Anne Audret.


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Anne Audret.

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Française
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Âge du personnage : 25 ans

MessageSujet: Anne Audret.   Mar 18 Aoû - 12:09

Fiche de personnage


Nom : AUDRET.

Prénom : Anne.

Âge : 25 ans, née le 12 juin 1916.

Nationalité : Double nationalité franco-britannique.

Métier : Serveuse au café de Madame Manon.

Description physique :

Plutôt menue, Anne peut pourtant se targuer d’avoir un physique avantageux. Une silhouette bien proportionnée couplée à un visage que d’aucuns pourraient qualifier d’angélique, ses boucles blondes et ses grands yeux chocolat lui donnent l’air ingénu de la jeune brebis à protéger.

Elle est le plus souvent vêtue de robes toutes simples, visiblement taillées dans des tissus peu onéreux et déjà portées maintes fois, rappelant peut-être des origines modestes ou un passé récent peu glorieux. Pourtant elle s’habille avec soin et met un point d’honneur à être élégante malgré le peu d’attrait de ses tenues. Son seul véritable ornement est un vieux pendentif terni, sans aucune inscription, à laquelle elle semble tenir comme à la prunelle de ses yeux.

Plutôt réservée, son regard observateur, son français parfait et au vocabulaire plutôt riche montrent qu’elle est loin d’être stupide, même si elle n’est « que » simple serveuse dans un café. Quand elle prend la parole c’est d’une voix douce, chantante, mais qu’elle sait rendre audible voire autoritaire quand le besoin s’en fait sentir. Elle se maintient toujours droite et quand elle parle aux gens, elle aura tendance à les fixer dans les yeux d’une façon parfois dérangeante.

Description mentale :

Si son apparence est celle d’un ange, son caractère s’en éloigne quelque peu. Très sure d’elle, elle fait en sorte de garder le contrôle d’elle-même et de la situation en tout instant, allant même jusqu’à paraître froide et dénuée de tout scrupule. Elle a en effet réalisé qu’à chaque fois qu’elle avait perdu le contrôle d’elle-même, elle avait perdu le contrôle de son existence toute entière. Elle refuse depuis d’avoir l’impression de ne plus gérer la situation.

Il lui arrive pourtant parfois d’être très douce, très tendre, surtout envers les jeunes enfants qu’elle pourrait croiser. Dans ces instants, elle a les yeux étrangement brillants, mais elle vous répondra, si vous lui en demandez la cause, qu’elle a une poussière dans l’œil.

Très à l’écoute de ceux qui l’entourent, elle sait s’adapter à son interlocuteur et se mettre à son niveau, quel qu’il soit. Elle garde le plus souvent le silence, n’aimant guère se confier et parler de ce passé qu’elle considère comme révolu.

Histoire :

Lundi 12 juin 1916 : naissance d’Anne Teresa Audret, fille unique de Monica Audret, née Stanton et de Jacques Audret, mobilisé dans l’infanterie, dans la ville de Troyes.

1919 : Déménagement de la famille Audret dans la ville de Paris, Boulevard Courcelles.

1921 : Séparation à l’amiable de Jacques et Monica Audret. Monica repart vivre à Londres avec sa fille.

« Tu m’as fait quitter ma ville natale, tu m’as fait changer de vie pour toi et maintenant quoi ? Tu décides que finalement je ne suis pas assez bien pour madame, que sa vie de jeune duchesse de je ne sais quoi lui manque ? Je t’ai épousée pour préserver ton honneur et maintenant tu veux me faire honte ? Tu veux divorcer ? Plutôt mourir !»

Il était en colère, encore plus que d’habitude. Anne se cachait sous son lit sans ses moments-là. Elle se bouchait les oreilles de toutes ses forces et elle fermait les yeux, espérant qu’elle disparaitrait et que le silence se ferait enfin. Et la voix douce de sa mère qui se faisait entendre. Anne l’imaginait, la main posée sur l’épaule de son mari, essayant de le raisonner encore une fois.

« Je ne suis pas heureuse ici. Aujourd’hui les femmes doivent pouvoir exprimer leurs sentiments, exprimer leurs besoins. J’ai des droits moi aussi. Et j’ai le droit de rentrer chez moi ! Tout ceci n’était qu’une mascarade pour sauvegarder les bonnes mœurs, rien de plus ! M’as-tu jamais aimée ? »

Mais où était maman si elle n’était pas chez elle ? Et où voulait-elle aller ?
Anne le sentait, les choses étaient en train de changer, elle avait peur.


« Eh bien vas-y ! Pars ! Et emmène là avec toi ! »

1921 – 1930 : Fréquents allers retours entre Londres et Paris pour la jeune Anne.

« Non, je n’irais plus ! Je n’aime pas la façon dont il me traite, comme il me regarde. J’ai l’impression d’être un objet, pas un être humain ! En plus il dit que je te ressemble tellement qu’il va finir par ne plus pouvoir me voir en effigie…»

La voix de la jeune fille s’était brisée à la fin de son petit discours qu’elle voulait enflammé. Pleine d’un sourire maternel, de tendresse, Monica caressa doucement la joue de sa fille. Si jeune et pourtant si décidée. Elle savait déjà qui elle était, contrairement à sa mère.

« Et bien tu n’iras plus si tel est ton choix ma douce. Ne laisse aucun homme décider les choses pour lesquelles tu te sens apte à choisir par toi-même. Surtout si tu en as le choix… »

Juin 1934 : Anne est diplômée du lycée français de Londres avec les félicitations du jury.

Septembre 1934 – Mai 1936 : Voyages aux Etats-Unis et en Europe avec sa mère.

« Maintenant ma chérie, j’aimerais que tu me suives dans mes voyages, mes réunions pendant quelques temps. Ensuite tu pourras suivre ta propre voie, si elle diffère de la mienne, si tu te veux mère au foyer, épouse modèle et si tu y trouves ton bonheur, j’en serais ravie. Si tu veux changer le monde, changer la condition féminine et suivre le chemin des suffragettes, je t’appuierais de mon mieux. Mais tu ne pourras décider de rien si tu ne connais que deux endroits sur cette planète merveilleuse. »

La crise n’avait aucune signification dans le monde d’Anne. Sa mère avait de l’argent, beaucoup d’argent. Rien n’avait changé au train de vie de la famille Stanton alors que bien des gens mourraient de fin et que la colère grondait à l’est.

C’est ainsi que la jeune femme, tout juste diplômée, fit connaissance avec le vaste monde. Mais si au départ il s’agit d’une version plutôt policée, sa mère finit également par lui montrer la misère qui avait touché le monde. Une misère qui finit par toucher et par changer profondément la jeune fille.


1936 – mai 1939 : Inscription et études à la London School of Economics and Political Sciences.

Anne avait visité le monde et elle avait trouvé sa voie. Elle serait leur voix, leur porte-parole. Elle aiderait toutes ces femmes qui ne pouvaient s’exprimer mais pour cela elle devait s’instruire encore et encore.

Mai 1939 : Mort de Jacques Audret. Anne retourne à Paris et décide d’y rester un peu.

Elle n’avait gardé de Paris qu’un souvenir désagréable. Pourtant, malgré le contexte peu joyeux de sa venue, elle se prit à aimer déambuler dans les rues de la capitale française. Elle envoya une lettre à sa mère. Elle rentrerait plus tard, pour le moment elle voulait juste vivre, se laisser porter par le courant, par cette fièvre dont semblait être gagnée la ville.

Septembre 1939 : Rencontre avec Jean Besnoit, limonadier dans un café parisien.

Deux regards qui s’échangèrent. Un sourire. Anne sentit une rougeur gagner ses joues.
Au loin elle entendait les murmures de la guerre mais elle n’en avait cure. Tout ce qu’elle entendait c’étaient les battements irréguliers de son cœur. Elle était alors persuadée que sa vie aller changer, qu’il allait tout transformer et la faire rêver, rire, vivre. Elle ignora cette petite voix insidieuse, qui avait la même tonque sa mère et qui lui dit qu’elle faisait fausse route, qu’elle ne devait pas aller dans cette direction.


Octobre 1939 – Décembre 1940 : Fin d'une idylle.

« Je suis enceinte. »

Elle avait dit ça d'un ton monocorde, ses grands yeux chocolat fixant le vide. Elle se sentait étrangement vide de tout sentiment, comme si elle assistait à la scène de l’extérieur, comme si elle avait quitté son corps et qu’elle se regardait sans grand intérêt.

Une histoire des plus banales… comme sa mère…

Jean semblait gêné, hésitant.


« Et euh… Tu es sure qu’il est de moi ? Après tout, une femme qui fait ce genre de choses sans être mariée peut très bien le faire avec d’autres…»

Elle se releva sans un mot, attrapa sa veste et se planta devant lui, lui accordant comme seule réponse une gifle magistrale qui lui laissa la main douloureuse pendant plusieurs jours.

C’était la dernière fois qu’elle voyait l’homme qu’elle avait cru aimer de toutes ses forces pendant plus d’un an. Maintenant elle avait une lourde décision à prendre mais elle ne savait pas quoi faire.

Retourner voir sa mère ? C’était lui avouer qu’elle avait raté sa vie de femme, qu’elle s’était laissée embobiner comme jeune romantique, elle avait agi comme toutes celles qu’elle avait appris à mépriser.

Rester à Paris ? Impossible. Partout où elle irait, elle aurait l’impression de voir la silhouette de Jean se détacher de la foule.

Il fallait déjà s’occuper de l’enfant. Pour le reste, elle aviserait en temps utiles. Elle savait qui elle devait aller voir. Cette femme qui la chargeait de multiples courses en échange de quelques pièces saurait quoi faire. Elle l’avait prise en affection depuis quelques temps, elle ressemblait à sa fille perdue disait-elle souvent.


Février 1941 : Opération et départ.

« Ca va être un peu douloureux mais ce sera juste un mauvais moment à passer petite. Ferme les yeux et respire ça, ça ira mieux après. »

Un mouchoir imbibé de chloroforme et le noir total. Les minutes, les heures avaient passé. Elle avait ouvert les yeux dans un lit dur à souhait. Madame Jean était à ses cotés, elle la regardait, l’air compatissant.

Pourtant, Anne savait pertinemment qu’elle n’était ni la première, ni la dernière à vivre cette situation.


« Je ne peux pas rester ici, je dois partir. »

« Je me doutais que tu dirais ça petite. J’y ai pensé. J’ai une vieille amie qui a une vieille dette envers moi, si tu veux, je peux t’en faire profiter. Tu m’as l’air débrouillarde, tu sauras me faire honneur là-bas et ne pas me faire regretter de t’y avoir envoyée. »

Elle gribouilla une lettre qu’elle cacheta sans même la montrer à la jeune femme. Elle lui tendit l’enveloppe, un sourire rassurant flottant sur son visage.

« Tu connais Montreuil ? »

25 mars 1941 : Arrivée d’Anne Audret à la gare de Montreuil, seule.


Relations :

Anne n’a pas réellement encore pris le temps de faire connaissance avec les habitants de Montreuil. Elle se contente de les observer de loin, même si elle a une reconnaissance toute particulière envers Madame Manon. Elle connait mal Timothée même si elle le trouve attendrissant et qu’elle aime à s’occuper de lui lorsqu’il est rentré.

Elle ne parle jamais de sa famille. Son père est mort et sa mère tout comme, se contentera-t-elle de vous répondre si vous lui poser des questions.

Elle n’a plus d’amis, certains évènements dans une vie vous permettent de découvrir les gens sur qui l’on peut compter. Elle a découvert qu’elle était seule.

Dragon : Anne n’a pas de dragon, elle n’en a même jamais vu de près.


Dernière édition par Anne Audret le Jeu 27 Aoû - 21:22, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Anne Audret.   Mar 18 Aoû - 12:11

Texte personnel :

La pluie tombait sans discontinuer depuis plusieurs heures déjà. Pas le petit crachin habituel des dernières semaines non. Heureusement qu’il ne faisait pas assez froid pour neiger, mais on assistait là à un véritable déluge qui menaçait déjà d’inonder les rues attenantes au canal. Il était à peine 16H00 mais la lumière était tellement faible qu’on aurait pu croire qu’il était bien plus tard.

Le café était pratiquement vide, la pluie n’avait pas réussi à décourager quelques irréductibles, français comme allemands, qui tenaient à profiter de la chaleur des lieux. La chaleur du feu de cheminée mais aussi le sourire de la patronne qui prenait un peu de temps pour discuter avec chacun.

Au loin, si le vent avait soufflé dans la bonne direction, on aurait pu entendre le sifflement du train en provenance de Nancy qui quittait la gare, emmenant des voyageurs bien en règle à des destinations bien définies et autorisées. Si la pluie n’avait pas été aussi forte, on aurait également pu entendre, un moment plus tard, le bruit de talons martelant le trottoir en face du café. Il n’y avait qu’une seule personne dans la rue, un seul être assez courageux ou assez désespéré pour affronter les intempéries.

La porte du café s’ouvrit doucement et une silhouette féminine se dessina dans l’embrasure. Le silence total se fit, tous les regards se fixant sur la nouvelle venue, visiblement une inconnue à Montreuil. Elle resta un instant sans bouger, visiblement indécise, puis se dirigea en direction de Madame Manon d’un pas qu’elle voulait décidé.


« Puis-je vous être utile jeune fille ? » La voix de Madame Manon était à la fois paradoxalement sèche et accueillante, comme si elle réservait son attitude finale à l’égard de cette jeune personne pour une date ultérieure.

Sans un mot, sans geste superflu, elle lui tendit une enveloppe, ne s’offusquant visiblement pas du regard peu amène qu’elle venait de lui lancer. Tandis qu’elle lisait la lettre, la jeune femme ôta son capuchon, secoua ses boucles trempées sans oser lever les yeux en direction de la patronne du café.

Madame Manon, le visage indéchiffrable termina sa lecture dans un silence de plus en plus pesant. Elle tendit alors la main en direction de la jeune femme et attrapa du bout des doigts son menton, relevant ainsi sa tête et la regardant dans les yeux.

Le regard chocolat de la jeune femme s’embua de larmes qu’elle s’efforça de chasser en papillonnant des yeux, essayant de baisser à nouveau le regard vers le sol, en vain.


« Eh bien mon bouchon, tu t’es mise dans de beaux draps on dirait. »
Le ton de la voix s’était soudain fait bien plus doux, presque tendre, la jeune femme ne put s’empêcher de réprimer un sursaut et de la regarder dans les yeux, son regard brillant d’un espoir soudain.

« Je vais t’aider moi. Je règle toujours mes vieilles dettes. Allez, viens avec moi, je vais te montrer ta chambre. »

Tandis qu’elle ramassait le petit bagage que la jeune femme avait laissé à terre, le silence explosa soudain, les conversations reprenant là où elles s’étaient arrêtées, les regards se détournant de la nouvelle venue, certains aussi rapidement que si elle n’avait jamais été là, d’autres un peu plus lentement, prenant soin de bien l’étudier pendant quelques instants.

Madame Manon l’entraîna à travers un petit couloir, monta un escalier très étroit et ouvrit avec peine une des portes sur sa droite.


« Voilà. Tu seras bien ici. Je te laisse le temps de te reposer un peu, de te refaire une beauté. Tu descendras ensuite aux cuisines manger un morceau. Et demain tu commenceras à travailler à 7H30 tapantes. Ca te va ? »

Elle hocha timidement la tête. Elle n’avait toujours pas prononcé une parole.

« Je ne vais pas te manger tu sais. Ne t’inquiète pas. Tu peux m’appeler Madame Manon, comme tout le monde ici. Et toi c’est Anne alors c’est bien ça ? »

« Oui Madame. Anne Audret. »

Cette voix, à peine audible, comme si elle était enrhumée. Madame Manon la dévisagea de bas en haut, réprima une moue et reprit en se dirigeant vers la porte.

« Tout compte fait, reposes toi demain. Tu commenceras Jeudi. »

Pas un mot de plus, elle referma la porte.

Anne esquissa un sourire et se laissa tomber sur le lit.

Elle aurait le temps de réfléchir à tout ça ce soir. Ou demain… ou un autre jour.
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