[inachevé] Comme un air de fumisterie [4 avril 41]


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[inachevé] Comme un air de fumisterie [4 avril 41]

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Allemand

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MessageSujet: [inachevé] Comme un air de fumisterie [4 avril 41]   Dim 30 Aoû - 6:34

- J'ai lu dans votre dossier d'affectation que vous êtes un vétéran de la SA, capitaine, grommela le colonel Krüger, est-ce que vous pouvez m'expliquer de façon rationnelle ce que vous foutez à l'administration de la Wehrmacht ? Si ce n'est pas une emmanche, je veux bien me faire passer pour un réfugié du ghetto jusqu'à la fin de cette foutue guerre !

Impassible, Ludwig engloutit une longue bouffée de sa cigarette, laissant le colonel poursuivre.

- Et alors je ne parle pas de vos "activités rémunérées" en Autriche ! Ah ! Un honnête directeur-adjoint vendant des ampoules manufacturées par des ouvriers allemands qualifiés, et payés 600 marks par mois ! À d'autres ! Ils ne devaient pas manquer les "actionnaires" juifs de Varsovie ! Prêts à confier de leur plein gré des capitaux à l'industriel nazi !...
Néanmoins, si vous étiez un SS, je le saurais, mais vous n'êtes pas à Montreuil dans ma garnison pour vérifier les fiches de paie des officiers et mes bons de commandes à l'Inspection de l'Armement. Non, je vous connais maintenant, ce que vous voulez, c'est un camion de biftons. Un autre !


D'abord avachi dans son fauteuil, Ludwig se débarrassa de l'excédent de cendre et se redressa, coudes sur le bureau du colonel.

- Que voulez-vous faire d'autre d'une ville occupée, envahie, où le commerce fonctionne encore, qu'un gigantesque puisard à fortune ? Si nous sommes ici, c'est bien pour ça, répandre nos idéaux n'est plus un marché rentable ici, les choses ont changé. Il n'y a pas le moindre juif, pas le moindre manouche bien portant à déporter, ils se cachent, la population les cache, ils ne servent à rien, ils sont dispersés, c'est de la viande rare, maigre et trop peu solvable. Moi, je compte bien profiter de mon poste pour combler ce vide, vous savez, coudre des étoiles jaunes sur des chemises, des manteaux, c'est bon marché, et le bénéfice peut être énorme.

- Vous m'écoeurez, "Monsieur le Baron" ! Vous écoeurez un nazi !
Vous auriez du choisir la SS, la Wehrmacht n'a pas besoin de pourris dans votre genre, prêts à compromettre toute leur garnison pour une poignée de marks ! Disparaissez avant que l'envie me prenne de téléphoner à votre général Lindt !


- À vos ordres, je reviendrais dans deux jours pour l'inspection financière de rigueur mon colonel.

Récupérant son manteau de cuir à l'entrée du 4 rue Carnot, Ludwig, s'allumant l'énième cigarette de la journée décida d'aller faire un tour, à découvert, ce colonel ne l'appréciait pas, et c'était bien réciproque. Bottes et gants cirés, lunettes rondes et noires, la grise à la bouche, des airs de SS s'il en est, néanmoins la casquette marron de la Heeresverwaltung déconcerte, un fonctionnaire... Depuis peu.

Ludwig, sans doute avec l'âge, avait vu mûrir et s'atténuer son côté fanatique, l'ancien écumeur des caves d'Allemagne et de Pologne, qui par conviction tuait pour tuer, avait goûté au bénéfice financier, et comme une maladie récurrente, cela le transforma. Il devint au fil des années un nazi d'affaires, sous-traitant, fructifiant, exportant, déportant, le tout aux dépends de centaines de déshérités, trimant, qu'il ne considérait que lorsqu'un train déraillait, inquiet pour les répercussions financières. En somme, il était resté le même, assassinant à tour de bras, non plus à coups de baïonnette mais de reichsmarks. Fonctionnaire au trésor des armées, du pain béni pour le comptable SA prodigue, lassé du combat, une place tranquille dans une ville tranquille, regorgeant de "bonnes affaires". Mais une tête de lard comme supérieur.

Déambulant dans les rues et ruelles de Montreuil, croisant de temps à autres des soldats allemands le saluant de façon systématique voire quelque français changeant de trottoir ou au contraire poursuivant fièrement son chemin, ignorant magistralement le baron Holstein.
Retournant finalement dans la rue Carnot, Ludwig fait halte au bar "Chez Madame Manon". S'installant en terrasse, il se prête à une discrète séance d'étirement des bras lorsqu'une serveuse vient à lui.


- Ein Cointreau matemoizehl bitte.

*Note à moi-même, élargir mon français.*


Dernière édition par Ludwig von Holstein le Dim 30 Aoû - 22:30, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [inachevé] Comme un air de fumisterie [4 avril 41]   Dim 30 Aoû - 14:41

Anne étouffa un bâillement. La journée avait été particulièrement calme au café. Madame Manon s'était même absentée une partie de l'après-midi, lui laissant dans un accès de confiance la responsabilité du café pour l’après-midi.

La jeune femme avait été touchée par le geste de cette femme qu’elle appréciait de plus en plus, à mesure qu’elle passait du temps avec elle. C’était une femme forte, admirable, qui savait s’imposer et qui menait sa vie comme elle le voulait, même si, Anne commençait à le percevoir, bien des français la regardaient avec un œil mauvais, ses relations plus que cordiales avec ces maudits occupants entrainant de vifs chuchotements dès qu’elle avait le dos tourné.

Elle sentait leurs regards sur elle maintenant qu’ils avaient commencé à la reconnaitre. Elle aussi travaillait pour les allemands, elle leur parlait, sans mépris, voire avec une certaine cordialité. Elle leur servait à boire, discutait de tout et de rien avec ceux qui arrivaient à parler français sans trop de difficultés, les reprenant parfois avec un sourire tandis qu’ils essayaient d’améliorer leur langue.

Une silhouette à l’extérieur du café attira son attention. L’homme devait avoir une quarantaine d’années, elle ne l’avait encore jamais croisé. Ce port altier, cette façon de marcher comme si le trottoir lui appartenait, tout en lui démontrait l’officier allemand qui savait ce qu’il voulait et qui n’avait peur de rien. Il s’installa en terrasse, attendant visiblement qu’on vienne le servir.

Prenant une grande inspiration, elle noua son tablier autour de sa taille, attrapa son plateau et se dirigea vers lui d’un pas tranquille, souriant au passage aux quelques soldats qui sirotaient une bière éventée près de l’entrée et qui lui adressèrent un clin d’œil complice. Le fait d’être jolie et discrète lui accordait les bonnes grâces des hommes qui venaient de désaltérer ici, elle en avait conscience.

Elle s’arrêta un instant juste derrière l’officier, l’observant s’étirer silencieusement. Pour son âge, il semblait particulièrement en forme et elle trouvait que sa casquette de fonctionnaire ne lui allait pas réellement, comme s’il l’avait chipée quelque part et qu’il essayait de faire croire qu’elle était à lui. Réprimant un sourire à l’idée de voir un officier allemand « chiper » quelque chose, elle se planta devant lui, les yeux pétillants.

Sans un mot, elle hocha la tête et partir lui préparer son verre. Madame Manon lui avait expliqué les dosages d’alcool lors d’une soirée particulièrement longue. C’était le plus important, lui avait-elle rappelé. Ils avaient beau avoir des contacts ici, personne n’était à l’abri d’une pénurie d’alcool, surtout lorsqu’il s’agissait d’alcool de qualité. Attrapant ce qu’elle savait être leur meilleure bouteille de Cointreau, elle en versa dans un verre à pieds qu’elle apporta avec précautions à l’extérieur.

D’une démarche assurée, elle le déposa devant l’homme, en profitant un peu de l’occasion pour l’observer quelques secondes. Le visage bardé de cicatrices, il n’en demeurait pas moins sur de lui et semblait dégager une certaine aura de danger.

« Voilà votre verre de Cointreau Monsieur. J’espère qu’il sera à votre goût. »

Toujours appeler les gradés Monsieur tant qu’on ne les connaissait pas, lui avait dit Madame Manon. Parfois ils n’aimaient pas qu’une femme, surtout française, soit capable de reconnaitre un grade sur un uniforme allemand. Et toujours garder cette voix à la fois douce et assurée, qui pouvait à la fois prêter à la discussion mais aussi qui montrait qu’elle pouvait prendre congé la seconde suivante.
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MessageSujet: Re: [inachevé] Comme un air de fumisterie [4 avril 41]   Lun 31 Aoû - 7:03

- Merci, tenez.

Il tendit la somme indiquée par l'ardoise, sans prêter plus d'attention à la serveuse, qui pourtant s'était montrée courtoise avec un allemand inconnu. Tournant finalement la tête vers la serveuse après une gorgée de liqueur, observant un moment ses formes dorsales, au travers de ses petites lunettes noires, il se décida à l'interpeller, physique aryen, peut-être daignerait-elle lui parler de la vie à Montreuil, après tout, toutes les pistes étaient bonnes à prendre.

- Fraulein, dites-moi..

La serveuse se retourna, souriante, toujours avec cet air assuré, révélant son joli minois, assorti d'une chevelure que Ludwig qualifierait de politiquement correcte. Cet air effarouché et pourtant fier commun à toutes les jeunes françaises en période d'occupation plaisait au baron, bien qu'il fut complètement dénué de quelconque sentiment à leur égard. Les bras dans le dos, elle s'affichait droite devant le prussien qui la scrutait. Tout en allumant une camel obtenue du marché noir, il invita la serveuse à s'approcher d'un signe de main.

- ..foyez-vous je suis très embarrassé : une charmante cheune fille viens me servir mon verre, et je ne peux même pas avoir le plaisir de la remercier en prononçant son nom. Cela m'inkommode quelque peu, ja. Voyant que la serveuse semblait un peu gênée, Ludwig en profita pour continuer de parler, tout en rejetant des volutes de fumerolles. A peine arrivé que che suis déjà las de cette ville, une foule de priorités administratives sans relations est un farteau que je ne souhaite pas. Peut-être pourriez-vous me parler de vous, cela divertirait ma grise matinée, ces quelques soldaten attendront leurs bières, ils ont trop peur de mes épaulettes. Asseyez-vous donc.

Elle pourrait croire à une audacieuse tentative de séduction, la plaisante serveuse française, mais Ludwig tenait surtout à se faire apprécier des entourages français, et au vu des approches aimables et souriantes de son interlocutrice, il ne devrait pas essuyer un échec trop cuisant avec.
Epoussetant son bas, elle s'assit précautionneusement en face du baron, qui la regardait toujours aussi placidement, cigarette entre les lèvres. Quelques passants hochèrent la tête en signe de dépit en observant la jeune gauloise attablée avec un allemand.

Le bar de Madame Manon semblait être un troquet assez fréquenté, aussi bien par l'occupé que par l'occupant, la fréquentation signifie consommation, et la consommation signifie bénéfice. Rarement en temps de guerre les établissement de ce genre dans les villes envahies voyaient leur chiffre d'affaire dépasser la barre des investissements, néanmoins Ludwig, remarquant les alcools fins peupler les étagères du bar, ne pensait pas avoir affaire à ce genre d'établissement. Au sein du Trésor des armées, et plus précisément maintenant à la garnison de Montreuil, il supervisait les impôts payés par tout français aux allemands, ce qu'on appelait en termes bureaucratique les "Billets de nécessités dans les territoires occupés sous administration du Reich", et il avait aperçu les fiches d'impôts payés par le bar en classant des dossiers dans son nouveau bureau, l'établissement à coup sûr observait un bénéfice chaque mois.

Il s'agissait donc maintenant de faire plus ample connaissance avec une employée, qui pourrait éventuellement lui parler de la vie dans le café, des pourboires, et plus si affinité. Mais il était clair et net que plus Ludwig posait les yeux sur elle, moins il réfléchissait, alors, autant simplement tailler la bavette, faire connaissance, le travail et ses à-côtés pouvaient patienter, les occasions ne manqueraient pas ici.


- Vous buvez quelque chose ?
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MessageSujet: Re: [inachevé] Comme un air de fumisterie [4 avril 41]   Sam 5 Sep - 18:35

Anne avait empoché la monnaie que l’allemand lui avait donnée, sans un mot de trop, gardant cette attitude discrète qui faisait que Madame Manon semblait contente de sa nouvelle employée. A l’entendre l’interpeler, elle ne put s’empêcher d’être surprise et méfiante l’espace d’un instant. C’était la première fois qu’elle le voyait attablé dans le café et elle s’était demandé s’il s’agissait d’un nouvel arrivant dans la région.

Mais après tout, avec la garnison installée à Sarnand, les allemands changeaient tous les jours. Selon Madame Manon, à part les hauts gradés, il était parfois difficile de retenir noms et visages. Mais cet homme semblait différent, il devait souvent se targuer de marquer les gens qu’il pouvait croiser.

Elle ne put s’empêcher de s’assoir à sa table, envahie d’une certaine curiosité et après s’être assuré que personne n’aurait besoin d’elle à l’intérieur du café. Un léger sourire poli affiché sur le visage tandis qu’elle était assise bien droite devant lui, elle répondit d’une voix douce.

« Et bien monsieur, nul besoin d’être embarrassé. Vous ne pouvez connaître toutes les personnes de ce village, surtout si, comme vous me l’avez souligné, vous venez à peine d’arriver dans cette charmante région. »

Tandis qu’elle parlait, elle sentait de nouveau les regards des passants sur elle mais elle n’y prêta guère attention. Après tout, elle avait eu la chance d’être recueillie par une femme pleine de cœur et d’affection, qu’elle soit dénigrée par de parfaits inconnus lui semblait être un mince prix à payer. Surtout si elle pouvait rencontrer des personnes intéressantes et avoir des discussions qui lui confirmerait qu’elle avait bien fait de laisser son passé derrière elle.

Discuter avec le nouveau venu lui semblait une bonne façon d’occuper un moment de cet après-midi qui allait s’avérer plutôt ennuyeux. Mais elle éprouvait une certaine réticence à se livrer, à raconter sa vie à un allemand, bien qu’elle soit dénuée de tout a priori à son sujet.

Elle le vit jeter des coups d’œil curieux aux étagères remplies de leur petit café, le trouvant particulièrement observateur pour un simple membre de l’administration de l’armée. Son sourire se fit plus marqué tandis qu’elle prenait le temps de le regarder avec plus d’attention et elle secoua la tête à la question qu’il lui posa.

« Je vous remercie pour votre invitation mais je n’ai pas soif. Mais j’accepterais volontiers une cigarette si ce n’est pas trop vous demander. Et à propos, je m’appelle Anne Audret. A qui ai-je l’honneur ? Et oserais-je vous demander ce qui amène un homme de votre… prestance à venir s’enterrer dans cette région ? »

Elle s’était installée un peu plus confortablement, les jambes croisées sous la table et les épaules en arrière, visiblement détendue.
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MessageSujet: Re: [inachevé] Comme un air de fumisterie [4 avril 41]   Sam 12 Sep - 22:05

Ludwig, tout en réajustant ses lunettes, tendit une camel à ladite Anne Audret et lui alluma une fois entre ses lèvres.

- Anne Audret, vous avez tout l'honneur de Ludwig von Holstein, baron de son état comme l'aurait dit mein défunt père.

Le baron marqua une pause, rentabilisée par une amère gorgée de Cointreau qu'il sentit allègrement couler le long de son oesophage, il se fit d'ailleurs la furtive remarque d'éventuellement freiner les liqueurs. Anne aspira une bouffée de sa cigarette devant l'allemand qui continuait de l'observer et posa sa deuxième question qui ne manqua pas de faire rire son interlocuteur, il récupéra son sérieux pour répondre.

- Les ordres, et même ma prestance ne peut rien y faire, matemoizehl. dit-il avec un brin d'ironie.
Cependant, je dois remercier mes supérieurs, la France offre plus de satisfaction que la Pologne et mon travail y est moins..verlegenheit..comment dit-on..ja, moins embarrassant.. Et puis, che n'aurais pas rencontrer une aussi charmante temoizehl à Cracovie, sans aucun doute... Quant à mon travail, de la paperasse financière prinzipalement, vous n'avez pas idée du nombre de chaussettes que peu user un soldat allemand en un mois.

Ludwig, relativement étonné qu'une française soit aussi à l'aise avec un officier allemand, acheva son verre d'une traite, causant toujours ce léger gargouillement stomacal lui indiquant comme un feu de camp dans le système digestif. Etouffant par le fait une légère toux, le baron se ressaisit et décida d'en apprendre plus sur son interlocutrice, fumant sa cigarette comme si le monde était resté celui des années folles.

- Et vous donc, vous êtes native de la région je suppose ?

HRP : Désolé de la petitesse du post mais il faut bien avouer que le sujet pour le moment est difficile à développer en 40 lignes x) Et puis c'est que je suis assez occupé niveau cours aussi, donc l'un dans l'autre, faut que je me ressaisisse ^^
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