques centaines, celle où Peter broyait du noir soit empruntée par une Mercedes W136. Il traînait quelques unes de ces voitures allemandes dans la ville, et les communistes de St-Paul avaient appris à s'en méfier : ils savaient tous que la gestapo en possédait une. Bien assis à l'arrière, Heinz Siedler se demandait justement si ce manque de discrétion n'était pas la cause de leur échec du jour.

A vrai dire, il n'aimait pas du tout mener ce genre d'opérations. Il ne l'avait jamais fais à Berlin et, s'il s'était douté qu'il devrait probablement sortir de son bureau de temps en temps vu les effectifs médiocres de ce patelin paumé, il n'en demeurait pas moins que cette première expérience l'avait conforté : les jobs d'intérieur, c'est le bien.

L'Hauptsturmführer se tournait résolument vers la fenêtre pour que ses yeux n'accrochent pas le rétroviseur. Il savait que le chauffeur et l'autre gars, deux brutes infâmes dont l'une était stupide et l'autre véreuse, profitaient du petit rectangle de verre pour l'épier. Heinz se demandait souvent ce qu'ils avaient fait avant son arrivée ; c'était avant que qu'on découvre que le Obersturmführer qui dirigeait le bureau trafiquait au marché noir et avec des communistes (ce qui, finalement, était peut être moins pire que ce que Heinz faisait en cachette depuis une semaine). Depuis, plus d'Obersturmführer ; restaient les communistes. Insaisissables. Et Heinz se doutait bien qu'à St-Paul, il n'y aurait pas grand monde pour le renseigner... et surtout pas tant qu'on aurait pas répondu à sa demande pour un budget plus élevé. Pas de budget, pas de pots de vins.

Voilà ce que pensait l'Hauptsturmführer alors que la voiture s'engageait dans la rue occupée par Peter. Malgré la buée et les traînées argentées qui s'écrasaient contre sa vitre, il remarqua vite la forme solitaire sous la pluie. Le conducteur avait dû ralentir pour prendre le virage. Tout défilait lentement à travers la fenêtre.
Non, personne ne les renseignerait à St-Paul. En tout cas pas les adultes, qui savaient trop bien tenir leur langue sous un silence méfiant et des "je ne sais pas, je n'ai rien entendu" butés.

"Arrêtez vous."

Il refermait déjà les boutons de son manteau de cuir. Il aurait préféré son uniforme SS, dont il trouvait qu'il lui donnait plus de contenance, mais c'était encore moins discret que la voiture et l'attirail vaguement civil qu'il portait.
A St-Paul, l'information allait de bouche en bouche, dans les bras, chez l'épicier, dans la rue ou dans les cris d'un mari ivre. La zone était infestée jusqu'à la moëlle, personne ne pouvait rien ignorer. Le gamin devait bien avoir quelques informations ou, au moins, la capacité d'entre trouver. Et ces salopards de communistes troubles fête et surtout trouble paperasse à envoyer à Berlin allaient déguster si celui ci connaissait bien son affaire.

La porte de la Mercedes s'ouvrit grande et Heinz ferma les yeux. Le rideau de la pluie s'écrasait sur le haut de sa tête et lui donna froid, alors que le voyage en voiture l'avait quelque peut réchauffer.

"Est-ce que ça va, garçon ?" dit-il dans un français correct, mais au fort accent allemand. Il semblait un peu inquiet, ce qui était sans doute le cas : après tout, un gosse restait un gosse, et il était difficile de s'en méfier.
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MessageSujet: Re: Dans une ruelle de St Paul [8.03.1941]   Dim 28 Juin - 1:36

Peter lui même ne savait pas combien de temps il avait put rester sous cette pluie, à mêler ses chaudes larmes aux si froides gouttes de pluie. Ces gouttes qu'il ne sentait même plus s'abattre sur sa peau d'ailleurs, il était tellement trempé qu'on aurait dit qu'il avait fait un plongeon tout habillé dans la piscine, alors une goutte de plus ou de moins... Cet instant de solitude finit bien sur par être troublé par un homme qu'il ne connaissait pas, à qui il n'avait rien demandé.
Il essuya rapidement ses yeux (bien que çà n'ait pas beaucoup d'importance) et renifla en relevant sa tête vers le type en question. Ses parents lui avaient toujours dit de se méfier des étrangers, et il avait bien l'intention de suivre ce conseil, à fortiori si cet étranger semblait être un Allemand au vu de son parlé et au sombre manteau qu'il portait, les petits drapeaux NAZIS l'avant de la grosse Mercedes-Benz ne faisaient que confirmer cette hypothèse. Que faire? Il aurait bien voulu lui sauter dessus en lui hurlant toutes les saloperies qu'il connaissait en Allemand, pour une meilleure compréhension, mais bien qu'il soit un gosse, il était suffisamment âgé et intelligent pour savoir qu'il n'y avait pas de limite d'age pour connaitre les geôles de Dachau ou d'un quelconque autre camp Allemand. Il se redressa donc, tout en restant assis mais néanmoins sur ses gardes près à bondir et à courir au moindre signe d'hostilité. Il prit la parole en s'appliquant un maximum à masquer son léger accent Allemand (nettement plus léger que l'homme qui lui faisait face) tout en le gratifiant d'un regard glacial.

- Hum hum, tout va bien...
Il écarta de ses yeux une mèche qui l'aveuglait et continua à observer l'Allemand avec la plus grande méfiance et le plus grand mépris.
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MessageSujet: Re: Dans une ruelle de St Paul [8.03.1941]   Dim 28 Juin - 23:30

Le seul ennui, c'est que le plus grand des mépris et la plus grande des méfiance ne passent guère inaperçus. Heinz n'était pas stupide et avait passé ses journées avec des adultes qui cachaient bien mieux leurs rancœurs que ce gamin ; il va sans dire qu'il fronça aussitôt les sourcils, presque surpris de l'animosité de Peter. Il était toutefois trop tôt pour savoir qu'en faire. Vu l'âge du garçon, il pouvait très bien réagir ainsi par simple haine du monde des adultes, ou parce que son humeur était massacrante. D'un autre côté, cela pouvait tout aussi bien révéler que celui là n'était pas content de la présence des Allemands.
Or, qui disait gosse en colère disait souvent parents encore plus remontés.

"Que faites vous ici, sous la pluie ?" demanda Heinz avec une ton quelque peu durci. Gosse ou pas gosse, il fallait tout de même avoir un certain respect pour les officiers. Et plus encore quand il s'agissait d'officiers allemands. De toute façon, Heinz détestait qu'on se foute de sa gueule.

Montreuil gagnait un point là dessus : Heinz avait le pouvoir de faire taire ceux qui osaient ricaner à son sujet. A Berlin, ceux qui se moquaient étaient ses supérieurs, ce qui réduisait de beaucoup sa marge de manoeuvre pour se venger. Sa timidité faisait le reste. Mais il va sans dire que face à Peter, l'Hauptsturmführer Siedler ne se sentait pas vraiment impressionné.

"Peut être vous attendez quelqu'un ? Ou vous vous êtes perdu ?"


Un grand sourire coupa son visage en deux.

"Je peux vous déposer chez vous si vous voulez. Ce serait avec plaisir."

Evidement, cela voulait dire que sans une excellente excuse, Peter ferait mieux d'accepter...
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MessageSujet: Re: Dans une ruelle de St Paul [8.03.1941]   Lun 29 Juin - 0:19

Peter resta de marbre face au changement d'attitude de l'officier. Désagréable, il l'était et en avait parfaitement conscience, seulement il n'aimait déjà pas la Werchmart alors il n'allait pas se gêner face à un gestapiste. De plus, sa provocation avait l'air de prendre l'effet escompté, raison de plus pour continuer et pour ajouter au tableau un sourire narquois. Néanmoins ce sourire provocateur s'évapora vite quand il vit que l'Allemand durcissait le ton, Peter voulait montrer qu'il n'était pas impressionné mais c'était tout le contraire, il l'impressionnait grandement le jeune Peter, il lui faisait même un peu peur. Ce fut sans doute ces deux sentiments mêlés qui l'empêchèrent de sortir une vanne, même de sortir le moindre son, il resta donc assis sur son mur, les dents serrés, et les mains aussi. Cramponnées au muret, signe flagrant de sa nervosité.
Heinz obtint même qu'il baisse un peu la tête, une sacrée victoire étant donné le caractère que pouvait avoir Peter par moments.
Allez, relève ça, montre lui qu'il t'impressionne pas.
Peter obéit donc à son inconscient et releva la tête, mais le mépris s'était mué en colère, deux sentiments très proches par leur expression mais au sens radicalement différent. A la dernière réplique de Heinz, Peter décida de ne pas se dégonfler, quoi qu'il puisse arriver.

- Ce serait pas réciproque...
Il se cramponna encore un peu plus à son muret, appréhendant la réaction du gestapiste, et se préparait de plus en plus à devoir courir, encore...
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MessageSujet: Re: Dans une ruelle de St Paul [8.03.1941]   Lun 29 Juin - 13:42

Si le comportement du garçon sembla un moment plus en phase avec la réalité, Heinz fut quelque peu déçu de voir que les remontrances implicites n'avaient pas suffi. Ce gosse était définitivement anti Allemand et cela, il ne pouvait pas le tolérer. Mauvaise humeur ou pas, rien ne pouvait justifier ces insultes à peine voilée ! Pour ne rien arranger, les cheveux de Heinz étaient à présent assez trempés pour commencer à dégoutter désagréablement dans son coup.
C'est que ce petit con allait finir par vraiment le mettre en colère !

Le gestapiste ne prit pas la peine de répondre et fit un signe de la main au type à l'avant de la voiture. Grand, beaucoup plus costaud que son patron, il s'appelait Hans Pfeffel et avait trois dents en or sur le devant, parce qu'il avait perdu les vraies dans une rixe de bar. A travers la porte ouverte à l'arrière, il avait parfaite entendu les répliques insolentes de Peter ; nul besoin n'était d'être voyant pour le deviner : son visage affichait un air de joyeuse brute qui n'attend que de frapper.

De son côté, Heinz avait pris sa décision. Il emmenait le gosse au poste (ce qui tombait bien parce que pour une fois, il était vide, et Siedler avait lourdement insisté pour qu'on nettoie le sang), on l'interrogerait gentiment histoire de lui faire un peu peur, et on le rendrait le lendemain à ses parents. Dont on noterait les noms, évidemment. Qui sait, ils étaient peut être -sûrement !- communistes ?

Un nouveau signe de la main, et Pfeffel attrapa le gamin par le bras. Sans douceur, et dans le but évident de le balancer à l'arrière de la voiture. Heinz montait déjà à l'avant, pour l'instant plus motivé pour ne pas trop mouiller les sièges que pour s'inquiéter de son prisonnier. Il espérait juste qu'il ne résisterait pas plus, pour ne pas encourager Pfeffel.
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MessageSujet: Re: Dans une ruelle de St Paul [8.03.1941]   Lun 29 Juin - 15:05

Décidément, Peter l'aimait bien son muret, et il n'avait pas vraiment l'intention de le lâcher. Si l'objectif d'Heinz était de faire peur au gosse, objectif atteint haut la main, Peter fut terrorisé à la vue du molosse qui sortit de la voiture pour se diriger vers lui en faisant craquer ses phalanges. Peter resta immobile et bouche bée, à regarder avaler la distance qui le séparait de lui en quelques pas avant de s'emparer de son bras. Cela ramena tout de suite Peter à la réalité. il enserra de toutes ses forces le muret de l'autre main, il n'était pas décidé à se laisser faire aussi facilement. Tandis qu'il forçait pour ne pas venir en même temps qu'il avait l'impression de se faire écarteler, il se mit à crier. Pas un cri de douleur, puisqu'il était articulé mais c'était sans doute la douleur qui donnait toute sa puissance à sa voix.
- Au secours! Ils essayent de m'enlever!! A l'aide s'il vous plait!!
Bien sur, il ne put tenir très longtemps et deux ou trois secondes plus tard, il lâchait prise du muret. Mais la résistance n'était toujours pas morte et il continuait de se débattre comme il le pouvait. Seulement il lui faisait mal... De plus en plus mal... Peter se remit donc à crier encore une fois.
- Vous m'faite mal grosse brute! Lâchez moi vous avez pas le droit!!!
Peter écarquilla grand ses yeux et cessa de se débattre une seconde, il l'avait fait, il s'était mit à parler Allemand devant des gestapistes... Cela était synonyme d'un point de non retour, il ne pouvait plus se permettre de se laisser arrêter sinon ce n'était pas que lui qui allait morfler mais sa mère aussi. Profitant de l'incrédulité passagère de ses agresseurs, il prit donc son courage à deux mains et tenta le tout pour le tout en abattant son talon de toutes ses forces sur le pied du gros lourdaud en espérant y être aller assez fort pour le faire lâcher prise et pour commencer à courir de toutes ses forces. Si celà n'était pas suffisant, il avait même prévu de lui mordre le bras, lui enfoncer sa tête dans l'estomac ou son pied dans les c... Mais il espérait ne pas avoir à en arriver là, non pas qu'il ne voulait pas lui faire mal, mais l'inverse, il ne voulait pas s'en prendre plein la tronche, lui...
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MessageSujet: Re: Dans une ruelle de St Paul [8.03.1941]   Mar 30 Juin - 17:17

Voix puissante dans rue déserte n'est guère utile, aurait pu dire un dicton populaire. S'il n'existe pas, la proposition n'en était pas moins vraie : la pluie abattait sa propre chanson sur les toits et les vitres avec assez de force pour assourdir les habitants qui, de toute façon, n'auraient sans doute pas réagi à l'appel au secours. Le seul effet de la résistance de Peter fut que Pfeffel serra et tira plus fort, bien qu'il n'en eu pas besoin pour décrocher la moule de son rocher.

On aurait pu penser que la partie serait gagnée et que le gosse se tiendrait tranquille, mais à la surprise générale, c'est dans leur langue qu'il parla. La brute ne parlait qu'assez français pour obtenir ce qu'il désirait en général (à savoir des femmes, de la bouffe et de l'alcool), et cette soudaine incursion d'allemand le surpris bien d'avantage que l'attaque physique. Elle fit aussi tourner la tête à Heinz, dont la méfiance redoubla soudain, et même au chauffeur qui se tordit sur son siège.

Allemand. C'était forcément un Allemand ! Il avait parlé avec trop de vivacité, de naturelle et avec la parfaite hachure de la langue. Impossible que ce soit un Français qui aurait tenté un vain effort de communication. Heinz réfléchissait à toute vitesse : des enfants d'Allemands, à Montreuil, il n'y en avait pas tant. Quelques très rares officiers étaient venus avec leur famille, mais il s'agissait presque exclusivement de leur femme, fiancée, parfois enfants en bas âges. Celui ci aurait dû être en Allemagne, à l'école, et certainement pas à St-Paul ! Aucun Allemand n'habitait là.
Sauf des émigrés. Et les émigrés étaient toujours juifs ou contre le régime.

Il sortit de nouveau de la voiture et se plaça entre elle et le mur. A présent, même si Pfeffel lâchait prise, le gamin ne pourrait pas s'enfuir par là. Heinz plaça également une main sur la crosse de son pistolet, sans toutefois retirer la sécurité. Il ne pensait pas l'utiliser mais ça, le gosse ne pouvait pas le savoir. Et de toute façon, Pfeffel jura, grimaça, secoua un brin l'adolescent quand il recula pour échapper à ses pieds, mais l'étau de sa main ne se relâcha pas.

"Vous feriez mieux de cesser de résister," conseilla Heinz, sans qu'aucune fausse amitié ne vienne peser sur son ton. "Ne nous forcez pas à vous faire encore plus mal."

Ce qu'il ne disait pas, évidemment, c'est que la situation commençait à le mettre mal à l'aise. Tout ce raffut était profondément gênant et il aurait préféré que tout se passe dans le calme et, si possible, sans violence inutile.
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MessageSujet: Re: Dans une ruelle de St Paul [8.03.1941]   Mar 30 Juin - 21:35

Peter ignora totalement le dernier conseil de Heinz et continuait de tirer de toutes ses forces bien que cela ne soit pas d'une grande utilité. Il secoua la tête de gauche à droite et interrompit le grognement de douleur et d'effort qui sortait de sa gorge pour parler à nouveau en français cette fois-ci, après tout, il était maintenant Français et n'avait pas l'intention de leur faciliter la tache, même pour la compréhension.
- C'est pas juste! J'ai rien fait de mal! Vous avez pas le droit!
Il remarqua facilement le pistolet de Hein, on ne pouvait voir que çà étant donné le mal qu'il se donnait pour le mettre en évidence. Mais çà n'eut, bizarrement, aucun effet sur lui, sans doute que la douleur et l'adrénaline lui avait enlevé toute capacité de réflexion. Oui sans doute car il fit tenta ensuite quelque chose de très risqué, il se tint en équilibre sur un pied pendant une seconde, le temps de faire un mouvement de balancier avec le second et il l'envoya de toutes ses forces dans l'entrejambe du gros lourdeau. Personne ne peu résister à une telle douleur, personne d'humain en tout cas, Peter fut ravi de constater qu'il était bien humain, mais à le voir s'effondrer ainsi dans un hurlement de douleur, meme lui en prit pitié et articula un léger
- désolé
Avant d'enjamber le muret et de se mettre à courir à travers le parc adjacent à la rue, il s'attendait à ce que le gestapiste tire bien sur. Mais il était décidé à ne pas s'arrêter, si c'était un coup de semonce il pouvait continuer et s'il lui tirait dessus pour de vrai, il n'aurait pas le temps de le regretter de toute façon. Quitte ou double, il n'avait même pas conscience qu'il jouait peut-être sa vie sur la magnanimité du Gestapiste, certains pourraient penser à du courage mais dans son cas c'était plutôt de l'inconscience...
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MessageSujet: Re: Dans une ruelle de St Paul [8.03.1941]   Mer 1 Juil - 13:24

Quand Pfeffel lâcha le garçon, Heinz eu évidemment le réflex de tirer son pistolet. Il posa même le doigt sur la gâchette et visa. Restait à appuyer, ce qui était une autre paire de manches. En plus cette petite saloperie n'arrêtait pas de bouger et de sortir du viseur. Heinz avait beau plisser les yeux, serrer les doigts sur le manche du pistolet, aucun coup de feu ne s'en échappa ; Peter, au contrairement, semblait en bonne voie de le faire quand Pfeffel dégaina son pistolet à son tour. Il leva l'arme, la pointa dans la direction du fuyard et tira... dans le muret. Avec bien plus d'aisance que lorsqu'il tenait sa propre arme, son supérieur avait saisi la sienne pour la diriger loin de sa cible.
Non, il n'avait jamais voulu tirer. Siedler voulait se dire que c'était parce qu'un gamin mort ne pouvait que leur attirer des ennuyeux, mais il se doutait bien que sa lâcheté personnelle était en cause.

"Vous ne vouliez pas le tuer, quant même ?"

D'après l'expression de Pfellel, la réponse tenait en deux mots : pourquoi pas ? L'homme se tenait encore un peu cassé en deux. Son entre jambe le faisait probablement souffrir et Heinz eu presque un gramme de compassion à son égard. Un gramme seulement. Il avait voulu tuer un enfant, cet abruti brutal ! Finalement il méritait bien sa douleur.

Heinz rangea sa propre arme et remonta à l'arrière de la voiture. Puisqu'il n'y avait plus personne à garder, il préférait encore s'isoler sur la large -et vide- banquette arrière et laisser Pfeffel se plaindre auprès du chauffeur. Les deux gars devaient être vraiment déçus du déroulement de la journée, mais Siedler était confiant : des gosses comme celui là, il n'y en avait pas cent. On le retrouverait. Les français devaient avoir toutes les informations nécessaires pour retrouver des immigrés allemands avec un enfant de cet âge. Une fois qu'on aurait son nom et sa adresse, il deviendrait très facile de le surveiller, et évidemment d'avoir à l'oeil ses probablement-communistes de parents et les évidemment-communistes qu'ils rencontraient. Pas besoin de lui tirer dessus.
L'esprit l'emportait toujours sur les armes.
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