Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)


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Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)

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MessageSujet: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Mer 26 Aoû - 0:06

Framboise pouvait voler par tous les temps, ou presque, mais préférait voler par temps clair. Ses tournées étaient plus courtes lorsqu’elle n’était pas obligée de lutter contre le vent, la pluie ou la neige, et les lettres qu’elles transportaient arrivaient plus vite entre les mains de leurs destinataires. Elisabeth n’aimait pas les jours où elle rentrait trempée, transie, brisée, mais savait que le courrier devait être livré quelque soit la météo, et ne faisait jamais d’histoires quand l’heure du décollage sonnait. En général, sauf contrordre, elle s’accordait une pause vers neuf heures, et allait boire un café. Framboise patientait à l’écart, souvent sur le toit d’une résidence, parfois en dehors de la ville, puis, après la demi-heure réglementaire, allait récupérer Elisabeth, pour la suite de la tournée.

Ce jour-là, il faisait beau. Ni trop chaud, ni trop froid, et le ciel était relativement dégagé. Une brise robuste offrait à Framboise l’occasion d’économiser ses forces, et la petite dragonne se serait rendue à l’autre bout de la France sans moufter, avec Elisabeth et son courrier, si on lui en avait donné l’ordre. Mais, une fois n’était pas de coutume, on ne leur demandait pas d’aller bien loin. Elles devaient notamment passer à Sarnand – ce qu’elles firent, après la traditionnelle pause-café. Framboise était toujours heureuse lorsqu’une mission les envoyait là-bas, même s’il ne s’agissait pas d'un voyage digne de ce nom. Elle aimait bien frimer auprès des autres dragons, en particulier les poids légers et moyens. A Viers sur Ruisseau, le plus grand des dragons était un Mauerfuchs assez âgé, qui toussait dès qu’on le poussait un peu trop, et qui avait tendance à regarder avec dédain tous les courriers qui passaient sous son museau. Framboise avait peu d’affection pour lui et prenait plaisir à le narguer, en lui expliquant en long, en large et en travers, à quel point Sagitter, Austerlitz ou Nobilitas étaient forts, grands, et aimables, contrairement à certains postiers de sa connaissance.

Cerise sur le gâteau, la piste d’atterrissage était dégagée, et Framboise atterrit sans aucune difficulté, voire même avec un certain panache. Enchantée, elle sautilla allégrement d’une patte à l’autre, le temps qu’Elisabeth mette pied à terre. La jeune femme posa alors une main sur la peau écailleuse de sa compagne, pour la tempérer un peu. Framboise comprit immédiatement le message et s’inclina, pour que sa pilote puisse récupérer le courrier. Ce jour-là, elle ne transportait que quelques lettres adressées aux militaires de Sarnand – mais la veste d’Elisabeth était pleine de billets doux, récoltés devant le café. Une Zazou lui avait demandé de transmettre une brève missive à l’un des lieutenants de Sarnand et, en moins d’une minute, une demi-douzaine de jeunes femmes avaient rappliqué, pour faire la même demande.

Elisabeth accrocha son casque de vol au harnais de Framboise puis compta rapidement les lettres, pour vérifier qu’elle n’en avait oublié aucune. Elle ferma ensuite la sacoche, et laissa la Porte-Drapeau rejoindre les étables des dragons auxquels elle souhaitait faire la causette. Quelques hommes, éparpillés aux abords de la piste d’atterrissage, la regardaient avec une certaine insistance, et elle leur adressa un franc sourire, avant de marcher vers l’aile des communes. Une fois à l’ombre des bâtiments, elle s’arrêta et fixa un regard brillant sur un pilote de courrier, qui avait le malheur de se tenir au mauvais endroit au mauvais moment.

A savoir, à l’endroit, et au moment, où Elisabeth Deresko atterrissait.

"Bonjour !" clama-t-elle avec enthousiasme. "Tu attends du courrier ?"
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Allemand

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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Mer 26 Aoû - 21:51

Flâner sur l’aire d’atterrissage n’était pas une activité digne d’un pilote de courrier. Il devait donc avoir une bonne raison pour être posté là. Et cette raison était toute simple, il cherchait Orion. Oh, il aurait pu se rendre directement aux étables à dragon pour voir s’il y était, mais ce n’était pas certain. Il pouvait fort bien passer par l’aire d’atterrissage si jamais son dragon avait eu un petit creux. Cela était peu probable, mais on ne savait jamais.

Il grimaça en voyant ce qui arrivait, un Porte-Drapeau, un dragon d’une couleur désespérante et surtout un animal irrémédiablement français et ce dans le mauvais sens du terme. Il se recula dans l’ombre et attendit de voir qui était le pilote. Wolfgang se targuait de connaître tous les dragons arrivant à Sarnand et il avait peu de possibilités pour le nom du ou de la pilote. Comme un fait exprès, ce fut une jeune femme qui descendit et il soupira. Il aimait bien discuter avec les pilotes, mais elle lui avait toujours fait mauvaise impression. Une femme n’était pas censée devenir pilote, c’était encore un signe de la décadence française.

Il se dit qu’il pourrait peut-être éviter une confrontation quelconque en reculant, mais il croisa le regard d’Elisabeth, avec la chance qu’il avait elle allait venir le voir et il allait se retrouver très (trop) rapidement dans ses filets. Il attendit donc qu’elle vienne vers lui et qu’elle lui adresse la parole.

- Tu ne sais pas lire ? Tu connais ma nom et tu sais que rien est pour moi.

Il pensait avec raison peut-être que la pilote se souvenait l’avoir déjà croisé et qu’elle savait donc qu’il se nommait Wolfgang Abendroth. Il laissa son regard dériver sur le corps de la jeune femme et se demanda pourquoi diable elle était autant vêtue, oui il faisait froid en altitude, mais là il n’avait rien à regarder qui puisse paraître un tant soi peu féminin et il le déplorait presque. En tout cas, il n’allait pas se forcer à être gentil avec elle, et puis quoi encore !

- Tschüss ! Je vais faire la chose !

Bon, il voulait dire qu’il avait des choses à faire et sa phrase pouvait prêter à confusion, mais tant pis, il n’allait pas faire un effort considérable en français pour une simple civile tout de même !
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Ven 28 Aoû - 22:17

Elisabeth était incapable d’estimer l’âge de Wolfgang, et ne savait pas grand-chose sur la Luftwaffe. Elle ignorait donc à quelle branche il était rattaché, quel était son grade, et pourquoi il se trouvait à Montreuil. Tout ce qu’elle savait, c’était ce que son uniforme et sa mine lui disaient. A savoir qu’il était Allemand, et tout à fait à son goût. Enchantée, comme une enfant la veille de Noël, la jeune femme plongea ses yeux dans ceux, bleus et froids, de son vis-à-vis, et lui dédia son plus beau sourire. Jusque là, sa matinée avait été plutôt bonne, et elle se sentait en veine. Peut-être que l’Allemand était également dans un bon jour. Avec un peu chance, il serait heureux de faire un peu de causette avec elle, et la guiderait entre les murs de Sarnand.

Hélas, la réaction du jeune homme ne fut pas du tout celle escomptée par Elisabeth. Un peu surprise, mais pas désarçonnée, la postière passa une main dans ses boucles blondes, pour les faire un peu bouffer, sans quitter son interlocuteur des yeux. Elle ne rata pas le regard qu’il promena sur son corps, et cessa de jouer avec ses cheveux, pour poser un poing sur sa hanche. Son effronterie l’amusait, et elle jugea inutile de le rappeler à l’ordre. Pourquoi prendre la mouche pour si peu ? Ce n’était finalement qu’un jeu. Sans abandonner son sourire, les yeux brillants, elle releva légèrement le menton, comme pour le défier de critiquer sa plastique.

Sa dernière réplique la fit rire. Faire la chose ? Sa mère utilisait cette tournure quand elle lui parlait des garçons, et de ce qui pouvait se passer quand deux jeunes gens se plaisaient. Mais Elisabeth était prête à parier que Wolfgang s’était juste mal exprimé, et que ses paroles ne ressemblaient en rien à ses pensées. Pour l’empêcher de partir, elle s’obligea à ne plus rire, et attrapa son col, pour chasser des plis imaginaires.

"Je suis désolée de te contredire, mais j’ignore comment tu t’appelles. Ton nom n’est marqué ni sur ton front, ni sur ton nez, aussi charmants soient-ils. Et puis, je transporte des lettres bien particulières, aujourd’hui"

Sans attendre, elle entrouvrit sa veste, pour récupérer les billets de doux. Elle se mit ensuite en devoir de les éplucher.

"Tu ne serais pas Franz, par hasard ? Y a une Judith qui se languit de lui. Ou peut-être Wilfrid ? Marie-Jeanne veut absolument lui donner rendez-vous..."
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Sam 29 Aoû - 13:45

Mais elle me lâche oui !

Car oui, Wolfgang n'approuvait pas que cette fille ose le toucher pour rectifier son uniforme. Surtout que son uniforme était parfaitement mis, il ne songeait même pas à le vérifier, c'était obligatoire. Donc elle souhaitait simplement parler et pour parler, elle parla. Wolfgang comprit certains mots et secoua la tête de dépit en voyant qu'elle sortait des billets de sa veste.

Une minute ! Sa veste était entrouverte ! Là ça devenait plus intéressant. Il devait aller voir Orion pour valider son nouvel harnais en cours de vol, mais ce n'était peut-être pas très urgent, il pourrait le faire plus tard. Si elle voulait tant parler, pourquoi pas ! En plus elle était civile et française donc il pouvait sans aucun soucis être arrogant avec elle. Il l'écouta parler de ce qu'elle avait dans les poches et il la coupa brutalement.

- Tu ne pas travailles comme il faut. C'est secret le courrier ! Ma nom est Wolfgang et les français ne m'écrit pas ! Et je ne suis pas charmant !

Il la regarda un peu plus bas que de rigueur puis releva les yeux. Elle voulait lui tenir compagnie, soit, mais qu'elle ne se plaigne pas ensuite si il n'était pas un gentil petit garçon comme il faut. Il attendit quelques instants avant de se rapprocher d'elle. Oh, pas qu'il en ait une envie folle, mais il avait vu un des aides de camp de son oncle passer et les regarder. Donc cela pouvait fort bien être utile. Il le regarda avec un grand sourire et demanda d'un ton presque plaintif.

- Je parle mal je crois. Tu peux me donner des cours avec ta langue ?

Là il avait fait la faute volontairement, il regarda l'aide de camp s'étrangler à moitié et il s'approcha encore d'Elisabeth. Il sentait qu'il allait pouvoir s'amuser à énerver son oncle surtout qu'il n'était pas en service officiellement donc il pouvait faire à peu prêt tout ce qu'il voulait. Et s'il fallait se rapprocher d'une fille pas trop moche pour énerver le commandant, Wolfgang était prêt à le faire. Et au pire, il utiliserait la coutume qui parlait de poissons en avril pour justifier son comportement.
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Sam 29 Aoû - 18:42

Ce n’était pas un pilote allemand, qui avait l’air mineur et qui ne devait pas voler depuis bien longtemps, qui allait lui apprendre à faire son travail. Elisabeth savait à peine marcher la première fois qu’elle avait enfourché une Porte-Drapeau, et avait connu son baptême de l’air à l’âge de treize ans, dans le dos de la Poste et de ses parents. Sa mère était entrée dans l’Aéropostale avant de se marier, et tous les jeunes Deresko avaient vécu au rythme de ses tournées. C’était l’une des raisons pour lesquelles Elisabeth avait récupéré Framboise très facilement : non seulement elle connaissait bien la dragonne, mais elle avait passé toute son enfance dans les jambes d’une membre de l’Aéropostale, qui lui avait plus ou moins appris le métier. Elle utilisa donc les billets doux pour frapper Wolfgang au front.

"C’est pas du courrier affranchi. Je les distribue à titre gracieux, je n’ai donc aucun compte à rendre. Ne te fais pas de souci, je connais mon job"

Comme Wolfgang n’attendait aucune missive, elle fit à nouveau disparaître les billets à l’intérieur de sa veste. Elle voyait bien que le pilote peinait à la regarder en face, mais s’en moquait royalement. Ce n’était pas comme s’il y avait quelque chose d’intéressant à examiner, là où il baissait les yeux. Elisabeth ne pouvait pas franchement se vanter d’avoir une poitrine généreuse, et était amusée, voire même plutôt flattée, que Wolfgang témoigne un semblant d’intérêt à ses formes.

"Wolfgang ? Wolfgang comment ? Joli prénom, en tout cas"

Elle fronça légèrement les sourcils quand le jeune homme s’approcha d’elle. Elle n’avait pas remarqué les allées et venues des aides de camp, et ne parvenait donc pas à expliquer ce revirement d’attitude, soudain et plutôt inattendu. Wolfgang daignait même lui sourire ! Un peu surprise, la postière inclina la tête le côté, et lui prêta une oreille attentive. Un peu désarçonnée par sa demande, elle repassa le film dans sa tête. Regard froid, ton froid, regard baladeur, sourire, et « cours avec [sa] langue » ? C’était une plaisanterie grivoise, ou elle ne s’appelait plus Elisabeth, Victoria, Pacifique Deresko.

Une jeune fille de bonne famille se serait sans doute offusquée.

Elisabeth, elle, préféra en rire.

"On dit des cours de langue, sauf quand on pense à autre chose" rétorqua-t-elle, mutine.

Elle se pencha vers Wolfgang.

"Pour répondre à ta question, peut-être. Si tu m’aides à trouver les militaires qui attendent leur courrier"
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Sam 5 Sep - 17:52

De son côté Wolfgang avait très bien vu les aides de camp et il voyait aussi parfaitement que son attitude n'était guère appréciée. Pourtant on leur rebattait les oreilles qu'il fallait être gentils avec les français alors pourquoi le regarder ainsi, il s'occupait des jeunes françaises et il laissait le reste aux autres, c'était déjà bien beau de se dévouer ainsi !

Elle le reprit sur la faute et il lui fit un clin d'oeil. Ah elle voulait jouer à ce petit jeu. Elle avait tout compris et bien qu'elle soit remerciée, Wolfgang allait être très gentil avec elle. La question sur son nom de famille avait été posée totalement à plat puisque le garçon ne comptait pas répondre. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien avoir à faire de son nom de famille. Il n'allait pas l'épouser ou recevoir du courrier donc il n'avait aucune raison de le lui communiquer.

Il s'approcha par contre encore d'elle quand elle se pencha vers lui. Elle était d'accord pour les cours s'il l'aidait à trouver les soldats. Pas de problème, c'était très facile, les soldats se trouvaient assez souvent dans différents lieux. Il posa une main sur son épaule et s'approcha encore de son visage avant de lui parler à l'oreille.

- On commence par les chambres. Les soldats sont là peut-être.

Il effleura sa joue de ses lèvres tout en maintenant son bras sur son épaule. Elle n'était pas vilaine et il pouvait s'amuser donc pourquoi diable refuserait-il un peu de détente ? Et puis on commençant la visite par les dortoirs, il aurait peut-être la chance de passer devant le bureau de son oncle afin de lui jouer un beau petit passage sur les rapprochements avec le peuple de France.

- Et si personne est là, le cours pourra commencer tôt ?

Il se mit à ses côtés, sans ôter la main de son épaule et il attendit qu'elle accepte son offre. Il était irrésistible, il le savait de toute façon !
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Mer 9 Sep - 1:55

Certains garçons ressemblaient aux coqs de fer qu'on accrochait aux clochers : dressés sur leurs ergots, la tête haute, la poitrine gonflée, ils fixaient un oeil froid sur la populace mais changeaient de cap dès que le vent tournait. Wolfgang appartenait, de toute évidence, à cette catégorie. Elisabeth était un peu surprise par l'évolution rapide de son comportement, mais trouvait ce changement tout à fait plaisant, même s’il s’effectuait sans préavis. Son interlocuteur ne connaissait pas très bien le français, mais bien assez pour la placer dans une situation de plus en plus incongrue, et de plus en plus amusante. Il avait frappé à la bonne porte – Elisabeth avait le sens de l’humour, et appréciait toutes sortes de jeux. Elle se plaça sur sa longueur d’onde sans se faire prier, et battit coquettement des cils lorsqu’il lui adressa un clin d'œil. Quitte à choisir, elle préférait cette attitude de défi, provocante, frondeuse, à l’acceuil boudeur du jeune homme. Sans être particulièrement charmeuse, Elisabeth ne fuyait pas la gente masculine, et ses lèvres se courbèrent en un sourire satisfait quand Wolfgang s’approcha encore davantage, jusqu’à poser un bras sur ses épaules.

Mais il n’offrit aucune bise à la joue qu’elle lui offrait. Il lui chuchota simplement qu’ils allaient commencer par les chambres, et la postière hocha docilement la tête – cette proposition était, de toute évidence, le prolongement logique de leur petite plaisanterie. Elle ne parvenait pas à déterminer si elle était déçue ou satisfaite par la retenue du jeune homme, et une petite moue tordit ses lèvres. C’était agréable, d’être si près de lui, et elle était curieuse de connaître le goût d’un de ses baisers. Mais, d’un autre côté, elle n’était pas une femme de mauvaise vie. Elle savait se tenir, et accepter le baiser d’un étranger, presque d’un inconnu, dans un lieu public, n’avait rien de très honorable. Pour chasser ses émotions parasites, et les questions qui n’avaient pas lieu d’être, elle glissa une main dans la poche intérieure de sa veste, pour vérifier que les billets et les lettres étaient toujours là.

Wolfgang choisit ce moment pour reparler du cours de langue. Un franc sourire éclaira le visage d’Elisabeth.

"Si tu es sage"
le taquina-t-elle. "Allez, en route"

Et pour le dissuader de traîner, elle se détacha de lui, et marcha vers le bâtiment le plus proche.
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Sam 12 Sep - 17:01

Elle s’était détachée de lui et il jeta un coup d’œil à l’aide de camp de son oncle. Il était presque vert, c’était une couleur absolument pas seyante pour un homme même en uniforme. Mais c’était jouissif de le voir aussi défait par l’attitude du garçon. Pourtant jusqu’à présent il n’avait pas été très loin, il pouvait faire bien pire.

Il retourna rapidement vers Elisabeth et courut presque pour la rattraper. Il se mit à fredonner une mélodie que le prénom lui rappelait, une mélodie qu’il avait entendu au piano chez sa grand-mère. Il se demandait si quelqu’un pouvait la reconnaître et se dit que non, ce serait très étonnant de la part de ces soldats ignares. Même la jeune française ne devait pas avoir la possibilité de la reconnaître.

Pourtant rien n’interdisait à Wolfgang de fredonner, cette musique n’était pas bannie et le compositeur n’avait jamais été blâmé. Mais il aimait cette sensation de braver les conventions surtout qu’il était en compagnie d’une jeune femme qui semblait accepter de jouer. Il finit par la rattraper et il posa à nouveau son bras autour de ses épaules.

- Tu connais la musique ?

Il reprit sa chanson un peu plus fortement mais sans les paroles, il savait que la musique originelle avait une partie chantée mais il ne la connaissait pas. Et en plus le choeur d’enfants n’était plus à sa portée, la faute à la puberté qui faisait dérailler sa voix. Pourtant il avait une voix jolie d’après sa mère, une voix assez pure et claire. Il se dit que cette clarté avait certainement disparu en même temps que certaines illusions enfantines. Il eut un instant le besoin de se rapprocher de Beth, mais plus parce qu’il avait besoin d’une présence que parce qu’il désirait réellement être proche de la jeune femme.

- Je chante pas bien je crois, ma voix est pas bien mise.

Il s’en excusait presque et il secoua la tête en songeant qu’il n’était pas à son meilleur niveau pour la séduction. Il devait se ressaisir et en arrivant près de l’escalier menant aux dortoirs, il descendit sa main un peu plus bas que nécessaire, de manière à ce qu’elle soit posée sur la taille de la jeune femme. Après tout, elle ne l’avait pas du tout repoussé, cela valait bien quelques tentatives.

Il s’approcha d’elle à nouveau avant de lui murmurer à l’oreille.

- C’est la musique de Sainte Elisabeth, elle est presque belle comme toi.

Si avec un tel compliment il n’arrivait pas à décrocher un bisou, il ne s’appelait plus Wolfgang, quoi que, c’était une française et peut-être qu’elle n’était pas aussi tactile que les allemandes… Ce serait étonnant mais on ne savait jamais. Et puis comme il avait décidé de s’approcher le plus possible de son dortoir, autant commencer dès maintenant un certain travail de séduction.
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Mar 15 Sep - 22:23

Wolfgang était décidément un jeune homme plein de surprises. Il ne lui avait fallu que quelques minutes pour abandonner son masque de pilote distant et froid, mais Elisabeth fut stupéfaite lorsqu’elle réalisa qu’il fredonnait. C’était un signe de bien-être pour le moins inattendu. Intriguée, elle cessa de chercher du regard les soldats qui attendaient leur courrier, et se rapprocha de l’Allemand. Ainsi, les notes tombaient directement dans son oreille, ce qui augmentait ses chances de reconnaître le morceau. Pendant de longues secondes, sans presser ni ralentir le pas, elle ne dit rien, et se concentra sur les sons qu’elle entendait. Il lui semblait qu’elle connaissait cet air... Hésitante, elle tenta de le fredonner tout doucement, mais en pure perte. Ce fut ce moment que choisit Wolfgang pour poser un bras sur ses épaules. Immédiatement, elle sentit le sang lui monter aux joues, sans raison particulière. Après tout, ce n’était pas la première fois qu’il le faisait. Mais dans la cour, ils étaient entourés de nombreux témoins. Ils étaient seuls à présent.

Un peu troublée, elle ne comprit pas immédiatement ce qu’il lui demandait, puis la lumière se fit dans son esprit. Il voulait savoir si elle connaissait la musique. Après un bref instant d’hésitation, elle secoua négativement la tête. Wolfgang se serra alors contre elle, pour lui chanter un ou deux couplets. Elisabeth ne savait pas trop si elle était mal à l’aise ou aux anges. Dans le doute, elle ne fit rien et écouta simplement la voix du jeune homme, au lieu de songer à leur soudaine proximité. Quoi qu’en pense Wolfgang, elle trouvait qu’il ne s’en sortait pas si mal. Il avait une jolie voix, et elle fut un peu déçue lorsqu’il se tut.

"Je trouve que tu ne t'en tires pas si mal. Je ne pense pas être capable de faire aussi bien"
avoua-t-elle.

Ils étaient arrivés au pied d’un escalier. Wolfgang descendit alors son bras, pour le passer autour de sa taille, mais elle ne broncha pas. Elle n’était plus rose, mais ses yeux brillaient. D’amusement, d’excitation, d’émotion ou de crainte, elle-même n’aurait su le dire. Mais lorsqu’il lui murmura un compliment à l’oreille, elle baissa humblement les yeux, comme n’importe quelle jeune fille. Sans relever le front, elle jeta un coup d’œil à Wolfgang puis, brusquement, se tourna vers lui, pour déposer une bise sur sa joue, presque au coin des lèvres.

Comment pouvait-elle résister à un compliment aussi bien tourné ?

"Tu as peut-être des problèmes avec ma langue, mais tu parles très bien celle des dames" s’amusa-t-elle.

Paradoxalement, cet innocent baiser lui donna l’occasion de récupérer tous ses moyens. Souriante, une lueur mutine dans le regard, elle commença à grimper les escaliers, en lançant par-dessus son épaule :

"Nous n’avons toujours pas trouvé les destinataires de mes lettres"
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Jeu 17 Sep - 19:23

Gagné ! Elle l’avait embrassé sur le coin des lèvres et il pouvait se permettre un soupçon de fierté. Il avait gagné un bisou de la part d’une française et là c’était très agréable. Maintenant il fallait faire courir la rumeur, et pour cela autant continuer à être doux et attentionné. Il reçu le compliment et se rengorgea alors qu’elle partait devant.

Trouver les destinataires ne serait pas si complexe, il suffisait d’aller dans les différents dortoirs et de déposer les billets sur les lits si jamais ils n’étaient pas là. Quoi que, elle ne voudrait peut-être pas, surtout que certaines des lettres pouvaient être préjudiciables aux soldats à qui elles étaient destinées.

Tiens, c’était une idée ça, il pouvait trouver un moyen de montrer aux autres soldats qu’il était intime avec la factrice de leur courrier du cœur. Ce genre de courrier pouvant être très facilement connu et donc très facilement suspecté. Wolfgang ne laisserait pas passer l’occasion.

- Suis je ! On va dans les chambres ! Là il y a des gens des fois.

Il replaça sa main contre la taille de la jeune femme et la conduisit jusqu’à l’étage de son dortoir. Ils marchèrent en direction de la chambre que Wolfgang connaissait le mieux, c'est-à-dire la sienne. Il ouvrit la porte et fit signe à Elisabeth d’entrer sur une courbette élégante. Il lui sourit et regarda le dortoir.

- Ici c’est chez moi, je ne suis pas seul mais là si. Je sais pas où sont les autres. Tu me dis pour qui tes lettres ?

Il s’assit sur son lit et tapota le matelas à ses côtés. Le signe d’invite était évident, il attendait que la jeune femme s’approche et s’installe à ses côtés. Ils pouvaient très bien regarder les noms sur son lit et pourquoi pas continuer à se découvrir des points communs. Après tout, outre les dragons, les livraisons de courrier, la musique de Liszt et les bisous, ils pouvaient fort bien aimer d’autres choses.

Le soldat déboutonna sa veste et la déposa sur le lit. Autant se mettre un peu à l’aise s’ils parcouraient l’ensemble du château. Cependant, il ne connaissait pas les termes exacts pour proposer à Elisabeth de se mettre elle aussi à l’aise, aussi il risquait de se tromper. Mais il fit exprès de mal prononcer. Il renforça même son accent alors qu’il proposait.

- Tu veux enlever tes vêtements ?

Il fit un sourire penaud montrant qu’il n’était pas certain de la prononciation des mots. Cependant, il serait ravi si jamais elle le prenait au mot, quoi que, ils n’étaient pas certains de rester seuls bien longtemps.
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Sam 19 Sep - 18:46

"Suis-moi" rectifia machinalement Elisabeth, en pressant le pas.

Quelques foulées viriles plus tard, elle ralentissait de nouveau, pour que le bras de Wolfgang ne glisse pas sur sa taille. Laisser un garçon qu’elle connaissait à peine la tenir de cette manière n’était sans doute pas très correct, mais Elisabeth se souciait peu des conventions. Dans l’Aéropostale, on demandait aux femmes d’être de bonnes pilotes, pas des saintes-nitouches. On les laissait porter des pantalons, monter des dragons, et voler jusqu’à des bourgades isolées, sans se soucier de leur sécurité, et sans leur donner de chaperon. Framboise protégeait farouchement l’intégrité physique de sa pilote, mais ne portait aucun intérêt à sa moralité. Quand son amie lui demandait de montrer les dents à un garçon trop insistant, elle le faisait. Mais le reste du temps, elle restait neutre et gardait simplement un œil sur les soupirants de Beth, quand elle ne la laissait pas se débrouiller toute seule. La Porte-Drapeau n’était pas là pour défendre la postière contre Wolfgang, mais c’était sans importance. Elisabeth ne se sentait pas du tout menacée.

Un petit signe de tête approbateur salua la courbette de l’Allemand, à l’entrée des dortoirs. Ces manières désuètes ne déplaisaient pas à la postière, qui passa le seuil sans se faire prier. Immédiatement, ses yeux clairs balayèrent les dortoirs, du sol au plafond, en passant par les lits soigneusement faits. Wolgang et elle étaient toujours seuls, mais elle n’était pas inquiète, et elle se rapprocha de l’Allemand sans hésiter quand il l’invita à s’installer près d’elle. Mais elle ne s’assit pas, et sortit ses lettres, ainsi que ses billets doux, de la poche intérieure de sa veste. Il n’y avait qu’une lettre, et deux billets doux, pour les soldats allemands. Enfin, à première vue. Elisabeth s’apprêtait à passer une nouvelle fois les enveloppes et les mots tendres en revue, quand Wolfgang lui proposa de se dévêtir.

Franchement amusée, la postière lui adressa un regard pétillant par-dessus sa liasse de lettres. Sans dire un mot, elle cala le courrier allemand entre ses lèvres, rangea le courrier français dans ses poches, puis ôta son écharpe et lança littéralement sa veste à la tête de Wolfgang – ou, plus exactement, au-dessus de la tête de Wolfgang, de telle sorte que le vêtement devint un couvre-chef en un tournemain. Sous son manteau, Elisabeth portait une simple chemise, et ne pouvait plus cacher sa petite poitrine. Mais les boutons du col étaient défaits, ainsi que tous les suivants, pratiquement jusqu’aux seins. D’ailleurs, la postière prit le temps d’en fermer un ou deux avant de récupérer le courrier allemand, et de s’asseoir... sur le lit en face de Wolfgang.

Tout de même. On peut être joueuse sans être complètement dévergondée.

"J’ai une lettre pour le Flieger George Steffel. J’ai aussi un billet pour Franz. Judith m’a dit qu’il était..."

Elle jeta un coup d’œil au pense-bête qu’elle avait préparé.

"Assez petit, blond, avec des yeux gris, et une cicatrice sur la tempe. Et j’ai aussi quelque chose pour Wilfrid, qui est un grand maigre avec de longs cils et des mains de pianiste. Ça te dit quelque chose ?"
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Dim 20 Sep - 21:11

Agir en fonction de sa raison n’est jamais aisé pour un adolescent et Wolfgang n’échappait pas à la règle. Il avait parfois l’impression d’être plus dirigé par ses hormones que par son esprit et cela le perturbait de temps à autres. Oh, pas bien souvent parce que tout de même, énerver son oncle était une occupation à plein temps, mais si jamais il n’avait pas eu des réflexes adolescents, jamais il ne se serait promené dans d’intenses souffrances à la Gestapo. Oui d’intenses souffrances, c’était terriblement et douloureusement humiliant de nettoyer les cabinets !

Donc il savait qu’il avait des réflexes adolescents, ces réflexes conduisaient parfois à sentir les choses d’une manière fort peu réfléchie. Et de voir Elisabeth se déshabiller faisait partie de ces situations qui le conduisait à être moins posé que ne le souhaitait la morale. Et pour lui, se faire envoyer une veste sur la tête était très intéressant et intrigant. Jamais personne ne lui avait donné l’occasion de voir un strip-tease en direct et là, rien que pour lui, elle le faisait. Autant dire que ce n’était plus tellement l’esprit qui contrôlait le corps de Wolfgang. Sans compter qu’il était encore jeune et qu’à cet âge les informations sensorielles étaient immédiatement relayées et totalement prévisibles.

Donc un simple décolleté finalement assez peu rempli était source d’une réaction physique immédiate et qui mettait finalement Wolfgang au niveau de la honte. Et la rougeur qui naquit sur ses joues était heureusement cachée par la veste. Il fit descendre la veste en la passant devant son visage. Ce temps lui suffit pour devenir un peu plus maître de son corps ou du moins de le dissimuler. Et elle parla, elle reparla des lettres qu’elle devait distribuer, des lettres d’amour et de cœur qui finalement ne donnaient rien à Wolfgang.

Les noms qu’elle donna furent presque tous connus, être le trublion de Sarnand avait eu le mérite de le faire connaître une grande partie du personnel. Mais si George et Franz étaient identifiables, l’un par son nom de famille, l’autre par sa cicatrice, Wilfrid ne l’était pas le moins du monde. Surtout parce que Wolfgang n’avait aucune idée de ce que pouvaient être des mains de pianiste, il pensait que c’étaient de grandes mains aux doigts fins parce que sa grand-mère avait des mains de la sorte et qu’elle était pianiste. Elle lui avait d’ailleurs dit qu’il avait certainement hérité de ses mains une fois quand il était petit. Mais il devait demander.

- Je sais pour les deux d’abord et le dernier c’est grand des mains de pianiste ? Mais je regarde pas beaucoup les mains des garçons. En fait je regarde pas beaucoup les garçons.

Et cela Elisabeth pouvait s’en rendre compte puisque le jeune homme ne l’avait pas quittée des yeux depuis le début et que ses yeux passaient régulièrement sur les différentes parties de son corps. D’ailleurs il trouvait que le pantalon pour les filles n’était pas des plus agréables aux yeux. Pourquoi est-ce qu’elle ne pouvait pas porter quelque chose de plus susceptible de faire fonctionner l’imaginaire ? Mais là encore ce n’était pas son esprit, c’était ses hormones qui parlaient donc il tenta de la considérer simplement comme un collègue et … il n’y parvint pas, il faut dire qu’il ne pouvait pas tellement oublier qu’il avait la veste sur les genoux pour éviter de se faire repérer… enfin éviter qu’elle repère certains signes assez peu discrets de son attention.
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Mar 22 Sep - 20:00

Absorbée par la lecture de son pense-bête, et le déchiffrage laborieux des différentes écritures féminines, Elisabeth ne vit pas Wolfgang changer de couleur. Bien qu’elle ne soit plus une jeune fille pure et innocente depuis trois longues années, elle n’avait pas songé que ses gestes pouvaient faire galoper l’imagination de son compagnon. Une vieille veste de vol, en cuir souple, avec un col en mouton, n’était pas le genre d’accessoire qui jonchait habituellement les fantasmes des adolescents mâles. Enlever cette veste était un geste qu’Elisabeth effectuait parfois plusieurs fois par jour. C’était affreusement banal, et elle l’avait fait à la demande de Wolfgang. Bref, en un mot comme en cent, elle ignorait complètement ce qui passait par la tête de son vis-à-vis, et ce fut avec le sérieux d’une bonne postière qu’elle écouta ses commentaires. Satisfaite, elle hocha vaguement la tête, puis corrigea sa faute de français.

"On dit « les deux premiers », pas « les deux d’abord »"
déclara-t-elle en se levant. "Et oui, des mains de pianiste, ce sont de grandes mains"

Bien entendu, le regard baladeur de l’Allemand ne lui avait pas échappé – mais elle avait décidé qu’il était inutile d’en prendre ombrage. Ils jouaient. Comme deux adolescents. C’était de leur âge et, quoi qu’en pense les vieilles pies assises sur le parvis de l’église, ils ne faisaient rien qui puisse choquer la morale. Elisabeth n’encourageait pas Wolfgang pour autant, et restait concentrée sur son objectif. Elle cala une nouvelle fois le courrier allemand entre ses lèvres, puis se retourna, pour refaire le lit. Elle tira sur les draps, pour les lisser un peu, puis écrasa les derniers plis avec le plat de sa main. Un coup d’œil lui confirma qu’il ne restait plus de traces évidentes – voire plus de traces du tout – de son passage. Elle fit alors volte-face. Il ne lui avait fallu que quelques secondes pour tout faire, mais elle était à peu près sûre que Wolfgang en avait profité pour regarder son fessier et ses cuisses. Parce que l’avantage, ou l’inconvénient, d’un pantalon, c’était qu’il ne cachait rien, contrairement à une jupe.

La jeune femme frappa à nouveau le front de l’Allemand avec son courrier, en guise de représailles, puis s’éloigna de quelques pas.

"Je vais poser la lettre de George et celle de Franz sur leurs lits. Enfin, si tu sais où ils dorment"

Sans lui laisser le temps de répondre, elle se tourna à nouveau vers lui.

"Après on ira chez les Français. Je peux récupérer ma veste ?"


Et elle tendit la main vers lui, pour qu’il lui donne, ou lui envoie, son bien.
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Ven 25 Sep - 23:13

Ah ça oui, Wolfgang avait regardé et l’attitude d’Elisabeth ne l’avait pas aidé dans ses tentatives de reprendre le contrôle de son esprit. Pourtant il tentait de penser à autre chose, mais bon, quand on a un spectacle intéressant et novateur sous les yeux, on en profite… surtout quand on a l’âge du jeune pilote.

Donc il fut quelque peu déconcerté par le coup de courrier. Si elle ne voulait pas qu’il regarde, elle n’avait qu’à pas le lui permettre en utilisant des vêtements d’homme. Et comme il n’avait rien entendu de ce qu’elle avait dit, il se retrouva un peu décontenancé quand elle lui demanda sa veste.

Personnellement, il n’avait rien contre le fait de la lui rendre, mais il avait encore un léger souci qui le perturbait quelque peu. Donc il ne pouvait pas tout simplement la lui lancer sur la tête. Premièrement parce que ce ne serait pas suffisant pour l’apaiser totalement, et deuxièmement parce que pour cela il devrait se dévoiler quelque peu avant même d’être éventuellement caché. Il décida donc d’être galant jusqu’au bout.

Il se leva tout en maintenant la veste comme un écran protecteur mais en restant le plus naturel possible, puis il contourna la jeune femme afin d’être parfaitement invisible. Et il tendit la veste devant lui, pour qu’elle puisse la passer, comme s’il était un parfait gentilhomme.

Se lever lui permit de commencer à reprendre la maîtrise de son corps, il savait par contre qu’il ne devait toujours pas être détaillé par la jeune femme qui était si proche de lui.

- Je peux me permettre ? Je me dis que tu n’aimes pas prendre une veste.

Son français n’était vraiment pas parfait et avec sa phrase il risquait fort de créer la situation la plus dangereuse qui soit pour son honneur. Il était maintenant dangereusement mis en avant. Cependant, il n’en était pas conscient et il réfléchit aux possibilités pour le dernier courrier à livrer. Ce devait pouvoir se faire, il avait des idées et si besoin, il pouvait montrer les soldats en question à Beth qui, elle, avait eu les descriptions de première main.

- On livre ?

Tout en voulant se préserver, il s’était rapproché de la jeune femme et il pouvait ainsi percevoir son odeur. Et le mélange de parfum féminin, de senteur de dragon et d’imagination ne lui permettait pas du tout de finalement se reprendre totalement. Il allait donc tenter le plus possible de rester dans le dos de la postière, ou bien devant elle, en tout cas, il ne fallait pas qu’ils soient face à face. Là ce serait gênant.
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Lun 28 Sep - 22:22

Tout de même, les vêtements masculins d’Elisabeth avaient bon dos. Ils avaient été choisis parce qu’ils étaient bien coupés, confortables et chauds, et parce qu’ils permettaient à la jeune femme de monter Framboise à califourchon. Chevaucher un dragon filant à plus de trois cents kilomètres par heure en amazone, dans une robe qui se gonflait au moindre coup de vent, n’était pas seulement difficile : c’était presque irréalisable. Bref, en un mot comme en cent, les postières n’avaient pas l’embarras du choix lorsqu’elles sélectionnaient leurs vêtements le matin. Ce n’était pas la faute d’Elisabeth si elle ne portait pas de jupe, ni de robe, susceptible de faire fonctionner l’imagination de Wolfgang. Et ce n’était pas de sa faute non plus si elle portait un pantalon d’homme, qui épousait ses formes et faisait fonctionner l’imagination de Wolfgang. Si le jeune garçon n’avait pas été si impressionnable, la garde-robe de la postière, et plus précisément ce qu’elle portait, ne lui aurait fait ni chaud ni froid.

Elisabeth fut surprise que Wolfgang ne lui indique pas les lits de George et de Franz lorsqu’elle le lui demanda. Un peu déconcertée, elle jeta un coup d’œil par-dessus son épaule, et constata qu’il s’était levé pour lui rendre sa veste. Elle tendit la main, pour récupérer son bien, mais il ignora son geste et passa derrière elle. Quand elle comprit qu’il voulait l’aider à enfiler son vêtement, elle rosit de plaisir, et glissa docilement ses mains dans les manches, après avoir pincé, pour la troisième fois, le courrier entre ses lèvres. Une fois que la manœuvre fut terminée, elle rangea le courrier dans sa poche intérieure. Peut-être que Wolfgang ne savait pas dans quels lits dormaient Franz et George, et n’osaient pas le dire. Ou peut-être qu’il préférait que le courrier passe de la main de la postière à celle du destinataire, sans passer par un oreiller intermédiaire.

"Surveille tes mots, camarade. Prendre une veste, par chez-nous, c'est un échec amoureux. Personne n'aime prendre une veste dans ces conditions... Ni toi ni moi !"

La jeune femme adressa une œillade interrogatrice au pilote allemand, par-dessus son épaule.

"Tout va bien, Wolfgang ? Tu n’as pas l’air très à l’aise. Si on t’attend, ou si tu dois aller travailler, je peux finir sans toi"

Elle hésita une seconde puis avoua :

"Mais j'aimerais bien que tu viennes avec moi. Ce sera plus rapide, ainsi. On trouvera les soldats plus vite, et tu les connais mieux que moi"
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Sam 3 Oct - 15:17

Et vlan, voila qu’il s’était fait reprendre sur son français, il devrait réellement demander à Orion de l’aider à s’améliorer dans cette langue s’il voulait un jour pouvoir charmer ses interlocutrices avec ses répliques spirituelles. Pour le moment, il réussissait surtout à tomber de Charybde en Scylla. Mais … de se faire ainsi gentiment rabrouer, l’avait quelque peu aidé à se reprendre entièrement et son corps ne menaçait plus à chaque instant de lui désobéir.

Bon, qu’elle lui demande s’il allait bien, le confortait dans son impression de ne pas être particulièrement à l’aise. Mais il allait se reprendre, ce n’étaient pas quelques hormones qui allaient dicter sa conduite tout de même ! Il fit un sourire peut être un peu crispé, mais pouvait passer devant la demoiselle pour lui tenir la porte.

Il s’inclina même en lui indiquant la sortie. Oh ! Pas par simple galanterie, surtout pour éviter qu’elle ne puisse regarder elle aussi son pantalon. Car même si le fait que ce soit une jeune femme arrangeait bien ses affaires, ce n’était tout de même pas des plus honorables qu’elle le surprenne ainsi.

- Je te suis, leur chambre est plus loin à droite. Et je suis à toi si tu veux.

Oui, il était tout à elle, pour ce qui était de livrer le courrier bien entendu, et là, ce n’était pas sa méconnaissance du français qui avait parlé, c’était son envie de se reprendre et d’être calme face à ce qui n’était finalement qu’une collègue. Oui, il devait penser à elle comme à une collègue.

- Pour le dernier courrier, je crois savoir où c’est aussi, l’étage dessous.

Il referma la porte et lui emboita le pas. Cependant, il avait besoin de savoir d’autres choses. Car, livrer le courrier ne prendrait pas l’ensemble de la journée.

- Et après tu veux faire des choses avec moi encore ?

Oui, ça prêtait à confusion, mais tant pis. Lui serait heureux de faire encore des choses avec la demoiselle, il ne savait pas quoi, enfin si il savait quoi mais il savait aussi que ce ne serait pas à l’ordre du jour. Pour la raison principale qu’il ne le pourrait pas, ce ne serait pas moralement correct que de se livrer à des contacts épidermiques rapprochés avec une française. Même si, après tout, c’était autour des français qu’on lui avait interdit de tourner …
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Dim 4 Oct - 17:39

Elisabeth n’était pas particulièrement naïve, mais n’avait pas songé, ne serait-ce qu’une seconde, que son style vestimentaire et sa petite poitrine pouvaient mettre Wolfgang en émoi. Il ne semblait plus tout à fait à l’aise, certes, mais l’aéropostière était loin de soupçonner les véritables raisons de son trouble. Avant l’incident de la veste, n’avait-t-il pas passé de longues minutes à la taquiner, avec autant d’assurance qu’un Don Juan aguerri ? Même si elle ne s’était pas vraiment posé la question, la jeune femme était sûre d’avoir affaire à un jeune homme, plutôt qu’à un jeune garçon. En tant que tel, Wolfgang n’était pas censé être facilement ému, et elle fut surprise qu’il lui demande de passer devant. Jusque là, il avait marché devant elle, pour la guider, ou à ses côtés, pour pouvoir la tenir par la taille. Mais elle ne broncha pas, et quitta docilement le dortoir allemand.

En attendant que Wolfgang la rejoigne, elle tira une nouvelle fois le courrier de sa poche, pour le trier, et fit quelques pas vers la chambre de droite. Il n’était plus qu’à deux mètres de la porte lorsque l’Allemand lui demanda si « après », elle voulait faire d’autres choses avec lui. Complètement absorbée par le classement des lettres, la jeune femme ne lança aucune pique en réponse. Sans le regarder, elle déclara simplement :

"Seulement si tu n’es attendu nulle part"


Elle hésita une seconde puis ajouta :

"Mais pas trop longtemps, parce que je dois rentrer à la Station, après. Eddy et Fulgur vont grogner si je suis trop en retard"

Par chance, la distribution lui prit moins de temps que prévu. Avec l’aide de Wolfgang, elle trouva les destinataires de toutes ses lettres, et de tous ses mots doux – même le dénommé Wilfrid, qui avait effectivement des mains longues et fines. Le Lieutenant Saune fut le dernier à recevoir son courrier. Elisabeth et Wolfgang le croisèrent au hasard, au détour d’un couloir. Il n’avait fallu qu’une seconde à l’aéropostière pour le reconnaître, et elle avait aussitôt attrapé sa manche, pour lui donner sa missive. Ensuite, les mains enfin libres, elle se tourna vers Wolgang.

"Et maintenant ?" demanda-t-elle.

Un franc sourire creusa deux fossettes dans ses joues roses.
Avait-il oublié la promesse d’un cours de langue ?
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Mar 6 Oct - 22:15

Wolfgang était allongé dans le foin avec de la paille dans les cheveux et le souffle court. Il avait perdu la moitié de ses vêtements et il avait la main droite posée sur le ventre plat d’une jeune femme blonde. Cette jeune femme avait elle aussi de la paille dans les cheveux, le souffle court, un nombre de vêtements réduit et une main sur le ventre de Wolfgang. Tous les deux se regardaient et de temps en temps s’embrassaient doucement sur la bouche. Mais uniquement des baisers chastes…

- Wolfgang, on ne m’avait jamais fait ça ! Tu es une vraie bête.
- Oh, ma Beth, toi aussi et sans mauvais jeu de mot.

Il releva les yeux et regarda le ciel étoilé. Il soupira de bien être et décida qu’il était l’heure pour un second tour, du moins si la jeune femme était d’accord.

- On y retourne ?

Un sourire mutin naquit sur les lèvres de la damoiselle et elle attira Wolfgang dans un baiser fougueux. Wolfgang regarda tout de même la porte de sa chambre pour être certain que personne ne viendrait le déranger, mais elle était bel et bien fermée. Il put alors repousser les couvertures du lit et recommencer son travail de satisfaction de la gente féminine. Car quand on pouvait faire plaisir …

Il ne releva la tête qu’une seconde pour vérifier qu’il ne pleuvait pas pour ne pas mouiller son bonnet qui séchait dehors et il fut particulièrement surpris de voir son oncle en lévitation au niveau de la fenêtre du troisième étage. Il lui fit un clin d’œil moqueur et se cogna contre le mur du couloir.

- Scheise !

Car oui, il venait de sortir de ce qui était finalement un rêve éveillé, un rêve très agréable n’ayant en rien arrangé son état mais surtout se terminant de la pire des manières. Quoi que … Beth venait de donner la dernière lettre et elle était revenue vers lui. Donc … il pouvait lui proposer quelque chose.

Il n’avait malheureusement pas la chambre individuelle de son rêve. Et il doutait de la volonté de la jeune femme de l’accompagner dans ce genre d’activité pour le moment. Il devait donc dire autre chose.

- On peut raller dans le foin.

Oups, ce n’était pas ce qu’il aurait du dire, surtout qu’ils n’avaient techniquement pas étés dans le foin. Donc ils n’allaient pas y retourner (ou y raller comme il venait de dire avec son français approximatif). Il fit un petit sourire d’excuse et reprit contenance en repensant au début de leur rencontre.

- Je crois que c’est mal dit, il me faut ce cours de langue.

Il fit un sourire gamin en tirant un peu la langue pour bien montrer qu’il n’était pas tellement question de français…
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Ven 9 Oct - 18:15

Distraite par le Lieutenant Saune, Elisabeth n’avait pas vu la rencontre douloureuse de Wolfgang avec un mur, mais la mine du jeune homme lui suggéra très vite qu’il s’était passé quelque chose pendant qu’elle regardait ailleurs. Intriguée, amusée, le rose aux joues, les yeux illuminés par des étincelles de malice, elle fixa l’Allemand sans rien dire, en attendant qu’il s’explique, ou qu’il lui donne la suite du programme. Il lui avait demandé si elle avait le temps de « faire des choses avec [lui] » après sa tournée, mais n’avait pas pris la peine de préciser sa pensée. De ce fait, l’aéropostière attendait la suite avec autant d’impatience qu’une gamine prête à déballer ses cadeaux de Noël. Wolfgang ne l’avait pas déçue, jusque là, et elle était dévorée par la curiosité. Qu’est-ce qu’il lui réservait ?

Une moue désapprobatrice tordit ses lèves lorsqu’il parla de « foin ». Ayant perdu sa fleur dans une meule, à quelques kilomètres de Viers, elle n’avait pas besoin d’être télépathe pour suivre sans mal le fil des rêveries de Wolfgang. Il ne lui vint pas à l’esprit que l’Allemand pouvait se tromper de mot – elle entendit d’ailleurs « râler » pour « r-aller » – ou que les paroles du jeune homme avaient peut-être dépassé sa pensée, et de très loin. C’était un adolescent, et les adolescents pensaient tous à la même chose. Son attitude embarrassée s’expliquait bien mieux avec cette clé-là en main.

Wolfgang ne la considérait pas comme une collègue, aux cheveux courts, en pantalon, à peine moins virile que lui-même. Non. Il la voyait comme une femme. Et même comme une femme plutôt appétissante.

Elisabeth se sentit vaguement flattée.

Et comme le jeune homme s’était immédiatement excusé, à sa manière, elle jugea qu’il était inutile de se dresser sur ses ergots, poitrine gonflée, pour tempêter et défendre sa vertu. Mais elle ferait plus attention à l’avenir. Comme quoi, l’adage était vrai : donnez la main, on vous prendra le bras.

Comme Elisabeth n’avait plus de lettres pour frapper Wolfgang, elle tira ses gants de sa poche, puis les claqua sur le front du jeune homme.

"Leçon n°1 : avant de parler, tourne sept fois ta langue dans ta bouche, ça t’empêchera de dire des âneries"

Sans lâcher ses gants, elle attrapa son col du bout des doigts, et tenta à nouveau de chasser des plis fictifs, comme dans la cour.

"Leçon n°2 : ne laisse pas ton imagination travailler trop vite quand une fille te dit quelque chose. Ce n’est pas parce qu’elle a dit ‘oui’ à certaines choses qu’elle va dire ‘oui’ à tout"


Et pour montrer à Wolfgang qu’elle n’était pas trop fâchée, elle l’embrassa sur le bout du nez.

"Si tu m’accompagnes jusqu’à la cour, pour que je récupère Framboise, je te donne la leçon n°3" conclut-elle, taquine, avant de tourner les talons.
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Dim 11 Oct - 14:26

Mais pourquoi donc tenait-elle donc tant à le frapper avec tout ce qu’elle pouvait ? Ah ! Les mystères de la psychologie féminine ! Si seulement Wolfgang pouvait apprendre sur ces derniers en même temps que sur la langue française… Mais cela ne semblait guère possible avec la demoiselle qui lui faisait face. Elle était en colère de ce qu’il avait dit, cela se sentait et le coup de gant était assez explicite.

Cependant, il faillit lui demander si elle venait de le défier. Car jeter le gant était bel et bien ce qui se faisait dans le cas d’un défi… Et si jamais c’était son intention, Wolfgang était tout à fait prêt à jouer ce jeu. Mais elle lui parlait et pour le reprendre. Ce n’était certainement pas l’attitude à avoir avec le jeune homme, il détestait qu’on le reprenne pour finalement ce qu’il considérait comme des bêtises et des choses sans importance. Aussi, quand Elisabeth commença à parler de leçons, il croisa les bras et attendit que ça passe.

Alors comme ça elle voulait lui donner des leçons et lui faire apprendre à bien se comporter, certainement comme un parfait abruti qui ne sait plus aligner deux mots en présence d’une femme. Et puis quelle idée de tourner sa langue dans sa bouche, lui préférait la tourner dans sa bouche à elle. Mais puisque ce n’était manifestement pas à l’ordre du jour, il attendait encore et encore.

Ensuite elle parla des filles qui disaient oui. C’était bien le problème des filles, elles savaient pourtant ce que Wolfgang avait en tête puisqu’elles réagissaient mais non, elles disaient oui d’abord puis non ensuite. C’était pénible, surtout pour un jeune homme qui avait tendance à faire l’inverse. Mais bon, il n’était pas totalement idiot et dévergondé, il n’avait jamais imaginé qu’elle lui sauterait au cou avec sa proposition.

Pour la dernière leçon, elle sembla prête à le pardonner. Et il se demanda un instant s’il n’allait pas la gronder d’être aussi aguicheuse pour si peu. Mais non, le jeu était là et il adorait jouer donc il se prêta gentiment à la mascarade.

- Tu sais, j’aime pas trop ces leçons, tu as pas plus amusant ? Mais puisque tu veux revoir ta dragon, on y va.

Il lui fit un sourire et resta à ses côtés le temps de sortir à l’air libre. Autant continuer à jouer un peu avant son départ prochain.
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Ven 16 Oct - 1:26

Ils jouaient, comme des enfants. Ils étaient suffisamment grands pour penser à autre chose qu'aux baisers et aux balades main dans la main, mais pas assez pour se comporter comme des adultes sérieux et responsables. C’était parfait pour Elisabeth. Jeter le gant, marteler un front adolescent avec des billets doux, être comparée à une musique de Liszt, et donner des cours de langue complètement incongrus, c’était dans ses cordes. Ravie que Wolfgang entre dans son jeu, et de bonne grâce encore, elle se tourna vers lui et lui annonça, avec un ton docte, plus digne d’un professeur de littérature aigri que d’une gamine dans son genre :

"Je suis désolé, mon cher, mais je suis obligée de vous apprendre la théorie avant de passer à un autre chapitre. J’imagine que vous avez eu des cours de vol, avant de commencer à livrer le courrier ? On ne vous a pas sanglé sur le dos de votre dragon en vous disant < volez, jeunesse >, n’est-ce-pas ? Eh bien, là, c’est pareil. Voilà tout"

Son « voilà tout » fut ponctué par un pas plus vif que les autres, qui fut suivi par d’autres pas tout aussi vifs. Pressée de retrouver sa dragonne, Elisabeth avait décidé d’imposer un rythme de marche plus soutenu. Elle imaginait déjà tout ce qu’elle allait raconter à la Porte-Drapeau, après leur passage à la Station. Un sourire satisfait accroché aux lèvres, la jeune femme enfila ses gants, puis plongea en plein soleil, hors des bâtiments gris de Sarnand.

Framboise l’attendait, couchée dans la cour, comme un chat qui prend le soleil. D’autres courriers – des Allemands, pour la plupart – lézardaient à proximité, mais la Porte-Drapeau ne leur adressait aucune attention. Peut-être qu’elle était retenue par la barrière de la langue, ou peut-être qu’elle avait déjà épuisée toute sa salive devant ses dragons préférés. Quand Elisabeth sortit du bâtiment, elle clama simplement « Beth ! » et se leva, pour aller à la rencontre de sa pilote.

Elisabeth oublia un instant Wolfgang, le temps de vérifier les sangles du harnais, et de flatter le cou de sa Framboise. Elle se tourna ensuite vers lui, et lui proposa :

"Pour la leçon n°3, travaux pratiques. Sauf si ça te gêne"

Tentatrice, elle approcha ses lèvres tout près des siennes.
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Ven 23 Oct - 19:00

Wolfgang écouta comme un bon élève le petit discours d'Elisabeth puis il sourit en lui suivant. Elle était tout aussi joueuse que lui finalement et en plus, même si jamais elle ne voulait plus s'amuser lors de sa prochaine visite, il était presque certain que son oncle allait être mis au courant de son petit jeu et rien ne pouvait lui faire plus plaisir.

Il regarda la jeune femme s'approcher de sa dragonne et sourit, tout comme lui, elle adorait sa monture et la traitait du mieux possible. Il attendit qu'elle ait terminé tout en espérant qu'elle n'allait pas le laisser là, en plan comme une vieille chaussette. D'un autre côté si elle tentait de jouer à ce petit jeu, il trouverait un moyen pour la rattraper en vol. Et qui sait, peut-être qu'Orion serait lui aussi heureux d'avoir une partenaire de jeu. Après tout, tout comme lui, son dragon devait commencer à avoir des intérêts non négligeables pour la gente féminine.

Elle revint vers lui et lui proposa de passer à la pratique. Il sourit et la regarda avancer les lèvres. Ah ? Déjà ? Il n'allait pas se faire avoir deux fois tout de même, on lui reprochait d'aller trop vite puis ensuite on voulait accélérer ... Hors de question que Wolfgang rate cette occasion. Il haussa les sourcils.

- Je crois que c'est à toi de faire la pratique, après tout tu es ma maitresse.

Oui, c'était bien comme cela qu'on nommait une jeune femme qui donnait des cours ! Du moins c'était ce qu'on lui avait dit, donc il n'avait aucune raison de croire qu'encore une fois il avait involontairement prononcé un double sens.

Cependant, si jamais elle se dérobait et ne tentait pas de lui ravir les lèvres, il se ferait un plaisir de lui voler un dernier baiser avant qu'elle ne décolle.
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Lun 26 Oct - 0:23

Tandis qu’Elisabeth donnait sa troisième et dernière leçon à Wolfgang, Framboise gonfla doucement ses flancs pour vérifier que les lanières du harnais étaient convenablement ajustées, ni trop serrées, ni pas assez. La Porte-Drapeau était très attachée à sa pilote et ne tenait pas à ce qu’elle soit blessée à cause d’une simple négligence. Quand elle sentit le cuir et les boucles chaudes offrir une résistance à la poussée de ses flancs, elle souffla doucement par les naseaux puis tourna la tête vers les deux jeunes gens. Son œil bleu, fendu par une fine pupille noire, se fixa sur Wolfgang. Il était dénué d’agressivité, mais pas particulièrement amical pour autant. Framboise réservait son jugement.

Elisabeth, elle, était conquise. Wolfgang semblait osciller entre audace et prudence, provocation et galanterie, avec beaucoup de finesse et d’humour. Plus le temps passait, plus il lui plaisait, et elle répondit à son « tu es ma maîtresse » par un clin d’œil malicieux. Sa main gantée se posa sur la joue du jeune homme et elle se tendit vers lui, si près que le pilote sentit sans aucun doute son souffle glisser sur sa peau, jusque dans son cou. Pendant deux, peut-être trois secondes, la postière ne bougea pas, puis posa un baiser sur la joue de Wolfgang, avant de presser ses lèvres contre celles du jeune homme – elle poussa l’audace jusqu’à insinuer sa langue entre les lèvres de l’Allemand, très brièvement.

Puis elle fit volte-face et agrippa le harnais de Framboise. Comprenant le signal, la Porte-Drapeau s’inclina, si bien qu’il ne fallut que quelques secondes à Elisabeth pour s’installer sur le cou de sa dragonne. Celle-ci se redressa presque aussitôt, plaçant sa pilote hors d’attente.

Elisabeth adressa un petit clin d’œil à Wolfgang, tout en remettant son casque.

"Je te donne la quatrième leçon la prochaine fois, ça marche ?"
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Allemand

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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Sam 31 Oct - 15:00

Wolfgang était soufflé par l’audace de la demoiselle, pas que cela ne lui déplaise, bien au contraire. Mais c’était rare de voir les demoiselles faire le premier pas et même s’ils avaient fleureté durant une partie de la journée, ce n’était pas fréquent de sentir ainsi des lèvres sur les siennes.

Il répondit bien entendu à ce baiser avec le plus de douceur qu’il pouvait. Il avait trouvé une demoiselle prête certainement à des leçons particulières, il n’était pas dit qu’il allait la laisser filer. Aussi, il se contenta de la laisser faire avec une légère caresse linguale de sa part également. Puis, elle se redressa et s’installa sur son dragon. Il posa une main sur ses lèvres, un peu comme s’il n’en revenait pas et quand elle décolla non sans lui avoir promis une nouvelle leçon, il resta à fixer le dragon qui s’éloignait au loin.

Dès que les deux demoiselles furent hors de vue, il retira la main de ses lèvres et ôta l’air rêveur qu’il avait déposé sur son visage. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire joyeux et il fit une pirouette avant de se précipiter vers la caverne d’Orion. Il avait des choses à lui dire. Et puis qui sait, peut-être que le Falken serait d’accord pour s’amuser avec une porte-drapeau. Après tout, il parlait français et mieux que Wolfgang en plus.

Mais avant de prendre les devants et de tenter de revoir la demoiselle, il voulait être certain de faire pester son oncle. Parce que si, en plus d’une bonne journée en perspective ponctuée de contacts labiaux et épidermiques en tout genre, il pouvait améliorer l’ordinaire en faisant pester plus que de raison son oncle … la journée serait réellement extraordinaire.

Donc il s’arrangea pour parler fortement en entrant dans la caverne d’Orion, le dragon allait comprendre et les quelques soldats présents alimenteraient la rumeur … une très bonne fin de journée pour une très bonne journée en quelque sorte.

- Orion, tu aurais dû être là, j’ai fait une touche avec une française. Et elle a une magnifique monture… Tu pourras peut-être toi aussi faire une touche, après tous, ne sommes nous pas les deux plus beaux garçons de la base !

Oui, la fin était clairement de la vantardise, mais personne n’allait relever, c’était Wolfgang après tout !
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MessageSujet: Re: Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)   Aujourd'hui à 13:39

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Envoi en PDF [Porte-Drapeau Fringant] (01.04.1941)

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