Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)


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Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)

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Allemand
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MessageSujet: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Dim 26 Juil - 23:00

Heinz ne savait pas si c'était l'arrivée du printemps qui, tout en faisant fleurir l'hormone des jeunes, poussait les Français à semer des plantes particulières appellées "politicus tractacus". Il y avait eu l'affaire de l'usine, le samedi précédent, et puis en arrivant au bureau ce jour là, on lui avait dit qu'un nouveau numéro d'Edelweiss était apparu dans la ville, mais encore et surtout à Sarnand. Ce n'était pas une bonne nouvelle car, jusque là, le pamphlet n'avait pas été présent dans la base, alors qu'ils étaient clairement destinés aux militaires français. Mais le pire restait que ces fumiers avaient osé rajouter quelques lignes à l'attention des Allemands, déclarant avec deux ou trois fautes : "Esclaves du tyran, rentrez chez vous et cessez de souiller le sol de France ! Bientôt le peuple se relèvera et votre sang abreuvera nos sillons..."

Heinz avait évidemment peu apprécié et décidé de se rendre immédiatement auprès de l'Oberstleutnant Wienke. On avait trouvé le papier partout, disait-on : au milieu du réfectoire, dans le téléphérique, dans la chapelle et même sur les lits des Flieger, dans l'un des dortoirs. Il faudrait faire une enquête. Trouver qui avait accès à tous ces lieux, l'attraper, et lui faire avouer ! Wienke n'était pas là, il était parti entraîner sa Staffel tôt le matin. Siedler répondit à la secrétaire qu'il attendrait, si bien qu'elle lui proposa d'attendre dans le petit salon attenant. L'Oberstleutnant ne passait pas par là, mais assurément elle lui dirait que l'Hauptsturmführer l'attendait.

La pièce était petite, meublée à la française et servait probablement pour les soirées privées de l'Oberstleutnant. Mais ce jour là, bien que le soir soit loin, elle n'était pas vide : un jeune garçon à l'air passablement renfrogné était assis sur un fauteuil. La secrétaire glissa à Heinz qu'il avait "encore été puni et qu'on l'avait envoyé voir l'Oberstleutnant Wienke à cause de ça". Puis elle retourna dans son bureau, car le téléphone sonnait.

Heinz retira son manteau et le laissa tomber sur le dossier d'un fauteuil, puis s'y installa. Il portait ce jour là son uniforme du SD, vert de gris, sur lequel figurait une seule épaulette argentée et un losange marqué du sigle "SD" sur la manche...
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Lun 27 Juil - 18:16

Wolfgang boudait effectivement. Pas que d’être convoqué chez le vieux était particulièrement étrange, il n’y avait pas une semaine sans qu’il soit forcé d’aller présenter ses irrespects à son oncle. Mais pour une fois que ce n’était pas de sa faute, il se permettait d’être renfrogné. Pour tout dire, il avait accepté presque de bonne grâce de ne pas voler durant une semaine. Il avait bien entendu regretté que le commandant n’ait pas parlé en français, ce qui lui aurait permis de ne pas argumenter et de pouvoir reprendre son dragon. En effet, son apprentissage du français sous la bonne garde d’Orion lui permettait de comprendre la majeure partie des termes employés et vol faisait partie de ce qu’il connaissait.

Il n’avait donc pas désobéi ouvertement et s’était présenté presque timidement devant les instructeurs. Il avait vu la lueur de fierté dans leur regard quand il avait exposé son action acrobatique et il avait compris que ces derniers ne seraient pas trop stricts concernant cette erreur relative d’appréciation. De plus, il avait eu la présence d’esprit de commenter la décision de son oncle et il avait donc eu la possibilité de monter sur le dos d’Orion pour des réglages de harnais. Son dragon avait pris près d’un mètre depuis le dernier harnais et il avait donc fallu passer plusieurs jours à régler le nouveau et à faire les mesures. C’était tout naturellement son travail de tout envisager et de tester le harnais en vol au ras du sol. Son oncle n’avait rien dit, du moins à sa connaissance.

Et là, alors que la sanction allait être levée, il se retrouvait à l’attendre tout simplement parce qu’il avait fait un exercice. Oui, un simple exercice de thème. Il avait trouvé un journal sur son lit, journal qui était également apparu sur tous les autres lits du dortoir, on ne savait comment et il avait voulu le comprendre. Parce que mis à part les termes stupides sur le sang qui allait abreuver les sillons, tout était en français. Et pour livrer un journal français à des allemands, il fallait avoir un certain degré de folie.

Il avait donc passé un temps assez important à traduire le journal et avait ensuite décidé de transcrire son travail. Le leutnant qui l’avait alors surpris l’avait immédiatement envoyé chez le commandant pour travaux subversifs. Si seulement il avait eu la possibilité de s’expliquer, l’autre aurait vu que ce qu’il faisait leur permettrait de mieux déterminer les actions contre lesquelles agir. Mais non ! L’autre avait eu une réaction instinctive totalement disproportionnée.

Il regarda l’homme qui venait d’entrer et décida de tenter le tout pour le tout. Il sourit d’une manière totalement ironique avant de finalement prendre la parole.

- Vous aussi vous avez eu l’outrecuidance de comprendre le français et les documents apparus par miracle ? Ou alors vous n’étiez pas au courant et vous lui faites une simple visite de courtoisie. Ou bien encore, je vais être de trop et je ferais mieux de partir pour vous laisser régler tous les détails de votre ô combien capital entretien à venir.

Il croisa les mains dans son dos, se redressant, comme un bon petit garçon tout gentil. Cela semblerait certainement suspect à l’homme, mais après tout, il pourrait se montrer sous le jour que ce genre de personnes appréciait. Un parfait soldat, capable de détruire ses ennemis si besoin était.
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Mer 29 Juil - 20:23

Ou alors Heinz n'était pas forcé d'apprécier le ton du garçon. A croire qu'à présent qu'il était LE représentant du SD, et pas un parmi d'autres, cela autorisait tout le monde a être encore plus irrespectueux que d'habitude. Entre Marot qui le traitait comme de la merde, Pfeffel comme une petite chose fragile et celui là comme un gamin, Montreuil était maudit ou ses habitants (Allemands inclus) des goujats. Pourtant, ce n'était pas comme si son unique épaulette, ses pattes de col ou encore la tête de mort bien visible sur sa casquette ne suffisait pas à crier tout haut son identité.
Encore un qui avait trop de cran, ou trop d'inconscience.

"En temps qu'officier supérieur de la Gestapo à Montreuil, je suppose qu'il est en effet souhaitable que je parle français."

Sa voix portait une froideur qui ne lui était pas habituelle ; il faut dire qu'il tentait de se rendre un peu menaçant. Il n'aimait pas faire peur, mais commençait à croire que c'était le seul moyen d'être respecté. Jambes croisées et bras à présent noués face à sa poitrine, il fronça les sourcils en regardant son interlocuteur. Ce n'était même pas un officier !

"Les raisons de ma présence ici ne vous concerne pas. Dois-je vous rappeler également que vous devez vous adresser à moi en disant Hauptsturmführer et qu'il aurait été poli de votre part de saluer ?"


Or, et bien malheureusement, Wolfgang n'était plus "de trop" depuis qu'il avait avoué avoir eu des documents apparus par miracle entre les mains. Heinz l'aurait de toute façon présenté au commandant pour savoir d'où il tenait une pareille impolitesse, mais à présent, la présence du jeune -quel âge avait-il ?- était doublement indispensable.

S'il avait eu un peu de chance, s'il était tombé sur Heinz dans un bon jour et que ce dernier n'était venu que pour manger des pâtes de fruit, Wolfgang s'en serait tiré. Mais voilà, ce n'était pas le cas, et cela lui apprendrait sans doute montrer plus de respect envers le SD...

"Vous resterez ici et je ferai part à l'Oberstleutnant Wienke de votre conduite. Ensuite, vous nous expliquerez ce que vous faisiez avec un numéro d'Edelweiss entre les mains -puisque je suppose qu'il s'agit de cela, non ?"
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Mer 29 Juil - 22:07

Oups ! C’était ce que Wolfgang aurait pu dire s’il avait été un tout petit peu plus craintif des SD. Il aurait même pu, éventuellement, se répandre en excuses avant de s’aplatir pour implorer le pardon de l’homme. Mais non, il savait parfaitement que son oncle était là et qu’il ne risquait pas grand-chose à ne pas avoir salué ou employé le bon terme.

Il attendit la fin du discours avec une appréhension tout de même importante. On ne savait jamais, si l’homme se décidait à lui en vouloir, il n’avait aucune chance de revoler un jour et ça jamais ! Il se recula un peu sur son siège tout de même et la rougeur de ses joues montra qu’il était vexé et légèrement humilié d’être ainsi réprimandé alors qu’il n’en espérait pas tant.

Il écouta la sanction et elle fit immédiatement naitre une idée dans son esprit. L’homme était le commandant de la gestapo et pouvait donc avoir un peu plus de poids que son oncle sur certains critères. Wolfgang était un jeune homme assez imaginatif et il pouvait être utile. L’alliance des deux serait certainement profitable. Surtout si, comme le souhaitait Wolfgang, son oncle était réticent.

Dès que l’homme eut fini de parler, le jeune garçon décida de lui montrer qui il pouvait être. Il se leva comme un diable hors de sa boîte et salua avec la force d’une discipline de fer.

- Stabsfeldwebel Wolgang Abendroth, flieger du Falken Orion. Je vous prie de m’excuser, Hauptsturmführer, pour ce comportement inadapté mais je suis réticent à rencontrer le commandant alors que je n’ai pas tout à fait terminé le travail que j’avais entrepris.

Il se mit en position de repos, le dos bien droit, l’image même du soldat efficace et dénué de sentiments. Il reprit alors la parole pour expliquer la présence du journal dans ses mains.

- Concernant Edelweis, j’ai eu ce pamphlet dément dans le dortoir que j’occupe. Je ne sais comment il est apparu mais je sais qu’il est arrivé dans la journée d’hier. Je ne peux pas vous en dire plus. Mais ma présence ici pour ces raisons doit être suspecte et je suis prêt à endosser la responsabilité de mon initiative.

Il avait volontairement prononcé le dernier mot. Il n’était pas coupable d’avoir eu l’esprit ouvert et d’avoir cherché à comprendre ce qui était écrit. Il allait l’expliquer d’ailleurs.

- En voyant la phrase absurde écrite dans un allemand plus qu’approximatif, je me suis dit qu’il fallait que nous comprenions l’impact éventuel du pamphlet sur les français. J’ai donc, je l’avoue, pris la liberté de traduire le document. Mais ce n’était pas dans un but de rébellion mais d’aide à notre cause. Les tentatives pitoyables de révolte doivent être marquées sous le sceau de la fermeté. C’est pourquoi j’accepte dès à présent de subit l’interrogatoire que vous jugerez bon pour prouver ma loyauté au Reich.

Il avait redressé la tête et il attendait visiblement que l’homme décide d’une sanction. Il voulait voir un bon soldat, il en verrait un. Wolfgang était l’image même du jeune nazi fier de ses origines et de son pays. Il espérait simplement ne pas être puni trop sévèrement pour, finalement, un simple esprit d’initiative. Et il espérait également que son oncle n’allait pas revenir immédiatement, tenir le rôle serait nettement plus complexe devant lui.
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Sam 1 Aoû - 20:08

Si Wolfgang ne risquait pas grand chose, c'était probablement parce que de toute façon l'Hauptsturmführer pardonnait bien trop facilement aux enfants. Les excuses pourtant un peu fumeuses de l'adolescent l'apaisèrent suffisament pour qu'il ne décide pas de lui intimer de se taire jusqu'à l'arrivée du commandant... ce qu'il aurait parfaitement pu faire. Il fronça toutefois les sourcils quand il entendit le mot réticent. Comme si les subordonnés avaient le droit d'être réticents et pire, de s'en vanter ! N'importe quel officier un peu prussien en aurait avalé son monocle.

Et Dieu, qu'il parlait. Faisait-il cela tout le temps ou était-ce une sorte de panique bien dissimulée ? Si le ton n'avait pas été maîtrisé, Heinz aurait baillé juste pour le faire taire. Mais au fond un tel culot l'impressionnait : il aurait aimé avoir le même cran. La suite restait cependant entre ses mains. Il pouvait décider d'attendre le commandant pour le laisser régler cette affaire, ce qui aurait été poli. Il pouvait interroger dès à présent le garçon, mais le commandant risquait de ne pas trop apprécier. Il pouvait aussi punir tout de suite le garçon pour son toupet.
Il tendit la main.

"Donnez moi votre traduction."


Il n'était ni souriant, ni grimaçant. A vrai dire, il attendait de voir si le jeune pilote avait dit la vérité (ce dont il ne doutait pas) et le résultat de ses recherches. Heinz n'avait pas de traduction sous la main car il comprenait assez le français pour lire directement dans la langue. Il saurait bien assez vite ce que valait celle d'Abendroth.

En tout cas, il faudrait vraiment qu'il en touche un mot au commandant. L'histoire se tenait jusque là mais dans le Reich, avoir trop d'initiative n'était pas une qualité, surtout lorsqu'on était personne.
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Lun 3 Aoû - 23:30

Le jeune homme attendait, il était présent et il refusait de se faire punir pour ce qu'il considérait simplement comme une initiative. C'était ce qu'il avait fait durant des années et il avait toujours été bien vu pour ça et à présent, sous le simple prétexte qu'il n'avait pas un grade élevé il ne pouvait plus rien décidé. Il devait se coucher, laisser faire les adultes pour la simple raison qu'il avait un rôle subalterne. Et bien soit, mais jamais il ne laisserait tomber. Edelweiss était présent à Sarnand et ce n'était certainement pas une chose agréable pour le dirigeant de la Gestapo. Il suffisait simplement à Wolfgang d'être assez malin pour que les choses tournent à son avantage.

Jouer le jeu qu’il voulait jouer à présent était dangereux, particulièrement dangereux, mais comme tout adolescent, il aimait se rire du danger, quitte à se brûler les ailes. Il ferma les yeux une seconde avant de sortir une liasse de papiers de sa poche. Ils étaient un peu froissés mais on reconnaissait le dernier numéro d’Edelweiss ainsi que sa traduction. Il tendit les feuillets à l’homme sans parler et il attendit, toujours en position parfaitement militaire.

Puis, dès que Siedler sembla relever la tête, il reprit la parole mais cette fois plus calmement, presque craintivement. Il ne devait pas brusquer les choses, mais il voulait réussir ce qu’il avait à proposer.

- Je sais que mon français n’est pas parfait et que je ne passerai jamais pour un français. La seule chose possible est que je traduise et encore certainement pas très bien. Je ne comprends pas pourquoi je ne suis plus autorisé à faire ce que j’avais l’habitude de faire dans les jeunesses.

Il termina son petit discours et resta sans bouger, seules ses lèvres remuaient, comme s’il hésitait à parler, à révéler des choses sur son passé. D’un autre côté, effectivement il hésitait, cela n’était pas normal il ne devait pas devoir se révéler pour éviter un problème. Il ne devait qu’une chose, être le meilleur et surtout se révéler n’était pas du tout viril !

- Que de m’être entraîné à infiltrer ne me serve plus je le comprends, mais quel dommage. Et en plus je pourrais toujours voler même en cherchant le responsable, mais non, il faut que je reste à ma place.

Il finit par réellement rougir, il n’avait pas l’intention de tant se livrer en quelques mots et il trouvait cela presque humiliant de l’avoir fait. Il reprit tout de même contenance et attendit le verdict de Heinz Siedler. Sa traduction lui avait-elle plu et sa confession serait-elle utilisée. Oh, il serait réellement étonnant qu’il soit mandaté pour enquêter, mais peut-être que la punition lui serait évitée et qu’il aurait l’opportunité de fouiner un peu. Après tout, il n’était pas curieux pour rien …
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Mer 5 Aoû - 20:36

Mais bon sang, qu'est-ce qu'il avait ce gosse ? Sa mère ne lui avait donc jamais appris à attendre qu'on lui adresse la parole ? Et dans les Jeunesses, on ne lui avait jamais inculqué la discipline ? S'en était presque désespérant. Aussi, dès que Heinz avait levé les yeux, la bouche entrouverte comme pour parler, il l'avait aussitôt refermée et son regard s'était fait dur... plus dur... parce que plus l'autre débitait et évidemment, plus il se mettait dans de beaux draps.

"Parce que vous n'êtes plus dans les jeunesses, Stabsfeldwebel !"

Il lui tendit sa feuille d'un geste brusque, comme pour la jeter.

"Mettez vous ça dans la tête, vous n'êtes plus ici pour jouer. Vous êtes dans la cour des grands, et dans la cour des grands, quand on veut avoir l'avis d'un officier, on attend qu'il le donne au lieu de bavarder sans autorisation."

Il se leva de son fauteuil, les lèvres pincées et cette fois, vraiment de mauvais poil. Une fois, il se sentait gentil. Deux fois, ce serait se conduire ne bonne poire. Et si c'était chronique, alors Abendroth méritait plus qu'un peu ses punitions. Siedler tournait alors le dos au garçon et jeta un coup d'oeil derrière son épaule : il s'attendait presque à ce qu'il ai le toupet de s'être retourné pour le suivre, ce qui serait d'un goût atroce.

"Ce n'est pas dommage du tout ! Vous êtes arrivé dans la vraie vie et cette fois, si vous vous faites prendre, il n'y aura pas de seconde chance. Votre vie, vous la risquerez déjà dans les airs alors que des gens comme moi la risquent pour attraper des terroristes."

Il faut que je reste à ma place. La note finale était décourageante, tant il était clair qu'elle était juste rhétorique. Il ne se conduisait absolument pas comme s'il restait à sa place. Il ne comprenait pas pourquoi, ce qui signifiait qu'il allait très probablement faire une bêtise.
Encore ?

"Des gens comme vous ne m'aident pas à faire mon travail. Je vous préviens que si je vous prends à jouer les enquêteurs en dehors de votre petite base douillette ou à trop tourner autours des français, je vous ferai renvoyer en Allemagne presto."


Il n'en avait pas le pouvoir directement, mais pourquoi le commandant Wienke irait-il le lui refuser ?
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Mer 5 Aoû - 21:07

Bon, ça n’avait pas fonctionné du tout. Il se faisait envoyer promener et en beauté. Il faillit oublier sa place et protester mais s’arrêta à temps. Il n’était pas avec son oncle et il ne serait pas très malin d’énerver le seul homme ayant la possibilité de le punir de manière plus humiliante que le ferait son oncle. Il devait donc se tenir à carreaux et tenter de retourner la situation.

Cependant, comme l’avait fait remarquer l’hauptsturmführer, il allait au devant de graves ennuis s’il continuait ainsi. Donc il devait éviter les ennuis et tenter de remédier à la situation. Ce n’allait pas être simple, ce n’allait pas être évident, mais il allait finir par le faire. L’homme se leva et commença à faire les cent pas. Il était tentant de se tourner vers lui, mais comme il jouait dans la cour des grands, autant faire comme si. Et quand on ne jouait plus, il fallait rester immobile, attendre les sanctions, devenir plus idiot et surtout obéir aux ordres.

Ce n’était pas amusant et certainement totalement inutile en cas de bataille, mais c’était la seule chose à faire et Wolfgang commençait à désespérer. On lui interdisait de voler, on lui interdisait de prendre des initiatives et maintenant on lui interdisait de quitter la base, surtout pour tourner autour des français !

C’était quoi cette allusion, il ne pouvait tout de même pas croire que Wolf avait envie de tourner autour des français, les françaises oui, mais les français certainement pas. Le jeune homme secoua la tête pour ôter cette idée ignoble, mais le ton avait été trop froid pour sembler indiquer une quelconque nuance déviante.

- Je vous prie dans ce cas d’accepter mes excuses Hauptsturmführer Siedler. Je vous laisse seul juge de la sanction appropriée pour mon attitude. Et je vous rassure, je n’ai aucune intention de tourner autour des français, je sais quelles déviances il peuvent pratiquer.

Il avait grimacé à la fin de la phrase, il n’aurait pas dû l’ajouter, il n’aurait pas dû la prononcer et il n’aurait même pas dû aller plus loin que les excuses. Mais il en était tout bonnement incapable. Il semblait que la vie allait être nettement moins agréable qu’il l’avait imaginée. Les pilotes n’étaient finalement que des soldats comme les autres, tout aussi condamnés à faire leur travail sans parler, sans broncher, sans discuter.

Wolfgang était cependant prêt à changer, légèrement, pour que tout se passe comme il le fallait à Sarnand. Enfin, oui, changer avec tous sauf avec son oncle, l’énerver lui était bien trop amusant et finalement assez peu dangereux.
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Sam 8 Aoû - 21:00

Je vous prie, je vous prie... mais ça ne marcherait pas à tous les coups. Le gosse était baratineur. Il était peut être -sans doute- sincère, mais Heinz avait été adolescent un jour. Il savait fort bien que beaucoup de leçons entrent par une oreille et ressortent presto par l'autre. Le gosse était courageux, la peur que ne semblait pas lui inspirer l'uniforme du SD ne suffirait pas à l'imprimer.
Oui, il ferait d'autres bêtises.
Non, ce ne serait (probablement) pas le problème de Heinz. Laissons à Wienke les agneaux égarés qui appartiennent à Wienke.

C'était quant même dommage, pensa Heinz en tournant le dos au garçon. Il voulait cacher un sourire et repensait aux commentaires qu'il aurait pu faire sur la traduction. Dans sa tête, ils étaient prononcés par la voix d'un certain professeur au français tellement plus élégant que le sien. Penser à la voix de Paul le faisait frissonner et il se sentit une seconde coupable.

A la seconde suivante, il fut plus occupé à déglutir et manqua d'ailleurs s'étrangler avec sa salive. Il faillit se retourner. Cela se fit dans la soudaine tension, le début d'un mouvement. Si le sous officier était attentif à ses mouvements, il n'avait probablement rien manqué. Pourquoi cet ajout ? Est-ce que le garçon avait eu des soucis en ville et essayait de dénoncer quelqu'un avec un peu de subtilité ? Ou s'était-il rendu compte de quelque chose ? Les premiers jours, Heinz avait craint que n'importe qui devine son secret. Comme si le mot "homosexuel" avait été gravé sur son front. Mais personne n'avait rien dit, personne n'avait remarqué quoi que ce soit.

Le garçon était peut être homosexuel. Il paraissait qu'ils savaient se reconnaitre. Ou quelqu'un avait cafté. Mais qui ? C'était invraisemblable ! Heinz déglutit de nouveau.

Maintenant, c'était lui qui avait peur.
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Lun 10 Aoû - 13:46

Bon, il semblait que les excuses n’allaient pas être acceptées si facilement, Wolfgang ne s’en tirerait finalement pas si bien que ça et il allait devoir trouver un moyen de ne pas être à nouveau privé de vol ou d’argent de poche. Quoi que, cela faisait longtemps qu’il n’avait pas été privé d’argent de poche, certainement parce qu’il n’avait pas d’argent de poche, cela devait jouer.

En tout cas, il était attentif au moindre signe chez son interlocuteur et constata que la fin de sa phrase avait entrainé une réaction physique. Un truc qu’il avait déjà vu quelque part, une réaction montrant un sentiment puissant. Il n’y aurait eu que l’amorce de mouvement, Wolfgang aurait pu penser à la colère, mais il avait aussi perçu le souci salivaire et là ce n’était plus la colère qui pouvait avoir une telle conséquence. Le jeune soldat se mit à réfléchir et si jamais Heinz se retournait à ce moment, il le verrait les yeux dans le vague, l’air totalement absent, la bouche entrouverte mais toujours assez droit et les mains bien placées dans le dos.

Durant sa réflexion, il se remémora des situations où il avait vu ce type de réactions. Et il y en avait assez pour qu’il se fasse une idée. Il serait mathématicien ou probabiliste, il aurait déjà décidé qu’il y avait environ soixante-quinze pourcent de chance que ce soit la peur, quinze pourcent que ce soit la colère froide et dix pourcent une mauvaise conformation du palais. Mais comme il semblait que l’Hauptsturmführer n’était pas un habitué de l’avalage compulsif de salive, il en aurait conclu que l’homme avait eu peur. Il n’était peut-être pas mathématicien et n’avait certainement pas fait ces calculs, mais il avait eu la même conclusion. Mais de quoi pouvait bien avoir peur un homme pareil !

Il était le plus gradé de la Gestapo, il n’avait rien à craindre des déviances mentionnées et … une minute, si au contraire il avait craint que Wolfgang n’aie parlé des déviances que pour le mettre mal à l’aise, et … oh non ! Il fallait qu’il en ait le cœur net.

- Hauptsturmführer, un problème ?

Oui, ne pas aller plus loin, ne surtout rien dire de plus tant que l’homme n’aurait pas parlé. Son ton avait été légèrement inquiet et pouvait passer pour ce qui serait une inquiétude légitime vis-à-vis de son interlocuteur, cependant ce n’était pas une inquiétude pour Heinz, mais pour lui-même que Wolfgang manifestait ainsi. L’Hauptsturmführer ne pouvait pas savoir ce que le raisonnement du jeune homme avait fait apparaître dans son esprit. Du moins, il fallait espérer que ce n’était pas le cas.
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Mar 11 Aoû - 22:24

Encore mieux. Le gosse avait remarqué. C'est sûr, comme s'il pouvait ne pas remarquer ! Et avec sa langue bien pendue, il ne pouvait pas se taire poliment. Non, il fallait qu'il enfonce le clou. Ça devait même bien le faire marrer. Mais il avait remarqué. Est-il prenait ça pour un aveu de culpabilité ? Et il fallait bien lui répondre ! Même un gosse pouvait comprendre qu'il fallait bien qu'il dise quelque chose...

"Mayonnaise," dit-il franchement au hasard, en français, avant d'ajouter : "La mayonnaise du café je crois. Un de mes hommes était déjà malade avant que je ne vienne."

Tout mettre sur le dos des Français. En plus c'était vrai, le gosse alsacien était malade. On ne pouvait pas lui dire qu'il mentait. Comme si on pouvait vérifier sur son visage s'il avait ou non des crampes d'estomac ! Vraiment ! Il fallait qu'il se calme. Oui, la mayonnaise avait eu un gout étrange. Vraiment. Le gamin ne pouvait pas savoir. Ce n'était pas possible. C'était la faute de la mayonnaise. Il n'avait rien fait pour le mettre sur cette voie. Un hasard ; vraiment ! De toute façon, les français faisaient exprès de donner de la bouffe de merde aux Allemands. Vraiment un hasard.
Bon sang.
Pas moyen de se calmer. Pourtant, maintenant qu'il était tourné vers le garçon, il ne pouvait pas sciemment lui montrer son dos sans avoir l'air franchement grossier. Merde.
Bon sang.
Fallait arrêter de penser bon sang, vraiment.
Et arrêter de penser vraiment.

"Vous ne sauriez pas où sont les toilettes ?"

Qu'il puisse aller se planquer un petit moment, le temps de se remettre d'aplomb. De se passer de l'eau sur le visage, aussi : cela lui donnerait l'impression d'effacer les traces de sa déviance. En frottant bien, plus personne ne s'en rendrait compte et puisqu'il était soit disant malade, on ne lui poserait pas plus de questions. Il verrait ensuite ce qu'il faisait du gosse.
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Jeu 13 Aoû - 15:37

Alors que l’Hauptsturmführer se tournait vers lui, Wolfgang sut qu’il avait gagné. C’était bel et bien de la peur qu’il pouvait voir sur le visage de son interlocuteur. Il regarda l’homme et attendit l’explication. Elle allait venir mais ne serait certainement pas totalement correcte. Il faudrait que Wolfgang détermine le vrai du faux et qu’il puisse ensuite trouver un moyen de le montrer à Heinz sans pour autant devenir trop audacieux, un jeu qu’il allait certainement adorer. Car jouer avec le feu était ce que le jeune homme préférait.

Il eut par contre du mal à rester immobile quand l’explication arriva. De la mayonnaise avec du café ? C’était une excuse, il le savait, mais rien que l’idée lui soulevait le cœur et pourtant, comme tout adolescent, il avait le cœur bien accroché. Il écouta la fin des explications avec une grimace compatissante et se reprit ensuite. C’était une faible excuse, quand on avait mal au ventre, on ne crispait pas les poings, on se crispait sur soi même. Mais il ne devait pas le relever tant que rien ne lui serait demandé.

C’était tout de même étonnant que l’évocation de l’homosexualité crée en l’homme ce sentiment de peur. Etait-il possible qu’il ait été confronté à ces-derniers ? Dans le bon sens ou dans le mauvais sens d’ailleurs… L’homme, pourtant, ne devait pas avoir peur d’une mauvaise rencontre, c’était fortement étonnant que quelqu’un de déviant tente quelque chose avec le chef de la Gestapo de Montreuil. Ou alors il avait eu une expérience traumatisante dans son enfance et elle ressortait sous le coup de la phrase de Wolfgang. Le jeune homme eut un court instant envie de tapoter dans le dos d’Heinz avant de se dire que, premièrement, ça ne se faisait pas, mais surtout, deuxièmement, qu’il allait briser sa réputation ainsi. Il se contenta donc d’une simple phrase de réconfort.

- Je compatis, je sais ce que c’est.

Dans le genre inutile et surtout à haut risque sa phrase était parfaite, mais au moins il avait dit quelque chose. Et quand l’homme lui demanda la direction des toilettes, il vit sa chance.

- Je peux même vous accompagner Hauptsturmführer, suivez moi je vous prie.

Et oui, un moyen gratis de sortir de la pièce et de marcher un peu n’allait pas être refusé par Wolfgang. Bon, en même temps il pourrait peut-être éclaircir cette histoire de contacts avec des français. Il ouvrit donc la porte et fit signe à l’homme de le précéder, il parviendrait bien à expliquer à l’aide de camp de son oncle pourquoi il avait besoin du jeune homme.
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Lun 17 Aoû - 0:22

Dans le genre inutile, ça c'était de l'utile. Il compatissait pour quoi ? Etait-ce une réplique à double sens ? Et si... et si Heinz avait pensé juste, et que l'adolescent soit aussi... cela vérifierait l'hypothèse comme quoi les homosexuels se reconnaissaient. Mais Abendroth ne parlait peut être que de la mayonnaise ; il pouvait tout aussi bien être un hypocrite et mentir. Finalement, oui, la réplique était bien inutile, car Heinz ne pouvait répondre à aucune des questions qu'elle soulevait.

L'homme accepta d'un signe de la tête. C'était plus neutre que sa voix et il ne se sentait pas de refuser. En fait, il attendait même de marcher derrière l'autre pour observer sa démarche, ses mouvements. Si Abendroth aimait le même sexe que lui, qu'il pouvait grâce à cela le reconnaitre, alors Heinz devrait évidemment pouvoir le faire aussi !

Le sous officier l'invita à le suivre, passa devant et s'engagea dans le couloir. A première vue, sa démarche n'offrait rien de particulier au regard. Comment reconnaissait-on un homosexuel ? Heinz ne se trouvait pas particulièrement efféminé, alors il était peu probable qu'il faille chercher un roulement de hanche ou une façon délicate de poser le pied. Il fixa d'abord les épaules et la nuque, mais ne vit que des mèches un peu trop longues par rapport à la coupe règlementaire.

Il n'y avait personne dans le couloir qu'ils traversaient.

Ce n'était donc pas les épaules. Alors c'était plus bas, mais c'était... gênant. Et s'ils croisaient quelqu'un ? Comment justifierait-il...

Il n'y avait personne, et seulement le bruit de leurs pas.

Heinz baissa donc les yeux et ne les releva que quand Abendroth fit mine de s'arrêter et lui indiqua la porte. Heinz s'y engouffra aussitôt, d'avantage pour cacher la rougeur bien visible qui colorait ses joues que par envie pressante...
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Mer 19 Aoû - 23:38

Il m'a maté !

Les pensées de Wolfgang tournaient autour de ce registre depuis qu'il avait surpris le regard trop bas du chef de la Gestapo.

Il m'a maté !

C'était catégoriquement impossible pourtant, jamais un homme aussi important ne regarderait les fesses d'un pilote de courrier. Quel pouvait bien être son intérêt ?

Il m'a maté !

Wolfgang refit le parcours dans sa tête, il s'était levé et l'homme avait déjà eu l'occasion de regarder éventuellement pendant la discussion. Puis ensuite ils étaient sortis et là encore il aurait pu regarder.

Il m'a maté !

Mais non, il avait attendu qu'ils soient presque seuls et là il avait commis cette indiscrétion. Le couloir était désert et l'homme, malgré son excuse bidon s'était rué dans les toilettes. Soit il avait un besoin pressant réel, soit il avait une réaction suite au matage de Wolfgang.

Il m'a maté !

Mais quelle réaction par contre ? Wolfgang, trop choqué par la direction du regard de l'homme n'avait pas vu son visage immédiatement, donc il ne savait pas si c'était par moquerie ou par perversité, ou encore par colère. Oui, il se pouvait que Wolfgang ait un souci au niveau de l'arrière de son uniforme.

Il m'a maté !

Il se dit que la dernière solution devait être la bonne, sinon ce serait trop horrible. Car, avouons-le, il savait parfaitement que son postérieur n'était pas digne de moqueries. Au contraire, il avait toujours eu des remarques favorables des demoiselles qui avaient vu sa chute de reins.

Il regarda autour de lui et posa l'oreille contre la porte, non, le chef de la Gestapo ne revenait pas immédiatement, il avait donc quelques instants pour vérifier son uniforme. Il savait qu'il ne lui suffirait pas de se tourner pour pouvoir observer, il devait, comble de l'horreur, baisser son pantalon.

Mais comme il devait attendre le "malade", il n'avait pas le choix ! Il revérifia les environs et il se mit dos à la porte. Puis il baissa le pantalon et regarda avec soin sur la bordure arrière. A première vue il n'y avait rien, pas de trace de poussière ou d'accroc, mais on ne savait jamais. Un malade suite à de la mayonnaise ne revenait pas immédiatement des toilettes, il pouvait donc prendre quelques secondes supplémentaires pour observer son fond de culottes !

Il était donc penché, pantalon aux chevilles à vérifier l'arrière du vêtement dans l'espoir que non, il n'ait pas été maté par Heinz Siedler !
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Ven 21 Aoû - 0:17

Heinz était bien loin d'imaginer le trouble du jeune Wolfgang. L'eût-il su, ses joues seraient devenues rouges comme les ailes de Framboise, la dragonne postière qu'on disait carmine comme un camion de pompiers (pourquoi un camion et pas une tomate, Heinz se l'était toujours demandé ; sans doute parce que comme tout être de chair, de sang et de conscience un peu élevée, elle préférait être comparée à un truc gros et puissant). Mais il n'avait tout simplement pas remarqué que Wolfgang avait remarqué, tout occupé qu'il était à remarquer ses propres problèmes, à savoir la distance qui le séparait encore du refuge de la pièce d'eau.

Arrivé là, il s'encabana directement dans les toilettes, au risque de claquer la porte au nez de l'adolescent. Respirer profondément, réfléchir à la situation. Il ouvrit le robinet au maximum pour que le bruit de l'eau frappant l'émail dissimule son propre silence.

Heinz ne resta pas trop longtemps à se poser des questions, car il déduisit assez rapidement qu'il n'y trouverait pas de réponse. Il se passa plutôt les mains sous l'eau, puis sur le visage et sur la nuque pour chasser la transpiration. A se regarder dans un miroir un peu écaillé qui pendait par dessus le lavabo, il se trouva un peu pâle, mais relativement normal. Aussi normal qu'il l'avait toujours été, et "homosexuel" n'était définitivement pas écrit sur son front.
Non, ce devait être un hasard. Il ne voyait pas comment Abendroth aurait pu savoir.

Il secoua ses mains une fois ou deux pour éjecter quelques gouttes, puis sécha ses paumes sur le bas de sa veste. Elles étaient humides, mais pas assez pour laisser une trace bien visible. L'officier se regarda une dernière fois, jugea que son allure était suffisamment normale et se sentait prêt à affronter le jeune pilote, tout en se jurant de ne le gratifier que du plus méprisant, hautain et gestapiste des silences. Au pire, s'il l'importunait, il n'aurait qu'à envoyer Pfeffel lui casser le nez.

Il ouvrit la porte et, aussitôt, sa promesse de silence royal se brisa sur une note de ténor qui déraille face à un scandale peu descriptible. Il faut dire que le spectacle était à la fois inattendu, inhabituel et franchement insultant. Cette fois, ce fut bien de colère que Siedler rougit, les joues autant que le front gagnés par un sang plus que chaud.

"STABSFELDWEBEL !"


Sa voix raisonna dans tout le couloir et porta probablement jusqu'à quelques oreilles indiscrètes. Il faut dire que pour un asthmatique, il y allait à plein poumons. Pourtant, il était tellement outré qu'il ne savait même pas quoi dire ensuite.

"Cette fois, vous allez trop loin ! Vous vous croyez où ? Rhabillez vous immédiatement ! Mais quel... espèce de... ça suffit ! Puisque vous êtes incapable de vous tenir correctement plus de cinq minutes, nous n'attendrons pas que Wienke revienne..."

Non, et c'était bien pour ça qu'il était déjà repartie vers le bureau. Le garçon avait tout intérêt à le suivre rapidement, même s'il devait le faire le caleçon à l'air. Décision prise, il allait exiger qu'on fasse venir immédiatement un des supérieurs du garçon. L'incident serait dûment retransmis, et la punition tout aussi prestement décidée. Cette fois, il n'y aurait pas de pardon !
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Dim 23 Aoû - 18:12

Wolfgang sentit son front rougir en entendant le cri. Bon, c’était très très très très mauvais ça. Il ne pouvait pas s’être ainsi exhibé devant le chef de la Gestapo. Il se tourna vers l’homme qui était furieux et tout ce qu’il pu dire fut un seul mot.

- Oups !

C’était pas très viril, pas très utile et surtout totalement hors de propos, mais il n’avait pas le choix, on l’avait vu dans une tenue qui ne le mettait pas en valeur et qui allait être certainement cause d’une punition plus que conséquente alors il fallait le comprendre, il ne pouvait pas s’en sortir sauf s’il avait le temps de s’expliquer avec quelqu’un de calme. Mais ce qui suivit prouva qu’Heinz n’était pas du tout calme. Il fallait donc que Wolfgang trouve le moyen de le calmer rapidement.

Il suivit tant bien que mal en remontant son pantalon et il finit par réussir à le fixer par le bouton, le reste n’était pas mis, son uniforme n’avait plus figure humaine (quoi que un uniforme avec figure humaine ce serait étonnant) et il devait courir à moitié, mais il suivait l’homme et il inspira profondément.

- Hauptsturmführer, je ne voulais pas vous manquer de respect. Mais votre regard était porté sur mes fesses et je voulais vérifier ce qui avait pu vous intéresser autant !

Sa voix avait également porté et il se demanda si l’ensemble du château l’avait entendu. Surtout que sous l’incompréhension de son geste il allait être puni. Wolfgang se dit qu’il n’avait pas le temps d’argumenter outre mesure et il commença à réellement se sentir mal. Jouer avec son oncle et avec l’autorité oui, mais se moquer ouvertement d’un membre de la Gestapo était plus que suicidaire. Il n’avait plus le moindre sourire, pas le moindre signe hautain et pas une seule trace de vantardise sur son visage. Non, si jamais Heinz se retournait, il verrait un adolescent défait, au visage fermé et blême sous le coup de la peur qu’il ressentait à l’instant.

Il fallait que l’homme se retourne, il le fallait et Wolfgang appelait la confrontation de ses vœux, mais pas dans un bureau, pas dans un lieu officiel où il n’aurait aucun moyen de lui expliquer ouvertement que son regard trop bas avait occasionné une pensée étrange dans son esprit. Non, il ne pouvait pas dire ça devant quelqu’un qui n’avait pas pris part à la confrontation.
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Dim 23 Aoû - 20:01

Malheureusement pour le jeune Abendroth, l'Hautpsturmführer Siedler n'avait pas envie de l'écouter. Certes, il aurait pu entendre, mais il se voulait trop en colère pour comprendre des excuses qui seraient de toute façon foireuse, et que de toute façon il ne prendrait pas en compte, car de toute façon, il en avait marre de ce sale gosse. Y'avait de la branlée dans l'air et il était absolument hors de question de se laisser attendrir. Et puis il n'avait pas à écouter à putain de gamin qui même dans cette situation, n'était pas capable de laisser ses lèvres collées l'une à l'autre. Ce serait bien fait !
Marre d'être pris pour un con !

"Fermez là !"

Pan. Vu le ton, il avait intérêt. Vu la claquement inhabituellement fort des talons de Siedler sur la roche du sol, alors qu'il marchait toujours avec une discrétion plus timide que volontaire, il avait même doublement intérêt à obéir. Et si cela ne suffisait pas, ses poings serrés trahissaient une fureur à peine contenue.

Quand ils furent rendus face au bureau de la secrétaire, plus farouche que ne l'avait été Abendroth quand les choses avaient commencé à déraper, Siedler s'arrêta face à son bureau et déclara que dès que l'Oberstleutnant Wienke ou tout autre officier habilité à sévir -il pensait à Klegerman, qui saurait être sévère-, il faudrait qu'il vienne immédiatement. On avait besoin d'un responsable de la Luftwaffe pour rétablir la discipline.
Il espérait que ce serait Klegerman : il se sentait vraiment, vraiment en colère et avait le sentiment que Wienke serait plus doux.


Heureusement pour Abendroth, Heinz Siedler n'était ni cruel, ni particulièrement endurant dans la colère. Cela laissait l'espoir que sa punition reste, finalement, dans le stricte cadre d'une puérile insubordination.
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Lun 24 Aoû - 20:01

Le programme de la matinée de Frederick était à l'origine des plus agréables, entraînement avec la Staffel, puis thé, divers papiers inhérents à toute condition de haut gradé et même d'adulte, tout simplement, pâtes de fruit... Tout s'annonçait bien. Et comme tous les matins Frederick s'était levé de fort bonne humeur.

Seulement voilà, il y avait eu cette légère petite anicroche en rentrant de l'entraînement, physiquement épuisé, les muscles tendus par une saine fatigue, l'esprit entier obnubilé par une gigantesque pâte de fruits à l'abricot. Une légère anicroche qui portait, pour changer, le nom de Wolfgang Abendroth.

Sa secrétaire lui avait brièvement expliqué la situation en le croisant dans le couloir, lui racontant que Herr Siedler attendait « tout officier habilité à sévir » pour punir le gamin et qu'elle-même, ne le trouvant pas, s'était lancée à la recherche de Klegerman ou autre avatar du pouvoir à Sarnand. Frederick s'était contenté de lever les yeux au ciel, balayant l'image de la pâte de fruit pour la remplacer par celle d'une gigantesque demande de renvoi de l'armée. Il ignorait encore ce que le môme avait fait mais il supposait que, pour avoir irrité Siedler, il avait été très loin.

En fait, il n'imaginait même pas qu'on pouvait irriter Siedler... Une gentille carpette dans son genre !

En général c'était Pfeffel qui s'énervait, Pfeffel qui tapait, Pfeffel qui faisait le méchant. Siedler irrité, ça ça devait être du spectacle. Finalement, la matinée demeurait bonne, et puis il pourrait toujours manger sa pâte de fruit en entendant les récriminations du gestapiste.

Frederick s'installa dans son bureau, délaissant les papiers en cours au profit d'une tasse de thé et de sa boîte à confiseries, ordonnant à sa charmante secrétaire de faire entrer les deux jeunes gens. Au bout d'une fraction de seconde, Siedler entra, traînant presque Abendroth dans son sillage, une expression coléreuse au visage – qui n'était pas sans lui donner l'allure d'un lemming contrarié, l'image seule arracha un sourire totalement inapproprié à Frederick – et les poings serrés sous l'effet d'un mécontentement certain. Et, pour une fois, derrière lui, Wolfgang avait presque l'air humble.

Ah oui... On l'avait surpris à traduire ces maudits tracts qui couraient dans les parages et il devait justement le voir pour cela après son entraînement, on lui avait communiqué l'information quelques temps plus tôt. Etait-ce pour cela que Siedler s'était mis dans un état pareil ? Non, tout de même pas...

D'un geste, Frederick offrit à ses hôtes de s'asseoir, sans pouvoir s'empêcher de sourire derrière son expression sévère.

- Herr Siedler, puis-je savoir quel est le problème ?

Fixant un instant son vis-à-vis, il retint un esclaffement.
Oui, il ressemblait vraiment, vraiment à un lemming.
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Mar 25 Aoû - 15:52

La situation aurait été toute autre, Wolfgang aurait demandé ce qu'il devait fermer, peut-être une porte pour ne pas qu'on entende les coups de fouet qu'il allait recevoir pour avoir été très très vilain. Mais là il était mal, très très très très très très très (ad lib) mal. Donc il préféra ne rien dire, rester dans le sillage du gestapiste et se faire tout petit.

Pourtant il n'avait presque rien fait de mal et c'était pénible que d'être puni pour si peu. Parce que avouez que, traduire des tracts anti-nazi et montrer son caleçon à un homme ce n'était pas beaucoup. Mais non, il fallait que l'homme en question n'ai qu'une envie depuis le départ ... le punir. Ah que la vie était dure pour les adolescents de Sarnand.

Il entra dans le bureau de son oncle et regarda ce dernier. Bon, s'il souriait un peu et s'il avait des pâtes de fruit, c'était bon signe. Et puis pour une fois, Wolfgang n'avait pas faim, non, il avait même l'estomac noué. Car un mauvais rapport de Siedler et il se retrouvait dieu seul savait où. Donc un retournement de situation était demandé. Si possible un retournement rapide, définitif où tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Non ce n'était pas possible ? Dommage.

Il pensa un instant argumenter dès le départ avec son oncle pour contrer les arguments du gestapiste, mais se dit que se serait mal vu des deux hommes. Ou alors ... demander lui-même une punition exemplaire, oui cela pourrait fonctionner, mais laquelle.

En attendant, il se mit au garde à vous, chose exceptionnelle devant son oncle, et resta bien droit tout en appréhendant la discussion à venir. Il fit même trembler sa lèvre inférieure et était prêt à pleurer s'il le fallait. Car là, la simple excuse ne suffirait pas...
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Jeu 27 Aoû - 1:21

Frederick Wienke avait tord.

Les lemming sont, par nature, des bestioles sans beaucoup de volonté, comme la grande majorité des rongeurs. Un lemming n'est pas dangereux (sauf quand ça la peste, mais la peste n'avait tué personne depuis bien longtemps), un lemming ne se mettait pas en colère, et un lemming pouvait difficilement envoyer le neveu de l'intéressé casser des pierres dans une vieille carrière pourrie avec un taux de mortalité plus élevé ou presque qu'au dessus de la Manche. Or, Heinz, aussi docile soit-il en général, était aujourd'hui autrement plus remonté que le plus speed des lemming.

"Vous voulez savoir ?"

Il ne s'était pas assis, sciemment. Napoléon ne disait-il pas : faites les asseoir, cela changera en comédie la pire de leur tragédies ? Or de question de prêter à rire. Et surtout, le sourire de Wienke l'énervait. Encore un qui devait le prendre pour un con, sans doute. Ou alors il était sadique et s'amusait déjà de voir son subordonné dans de beaux draps, ce qui était tout aussi honteux.

"Ce jeune homme a cru bon de baisser son pantalon face à un officier."


Oui, dit comme ça, c'était pas classieux, mais c'est quant même l'armée, pardie ! Peut être que la Luftwaffe était moins prussienne que la Heer, mais si Wienke ne relevait pas, il n'avait plus qu'à devenir baby sitter.

"Je pense, sans me tromper -je l'espère-, que ce genre de comportements irrespectueux ne sont pas appréciés, je me trompe ?"

Il continua sans attendre de réponse. De toute façon, sur le coup, il s'en foutait bien que Wienke réponde, la seule chose qu'il voulait, c'était qu'Abendroth récure tous les sols de Sarnand avec une brosse à dent ET en caleçon, puisqu'il avait tellement envie de le montrer.
Ceci dit, si Wienke voulait négocier pour une autre punition sadique et imaginative...

"Ce garçon mérite donc une punition. Que proposez vous ?"
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Ven 28 Aoû - 22:30

Une punition. Pour changer.

Frederick avait l'impression que Wolfgang passait son temps à se faire punir, pour des motifs plus ou moins valables – à se demander s'il ne le faisait pas exprès. En tous cas, dans la situation présente, le gamin semblait pour une fois à peu près penaud. Il se mettait au garde-à-vous, ce qui avait des relents de léchage de bottes pour se faire bien voir assez désagréables.

A côté, Heinz-le-lemming-speed était remonté comme un coucou suisse et ça se voyait sur son visage. Ah. Le gamin avait donc cru bon de lui montrer son postérieur. En effet, c'était fâcheux. Au point que, l'espace d'un instant, il perdit son sourire pour s'abîmer dans quelque réflexion apparemment délicate à mettre en oeuvre.

- En effet, ce genre de comportement mérite une punition exemplaire. Une fois de plus.

Frederick se permit un instant de toiser le gestapiste, comme pour jauger son degré d'énervement et voir si, oui ou non, il pouvait se permettre de le faire tourner chèvre. Apparemment non. Donc, oui.

- Une pâte de fruit, Herr Siedler ? Proposa-t-il tranquillement en tendant la boîte à l'homme. J'avoue avoir épuisé mon quota d'imagination en matière de punitions pour cet enfant indélicat qui ne cesse de me causer du souci. Peut-être votre pensée sera-t-elle plus... fructueuse que la mienne.

Il esquissa un mince sourire et reposa sa boîte de pâtes sans prendre le temps d'attendre la réponse de Siedler. Il savait très bien que l'autre ne lui dirait certainement pas « oh, oui, merci, que c'est gentil de votre part ».

Se tournant vers Wolfgang, il retrouvé l'espace d'un instant son sourire goguenard.

- Quant à vous jeune homme, je devrais vous laisser vous défendre. Seulement, votre habitude d'exposer en long, en large et en travers des arguments qui n'ont ni queue ni tête ne me donne guère envie de vous écouter.

N'empêche que c'était une première. On montrait rarement ses dessous à un officier supérieur – sauf les femmes qui étaient bien obligées de se laisser aller au droit de cuissage, parfois, mais enfin... - et surtout on le faisait rarement avec le chef local de la gestapo. A moins d'être suicidaire. Wienke devait donc s'avouer curieux de savoir ce qui avait poussé le gamin à agir ainsi et le laissa paraître :

- Cependant, je me demande bien quelle inconscience vous a traversé pour que vous montriez votre caleçon à l'un de vos supérieurs hiérarchiques. A moins qu'il n'y ait dessus une reproduction d'un Da Vinci, je doute de l'intérêt d'une telle manoeuvre. Herr Siedler, acceptez-vous que ce gamin satisfasse ma curiosité ?
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Sam 29 Aoû - 0:54

Bon, ça partait mal avec l’exposé des faits sans aucune autre explication amont. Pourtant s’il n’était pas encore en train de parler c’était parce qu’il devait réfléchir à la manière pour présenter les choses. Il devait trouver un moyen de parler sans trop se faire avoir. Wolfgang attendit donc sans bouger, sans parler, mais en bouillant intérieurement.

Une punition exemplaire, à nouveau, cela le fit blêmir ! Il ne voulait pas être à nouveau privé de vol pendant un temps exceptionnellement long. Donc il allait devoir soit argumenter pour diminuer la sanction, soit pour pouvoir tout de même voler. A l’écoute du ton du gestapiste, il sentait que l’homme ne se satisferait pas d’une punition privée et rapide, non il voulait que Wolfgang soit humilié et bien soit, s’il fallait en passer par là pour avancer !

Il ne put empêcher son regard de se porter sur les douceurs que son oncle conservait avec un soin tout particulier et il sourit. Il fit disparaître ce sourire mais cela n’avait peut-être pas échappé à Frederick. Pour Heinz, c’était certain qu’il n’avait pu le voir, Wolfgang était bien derrière l’homme et il attendait son heure.

Il n’eut pas bien longtemps à attendre, son oncle lui proposa de lui-même de se défendre. Il avait fait durer le suspense, mais il avait accepté et il n’avait qu’à attendre l’approbation de Siedler. Cela serait à coup sûr possible, il le fallait et Wolfgang le souhaitait de tout son être. Il allait même faire mieux qu’exposer les faits, il allait proposer une sanction mémorable.

Dès que l’homme eut donné son accord, Wolfgang se mit au repos et commença à parler. Il ne devait pas prendre trop de temps, surtout pas.

- J’ai eu cette attitude indigne en me croyant seul. Et je ne l’ai fait que pour vérifier ce qui avait intrigué l’Hauptsturmführer sur, semblait-il, l’arrière de mon pantalon d’uniforme. Je vous assure que si j’avais pensé une seule seconde que vos soucis seraient si brefs, j’aurais attendu pour vous interroger, mais je ne souhaitais pas paraître négligé.

En parlant, il sentit sa voix se casser, il ne devait pas céder à la panique. Il était obligé de prendre sur lui pour ne pas pleurer et il repensa à ce qu’il voulait au plus profond de lui. Une seule seconde et il put reprendre contenance. Une pause lui fut nécessaire néanmoins pour parvenir à terminer son discours.

- J’outrepasse certainement mes prérogatives mais une sanction plus que méritée m’attends. Ma conduite puérile me semble propice à un retour en enfance prolongé. Je n’ai qu’une demande, ne me privez pas d’Or…

Sa voix se cassa totalement, il secoua la tête et serra les dents, il ne devait pas céder, il ne le pouvait pas. Il serra les poings dans son dos, sentit ses ongles sur ses paumes et sut qu’il s’était blessé mais la douleur physique lui fit reprendre et terminer sa phrase.

- Ne me privez pas d’Orion.

Il resta immobile, les yeux humides et les poings toujours serrés. Il se fichait totalement de la sanction, la seule chose qui semblait lui tenir à cœur c’était d’être avec son dragon. Et il était tout aussi épuisé mentalement qu’il semblait le montrer. Il savait qu’il pouvait être radié de l’armée ou même pire. Si cela n’avait concerné que son oncle, il aurait argumenté, mais là il ne le pouvait pas. Il se sentait douloureusement jeune et impuissant.
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Sam 29 Aoû - 19:06

Heinz fit oui de la tête, parce que oui, il était d'accord : la punition devait être exemplaire. Puis non du menton, les lèvres pincées, parce que c'était vraiment pas le moment de parler de confiserie. Il ne releva pas car ce que lui avait déjà appris Wienke était pour le moins intéressant. Ainsi, le jeune Flieger n'en était pas à sa première convocation. Heinz se demanda combien de tâches s'alignaient sur le dossier du garçon. Beaucoup, apparemment... tout le tapage sur les jeunes exemplaires à qui on confiait un dragon n'était-il que mensonge ? Ou celui-ci n'était-il qu'un petit trouffion qui avait berné un supérieur et conservait à présent une bête qu'un autre aurait d'avantage mérité ?

Il accepta la proposition de Wienke, plus parce qu'il était plus gradé que lui que par envie d'entendre parler Abendroth. L'idée même d'entendre sa voix lui sortait par les trous de nez, d'autant qu'il le savait déjà profondément insolent. Il ne lui fallut guère longtemps pour comprendre qu'il aurait mieux fait de refuser ; heureusement pour lui, une fois de plus, Abendroth tendait le baton pour se faire battre. Si Siedler avait été moins en colère, il aurait donné tout de suite la punition et trouvé cela suffisant. Mais il se sentait insulté et, une fois de plus, mis en danger face à Wienke. Hors de question de laisser passer cela.

"Vous pensiez m'interroger ?"

De quelques pas raides et bruyant, il vint se poster juste devant le garçon et le regarda droit dans les yeux.

"Mais vous vous prenez pour qui ? Vous croyez que vous pouvez interroger un officier ? Que parce que vous portez une coupe de cheveux non règlementaire, la gestapo a des comptes à vous rendre ?"


Il n'attendait pas de réponse et, si Wolfgang avait essayé d'en avancer une, il se serait probablement pris une gifle.

"Vous êtes indigne d'être un soldat du Reich. Je me demande même qui peut avoir été assez aveugle ou irresponsable pour vous confier un dragon. L'Oberstleutnant décidera de ce qu'il faudra faire à ce sujet,"
Heinz ne savait pas grand chose des dragons. S'engager sur cette pente était une occasion de se ridiculiser qu'il ne voulait pas tenter. "Alors je vais vous faire une faveur. Vous allez venir, si l'Oberstleutnant le permet, travailler quelque temps dans mes bureaux. Ce sera instructif je pense."
Nul besoin d'ajouter pour le moment qu'il comptait lui faire laver les toilettes bien en profondeur.
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Sam 5 Sep - 19:11

Sans un mot, Frederick considéra les deux opposants, perdant peu à peu son sourire. Les petites incartades de son neveu allaient bientôt conduire à une catastrophe et l'insolence dont il faisait preuve une fois de plus n'était pas pour arranger son cas, surtout auprès de Siedler qui paraissait totalement sorti de ses gonds.

A part lui-même, l'Oberstleutnant trouvait qu'il exagérait un peu. Après tout Abendroth était crédible et l'incident n'était pas si grave que cela, s'il ne s'agissait effectivement que d'un incident et pas d'une provocation volontaire – il aurait fallu être totalement idiot pour provoquer ainsi un haut gradé de la Gestapo, mais enfin... Abendroth n'était pas le garçon le plus intelligent qui fût au monde. Au contraire.

Il attendit que Siedler ait fini sa diatribe pour planter son regard dans celui de son incapable de neveu, beaucoup moins souriant. En vérité il ne pensait pas que le « crime » du gamin justifiât une exclusion de l'armée, si cette incartade avait été l'unique, ce n'était malheureusement le cas. La coupe s'approchait dangereusement du trop-plein. Et Wienke savait très bien que malgré ses scrupules familiaux, il ne pourrait ni ne devait sauver la peau de son neveu.

- Votre demande, Abendroth, est encore une fois une marque d'insolence. Ce n'est nullement à vous de décider quelle sanction vous sera appliquée. Je vous prierai donc de garder le silence à partir de maintenant.

Une vague grimace s'étira sur ses lèvres, il se tourna vers Siedler, l'expression impassible, comme s'il ne savait pas lui-même quel visage arborer.

- Le Stabsfeldwebel Abendroth s'occupe très bien de son dragon, de ce côté nous n'avons aucun reproche à lui faire. Il est clair cependant que son comportement actuel apparaît comme irresponsable et qu'en effet, il le désigne comme indigne d'être un soldat du Reich. Cependant, Herr Siedler, je me permets de vous souligner que si cet enfant dit vrai, il n'est fondamentalement pas en tort, c'est son droit de s'inquiéter de son pantalon si votre regard a pu lui faire croire que son vêtement portait quelque tache. Il est regrettable qu'il ne se soit pas isolé pour le faire et qu'il se soit cru autorisé à vous « interroger », comme vous l'avez soulevé.

Il prit une inspiration avant de continuer sur la pente glissante où il se sentait engagé. Siedler avait moins de pouvoir que lui mais il demeurait peu habile de se mettre à dos un haut gradé de la Gestapo, surtout en protégeant un novice insolent qui se trouvait être son neveu. Il serait facile en cas de souci de le faire accuser de favoritisme familial et Wienke ne tenait pas vraiment à avoir ce genre d'ennuis. Voire vraiment pas.

C'est pourquoi, sans hésitation, il poursuivit :

- Votre proposition de prendre cet enfant à votre service pour un temps me semble une excellente idée. Je vous laisse carte blanche, Herr Siedler.
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   Sam 5 Sep - 21:47

D’où pouvait donc bien provenir le dicton : tomber de Charybde en Scylla ? Wolfgang se posait la question alors que la sentence était prononcée. Un stage à la Gestapo, cela sonnait bien dans un parcours professionnel. Mais … que ce stage soit proposé en guise de représailles parce qu’il avait osé réagir promptement à la direction du regard d’un membre de la dite Gestapo était un peu dérangeant.

Mais en tout cas Wolfgang ne disait plus rien, il se contentait de serrer les dents et les poings sans bouger. Il pouvait fort bien imaginer de nombreux scénarios sur ce qui allait se passer dans les locaux qui allaient être son nouveau lieu de vie. Car il n’imaginait même pas que Heinz l’autorise à quitter souvent son lieu de détention.

Les idées les plus horribles passaient dans l’esprit de Wolfgang et il devait maintenir son attention sur ce que disait son oncle pour ne pas parler. Car il savait que s’il avait le malheur d’ouvrir la bouche, il serait certainement frappé. Il avait envie pourtant de leur dire à tous les deux qu’ils pouvaient aller se faire voir avec leur discours sur ses fautes que tout était de LEUR faute et qu’ils n’avaient qu’à pas mater les fesses des gens s’ils voulaient que les gens en question gardent leur pantalon.

Il se dit que finalement la seule solution pour ne pas parler était de voir où il avait fauté. Le gestapiste semblait presque prêt à le laisser tranquille après une remarque presque innocente de sa part sur les liens avec les français. Oui, presque …

Wolfgang repensait à l’ensemble de la discussion et commençait à avoir des idées très déplaisantes sur l’homme qui allait le punir. Car si on additionnait les indices, cela faisait :

L’Hauptsturmführer lui parlait de tourner autour des français et Wolfgang dénonçait leurs déviances. A cette annonce, l’homme avait une réaction étrange.

L’annonce de la soudaine indisposition suite à une indigestion foudroyante comme explication à cette étrange réaction.

Un regard un peu trop appuyé vers le bas alors qu’il suivait Wolfgang en direction des toilettes pour, semble-t-il, résoudre ce soucis d’indigestion.

Un temps remarquablement court dans les dites toilettes pour une indigestion aussi urgente et finalement aussi peu crédible.

Une réaction vive à ce qu’il considérait comme une injure.

La dernière réaction était la seule normale selon Wolfgang, toutes les autres ne relevaient pas de la normalité. Il pouvait conclure relativement facilement, l’homme entendait parler des déviances des français et réagissait comme s’il avait été touché par les paroles du jeune soldat. Il regardait ensuite le soldat en question dans une direction que la morale pouvait réprouver. Et pour combler le tout, l’indigestion en question semblait totalement oubliée au profit de la colère pour une réaction à son regard qui ne devait pas être celle attendue.

Wolfgang pâlit visiblement, mais pas à cause des paroles de son oncle le laissant entre les mains de l’homme. Uniquement parce qu’il avait déduit quelque chose de tous ses indices et qu’il ne voulait pas pouvoir faire cette déduction, c’était ignoble et il se refusait à seulement imaginer ces informations. Mais il n’avait pas le choix et le pire était qu’il n’avait aucune preuve que son idée était correcte.

Il déglutit en songeant que bientôt il aurait peut-être cette preuve et là ce ne serait réellement pas de chance pour lui. Mais dans ce cas pourquoi l’homme était-il si énervé ? Parce qu’il avait eu l’occasion de constater que Wolfgang n’était finalement qu’un enfant encore et que sa propre conduite était finalement vouée à l’échec. Le soldat fut soulagé, du moins tant qu’il ne surprendrait plus aucun regard non souhaité sur la partie postérieure de son anatomie.

Et qui sait, cette information pouvait être utile si toutefois il réussissait à la confirmer, car pour le moment, il n’était qu’un soldat, trop jeune, face à l’homme le plus puissant de Montreuil. Il n’avait aucune chance de dire quoi que ce soit. Par contre… il pouvait atténuer sa sanction quand le gestapiste serait calmé. Là il devait attendre, mais si jamais l’homme se calmait assez, Wolfgang pourrait toujours parler de rapprochement franco-allemand à l’initiative d’un certain Hauptsturmführer. Rapprochement psychique mais également physique d’ailleurs …
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MessageSujet: Re: Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)   

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Quand les tracts se multiplient (17/03/1941)

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