La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)


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La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)

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MessageSujet: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Sam 5 Sep - 15:35

Lundi de Pâques, le jour se levait à peine que déjà Constance s’activait. Elle avait réussi à convaincre Monsieur Siedler que ce jour méritait une fête permettant aux enfants de s’amuser. Il avait refusé de participer, mais elle ne désespérait pas de réussir à le dérider un peu. Le pauvre homme travaillait trop et bien souvent sur des choses trop peu réjouissantes pour être heureux. Elle trouverait un moyen de le faire plus tard, elle en avait parlé à Pierre qui avait dit qu’il trouverait quelque chose. Elle comptait sur son fils, il était très doué pour ça. Elle trouvait tous ses enfants parfaits et elle n’était pas le moins du monde objective.

Elle avait demandé de l’aide pour installer des tables sur des tréteaux, des chaises pour les parents, mais surtout des restes de tissus qu’elle avait confié aux femmes de Montreuil. Elle était connue et beaucoup avaient accepté de confectionner des déguisements multicolores pour tous les enfants qui en souhaiteraient. Les adultes étaient également conviés et certains costumes leur iraient très convenablement.

Certaines règles étaient nécessaires, aucune plaisanterie ne serait tolérée à l’encontre du peuple allemand, les insultes et autres injures étaient proscrites, mais dans l’ensemble l’après-midi se déroulerait comme il fallait. Elle avait sortit les costumes pour ses enfants, et avait attendu qu’ils se réveillent. Comme toujours, Adrien fut le premier levé et il regarda le costume avec un air interrogateur.

- Maman, c’est quoi ?

Elle le prit dans ses bras et lui fit un câlin.

- C’est aujourd’hui la Fête des Fous mon petit ange. Tu sais je vous en ai parlé.

Il haussa les épaules et emporta le déguisement dans sa chambre. Le temps qu’il s’habille et qu’il revienne, les autres enfants de la famille étaient réveillés et habillés de leurs costumes également. La famille Méliès était intégralement colorée, Constance était heureuse et elle entreprit aussi de maquiller le visage de ses enfants. Autant dire que les deux petites filles furent ravies, mais que les garçons furent plus longs à convaincre. Finalement c’est sous l’insistance de Rose qu’ils finirent par se laisser faire non sans grimacer en imaginant ce que leur mère leur faisait.

Adrien fut le premier à être libéré de la séance de maquillage et déjà l’heure de midi était arrivée. Il prit une photo de son frère en train de bouder parce que sa mère avait osé lui dessiner des moustaches de chat. Il n’était pas un chat et il était presque un homme d’abord. Le jeune garçon sourit et photographia les deux petites filles, l’une avec des petits papillons sur les joues, l’autre avec deux grandes fleurs à la place des yeux puis il se regarda dans un miroir. Ah, c’était spécial, il ne voulait pas faire de peine à sa mère, mais de le maquiller avec autant d’application pour lui dessiner un véritable masque d’oiseau n’était pas ce qu’il préférait.

Cependant, tous les enfants y passeraient, Constance avait engagé un groupe de jeunes femmes pour maquiller l’intégralité des enfants déguisés et il était prêt à parier que ces dernières avaient même des ordres pour s’occuper des adolescents refusant tout contact avec le maquillage. La Fête allait commencer par un grand repas offert par la ville et il était certain que la population allait venir pour manger gratuitement et surtout plus copieusement qu’à l’habitude.

Constance conduisit ses enfants vers la place de l’Oiseleur où le monde arrivait déjà. Ca allait être une belle fête. Pierre s’éloigna en direction d’un groupe de garçons de son âge et Adrien commença à regarder ce qu’il pourrait photographier. Il n’y avait plus qu’à attendre que le reste de la population arrive, s’installe aux tables et que le repas soit servi. Ses filles se précipitèrent vers d’autres enfants de leur âge et elle s’installa à table avec un petit sourire.

En voyant Pierre parler avec un garçon non déguisé, assez sale et plus âgé, elle fronça les sourcils mais elle se dit qu’il n’y avait certainement rien à craindre. Le garçon avec sa casquette en tissus vissée sur la tête regarda les caisses avec les déguisements et haussa les épaules. Il en enfila un par-dessus ses vêtements, brossa ses cheveux dans tous les sens et s’approcha des grandes rôtissoires couvertes de suie. Elle le vit récupérer de la suie et s’en mettre sur le visage comme des peintures de guerre. Puis il vint vers elle.

- C’super sympa d’donner à bouffer à tout l’monde ici ! Pierre y m’a dit qu’vouliez qu’vot’ patron il soit pas trop ‘cupé par son b’lot !

Elle regarda l’adolescent avec un sourire. Il était craquant et il semblait plein de bonne volonté. Son éducation était certainement entièrement à revoir mais bon, elle pourrait toujours trouver qui il était et faire en sorte de s’en occuper.

- Effectivement, je trouve cela dommage que Monsieur Siedler ne soit pas venu. Mais il a beaucoup à faire. Il semble déprimer et ça me rend triste mais que veux-tu, je ne peux rien y faire s’il ne se confie pas à moi.

Le garçon lui rendit un sourire éblouissant.

- Moi c’Tim, z’inquiètez pas m’dame ! J’vais lui r’donner l’sourire à vot’ patron !

Et sur un simulacre de salut militaire, il partit en courant, direction Pierre et le groupe des grands ! Constance espérait que les garçons ne feraient pas de bêtises, mais elle avait confiance en son fils.

***


Que la Fête des Fous commence, ici vous êtes tous conviés pour vous installer sur les tables, jouer ou faire des plaisanteries. Mais attention, nous sommes en 1941, pas question de proférer des insultes ou de profiter de la fête pour dériver sur l’occupation. On s’amuse et c’est tout. La Mairie a informé la population et tous sont conviés. Les enfants (jusqu’à 16 ans environ) sont immédiatement pris en charge par des jeunes femmes qui les maquillent et leur trouvent des déguisements. Pour les plus grands, libre à vous de vous déguiser ou non
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Ven 11 Sep - 21:01

Pierre Wilson connaissait par cœur les moues de sa maman, le son de sa voix, la danse de ses doigts sur les touches blanches et noires du piano, la manière dont elle rejetait ses cheveux en arrière lorsqu’elle faisait la cuisine, et la douceur de ses baisers. Mais la douce Isabelle avait épousé un homme qui découchait pratiquement toutes les nuits, et qui, certains jours, ne faisait qu’un bref passage à la maison, le temps d’embrasser femme et enfant. Pierre levait à chaque fois sur lui des yeux émerveillés. Il hésitait entre « monsieur » et « papa » quand il devait s’adresser à lui, et se tortillait d’un air intimidé dès que le capitaine tendait la main vers lui, en lui proposant une petite promenade. Il passait rarement une journée complète avec son père, et resta bouche bée le soir où sa mère lui expliqua qu’il allait aller à une Fête, avec plein d’autres enfants, et qu’il serait accompagné par son papa. Tout excité, le môme n’avait presque pas dormi de la nuit, mais avait bondi hors de son lit dès qu’il avait entendu sa mère l’appeler.

Il avait dû attendre longtemps, très longtemps, avant que son papa vienne le chercher. Il avait même pensé, un court moment, qu’il ne viendrait pas, et avait failli fondre en larmes. Mais son papa ne l’avait pas laissé tomber. Il était arrivé, « avec une ponctualité militaire », d’après maman, dans son uniforme de capitaine, marqué de trois barrettes dorées sur l’épaule. Stéphane n’allait pas à la fête pour se rouler dans l’herbe avec les mômes, et Isabelle le gronda, en l’accusant de préfèrer « faire le joli cœur » aux jeux avec son fils, avant de les laisser filer tous les deux.

Pierre le Petit tenait la main droite de son père. Très fort. Pour être sûr qu’il n’allait pas disparaître. Et tous deux marchaient, d’un pas tranquille, vers la Fête, vers les tables, et les enfants, et les dames qui s’occupaient de toute cette farandole.

Comme Pierre traînait un peu des pieds, Stéphane finit par le percher sur ses épaules. Le gosse poussa des cris de joie, et s’empara de la casquette de son père, pour la fixer sur sa propre tête. Le capitaine lui demanda d’y faire attention, puis marcha droit vers un groupe d’enfants. Quelques uns avaient l’âge de Pierre, et l’Irlandais songea que son fils ne risquait pas de s’ennuyer. Comme le principal intéressé geignait qu’il voulait descendre, pour être déguisé aussi, le trentenaire accéda docilement à sa demande, puis récupéra sa casquette.

Il jeta un coup d’œil par-dessus son épaule. Quelques jeunes femmes regardaient dans sa direction.

Mais elle n’était pas là. Est-ce qu’elle avait reçu son mot ? Est-ce qu’elle allait venir ?

Il soupira, et reporta son attention sur Pierre. Son fils semblait être entre de bonnes mains, mais il rechignait un peu à le laisser. Soupirant toujours, le capitaine jeta un nouveau coup d’œil par-dessus son épaule et vit un visage familier, non loin d’une femme qui semblait gérer les ultimes préparatifs.

"Hé, Drisslet !"


Il rejoignit son subordonné en quelques grandes enjambées.

"Vous voulez bien me rendre un service ? Gardez un œil sur le petit rouquin là-bas... Merci beaucoup"


Et sans attendre sa réponse, il lui claqua affectueusement l’épaule, avant de s’éloigner de quelques pas. Il se retrouva ainsi aux côtés de Constance, qu’il salua poliment (« Bonjour, m’dame ») avant de tapoter ses poches, à la recherche de son paquet de cigarettes.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Lun 14 Sep - 0:46

Que la population de Montreuil fasse la fête de temps en temps, même si on était en période de guerre et que la ville était occupée par des Allemands, bon, ça pouvait se comprendre. Après tout, il fallait de temps en temps que les gens se distraient. Que les habitants de la ville invite les aviateurs de Sarnand, pourquoi pas. Ils ne vivaient pas loin et connaissaient en général bien les Montrois, quand ils n’étaient pas carrément de la même famille. Mais que ses camarades d’équipage l’obligent à y aller, ça, ça ne passait pas du tout ! Certes, c’était sympa les fêtes, il y avait du monde, de la musique, tout ça… mais François n’en raffolait pas. Il serait bien resté au château pour se reposer ou vérifier le harnais de Nobilitas – il était sûr qu’il avait encore vu le capitaine se pencher pour écraser sa cigarette sur le cuir, la nuit précédente –, mais ses collègues ne lui avaient pas laissé le choix. « Ou tu viens, ou on t’emmène », avaient-ils dit, les traîtres. Soi-disant qu’il y aurait certainement de jolies filles, pas insensibles à l’uniforme, surtout français, etc.

Sauf qu’il était justement là, le problème, selon le jeune aviateur : l’uniforme. D’une, l’uniforme français rimait avec défaite – il n’y avait donc pas lieu de s’en vanter –, et de deux, il y aurait certainement d’autres uniformes pour lui faire pendant. Des uniformes beaucoup moins français. Certes, les organisateurs de la fête ne pouvaient pas en interdire l’accès aux Allemands, mais François n’avait pas spécialement envie de se les coltiner. Déjà qu’il devait les fréquenter au château et les voir se pavaner avec leurs dragons dans les meilleurs étables et les meilleurs quartiers en faisant bonne figure, il n’avait pas spécialement envie de les avoir sous les yeux toute la journée. S’ils avaient eu la moindre miette de savoir-vivre, ils n’auraient pas mis les pieds dans une fête populaire française, mais ce n’était même pas la peine d’espérer…

Enfin, quand on n’avait pas le choix, le mieux c’était de faire bonne figure. Aussi François s’était-il résigné à suivre le mouvement. Il avait revêtu son uniforme – qui ne portait peut-être pas de jolies barrettes dorées sur les manches, mais qui n’en était pas moins impeccable – et quitta Sarnand par le téléphérique avec ses camarades. Il ne leur fallut guère de temps pour rejoindre la Place de l’Oiseleur, et le jeune aviateur ne put s’empêcher de jeter un regard dubitatif sur le spectacle qu’il eut subitement devant les yeux. La Fête des Fous, hein ? Ca portait bien son nom, avec tous ces gamins déguisés et – Argh ! – même des costumes pour les adultes ! Heureusement, il avait passé l’âge de se faire maquiller en chat, oiseau ou lapin, et il ne risquait pas de se faire sauter dessus par une des organisatrices pour une séance d’habillage.

Tout en se frayant un chemin à travers les Montrois rassemblés, François se fit même la réflexion que ce n’était pas une si mauvaise idée que ça de venir. S’il ne risquait pas de se faire harponner pour se faire maquiller, il avait également peu de chance de rencontrer son capitaine au milieu de tous ces gens. Et qui disait pas de capitaine, disait pas de corvées idiotes ou de « services » à lui rendre. Perspective réjouissante. Toutefois, ce n’était pas parce que Stéphane Wilson ne lui donnerait rien à faire qu’il allait rester les bras croisés. Avisant une femme qui semblait s’occuper de tout organiser, le jeune homme décida de s’en approcher. Peut-être qu’il pourrait se rendre utile ?

Il arrivait suffisamment près de la femme pour envisager d’ouvrir la bouche afin de la saluer et de lui proposer son aide, quand quelqu’un l’interpella et le coupa dans son élan. Aïe. Il n’avait pas besoin de se retourner pour savoir qui venait de prononcer son nom. Le Capitaine Wilson. François se retourna tout de même, juste à temps pour recevoir la sempiternelle phrase : « Vous voulez bien me rendre un service ? » assortie d’une claque sur l’épaule. Le garçon se retint de grimacer dans le dos de son supérieur et ne mit pas longtemps à repérer celui qu’il devait surveiller. Un petit rouquin. Le fils du capitaine, à tous les coups. Non mais sans blague, est-ce qu’il avait une tête de nounou ?! Pourquoi était-ce toujours sur lui que ça tombait ? Y avait pas que lui comme membre d’équipage, là ! Que Wilson lui refile des corvées à Sarnand passe encore, mais en ville… Et puis, d’abord, comment faisait-il pour savoir toujours où se trouvait son subordonné ?

Enfin… C’était pas la peine de discuter, il ne ferait que récolter une nouvelle corvée de peinture s’il essayait. François réprima donc un soupir et s’avança vers le groupe de gamins pour garder un œil sur la progéniture de son capitaine, comme on le lui avait demandé.


Dernière édition par François Drisslet le Mar 15 Sep - 21:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Lun 14 Sep - 1:53

Il y avait des jours, comme ça, où rien ne semblait tourner rond. Oh, bien sûr, Madeleine était au courant qu’il y avait une fête à Montreuil, ce lundi de Pâques, et ce n’était pas ça qui la chagrinait. La Fête des Fous n’était pas une nouveauté et elle y était habituée depuis le temps qu’elle travaillait à Sarnand – et elle avait même pris l’habitude de ne pas y aller, malgré les insistances de ses collègues. C’était justement ça, qui ne tournait pas rond. Pour la première fois depuis dix ans – au moins – elle allait se rendre à une fête ! Et ce n’était que la partie émergée de l’iceberg.

Tout avait commencé samedi. Elle avait alors reçu une lettre de son frère Léon, qui lui annonçait son retour à Montreuil. Déjà, ce point-là, était bizarre parce que ce n’était pas son écriture et qu’il ne l’avait pas prévenue par avance, comme il le faisait d’ordinaire. Si elle avait pu, Madeleine serait bien allée à Montreuil pour lui rendre visite, mais elle avait eu trop de travail, d’autant que certaines de ses collègues avaient profité du dimanche et du lundi de Pâques pour aller rendre visite à leur famille. Enfin, il avait écrit qu’il s’était foulé le poignet, ce qui expliquait le changement d’écriture et pouvait justifier le retour rapide, donc la jeune femme ne s’en était pas formalisée plus que ça. L’autre point étrange… c’était qu’il lui demande de se rendre à la Fête des Fous pour lui servir de cavalière. Léon savait parfaitement qu’elle n’aimait pas ce genre de rassemblement, et elle s’était demandée pourquoi il n’avait pas plutôt demandé à Jeannine de l’accompagner. Mais, à la réflexion, il était fort probable que Jeannine ait déjà trouvé un cavalier. Et comme, malgré ses réticences, il était hors de question que Madeleine pose un lapin à son frère et qu’elle n’avait aucun moyen de le prévenir avant la date fatidique, elle était obligée de se rendre à Montreuil.

Ce fut donc à reculons que, ce lundi matin, la jeune femme sortit les seuls vêtements qu’elle possédait qui pouvaient convenir – à savoir une jupe noire et un chemisier blanc – et les enfila. Elle se munit également d’un tube de crème dont se servait les aviateurs contre les foulures, puis attendit que la plupart de ses collègues soient partis, ainsi que la majorité des soldats, pour prendre la direction du téléphérique. Elle était à peine arrivée dans le hall que ces mains étaient déjà moites et elle dut se retenir de les essuyer sur sa jupe. Enfin, elle put prendre place à bord de la cabine – ô miracle, elle était seule – et ne tarda donc pas à poser les pieds sur les pavés de Montreuil. Trouver ensuite la Place de l’Oiseleur ne posait pas vraiment de problème, ce qu’il fallait c’était réussir à avancer jusque-là. Sans croiser personne de préférence.

Une fois encore, Madeleine eut pas mal de chance, puisqu’elle ne rencontra en effet personne… jusqu’à l’entrée de la place. A la vue du monde rassemblé, la domestique pila net et oublia aussitôt ses bonnes résolutions. Elle s’essuya les mains sur sa jupe et se força à lever les yeux – qui avaient une fâcheuse tendance à détailler les pavés – pour essayer de repérer son frère. Il fallait absolument qu’elle le trouve rapidement et sans croiser le regard de quiconque, sinon elle risquait de se liquéfier sur place. A la vitesse à laquelle la température de ses joues augmentait, elle allait finir par fondre, c’était sûr !
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Mar 15 Sep - 22:09

Le jour de la Fête des Fous était un jour de repos pour tous, donc pour Wolfgang aussi. Il avait dû argumenter durant des heures face à Orion pour que le dragon n’aille pas voir ce qui se passait. Mais finalement il y était parvenu. Et il avait pris le téléphérique pour aller en ville. Il s’était ensuite dirigé vers la place de l’Oiseleur après un petit détour. Oh, pas un grand, un tout petit qui l’avait mené en direction de la zone industrielle où il savait pouvoir trouver ce dont il aurait besoin.

Il avait bien vu que bon nombre de jeunes de son âge se retrouvaient enrôlés de force par des demoiselles bien rodées et surtout totalement capables de les ridiculiser. Donc pour éviter ça, il allait se déguiser lui-même. Etant, disons le tout net, un assez piètre costumier, il avait besoin de modifier ses vêtements actuels.

Et c’était en limite de la zone industrielle qu’il savait pouvoir trouver ce qui lui fallait. Il avait revêtu ses plus vieux vêtements, des trucs assez informes à présent et qu’il ne portait que pour les corvées les plus salissantes. Autant dire que même s’il était encore à peu près reconnaissable, l’ensemble avait connu de bien meilleurs jours. Donc s’il le modifiait un tout petit peu cela ne serait pas grave du tout.

Le but était d’être déguisé, donc pas en uniforme allemand, cela serait bien trop classique. Aussi, il avait décidé de transformer ses vêtements en tenue plus fantastique. Mais pour parfaire le tout, il devait faire quelques modifications à sa peau. C’était ça qui le conduisait dans la zone industrielle, un lieu où il savait pouvoir trouver du charbon et pouvoir se mécher les cheveux de noir ainsi qu’ajouter des cernes sous ses yeux. Il teignit même ses sourcils pour qu’ils paraissent plus sombres. Puis une fois que ce fut fait, il se drapa dans un vieux drap noir et sut qu’il était prêt.

Ils voulaient des déguisements, alors Wolfgang serait un vampire. Un vampire des plus iconoclastes puisqu’il portait une croix à la boutonnière et qu’il marchait en plein soleil. Et le maquillage que les jeunes femmes allaient lui ajouter allait lui permettre d’être encore plus impressionnant. Car oui, c’était ce qui le motivait, impressionner les autres.

Il arriva bien vite sur la place et se dirigea d’un pas impérial vers les stands de maquillage. Il murmura quelques mots et un sourire lui fut offert en récompense. Ce n’était pas tous les jours qu’un garçon aussi âgé acceptait de se faire maquiller. Son teint fut encore blanchi, ses ongles furent teintés de rouge sang et quelques traces de poudre rouges donnèrent l’illusion qu’il venait de se nourrir du sang d’une victime. Il se regarda dans un des miroirs et remercia d’une courbette sa maquilleuse. Puis, il s’éloigna toujours impérial en direction des enfants.

Là, il vit un aviateur français assez mécontent, semblait-il, de devoir regarder les enfants. Il décida de jouer puisque c’était ce qu’on lui demandait. Il passa derrière l’aviateur et se pencha vers un petit garçon roux. L’enfant lui tournait le dos c’était parfait. Il prit une voix grave et déclara lentement.

- Ton sang a l’air délicieux, je vais me régaler.

Il jeta un coup d’œil en direction de François avant de voir le résultat de sa phrase. Le gamin hurla et entraîna des hurlements de la part des autres enfants. Wolfgang ne s’attendait pas à cette réaction, il avait fait ce genre de plaisanteries à d’autres enfants avant et jamais cela n’avait eu un tel impact. Mais il est vrai qu'il était alors bien plus jeune et bien moins impressionnant.

Il se dit que le jeu serait la seule chose qui pourrait dédramatiser la situation alors il se boucha les oreilles et commença à prononcer des mots vides de sens comme s’il souffrait atrocement. Le petit le regarda prudemment avant de recommencer à hurler mais moins apeuré. Il y avait quelques enfants qui pleuraient mais ils étaient de moins en moins nombreux et Wolfgang se retrouva bien vite submergé par une marée enfantine en train de brailler. Cette fois plus question de peur, mais seulement de jeu. Ce grand qui leur faisait peur, était en même temps un moyen de montrer qu’ils n’avaient pas si peur que ça. Bon, quand le vampire tendait une main rapide en direction d’un bras ou d’une jambe, les cris reprenaient, mais sinon tous tentaient, très courageusement de s’approcher de Wolfgang.

Et au milieu des cris d’enfants, un rire éclatant se fit finalement entendre, quelque chose de rare et de précieux, un rire que très peu de gens pouvaient se vanter de connaître, Wolfgang s’amusait pleinement. Et tout en évitant les petits, il s’approchait de l’aviateur. Ce garçon allait se retrouver dans le jeu que cela lui plaise ou non. Car le jeune soldat s’approchait de plus en plus et finit par fixer des yeux brillants sur le français. Allait-il jouer le jeu de la peur ?
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Lun 21 Sep - 22:50

Par chance pour Peter qui avait eut une panne d'oreiller ce matin là, ce Lundi 14 était férié dans toute la France. encore une des nombreuses raisons pour lesquelles il appréciait ce beau Pays qu'était la France, beaucoup plus de jours fériés et donc beaucoup plus de jours pour rester au lit pour un paresseux comme lui. Sauf que rester au lit n'était pas vraiment au programme de cette journée. Il avait fait exprès de se débarrasser de tous ses devoirs le Dimanche soir afin de pouvoir profiter pleinement de cette journée avec ses amis.

Aucun d'entre eux avait prit la décision de mettre un déguisement à l'avance, ce serait la surprise puisque comme chaque année ces Mesdames avaient dut prendre leurs dispositions afin que chaque enfant, pré-ado ou adolescent de Montreuil, et même ceux des communes avoisinantes d'ailleurs, puissent avoir un joli déguisement. C'est donc en toute confiance que Peter et ses amis se retrouvèrent non loin de la place de l'oiseleur afin de s'y rendre tous ensemble. Leurs parents respectifs ayant prévu de rejoindre la fête plus tard.

C'est donc sans surprise que Peter et ses trois amis se firent sauter dessus par une horde de femmes bien décidées à les travestir de haut en bas. Les quatre compères se précipitèrent donc sur une caisse de déguisements à leur taille et sortirent ceux qui leur convenaient. Roger put ainsi prendre une pseudo côte de mailles, Fernand un cache œil de pirate et toute la panoplie qui allait avec tandis que Daniel optait pour un costume de militaire. Peter prit ce qui restait, à savoir un magnifique costume d'arlequin qu'il regarda en grimaçant tandis que ses amis étaient morts de rire.

- Oh non! Pas çà!
- Allez jeune homme! Il faut y passer!
Peter enfila donc l'horrible chose en jetant un regard noir à ses amis qui se marrèrent de plus belle. Il s'étaient complètement vidés de leur eau quand les demoiselles eurent achever son maquillage en lui posant un magnifique chapeau pointu sur la tête.
- T'es magnifique!
- Tais toi ou j'te colle un pain.
- Tu va faire sensation auprès de Jeanne dis donc!
- Tais toi! Encore heureux qu'elle n'est pas dans le c...
- Bonjour les garçons, bonjour Peter... Pff...
C'était elle, dans son dos, Peter n'osait pas se retourner, rouge de honte même si celà ne se voyait pas trop sous son maquillage. Sa belle était déguisée en magnifique fée même si elle n'en avait pas besoin pour envouter le cœur de notre jeune Peter. Elle aussi s'esclaffait mais plus discrètement et plus poliment que les amis de Peter.

- Ah Jeanne! Sa... Salut... Heu... C'était le dernier costume, j'ai l'air ridicule je sais.
Jeanne lui fit un grand sourire.
- Mais non Peter, tu est très mignon
Et lui envoya un baiser envoûté de sa baguette magique avant d'aller plus loin. Peter reste béa plusieurs secondes. La moquerie de ses amis avaient plutôt fait place à de l'envie et de la malice.
- Tu lui tape dans l'œil.
- je sais pas...
- Faudrait que tu vienne tous les jours à l'école habillé comme çà maintenant!
- Oh arrête!
Et tous les quatre se laissèrent aller à rire de bon cœur en même temps que plusieurs autres enfants autours d'eux qui commençaient à se rassembler autours d'un étrange vampire.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Mar 22 Sep - 23:13

Regarder les enfants s’amuser était suffisant pour faire le bonheur de Constance, mais si en plus quelqu’un venait lui parler alors là elle serait ravie. Oh non, elle n’aimait pas parler à tout le monde, mais cet homme était un homme bien ! Pas parce qu’il avait un uniforme français, pas parce qu’il était un soldat, mais parce qu’il avait amené son fils à la fête et qu’il demandait même à quelqu’un d’autre de l’aider à le surveiller. Ca c’était parfait.

- Bonjour monsieur, je vois que la Fête semble plaire à votre fils.

Elle fit un sourire à l’homme et reporta son attention sur l’ensemble de la place. Tout semblait bien se dérouler, les enfants s’amusaient et certains adolescents venaient même déjà déguisés. Elle se leva cependant vivement quand un adolescent fit peur au fils de son voisin. Le petit pleurait et c’était inconcevable, mais avant même qu’elle ait eu le temps d’aller voir, il semblait que le plus vieux se faisait adopter.

Elle attendit un instant avant de poser une main sur le bras de son voisin et de retourner s’assoir.

- Excusez ma familiarité, mais il semble qu’il n’y ait plus de problèmes. Je me demande qui est ce garçon par contre, il ne sait pas que les enfants sont impressionnables ? Je ne l’ai jamais vu par ici.

Elle reporta son attention sur un groupe d’adolescents qui s’habillaient et surtout sur l’un d’entre eux qui se mettait en costume d’arlequin. Il était adorable dans cette tenue et elle vit qu’Adrien semblait décidé à le photographier, certainement pour immortaliser l’instant présent.

De l’autre côté de la place, une jeune femme rougissait à vue d’œil, Constance l’avait bien remarquée mais elle préférait la laisser s’acclimater à la foule. Elle reporta son attention sur son voisin et décida de continuer à être sociable.

- Est-ce un costume ou bien êtes vous réellement militaire ?

Elle souriait et continuait tout de même à garder un œil sur la fête. C’est ainsi qu’elle voyait Pierre s’approcher de l’attroupement autour du jeune vampire et qu’elle se demandait ce que son fils allait faire encore. Il était un peu turbulent parfois et pouvait avoir des réactions étranges. Mais logiquement tout allait bien se passer.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Ven 25 Sep - 2:08

Stéphane, qui s’efforçait d’allumer sa cigarette, et louchait donc sur la flamme de son briquet, leva les yeux lorsque Constance lui parla de Pierre. Même s’il passait peu de temps avec sa famille, le Capitaine Wilson aimait beaucoup son gamin et tendait donc l’oreille dès que quelqu’un glissait un commentaire à son sujet. Distrait par la remarque de sa voisine, il adressa un coup d’œil au petit garçon et constata qu’il était très fier de ses toutes nouvelles moustaches de chat. François se trouvait à proximité, comme convenu. Franchement amusé, le trentenaire laissa un sourire narquois étirer ses lèvres, puis tenta une nouvelle fois d’allumer sa cigarette. Mais avant que le feu et le tabac soit entré en contact, des cris et des pleurs s’élevèrent du côté des jeunes enfants. Un peu inquiet, Stéphane chercha Pierre du regard, et le vit aux prises avec un pseudo-vampire. Il se demandait s’il devait intervenir lorsque Constance le toucha.

"Effectivement, je crois que les choses se sont arrangées d’elle-même" déclara le Capitaine. "Je crois que ce garçon est l’un des pilotes de Sarnand, mais je serais bien incapable de vous dire sa nationalité ou son nom"

Il se tourna à nouveau vers le vampire, mais aucun nom ne lui vint à l’esprit. Il ne se souvenait même plus du dragon qu’il montait. Probablement un courrier. Ou alors, il faisait partie d’un équipage – sans doute sur une bête allemande, car on acceptait rarement les garçons aussi jeunes dans l’Armée de l’Air, même lorsqu’ils mentaient effrontément sur leur âge. Il se rappelait l’avoir croisé, rien de plus, et reporta rapidement son attention sur Constance.

"Je suis bel et bien Capitaine de l’Armée de l’Air, m’dame" répondit-il avec un sourire. "Sur un dragon de poids moyen, une Fleur-de-Nuit"

Il essaya d’allumer sa cigarette une troisième fois, mais la vue d’une femme timide et rougissante le fit changer d’avis. Cigarette et briquet disparurent dans une de ses poches.

"Madeleine !" cria-t-il. "Madeleine ! Venez donc par ici ! Et n’essayez pas de fuir, je vous ai vue !"

Pendant ce temps, derrière lui, Pierre échappait à une nouvelle attaque du vampire en filant vers un arlequin aux cheveux blonds. Il s’accrocha à sa jambe en haletant :

"Au s’cours ! Il m’attaque !"
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Ven 25 Sep - 22:51

Peter et ses amis riaient de bon coeur de la vanne de Fernand mais ils ne pouvaient en dire autant des enfants autours d'eux, du moins pas pour le moment puisqu'ils avaient plutôt l'air apeurés. Ils cessèrent de rigoler et s'intéressèrent au visage du vampire qui malgré tout son maquillage affichait une mine désolée, au moins il ne l'avait pas fait exprès... D'autant plus qu'il sembla vouloir se rattraper en continuant le jeu du vampire pas-si-méchant-que-çà afin que les enfants se calment un peu.
Les trois compères observèrent la scène, amusés et à la fois intrigués par ce garçon qu'ils n'avaient jamais vu dans le coin, qui est-il? Il ne l'avaient jamais vu au collège et il n'y avait pas de Lycée à Montreuil. C'était sans doute un nouvel arrivant, peut-être au collège Saint-François. Ou bien...
Un fils de Bosche. Terme que Peter ne supportait pas qu'on utilise devant lui mais qui était tout de même explicite. Peter tiqua tandis que ses camarades froncèrent carrément le sourcils. Certes Peter n'aimait pas particulièrement la Werchmart, mais ses ennemis restaient avant tout les nazis, pas le peuple Allemand qui restait tout de même ses origines dont lui et sa famille avaient du mal à se défaire. Qu'ils le veuillent ou non.
Aussi accepta-t-il d'entrer dans le jeu quand le gamin vînt s'accrocher à sa jambe, il leva la tête vers le garçon blond puis regarda l'autre petit rouquin et lui dit d'une voix comique, pour ne pas l'effrayer davantage quand même.

- Ah non! Il me fait trop peur! Demande au preux chevalier de te protéger!
Peter releva la tête et fit un clin d'œil au supposé Allemand. Il était facile de voir qu'il éprouvait un gêne à la présence du garçon, mais il s'efforçait de la maîtriser, après tout, ils étaient ici pour s'amuser tous.
En revanche ce n'était pas vraiment l'avis de Roger ni des autres à voir les tronches renfrognées qu'ils tiraient, les lèvres serrées et les poings aussi, ils n'allaient sans doute pas entrer dans le jeu de ce sale schleu. Peter se sentit tout d'un coup incroyablement mal à l'aise. Ce qui n'était qu'une simple fête devenait maintenant pour lui un véritable cas de conscience, comme si ce garçon était l'allégorie de ses origines lui faisant face et ses amis représentant sa nouvelle vie. Il tournait successivement la tête entre ses amis et l'allemand, n'ayant aucune idée de ce qu'il devait faire. Il essaya de se tourner vers ses amis, leur lançant un regard implorant, implorant d'arrêter là, implorant de ne pas l'obliger à faire un choix. Car contrairement à ce qu'il disait pour se vanter, il n'avait jamais totalement tranché et aimerait bien que cela reste comme çà.


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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 27 Sep - 16:37

Si le Capitaine Wilson s’amusait beaucoup de la situation, ce n’était pas le cas de tout le monde. Certes, François n’était pas franchement d’un naturel joyeux et ne passait pas son temps à sourire, mais il avait tout de même rarement l’air aussi renfrogné. Déjà qu’il n’avait eu aucune envie de se rendre à cette Fête, voilà qu’il était en plus obligé de jouer les gardiens d’enfants ! Bon, ce n’était pas qu’il avait prévu de faire autre chose de plus passionnant, mais quand même… Il n’avait pas prévu de se retrouver coincé près d’un groupe de gamins pour surveiller l’héritier roux de son capitaine.

Néanmoins, François fut bientôt obligé de reconnaître que sa position n’était pas si désagréable que ça. Le seul problème, c’était que lorsqu’il s’en rendit compte, il était trop tard. On disait parfois qu’on ne réalisait la chance qu’on avait qu’une fois qu’elle nous était enlevée, et l’aviateur put vérifier le bien-fondé de cette affirmation. Il n’était pas si mal que ça, finalement, quand il devait surveiller le fils de son capitaine… avant qu’un autre adolescent se pointe, habillé en vampire et avec l’intention de faire peur aux gamins. Lorsque le nouveau venu se pencha vers le petit rouquin et que celui-ci se mit à hurler, François pinça les lèvres. Il n’avait pas l’intention d’intervenir de quelque façon que ce soit – après tout, le fils de son capitaine ne craignait rien pour le moment – mais la tournure des événements ne lui plaisait pas plus que ça. On lui avait demandé de surveiller le gamin, pas de veiller à ce que personne ne vienne l’embêter, mais quand même. A tous les coups, le capitaine Wilson réussirait à lui reprocher quelque chose.

Heureusement, la frayeur du petit garçon et de ses amis parut se dissiper assez vite, et ils entrèrent dans le jeu. Tant mieux. L’aviateur n’avait pas la moindre envie de participer, mais il était tout de même soulagé de voir que tout rentrait dans l’ordre… ou presque. Le soulagement fut de courte durée. En effet, maintenant qu’il n’était plus question de hurlements de peur et de possibles fuites en courant de son « protégé », François se permit de détailler le vampire, et il n’eut pas de mal à le reconnaître, malgré son maquillage. Certes, il n’était pas capable de mettre un nom sur le visage, mais il savait pertinemment que ledit visage appartenait à un allemand de Sarnand. Un aviateur allemand, donc. Pour le coup, le visage du français, qui s’était un peu détendu, se renfrogna à nouveau, et il jeta un regard noir à l’allemand qui s’approchait. Il cherchait quoi, là ?

Manque de pot, ce fut à cet instant que le fils du capitaine décida de se sauver pour échapper aux attaques du pseudo-vampire. François n’eut donc d’autre choix que de détourner le regard de l’allemand pour suivre les évolutions de son « protégé » et le voir ainsi atterrir dans les jambes d’un autre adolescent déguisé en arlequin. Allons bon ! Tous les habitants de Montreuil et Sarnand avaient donc décidé de se déguiser ? Même quand ils pouvaient y échapper ? L’aviateur n’eut pourtant pas le temps de vérifier la réponse à cette question, puisque, avant qu’il puisse lever les yeux pour détailler la foule, l’arlequin conseilla au fils du capitaine Wilson de demander de l’aide au « preux chevalier ». Dans le doute, ne sachant pas à qui il faisait référence, François décida de faire deux pas en arrière, histoire de montrer qu’il était bien en dehors du jeu, même si le vampire allemand faisait mine de s’approcher de lui. Il ne jouait pas lui, il ne faisait que surveiller le petit rouquin !
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 27 Sep - 17:28

Que c’était dur de lever les yeux ! Les mains serrées l’une contre l’autre, Madeleine s’efforçait de ne pas baisser la tête et de parcourir la foule assemblée à la recherche de son frère. Les pavés semblaient produire une très forte attraction sur son regard, et le téléphérique de Sarnand ne cessait de se rappeler à ses jambes. La jeune femme avait besoin de toute sa volonté pour ne pas céder à sa principale envie et faire demi-tour en courant. Son frère lui avait demandé de venir et l’attendait, elle ne pouvait donc pas lui poser un lapin en retournant au château sans même l’avoir vu… Mais quand même ! Quelle idée saugrenue de la faire venir ! Il n’aurait pas pu trouver une autre cavalière, non ? Il avait vécu toute sa vie à Montreuil, ou presque, et il sortait bien plus que sa sœur : il devait connaître toutes les habitantes de la ville, au moins.

Le regard de Madeleine avait parcouru environ la moitié de la Place et elle n’avait toujours pas aperçu son aîné. Dire qu’elle commençait à désespérer serait certainement exagéré, mais la jeune femme ne pouvait s’empêcher de prier pour que Léon la remarque et vienne la chercher, mettant ainsi fin à son supplice. L’idée qu’elle serait plus visible si elle se rapprochait et qu’elle pourrait ainsi mieux distinguer les visages dans la foule ne lui traversa même pas l’esprit ; il faut dire que le seul fait d’imaginer se rapprocher seule de tant de monde la pétrifiait sur place. La seule chose qu’il lui fallait, c’était retrouver son frère et au plus vite, et surtout, surtout, que personne ne la remarque. Et, quand ses yeux s’arrêtèrent soudain sur une chevelure rousse, elle déglutit nerveusement en reconnaissant le capitaine Wilson et pria pour que son souhait soit exaucé.

Malheureusement, ce ne fut pas le cas. A l’instant où elle formulait l’espoir silencieux que l’aviateur ne la voit pas, elle l’entendit prononcer son nom. La première idée de la jeune femme, malgré ce que venait de dire le capitaine, fut de tourner les talons et de se sauver en direction de Sarnand. Hélas, ses jambes ne semblèrent pas comprendre les ordres fournis pas son cerveau – il faut reconnaître qu’ils étaient loin d’être clairs – et elle resta donc figée sur place. De toute manière, l’aviateur venait de dire que ce n’était pas la peine qu’elle essaye de sauver, et les neurones à moitié paralysés de Madeleine réussirent tout de même à lui faire remarquer que toute tentative de fuite serait vaine.

Après un long moment d’immobilité, la domestique, résignée – et terrifiée –, se mit donc en marche vers l’homme qui l’avait appelée, ses mains moites crispées dans ses jupes. Si l’instant d’avant, sa recherche de Léon lui était apparue comme un supplice, ce n’était rien à côté de sa progression actuelle. Ses joues devaient certainement prendre une couleur plus soutenue à chaque pas qu’elle faisait, et leur température augmentait de même. Les pensées de la jeune femme étaient complètement figées, focalisées sur un seul point : Pourvu que Léon apparaisse soudain pour la tirer de ce mauvais pas. Mais, une fois encore, son vœu ne fut pas exaucé et elle arriva sans encombre à proximité du capitaine Wilson et d’une femme qu’elle ne connaissait pas. Enfin, peut-être qu’elle l’avait déjà vue, mais Madeleine n’était pas du tout capable de le vérifier, étant donné que ses yeux restaient obstinément fixés sur les pavés, devant ses pieds.

« Bonjour, murmura-t-elle d’une voix à peine audible, avant de prononcer d’une seule traite : JecherchejustemonfrèreLéon… Jeneveuxpasvousdéranger. »
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 27 Sep - 22:14

Wolfgang était aux anges, les enfants l’avaient adopté et ils jouaient maintenant fort bien le jeu de la peur. Mais en même temps, il y avait d’autres personnes et certaines semblaient avoir découvert qu’il n’était pas un bon français bien de chez eux. Cela avait même l’air de les perturber plus que de raison. Pourtant, le vampire ne voulait pas créer d’ennuis, il n’était qu’un adolescent avec une forte envie de s’amuser.

Oh ! Pfeffel aurait été là, l’amusement serait passé par une bonne bagarre et éventuellement une heure de débauche dans un coin, mais là c’était Wolfgang et il ne voulait pas se prendre de coups. Par contre, il ne cracherait pas sur l’heure de débauche … Il regarda tour à tour les enfants puis les plus âgés. Le plus vieux du groupe était cet aviateur français, un homme qui reculait même alors que Wolfgang approchait.

Il remarqua que le petit roux s’était agrippé à un garçon en costume d’Arlequin mais que ce dernier avait refusé de le protéger préférant refiler le paquet à un autre. Mais quand il croisa les regards posés sur lui, il sut que finalement ce n’était pas une excellente idée de s’être mêlé à la population. Ah qu’il avait envie de leur dire leur quatre vérités à ces imbéciles qui le toisaient d’un air mauvais ! Qu’il avait envie de leur hurler que ce n’était pas lui le responsable de cette guerre ! Mais il ne le pouvait pas, pas avec autant de témoins et alors que le jour était à la fête. Mais qu’on ne se méprenne pas, il allait leur montrer que les allemands n’étaient pas des fous sanguinaires.

Il avisa un garçon d’une douzaine d’années qui s’approchait de lui avec sur le visage un air particulièrement angélique. Or jamais Wolfgang ne se serait laissé prendre à cet air angélique, il prenait trop souvent le même quand il voulait dissimuler une bêtise à venir. Mais il décida de jouer le jeu, c’était bien le but aujourd’hui non ?

- Qui pourrais-je mordre maintenant ?

Il posa tour à tour son regard sur les petits qui s’égaillaient comme des volées de moineaux au fur et à mesure que les yeux bleus se portaient sur eux. Les poings des plus âgés étaient serrés, mais Wolfgang n’avait pas peur, cela ne servait à rien et surtout il savait que personne ne les laisserait faire. Du moins tant qu’il y avait des témoins de la scène. Il s’approcha donc finalement de l’arlequin, mais au lieu d’y aller lentement comme avec les enfants, il sembla fondre sur lui. Et, pour le plus grand plaisir des petits, il l’attrapa par les épaules et fit un sourire qui se voulait mauvais. Et pendant qu’il souriait, il murmura.

- Tu veux pas me frapper toi ?

Oui, il semblait bel et bien que le garçon n’était pas comme les autres, lui n’avait pas le regard dur et les lèvres serrées. Alors, y aurait-il une réaction à ce qu’il venait de faire ?
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 27 Sep - 22:15

Constance écouta parler l’homme qui confirma le statut de pilote du jeune vampire. Puisque tout allait bien, elle pouvait parler avec lui. Comme il venait de le confirmer, il était militaire, et il montait un dragon qui plus est. C’était vraiment intéressant, elle allait lui demander de continuer après s’être à son tour présentée comme il se devait, mais l’homme vit quelqu’un et il attira vers eux deux une jeune femme.

Constance l’avait remarquée et elle avait également constaté qu’elle rougissait à vue d’œil, qu’elle s’approchait en baissant les yeux. C’était une marque flagrante de timidité et la femme secoua la tête alors que la rencontre allait bientôt se faire. Elle profita du temps mis pour les rejoindre pour observer les enfants.

Adrien n’était pas visible, mais ce n’était pas particulièrement étonnant. Ses deux filles jouaient avec des poupées et Pierre s’approchait toujours du vampire. Il semblait à Constance que les traits du garçon ne lui étaient pas inconnus finalement. Mais elle n’arrivait pas à le replacer dans son contexte. Pourtant, elle était certaine de ne jamais être allée à Sarnand… Elle vit qu’il avait choisi une proie plus âgée et se dit que ce n’était peut-être pas une excellente idée. Mais comme Pierre y était, il devait veiller au grain. Oui, son fils était nettement plus jeune mais pour elle il pouvait au pire la prévenir.

La jeune femme timide était arrivée et avait murmuré et parlé à une telle vitesse que Constance dut mettre tout son talent pour la compréhension des explications enfantines suite aux bêtises pour espérer la comprendre. Et quand elle la comprit, elle se leva.

- Voyons, il ne faut pas parler aussi timidement. Allez, redressez vous jeune fille et montrez aux monde que vous ne le craignez pas. Le capitaine Wilson ne vous aurait pas demandé de venir si vous le dérangiez voyons !

Elle releva le visage de Madeleine avec sa main et la fit se redresser. Bon, cela ne fonctionnerait peut-être pas, mais il était hors de question que qui que ce soit ait peur en la présence de Constance. Et comme dans tout cela elle n’avait même pas pu se présenter, elle remédia à la situation.

- Capitaine, je manque à tous mes devoirs, je me nomme Constance Méliès. Et vous, demoiselle, vous devez être Madeleine, je crains que le capitaine ne se soit pas montré particulièrement discret.

Elle sourit avant d’entrainer la jeune femme pour qu’elle s’assoie elle aussi. Et, alors qu’elle était passée à autre chose, un nom lui revint.

- Wolfchen ! Le pauvre enfant, pourquoi se met-il toujours en difficulté.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Lun 28 Sep - 9:20

Peter arrêta de loucher sur ses amis pour regarer de plus près le vampire. Les yeux bleus et cheveux blonds. Le type même du parfait Aryen... Comme lui en fait...Vu la tronche qu'il tirait, nul doute qu'il avait repéré le comportement hostile de ses amis. Mais nul doute qu'il avait aussi vu qu'il était plus ouvert à la plaisanterie que les autres, bien que son malaise grandissait un peu plus chaque seconde.
D'un coup, sans crier gare, il le vit fondre sur lui, par réflexe défensif il avait faillit lui en coller une mais s'était retenu quand il vit que c'était encore en adéquation avec son rôle. A ce moment là, ce qu'il lui dit le pris de court. Peter ne savait pas vraiment quoi répondre, d'ailleurs il ne répondit rien. Ses amis, eux, s'étaient rapprochés et regardaient le jeune homme d'un oeil encore plus mauvais. Peter ne fit donc aucun mouvement, ni d'approbation, ni de rejet et se laissa "mordre au cou" par le vampire sans faire les simmagrées quavaient l'air d'attendre les enfants trépignant sur place.
Ce fut Roger qui décida d'être un peu moins con que les autres et avança vers le vampire en brandissant son épée en mousse.

- Ve-t-en! Monstre!
En fait le, ce dernier ne fournissait pas le moindre effort pour paraître crédible dans son rôle de chevalier. Le but était surtoutd'évitr de frapper directement l'Allemand devant les enfants, de ne pas ruiner la fête. Il lui donna donc un coup, pas spécialement retenu, comptant sur le fait qu'il veuille toujours jouer le jeu du vampire agonisant cette fois-ci.


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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Ven 2 Oct - 23:05

Stéphane laissa un sourire ravi s’épanouir sur ses lèvres lorsque Madeleine fit un mouvement dans leur direction. Il avait craint, l’espace d’un instant, qu’elle fasse effectivement demi-tour, et prenne ses jambes à son cou. Il avait appris à la connaître à travers son travail, les bruits de couloir et l’aînée de sa famille, mais ses réactions restaient pour lui un véritable mystère. A la base, il ne comprenait pas pourquoi une jeune femme aussi consciencieuse et charmante tenait absolument à se fondre dans le décor dès que quelqu’un entrait dans son champ de vision. Ce n’était pas comme si elle était laide, ou avait quelque chose à se reprocher. Il tendit la main vers elle pour l’encourager, mais si elle ne risquait pas de prendre le bras qu’il lui offrait – il laissa d’ailleurs sa main retomber naturellement le long de son corps lorsque Madeleine se rangea à leur côté. Sa tirade lui arracha un éclat de rire.

"Oh, Madeleine, on ne s’ennuie jamais avec vous ! Foi de Wilson !"


Il songea à lui ébouriffer les cheveux, mais renonça aussitôt. C’était beaucoup trop familier, comme geste. Sans compter que la jeune femme avait peut-être passé du temps devant son miroir – et n’apprécierait pas de voir ses efforts réduits à néant. Il mit donc ses mains dans le dos, pour être sûr de ne pas céder à la tentation, et regarda Constance rassurer de son mieux la nouveau-venue. Il inclina légèrement la tête lorsque sa voisine se présenta.

"Quant à moi, je suis Stéphane Wilson, Capitaine de Nobilitas. Madeleine est une Madeleine Rollin, je crois, mais je n’y mettrai pas ma main à couper"


Il jeta un coup d’œil par-dessus son épaule lorsque Constance déclara que le vampire s’appelait Wolfchen. Le jeune Allemand s’était approché d’un groupe de Français, au milieu duquel se trouvait Pierre Wilson, et le Capitaine fronça les sourcils en voyant l’un des adolescents brandir une épée en mousse. C’était sans doute un jeu, mais les petits Français n’avaient pas l’air très enthousiaste. Un peu inquiet, Stéphane chercha François du regard. Il ne tenait pas du tout à ce que Pierre se prenne un mauvais coup, mais ne tenait pas non plus à abandonner Madeleine – il savait que la jeune femme sauterait sur l’occasion et s’enfuirait sans demander son reste s'il s'écartait d'elle.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 4 Oct - 23:51

Madeleine ne savait plus où se mettre. Elle avait obéi à l’appel du Capitaine Wilson et s’était approchée uniquement parce que la crainte de ce qui pourrait arriver si elle ne le faisait pas – à savoir qu’il la rattrape ou quoi que ce soit d’autre – était plus grande que la peur de s’avancer, peur qui était en plus tempérée par l’espoir de voir apparaître son frère. Hélas, Léon restait définitivement hors de vue et elle se retrouvait face à face avec l’aviateur… qui riait ! Horriblement gênée, la jeune femme sentit ses joues gagner encore en température. Ce n’était pas si drôle que ça, ce qu’elle avait dit, pourtant, si ? Pourquoi se moquait-il ?

Quant à l’intervention de la femme qui se trouvait à côté du capitaine, elle eut l’effet totalement inverse de celui voulu. Au lieu de permettre à la domestique de reprendre contenance, elle l’embarrassa encore un peu plus. En d’autres circonstances, ça aurait cependant presque pu prêter à rire. « Montrez au monde que vous ne le craigniez pas » ? Et comment pouvait-elle faire une chose pareille puisque, justement, le monde la terrifiait ? Les mains moites, crispées sur les plis de sa jupe, Madeleine en était encore à trouver quelque chose à répondre et le courage d’ouvrir à nouveau la bouche, que la femme la forçait à relever la tête et à se redresser. Horreur ! Pourquoi fallait-il qu’elle lève les yeux pour regarder ses interlocuteurs ? Les pavés étaient très beaux, pourtant ! D’ailleurs, elle ressentait une subite envie de les contempler à nouveau, alors que la femme – Constance – se présentait.

En entendant la suite, Madeleine se mordilla soudain la lèvre inférieure et ne résista plus à la tentation de baisser les yeux. Allons bon. Maintenant, grâce à l’aviateur, tout le monde sur le Place de l’Oiseleur – au moins ! – connaissait son prénom. Les joues toujours cramoisies, la jeune femme hocha néanmoins vaguement la tête en réponse à Constance et s’assit sans protester D’une, elle n’en avait de toute façon pas la force, de deux, elle n’aboutirait ainsi qu’à se faire un peu plus remarquer. Mieux valait s’asseoir sans rien dire – en admirant le sol devant ses pieds – et attendre que l’attention de ses interlocuteurs se porte sur quelqu’un d’autre. Au moins, même si cela limitait ses tentatives de fuite – qui étaient de toute manière vouée à l’échec tant que le Capitaine Wilson serait là –, en étant assise, elle était moins repérable au milieu de la foule. Malheureusement, ça signifiait également que Léon ne la verrait pas facilement…

Concentrée sur les pavés qui se trouvaient devant elle – certains présentaient des nuances de couleur très étonnantes – la domestique n’écoutait pas vraiment les paroles de l’aviateur qui se contentait de se présenter… et de la présenter elle aussi. Abasourdie, le souffle coupé un instant, Madeleine releva subitement les yeux pour les fixer sur le visage du rouquin.

« Comment le savez-vous ? » demanda-t-elle à mi-voix, assez fort toutefois pour être entendue sans problème.

Elle baissa derechef la tête en se mordillant la lèvre et reposa son regard sur ses doigts qu’elle avait à présent posés sur ses genoux et qui se tordaient nerveusement. Tout allait de mal en pis. Non seulement, elle n’avait pas repéré Léon, mais elle avait en plus été remarquée par le Capitaine Wilson qui, non content de connaître son prénom et de savoir qu’elle aimait les violettes – comment diable pouvait-il être au courant ? –, connaissait aussi son nom de famille. Elle n’avait rien fait pour mériter ça, tout de même, si ? La seule chose qu’elle voulait, c’était faire son travail de domestique au château le plus discrètement possible, sans se faire remarquer. Et ce qu’elle souhaitait, là, maintenant, tout de suite, en venant à Montreuil, c’était trouver Léon qui lui avait envoyé une lettre et, accessoirement, rentrer le plus vite possible à Sarnand.

Machinalement, elle tourna légèrement la tête pour regarder rapidement ce dont parlait Constance, ce qui lui fit donc relever un peu les yeux et lui permit par conséquent de constater que l’aviateur faisait de même. Parfait. Il ne voulait pas aller voir de plus près ce qui se passer, aussi, par hasard ? Histoire qu’elle puisse se sauver repartir à la recherche de son frère ? Hélas non. Il n’avait pas l’air d’en avoir envie. Aussi, Madeleine se décida-t-elle à prendre tout son courage à deux mains et à prononcer quelques mots.

« Je dois retrouver mon frère… Il va m’attendre, si je reste là. »

Certes, le courage n’allait pas jusqu’à lui permettre de parler fort et intelligiblement, mais l’important était que tout le monde comprenne ce qu’elle disait. Et surtout, surtout, qu’il la laisse s’éloigner.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Ven 9 Oct - 21:16

Effectivement, jouer le jeu du vampire était une bonne idée pour faire rire les enfants, enfin quand ils n’avaient pas trop peur, mais ce n’était pas une si bonne idée que ça que de s’attaquer à un adolescent français. Parce qu’étant donné les regards noirs portés sur Wolfgang, il risquait fort de se prendre des coups. Et il ne doutait pas un seul instant que les coups ne seraient pas particulièrement retenus.

Et effectivement, en même temps que le terme Monstre, les coups se mirent à arriver. Il sentit l’épée en mousse taper d’une manière assez peu retenue et il poussa un petit cri de douleur. Il regarda tout autour de lui, l’air totalement perdu avant de se précipiter sur l’aviateur. Et cette fois, plus question de tenter de mordre, non il devait jouer le jeu et se mettre à l’abri. Car sans qu’il le désire réellement, le jeu n’était plus entre vampire et chevalier mais entre français et allemand. Et là, il y avait fort à parier que ce ne serait pas l’Allemagne qui vaincrait.

Il se plaça donc derrière l’aviateur et eut même le réflexe de l’attraper par les épaules en continuant à avoir visiblement très peur. Il posa sa tête sur son épaule pour voir ce que faisait le chevalier, son ennemi héréditaire et de temps en temps il se cachait encore plus derrière le dos de François.

- Ce chevalier est dangereux, comment prendre le sang ?

Sa question s’adressait visiblement aux enfants les plus jeunes. Est-ce que certains prendraient son parti contre le méchant chevalier qui tapait sur tout ce qui bougeait en criant au monstre ? Car oui, lui était un gentil vampire qui ne voulait pas tant de choses que cela, il voulait seulement un peu de sang pour vivre…

Tout ce qu’il fallait cependant espérer c’était que l’aviateur ne se vexerait pas d’être ainsi considéré comme un bouclier humain. Parce que sinon, Wolfgang risquait fort de se retrouver assez rapidement sans protection et surtout à la merci de l’adolescent vengeur. Et ça, non ! Parce que mine de rien… il cognait fort !

Ah ! si seulement quelqu’un pouvait lui prêter main forte, si possible un français de manière à montrer que l’alliance entre les peuples était possible. Car oui, là à cet instant, Wolfgang était tout à fait prêt à s’allier avec quelqu’un pour ne plus se faire cogner dessus et surtout pour ne pas avoir cette envie grandissante de répliquer aux coups. Car nul doute qu’il était assez fort pour rendre coup pour coup, mais que cette action d’éclat serait ensuite répétée et … certainement amplifiée et suivie de conséquences facheuses.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Ven 9 Oct - 21:36

Constance sourit au capitaine lorsqu’il se présenta. Elle avait repris la conversation et était tout à fait prête à parler avec les deux jeunes gens. Cependant, la demoiselle semblait trop apeurée pour ne serait-ce que tenter d’articuler convenablement deux mots à la suite. Elle se demandait tout de même pourquoi, il n’y avait pour elle rien d’effrayant à côtoyer ses semblables et rien de terrible à être là. Donc il fallait qu’elle comprenne pour ensuite l’aider. Car oui, Constance adorait aider les autres…

Elle écouta avec beaucoup d’attention ce que disait tout bas la demoiselle avant de hausser les sourcils. Elle était si timide alors qu’elle allait devoir chercher son frère dans une foule compact … cela n’allait pas être simple pour elle.

Constance se dit qu’elle allait devoir prendre les choses en main. Ce ne serait peut-être pas simple, mais le frère de Madeleine Rollin serait retrouvé dans Montreuil entier s’il fallait. Mais pour cela, elle allait devoir parler et donner des détails sur ce dernier. La première étape serait de la faire parler, ce ne serait pas simple et le mieux était de demander conseil à l’aviateur qui semblait mieux la connaitre.

- Capitaine, connaissez vous le frère de Mademoiselle Rollin ? Il serait alors plus facile pour nous de l’aider à le retrouver n’est-ce pas ?

Elle joignit à sa demande un sourire éclatant et attendit une réponse. Cela lui permit de passer le regard sur toute la place et de noter mentalement ce qu’elle devrait dire aux demoiselles qui s’occupaient de gérer l’intendance. Elle jeta également un regard aux grandes rôtissoires qui permettraient à tout ce petit monde de manger à sa faim, du moins elle l’espérait. A priori tout était en ordre et bientôt on pourrait aller chercher ce qu’il fallait pour se restaurer.

Elle repéra alors, avec la force de l’habitude, ses quatre enfants qui jouaient tranquillement, Pierre auprès de son homonyme, du vampire et du groupe d’adolescents, Adrien tentant de photographier un sujet quelconque, Rose et Alexandria s’amusant avec des filles de leur âge. Tout était pour le mieux et rien ne semblait pouvoir détraquer cette belle journée.

Elle repéra même du coin de l’œil le jeune Timothée qui guettait visiblement quelque chose ou quelqu’un. Elle sourit et décida que la demoiselle à ses cotés ne devait pas rester plus longtemps muette.

- Si d’aventure le capitaine ne pouvait décrire votre frère, vous pouvez certainement le faire pour nous. Ensuite nous tenterons tous de le repérer dans la foule, qu’en pensez-vous ?

Tout cela dit avec un grand sourire afin d’inspirer la confiance.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 11 Oct - 22:05

Peter pût enfin souffler quand Roger se mit à attaquer le pseudo-vampire de son épée de mousse. Il n'eût pas beaucoup de mal à remarquer qu'il ne semblait pas retenir ses coups mais ce dernier n'avait pas non plus l'air de s'en plaindre, du moins pas pour le moment, mais nul doute qu'il allait devoir se calmer à un moment ou à un autre sinon ce serait sans doute le vampire qu'il lui ferait comprendre de manière brutale et Peter n'avait absolument pas envie d'arriver à de telles extrémités surtout en ce jour de fête.C'est donc lentement qu'il se rapprocha de son ami et posa sa main sur son épaule.
- Vas-y mollo quand même...
Roger sembla déçu mais pas vraiment surpris. Il acquiesça à la demande de son ami et frappa une seconde fois le vampire avec beaucoup plus de retenue cette fois-ci. Il avait bien entendu compris l'utilité de ne pas déclencher une bagarre générale avec l'Allemand et s'efforçait donc maintenant de ne plus lui faire mal (ou du moins si peu...). Cela dit, tout comme les nombreux enfants autours il prenait du plaisir au jeu mais pas pour les mêmes raisons. L'occasion de frapper un Bosche, même pour de faux, étaient tellement rare qu'il ne fallait pas s'en priver. et puis après tout si celui-là acceptait de se joindre au jeu il n'était pas si mauvais que çà, peut-être un peu comme Peter en fait mais ce n'était pas pour autant que les trois Français ne se montrait pas méfiants si ce n'est toujours méprisant avec lui car, après tout, gentil ou pas, il n'avait rien à foutre de ce côté là du Rhin.
Peter en revanche avait beaucoup moins de méfiance que ces camarades et voulait justement oublier ce détail qui semblait le ronger de l'intérieur, il avait envie de s'amuser et peut importe si c'était avec des Allemands ou des Français, tant qu'aucun des deux camps ne venaient gâcher ce moment. A un moment, leurs deux regards se croisèrent, le vampire et sa proie. Il avait l'air jeune mais peut-être suffisamment vieux pour être dans l'armée qui avait tué son père. Il détourna le regard, comme à la fois dégoûté et désolé. Le conflit en lui était si intense, comment son père avait pût prendre les armes? Enfin prendre les armes... Il ne devait sans doute pas avoir tiré beaucoup de cartouches ce qui était compréhensible mais le résultat était le même. Il n'était plus là maintenant, et ce jeune homme face à lui en était en partie responsable, et pourtant, il y avait en même temps envie de plus connaître.Difficile de trancher...
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Ven 16 Oct - 1:54

François n’aimait pas les allemands. Pas du tout. Certes, il s’efforçait de ne pas le montrer – il valait mieux faire fi de ses sentiments s’il ne voulait pas être viré de l’armée – mais chaque rencontre avec un de ces envahisseurs nécessitait qu’il fasse très attention. Par conséquent, il aurait vraiment apprécié ne pas avoir à en croiser un à Montreuil en allant à une fête – fête à laquelle il n’avait par aileurs aucune envie de se rendre à l’origine… mais on ne fait pas toujours ce qu’on veut. En tout cas, allemand ou pas, le jeune aviateur n’avait pas du tout l’intention d’entrer le jeu du vampire. Il n’aimait pas les jeux, n’aimait pas les habitants qui venaient d’Outre-Rhin, ça faisait deux bonnes raisons de faire quelques pas en arrière pour s’éloigner du centre de l’action. Il aurait bien reculé un peu plus, d’ailleurs, mais il ne pouvait pas se le permettre : il devait surveiller le petit rouquin, le fils de son capitaine, et celui-ci ne paraissait pas avoir envie de s’éloigner.

L’aviateur se contentait donc de son rôle d’observateur, mais ne put s’empêcher de froncer les sourcils quand le pseudo-vampire s’approcha de l’adolescent déguisé en arlequin, dans les jambes de qui son « protégé » avait élu domicile. Allons bon. Qu’est-ce qu’ils trafiquaient tous ? Lorsqu’un autre garçon, déguisé en chevalier celui-là – c’était une mode, le déguisement ou quoi ? – entra dans la partie à l’aide de son épée en mousse, François se décida à faire un pas en avant. Il n’avait pas changé d’avis, que ce soit à propos du jeu ou au sujet de son inimitié pour les allemands, mais il ne fallait pas oublier que le fils du capitaine se trouvait au milieu de l’attroupement. Hors de question qu’il se prenne un coup quelconque ! Et puis, même s’il devait reconnaître que taper un peu sur un allemand ne lui déplairait pas, il ne pouvait pas laisser le minuscule affrontement dégénérer. C’était une fête, que diable – même s’il trouvait cela idiot – et il ne fallait pas que ça devienne une véritable bagarre.

Aussi François se sentit-il un peu plus calme, lorsque l’arlequin posa sa main sur l’épaule du chevalier pour le retenir un peu. Tout allait rentrer dans l’ordre sans qu’il ait besoin d’intervenir… ou pas. Avant que l’aviateur puisse faire un nouveau pas en arrière, histoire de se replacer là où il était au départ, le vampire allemand décida de se coller dans son dos et de l’utiliser comme bouclier contre le chevalier. Le premier réflexe du garçon fut d’envoyer paître l’intrus et de se décaler pour ne plus servir de protection, mais les mêmes réflexions que précédemment l’arrêtèrent. Il ne fallait pas que ça risque de dégénérer.

« Si vous essayiez pas de prendre de sang, il n’y aurait pas de problème, » grommela donc le français, en se forçant à parler avec le même langage que son interlocuteur pour ne pas effrayer les enfants.

Il jeta un coup d’œil vers l’arlequin et le chevalier, autant pour s’assurer que tout rentrait dans l’ordre que pour vérifier que le petit rouquin était visible.

« Ca a l’air bon, là, vous pouvez vous décaler maintenant. »

Pas qu’il appréciait moyennement de servir de bouclier humain à un allemand… mais si en fait.


Dernière édition par François Drisslet le Jeu 5 Nov - 0:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Sam 17 Oct - 18:34

Stéphane n’était pas du tout surpris par l’attitude de Madeleine. Dans les couloirs de Sarnand, elle avait aussi une fâcheuse tendance à fixer ses pieds, les pavés, ou le tas de linge qu’elle portait lorsqu’elle croisait quelqu’un. Ce qui était moins prévisible, c’était la vivacité avec laquelle elle leva les yeux après le cérémonial des présentations. Stéphane vit avec plaisir une expression stupéfaite se peindre sur son joli minois. Coup bas. Il en savait bien plus sur elle qu’elle n’en savait sur lui. Il n’avait pas caché son goût du jeu, ses rapports conflictuels avec le ménage et ses habitudes de Don Juan, mais s’était bien gardé de lui dire qu’il s’était renseigné sur elle. Il savait qu’elle s’appelait Madeleine Rolin, qu’elle avait un frère nommé Léon, et bien d’autres choses.

Quand elle lui demanda d’où il tenait ces renseignements, il lui offrit son plus beau sourire, mais ne répondit pas. Comme un bon magicien, qui n’explique jamais ses tours, Stéphane ne comptait pas trahir sa source d’informations principales.

"Je le sais, c’est tout"

C’était un peu facile, mais il ne se sentait pas obligé de répondre à la question qu’on venait de lui poser. Il était presque sûr que Madeleine n’insisterait pas. Son sourire s’étira encore davantage lorsque la jeune femme répéta qu’elle cherchait son frère. Il ne lui dit pas qu’elle pouvait chercher encore longtemps, mais se tourna vers Constance, guettant ses réactions. Il secoua négativement la tête lorsque sa voisine lui demanda s’il connaissait Léon.

"Je ne l’ai jamais vu"
avoua-t-il. "Mais je sais qu’il est militaire"

Cette fois-ci, il ne tenta de voir l’expression de Madeleine. Jugeant que la plaisanterie avait assez duré, il attendit que Constance se taise puis déclara :

"C’est inutile. Je pense qu’il n’est pas ici"


Il chassa une poussière invisible sur son uniforme.

"Parce que c’est moi qui vous ai demandé de venir, en fait" annonça-t-il à Madeline.

Il attrapa une de ses mains.

"J’étais tellement triste que vous n’ayez pris ni mon poème, ni mes fleurs, je me suis dit que je devais trouver un autre moyen de vous aborder, hors du cadre professionnel. Sans compter que vous avez besoin de vous aérer l’esprit ! De sortir !"


Il adressa un coup d’œil à Constance.

"N’est-ce pas, que j’ai bien fait de la faire venir ?"


Derrière eux, au milieu de quelques adolescents belliqueux, Pierre, toujours caché derrière l’arlequin, commençait à verser de grosses larmes de frayeur. Il sentait que le jeu était en train de dégénérer. Les plus grands n’avaient pas l’air de s’amuser.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 18 Oct - 18:50

Les jours fériés étaient une bénédiction. Les jours fériés ET de fête frisaient la plus parfaite béatitude. Alors que dire de ce jour où, à ces deux éléments, se rajoutait une sortie en famille ? EN FAMILLE ! Toute la famille. Même son père !
Déguisée en Colombine, Hermeline sautillait allègrement de cousins en cousines, de tantines en oncles, babillant et conversant avec une énergie proprement terrifiante. De temps en temps elle fendait la foule pour rejoindre ses parents, histoire de vérifier qu'ils n'en étaient pas venu aux mains puis repartait, rassurée. En ce jour tout semblait parfait, puisque le major et maman ne s'était encore disputé que cinq fois et que le petit poux lui avait lâchée les basques pour aller jouer avec ses copains de classe, loin.

Au détour d'un stand cependant, son enthousiasme désarmant connu un arrêt impromptu. Avançant à petit pas, ses grands yeux écarquillés de surprise, l'index tendu en une muette accusation, la petite jeune fille contemplait une impossibilité flagrante, une terrible incohérence, une discordance effrayante de l'espace-temps : Madeleine avec un homme. Madeleine avec ses mains dans celle d'un homme. D'un homme qui n'était pas de la famille...

Se glissant vers le petit groupe, l'air complètement désemparée, elle se planta devant le couple, le doigt toujours tendu vers eux, le regard allant de sa cousine au militaire avec une rapidité qui dénonçait sa surprise.

"Madeleine ?!?!? Tu es venue ?? Avec... Lui ?????" Bredouilla-t-elle, l'air aussi intelligente qu'une poule devant une ouvre-boite.
"Et vous, vous êtes qui pour parler à ma cousine comme ça ?" Dit-elle, l'air soudain plus vindicative mais toujours aussi gourde, en désignant leurs mains jointes. "Vous avez demandé à son père la permission de l'inviter ? Qu'elles sont vos intentions ?" Grinça la jeune fille, très suspicieuse. La réputation des Pelous et de leurs femmes à divers degrés de filiations étant ce qu'elle était, certain godelureau s'imaginaient parfois pouvoir se permettre quelques privautés avec sa parentelle. Il était hors de question qu'on fasse de la peine à Mado !
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 18 Oct - 21:45

Chercher un cadeau pour rendre la joie de vivre à un adulte, quel travail passionnant. Car, qu’est ce qui pouvait bien rendre heureux un adulte. S’il s’était agi d’un adolescent comme Tim, cela aurait été très simple, une copine et hop c’était la joie assurée. Ou bien un animal car tous les enfants aimaient avoir un truc à eux et si possible un truc vivant. Alors ouais, une fille c’était un super cadeau, mais bon, en général elles refusaient, chouinaient, ou bien encore pestaient à propos de tout. Donc mieux valait un animal. Et en y réfléchissant bien, même les adultes semblaient aimer les animaux.

Mais quel animal pouvait-on bien offrir au chef de la Gestapo ? Un chien ! Oui, un berger allemand bien sauvage et féroce ! Mais ça c’était complexe à trouver et Tim n’avait tout de même pas envie de se faire mordre. En plus, s’il était féroce, il ne ferait pas plaisir tant que ça à l’homme parce que le jeune garçon doutait que les morsures soient plaisantes. Donc il fallait trouver autre chose, quelque chose de viril, de puissant, de magnifique !

Il n’avait pas encore l’idée mais ça allait venir. En fait, en son for intérieur, il savait exactement quoi trouver comme animal, cela faisait bien longtemps qu’il en avait envie qui plus est. Car oui, il avait repéré l’homme, ses gros bras à ses côtés et il trouvait que … l’image même du gestapiste était exceptionnellement décourageante et déprimante. Donc il lui fallait quelque chose qui fasse l’impression contraire.

Et comme Timothée avait retiré d’office le chien, il restait, outre les dragons pygmées dont une rumeur avait parlé, ou bien les oiseaux qui étaient tout de même complexes à entretenir, les chats ! Car un chat c’est fier et en même temps doux. Donc oui, Tim allait trouver un chat, mais pas un chat déjà sauvage, un chaton tout doux pour faire plaisir à ce monsieur Heinz Siedler.

C’est ainsi qu’on pu le voir se trainant dans tous les coins où pouvaient se réfugier les quelques chatons sauvages de Montreuil. Il semblait même réussir parfaitement à les connaître et il découvrit deux adorables petites boules de poils. Un gris cendré et un roux. Le gris était vraiment mignon, avec ses yeux plissés par la peur et sa queue qui avait triplé de volume. Il fallait l’offrir à ce monsieur. Le roux par contre était nettement moins sauvage à priori et Tim se souvenait encore qu’on lui avait dit que les chats roux étaient les plus doux de tous les chats. Or, non, il ne fallait tout de même pas jouer à ça, un gestapiste ce n’est pas tout doux, donc le gris ferait l’affaire.

Mais en même temps il ne pouvait pas offrir une famille à l’un et pas à l’autre ! Donc en se coulant dans le soupirail où les matous s’étaient réfugiés, il prit la décision de rapporter le second à la maman de Pierre Méliès. Elle accepterait de lui donner une famille !

Il parvint à acculer les animaux apeurés dans un petit coin et il les attrapa tous les deux. Enfin, il réussit parfaitement à se faire griffer et mordre les doigts. Bon, ils n’étaient pas des plus dociles mais ce serait très bien quand même. Et en enveloppant les deux petites boules de poils dans sa chemise, il réussit à les sortir de leurs trous.

Ensuite, il courut vers la place de l’Oiseleur avec sa prise et se figea. Il y avait une fille qui parlait avec madame Méliès. Bon, oui il y avait aussi Madeleine et un soldat français, mais c’était la fille qui l’avait fait se figer. Elle était belle et Tim se dit que finalement la journée n’allait pas être plaisante que pour le gestapiste.

Il ralentit le pas et arriva sans encombre auprès du groupe. Par contre, il ne voyant pas trop quoi faire pour expliquer qu’il avait deux chats. Et… il eut LE déclic !

- B’jour l’compagnie ! M’z’hommages m’demoiselle.

Il s’inclina devant la jeune fille et il sortit les deux chatons encore dans sa chemise. Il prit bien soin de les tenir par la peau du cou pour qu’ils soient sages et il tendit le gris à Constance et le roux à Hermeline.

- C’lui là c’pour vot’ patron, ça va lui r’donner l’sourire. Et c’lui là c’pour vous m’demoiselle, z’êtes trop jolie et ch’suis sur qu’il va vous plaire. Et puis c’gratuit, m’enfin s’vous voulez m’faire une bise c’pas d’refus.

Il fit un sourire éclatant à Hermeline tout en lui tendant toujours le chaton roux, enfin, roux poussiéreux, mais bon, les chats c’était comme les Tim, ça n’aimait pas tellement prendre de bains…
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 18 Oct - 23:09

En effet, Madeleine n’insista pas quand l’aviateur ne répondit pas à sa question. Il savait, c’était tout. La jeune femme se doutait bien qu’il avait dû prendre des renseignements quelque part pour connaître son nom, les fleurs qu’elle aimait, etc., mais elle ne savait pas si elle avait vraiment envie d’en savoir plus. Surtout qu’il n’avait pas l’air de vouloir dévoiler sa ou ses sources et qu’elle ne se voyait vraiment pas essayer d’argumenter pour le faire céder. Pour cela, il aurait déjà fallu qu’elle réussisse à ouvrir la bouche… Ce qui était loin d’être gagné. Aussi, la domestique se contenta-t-elle de baisser à nouveau les yeux et de ses réabsorber dans la contemplation des pavés, tandis que ses doigts continuaient à se nouer et se dénouer convulsivement.

Toutefois, si ses yeux ne fixaient aucune des deux personnes qui l’entouraient, ses oreilles, elles, étaient grandes ouvertes et ne manquèrent pas la question que Constance posa au capitaine. Aussitôt, même si elle était persuadée que l’aviateur ne pourrait pas répondre quelque chose de constructif, elle ressentit un élan de gratitude envers la femme. Non seulement, elle cherchait à l’aider à retrouver son frère, mais en plus, elle s’efforçait de ne pas lui adresser directement la parole. C’était exactement ce qu’il lui fallait. Sauf que, comme prévu, le Capitaine Wilson ne pouvait pas vraiment les aider puisqu’il ne connaissait pas Léon… mais savait qu’il était militaire.

Une fois encore, la stupéfaction coupa le souffle de Madeleine et, la bouche ouverte sous le coup de la surprise, avec l’air d’un poisson hors de l’eau, elle jeta un nouveau regard abasourdi au rouquin. Celui-ci ne la regardait pas – tant mieux – mais la domestique ne tarda tout de même pas à baisser la tête, tandis que des points d’interrogation sans fin prenaient naissance sous son crâne. Mais comment pouvait-il savoir tout ça ? Elle ne lui avait jamais rien dit et ce n’était pas des renseignements qui étaient connus au château. Ce n’était tout de même pas écrit sur son front, qu’elle s’appelait Madeleine Rollin, qu’elle aimait les violettes et que son frère Léon était militaire, si ? Et de toute manière, même si ça avait été le cas, il n’aurait même pas dû le savoir, puisqu’il n’aurait pas dû l’avoir remarquée.

Alors que tout allait de mal en pis et qu’elle ressentait de plus en plus l’envie de disparaître sous terre, Mado tâcha tout de même de se raccrocher à quelque chose, et le quelque chose en question se trouva être la phrase de Constance. Si tout ce qui se passait autour d’elle semblait échapper à la logique, le raisonnement de Constance, lui, semblait la seule chose à peu près normale, et la domestique hocha vaillamment la tête quand la femme lui demanda son avis. C’était en effet la meilleure des choses à faire, que d’essayer de lui décrire son frère, afin qu’elle puisse l’aider à le retrouver. Le seul problème, c’était qu’il fallait maintenant qu’elle rassemble assez de courage pour laisser de côté toutes les questions qu’avaient fait naître les déclarations successives du Capitaine Wilson, rassembler ses idées et ouvrir à nouveau la bouche pour prononcer une suite de mots suffisamment compréhensibles coordonnés entre eux pour aboutir à une description claire et… Comment ça, c’était inutile ?

Pour la troisième fois en quelques minutes seulement, Madeleine jeta un regard incrédule à l’aviateur qui osait dire que son frère n’était pas ici. Comment pouvait-il dire une chose pareille ? Il avait avoué de lui-même qu’il ne connaissait pas Léon, qu’il ne l’avait jamais vu – même s’il savait qu’il était militaire – comment pouvait-il savoir qu’il n’était pas là, surtout avec la foule qui se pressait sur la place ? Elle avait reçu une lettre de son frère qui lui disait qu’il était là, qu’il l’attendait, il ne pouvait donc en être autrement !

« Pour… ? » commença donc la jeune femme, avant d’être interrompue par la réponse du rouquin.

Cette fois, la stupéfaction ne se peignit pas sur son visage, mais les paroles de l’homme ne furent cependant pas sans effet. De rougissante, elle devint blême. Complètement pétrifiée, elle ne réagit même pas quand le Capitaine Wilson attrapa une des mains, et son esprit ne réussit pas à analyser l’explication fournie. Il ne se focalisait que sur certains mots qui paraissaient avoir une importance plus grande et oubliait le reste. Triste. Poème. Fleurs. Moyen. Aborder. Besoin. Aérer. Sortir. Non, non, non, ça n’allait pas du tout ! hurlait la petite – mais vraiment toute petite – partie de son esprit qui réussissait encore à émettre un semblant de pensée.

Madeleine en était là, complètement pétrifiée, quand quelqu’un d’autre apparut à l’extrême bord de son champ de vision. Quelqu’un qui ne lui était pas inconnu – chose dont elle était incapable de déterminer si c’était un bien ou un mal. Hermeline ! L’arrivée de la petite pensionnaire eut tout de même un effet positif sur la domestique : elle retrouva en partie ses esprits. Malheureusement, cette reprise de conscience s’accompagna évidemment d’une gêne intense. C’était un cauchemar, plus de doute là-dessus, et la jeune femme ressentit soudain la folle envie de se volatiliser, tandis ses joues reprenaient bien vite une couleur qui leur était plus familière que le blanc-cachet-d’aspirine, à savoir le rouge-écrevisse.

« Non, non, » murmura la jeune femme en s’efforçant de retirer ses mains de celle de l’aviateur.

C’était la seule chose qu’elle arrivait à prononcer, alors même qu’elle ne savait même pas vraiment à quelle question le « non » répondait. Non, elle n’était pas venue avec lui, non, le Capitaine Wilson n’avait pas bien fait de la faire venir – et quoi qu’en dise Constance – et non, elle n’avait pas besoin de s’aérer et de sortir. Non !

La venue d’une cinquième personne ne permit pas à la domestique de se sentir beaucoup mieux. Tout le monde allait donc converger vers le lieu où elle se trouvait ? Le fait que le nouvel arrivant soit Tim, c’est-à-dire quelqu’un qu’elle connaissait et qu’elle aimait même plutôt bien n’était déjà pas trop mal, mais ce n’était pas suffisant. Madeleine se contenta donc de hocher légèrement la tête en réponse au salut général du garçon et de lui jeter un regard suppliant pendant qu’il distribuait ses chatons. Il était débrouillard, Tim, il réussirait sans peine à la tirer de là pour lui permettre de rentrer à Sarnand le plus vite possible, n’est-ce pas ? Puisque Léon n’était pas là, il n’y avait aucune raison – et certainement pas de raison rousse qui portait des barrettes de capitaine – pour qu’elle reste là plus longtemps, non ?
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Sam 24 Oct - 21:48

Bon, la situation commençait à se décanter. Cependant, il y avait assez de jeunes enfants pour que certains aient peur des cris et des remarques des plus vieux. Il fallait donc pour Wolfgang cesser immédiatement de faire peur et comme certains n’avaient pas l’air d’accord cela allait être plus difficile.

Il attendit que l’aviateur devant lui parle et là il soupira. C’était quoi un vampire hein ? C’était un être qui suce le sang de ses victimes alors si lui ne le faisait pas qui allait bien pouvoir le faire ? Franchement, ces français, aucun sens de l’amusement. Même s’il le reconnaissait bien volontiers, Wolfgang aurait pu éviter ce type de déguisements.

Il allait répondre quand il entendit comme une cloche sonner. Il tourna rapidement la tête vers la source du bruit et fit un sourire enjoué. Le repas était servi ! Ca c’était un moyen de mettre tout le monde d’accord ou bien il n’y comprenait plus rien. Franchement, français ou non, ils étaient des adolescents et comme tous les adolescents qui se respectent, ils avaient faim !

Il sortit donc de sa cachette et s’inclina devant son public.

- Messieurs, mesdames, merci pour votre attention, le spectacle est terminé.

Il s’inclina à nouveau avant de se pencher devant les enfants les plus apeurés.

- Voila c’est fini, vous croyez que je peux essayer de manger comme vous ?

Il ne s’attendait pas à un oui franc et massif, mais il y aurait bien un téméraire qui lui répondrait, c’était ce qu’il voulait et ce qu’il souhaitait. Il regarda ensuite l’arlequin qui avait finalement détourné les yeux comme s’il était dégouté. Allons bon, il venait de se rendre compte que Wolfgang était allemand ou quoi ? Et si c’était le cas, il ne valait pas mieux que les autres.

Le vampire resta agenouillé devant les petits et finalement décida qu’un geste était certainement ce qui était le mieux. Il regarda le petit rouquin caché derrière l’arlequin. Il avait choisi le petit pour deux raisons, la première c’était qu’il n’avait pas l’air aussi apeuré que certains et qu’il avait certainement du courage, la seconde c’était parce qu’il était derrière l’arlequin et que Wolfgang comptait bien lui montrer ainsi qu’il avait bien compris son manège.

- Je crois qu’ils nous donnent à manger, tu viens avec moi pour me dire ce qui est bon ?

Il tendit une main que le garçonnet pris et il se redressa pour se diriger vers les rôtissoires où la queue commençait déjà à se faire. Mais le parfum de la viande grillée avait une vertu apaisante, ce n’était pas si grave d’attendre si jamais les victuailles étaient toutes proches.
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La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)

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