La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941) - Page 2


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La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)

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Française
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Sam 24 Oct - 22:16

Et bien il s’en passait des choses à cette Fête. Constance regardait tour à tour le capitaine et la jeune femme et se demandait si ce dernier avait choisi la bonne technique pour la faire s’ouvrir au monde. L’inviter sous un faux prétexte n’était certainement pas la meilleure solution pour vaincre sa timidité. Il fallait qu’elle intervienne, mais qu’est-ce qu’il parlait !

Et quand il eut terminé, il trouva le moyen de lui demander son avis en la forçant pratiquement à répondre oui à sa question. Elle soupira et réfléchit à une réponse pouvant montrer son approbation sur la présence de la jeune Madeleine et sa désapprobation sur les moyens employés par le militaire. Mais avant même de pouvoir ouvrir la bouche, une jeune fille arrive et commença à parler.

Allons bon, une défenseuse de la vertu de la jeune femme ! Une cousine effarée visiblement par ce que sa parente était en train de faire. Et une jeune fille qui n’avait même pas eu la politesse de se présenter. Cela, Constance ne pouvait le laisser passer.

- Bonjour mademoiselle, je ne crois pas vous connaître.

Elle poursuivit tout de même assez rapidement pour plusieurs raison, déjà elle voyait revenir Timothée avec quelque chose dans les bras et en plus elle ne voulait pas faire croire à la demoiselle en question qu’elle était réellement vexée. Elle voulait lui inculquer la politesse mais pas au détriment d’une gentillesse certaine.

- Cependant pour vous répondre et pour répondre au capitaine, il me semble que Mademoiselle Rollin aurait dû avoir le choix même si je suis ravie de sa présence avec nous.

Et alors qu’elle terminait et que Madeleine finissait de murmurer, Tim débarqua avec deux chatons. Alors ça c’était étrange. Constance retint un rire quand elle vit qu’il semblait tourner toute son attention vers la nouvelle venue et elle manqua de s’étrangler en entendant qu’elle réservait l’un des deux félins à son patron.

Cela allait être délicat à expliquer à l’enfant, mais elle doutait qu’un chaton, aussi mignon soit-il pourrait dérider Monsieur Siedler. De plus, il lui semblait que l’homme avait des allergies et ce n’était certainement pas la solution adéquate pour lui. Mais si jamais elle disait qu’il était allergique aux poils de chat alors que ce n’était pas vrai, Timothée serait triste. Et comme il risquait déjà de l’être à cause de la réponse à venir de la demoiselle inconnue.

- Je ne suis pas certaine que ce soit le meilleur cadeau pour lui.

Voila, c’était bien comme ça. Avec un peu de chance Timothée n’argumenterait pas et elle parviendrait à le raisonner facilement… avec beaucoup de chance même…

En tout cas elle était curieuse de voir comment allait évoluer la relation entre les deux plus jeunes de leur groupe disparate. Et, voyant du coin de l’œil que le repas était servi, elle décida de se servir du capitaine.

- Capitaine, vous seriez adorable si vous alliez nous chercher pour Madeleine et moi quelque chose à manger. Je pense que vous, les enfants, vous allez vouloir manger ensemble.

Oui, elle pouvait bien laisser un espoir à Tim tout de même. En tout cas, elle ne fit pas un geste en direction du chaton qui ne semblait pas particulièrement domestiqué.
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Allemand
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 25 Oct - 10:43

Non, Engel n'avait pas envie d'aller à cette fête ! Non, en rien il n'aurait voulu y mettre les pieds, encore moins s'y éterniser, au milieu de tous ces gens qui n'était pas les siens et qu'il ne connaissait pas. Il avait peur, voire une sainte horreur d'être ainsi confronté à cet embryon de force alliés qui certes avait connu la défaite mais n'en restait pas moins le symbole encore tenace de leurs sempiternels ennemis.

Ce jour-là, pas grand chose à faire à Sarnand. Les militaires, aussi bien Français qu'Allemands, avaient ainsi la possibilité de se rendre à Montreuil pour faire partie des quelques cinglés de cette nouvelle petite sauterie franchouillarde et pacifiste. Inutile de dire qu'Engel avait eu d'autres desseins... et inutile d'avouer aussi que tout son charmant équipage en avait décidé tout autrement. Ils iraient sur la place du village pour profiter ! Au diable le travail, les tâches et les corvées puisqu'elles étaient terminées... et ce depuis longtemps ! Et quant aux intentions du Capitaine à vouloir surcharger bêtement leur emploi du temps, ce n'était même pas la peine d'y songer ! L'un de ses Flieger, un certain Volker Zeischer, s'empressa de couper court à toute objection et annonça :

"Vous n'êtes pas sorti de la base depuis votre arrivée, mon Capitaine. Il serait peut-être temps de songer à vous faire connaître les environs ?".

Et devant la mine renfrognée de ce dernier, jetant un regard en coin à ses camarades, il poursuivit :

"Vous serez pas déçu. En plus, les filles sont plutôt jolies...".

"Faudrait pas vous en cacher, Capitaine, rétorqua un autre - Friedrich Mäller, chacun a besoin de son petit réconfort de temps en temps...".

Mais Engel avait ajouté que, certes, il n'avait rien contre une quelconque présence féminine -surtout si elle était agréable à regarder. Mais que... non, il éviterait d'en déshabiller aucune du regard surtout en la présence des enfants du village. Ses hommes se prirent à rire de bon coeur mais il ne se joignit pas à eux. Après tout leur décision était prise, il semblait ne plus rien avoir à dire... et puis c'est vrai qu'il désirait changer d'air un peu ! C'est vrai qu'à force de tourner en rond il s'inventait des travaux inutiles ou refaisait cent fois les mêmes choses. Il fallait qu'il sorte de cette enclave, qu'il s'oxygène. Montreuil et sa fête des clowns... ou fous, peu importe, semblait tout à fait disposée à pleinement remplir ses attentes.

Mais même s'il ne se faisait pas prier il ne resterait pas longtemps. Juste histoire de tâter le terrain, de prendre la température ambiante, de discerner s'il risquait quoique ce soit puis il repartirait chez lui, à la base. Ainsi chacun serait servi !
C'est donc en compagnie de ces six jeunes hommes qu'Engel Valareï prit le téléphérique direction Montreuil et la Place de l'Oiseleur. En tête de cette vaste mascarade le dénommé Volker suivit de près par Friedrich puis du timide Matheus, de cette brute épaisse de Wolf et des deux joyeux lurons presque aussi délurés que lui : Piotr et Adrian.

Que de rires, que de cris, que de brouhaha dans cette petite naselle ! Engel crut bien un instant que jamais ils ne toucheraient le sol ! Et ça jaquetait dans tous les coins, si bien que d'autres militaires leur avaient gentiment cédé la place sur un "on prend le prochain" des plus polis, sous couverts de pouffements stupides. Valareï, de mauvaise et méchante humeur, gardait le visage baissé, une ride tendue tirant ses traits et les lèvres définitivement fermées et pincées. Lorsque l'un d'entre eux s'efforçait de lui être agréable et serviavle, il répondait laconiquement et sur un hochement de tête permanent : "ça va, merci".
Et tandis qu'il plongeait vers la fête, son trouble se faisait plus grand, plus présent. Il envahissait son être presque à en tétaniser les muscles. Et c'était insupportable de se savoir aussi aux abois et à la merci d'une crainte qui n'aurait jamais eu lieu s'il n'avait pas cédé !

Engel ne parlait pas Français.

Mais ses hommes ne se débrouillaient pas si bien pour autant. Certains, à force de trainer dans ce trou à rats, avaient fini par développer un véritable sens de la répartie -surtout en matière de femmes- alors que d'autres -comme Matheus- avait appris la langue lors de leurs petites classes et la maîtrisait ainsi avec un certain style. Mais lui, à part "bonjour", "au revoir". Même "s'il vous plaît" il n'y connaissait rien ! Enfin, en Allemand non plus si l'on y réfléchissait bien...
Il était évident qu'une fois arrivé là-bas il serait des plus embarassé. Et qu'ainsi deux chois s'offraient à lui : passer pour le dindond de la farce en essayant de s'exprimer. Ou tous les envoyer paître et rester muet. Il envisageait très nettement la seconde option...
Et ce fut comme s'il lisait dans ses pensées :

"A ce propos, Capitaine, lança Wolf dans un élan de conversation soudain, vous parlez Français ?".

"Il a fait la bataille d'Angleterre, glissa furtivement Piotr, laisse tomber, il parle qu'anglais !".

Non, il ne parlait aucune langue ! Oui, il avait été loin dans ses études ! Non, il n'était pas très doué lorsqu'il fallait parler autrement que dans la langue de Goethe. Aah Goethe... son Goethe...
Il lui adressa un sourire poli et rétorqua à l'intention de Wolf :

"Non, je ne parle aucune de ses deux langues. Enfin... non c'est inexact. Je parle un peu anglais, voila tout".

"C'est déjà pas mal ! Assura Friedrich, y en a qui sont illétrés ! Pas vrai, Volker ?".

"J't'e**erde ! Oops... pardon, mon Capitaine".

"Non mais sans rire, reprit Wolf, vous ne connaissez pas quelques petits mots ?".

"A part "bonjour et "au revoir", concéda l'autre, c'est tout".

Un sourire béa d'enfant rehaussa les grosses bajoues de Wolf. Il ajouta d'un ton certain :

"Alors on va vous en apprendre quelques uns !".

C'était vraiment à se demander comme certains pouvaient sortir de Stuttgart... A les entendre, c'était comme s'il avait vécu toute leur vie au comptoir du bistrot du coin. Ils en connaissaient des pas mal, des biens même ! Engel se prit même à rire de temps en temps tant l'accent Français des plus téméraires était forcé à l'extrême. La fin de la descente ne fut pas sans quelques chamailleries bon-enfant et quelques plaisanteries douteuses -qui aurait valu au petit Engel qu'il avait été les mains de sa pieuse mère plaquées sur ses oreilles- qu'il ne releva que par un très fin sourire...

Le temps était venu d'arpenter les rues de Montreuil en direction de la place de l'Oiseleur. Il y avait, comme en écho sur les murs, quelques relans de festivités, de rires, de chansons, de joie... Vivifiant, la joie. Ca vous transforme son homme ! Ca donne une toute autre dimension à l'endroit ! Et déjà on l'imagine moins défoncé et creusé par les bombes, les routes explosées par les trous de mortier, les murs lacérés de balles perdues. Certaines visions de fin du monde ne vous quittent jamais...

Volker et Wolf menaient la marche tandis que les autres étaient restés un peu en retrait à apprendre les derniers mots que leur vocabulaire Français comportait. Engel les écoutait avec attention, juste avant que l'horizon ne s'ouvre et qu'il ne se fasse haper tout entier pour l'ivresse de la fête, des jeux, des rires.
Toute cette effervescence s'étendait de long en large sur la place de l'Oiseleur. Le Capitaine en blémit de stupeur et parut presque tourner les talons pour repartir. Mais la fierté était encore trop présente et l'humeur générale de ses compagnons bien trop positive pour qu'il se le permette seulement... Il se râcla la gorge et fit mine de s'intéresser à ce qui se passait. Au fur et à mesure qu'ils marchaient sa tête se tournait d'un côté comme de l'autre comme l'oeil d'un sous-marin.

Ca et là, des enfants déguisés qui couraient les uns après les autres, trébuchaient, tombaient, criaient, rigolaient... Des filles occupées à se mettre des fleurs dans les cheveux, à taper les garçons lorsqu'ils tiraient leurs nattes, à se faire des messes basses, à taquiner leurs ainées... Des adolescents, déguisés ou non, plus calmes peut-être ou tout du moins plus sages. Les filles aidaient à mettre les tables et à y déposer la viande venant des rôtissoirs. Il n'imaginait pas qu'il y en ai à foison. Siedler était "bon" mais pas à ce point-là. Alors que les garçons s'amusaient avec les enfants ou aidaient à entretenir la flamme. Laquelle ? Devinez donc !
Les adultes étaient attablés, les familles contentées. Certains couples gardaient un oeil vigilant sur leurs enfants. D'autre préféraient rires et s'amuser en beuglant des chansons qui n'avaient aucun sens... pour lui tout du moins. Cependant, il reconnaissait aisément l'air de l'Internationale !

Engel se fraya un chemin parmi les otoctones, passant tout près d'un couple -visiblement- fait d'un homme de haute stature, galonné, aux cheveux roux, d'une jeune femme et d'une plus âgée blonde. Il ne le reconnut pas tout de suite mais il lui sembla avoir déjà vu ce rouquin quelque part... Son regard se posa à peine sur lui. Il avait décidément la désagréable impression d'être en territoire miné. Deux enfants les rejoignirent dont une petite blonde et un petit brun des plus... crasseux ? Négligé ? Hmm ? Qui convenait le mieux ? Soit, imaginons que c'était là un déguisement ! Mais son attention était charmante : déposer un chaton aussi propre que lui entre les mains d'une petite fille aussi fraîche et pouponnée qu'une poupée de porcelaine... Dire que lui c'est à peine s'il pouvait leur adresser la parole à 14 ans... Mais bon.

Il continua à travers la foule, sans trop s'adresser à ces éventuelles connaissances, puis se prit à heurter une jeune femme transportant tout un service d'assiettes sales.
"Pourriez pas faire attention, non ?".
C'était quoi ce charabia ? Fallait-il sourire ? S'énerver ? Se cacher ? Se...
Ok s'excuser ! Lui demander pardon serait le mieux. Puis d'ailleurs étant donné l'air médusée qu'elle prenait. Elle ne devait pas s'attendre à être percutée par un Allemand en uniforme. Enfin un "Schleu" comme ils disent.

"Entschul... ôw eûh... ezcuzez-môi !".

C'était toujours mieux que rien ! Elle bredouilla quelque chose elle aussi assez pâle, assez confuse, puis s'en alla vers une table. Et Engel de continuer sa route sur un "mein Gott" pas plus rassuré...
Et cette foule compacte dont la plupart chahutait, manquant de le frôler. Il n'était décidément pas plus à l'aise. Volker et les autres s'étaient déjà dispersés sans attendre son avis. Seul Matheus restait, attentif à ce que son Capitaine pourrait lui demander. Peut-être avait-il songé qu'au milieu de tous ces Français et ne parlant pas la langue il ne pourrait jamais s'y retrouver. Aussi hésitait-il sincèrement à prendre le large. Pourtant ce n'était pas l'envie qui lui manquait d'aller s'asseoir à une table devant une bonne bière fraîche en compagnie de ses amis. Engel lui déposa une main sur l'épaule.

"Allez-y, Jocht. Vos copains vous attendent".

A cette réaction le jeune homme se tourna vers lui, incrédule.

"V... vous êtes sûr, mon... mon Capitaine ?".

Sous-entendu : vous, là-dedans, vous allez vous débrouiller en baragouinant trois mots pour vous faire comprendre ?

"Vous êtes mon interprête officiel maintenant ? Plaisanta-t-il, allez ! Filez !".

Le jeune pilote l'en remercia sur un sourire des plus effacés et partit rejoindre le reste de la petite troupe déjà occupée à bavaser avec des filles du quartier... semblait-il. Ces Françaises... Oui, elles étaient vraiment jolies. Même dans les villages les plus reculées, elles demeuraient d'un charme tout à elles et bien particulier. Celles de Paris et des autres grandes villes étaient, certes, plus apprêtées mais au moins elles avaient une grâce et une mise que n'avaient pas la moitié de ces austères Anglaises. Il se prit à rire à ses propres pensées puis commença à chercher dans le tas quelqu'un susceptible de bien vouloir lui traduire la langue. Certes il avait déjà appris à dire : "une bière et fissa !", "à manger, j'ai faim !" ou encore "quelle heure il est ?" mais il doutait sincèrement que ces propos soient dotés d'une quelconque politesse. Son regard s'attarda un peu plus sur chaque personne présente... Pas difficile de jouer les sentinelles quand on fait près d'un mètre quatre-vingt dix.

Le pilote roux était Français, c'était certain, mais il ne lui avait jamais vraiment parlé. Donc impossible de savoir si ce dernier se prêtait à de quelconques traductions. L'une des jeunes femmes travaillaient à Sarnand semble-t-il... mais là aussi il ne lui avait jamais adressé la parole. Elle était Française ! Il n'avait pas à le faire. Le reste des personnes les entourant ne lui étaient pas connues, aussi décida-t-il de passer à autre chose.
C'est à cet instant précis que la cloche sonna l'heure du repas. Engel tressauta mais dût bien se rendre compte qu'il n'y avait aucun mal à cela... Dieu qu'il était tendu ! Il fixa le ciel sans trop de nuage et d'un bleu éclatant, jaugeant le clocher de l'église puis se déplaça lui aussi au niveau des rôtissoirs. Quelle ne fut pas sa surprise de croiser en chemin toute une ribambelle de gamins dont quelques uns d'entre eux étaient foncièrement plus âgés et aussi costumés. De l'originalité dans leurs habits, y avait pas à dire... Un arlequin, un chevalier, un pilote -magnifique celui-là- et une espèce de créature des plus étranges tombées dans la suie. Cette dernière s'adressait d'ailleurs aux plus petits et c'est en l'approchant qu'il put enfin se rendre compte de qui il s'agissait.

Cet accent, cette manière de parler... le ton doux était trompeur mais il lui semblait bien y reconnaître l'un des Flieger Allemands de la base. Enfin une âme charitable à portée ! Peut-être que ce jeune garçon accepterait de lui prêter main forte ? D'ailleurs, il ne lui laisserait pas grande occasion de faire autrement.
Le jeune homme prit la main d'un garçonnet et se dirigea vers l'une des queues des rôtissoirs avant même qu'il n'eut fait quoique ce soit. Décidément les enfants... toujours aussi impatients ! Mais le Capitaine Valareï ne se fit pas plus attendre et les rejoignit dérechef. Il se planta derrière eux et n'attendit pas plus longtemps pour tapoter sur l'épaule d'une jeune Allemand déguisé. Il attendit que ce dernier se tourne pour s'abaisser de toute sa hauteur vers ces deux gamins.

"Guten tag, mein Freund, souffla-t-il sur un ravissant sourire, wie geht's ?".

Son ombre imposante se profilait sur eux, offrant ainsi à ce vampire improvisé l'ombre dont il avait besoin pour survivre... si l'on en suivait le domaine de l'imaginaire. Le petit garçon qui le suivait ne semblait pas des plus à l'aise. Il poursuivit, toujours en Allemand :

"Capitaine Engel Valareï, Flieger nouvellement arrivé à Sarnand".

La foule lâcha deux personnes contentées et prête à se nourrir. Ils avançèrent d'un pas. L'homme n'en perdit pas le sourire...

"C'est pour cette raison que vraisemblablement nous ne nous connaissons pas. Ou simplement de vue".

Un nouveau regard au petit garçon pétrifié et il continua tout de go :

"A cela, j'aurais un service à te demander, jeune homme...".

La queue avança de nouveau, coupant court à la conversation. Engel marqua un trait d'irritabilité mais ne se laissa pas plus impressionner. Il attaqua :

"Je ne parle que très peu Français, glissa-t-il en douce, pourrais-tu te faire mon interprête ? Ou sinon m'apprendre quelques mots ?".

Il sentit la gêne, cette présence appeurée et toute proche de l'enfant à sa droite. Il tourna son visage vers lui et laissa son sourire s'agrandir de bienveillance. Il ne lui voulait aucun mal et il souhaitait que ce môme le sache. Ainsi lui présenta-t-il sa main en signe "d'enterrement de hache de guerre" tout en ajoutant sur un accent Bavarois à couper au couteau :

"Bônchour, çâ vâ bien ?".

Pas de réponse. Aïe ! Peut-être s'était-il mal exprimé ou avait-il lâché un mot en route ? Toujours fut-il qu'il ne se faisait pas plus comprendre que cela...

"Charmant garçon, va...", finit-il en lui ébouriffant les cheveux.

Il se redressa par la suite puis continua de patienter ; aussi bien pour la réponse du jeune Flieger que pour la nourriture. Ces éfluves de viandes grasses lui avait ouvert l'appétit !
 
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Grand Vizir
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 25 Oct - 20:40

Stéphane travaillait avec les dragons depuis près de dix ans, et avait affronté plus d’une tempête sur leur dos. Il savait que le plus bleu des cieux pouvait s’emplir de nuages en quelques heures, et ne fut donc pas surpris que tout dérape lorsqu’il attrapa les mains de Madeleine. Constance ne semblait pas approuver la tournure des événements, et même le plus encourageant des sourires ne parvint pas à la dérider. Stéphane comptait donner quelques arguments pour défendre sa position lorsqu’une adolescente se planta devant lui. Un peu désarçonné, il lâcha les mains de Madeleine, puis croisa les bras sur son torse.

"Je suis le Capitaine Stéphane Wilson, sur la Fleur-de-Nuit Nobilitas. Je n’ai pas demandé la permission de son père, mais j’ai la bénédiction de sa mère et de sa grand-mère. Elles savent que je ne lui veux aucun mal. Je souhaite simplement lui prêter mon bras pour cette Fête, rien de plus, mademoiselle... mademoiselle ?"

Il était presque sûr de l’avoir vue à Sarnand, mais ignorait son nom. Constance choisit ce moment pour lui faire remarquer que son invitation n’était pas des plus courtoises, et que Madeleine n’avait pas eu le choix. Vaguement agacé, il se tourna vers elle et lui répondit :

"J’essaie d’être agréable avec Miss Rollin mais tous mes efforts restent vains. Je lui ai offert des fleurs, elle n’en a pas voulu, je lui ai préparé une lettre, elle me l’a laissée ! J’ai été obligée d’inventer un stratagème alambiqué pour qu’elle accepte de rester en ma compagnie plus de cinq secondes, c’est un comble tout de même !"

Finalement, dans cette histoire, c’était lui, la victime !

Tandis que Constance s’occupait d’un môme et de son chaton, Stéphane se détourna de Madeleine quelques secondes, pour voir ce que faisaient Pierre et François. Il fronça les sourcils lorsqu’il vit Wolfchen prendre la main du petit rouquin, et pinça les lèvres quand un grand blond, qui ressemblait beaucoup à un Allemand, se pencha sur son petit garçon. Il fut rappelé à l’ordre par la voix de Constance.

"Hmmm ? Oui, bien sûr"

Oubliant Madeleine, il fila vers Wolfgang et Engel. Pierre, très impressionné par Engel, lâcha aussitôt la main du pilote d’Orion, pour aller s’accrocher aux genoux de son père.

"Papa, j’ai peur" chouina le petit roux.

Stéphane l’attrapa aussitôt pour le jucher sur ses épaules.

"Messieurs..." lâcha-t-il en guise de salut, d’une voix froide, avant de s’approcher du buffet.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 25 Oct - 22:19

Enlaçant d'une main la taille de sa cousine, ce dans l'espoir un peu vain de lui offrir la protection de son corps, Hermeline toisa le rouquin de toute sa (faible) hauteur. Non mais qu'est-ce qu'il racontait ce grand escogriffe ? Si tante Ernestine pouvait éventuellement acquiescer à une invitation pour sa fille, la pauvre mamie Sophie ne pouvait plus rien permettre puisqu'elle était décédée ! S'apprêtant déjà à ruer dans les brancards et à mettre l'affreux suborneur de jeune fille face à ses mensonges, la petite pensionnaire fut interrompue par Constance, qu'elle n'avait tout simplement pas remarquée.

Clignant plusieurs fois des yeux, elle prit enfin conscience d'une présence supplémentaire. Dégainant son plus joli sourire à fossettes, elle lança un regard polaire à Stéphane qui lui demandait son nom et choisit en tout état de cause de répondre à sa voisine.

"Hermeline Von Lichtenchtein, je suis la petite fille de Pierre-François Libbrecht, et vous ?" Dit-elle avec une petite révérence, juste avant de tirer la langue à l'aviateur et de grommeler "Vous, je vous connais et je crois bien que je ne vous aime pas du tout !" Car non content d'embêter sa Madeleine, le sieur Stéphane osait encore se plaindre, ce culot !

Mais un interlude bruyant et quelque peu crasseux vint interrompre les velléités guerrières de la blondinette. Sous son regard étonné, une petite chose gémissante, au museau rose, s'interposa soudain entre elle et l'objet de sa ire qui déjà s'éloignait en direction du buffet. Ce rouquin là était nettement plus mignon et attendrissant que l'autre. Sans commune mesure.
Récoltant le chaton au creux de ses bras, Hermeline profita du calme relatif de la bestiole pour essayer de comprendre comment elle s'était retrouvée là. Un coup d'œil et surtout une oreille attentive, lui permirent de mettre sinon un nom, du moins un visage et une situation sur le garçon qui venait d'arriver.

"Regarde Mado comme il est mignon ce petit chat !" S'exclama-t-elle, attendrie. Il faut dire que la bestiole, avec ce sixième sens propre à tout les roux et à toute les bêtes, venait de comprendre que la place était agréable, chaude, moelleuse et qu'avec un peu d'efforts, genre ronron et léchouillage de doigt, il pourrait même espérer un petit truc à manger.
"C'est pour me remercier de la séance photo que tu me le donne ?" Demanda-t-elle enfin à Tim avec un sourire moqueur. Car si le déguisement n'était pas le même, le phrasé si caractéristique lui, trahissait le visiteur qui avait mit tant d'animation au dortoir quelques jours auparavant... "J'espère que tu m'en donneras un double et ton nom, que je puisse la faire encadrer !"
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 25 Oct - 23:16

La situation avait finit par s'apaiser finalement, et le jeune garçon semblait ne plus être aussi impressionné le pseudo vampire qu'au début. Roger semblait finalement avoir lassé le jeune Allemand, Il haut son épée et se mit à crier (pas trop fort quand même).
- Victoire!
Peter grimaça à cause du double sens qu'avait cette phrase. Victoire, certes mais sur qui? le vampire? L'Allemand? Cela gênait Peter et n'aidait pas beaucoup à apaiser la pleine crise d'identité qu'il traversait en ce moment. Dès qu'il eût gueulé un coup, Une marée de gamins hystériques fondirent sur leur héros qui avait du mal à garder l'équilibre. Peter put prendre sa revanche par rapport au costume d'Arlequin et se moquer allègrement de son ami qui était en bien mauvaise posture. Ce dernier brandit ensuite à nouveau son épée en direction des rôtissoires avant d'ajouter.
- Allons festoyer pour célébrer cette victoire.
A nouveau, tous les enfants s'élancèrent en entraînant le chevalier et ses deux amis Français. Peter lui, resta planté là, tout seul. Tout seul et aux yeux de tous! Il avait intérêt à se cacher vite fait s'il ne voulait pas être la risée de tout le collège. Trop tard. Il entendit qu'on l'appelait dans son dos. Il se retourna, paré à faire face à celui qui l'avait appelé.
- M'en fous de ce que vous allez dire je... Tim?!!
En effet, son ancien collègue voyeur était ici, à quelques mètres et lui faisait signe de se rapprocher. Et il était avec une fille en plus... Attends voir? LA fille? Unes de celles qui étaient dans le pensionnat un mois plus tôt! Un malheur n'arrive jamais seul pas vrai? Il se rapprocha donc doucement des deux autres, les joues un peu plus ougies par la honte à chaque pas. La honte d'avoir joué les voyeurs mais aussi (et surtout) celle d'apparaître ainsi vêtu.
- Bonjour...
Bredouilla-t-il en fixant ses pieds. Peut-être que s'il ne la fixait pas dans les yeux, elle ne le reconnaîtrait pas?
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Sam 31 Oct - 12:59

Wolfgang regarda la personne qui l’avait interpelé et il soupira. Un allemand, quelle chance incroyable, et si cela se trouvait, cet allemand serait aussi un allemand de Sarnand qui avait quelque chose à lui demander. Il garda la main de Pierre dans la sienne et continua à avancer. Il ne devait pas se laisser faire, il était de repos et non, cet homme n’avait aucun ordre à lui donner.

Il se présenta et Wolfgang haussa un sourcil à son nom. Allons bon, un nouveau qui croyait certainement avoir trouvé un gentil petit soldat pour lui faire visiter la ville. Et même lui servir d’interprète, mais il s’était trompé de bonne poire et il allait certainement très rapidement déchanter.

D’ailleurs il ne le laissait pas parler, ce qui arrangeait plutôt Wolfgang, même si en même temps il faisait encore plus peur au petit garçon à ses côtés. Mais quel sombre idiot d’oser ainsi parler avec une voix trop accentuée ! Wolfgang s’apprêtait à répliquer quand le père du petit en question arriva et lui enleva l’enfant. Le jeune pilote regarda l’homme partir et il sourit, allons bon, il attirait les capitaines lui aujourd’hui !

Mais puisque le gamin était parti, il pouvait répliquer ouvertement face au soldat. Il se retourna sans plus faire attention à la file qui attendait avec une grande impatience sa pitance et il fit son plus beau sourire au pilote.

- Hauptman, je suis vraiment navré de votre mauvais français croyez moi, mais il me semble que je ne suis pas sous vos ordres. De plus, si jamais vous songiez un instant à insister, je me verrais dans l’obligation de vous indiquer des termes assez colorés pour répondre en français et croyez moi, vous n’aimeriez pas cela le moins du monde. Alors, maintenant laissez moi et faites comme tous les soldats, apprenez sur le tas. Je suis certain que certaines françaises seront plus que ravies de vous apprendre des mots comme chéri ou amant. Alors maintenant même sans votre permission, je me dois de vous laisser, vous savez ce que c’est, nous autres les jeunes nous avons toujours faim.

Oui, il avait dû ainsi comprendre que Wolfgang n’était absolument pas prêt ni même décidé à obéir à un ordre aussi stupide. Et que le jeune pilote ne serait pas un bon petit soldat prêt à lui lécher les bottes sur une simple demande. Déjà qu’il le refusait à son oncle, commandant la base, alors à cet homme inconnu, il ne l’accepterait jamais.

Il avait dû aussi comprendre que Wolfgang n’était pas le genre de garçon silencieux et s’il voulait encore un petit discours, il n’avait qu’à tenter d’insister, mais à ce moment là, Wolfgang risquait fortement de lui créer ouvertement des problèmes. Ce serait dommage non ?

En tout cas, la file avait bien avancé durant le petit discours du pilote et il se précipita dans l’espace vide pour avoir sa part. Miam, de l’agneau bien cuit à la broche avec des pommes de terre ! Ca c’était une vraie fête !

En tout cas, il fut rapidement servi et il s’éloigna tout aussi vivement, espérant, sans trop y croire que l’homme allait le laisser en paix.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Sam 31 Oct - 13:18

Tim était aux anges, on le laissait tranquillement offrir son cadeau à la demoiselle et il pouvait sans aucun doute trouver ainsi une place dans son cœur. Car ce n’était pas difficile de se faire aimer des demoiselles, il suffisait d’être, comme Timothée, un parfait petit ange. Bon, un ange avec un langage de charretier, des manières de sauvage et une hygiène approximative, mais un ange tout de même.

Il alla même jusqu’à sauter de joie quand elle le remercia aussi chaleureusement. Et le fait que Madame Méliès n’était pas totalement certaine de son choix n’allait pas entacher son plaisir. En plus, elle se souvenait de lui, elle savait qui il était et elle ne lui en voulait pas. C’était vraiment parfait, il allait lui offrir la photo, bien entendu !

D’un autre côté, il était heureux qu’elle n’ait rien dit, parce que fatalement ses vêtements d’origine avaient été trouvés et même rapportés à Madame Manon qui avait eut une gentille réaction en disculpant, même si elle n’était pas dupe, le jeune garçon. Il avait dû travailler dur pour sa peine et avait même était privé de sortie pendant un certain temps. Chose que, bien entendu, il n’avait pas respecté. Mais bon, là elle voulait une photo et il allait lui en donner une.

Par contre, il fallait espérer que personne n’allait demander de détails concernant cette photo. Et pour cela, le mieux était d’embarquer la demoiselle en direction d’un coin tranquille. En plus, qui sait, il aurait peut-être la chance d’avoir le droit à un bisou.

- Mais j’pense qu’il va aimer, z’inquiètez vous pas m’dame. J’le garde et j’le dépos’rait dans un beau panier à la gest’po. Et puis s’ça s’trouve il voudra m’voir pour me r’mercier !

Une fois ces remerciements effectués, il attrapa la main de la demoiselle et l’entraîna juste avant de voir que Peter était là aussi. Il lui fourra le chaton gris dans les bras et le tira également.

- Z’exusez, faut qu’on cause entre ados ! Savez c’que c’est !

Il les attira derrière une tente et s’assit à même le sol avant de se souvenir de ses bonnes manières.

- Vous pouvez v’s’asseoir aussi hein !

Voila, maintenant que les mondanités étaient terminées, il pouvait passer à la suite. En gros, il pouvait parler de la photo.

- Au fait j’ai pas eu l’temps d’nous présenter l’aut’ soir ! Moi c’Tim et lui c’Pet’ ! Et toi c’comment ? Au fait Pet’ elle veut la photo, toi aussi j’t’en tire une pour l’souv’nir ?

Et c’était ainsi que le jeune garçon réduisait à néant tout espoir pour Peter de passer inaperçu face à Hermeline, mais bon, en même temps ni l’un ni l’autre n’avait trop à s’en faire. Ils étaient dans un coin tranquille et personne n’allait venir les déranger, du moins il fallait l’espérer.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Sam 31 Oct - 15:02

Malgré tous les efforts qu'avait fait Peter pour rester discret, ils furent réduits à néant en moins d'une seconde par la délicatesse sans nom de son compère. Il serra le poing et lui en aurait collé une si la peur des représailles ne l'avait pas arrêté, car oui, Peter n'était absolument pas bagarreur et même des fois un peu lâche (du moins tant qu'il y avait un autre échappatoire que la bagarre), tout le contraire de Tim en fait qui d'ailleurs, lui avait promis un "lattage de gueule", comme il regrettait d'avoir dit çà...
En attendant, tous les regrets du monde ne le sauveraient pas d'apparaître vêtu en Arlequin face à cette jolie fille, on pouvait dire qu'elle ne l'avait jamais vu à son avantage. A moitié nu, déguisé en fille et maintenant en Arlequin. Quelle honte! Aussi continua-t-il de fixer le sol en rougissant à vue d'œil, il remarqua néanmoins que dans le groupe d'adultes auprès duquel traînait Tim, une jeune femme était visiblement dans la même posture que lui, plus rouge encore.
Ça existe çà?
Ouais çà existe, tu peux arrêter de couper ma narration avec tes pensées parasites? Merci infiniment! J'en étais où moi, ah oui! Ça existe en effet. Mais Pet', comme disait Timothée, ni prêta que très peu d'attention. Une fois entraîné à l'écart il ne leva les yeux que quand Tim s'adressa à lui.

- Sapé comme je suis? T'es fou ou quoi?!! On s'est déjà assez humiliés devant elles et ses copines tu crois pas?
Il se tourna ensuite vers la fille, son visage reprenant tout de suite des couleurs plus cramoisies.
- Enfin... J'veux bien si... Tu veux bien au moins me laisser me changer avant?
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Sam 31 Oct - 20:20

Comme beaucoup de jeunes filles de Viers sur Ruisseau, Elisabeth et Solange avaient attendu avec impatience le jour de la Fête des Fous. Dans leur petit village, les occasions de s’amuser étaient rares, et elles avaient passé plus d’une semaine à réfléchir à leurs costumes. Justin versait de grosses larmes lorsqu’il les entendait parler froufrous, maquillage et cavaliers, car Antonin ne voulait pas que le benjamin se rende à Montreuil sans lui. Quand les jeunes filles se préparèrent pour aller à la Fête, le matin du premier mai, le garçonnet alla se cacher dans l’antre de Framboise, tandis qu’Antonin se rendait à l’étable pour nourrir les vaches.

Solange Deresko avait décidé de se déguiser en bergère. Sa sœur aînée l’aida à enfiler une jolie robe blanche qui avait appartenu à leur mère, avant de nouer un grand ruban fané, qui avait du être rose, autour de sa taille. Puis elle tressa les cheveux blonds de sa cadette et piqua des fleurs bleues, rouges, roses, dans sa coiffure. Pour compléter le déguisement, les deux jeunes femmes avaient fabriqué une houlette de berger, orné de rubans et de fleurs. Solange vérifia que tout était en place sur son bâton, puis le posa à côté d’elle et s’occupa de sa sœur.

Elisabeth Deresko, elle, avait décidé de ne pas être sage. En l’honneur du « Beth » cher à Framboise et à ses amis, elle avait jeté son dévolu sur un déguisement de Betty Boop. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour trouver les fleurs pour les cheveux de Solange, et le bâton pour sa houlette – trouver un tube de rouge à lèvres et une robe assez courte pour incarner le célèbre personnage de dessin animé, par contre, avaient été une autre paire de manches. La jeune femme n’avait pas pris la peine de chercher un porte-jarretelles, jugeant l’entreprise à la fois trop difficile et trop osée. Finalement, elle avait réussi à dégotter un tube de rouge bien entamé grâce à une de ses amies zazou, ainsi qu’une robe qu’elle avait raccourci de son mieux, de telle sorte que le tissu –noir– lui arrivait tout juste au-dessus du genou. Comme Betty Boop n'avait pas été boudée par Dame Nature, elle s'était permise d'utiliser quelques mouchoirs en tissu afin de modifier la courbe de sa poitrine. Pour le voyage, elle avait enfilé un pantalon léger sous sa robe, et harnaché Framboise.

Techniquement, Framboise appartenait à la Poste, et Elisabeth ne devait pas l’utiliser pour ses loisirs. Mais en pratique, la Porte-Drapeau était libre de faire ce qu’elle voulait en dehors de ses heures de service, et convoyer sa pilote ne la dérangeait absolument pas. Justin lui avait expliqué son injuste punition, et Framboise alla finalement à la rencontre d’Antonin pour plaider la cause du garçonnet. Quelques minutes plus tard, après avoir promis de veiller sur lui, elle obtint gain de cause. Solange et Elisabeth se hâtèrent de grimer leur petit frère en pirate, en râlant, pour la forme, qu’elles allaient être en retard.

Une dizaine de minutes plus tard, Framboise se posa dans un coin de la place, avec l’habileté née d’une longue pratique, et déchargea ses cavalières et cavalier, avant d’aller se poser sur le toit d’une résidence. Solange et Justin filèrent aussitôt vers un groupe de jeunes gens, tandis qu’Elisabeth se réfugiait derrière un des paravents mis à la disposition des enfants, pour ôter son pantalon, et troquer ses bottes de pilote contre de petits escarpins noirs. Ses premiers pas furent difficile, car elle n’était pas habituée à de telles chaussures. Finalement, elle les retira et, pieds nus, fila vers une silhouette connue. Une fois arrivée derrière Wolfgang, elle lâcha ses escarpins et lui cacha les yeux avec ses mains fraîches, avant de chantonner :

"Devine qui c’est !"
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 1 Nov - 13:36

La jeune fille se présenta et fit une petite révérence que Constance trouva adorable. Il faut dire que pour elle c'était encore une enfant donc qu'elle était de toute façon adorable. Elle lui sourit et nota le nom de famille. Et bien, une jeune allemande ici ce n'était pas rare mais c'était tout de même une chose à savoir. Elle lui sourit et écouta la complainte de la demoiselle avant qu'elle ne fut coupée par l'arrivée de Tim. Au moins, il avait fait une heureuse.

Cependant, le fait que le gamin ait envie d'offrir un chaton à son patron n'était pas du tout une bonne idée. Il ne semblait pas avoir peur de la gestapo et cela non plus ce n'était pas une bonne chose. Oui, évidemment, elle disait à ses enfants de ne pas en avoir peur, mais c'était parce qu'elle travaillait avec eux et qu'elle savait que jamais Heinz ne ferait de mal à un enfant volontairement. Mais qu'un gamin qui semblait vivre pratiquement dans la rue ne les craignent pas elle ne parvenait pas à le comprendre. Enfin … Il avait un chaton et il allait le donner à Heinz. Tant pis ce n'était plus son affaire à présent.

- Constance Méliès, demoiselle, voici mon nom et je crains de ne pas avoir un grand père aussi célèbre que le votre.

Oui, elle raillait un peu la présentation mais sans méchanceté. Et alors qu'elle pensait avoir droit à un groupe nombreux, Tim entraîna la demoiselle et un autre adolescent qui venait d'arriver au loin. Constance sourit et se tourna vers sa seule compagnie à présent. Madeleine allait avoir droit à un interrogatoire en règle et surtout, Constance allait prendre en main sa timidité !

- A nous mademoiselle, allez parlez moi de vous, de ce que vous aimez, de ce que vous faites dans la vie ! Un peu de nerf que diable, je suis certaine que vous avez beaucoup à m'apprendre !

Elle continua à sourire et ne lâcherait pas Madeleine aussi rapidement. Elle attendait une réponse et elle allait l'avoir. Cependant, comme la nourriture allait être servie … elle reçut avec la force de l'habitude une petite poupée sur les genoux, Rose venait d'arriver, appelée par la faim. Constance caressa les cheveux de sa fille et regarda Alexandria s'approcher de Madeleine.

- Tu me prends sur tes zenous m'dame ?

Oui, la petite avait faim également et d'être sur les genoux de quelqu'un allait être très pratique pour manger. Donc autant squatter ceux de la dame à côté de sa maman. Constance encouragea Madeleine d'un regard, après tout, cela lui apprendrait à s'occuper des enfants et avec eux, pas de timidité qui tienne.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 1 Nov - 13:41

Et bien la Fête continue, les enfants sont tous déguisés et ils s'amusent comme ils peuvent. Sur les rôtissoires, de l'agneau bien cuit et des pommes de terre pour tous.

Aucun souci à l'horizon et les jeux allaient bientôt débuter. A vous de voir quels jeux sont présents et auxquels vous avez envie de participer.

En même temps, pour les adultes, les conversations continuaient et on évitait soigneusement les paroles sur l'occupation. Il était tout de même possible que les enfants entrainent assez vite les parents vers les jeux.

Question météo, pour le moment tout allait bien, mais un dragon posé sur un toit pouvait voir des nuages noirs au loin, il pouvait aussi sentir que la pluie arriverait d'ici une heure ou deux...
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Mar 3 Nov - 20:03

Certes Constance n'avais pas un grand-père célèbre, mais dans une petite ville comme Montreuil, surtout noyautées comme elle l'était par la famille Pelous, il serait utopique de se croire anonyme.

"Oh ! Vous êtes la maman qui élève toute seule les quatre mignons ? Jeanne a parlé de vous à Antoinette, on est cousine par mariage : Son frère à épousé la belle-sœur de Toinette qui est la cousine de maman, c'est bien ça Mado, hein ?" S'exclama la blondinette avant de se tourner vers la pauvre Madeleine, la mettant de nouveau et pour son plus grand malheur au centre de l'attention.

Hermeline aurait certainement pu rester auprès de sa cousine _ autant pour la protéger de la foule en liesse que pour servir de traductrice entre ses murmures étouffés et ce que le reste de l'univers définissait couramment comme un vecteur de communication _ mais son camarade de douche lui attrapa le poignet avec autorité et l'entraina à sa suite. La jeune fille ne pesait pas assez lourd et n'était pas assez grande pour résister, aussi se retrouva-t-elle bientôt à croupeton derrière un étal, un chaton terrorisé agrippé à son corsage et le deuxième larron de l'affaire des dortoirs rougissant sur sa droite.

"Bonjour Tim, Bonjour Pet'... Moi c'est Hermeline, enchantée. On a pas vraiment eu le temps de faire les présentations la dernière fois n'est-ce pas ?" Dit-elle en souriant, pendant qu'elle tentait de détacher, griffe après griffe, le petit chat suspendu à son costume et, accessoirement, à la peau qui se trouvait juste en-dessous.

"Vous savez, mes amies aussi méritent une photo souvenir ! Elles se sont mise à pleurer et à geindre pour que les sœurs viennent les réconforter, sans cela vous n'auriez pas eu le temps de vous enfuir : Si sœur Gilberte vous avait rattrapée, elle vous aurait donné le martinet. Grâce à vous, on a passé la soirée la plus drôle depuis la rentrée et en plus, on a eu double ration de confiture le lendemain pour nous consoler de ce traumatisme !"
Expliqua-t-elle, se retenant à grand peine de pouffer au souvenir des évènements. Ayant enfin réussi à extraire le chaton, elle le coinça au creux de son bras et entreprit de le gratter derrière les oreilles, histoire qu'il se tienne tranquille. Le petit félin décida dans un éclair de génie de supporter stoïquement l'affront, sentant flotter autour de lui comme un parfum de grillades et espérant pouvoir bientôt en profiter.

"Pourquoi tu le traites de fada ? Ton costume n'est pas si mal... En fait, on est presque assorti, puisque je suis habillée en Colombine. Il ne manquerait plus qu'à grimer Tim en Pierrot pour être au complet !" Demanda benoitement la blondinette, avant de désigner tour à tour le costume porté par Peter, sa propre robe à volants, puis la prochaine victime des dames patronnesses en charge des déguisements..
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Mer 4 Nov - 2:39

Tout allait vraiment de mal en pis. Certes, le capitaine venait de lui lâcher les mains – ce qui était indéniablement un progrès – mais pour le reste… L’intervention d’Hermeline avait permis à Mado de reprendre un peu pied dans la réalité et avait, semble-t-il, suffisamment désarçonné Le Capitaine Wilson pour qu’il lâche ses mains, mais elle provoquait également une réponse totalement inattendue. Depuis l’arrivée de sa cousine, les neurones de la domestique retrouvaient petit à petit un semblant de fonctionnement et l’esprit de la jeune femme était donc suffisamment clair pour qu’elle comprenne les paroles de l’aviateur. Paroles qui, une fois encore, la plongèrent dans des abîmes de stupéfaction. Comment ça, il avait la bénédiction de mère ? Et de grand-mère ? Il n’était quand même pas allé rendre visite à sa mère et à grand-mère Louise, si ? Quoique, réalisa soudain un neurone plus dégourdi que les autres, ça pouvait expliquer une partie des connaissances qu’il semblait posséder sur elle… Grand-mère Louise a-do-rait parler de sa famille, elle ne s’était certainement pas faite prier, la traîtresse !

Madeleine n’eut toutefois pas le temps ou l’occasion de pousser plus loin ses récriminations mentales à l’encontre des femmes de sa famille. Tout d’abord, ce n’était pas dans ses habitudes, et puis la réponse que le capitaine donna à Constance les lui sortit rapidement de la tête. L’embarras vint rapidement chasser la surprise et la jeune femme baissa piteusement les yeux, le rouge aux joues, quand il évoqua les fleurs, la lettre et le fait de rester avec lui plus de cinq secondes. Pourquoi parlait-il de tout ça, hein ? Ca n’avait strictement aucun intérêt pourtant ! Heureusement, le supplice fut de courte durée puisque, alors que la cloche du repas sonnait, Constance envoya l’aviateur chercher à manger et que, contrairement à ce que Madeleine aurait pu croire, il ne résista pas. La jeune femme releva donc – timidement – les yeux, tandis que l’espoir de trouver enfin le moyen de s’échapper, maintenant que son principal « tourmenteur » était parti, prenait doucement forme dans son esprit.


C’était toutefois sans compter sur Hermeline qui était toujours aussi bavarde et enthousiaste que d’habitude et sur Constance. Mado eut à peine le temps de hocher la tête pour signifier que, oui, le chaton était mignon, et de la secouer légèrement de droite à gauche quand il fut question de généalogie – elle n’avait pas encore récupéré toutes les capacités cognitives nécessaires pour résoudre ce problème – que déjà la blondinette était entraînée par Tim et rejointe par un autre adolescent. Ce n’était pas pour cela que la fuite était ouverte, puisque Constance ne perdait pas le nord. Avant même d’avoir eu le temps de souffler, la trentenaire commençait déjà à lui poser des questions. Un peu abasourdie, Madeleine resta un instant bouche bée – le visage toujours bien coloré – et s’efforça de trouver quelque chose à répondre. Quelque chose de cohérent, d’audible et de compréhensible, même.

Ses réflexions furent néanmoins interrompues par une petite voix et la jeune femme n’eut pas à forcer sa nature pour baisser le nez et découvrir une petite fille qui lui demandait de la prendre sur ses genoux. Sans réfléchir davantage et sans même penser que cela allait lui couper toute velléité de fuite, Mado s’assit, attrapa la fillette et la déposa sur ses genoux.

« Je ne vois vraiment pas ce que je pourrais vous apprendre, finit-elle par murmurer à l’attention de Constance, mais de façon audible tout de même. Je travaille à Sarnand, je suis femme de chambre. »

Si elle avait réussi à prononcer deux phrases correctes, le miracle n’avait pas été jusqu’à faire lever les yeux à Madeleine. Il était bien plus facile de regarder la petite assise sur ses genoux que la femme à qui elle parlait. Et puis, comme elle regardait la fillette, on ne pouvait pas lui reprocher de détailler les pavés, pour une fois, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Mer 4 Nov - 19:23

Ach mein Gott ! Décidemment la politesse Teutonne n'était plus ce qu'elle était. Wolfgang faisait-il partie de cette génération de jeunes décadents dont la principale activité était d'entrer en constante rébellion ? L'effet droit et strict de sa noble patrie ne l'inspirait-il pas ? Et ainsi permettait-il à cette France toquée de chez toquée d'instiller quelques accents d'indiscipline ? Alors qu'il comprenait clairement que ce gosse l'accueillait en un charmant "Scheisse", son ciel -déjà gris orage- s'assombrissait davantage, remplaçant sa mine bonhomme en une bien plus sauvage. Glacial, Engel lui décrocha un petit sourire sardonique, se râcla la gorge, se tint plus droit... et ne décrocha plus un mot. Tandis qu'en son esprit les engrenages de sa réflexion montaient peu à peu et de toute pièce une réponse à sa façon. Il finirait par le coincer, mais plus tard. Bien plus tard. Il la lui apprendrait, lui, la discipline ! Et ça ne ferait plus aucun pli... jamais... Non mais !

Engel fit craquer sa nuque à cette idée. Une méchante tension qui venait de naître juste à sa base et qui n'était pas des plus agréables... C'est à peine s'il avait remarqué l'arrivée du petit rouquin -tout le monde de moins d'un mètre quatre vingt est petit, mais soit- qui déjà se faufilait à travers la foule pour gagner le buffet, son fils sur les talons. Le petit n'était manifestement pas tranquille et malgré les sourires qu'il lui décochait de temps à autres rien ne parvenait à faire passer cette angoisse. Le pilote hésita d'ailleurs à trop en faire... le papa n'avait pas l'air très commode ni même vraiment ravi d'être à côté d'un Allemand et ainsi mieux valait se faire discret.
Mais ça traînait dans les rangs ! Il y avait plus de demandes qu'on ne pouvait fournir et beaucoup chahutaient à l'approches des victuailles, se bousculant, passant sur les autres ce qui donnait un assez joli tohu-bohu et vaste embouteillage.

Il manqua ainsi par deux fois de se faire écraser les orteils aux passages des heureux bénéficiaires de nourriture et fut presque poussé en avant lorsqu'une annonce générale décrétant que l'on manquait de pain fit se soulever une foule en colère... L'insurrection était proche... Valareï leva les yeux au ciel et jeta un regard au papa et à son fiston, voir comment ils s'en sortaient dans ce marasme humain de plus en plus impatient. Pas si bien finalement... il faut dire qu'à être pris en sandwich entre des gens voulant avancer et d'autres faisant blocus on ne pouvait guère être plus à l'aise. L'Allemand, que les signes désespérés des cuisinières pour stopper le monde agaçait, s'apprêta à progresser en leur direction au moment où le frémissement d'une vague aérienne toute proche retint son attention. Il leva le nez au ciel, cherchant à distinguer l'auteur de ce souffle béni qui ne pouvait appartenir qu'à la plus majestueuse des créatures, et l'aperçut en une fraction de seconde. Non loin de là, un dragon Français venait de se poser sur le toit d'une habitation comme scrutant le reste du monde -petites fourmis à ses yeux- du haut de son perchoir improvisé. Il se sentit alors très, très petit, tellement insignifiant et surtout tellement ridicule au milieu de cette mêlée qui, indignée, se battait pour un peu de pain avec sa viande...

La foule gagnait en agacement et intensité ; ça braillait à tout va dans les bras des mères, gémissait aux pieds des pères, râlait au sein des groupes d'adolescents et s'indignaient chez les adultes. Personne en mesure de servir quiconque ? Où en était le réapprovisionnement ? Que fichait donc le boulanger ? Et des rumeurs circulaient disant qu'on manquerait bientôt de "bidoche"... Engel ne sachant pas exactement ce que signifiait ce mot en conclut que la pénurie s'étendait davantage, allant jusqu'à toucher ce qui, théoriquement, n'aurait pas dû leur faire défaut... Pour le coup il se senti un peu bête et surtout un peu seul. Mais bientôt l'on revenait avec des charettes entières de pains ronds, de baguettes, de couronnes et sitôt le coeur et les âmes en étaient plus apaisés. Ceux du pilote aussi. Il se rengaillardit, souffla un bon coup et redressa machinalement le col de son blouson. L'on se pressa contre lui, contre eux et il sentit que bientôt son collègue pilote (si l'on eut pu l'appeler ainsi) n'en pourrait plus de devoir ainsi lutter. S'il n'avait eu ce bras pris dans cette écharpe peut-être, oui, peut-être lui serait-il venu en aide... Aussi face à un tel débordement de situation, chercha-t-il à être serviable autrement. Car qui disait fête disait "apaisement". Qui disait "apaisement" pouvait sans doute prétendre : "paix" ?

Il posa délicatement quelques doigts sur l'épaule de Stéphane afin d'attirer son attention puis glissa doucement :

"Vous... izi...".

Tout en pointant un doigt en direction du sol pour le sommer de ne pas bouger. Il n'attendit aucune réaction et se fraya un chemin parmis ceux et celles qui étaient dans le même cas qu'eux, cherchant à ce que très vite le petit garçon roux puisse se nourrir comme tout le monde. Un quart d'heure en si haute altitude, ça creusait son homme !
Il donna du coude, mais gentiment, sans brusqueries guerrières, écartant avec politesse les gens déjà servis pour finalement arriver à hauteur des tréteaux et ainsi des victuailles. Il attendit son tour patiemment et aborda une jeune fille qui semblait se diriger vers un autre que lui, un villageois. Il demanda brièvement tout en montrant du doigt :

"Ca et ça auzi et... zeci... s'il fous plaît".

Elle le servit, non sans rechignier, et lui présenta une pleine assiettée d'agneau avec des pommes de terre toutes fumantes. Engel la remercia comme il put puis fit le chemin inverse, l'assiette élevée à hauteur de son visage, priant inconsciemment pour ne rien renverser sur ses bottes... ou la tête d'autres affamés. Il revint près de Stéphane et de son fils puis la leur tendit et ce sans trop de cérémonie. Il agrémenta cette attention d'un semblant de sourire et hocha la tête pour leur signifier que, oui, c'était bien pour eux. Mais ses yeux bleus perçants s'arrêtèrent un instant sur le rouquin de cette certitude atroce qui vous fait dire que, là-bas et la prochaine fois, il n'en serait sans doute pas ainsi...
Le pilote Allemand les salua du chef puis leur tourna le dos, se dirigeant dans l'intention inespérée de trouver de la place près des tables pour pouvoir s'y asseoir. Il se rehaussa -dernier tour d'horizon- puis soupira tout en constatant qu'il n'y avait personne de connu à cent mètres à la ronde...
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Jeu 5 Nov - 1:14

Le pseudo-vampire allemand se tenait derrière lui et François ne pouvait donc pas voir son visage, mais il entendit parfaitement son soupir, auquel il ne répondit d’ailleurs pas. Il n’avait peut-être pas le sens de l’amusement, mais, objectivement, pour quelqu’un qui n’aimait ni les allemands ni les jeux, c’était déjà pas mal, non ? Et de toute manière, sa remarque n’était pas complètement idiote ou infondée. Les vampires avaient besoin de sang humain, ce qui les rendait, aussi gentils qu’ils puissent être, peu attirants dans l’imaginaire collectif, n’est-ce pas. Et bien, les allemands, c’était pareil : aussi sympathique que soit celui-là, il restait allemand, c’est-à-dire un envahisseur. Ce n’était peut-être pas directement sa faute, mais c’était comme ça.

Enfin, ce n’était pas la peine de s’attarder sur ce genre de réflexions, surtout que la cloche annonçant l’heure du repas retentissait. Bien, très bien. La situation revenait en terrain connu et ne semblait plus sur le point de dégénérer en pugilat. Le son de cloche fit sortir le vampire de sa « cachette » et mit fin au jeu sans qu’aucune bagarre n’ait eu lieu. Autrement dit, François avait réussi à éviter que la situation ne dégénère, ce qui le consolait presque d’avoir servi de bouclier humain à un allemand. Le jeune aviateur regarda le chevalier crier victoire et se faire assaillir par les enfants, mais ne suivit pas les français qui partaient en quête de festin ou se faisaient harponner par des connaissances. Son regard revint bien vite sur celui qui avait été la cause de sa participation obligatoire au « jeu », à savoir le petit rouquin. Il ne put retenir un léger froncement de sourcil en voyant le vampire se pencher vers le fils du capitaine et l’inviter à venir manger avec lui, mais n’intervint finalement pas. Il n’y avait pas de danger immédiat et rien ne l’empêchait de suivre le mouvement s’ils s’éloigner et de réagir ultérieurement si besoin était.

Besoin qui ne tarda pas à arriver, d’ailleurs, en la personne d’un autre aviateur allemand – ils s’étaient tous donné rendez-vous ou quoi ? Le froncement de sourcil s’accentua et François fit un pas en avant dans l’idée de s’interposer entre le grand homme blond et le petit garçon roux, mais il n’en eut pas le temps. Sorti d’on ne savait où, le Capitaine Wilson apparut et son fils ne se fit pas prier pour le rejoindre.

Très bien. Parfait. Si le capitaine récupérait son fils, François pouvait donc se considérer comme libéré de corvée de surveillance, n’est-ce pas. Le jeune aviateur ne se fit donc pas prier pour laisser le père et le fils s’occuper de leur repas, et il ne lui vint même pas à l’idée de s’immiscer dans la conversation des deux allemands. Il laissa pseudo-vampire et vrai pilote converser dans leur langue, et s’éloigna de quelques pas, tout en laissant son regard dériver sur les gamins qui continuaient leurs jeux un peu plus loin. La foule était dense devant les stands de distribution de nourriture et il n’avait pas encore assez faim pour essayer de se frayer un passage dans la masse. Mieux valait se mettre un peu à l’écart et attendre que tout se calme.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 8 Nov - 14:16

Timide ! Bon sang ce qu'elle était timide la jeune dame ! Il allait falloir qu'elle gagne en confiance en soi dans ce monde cruel sinon elle ne ferait jamais ce qu'elle voulait dans la vie. La simple information de travailler à Sarnand était déjà particulièrement utile aux yeux de Constance. Après il fallait détailler ce qui était particulièrement intéressant, les potins des soldats, les ragots, toutes les petites choses de la vie qui agrémentaient l'existence.

Le problème pour interroger une grande timide ce n'était pas tant les réponses, c'était de savoir poser les questions pour avoir plus que deux mots en réponse. Oh, elle pourrait demander à Pfeffel de poser les questions à la cave, mais elle doutait de l'utilité d'en arriver à de telles extrémités... et en général les gens étaient assez différents quand ils ressortaient de la cave … Même Heinz était différent, c'était pour dire.

- Voyons mademoiselle Rollin, je suis certaine que vous avez plus à nous dire sur votre travail. Rose, tiens toi tranquille un petit peu s'il te plait, ça va arriver.

Oui, comme bon nombre de mères, Constance avait tendance à enchainer rapidement sur ce que faisaient ses enfants et actuellement sa fille bougeait parce qu'elle avait faim.

- Oui c'est quoi ton travail madame ? Tu fais quoi ? Tu vois des allemands ? Tu as un amoureux ? Tu sais faire la quiche lorraine ? Tu as des enfants ? Tu aimes les chocolats ? Tu veux des bisous ? Tu …
- Rose … du calme, elle ne peut pas répondre si tu ne te tais pas.

La petite eut un sourire d'excuse et fixa son regard sur les cheveux de Madeleine, oui elle ne pouvait pas voir ses yeux...

- Moi z'ai faim ! Tu couperas ma viande ?

Oui, la question d'Alexandria était plus terre à terre et ce serait certainement plus aisé à Madeleine de répondre à la question. Constance regarda ses deux filles avec un sourire et elle entendit un cri de victoire un peu plus loin. Elle secoua la tête et attendit que Pierre, l'auteur du cri, arrive près d'elle et lui donne les nouvelles du front … en l'occurrence les rôtissoires.

- 'dien ! Tu m'as pas dit pour la photo !

'dien ? Adrien était là aussi ? Et bien c'était extraordinaire, toute la famille allait être réunie et elle allait pouvoir faire les présentation. Mais par contre son plus jeune fils était de plus en plus discret pour prendre ses photos, elle ne l'avait vu que lorsqu'Alexandria avait prononcé sa phrase. Elle regarda dans la même direction et vit la frimousse heureuse de son fils qui avançait vers les tables. Elle lui fit un sourire et il s'installa en face des deux femmes.

- C'était magnifique comme tableau maman, vous voudrez un exemplaire madame ?

Oui, il fallait plaindre Madeleine car sa timidité ne pourrait pas résister à l'assaut des quatre enfants de Constance. En effet, si son instinct était correct, Pierre allait arriver avec de quoi manger pour tout le monde et une flopée de bambins allait débarquer à la table.

- Très bien Adrien, tu as vu ton frère ?

- Son frère est derrière toi maman ! Tu nous laisses de la place crevette ?
- Je ne suis pas une crevette !
- Si tu es une toute petite crevette !
- Maman ! Hein que je suis pas une petite crevette ! T'es méchant Pierre, je t'aime plus ! T'es plus mon copain !
- Même si je te donne une assiette ?
- Ben si alors, mais tu as de la chance que je suis mage à Nimes !

Constance éclata de rire à l'expression déformée de sa fille et elle se décala tout en gardant Rose sur les genoux pour que Pierre puisse s'installer entre Madeleine et elle. En face, les amis de son fils s'attablaient également en déposant les assiettes supplémentaires devant les convives qui n'étaient pas servis. C'est ainsi qu'Adrien, Rose, Alexandria, Constance et Madeleine se retrouvèrent chacun avec une part de viande et de pommes de terre.

- C'est pas mage à Nimes mon bébé, c'est magnanime mais il est dur le mot à prononcer. Bon appétit tout le monde. Madeleine, si jamais Alexandria vous gène, vous pouvez me la donner, Rose peut bien manger seule.

Et oui, Madeleine était maintenant bien entourée … Il n'était pas certain qu'elle apprécie. Sans compter que le capitaine Wilson allait peut-être revenir avec lui aussi de quoi manger pour tous. Elle pourrait peut-être le prévenir, mais déranger ses enfants en plein repas ce n'était pas une bonne chose. Et puis après tout, même s'il avait trop à manger, il y avait des adolescents à table … il n'y aurait pas de restes.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 8 Nov - 16:04

Tim était aux anges, Hermeline aimait son cadeau donc tout se passait bien et que Peter ne veuille pas être pris en photo n'était pas grave. Qui lui demandait son avis de toute façon ? Certainement pas Timothée qui attendait la réponse de la demoiselle à sa présentation et il sourit en entendant son prénom, c'était joli !

Il prit le chaton gris et fit la même chose que la demoiselle, à savoir qu'il le gratta sur la tête pour le calmer. Cela fonctionna tant bien que mal et il eut un nouveau sourire, elle était douée avec les animaux sauvages (si on pouvait traiter un chaton à peine sevré d'animal sauvage) donc elle serait peut-être douée avec lui … oui il était un garçon sauvage ! Et il savait déjà qu'il accepterait sans rechigner qu'elle lui gratte la tête en le cajolant …

Il eut un sourire rêveur pendant plusieurs minutes en imaginant la scène puis il entendit parler de Pierrot en matière de déguisement. S'il connaissait bien ses classiques, Arlequin tentait de voler Colombine à Pierrot et ensuite elle revenait avec ce dernier. Donc … il voulait bien mais qu'il soit un Pierrot après le vol de Colombine.

- Heu ouais j'veux bien mais faut qu'on fasse pour d'vrai alors !

Il fit un sourire resplendissant à Hermeline avant de s'expliquer.

- Pierrot et Colombine ils sont amoureux donc j'veux un bisou si j'me ridiculise comme Pet' !

Oui ce n'était pas gentil de le dire ridicule, mais c'était la vérité et Tim n'était pas un petit ange non plus. Sans compter qu'il commençait à faire faim ! Mais avant d'aller se changer ou manger, il fallait parler de ce qui s'était produit lors de la visite de Sainte Marie.

- Alors comme ça z'avez eu du rab ? V'croyez qu'on pourra rev'nir un jour ? J'veux dire qu'faut bien qu'j'aille à l'cole d'temps en temps pour apprendre d'choses, j'sais pas moi, l'natomie humaine j'trouve qu'c'est bat' comme truc !

Oui, il ne perdait pas le nord le Timothée, mais c'était ce qui plaisait à tout le monde n'est ce pas ? Bon, il était plus que probable que Peter ne serait pas d'accord pour aller une fois de plus enfreindre le règlement mais tant pis, il irait tout seul.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 8 Nov - 17:56

Stéphane comprenait à présent pourquoi Discretio, le Fleur-de-Nuit qui avait assumé une partie de son apprentissage, détestait que ses congénères le serrent de près. C’était franchement désagréable de devoir se tailler un chemin au milieu des combattants de son propre camp, tandis qu’un petit bonhomme gesticulait sur vos épaules, avec tant d’enthousiasme que ses pieds passaient parfois à quelques centimètres de votre nez. Stéphane n’avait pas le courage de réprimander son garçon, et il se contenta d’attraper les talons qui cognait son torse, pour prévenir un accident. Pendant ce temps, la bousculade continuait, et il se demanda comment attraper quatre assiettes sans perdre trois orteils dans la manœuvre, sans parler de ramener lesdites assiettes à la table de Constance sans en renverser la moitié sur ses voisins. Il ne pouvait même pas confier de plats à Pierre, qui laisserait certainement tout tomber sur son déguisement, s’il ne s’attaquait pas carrément à l’uniforme de son père.

Il en était à ces réflexions quand Engel revint à la charge. Pierre enfouit immédiatement son nez dans les cheveux de son père, en couinant misérablement, et Stéphane marmonna un encouragement pour rassurer sa progéniture. Plus le temps passait, plus il doutait de réussir à jucher un jour Pierre sur les épaules de Nobilitas. L’Armée de l’Air n’acceptait pas facilement que les dragons restent au cœur d’une même famille, et si l’héritier des Wilson ne se décidait pas à défendre un peu sa place, tout espoir était fichu. S’il était impressionné par un homme, qu’est-ce que ce serait quand on le présenterait à un dragon toisant près de sept mètres au garrot ?

Stéphane ne dit rien quand l’Allemand lui demanda de l’attendre, et le suivit du regard sans bouger, un peu méfiant. Pierre semblait avoir décidé d’arrêter de faire l’autruche, et regardait le colosse blond avec un soupçon de crainte.

"On s’en va ?"

Stéphane secoua négativement la tête.

"Non, soldat, on reste là. Tu veux bien regarder ce que font les dames avec qui je parlais ?"


Sa petite vigie ne se fit pas prier, et se tordit le cou pour repérer les dames en question.

"Elles mangent"

Ses yeux revinrent sur le buffet.

"J’ai faaaim !"

Ce fut ce moment que choisit le pilote allemand pour revenir avec une assiette pleine de victuailles. Emerveillé, le gamin tendit les mains pour rattraper l’offrande, mais Stéphane le devança. L’Irlandais ne tenait pas particulièrement à ce que les pommes de terre se retrouvent dans son col, et l’agneau étalé sur ses cheveux. Ses yeux ne quittaient pas Engel. Il ne savait pas pourquoi il avait le droit à ce traitement de faveur, mais décida de ne pas s’en plaindre.

"Merci" dit-il.
"Merci" renchérit Pierre – Isabelle Wilson ne plaisantait pas avec la politesse.

Stéphane songea à inviter Engel à leur table - peut-être que Constance, voire Madeleine, parlaient un allemand plus élégant que le sien – mais le boche tourna les talons avant qu’il puisse ajouter quoi que ce soit. Le Capitaine français ne jugea pas utile de le poursuivre et rejoignit la troupe de Constance.

"Pierre m’a dit que vous aviez déjà de quoi manger" annonça Stéphane en s’installant aussi près de Madeleine que possible. "Vous vouliez m’éloigner, avouez !"

Il ne savait pas trop s’il plaisantait ou s’il était vexé. Un peu des deux sans doute. Il posa son assiette sur la table, puis Pierre à terre, et commença à couper la viande.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Dim 8 Nov - 21:02

Bon, il y avait du mieux! Timothée acceptait de se saper en pierrot pour faire une photo qui serait parfaitement à thème. Bien sûr, Peter ignorait jusqu'au mot commedia dell'arte et aucun d'entre eux ne baragouinait un mot d'Italien, mais il n'empêchait que la situation se prêtait à propos. Surtout que Peter fût prompt à interpréter tous les efforts déployés par Timothée pour plaire à Hermeline comme un gros petit faible qu'il avait pour la belle blonde. Il se contenta de garder un sourire aux lèvres tandis qu'il s'imaginait déjà les deux tourtereaux déguisés s'en aller bras dessus bras dessous vers un soleil couchant... Quel tableau romantique!
Tous les pseudos doutes de Pet' furent confirmés par la demande explicite de Timothée d'avoir un bisou. Peter pouffa de rire et réussit à baisser la tête juste à temps pour ne pas se prendre une tape de la part de Timothée. D'ailleurs, étant donné qu'il était ridicule, Peter gardait cela dans un coin de la tête, il aurait bien l'occasion de lui faire un coup fourré à l'avenir, histoire de le tourner lui aussi en ridicule.
Par contre il leva les yeux au ciel quand il parla de retourner à l'institution pour un nouveau "cours d'anatomie comparée".

- Ho arrête! Tu pense bien que à çà! remarque... Venant de toi c'est pas étonnant...
Bien vu pour Tim, à moins qu'il trouve un très bon argument, il était hors de question qu'il refoute les pieds là-bas.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Mer 11 Nov - 1:14

Constance n’avait strictement aucune raison de penser que Madeleine devait gagner en confiance. Après tout, la probabilité que les draps et les vêtements sales des soldats de Sarnand essayent un jour de lui dicter ses actes et ne la laissent pas faire ce qu’elle voulait était quand même très faible. Et elle n’avait strictement aucune idée de ce qu’elle aurait bien pu vouloir faire dans la vie, alors… S’occuper des chambres des soldats lui convenait à merveille. Elle ne rencontrait que peu de monde ou, si elle en rencontrait, personne – ou presque – ne la remarquait. Femme de chambre était peut-être un métier peu gratifiant, mais il était parfait pour elle… Et elle ne voyait vraiment pas ce qu’elle aurait pu ajouter à ce sujet. « Femme de chambre », c’était suffisamment explicite, non ?

Il fallait croire que non, surtout pour les petites filles. La suite de questions qui s’échappa à toute vitesse des lèvres de fille de Constance laissa Madeleine sans voix pendant un instant. Comment pouvait-on prononcer tant de mots à la seconde ? Pour elle, qui avait déjà du mal à articuler une phrase cohérente sans réfléchir pendant cinq minutes avant de la formuler, ça relevait de l’exploit. Rose – puisque tel était son nom – paraissait capable de parler encore plus qu’Hermeline !

« Je… euh… » bredouilla Mado, un peu perdue, et toujours sans lever les yeux.

Heureusement, la petite qui se trouvait sur ses genoux prit elle aussi la parole, mais se contenta de poser une question beaucoup plus simple, qui ne demandait pas d’effort surhumain de compréhension, d’analyse et de formulation de la réponse.

« Oui, pas de problème… »

Couper la viande, c’était dans ses cordes. Et, comme si cette simple phrase avait permis à Madeleine de trouver le moyen de répondre aux questions posées par les filles de Constance, elle réussit même à ouvrir la bouche pour prononcer quelques phrases, dans le but de répondre à Rose. Toutes les interrogations de la fillette ne trouveraient certainement pas de réponse – Mado en avait déjà oublié la moitié, d’interrogations, de toute manière – mais c’était toujours mieux que rien, non ? Surtout qu’elle tâcha même de relever la tête pour regarder son interlocutrice.

« Je… Je nettoie les chambres des soldats, et je range leurs affaires, murmura donc la jeune femme – il ne fallait pas trop en demander, tout de même. Et, oui, je vois des allemands parfois… »

Les efforts de Madeleine furent néanmoins interrompus par l’exclamation de la petite qu’elle avait sur les genoux. La photo ? Quelle photo ? L’arrivée d’un jeune garçon, un appareil photo à la main, élucida bien vite le mystère, mais ramena une touche de rouge sur les joues de la domestique. Il ne les avait pas pris en photo, tout de même, si ? Et bien si. Abasourdie, la jeune femme se contenta de secouer légèrement la tête, dans un geste qui pouvait être interprété comme une approbation ou une dénégation et ne dit rien. De toute manière, l’apparition d’un deuxième garçon – il y en avait combien ?! – la dispensa de répondre, et elle assista en silence à la joute verbale entre le frère et la sœur. L’erreur de vocabulaire de Rose amena un minuscule sourire sur ses lèvres, même si elle ne fit pas disparaître la rougeur de ses joues, et elle se contenta d’articuler un pauvre « Merci » à l’enfant qui venait de disposer les assiettes sur la table.

« Elle ne me gêne pas du tout, » répondit-elle faiblement à Constance, avant de se lancer dans l’opération de découpe de la viande.

Elle était bien entourée, mais les gestes machinaux qu’elle exécutait pour couper la viande et le fait que les enfants ne s’intéressaient pas spécialement à elle maintenant qu’ils avaient à manger devant eux – sans compter que c’étaient justement des enfants qui l’entouraient – auraient presque pu permettre à Madeleine de reprendre contenance. Malheureusement, à peine la couleur de ses joues avait-elle commencé à s’estomper qu’une nouvelle arrivée la raviva immédiatement. Certes, un nouvel enfant se joignait à la tablée, mais il était surtout accompagné de son père, et la jeune femme déglutit nerveusement quand ledit père s’assit à côté d’elle. Quant à la semi-accusation qui suivit, elle ne fit rien pour arranger les choses.

« N… Non, c’est Pierre et ses amis qui ont apporté les assiettes… » tenta de se justifier la domestique, tandis que ses joues prenaient une teinte de plus en plus soutenue.

Et le fait qu’elle ait espéré, en silence, que le Capitaine Wilson ne reviendrait pas, ou qu’elle ait le temps de se sauver avant son retour, ne faisait qu’empirer la situation.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Mer 11 Nov - 15:57

Au moins, le soldat n’avait pas insisté, il s’était contenté de partir sans dire un mot et Wolfgang sut qu’il avait réussi à le vexer. Tant mieux, cela ferait un de moins à surveiller. Il continua à faire la queue pour pouvoir enfin manger parce que mine de rien il avait faim. Et pas de sang pour cette fois, l’agneau et les pommes de terre c’était bien meilleur.

Il fut servi assez vite et marcha lentement pour trouver un lieu où s’installer. Il valait mieux ne pas retourner immédiatement près des enfants pour ne pas continuer à les effrayer. Il avait trouvé son bonheur quand deux mains se posèrent sur ses yeux. Allons bon, quoi encore ? La voix était familière et il sut immédiatement quoi répondre.

- Une voleuse de cœur ?

Oui, c’était totalement mièvre, mais il sentait que cela plairait à la demoiselle factrice qui se trouvait derrière lui. Il se dégagea lentement et se tourna vers Beth. Elle était très bien déguisée et il était probable que certains se posent des questions en voyant un vampire et Betty Boop ensembles. Mais cela n’allait pas diminuer la joie de Wolfgang.

Il regarda tout autour de lui et entraîna la demoiselle en direction d’une table presque vide. Car oui, si lui avait déjà une assiette, elle n’en avait pas encore et il n’était pas dit que Wolfgang Abendroth ne serait pas galant !

Car oui, la galanterie cela pouvait servir à beaucoup de choses, entre autre à se retrouver dans du foin en charmante compagnie pour apprendre à appréhender les contacts épidermiques. Et il n’y avait pas à dire, Wolfgang était tout à fait partant pour ce genre d’apprentissage.

- Voila, on a notre place. Je te la garde pendant que tu vas chercher ce que tu veux manger.

Oui, c’était ça la galanterie selon Wolfgang, garder la place de la demoiselle et lui permettre d’aller se chercher elle-même à manger parce que premièrement Wolfgang était affamé, secondement il ne savait pas ce qu’elle voulait manger – non ce n’était pas de la mauvaise foi étant donné qu’il n’y avait que de l’agneau et des pommes de terre – troisièmement elle était assez grande pour se débrouiller seule, et quatrièmement il n’avait pas du tout envie de refaire la queue.

En quelque sorte, la galanterie du pilote s’arrêtait là où sa liberté se retrouvait menacée. Mais elle l’aimait bien donc elle ne lui en voudrait pas…
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Ven 13 Nov - 17:17

Ce qu'il y avait de bien avec les garçons, c'est qu'il était pour le moins inutile d'avoir des clowns pour animer une soirée dès lors qu'on avait deux adolescents avec soi. Hermeline suivait des yeux les échanges entre ses deux compères, se retenant à grand peine de rire : Peter et Tim s'envoyaient des gracieusetés fourrées au sarcasme avec une dextérité et un sens de la répartie qui forçaient l'admiration...

"Héééé !" S'exclama-t-elle soudain, lorsque sa petite personne revint au centre des débats. "Sache jeune présomptueux qu'un baiser ne se réclame pas, il se mérite !" Plaisanta la jeune fille en envoyant son poing frapper, sans grande conviction, l'épaule de Timothée. Ce mouvement d'une rare violence (mais surtout la suite du discours sur une éventuelle visite des deux zouaves au dortoir) déséquilibra quelque peu la blondinette qui, faute de pourvoir se rattraper pour cause de chaton calé sous le bras, dut se résoudre à choir lamentablement sur son petit fessier rose.

Son gémissement de douleur, plus dut à sa fierté blessée qu'à autre chose, se confondit avec le miaulement plaintif du félin. Lui se fichait bien des Pierrot, des Arlequins, des Colombines _ hormis peut-être celle qui le retenait_ et des baisers, lui le pauvre il voulait de la viande !

"Revenir à Sainte-Marie ?! Soeur Gilberte a acheté un mastiff, un truc énorme et plein de dents, je suis sure qu'il a des ours dans son pédigrée, elle le lâche dans les jardins la nuit pour lui faire dévorer les intrus, vous ne pourrez jamais revenir !" Expliqua-t-elle en se frottant l'arrière-train et en secouant la tête devant les prétentions des deux monte-en-l'air. "Ou alors... Il faudrait passer par les toits de Saint-François... Mais pour ce qui est de l'anatomie et des différences sinon évidente du moins supposées entre les filles et les garçons, mes camarades et moi sommes d'accord sur le fait que vous en avez bien assez vu avec la pauvre Huguette !" Énonça Hermeline avec un regard sévère et un index fermement agité sous le nez de Tim.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Ven 13 Nov - 21:57

Elisabeth savait que Wolfgang acceptait d’assez bonne grâce les taquineries des jeunes et jolies demoiselles, mais elle attendit sa réaction avec impatience et un soupçon d’appréhension, les lèvres pincées pour résister à la tentation de lui souffler dans le cou. Peut-être qu’il n’était pas de bonne humeur, après tout. Ou qu’il ne voulait pas manger en compagnie d’une Française. Ou pis, qu’il ne se souvenait plus de sa voix, ou l’attribuait à une autre jeune fille, ce qui pouvait le placer dans une situation extrêmement embarrassante. Curieuse, l’aéropostière ne lui chuchota aucun indice et guetta sa réaction, les yeux envahis par une lueur mutine, le rose aux joues. Heureusement pour elle, et pour lui, Wolfgang trouva la bonne réponse en une seconde.

Un éclat de rire salua sa déclaration, et les mains d’Elisabeth abandonnèrent aussitôt leur rôle d’œillères. Wolfgang avait triché, en utilisant une description passe-partout, mais son amie s’en contentait volontiers. Même si d’autres adolescentes, d’autres jeunes femmes, pouvaient s’enorgueillir d’un tel surnom, l’aéropostière était presque sûre qu’il parlait d’elle. Ravie, elle cligna malicieusement des yeux et se redressa fièrement.

"Betty Boop, pour vous servir"

Wolfgang ne semblait pas mécontent de la voir, et elle le laissa la guider jusqu’à une table, où il posa son assiette. Peu habituée à ce qu’un homme fasse tout pour elle, sous l’étendard de la « galanterie », elle ne s’offensa pas quand Wolfgang lui fit comprendre qu’elle devait aller se servir toute seule.

"Je compte sur toi" dit-elle simplement, avant d’aller chercher une assiette.

Dans la queue, elle se heurta à Solange, qui tenta de lui tirer les vers du nez. C’était qui, ce jeune homme ? Un pilote ? Il avait quel âge ? Comment il s’appelait ? Oh, c’était un Allemand, alors ? Ils se connaissaient depuis longtemps ? C’était sérieux ? Après cinq minutes de discussion, Solange était prête à se ranger du côté d’Elisabeth, pour la soutenir, quand Wolfgang irait voir Antonin pour lui demander la main de sa fille aînée. Selon elle, le jeune Allemand ne résisterait pas longtemps au charme fou de sa sœur, qui éclata de rire en réponse. Solange s’apprêtait à défendre son point de vue, les yeux brillants, quand Justin débarqua avec une assiette pleine de pommes de terre, accompagnées d’un minuscule morceau d’agneau. Sa plus jeune sœur fila aussitôt vers les rôtisseries, pour lui prendre plus de viande, tandis qu’Elisabeth remplissait sa propre assiette, avant de rejoindre Wolfgang.

"Bon appétit !" clama-t-elle gaiement, en piquant dans l’agneau.
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Sam 21 Nov - 16:29

Les enfants autour de Constance et Madeleine étaient de plus en plus nombreux et bruyants. Il faut dire que personne ne voulait les perturber en ce jour béni de la Fête des Fous. Constance écoutait tout ce petit monde avec un sourire aux lèvres et elle ne reprit la parole que lorsque le capitaine revint et leur fit une remarque à laquelle la pauvre Madeleine ne put répondre.

- Capitaine, non, mais vous voyez bien que mon fils nous a servi. Permettez moi de vous présenter ma famille. Les deux demoiselles sont Alexandria et Rose. Mon plus jeune fils se nomme Adrien et le plus âgé, l'origine de votre course inutile, est Pierre.

Le dit Pierre avait relevé la tête au mot capitaine. Il jeta un coup d'oeil à l'homme et on pu voir que son sourire grandissait alors qu'il se levait de table pour aller s'installer à côté du capitaine en question.

- J'espère que vous ne m'en voulez pas capitaine. Je ne savais pas que maman vous avait déjà missionné. Mais vous êtes capitaine dans l'armée ? Sur un dragon peut-être ? Et c'est comment de voler sur un dragon ? Vous avez des hommes sous vos ordres ? Vous commandez à beaucoup de gens ? C'est votre fils avec vous ? Votre femme n'est pas venue ? Vous avez déjà été blessé au combat ? Vous …
- Capitaine, je crains que mon fils ne soit pas moins bavard que sa soeur, n'hésitez pas à lui dire s'il vous importune.

Constance était venue à la rescousse du pauvre homme et Pierre haussa les épaules et commença à manger tout en attendant des réponses à ses quelques questions. Il n'avait pas été si bavard que ça et puis Rose était plus bavarde que lui d'abord. Mais en plus il fallait bien compenser le silence légendaire de ses deux autres frères et soeurs. Parce que s'il attendait de nombreuses questions de la part d'Adrien c'était certainement raté. Ce dernier se permit tout de même une question.

- Et vous avez des photographes dans l'armée ?

Car oui, Adrien avait entendu parlé d'une histoire de service militaire obligatoire et il ne se voyait pas prendre des leçons sur les armes. Donc s'il pouvait s'en sortir avec une simple année à prendre des photos, ce serait parfait.

- Pourquoi tu deviens toute rouge madame ?

Ah oui, Alexandria n'avait pas les yeux dans sa poche et elle avait remarqué les rougeurs sur les joues de Madeleine … Mais bon, elle allait pouvoir répondre non ?
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   Sam 21 Nov - 16:41

Tim donna une bonne claque dans le dos de Peter quand ce dernier lui fit une remarque sur le fait qu'il ne pensait qu'à ça. C'était totalement faux, Tim pensait à plein de choses …

Il fut ensuite disputé par Hermeline qui lui affirma qu'un baiser se méritait et qui fut même déstabilisée par cette parole. Il lui sourit de toutes ses dents avant de préparer son argumentaire pour réussir à gagner le droit à un bisou !

Elle parla de Sainte Marie et de l'impossibilité pour eux de repasser par la cour à cause d'un énorme chien. Ah oui effectivement cela pouvait s'avérer problématique si jamais Tim voulait y retourner. Mais à coeur vaillant rien d'impossible et il était hors de question que le garçon se défile pour une raison aussi futile qu'un énorme chien en vadrouille. Il trouverait bien un moyen pour y aller parce que les cours étaient importants !

Elle le disputa ensuite pour avoir osé voir le corps d'une des pensionnaires et il retint sa remarque comme quoi elle pouvait voir son corps si elle le demandait. Il se doutait que ce ne serait certainement pas la chose à dire. Il regarda tout autour d'eux et fit un grand sourire en constatant qu'ils étaient toujours seuls.

- Herm'line, t'inquiète, j'vais pas r'matter t'copine ! C'juste que j'me disais qu'si t'voulais m'revoir ben ce s'rait bien quoi t'vois c'que j'veux dire et puis ben v'la quoi.

Chose exceptionnelle Tim baissa la tête un petit peu gêné, du moins en apparence. Il n'aurait jamais dû dire ça et il s'en mordait les doigts. Mais les miaulements protestataires du chaton gris le firent redresser la tête.

- Oups, j'crois qu'dans l'coup on a oublier d'aller s'servir à bequ'ter. Pet' t'viens manger avec nous ou tu r'tournes avec tes potes ? Herm'line toi t'es mon invitée ! J'te sers ! Tout c'que t'a à faire c'est d'nous trouver une place !

Et voilà, Tim était debout avec sourire et il s'apprêtait à partir à l'assaut des rôtissoires. Les jeux allaient commencer et il était peut-être possible qu'ils aient droit à un jeu impliquant des embrassades non ?
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MessageSujet: Re: La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)   

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La Fête des Fous (lundi 14 avril 1941)

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