Karl Hoffenberg.


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Karl Hoffenberg.

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Allemand
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Âge du personnage : 28 ans.

MessageSujet: Karl Hoffenberg.   Mar 15 Sep - 23:04

Fiche de personnage


Nom : Hoffenberg.

Prénom : Karl.

Âge : 28 ans.

Nationalité : Allemande.

Métier : Pilote de la Luftwaffe au grade de Leutnant.

Description physique : Poitrine large, quasiment 6 pieds de haut : une silhouette qui passe rarement inaperçue. Casquette inclinée vers l’avant droit, blouson de cuir à col de fourrure, aigle monocéphale sur la poitrine : nul doute, un pilote. Il est encore à une trentaine de mètres, mais l’on sait déjà qu’en le croisant, les rires s’atténueront, les éclats de voix baisseront d’une octave, le respect s’installera dans cette rencontre fugace et muette, inconnue. La taille fine, rien de ces cosaques lourds et patauds qui vous étalent d’une baffe, même sobres. Non, mais une démarche un peu traînante. Lasse. Négligée, presque, tranchant avec la froideur première de l’uniforme. A son arrivée à Montreuil, sa jambe gauche est un peu raide, et il boîte légèrement. Si cet homme est incontestablement de belle stature, point de silhouette sculptée dans la sueur des muscles et la magnétite du gymnaste. Juste un soldat qui en a un peu vu, construit par les rigueurs du service. Un nez droit, des yeux gris-bleu, ciel d’hiver. Lèvres menues, fines, flanquées de deux fossettes qui n’ont guère l’occasion de s’étirer en sillon joyeux. Des cheveux d’ébène, coiffés d’une raie sur le côté encadrent son visage émacié par la fatigue. Du charme, diraient certains. Peut-être. Lui s'en fout. Sur base, le plus souvent vêtu de sa tenue de vol. En ville, le pantalon large de sa combinaison et ses bottes sont remplacés par la tenue réglementaire des officiers de la Luftwaffe : vareuse bleue, blouson de cuir par temps froid, pantalon élargi aux cuisses et bottes de cavalier cirées.

Description mentale : Plutôt solitaire, Karl lie difficilement amitié. Ce n’est pas qu’il soit introverti, mais la confiance qu’il a dans l’Individu est trop faible pour de franches et soudaines embrassades, sans rien connaître de l’autre. Ce garçon peut se révéler lunatique, passant de la mélancolie à une humeur plus enjouée en peu de temps ; mais globalement, à son retour de Normandie il est plutôt maussade, soupirant souvent de lassitude. Sa mélancolie se traduit par une isolation volontaire, le plus souvent à l'extérieur, sur un promontoire, là où le vent souffle et le ciel s'offre... Le Leutnant Hoffenberg n’est pas particulièrement fidèle à l’idéologie du parti majoritaire et unique. Serviteur de sa patrie, prêt au sacrifice ultime pour la grandeur de l’Allemagne, il n’en est pas moins un pilote qui apprécie peu l’intrusion du politique dans son monde d’évolution. Militaire avant tout, il a considéré Hitler comme un nouveau Siegfried, un homme capable de redorer le blason de leur pays et de redresser la tête de ses soldats, de son peuple tout entier. Auparavant fougueux, il a mûri en se rendant compte des véritables tenants et aboutissants des idées du Führer, et leurs conséquences sur la vie des soldats sur le front. Aujourd’hui, il serait plus enclin à effacer la svastika des ailes de son dragon pour la remplacer par la croix évasée noire et blanche… Mais n’en montre rien, par respect pour ses supérieurs.

Histoire :

17 mars 1913 : Naissance à Molsheim, Alsace.
Novembre 1918 : Exode en Allemagne, établissement à Pirmasens, Palatinat-Rhénanie.
Août 1922 : Naissance d’Ewa.
1932 : Abitur. Entrée à l’Ecole des Officiers de la Luftwaffe de Stuttgart.
1936 : Sortie de l’école. Première affectation.
Septembre 1939 : Premières armes en Pologne. Premiers vols en solo.
1940 : Nouvelle affectation. Campagne de France.
Juillet 1940 : Bataille d’Angleterre.
Mars 1941 : Blessé, il quitte le front.
Avril 1941 : Arrivée à Montreuil-Sarnand pour convalescence.

Karl Hoffenberg voit le jour à l’aube de l’horreur, le 17 mars 1913 aux environs de 17h, dans une petite maison de Molsheim, en Alsace. La lumière blafarde de ce lundi au ciel grisâtre faisait déjà plisser les yeux à ce petit d’Homme braillard. Son père, Johannes, Oberleutnant de la Reichswehr du Kaiser Wilhelm, venu, jeune, s’installer à Molsheim avec ses parents après la guerre de 1870 et l’annexion de l’Alsace-Lorraine. Sa mère, Elsa Wulf, franco-allemande pro germanique née de l’union d’un allemand et d’une française, à l’époque où les mariages mixtes n’étaient pas encore synonymes de trahison nationale, habitait en ville avec ses parents avant de rencontrer son futur époux. Il était leur premier enfant. Karl passe la première année de sa vie dans un climat relativement calme, bercé par les récits grandioses des anciennes mythologies Outre-Rhin. Mais, rapidement, le monde s’écroule dans un déluge de feu, d’acier, de haine et de violence. La Grande Guerre des Peuples avait pris possession de leur univers…

1918. Le onzième jour du onzième mois, à la onzième heure, retentissent les clairons du cessez-le-feu. L’Allemagne, vaincue, déposait les armes à genoux devant la France et ses alliés. L’Exode suivit. Si le jeune Karl ne s’en souviendra pas exactement, les souvenirs incrustés sur la rétine de son subconscient demeureront. La famille s’installe à Pirmasens, non loin de la frontière. En 1922, Karl a neuf ans, et devient grand frère de la petite Ewa. Libéré de ses engagements envers le pays par les conditions du Versaillervertrag, moyennant une promotion, Johannes a acheté une ferme et parvient à faire vivre sa famille sans trop de soucis. L’enfance de la progéniture Hoffenberg se poursuit sans coups durs, jusqu’à la fausse couche de leur mère en 1925. Elle s’en sortira mais demeura affaiblie. Toujours en contact avec la langue française, que cela soit dans sa prime jeunesse en Alsace ou auprès d’occupants venus habiter chez eux à la suite de la guerre, Karl va intégrer des bases grammaticales et une facilité de syntaxe. Cela lui permettra de poursuivre l’étude du français à l’école sans difficultés majeures. Sa mère entretiendra sa pratique par sa propre maîtrise de la langue. Au lycée, Karl adolescent est travailleur : pas particulièrement doué, son abnégation paye néanmoins, et il gravit les niveaux sans obstacles, en dehors des matières par trop scientifiques. Baignant depuis toujours dans les mythes, il se prend d’intérêt pour les dragons et leur pilotage vers l’âge de 16 ans. Trois ans plus tard, poussé par son père qui aura entretenu cette envie, il obtient son Abitur et entre à l’école des Officiers de la Luftwaffe de Stuttgart. Nous sommes en 1932, veille de l’avènement d’Hitler. Karl n’est pas particulièrement politisé, privilégiant ses études à la politique ; et la guerre, expérience forte de sa jeune enfance, laissa des traces qui trouvent pour l’heure plus d’échos dans l’épopée de Siegfried que dans les oraisons publiques du chef du NSDAP. A l’inverse de son père, qui, victime des effets du Traité de Versailles et revanchard, a rejoint les membres actifs du parti.

Quatre années d’instructions studieuses passent. Le jeune élève-officier, s’il ne présente pas une aptitude particulièrement extraordinaire, fait preuve de toute sa volonté et maintient un niveau très honorable. Adroit et solitaire la possibilité d’être seul maître à bord, sans poids humain à charge, trouve plus de crédits à ses yeux : il volera sur courrier, quoi qu'il en coûte.
Il quitte Stuttgart en 1936, diplôme en main. Ses yeux d’adultes s’ouvrent pour la première fois, sur une Allemagne nazifiée. Jeune officier, il se laisse attirer et emporter par les discours flamboyants du Führer. Depuis toujours désireux de redorer le blason allemand et de conquérir ses lettres de noblesse, il est plein d’une fougue inconsciente, et son grade récent lui fait plus gonfler la poitrine qu’autre chose. Faute d’être sorti major de promotion, Karl ne se voit pas proposer d’œuf à son entrée dans la vie active ; il prend poste de second dans l’équipage embarqué d’un Mauerfuchs de reconnaissance dans un Jagdgeschwader. Il sera remarqué pour son entrain.

1939. Le premier septembre, sans préambule, le Plan Blanc est déclenché contre la Pologne. Pour la nouvelle machine de guerre allemande, la Blitzkrieg, il faut des pilotes. La victoire doit être rapide. Grâce aux relations de son géniteur, on lui propose un dragon. Un Mauerfuchs femelle de 31 ans répondant au vocable de Brynhild. Pour lui, c’est un signe, un clin d’œil du destin. Le deux septembre, il est présenté à la créature fabuleuse… Si de ce fait il ne participe aux toutes premières heures de la Seconde Guerre Mondiale, Karl fera ses premières missions militaires aux commandes de son dragon, dans l’automne polonais, dès la seconde semaine du mois. Reconnaissance, éclairage, liaison, les occasions de sorties sont multiples.

Après l’invasion de la Pologne, Karl Hoffenberg et Brynhild prennent part à la campagne de France : le 10 mai 1940, ils franchissent les cimes des Ardennes en tête de l’attaque allemande. C’est là qu’il obtiendra sa première victoire, lors de l’interception d’un courrier français. Lorsque la France est vaincue, affecté au Jagdgeschwader 53, Gruppen 1, Staffel 1, depuis le début de l’année, il stationne en Normandie et s’envole pour les missions visant à mettre à genoux le Royaume-Uni. La bataille d’Angleterre est le théâtre de nombreuses pertes dans les rangs de la Luftwaffe, et le début de la désillusion de notre pilote. Les amitiés liées autour d’un verre, à l’escadrille, sombrent dans la Manche aussi facilement que l’Europe dans le chaos total, ou Karl dans un verre de Schnaps un soir de blues… Quelques missions de chasses aux courriers : seconde victoire début août. Deux autres suivront, dans le froid de l’hiver où son Mauerfuchs fera preuve de tout l’avantage de sa constitution. Le duo se révèle d’excellents éclaireurs ; prêts à tout pour obtenir des informations vitales sur les positions des convois ennemis croisant dans les froides eaux de la Manche. La vie se poursuit au rythme froid et effréné des missions jusqu’en mars 41. Blessé à la jambe et au bras par des éclats de shrapnel lors d’une mission de reconnaissance au dessus de la mer qui tourne mal, il est évacué à l’arrière. En avril, il est réaffecté pour convalescence au Geschwader de Metz, Gruppen 4, Staffel 4, qui loge sur la lointaine base de Montreuil-Sarnand. Décoré pour faits de guerre (Insigne des Blessés – Classe noire, Croix de Fer de 1ère Classe), il demeure marqué par le manque de réalisme de Göring et son acharnement à vouloir croire l’Angleterre et la R.A.F. exsangues, prêtes à la reddition, origines de la mort inutile de nombreux jeunes et vaillants pilotes.

Relations :

Johannes Hoffenberg : Son père, officier de la Reichswehr.
Elsa Hoffenberg : Sa mère.
Ewa Hoffenberg : Sa jeune sœur.
Günther Pokelkammer : La personne qu’il appréciait le plus à l’école de Stuttgart ; peut-être considéré comme son meilleur ami.

Karl, en dehors de Günther, n’a pas d’amis proches et les quelques camarades faits pendant les combats sont morts, ou toujours en enfer. Il collectionne en revanche les relations et les connaissances, ces personnes rencontrées une fois ou deux au hasard d’une soirée, au détour d’un couloir d’école, au front. De sa promotion de l’Ecole des Officiers, il conserve quelques contacts, mais aucune amitié sincère. On ne lui connaît d’ailleurs pas de fiancée officielle, ni même de petite amie. Il n’avait pas le temps d’y penser, il le regrette un peu. A 28 ans, il se croit désormais trop vieux, mais, qui sait ?
Il ne voue aucune haine particulière aux français. Pour lui, ils ne sont que des habitants dont le territoire est occupé, les militaires, des adversaires vaincus par le génie guerrier du Führer. Des hommes et des femmes, blessés dans leur orgueil, certes, mais néanmoins de la même race que lui.

Dragon :

Nom : Brynhild.
Race : Mauerfuchs (« Renard de Mur »)
Âge : 31 ans.

Couleurs : Au plus fort de l’été, son corps est d’un brun-roux doux et chatoyant sur le dos. Son ventre ainsi qu’une grande partie des membranes de ses ailes, plus clairs que le reste du corps s’apparentent plus à un blanc cassé rappelant la Sahne – la crème allemande que l’on rajoute dans les chocolats chauds ou sur les tartes. En hiver, les écailles se dépigmentent et elle devient plutôt café-au-lait, alors que la partie ventrale de son corps tend à égaler l’immaculé de la neige.

Silhouette : Le Mauerfuchs est le plus imposant des dragons de catégorie courriers, et Brynhild, même en tant qu’humble femelle au gabarit plus menu que les grands mâles de sa race n’échappe pas à la règle. 8 mètres 45 de long, 14 mètres 70 d’envergure – la précision germanique – font de cette dragonne une créature relativement imposante dans l’ordre naturel.

Caractère : Mère protectrice, elle tient plus de la vieille amie auprès de Karl s’ils en viennent à discuter. N’apprécie pas le vol en groupe, acceptant rarement plus d’un ailier. Au delà, ses instincts reprennent le dessus. Adore voler par grand vent, dans les prémices d’une tempête. Méfiante, la conversation des autres dragons l’intéresse rarement.


Texte personnel :

Voler.
Au fond, était-ce si naturel pour nous ? Qu’avions nous besoin d’enfourcher le dos écailleux de ces grandes créatures, et monter à l’assaut du Ciel ? Pourquoi ce désir impérieux de dominer toutes choses pour que l’Homme puisse parvenir à la réalisation de ses plus intimes desseins ? Dieu nous a fait sans ailes, sans plumes, et nous peinons à respirer dès que l’altimètre dépasse quatre chiffres. Rien n’avait destiné notre espèce à jouer à saute-moutons avec les nuages, comme l’on enjambe le dos courbé de ses camarades dans la cour de récréation. Et pourtant…


Les arbres bordant la route défilaient dans la vitre arrière de la Traction Avant noire. Poteaux noirs échevelés sur fond gris, tableau classique de l’Est – cette région si controversée. Casquette enfoncée de travers, l’officier contemplait le vague du paysage étalé devant lui, plongé dans ses pensées. De temps en temps, un heurt sur la chaussée réveillait la douleur lancinante de sa jambe gauche, qui se rappelait à son organisme de façon un peu trop enjouée. La blessure à son bras s’était mieux guérie, elle. Un mois en écharpe et seule la ligne macabre sur son membre demeurait pour témoigner de l’infortune qui, parfois, cueille un chevalier des airs. Pire que la mort, l’incapacité à voler… Lorsqu’il a goûté au glacial nectar de la bise qui gifle la peau, à la sensation grisante de vitesse, lorsque le corps musculeux de l’être volant répond à l’inflexion légères des directives qu’il lui souffle, le Flieger consigné au sol ne peut être que l’homme le plus malheureux qui soit.

Où était-elle ? Allait-elle bien ? La retrouverait-il à son arrivée ?

Les Vosges, et leurs passages nuageux successifs. Un fugace rayon de soleil vint embraser le ciel, en réponse, la pierre de son briquet produisit semblable étincelle. Le feu de la mèche se propagea rapidement aux feuilles séchées qu’il présentait à l’autodafé odorant. Le Leutnant inspira une grande bouffée de tabac, espérant calmer ce qu’un nid-de-poule venait à nouveau de tirer de sa torpeur instable. La fenêtre entrouverte sifflait dans la voiture, un courant d’air parcourait son visage… En fermant les yeux il aurait peut-être l’impression de se trouver quelques centaines de pieds au dessus de leurs têtes. Le véhicule rejoignait Montreuil, petite ville de Lorraine, perdue loin du front, loin de la guerre. Loin des passes héroïques des chasseurs, des blocs de bombardiers et des affres des combats. Loin des gorgées de la victoire et des schnaps des pertes, loin des décorations déposées sur un cercueil muet. Epargnée. Un havre de paix, réellement.

Si elle ne se trouvait dans cette foutue région !

Karl Hoffenberg regarda sa montre, jetant négligemment le mégot par la fenêtre. Dans moins d’une heure, il arriverait.
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