Les Méchants de l'Histoire


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Les Méchants de l'Histoire

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Allemand
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MessageSujet: Les Méchants de l'Histoire   Sam 11 Juil - 11:54

A l'origine, série de courte biographies mettant en avant la personnalité du personnage. Elles ont été écrites pour un forum littéraire et des lecteurs ne s'intéressant pas à l'Histoire en général, si bien qu'elles ne sont pas "sérieuses" (dans le sens où l'écriture n'est pas professionnelle et qu'un historien m'assassinerait pour la mise en forme du tout XD). Comme elles étaient plutôt populaires... cadeau !
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MessageSujet: Re: Les Méchants de l'Histoire   Sam 11 Juil - 11:55


Louis Antoine de Saint-Just, "l'Archange de la Terreur"


Révolutionnaire français et député de la Convention, c'est à Saint-Just qu'on doit en partie la décapitation de Louis XVI, puisque c'est lui qui prononça le réquisitoire pour le faire exécuter. Souvent décrit comme l'âme damnée de Robespierre, il était jugé particulièrement radical pour son époque.

Son apparence physique est aujourd'hui assez sujette à caution, puisque certains tableaux de lui ne se ressemblent pas du tout. Comparez par exemple celui-ci et celui-là. A part une légère ressemblance dans la forme du visage, on y croirait pas... d'après les témoignages d'époque, il était toujours impeccablement habillé (quoiqu'avec sobriété) et très propre.


Ce qui fait de Saint-Just une personnalité très intéressante est sa jeunesse. En effet, lorsqu'il meurt décapité en 1794, il n'a que 26 ans. Trop jeune pour devenir député, il avait mentit sur son âge et était donc le cadet de l'Assemblée. Cela ne l'empêcha pas d'en devenir un des principaux acteurs, puis un de ses plus grands représentants militaires. Il est parfois considéré que, sans sa mort, Napoléon aurait eu un sérieux concurrent en matière de commandement des armées.

Deuxième point : sa personnalité en elle même. Il est froid dans ses actes, méthodique, violent avec les officiers "défaitistes" qu'il menace de faire exécuter s'ils ne remportent pas la victoire. Mais c'est aussi un idéaliste qui croit absolument à la Révolution. Malgré son jeune âge, il est l'homme de confiance de Robespierre, son ami et, pour certains, l'éminence grise qui l'aurait poussé vers la dictature. Saint-Just est généralement considéré comme l'exemple même du révolutionnaire déchu : c'est en voulant protéger les idéaux des Lumières qu'il finit par enclencher des exécutions en série. En effet, il était un grand admirateur de Rousseau. En matière d'économie, il avait lu Adam Smith et considérait que l'idéal serait une démocratie de petits propriétaires et de libres contrats, ce qui était assez moderne pour son époque.

Troisième point : les circonstances de sa mort. En 1794, les épurations de Robespierre inquiètent les autres députés et provoquent sa chute. Saint-Just, juste après le discours final de Robespierre, tente de ramener l'entente à la Convention. Il est interrompu dès les premières phrases et, au lieu de continuer, se contente d'un silence méprisant qu'il gardera jusqu'à sa mort : pas de résistance lors de sa capture, rien quand on le mena à l'échafaud. On dit juste de lui que, dans la nuit avant son exécution, il aurait passé un long moment devant la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, à l'écriture de laquelle il avait participé.

Extrait du discours prononcé à la Convention nationale le 26 décembre 1792 (pour le jugement de Louis XVI) :
Quand le peuple était opprimé, ses défenseurs étaient proscrits : ô vous qui défendez celui que tout un peuple accuse, vous ne vous plaindrez pas de cette injustice ! Les rois persécutaient la vertu dans les ténèbres ; nous, nous jugeons les rois à la face de l'univers. [...]
On dira que la révolution est finie, qu'on n'a plus rien à craindre du tyran, qu'une loi punit de mot l'usurpateur ; mais, citoyens, la tyrannie est un roseau que le vent fait plier et qui se relève. Qu'appelez-vous donc la révolution, la chute du trône, les coups portés à divers abus ? L'ordre moral est comme l'ordre physique : les abus disparaissent un moment, comme l'humidité de la terre s'évapore ; les abus renaissent bientôt, comme l'humidité retombe des nuages. La révolution commence quand le tyran finit.



Tous les arts ont produit des merveilles: l'art de gouverner n'a produit que des monstres.

Discours sur la Constitution à donner à la France

"Les vices viennent de la faiblesse ; ils périssent avec elle et ne se corrigent point."

"Les institutions sont la garantie du gouvernement d'un peuple libre contre la corruption des moeurs, et la garantie du peuple et du citoyen contre la corruption du gouvernement."

"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau. Ce qui constitue une république, c'est la destruction de tout ce qui s'oppose à elle."

"Un trône n'est qu'un bloc où chacun peut s'asseoir."

"Il n'y a que ceux qui sont dans les batailles qui gagnent."

"La force n'a ni droit ni raison, mais il peut être impossible de s'en passer pour faire respecter le droit et la raison

"Si la vertu ne se montrait parfois, le tonnerre à la main ; pour rappeler les vices à l'ordre, la raison de la force serait toujours la meilleure."


Et, bien entendu : "Le bonheur est une idée neuve en Europe."


En fiction :

-Il a inspiré un des adversaires d'Honnor Harrington dans la série éponyme, sous le nom d'Oscar Saint-Just
-Dans Lady Oscar, il occupe deux rôles : dans l'anime, il est député et s'amuse à assassiner des aristocrates dans les années 1788/89. Dans le manga, il apparait comme un jeune homme efféminé qu'Oscar confondra avec une fille ; son rôle principal est contenu dans son discours pour condamner le roi.

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MessageSujet: Re: Les Méchants de l'Histoire   Sam 11 Juil - 12:02

Reinhard Heydrich, "La Bête Blonde"




Heydrich est le fils d'un musicien professionnel, Bruno Heydrich, dont l'oeuvre "majeure" porta un nom prophétique : "Le crime de Reinhard". S'il avait sut comment allait tourner son fiston... que rien ne prédestinait à ce qu'il devint : c'est dans la marine qu'Heydrich devait devenir officier. Dommage pour lui, on l'en éjecta pas très gentiment pour mauvaise conduite.

Alors sans emploi dans une Allemagne sinistrée après la crise de 1929, Heydrich ira chercher un job là où on le lui propose : chez un certain Heinrich Himmler qui, à l'époque, ne commande qu'un groupuscule, la SS. Commence alors une coopération de dix ans entre deux hommes qui peuvent plus ou moins se saquer selon leurs besoins et leurs envies du moment mais qui travaillent très bien ensembles.


Qu'est-ce qui distingue Heydrich des autres ?

Pour commencer, l'apparence physique : Heydrich est grand pour son époque (entre 1m85 et 89), très blond, a les yeux bleus et une silhouette athlétique. Pour Himmler, c'est le physique parfait jusqu'à ce que le jeune homme (il a alors dans les 26 ans) ne se mette à parler. En effet, Heydrich avait une voix particulièrement haute qu'il détestait et qui, pendant toute son adolescence, lui avait attiré les moqueries de ses camarades. A cause de cela il se montrera toujours assez peu motivé pour les grands discours en public.

Ensuite, le caractère : dire qu'Heydrich avait une double personnalité n'est pas loin de la vérité.
A la maison, c'est un homme profondément affectueux avec sa famille (voir ici, avec sa femme ou avec son fils). C'est aussi un violoniste extrêmement doué et, d'après des témoins, son visage "s'illuminait" lorsqu'il jouait. Il aimait le ski, l'équitation et était champion d'escrime.
Au travail, Heydrich est froid, brutal, chirurgical. Il ne s'encombre pas de moral : on suppose qu'il n'était même pas vraiment antisémite et l'idéologie ne l'intéresse pas. Ses subordonnés ont peur de lui (avec raison) et, n'ayant pas vraiment d'amis et peut être pas l'envie de s'en faire, il a pour habitude de leur ordonner de l'accompagner le soir pour des beuveries mémorables et des tournées des bordels. Cela explique sans doute la multitude de surnoms très désagréables qui lui furent donnés : "La chèvre" (à cause de son rire), "Le Maître des Soupçons", "Le bourreau", "La Bête Blonde" ou encore "Isi", diminutif d'Isidor, ce qui revenait à le traiter de juif ; une rumeur (fausse) voulait qu'il ai eu du sang sémite.
Sa relation avec Himmler, qu'il seconde pendant dix ans, est relativement étrange : Heydrich lui voue un respect ambigu, l'appelant servilement "Monsieur le Reichführer", tout en montrant devant lui un dédain méprisant envers ses idées folko complètement idiotes (Himmler, entre autre, se prenait pour la réincarnation d'Heinrich l'Oiseleur...). En contre partie, Himmler perd régulièrement son sang froid avec lui, l'appelle "Gengis Khan", mais semble réellement impressionné par ses capacités.


En parlant de capacités : qu'est-ce qu'a fait ce charmant Heydrich, justement, pour mérité de figurer ici ?
Et bien pour résumé : c'est lui qui a mis sur pied presque tout le système de renseignement du IIIème Reich et qui l'a dirigé jusqu'en 1942. Gestapo, SD, tout ce qui était polices et services de renseignement à l'exception de l'Abwehr était en son pouvoir. La Solution Finale ? Organisée par lui sous les ordres d'Himmler, qui n'avait pas l'estomac assez accroché pour. Déclencher une opération false flag pour "justifier" une guerre avec la Pologne ? C'est aussi Heydrich. Tout ce que les nazis ont fait de pire en manière d'extermination porte sa marque à un moment où à un autre.
Mais pourquoi tant de haine ? Parce que cela lui apportait le pouvoir. Heydrich ne s'intéresse pas particulièrement aux juifs, aux catholiques, aux tziganes et aux opposants qu'il fait enfermer : ce qui l'intéresse est d'arriver au pouvoir. Considéré comme certains historiens comme le plus probable successeur d'Hitler (minus son assassinat), on dirait qu'il a bien réussi... et ce en défiant totalement certaines règles du nazisme : alors qu'il était totalement interdit de faire des recherches sur Hitler, Himmler et co, Heydrich ne s'en est jamais privé et se permettait même d'espionner les plus hautes têtes de l'Etat. Heydrich savait tout, sur tout le monde, et Hitler était peut être bien le seul à n'avoir pas peur de lui.


Du pouvoir, du pouvoir, du pouvoir : voilà toute l'ambition d'Heydrich. Toute sa vie, il ne cessera jamais cette course qui le pousse à s'éprouver dans plusieurs domaines. Il sera ainsi décoré comme pilote de chasse et tentera de mettre la main sur l'Association internationale d'Escrime, dirigera la Bohème Moravie et devait partir "calmer" les français quand Londres a eu la bonne idée d'envoyer des tchèques l'assassiner. En effet, les alliés ne l'aimaient pas vraiment et Heydrich les a beaucoup aidé dans l'affaire, puisqu'il se rendait à son travail sans escorte et dans une voiture ouverte, à la carrosserie non doublée du blindage obligatoire, alors qu'il se trouvait au beau milieu de territoires occupés...
C'était une bonne idée. Jusqu'à ce qu'en réponse, Himmler ne fasse littéralement disparaitre le village de Lidice pour venger la mort d'Heydrich. Et quand je dis village, c'est à dire qu'ensuite il n'en restait ni les habitants ni même les ruines ; même le nom avait été retiré des cartes.


Une soif de pouvoir, de reconnaissance, une profonde dualité, un dégoût de soi même à cause de sa voix... Heydrich n'a jamais été décrit comme un homme heureux. Toute sa vie, il a dû faire face à des rumeurs sur son judaïsme. Adolescent, il n'avait pas d'ami. Dans la marine, il était peu aimé. Dans la SS ? sans doute carrément détesté, sauf par une minorité. Sans doute se haïssait-il : en rentrant chez lui, un soir, il tire au pistolet sur le grand miroir de l'entrée, où il venait de voir son propre reflet...


Aujourd'hui : Un lieu de pèlerinage inconnu
A sa mort, Heydrich avait reçu les plus grands honneurs du Reich. Son tombeau était superbe et gardé en permanence par deux SS. Mais à la libération, les alliés l'enterrèrent discrètement et laissèrent la tombe vierge de tout nom. Pendant des années des historiens cherchèrent la tombe d'Heydrich, jusqu'à ce l'un la retrouve enfin. Il fut alors surpris de rencontrer un groupe de jeune neo-nazis sur les lieux qui, eux, savaient parfaitement où se trouvait la tombe. L'historien se renseigna auprès du leader neo-nazi local... qui connaissait l'emplacement de la tombe depuis des années.
Ses enfants encore vivants demandent aujourd'hui une véritable tombe pour leur père. Jusque là, cela leur a été refusé.

En fiction :
-Dans les Uchronies, il fait figure de successeur d'Himmler, voir même de Hitler en cas de victoire du Reich. Dans L'Homme au coeur d'acier, il survit à l'attentat à son encontre et devient le chef de la résistance allemande aux alliés.
-Dans les années 1942/1943, plusieurs films furent tournés par les alliés sur sa mort.
-Il apparait entre autre dans la mini-série anglaise Holocaust.

Citations :
« Heydrich était un homme froid qui se contrôlait toujours et formulait ses idées avec une rigueur d'intellectuel » Albert Speer

« il pouvait être incorrect jusqu’à la cruauté. [...] Cela ne l'empêchait pas, étant donné que son supérieur, le Reichsführer SS Himmler, accordait beaucoup d'importance à l'image de la vie de famille, de jouer les tendres époux et les bons pères de famille [...] » Walter Schellenberg

« c'était un homme comme un coup de fouet, dans sa froideur de sentiments luciférienne, son amoralité tranquille et son inextinguible soif de pouvoir ».Joachim Fest

"J'ai toujours pensé que c'était un pauvre type", Heinrich Himmler, mais possiblement mal traduit car le même livre, en anglais, donne "J'ai toujours pensé que c'était un homme malheureux."

"C'était un homme au coeur de fer," Hitler, lors de son enterrement.

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MessageSujet: Re: Les Méchants de l'Histoire   Sam 11 Juil - 12:07

Imperator Nero Claudius Cesar Augustus Germanicus
Ou Lucius pour les intimes
De 37 après JC à 68, car c'était déjà un double chiffre pour les révolutions à cette époque.


Néron n'est pas sans point commun avec Heydrich : comme lui, c'est un musicien. Plus précisément, il joue de la harpe et compose. Mais contrairement à Heydrich, qu'on complimentait sur ses talents, cette aspect de la personne de Néron resta toujours très mal considéré ; un Empereur de Rome qui se conduit en musicien, ce n'est pas correct.

Mais Néron n'était pas né pour être Empereur. Fils d'Agrippine la Jeune, il ne devait être que le neveu de Caligula ; lorsque celui ci fut remplacer par Claude, l'oncle d'Agrippine, le jeune Lucius se trouvait bien loin de la ligne de succession. Mais, mais au carré et même mais au cube, c'était sans compter sur un élément du destin que vous apprendrez à ne plus jamais considérer comme insignifiant (et Richard Coeur de Lion vous le dira aussi) : le capital immatériel de Bourdieu qui, bien qu'il soit un sociologue pour classes Terminales, disait souvent des choses intéressantes.
Pour résumer, Maman était motivée.

De mon humble avis personnel, le vrai méchant de cette présentation devrait être Agrippine, une pétasse affirmée qui mériterait la première place du topic des Salopes de l'Histoires ; car c'est ce qu'elle est, pétasse comme salope. Après avoir entretenu des relations incestueuses avec Caligula (mais connaissant la bête, elle était peut être pas consentante), assassiné quelques uns de ses maris et autres joyeusetés, elle sera exilée sur une île quelconque avant que Claude, successeur de Caligula qu'on avait relativement écorché entre temps, ne la fasse revenir. La belle se pointa alors comme une rose avec son gamin, Lucius (futur Néron) et séduisit son oncle Claude. Celui-ci étant bègue, moche et faible, on se doute que ce n'était pas par amour.

Or, Claude a déjà un fils, Britannicus. Pas de problème pour Aggripine : après avoir épousé son oncle, elle lui fait adopter son fils Lucius, qu'on renomme alors en long Nero Claudius Caesar Drusus et en court Néron parce que c'est mieux. Britannicus est plus jeune que Néron : ce dernier devient héritier du trône en un claquement de doigts, sans avoir rien demandé au passage. Ceci étant fait, Claude crève empoisonné (merci Maman), puis Britannicus décède juste avant de fêter sa majorité anticipée (cette fois, on est pas sûr pour savoir s'il est mort d'épilepsie naturelle, empoisonné par Aggripine ou par Néron). Pif paf pouf : Néron est Empereur, on lui fait épouser Octavie, fille de Claude (et donc sa soeur par adoption, ou sa cousine en pas adoption), Cheer up guys la fête commence.

Première chose à savoir : il est faux d'affirmer que Néron était un Empereur de merde. Certes, il avait ses travers, mais au niveau de l'administration ça partait pas trop en eau en de boudin. Il eu le bon sens de laisser le célèbre Sénèque s'occuper des affaires, jusqu'à ce qu'il soit forcé de le faire trucider, l'aimable conseiller ayant eu la même idée mais dans l'autre sens. Le règne de Néron fut globalement positif pour l'Empire : pas de guerres, pas d'inflations massives. Néron s'efforça de promouvoir la paix autours de ses frontières ; lors du grand incendie de Rome (qu'on ne PEUT PAS lui imputer de manière sûr, d'autant qu'il n'était même pas là quand ça c'est produit), il fut vu jouant de la harpe au dessus de la ville en flamme, mais surtout ouvrit son palais aux survivants et leur offrit des vivres. La persécution des chrétiens n'eu lieu qu'à Rome et aucun décret officiel ne la promulgua. Au final, Néron n'aura pas été mauvais administrateur.

Là où le bât blesse, en vérité, est la vie privée de Néron : vous pensiez qu'Agrippine était une putain vu la descriptions que je vous en ai faite ? Néron arrive presque à être pire.

Pour commencer, son épouse, Octavie, ne le satisfait pas. Après l'avoir plus ou moins exilée, Néron aura plusieurs maîtresses féminines, ainsi que plusieurs amants. Les rumeurs les plus folles courent sur lui : il violait des enfants (mâles et femelles), jouait le "rôle de la femme" avec des esclaves (chose interdite à l'époque. L'homosexualité était acceptée, mais la "femme" du couple ne devait pas être citoyen. Que Néron ai occupé ce rôle avec certains de ses esclaves était donc une très grave entorse, alors que le contraire était tout à fait acceptable), en aurait fait castrer certains et, surtout, sa mère aurait tenté de le séduire. Or, Maman Agrippine est du genre collante dans son genre et super autoritaire et, après s'être pris un rateau, eu dans l'idée de favoriser Britannicus, avec le succès qu'on sait puisqu'il en mourut peut être.

Néron décida alors de faire assassiner sa mère. Il fit donc rassembler ses ingénieurs et plusieurs tentatives saugrenues furent tentées : les classiques empoisonnements, un bateau conçu pour sombrer au large (il coula, il coula, mais elle nagea, elle nagea) et finalement on opta pour la méthode plus classique et sûre du "crève, connasse !" à coup d'épées. Ainsi décéda fort tragiquement Agrippine, non sans maudire son fils. Bien sûr, tout le monde fut au courant, ce qui ne rendit pas Néron très populaire ; personnellement je pense que c'était une belle mesure de salubrité publique mais hé, faut s'arranger discrètement pour ce genre de cas. Mais il est également possible que Néron soit responsable de la mort de sa femme Octavie (décédée un peu bizarrement après qu'il l'eû répudiée), puis de sa seconde femme Poppée qu'il aurait frappée alors qu'elle était enceinte (mais elle pourrait être morte de complications dues à sa grossesse, Néron ayant été très amoureux d'elle, on a jamais su s'il la battait réellement ou s'il ne s'agissait que de ragots). Pour finir, une seule de ses "épouses" lui survécut, et c'est parce qu'il avait finit par s'en lasser et la marier à quelqu'un d'autre.

Autre problème : Néron aime bien se donner en spectacle. Il est musicien, aime jouer en public, et participe également à des courses de char. Pour les citoyens de son époque c'est impardonnable. Imaginez Sarkozy à la Star Académie, mais en pire, bien pire, et vous obtenez l'effet obtenu. Dégrader la fonction d'Empereur était un crime. Alors forcément, quand Néron partit faire une super top tournée un peu partout mais surtout en Grèce, où il remporta les JO dans la catégorie musique (plus parce que c'était Néron que par talent), ce ne fut pas une décision très populaire. Et pour cause : en revenant, il ne fallut pas longtemps pour qu'on le suicide, le nid de serpents s'étant un peu agité en son absence.



Physiquement (oui je passe du coq à l'âne mais j'abrège), Néron était très grand, très costaud, avec un cou de taureau et un double menton assez hideux passé les vingt cinq ans. Blond/roux, il a été décrit comme assez beau, même si pour moi il ressemble plutôt au bavarois cliché qui a abusé de la saucisse de Frankfort (pardon pour les bavarois, qui en fait ne ressemblent pas à ça, mais vous saisissez l'image). Un bon grand gaillard en bonne santé et athlétique, qui ne parvint cependant pas à avoir d'héritier mâle, et même pour avoir une fille il a eu du mal.

Pour le caractère, je vous laisse juger avec les explications ci dessus. Pour résumer, il était trèèèèèès arrogant (il fait partie de ces empereurs qui renommèrent des mois de l'année à leur convenance), adepte des jeux, des orgies, des partouzes, des beuveries, sensible à la poésie, musicien, mégalo, parano sur la fin (merci maman), aimait son peuple (c'était pas réciproque), moderne (voulait un Rome moins inflammable) et avait à peu près les goûts d'Hitler en matière d'architecture, mais deux mille ans avant (grand, gros, solide, impressionnant, classe).


En fiction :

-L'oeuvre la plus connue, Quo Vadis, le présente comme un horrible tyran sanguinaire. On lui doit en partie la très mauvaise réputation de Néron qui, pourtant, était très loin d'être le pire des empereurs. Le tir a été un peu rectifié dans des oeuvres suivantes, visant à réhabiliter un peu Néron qui, sans être hyper sympa, avait quelques bons côtés.
-Un épisode de la mini série Rome lui est consacré.
-Néron est l'un des personnages principaux de la série Murena, dans laquelle le héro est l'un de ses amis d'enfance.
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MessageSujet: Re: Les Méchants de l'Histoire   Sam 11 Juil - 12:18


Heinrich Himmler, "Heini le pleurnicheur" ou "Heinrich le Loyal"
(aka Waffen-ringard en chef)


Comment peut on être à la fois "Heini le pleurnicheur" et "Heinrich le Loyal" ? Toute la réponse est contenue dans la Bête elle même. Autant son copain Heydrich avait l'air méchant et cachait vaguement un petit morceau de coeur encore vivant, autant Himmler, lui, ressemble à une gentille chiffe molle et cache le reste derrière deux hublots qui lui donnent un regard de chouette : le pauvre garçon était en effet tellement myope qu'il fallut que son père fasse marcher quelques amitiés princières pour que son fils participe à la première guerre mondiale de très loin. C'est dire que sans ses lunettes, il devait pas pouvoir se compter les doigts de la main avec le bras tendu.

Né en 1900 dans les environs de Munich, Heinrich Himmler est le second enfant d'une famille de moyenne bourgeoise catholique. Son père est professeur, avec une bonne situation, si bien que l'enfance d'Himmler se passe dans un cadre assez classique : stricte, très respectable pour l'époque, sa famille se porte bien financièrement. Ses parents sont nationalistes ; leurs trois fils le seront aussi. Lorsque la guerre éclate, le jeune Heinrich s'enthousiasme réellement pour les défilés d'armes et ne rêve que d'un chose, devenir soldat à son tour. Son frère aîné est déjà entré dans la marine allemande, mais le jeune Himmler ne pourra en faire de même, trop jeune et handicapé par sa myopie. C'est grâce à son père qu'il parviendra à entrer dans un régiment d'infanterie... avant d'être démobilisé sans jamais avoir pu tirer un coup de feu ou mis les pieds dans une tranchée.
Très, très déçu d'avoir tout loupé, il rentre chez lui avec son frère aîné et fera un peu mumuse dans les Freikorps (pour y faire quoi ? J'en sais rien, mais ça devait pas être beaucoup plus intéressant que ce qu'y faisait Heydrich : sûrement servir de larbin aux vrais bourrineurs).

Cependant, Himmler ne devait pas faire carrière comme bagarreur (enfin, pas tout de suite). Il se lance dans des études d'agronomie et obtient un diplôme en la matière, ce qui en fera pendant de nombreuses années une personnalité respectée dans les environs. Physiquement, il a bien une tête de prof : lunettes, air sage ("coincé" diront les mauvaises langues), mains décrites comme délicates et manières de gentleman... c'est un homme sans couleurs, mais son journal intime montre déjà une espèce de frustration, très comparable à celle du geek qui mate du porno parce qu'aucune fille ne voudra de ses cheveux gras et de sa courte barbe ornée d'éclats de chips. Son comportement est également celui d'un bourgeois coincé du cul et déjà suspicieux : comme il n'aime pas plus que cela la fiancée de son frère aîné... il engage un détective pour enquêter sur elle ! Le mariage sera annulé. Dans un autre style, il demanda une dispense médicale pour ne pas avoir à se bourrer la gueule dans les associations étudiantes.

Son diplôme en poche, Himmler épouse une certaine Marga, de sept ans son aînée, qui a de drôles de fréquentation : alors qu'ils montent un élevage de poulets, elle l'initie à quelques originalités du style homéopathie, ésotérisme et autres machins complètement loufoques, grâce auxquels même Hitler se demandera à l'occasion si son Loyal Heinrich n'abuse pas un peu de la fûmette de temps à autre.
Dans le même temps, Himmler fréquente des organisations d'extrême droite et y rencontre un certain Röhm. Vous ne savez pas qui c'est ? C'est pas grave. Mais résumons : Röhm est en charge de la SA, milice alliée des nazis, que Himmler intègre rapidement. Lors du putsh raté de la Brasserie (lors de laquelle Hitler se fera bananer comme un débutant), il porte un drapeau avec un air très inspiré. Tellement inspiré qu'il ne se sera pas inquiété quand le putsh échoue, on lui conseille plutôt de rentrer faire coucouche panier et de laisser les grands jouer entre eux. Si sur le moment ça parait drôle, il s'agit en fait du côté le plus redoutable d'Himmler : "Ils ne s'intéressent pas à moi, ils ont l'air de penser que je ne fais que jouer..." se plaignait-il lorsqu'il fréquentait les Freikorps. On verra plus tard que cela lui sera très utile...

Himmler est donc libre, se marie, s'occupe de sa ferme de poulets et de sa gamine, Gudrun, depuis devenue une salope notoire qui adorait visiter les camps de concentration et pollue toujours la politique allemande aujourd'hui (mais vous inquiétez pas, elle finira bien par crever un jour et vu son âge ça devrait pas trop tarder). Là, c'est pas très intéressant : le parti nazi revient, Himmler refait de la politique, sa ferme fait faillite, il se sépare plus ou moins d'avec sa femme mais ne divorce pas. Bref, ça c'est la partie chiante.

Le plus intéressant, c'est comment le petit secrétaire à tête de hibou parvint à devenir le deuxième homme le plus dangereux du Reich. On l'a déjà dit, c'est le genre de bonhomme qu'on ne prend jamais au sérieux. ça a peut être à voir avec son air vaseux crasse (sur une photo sur deux, il ne regarde pas l'appareil mais... autre part... genre le ciel, le plafond, les pigeons, les murs...). Mais on ne le prend tellement pas au sérieux que, le temps que Röhm se soit rendu compte qu'Himmler n'était plus son secrétaire, puis avait fait gonfler la SS (qu'Hitler lui avait refilé entre temps), puis qu'il ne recevait plus ses ordres de lui et enfin que ses hommes étaient à sa porte pour le flinguer, et ben comme l'indique la dernière proposition, il était flingué.
Et pendant c'temps là, Himmler était devenu Riche, Puissant, mais pas plus beau qu'avant, comme on peut le voir sur ce tableau d'une telle modernité que Napoléon aurait déjà trouvé ça ringard.
Car Himmler est un symbole de ringardisme et de comportement geek, mais à grande échelle.

En effet, Himmler est un volkisch, synonyme d'un espèce de nationalisme allemand folklo. Pour lui, la SS doit devenir l'Ordre Noir qui mènera la race des seigneurs. Outre ses idées un peu bizarre que l'Allemand du futur est un soldat-paysan, il pense que la SS doit être une organisation complète : elle aura son armée, sa police, sa capitale (dont on parlera plus loin), ses trips pseudo culturels et ses nouvelles fêtes religieuses... elle aura aussi son industrie !
Ouais. Enfin, une industrie genre manufacture sous Louis XIV, plutôt. La SS devient bientôt propriétaire d'une usine d'eau en bouteille, d'une fabrique d'objets en porcelaine (Himmler était persuadé que la porcelaine était un truc purement allemand. Notez d'ailleurs qu'une figurine, "L'Escrimeur" fut faite à l'effigie d'Heydrich et lui fut offerte par Himmler) et de divers autres trucs par ci par là, dont certains rayonnaient d'un tel kitch (un peu comme les taies d'oreiller ornées de croix gammées) qu'Himmler fut forcé d'en arrêter la production et faire un peu relever le niveau.
On le comprend. Laisser une trace de fabricant d'oreiller, c'est assez pitoyable.

Deuxième point de fûmette extravagante : Himmler adoooooore l'ésoterisme, le folko, le païen, le catholicisme c'est du caca en boîte, changeons tout ! Virons Noël, le Solstice d'Hiver c'est mieux ! Dans le genre geek avec des moyens, Himmler acheta un château, Wewelsburg, pour devenir la capitale de la SS. La déco y était bien médiévale, avec des tapisseries dans les chambres et un mobilier très inspiré ; une salle des blasons devait accueillir ceux des grands de la SS ; un puits était prévu pour y jeter ceux des morts. Un peu plus zarbe, le légendaire "Soleil noir" qui se trouverait quelque part au sous sol, où quelques illuminés genre scénaristes d'Indiana Jones imaginèrent qu'on invoquait des démons. Un peu plus drôle, la table ronde (oui oui, avec les noms gravés sur les chaises et tout) pour les fana qui suivaient Himmler dans ses délires.

Mais les délires d'Himmler ne se limitent pas à son château et à ses porcelaines : on compte entre autre une visite à Montségur, un des lieux français où on a présumé que le Graal se serait trouvé ; la SS compte une organisation, l'Ahnenerbe, qui ira jusqu'au Tibet faire des fouilles sur la race aryenne.


Maintenant, revenons aux choses sérieuses, puisqu'Himmler n'est pas devenu si dangereux en faisant du spiritisme (quoique) : c'est un bureaucrate acharné, et on doit le remercier pour avoir copié certain documents importants en tant d'exemplaires qu'on a pas pu tous les détruire ensuite. C'est un organisateur hors pair, méthodique mais au coeur peu accroché. Si on le surnomme "Heini le Pleurnicheur", c'est non seulement parce qu'il n'est jamais allé au combat, mais aussi parce qu'il manqua s'évanouir après avoir assisté à une exécution de masse. Cela ne l'empêche pas de diriger la SS, Etat dans l'Etat, jusqu'à 1945. Il se veut également grand stratège, mais son commandement, lorsqu'Hitler lui confie une armée sur le front de l'est, est un désastre : atteint d'une maladie de l'estomac, Himmler passe beaucoup plus de temps à l'hôpital qu'à son QG et ne s'occupe de rien. Et Heinrich le Loyal n'est finalement pas si loyal que cela. Il propose très tôt d'échanger des juifs contre des biens utiles : de l'or, des camions (que Churchill refusera de donner, plus occupé par le débarquement), puis il libère gratuitement des juifs pour se faire bien voir des alliés.

Complètement déconnecté de la réalité, Himmler pense en effet être bien vu par les Alliés et pouvoir négocier avec eux. Il trahit donc Hitler, qui le renie (certains historiens pensent toutefois qu'il agissait sous les ordres du Führer), mais ce sera pour rien puisqu'il les dégoûte presque autant qu'Hitler. Il sera finalement forcé de fuir avec deux de ses hommes, déguisé en sous officier et avec un faux nom. Capturé par les anglais, ses papiers trop neufs attirent l'attention. Il est interrogé et finit par se suicider (par être suicidé par les anglais, d'après certains), sans avoir rien dit d'autre que : "Ich bin Heinrich Himmler."
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Les Méchants de l'Histoire

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