Attention, Peinture Fraîche (2.03.1941)


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Attention, Peinture Fraîche (2.03.1941)

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Grand Vizir

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MessageSujet: Attention, Peinture Fraîche (2.03.1941)   Ven 26 Juin - 18:08

Depuis l’éclosion de sa Fleur-de-Nuit, Stéphane passait une bonne partie de l’après-midi à dormir, pour être complètement opérationnel quand ses hommes mettaient Nobilitas sous le harnais. Il s’éveillait toujours à la même heure, comme une machine bien huilée, puis rejoignait sa dragonne, pour la tirer, en douceur, des bras de Morphée. Tous deux gagnaient ensuite l’Aire d’Atterrissage, et attendait tranquillement l’arrivée du reste de l’équipage, en parlant de choses et d’autres. Mais Stéphane faisait une entorse à ce petit rituel les jours où il était pressé, et les semaines où sa Fleur était d’une humeur de chien. Ce jour-là faisait partie des mauvais jours, et il utilisa l’alarme pour réveiller sa dragonne, au lieu de descendre dans son étable. Il alla ensuite échanger quelques mots avec les autres officiers, avant de se diriger vers l’Aire d’Atterrissage. Il savait que Nobilitas allait se faire attendre. Il avait tout son temps.

Arrivé dans la grande cour, il constata que les hommes de son équipage au sol étaient déjà là. Plusieurs marmonnaient dans leur barbe, certains avaient l’air franchement inquiet, et tous semblaient mécontents. Stéphane les salua avec bonne humeur, puis leva les yeux. Des nuages laiteux occupaient une bonne partie de la voûte céleste, mais les rayons du soleil parvenaient à les traverser sans grand mal. Ils allaient avoir suffisamment de lumière pour travailler, sans que Nobilitas soit incommodée par une luminosité trop violente. Satisfait, le capitaine hocha la tête, avant de se pencher sur les seaux alignés devant son équipage. Celui de l’extrême droite contenait une peinture rouge, assez vive pour concurrencer la robe de certains Porte-Drapeaux. Un court moment plus tard, Stéphane se redressa et chercha François du regard. En théorie, cette tâche ne concernait pas le jeune aviateur. En pratique, son capitaine avait trouvé une excuse pour le punir, et lui avait demandé de prêter main-forte aux membres de l’équipage au sol. Stéphane adressa un sourire en coin à son subordonné, puis leva une nouvelle fois les yeux vers le ciel. Il ne manquait plus que Nobilitas.

Quelques minutes plus tard, une ombre survola les remparts.

"En retard, Nobé. Heureusement que nous n’étions pas attaqués" ironisa le capitaine.

La dragonne se posa sans aucune grâce, si violemment que le sol frémit sous les pieds des aviateurs.

"Je savais que nous n’étions pas attaqués" répondit fraîchement la Fleur-de-Nuit, avant de se coucher.

Elle semblait aussi peu coopérative qu’un enfant devant le cabinet du dentiste. Comme d’habitude. C’était d’ailleurs pour cette raison que Stéphane assistait à l’opération : sans lui, la dragonne refusait de se tenir tranquille, et les aviateurs avaient le temps de repeindre trois fois Sarnand avant de pouvoir faire ne serait-ce qu’une tache sur ses ailes sombres. Ignorant le regard féroce que lui lançait Nobilitas, le capitaine fit signe à ses hommes de commencer.

C’était le jour de l’atelier peinture.
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MessageSujet: Re: Attention, Peinture Fraîche (2.03.1941)   Sam 27 Juin - 15:54

En théorie, depuis qu’il était arrivé à la base de Sarnand et avait été affecté à la Fleur-de-Nuit Nobilitas, François avait adopté un mode de vie nocturne, calqué sur celui de la dragonne, de son capitaine et du reste de son équipage. Il dormait le jour, l’après-midi surtout, et se réveillait le soir. Malheureusement, en pratique, ça ne se passait pas toujours comme ça, en particulier quand son capitaine avait décidé de changer la donne. Et, en général, ça ne mettait pas François de bonne humeur, surtout quand la raison utilisée pour changer les habitudes étaient plus ou moins fallacieuse. Mais on était militaire ou on ne l’était pas et, chez les militaires, on ne discute pas les ordres de ses supérieurs. Ce qui, hélas, s’appliquait aux décisions de Stéphane Wilson, puisque, malgré le fait qu’il n’en ait pas toujours l’air, c’était le Capitaine Wilson, aka son capitaine.

Voilà donc pourquoi, malgré le jour encore levé, François ne dormait pas, se trouvait sur l’aire d’atterrissage avec l’équipe au sol et était d’une humeur de chien. Même si on ne contestait jamais les ordres du capitaine, rien n’interdisait de les exécuter de mauvaise grâce. Atelier peinture. Pourquoi, mais pourquoi le capitaine avait-il décidé qu’il devait y participer ? La punition n’était qu’un prétexte, François le savait. Et il savait aussi pourquoi Stéphane lui avait ordonné d’aider l’équipe au sol : parce qu’il savait qu’il n’en avait pas envie. Le capitaine aimait beaucoup forcer les gens à faire ce qu’ils n’aimaient pas, ça devait l’amuser. Comme maintenant quand il le regardait avec son sourire en coin. Ou comme quand il restait pour regarder Nobilitas se faire repeindre. Bien sûr, il restait pour que la dragonne se laisse faire, mais tout de même… Ca devait l’amuser.

En parlant de dragonne, la voilà qui arrivait. Elle avait l’air au moins aussi heureuse que François d’être là, et c’était compréhensible. Quel être sensé apprécierait de se faire tartiner les ailes de peinture, hein ? Aucun, à part quelques petits courriers, mais, eux, on ne pouvait pas toujours les qualifier de sensés.

Le jeune aviateur réprima un soupir quand la Fleur-de-Nuit se posa lourdement et attrapa le pot de peinture qui se trouvait devant lui. Du beau bleu français. Son voisin de droite fit de même et ses deux voisins de gauche s’armèrent de pinceaux et autre matériel nécessaire, et ils s’avancèrent tous vers la dragonne quand Stéphane leur en fit signe.

« Bonjour Nobilitas » salua François en essayant de paraître plus enthousiaste qu’il ne l’était – et que l’étaient les autres – mais sans grand succès.

La partie de plaisir commençait.
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Grand Vizir

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MessageSujet: Re: Attention, Peinture Fraîche (2.03.1941)   Dim 28 Juin - 0:33

Nobilitas roulait des yeux furieux. Elle détestait ces stupides séances de maquillage, et ne se serait certainement pas laissé faire si Stéphane ne s’était pas tenu à ses côtés. Elle serra les dents quand son capitaine s’approcha d’elle, pour la cajoler un peu. Quelques caresses ne suffiraient pas à l’amadouer, et elle plaqua ses ailes contre ses flancs pour montrer sa désapprobation. Elle était si tendue que la membrane de ces ailes et ses articulations chuintèrent quand elle replia le tout contre son épine dorsale. On devinait vaguement la cocarde française, aux teintes délavées, dans les plis noirs de ses ailes, et Stéphane songea qu’il était plus que temps de raviver ses couleurs si Nobilitas ne voulait pas être traitée comme une terroriste lors de sa prochaine sortie. Il posa une main sur le cou de la dragonne, pour tester son humeur. Un grondement fit vibrer la peau sombre de la bête sous ses doigts. Il se rapprocha de sa tête pour toucher sa joue, puis son museau.

"Ma chère, à ta place, je coopérerais"

Nobilitas lui adressa un regard venimeux.

"Ben, vas-y, prends ma place. Tu les veux sur les joues ou sur le front, les cocardes ?"

Si la peinture n’était en mesure de résister à l’eau et aux intempéries, Stéphane aurait probablement relevé le défi. Comme il ne tenait pas particulièrement à garder des traces rouges, bleues et blanches sur le visage plusieurs semaines, voir plusieurs mois, il fit mine de ne pas avoir entendu, et poussa le museau de sa partenaire.

"Tu es pire qu’une enfant. Fais un effort !"

Nobilitas ne répondit pas. Stéphane claqua son cou, puis elle déploya une aile, lentement, visiblement de mauvaise grâce. Aussitôt, le chef de l’équipe au sol amena des tréteaux sous l’articulation principale, pour que la dragonne puisse prendre appui sur les chevalets. Les hommes utilisèrent ensuite des escabeaux pour grimper sur l’aile. Nobilitas était assez grande pour supporter le poids de quelques personnes sur sa voilure, à condition qu’ils ne se tiennent pas debout. A plat ventre, le chef d’équipe au sol s’attaqua au contour blanc de la cocarde. Nobilitas soupira puis jeta un vague coup d'oeil à François.

"Bonsoir Drisslet" grommela-t-elle avant de reporter son attention sur les murailles de Sarnand.

Stéphane s’appuya contre le cou de sa dragonne et regarda ses hommes travailler. La dernière fois, il était grimpé sur l’aile de Nobilitas aussi, pour l’empêcher de bouger, et elle l’avait envoyé bouler comme tous les autres, en plein milieu de la séance. Il préférait ne pas retenter sa chance.
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MessageSujet: Re: Attention, Peinture Fraîche (2.03.1941)   Lun 29 Juin - 0:06

Non, Nobilitas n’avait vraiment pas l’air heureux. Elle repliait même son aile contre son flanc alors que son équipage s’approchait avec le matériel de peinture, et les conseils de son capitaine ne paraissaient pas lui faire beaucoup d’effet. A part de provoquer une réplique mordante, et François dut rapidement réprimer le sourire que faisaient naître les paroles de la Fleur-de-Nuit. Imaginer son capitaine avec les cocardes françaises sur les joues ou le front était plutôt drôle. Le Capitaine Wilson était déjà suffisamment remarquable avec ses cheveux roux, alors avec de jolis ronds bleu-blanc-rouge sur le visage… Sans compter qu’il semblait mettre un point d’honneur à ne jamais s’intéresser à rien : il ne critiquait jamais les Allemands, ni le régime de Vichy, ni rien… Se balader avec les couleurs françaises sur les joues ne devait pas lui plaire des masses. D’ailleurs il ne répondit rien à sa dragonne, et François reporta son attention sur la tâche à exécuter.

La Fleur-de-Nuit avait enfin consenti à déplier son aile et l’équipage au sol avait déjà installé les tréteaux nécessaires, tandis que le chef d’équipe au sol commençait le bord blanc de la cocarde. François s’approcha à son tour et salua la dragonne. Il hocha la tête quand celle-ci lui répondit et grimpa à son tour sur l’escabeau puis sur l’aile, le pot de bleu toujours à la main. Il regarda le chef de l’équipe au sol commencer à repeindre le bord blanc de la cocarde et secoua discrètement la tête, dubitatif. Le jeune aviateur n’avait pas assisté – et encore moins participé – à l’atelier peinture très souvent – après tout, il n’était à la base que depuis moins d’un an – mais il lui semblait qu’il ne s’y prenait pas forcément très bien. N’aurait-il pas mieux fallu commencer par le centre de la cocarde ? A moins que le but de la manœuvre soit d’être au final aussi coloré que la dragonne, évidemment…

« Voici le bleu », annonça François en s’approchant des « artistes ».

En réponse, on lui tendit un pinceau, et le jeune aviateur obéit à l’ordre implicite. Il attrapa l’instrument et s’attaqua au bleu. Les autres avaient peut-être envie de soutenir Nobilitas dans cette épreuve en finissant aux couleurs françaises, mais pas lui. Le drapeau tricolore, il n’avait pas besoin de le porter sur les joues, les bras, ou ailleurs pour le respecter, même s’il fallait supporter les Allemands.
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MessageSujet: Re: Attention, Peinture Fraîche (2.03.1941)   Sam 4 Juil - 17:33

Frédéric Horstler connaissait très bien Nobilitas. Stéphane l’avait choisi comme chef d’équipe au sol dès que sa dragonne avait été assez âgée pour voler sous le harnais de combat. La Fleur-de-Nuit grandissait très vite à l’époque, et les aviateurs devaient faire de nouveaux réglages presque chaque jour. Frédéric passait un temps fou à entretenir chaque lanière, chaque boucle, pour éviter tout accident pendant les entraînements – Stéphane et sa dragonne n’oubliaient jamais de le remercier pour son travail, même s’ils n’obtenaient, le plus souvent, qu’un haussement d’épaules pour toute réponse. Frédéric aimait le travail bien fait, bien plus que les louanges. Voir Nobilitas se tenir tranquille en toutes circonstances, y compris pendant le fameux Atelier Peinture, était la seule chose qu’il désirait. Malheureusement, la dragonne avait son petit caractère, et ne se montrait pas toujours coopérative.

Frédéric avait commencé par le contour blanc car il savait que Nobilitas n’attendrait pas qu’il termine cette couche avant de se secouer et de frotter ses ailes contre ses flancs ou les murailles. Plusieurs membres de l’équipe au sol, parmi les plus jeunes, hésitaient d’ailleurs à grimper sur les ailes de la dragonne. Une minute passa. Puis deux. Une fois n’était pas de coutume, la Fleur-de-Nuit ne bougeait pas d’un cil. François avait presque fini la première couche de bleu, et un autre jeune homme s’attaquait au blanc central. Surpris, Frédéric cessa de repasser le contour. Après un moment d’hésitation, il se décala pour s’attaquer lui aussi au blanc central.

Il paraît qu’un battement d’ailes de papillon peut déclencher un cyclone à l’autre bout du monde.
Dans ces conditions, un battement d’ailes de dragon peut très bien transformer une Fleur-de-Nuit en œuvre moderne.

Un Waldoheule survola la base. Nobilitas, alertée par le bruit, se redressa. Son mouvement fit basculer les tréteaux. Son aile s’abaissa. Un pot de peinture blanche, un autre de peinture rouge, et un dernier, de peinture bleue, se renversèrent sur la membrane sombre, et déversèrent leur contenu. Surprise, très désagréablement, par cette sensation visqueuse, la Fleur-de-Nuit bondit sur ses pattes et roula les épaules. Ses ailes décrivirent, à leur tour, une espèce de cercle, et des éclaboussures rouges, blanches, bleues, bondirent dans toutes les directions.

Stéphane, qui n’avait aucune envie d’être métamorphosé en dalmatien, recula précipitamment, tandis que Frédéric, assis au sol, l’air un peu sonné, appelait à grands cris son équipe en renfort, pour nettoyer les dégâts avant que la peinture s’incruste sur les écailles de la dragonne.
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MessageSujet: Re: Attention, Peinture Fraîche (2.03.1941)   Mar 7 Juil - 12:28

François n’avait jamais assisté à l’Atelier Peinture, mais, pour le moment, il ne voyait aucune raison qui aurait pu expliquer qu’y participer soit une punition. Certes, Nobilitas ne se montrait pas particulièrement coopérative et laissait bien voir sa mauvaise humeur, mais, au final, elle étendait tout de même ses ailes et restait immobile le temps qu’on lui repeigne les cocardes. La tâche en elle-même était certainement longue et fastidieuse – il fallait voir la taille des cocardes sur les ailes du Fleur-de-Nuit – mais elle n’était pas non plus très difficile. Et si on faisait attention à ne pas s’en mettre partout pour ne pas tacher irrémédiablement ses vêtements et/ou sa peau, c’était finalement une punition aussi terrible que méritée – c’est-à-dire pas tant que ça.

Même plongé dans ces formidables réflexions très constructives, François n’en oubliait pas pour autant ce qu’il faisait. Même si son esprit dérivait, ses yeux restaient fixés sur le bleu de la cocarde qu’il devait raviver et ses doigts tenaient toujours le pinceau qui trempait périodiquement dans le bleu avant de se poser sur les écailles de la dragonne. Il replongeait une nouvelle fois dans le pot de peinture, quand un mouvement de Nobilitas fit perdre son équilibre au pot de bleu, puis au jeune aviateur. Avant de comprendre le pourquoi du comment – concentré sur sa tâche et sur ses pensées, il n’avait pas vu le Waldoheule qui survolait la base – François se retrouva les vêtements et les mains recouverts de bleu français et les fesses sur le sol de l’aire d’atterrissage, c’est-à-dire plusieurs mètres plus bas que l’endroit où elle se trouvait précédemment.

« Humph » fut la seule chose qui s’échappa de sa bouche quand il toucha terre un peu trop brusquement.

Légèrement sonné par la chute, le jeune homme ne fit pas preuve de la même présence d’esprit que le chef de l’équipage au sol. Il en était encore à essayer de comprendre ce qui venait de se passer quand Frédéric Horstler commençait déjà à donner des ordres à son équipe. Les cris de l’homme permirent tout de même à François de se remettre les idées en place et de se reconnecter avec la réalité. Il ne tarda pas à se relever et à constater les dégâts alentour. Il tâcha d’essuyer rapidement sa main droite sur un coin encore propre de sa chemise pour en enlever le plus gros de la peinture avant qu’elle ne sèche et qu’il ne se transforme définitivement en Schtroumf – [oui, oui, les Schtroumfs n’existaient pas en 1941, mais l’idée est là] – mais ne perdit par contre pas de temps à se lamenter sur la jolie couleur qu’avaient prise ses vêtements. Ca faisait un uniforme de fichu, un ! Quoiqu’il pourrait sûrement resservir si son capitaine trouvait amusant de le nommer à nouveau de corvée peinture. Et puis, il était aux couleurs patriotiques, sans que personne ne puisse le lui reprocher.

En réprimant un soupir, le jeune aviateur se dirigea de nouveau vers la dragonne pour obéir aux ordres dictés pas Horstler. Il ne jeta pas un regard dans la direction où se trouvait Stéphane, préférant se concentrer pour éviter de se retrouver à nouveau surpris par un mouvement de la Fleur-de-Nuit. Il ne savait pas vraiment comment on pouvait enlever la peinture des ailes de Nobilitas avant qu’elle sèche, mais s’efforça d’observer les autres et de les imiter. Au moins, maintenant, il savait pourquoi l’Atelier Peinture était une punition et pourquoi un bon nombre de membres de l’équipage au sol avait rechigné à grimper sur l’aile de la dragonne.
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MessageSujet: Re: Attention, Peinture Fraîche (2.03.1941)   Ven 10 Juil - 3:04

Pour enlever la peinture étalée sur les ailes de la dragonne, il n’existait pas trente-six solutions. De l’eau tiède, de l’essence de térébenthine et beaucoup d’huile de coude étaient indispensables pour éponger les dégâts – et il valait mieux agir vite, car une fois que la peinture était sèche, la quantité d’huile de coude nécessaire augmentait considérablement, au grand dam de Nobilitas, qui n’appréciait pas d’être étrillée avec tant de vigueur. Ceux qui avaient été épargnés par la pluie colorée se hâtèrent de remettre les tréteaux en place, tandis que les victimes des éclaboussures bleues, rouges et blanches, essuyaient sommairement leurs visages et leurs mains. Stéphane ne blâma pas sa Fleur-de-Nuit – c’était inutile, elle le prendrait sans doute très mal et s’envolerait pour aller bouder ailleurs – mais la caressa et la cajola de nouveau, pour la convaincre de se recoucher.

"Là, là" souffla-t-il, comme pour calmer un cheval emballé. "C’est fini. Recouche-toi, veux-tu ? Personne ne te veut du mal. Tout va bien"

Sa dragonne adressa un regard désolé à son dos et à son aile parsemés de taches bleues, rouges, blanches, de tailles et formes variables. Elle fit mine de s’ébrouer à nouveau, pour se débarrasser de cette saleté, comme elle se serait débarrassée de quelques gouttes de pluie, mais Stéphane l’arrêta aussitôt, en posant une main apaisante sur sa patte.

"C’est bon, on va t’enlever tout ça. Laisse-toi simplement faire"

Nobilitas sembla hésiter quelques secondes, puis se décida à s’étendre à nouveau dans la cour, l’aile déployée au-dessus des tréteaux. Les hommes de son équipe au sol s’élancèrent aussitôt pour nettoyer les dégâts et, rapidement, les vieux draps maniés par les travailleurs prirent de jolies teintes vives, rouges, violettes, bleues, roses. Frédéric s’était également attelé à la tâche et frottait avec ardeur le rond bleu que François avait repassé avec tant de soin. Des rayures blanches le traversaient, et tout devait être recommencé. Néanmoins, le chef de l’équipe au sol semblait satisfait. Il hocha plusieurs fois la tête et finit par marmonner :

"L’orage est passé. On va pouvoir travailler en paix"

Il ignorait les protestations de la dragonne, qui marmonnait qu'ils allaient finir par décolorer ses écailles, ou lui filer un cancer, à force d'utiliser des solvants.

En attendant que la première ailée soit nettoyée et à nouveau sèche, quelques hommes installèrent des tréteaux sous l’autre aile, pour commencer à repeindre la deuxième cocarde. Ils étaient visiblement plus détendus.
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MessageSujet: Re: Attention, Peinture Fraîche (2.03.1941)   Sam 11 Juil - 22:44

De l’eau tiède, François savait ce que c’était. De l’essence de térébenthine, aussi, même s’il n’avait pas souvent l’occasion d’en utiliser. Quant à l’huile de coude, tout le monde savait de quoi il s’agissait, non ? Surtout quand on avait grandi dans une ferme et/ou quand on était aviateur de seconde classe et qu’on passait des heures à nettoyer le harnais d’un dragon. Frotter, récurer et tout le tralala n’était jamais agréable mais ce n’était pas inhabituel et François n’avait aucune raison de rechigner à l’ouvrage. Ou plutôt, il n’aurait eu aucune raison de rechigner à l’ouvrage s’il ne s’agissait que de récurer et de frotter. Malheureusement, il fallait aussi remonter sur l’aile que Nobilitas venait enfin de replacer sur les tréteaux, aile qui l’avait envoyé voler à peine quelques instants auparavant.

Le jeune aviateur jeta un regard méfiant à la dragonne qui cédait aux cajoleries de son capitaine et paraissait prête à se tenir tranquille. Mouais. Au début aussi, elle avait paru prête à se tenir tranquille, même si c’était de mauvais gré, et elle avait finalement envoyé tout le monde par terre… Ce n’était pas que François n’avait pas confiance en Nobilitas, loin de là ! Il n’hésitait pas une seule seconde à grimper sur son dos quand il s’agissait de partir en patrouille, mais l’atelier peinture n’avait rien à voir avec une patrouille et la Fleur-de-Nuit ne cachait pas sa mauvaise humeur. Il était peu probable qu’un autre Waldoheule survole la base, mais rien ne garantissait que le reste de la séance se déroulerait sans anicroche. Pourtant, constata vite François, les membres de l’équipe au sol se précipitaient à présent vers ailes et tréteaux avec beaucoup plus d’entrain que précédemment, alors que lui-même faisait chaque pas qui l’en rapprochait à contrecœur. Et l’urgence de l’effacement des dégâts de peinture ne devait pas être la seule explication à ce revirement d’attitude.

La phrase lâchée par Horstler permit au jeune aviateur d’y voir un peu plus clair… « L’orage est passé », signifiait sans doute que Nobilitas n’avait pas pour habitude de faire des siennes plusieurs fois pendant la séance. Ils devaient donc être tranquilles pour la suite et aucun des hommes de l’équipage ne craignait plus de faire une jolie chute. François jeta un rapide coup d’œil en direction du capitaine Wilson qui se tenait toujours à proximité de la tête de la Fleur-de-Nuit et pria un instant qu’il n’ait pas remarqué son hésitation, sinon il était sûr que ça lui retomberait dessus un jour ou l’autre. Il rejoignit ensuite les autres et grimpa sur l’aide de Nobilitas pour aider Horstler à effacer le bleu de la cocarde.

Quand les dégâts furent enfin réparés, le jeune homme commençait à avoir sacrément mal aux bras, mais savait que le travail était loin d’être terminé… Maintenant, il restait à s’attaquer à l’ouvrage proprement dit, c’est-à-dire à repeindre les cocardes. François s’accorda un instant, le temps de se redresser et de faire jouer deux ou trois fois les muscles de ses épaules et de son dos, avant d’attraper un pot de bleu et un pinceau. Il s’était occupé de cette couleur au début et en était maintenant recouvert… il allait donc continuer avec. Et il trempa son pinceau dans la peinture avant de l’étaler consciencieusement sur les écailles de la dragonne, tout en pestant contre les tâches qui nécessitaient autant de temps et qui mettaient sa patience à rude épreuve.
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MessageSujet: Re: Attention, Peinture Fraîche (2.03.1941)   Aujourd'hui à 13:37

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