A quatre pattes [9 avril 1941]


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A quatre pattes [9 avril 1941]

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Allemand

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MessageSujet: A quatre pattes [9 avril 1941]   Mer 16 Sep - 23:27

Sur le mur du dortoir, à côté du lit de Wolfgang se trouvait un calendrier. Un calendrier tout simple avec des jours entourés de rouges et barrés furieusement. Il n’en restait plus beaucoup, seulement deux séries de trois. Mais sur certains autres on voyait que le jeune pilote s’était acharné.

Pourtant en le voyant marcher dans les rues de Sarnand on aurait pu croire qu’il était heureux ou du moins qu’il n’avait aucune rancune particulière contre celui qui était responsable des marques sur le calendrier. Il était parfaitement habillé, avait fait l’effort de bien coiffer ses cheveux, ses bottes étaient parfaitement cirées et il faisait certainement la fierté de l’armée allemande. Il s’arrêta un instant avant le croisement qu’il empruntait depuis plusieurs semaines et inspira.

Il avait plusieurs minutes d’avance et il savait déjà ce qui l’attendait. La première fois avait été la surprise. Qu’il soit punit, soit, mais qu’on tente à ce point de lui faire peur était des plus pénibles. Il avait passé la journée à astiquer les cellules, en devant bien évidemment insister sur les traces les plus récalcitrantes et les plus dérangeantes. Mais il ne s’était pas laissé abattre, c’était un exercice et il savait comment les appréhender. Le fait que les traces pouvaient être les résultats de sévices lui était venu à l’esprit, mais il avait fait en sorte de ne pas y penser immédiatement.

On souhaitait lui montrer ce qui se passait lorsque la Gestapo était aux commandes, et bien soit, mais qu’on ne cherche pas le moindre signe de faiblesse chez lui. Il l’avait fait une fois, il ne recommencerait pas. Oh, il n’était pas prêt encore à cesser certaines bravades, mais ni ici, ni dans ces instants. Il savait parfaitement qu’il devait se faire oublier et il allait le faire.

Les autres jours avaient été moins spéciaux, passé la première surprise d’être de corvée de nettoyage, Wolfgang avait écouté les consignes et tout ce qui était prononcé. Qu’on lui demande de nettoyer les lieux les plus abjects ou qu’on dise dans son dos qu’il n’était qu’un moins que rien n’était pas agréable, mais il n’allait pas se rebeller ouvertement. C’était sur le calendrier qu’il passait sa hargne, sur le calendrier et sur le journal qu’il tenait. Ce journal, personne ne savait où il le dissimulait et cela valait mieux. Et Wolfgang était presque certain que jamais il ne serait découvert, du moins quand il n’écrivait rien dedans.

Le jour où il avait entendu le mot cheveux, il avait failli s’oublier. C’était le premier jour où il n’avait pas à nettoyer et où il devait classer par ordre alphabétique croissant et par date décroissante les avis de naissance des membres de la Gestapo. Il était certain que ces documents avaient été demandés exprès pour qu’il puisse les trier et dieu savait que le travail était fastidieux. Aussi quand il avait entendu qu’on parlait de cheveux dans son dos, il avait tendu l’oreille et quand il avait entendu que la coupe de cheveux réglementaire allait être appliquée à tous les membres de la section de Montreuil de manière rapide, il avait eu envie de parler. Mais il ne le devait pas et il devait rester calme, alors il avait attendu la soirée et avait pris un miroir.

Puisque c’était la règle, il allait le faire. Il avait regardé une dernière fois ses cheveux trop longs et avait demandé à ce qu’ils soient coupés. C’était à Sarnand que cela avait été fait et il avait vu les regards de ses tortionnaires le lendemain. Ils avaient l’air remarquablement déçus de voir que le jeune soldat avait anticipé sur leur demande future et ce jour là, Wolfgang avait eu à cirer les bottes de tous. Mais au moins il n’avait pas eu droit à une coupe maison, certainement faite exprès pour le rabaisser encore.

Il salua les gardes à l’entrée de la cour menant à la maison où son calvaire allait reprendre. Il avait été sous les ordres de tous, mais certains étaient plus dangereux que d’autres. Et il espérait fortement que ce ne serait pas l’un de ces hommes dangereux. Il savait que Siedler n’avait toujours pas pardonné et que seule une conduite irréprochable pourrait faire l’affaire. Aussi, il se redressa en entrant au siège de la Gestapo, il avança vers l’accueil et fit le salut militaire.

- Flieger der Lufpost Wolfgang Abendroth, j’attends les ordres.

Il resta immobile en attendant les critiques sur son uniforme, sa tenue, sa position ou même sa diction, elles venaient régulièrement donc cela pouvait encore se produire, mais il n’allait pas leur donner satisfaction. Cependant, que la secrétaire soit là était un signe, bon ou mauvais Wolfgang n’avait pas encore été assez souvent dans les locaux pour le savoir. Mais il resterait immobile jusqu’à ce qu’il reçoive ses consignes et commencerait son travail. La journée allait encore être longue …
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Jeu 17 Sep - 19:45


Oberscharführer Hans Pfeffel


Il y avait des jours, comme ça, qui commençaient franchement bien. En général c'étaient ceux qui suivaient une nuit chez les pute et bien alcoolisée, et sans gueule de bois, et quand le monde était super, il y avait même des croissants sur la table de l'entrée, au bureau. Finalement, Pfeffel en demandait peu pour être heureux. Et puis il était pas compliqué, parce qu'on pouvait remplacer les putes par une bonne baston, et les croissants par des rillettes au café, voir même les deux par un ado à martyriser : le petit Hansie avait eu une enfance malheureuse qui lui avait laissé une haine farouche des adolescents en général, si bien que lorsqu'on lui laissait l'occasion d'en embêter un en particulier, il ne se gênait pas.

En l'occurrence, c'était un bon jour car Siedler lui avait dit la veille que Wolfchen venait. Bien entendu, Siedler ne l'appelait pas officiellement Wolfchen, et personne ne le faisait devant lui, mais quand il n'était pas là et que Kurtz était juste assez loin pour pouvoir siffloter en ignorant la chose... ce matin, les deux étaient absents, cause : "balade à cheval".
Conclusion : on allait se marrer.

Dès que la voix de Wolfchen arriva à ses oreilles, Pfeffel s'empressa de sauter sur ses pieds (qu'il avait sur le bureau) et de rappliquer fissa. Comme d'habitude, il inspecta en détail le garçon pour chercher un défaut à houspiller, mais ne trouva rien et se contenta d'abattre une main pseudo amicale et dure comme une poutre sur l'épaule d'Abendroth.

"Wolfchen ! Mais c'est que t'es là tôt ! Z'avez vu Mademoiselle Poisson, il est très heureux d'être avec nous ! N'est-ce pas Wolfchen ?"

Et pendant ce temps là, la main battait la cadence sur l'épaule.
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Sam 19 Sep - 18:11

Il était immobile depuis peu quand il sentit une main d’acier s’abattre sur son épaule et manquer de la déboiter. Cela devait être le seul avantage à être au garde à vous, les muscles tendus permettaient d’amoindrir les chocs. Mais ce qui fit légèrement grimacer Wolfgang fut la voix qui accompagnait la main.

Quelle chance d’être tombé sur le seul gestapiste qui avait la chance d’allier deux qualités pourtant fort présentes chez cette espèce à part, la bêtise et la méchanceté. Et non seulement il les possédait au point d’en faire un art, mais en plus il avait la force pour parfaitement faire connaître ses opinions sur tous les sujets. Donc aucune chance de le raisonner ou de tenter de l’amadouer. Au contraire, Wolfgang avait toutes les chances en montrant un seul signe de faiblesse d’être encore plus mal traité.

Il s’obligea donc à ne pas parler tant qu’aucune question ne lui était posée. Et quand celle-ci vint, il s’obligea à prendre un ton neutre pour ne surtout pas énerver Pfeffel.

- Ravi, Oberscharführer.

Il ne fit pas de phrase plus longue puisqu’il savait que Pfeffel ne saisirait jamais les subtilités du langage parlé ou écrit d’ailleurs. Il pensait même pouvoir mettre une nuance d’ironie dans ses paroles, mais ne le tenterait pas, pas pour le moment tout du moins.

Mais l’homme avait cependant l’air de bonne humeur, est-ce que cela pouvait signifier un moment de repos pour Wolfgang ou bien alors une journée encore pire à passer. Cela, il ne le savait pas, mais il allait finir par le découvrir certainement pas de la meilleure manière cependant. Il devait faire très très attention à ne pas froisser l’homme et même, qui sait, à gagner ses bonnes grâces.

La main sur son épaule était des plus stressante, mais il ne pouvait rien faire pour l’éviter, en tout cas, se dégager était hors de question, par contre il pouvait faire preuve de bonne volonté.

- Et quel est le programme de cette magnifique journée ?

Il n’ajouta pas la liste des choses inutiles qu’on lui avait fait faire et il attendit, toujours au garde à vous, toujours immobile mais de plus en plus difficilement calme face au tapotement énervant de la main sur son épaule.

Il sentait que de toute façon, la journée allait être très longue sous la coupe de l’homme et qu’il était même capable de l’humilier rien que pour le plaisir. Et bien qu’il s’y risque, Wolfgang avait une excellente mémoire et un sens de la vengeance très particulier. Il notait toutes ces avanies et il trouverait un moyen, un jour, de leur faire payer. Ca oui !
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Mer 23 Sep - 23:22


Oberscharführer Hans Pfeffel


Pfeffel n'était pas fait pour la subtilité ; cependant, il n'était pas totalement stupide. Ou, en tout cas, pas assez pour croire que le gamin pouvait être vraiment heureux. Mais cela faisait partie du jeu, aussi feignit-il de croire que c'était vrai. Il passa donc à la deuxième partie de son plan (auquel il avait eu toute la soirée pour réfléchir, entre le bar du soir et le retour à l'hôtel un peu miteux destiné aux sous officiers sans caserne) et laissa tranquille l'épaule de Wolfgang. L'attaque suivante se composa par un bras pseudo amical placé autours du garçon, ce qui rendait leur différence de taille encore plus frappante.

"Viens donc là, Wolfchen, j'ai un truc à t'dire en privé."

Comme évidemment, ledit Wolfchen n'avait pas le choix, Pfeffel se dirigea de facto vers un coin calme qui s'avérait être son bureau. Comme son bras restait autours des épaules du gamin sans lui laisser l'espoir d'en sortir discrètement, l'autorité en était aussi physique que motivée par le grade supérieur du géant blond.

Même s'ils étaient seuls, Pfeffel baissa la voix et pris un air de conspirateur.

"Les patrons sont pas là, ce matin !"

Son sourire carnassier expliquait à quel point cela le satisfaisait.

"Je me suis donc dis, que étant donné qu'aucun Hautpsturmführer n'a laissé d'instructions pour toi, qu'on a la voiture et tout et tout, que j'allais te montrer les coins intéressants du coin."

Le mot "intéressant" sortait sur un ton sans équivoques et signifiait : a) qu'on allait parler de cul, b) qu'on allait boire, c) qu'on allait taper sur quelqu'un. Barrez la ou les mentions inutiles...
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Sam 26 Sep - 11:37

Tuer Pfeffel d’un coup de couteau n’était certainement pas la solution à ses problèmes, pourtant c’était très tentant. Quand il avait cessé de tapoter son épaule pour bien lui montrer qu’il était le patron, attitude aussi puérile que celle que Wolfgang aurait pu avoir, il avait passé son bras autour des épaules pour lui prouver qu’il était le plus grand. Si jamais le jeune soldat n’avait pas été aussi désireux de ne pas faire de vagues, il y avait fort à parier qu’il aurait répliqué et parlé à « son bon maître » …

Mais comme il devait rester le plus calme possible, il attendit que l’autre daigne lui parler de son idée. Ah ! Ca commençait mal si les patrons étaient absents. Au moins quand Heinz était là, Wolfgang pouvait tenter de lui montrer qu’il savait parfaitement ce qu’il désirait cacher. Bon, il ne l’avait pas encore fait pour la simple et bonne raison que l’homme était très rarement seul avec lui, ce qui posait évidemment un grave cas de conscience à Wolf. Pas par pitié pour le gestapiste, mais par instinct de conservation.

En tout cas, le fait que Pfeffel soit le plus gradé présent n’augurait rien de très bon pour le jeune homme. Et quand il parla d’aller voir les coins intéressants, Wolfgang se demanda durant au moins une minute ce que signifiait intéressant pour un homme pareil. En tout cas, cela ne pouvait pas être les lieux culturels de la ville, il y avait fort à parier que les monuments architecturaux, les églises, les maisons ayant abrité des personnalités, ne figuraient pas au palmarès de ce que l’homme trouvait intéressant. Il répondit tout de même assez vite.

- Je trouve cette idée excellente en effet Oberscharführer

Il n’ajouta pas que si l’homme avait toujours des idées aussi exceptionnelles, il le suivrait jusqu’au bout du monde car cela serait totalement faux et que l’ironie serait impossible à dissimuler. Mais le point crucial des lieux à visiter restait là et il se demandait s’il devait ou non poser la question. Pas parce qu’il n’était pas curieux, bien au contraire, mais parce qu’il redoutait un peu la réponse.

Oh ! Non, Wolfgang n’était pas un enfant de chœur. Il savait parfaitement ce que des hommes pareils pouvaient faire de leur temps libre. Et il avait même parfois participé à des sorties plus ou moins officielles destinées à favoriser l’intégration des plus jeunes. Ce n’était, en général, pas désagréable, bien que cette fois-ci, il n’était pas là de son plein gré et il aurait du mal à refuser quoi que ce soit. Car finalement, sortir au lieu de faire du ménage c’était tout bénéfice …
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Mer 30 Sep - 22:44


Oberscharführer Hans Pfeffel


Un sourire épais traversa le visage de Pfeffel, d'une oreille à l'autre en bousculant joues et fossettes. Il adorait quand on était d'accord avec lui. Surtout quand on était d'accord parce qu'on avait pas le choix. Et le gamin pilote de pigeon voyageur aurait été bien en peine de lui dire non. Le tout laissait sur la langue un magnifique goût de puissance particulièrement agréable.

"Bon !"

Il sera un peu les épaules du garçon dans son grand bras en une parodie de geste amical.

"Alors voilà, je vais te montrer une chouette endroit et ce qu'il faudra faire pour être des nôtres, ok ! Tu pourras dire que t'es pas une fillette comme ça !"

Le bras se déroula mais, aussitôt, le geste changea pour se muer en un nouveau fraternel coup sur une épaule qui trainait. Ceci fait, Pfeffel alla se placer juste devant Wolfgang, feignit de lui arranger les cheveux et le col -ce qui eu pour effet de froisser le tout plus que de l'améliorer. Puis ses deux mains attrapèrent le garçon comme un tonneau, le repoussèrent sans le lâcher et, le tenant à bouts de bras, Pfeffel l'inspecta de bas en haut.

"Bon, t'es beau ! On va pouvoir y aller ! ... tu suis, Wolfchen, et pas de chichis !"

Sans attendre de réponse, il était déjà ressorti du bureau et se dirigeait vers la porte de quelques immenses foulées. Il ramassa en passant son manteau qui trainait sur une chaise et s'employait à le mettre lorsqu'il parvint devant la porte, l'ouvrit, puis continua en enfilant la deuxième manche, laissant le soin au pilote de la refermer. Dans la rue, il ne s'intéressa pas à la voiture et tourna sur sa droite...
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Sam 3 Oct - 15:04

Pourquoi est-ce que cette grosse brute imbécile avait toujours la main pour le broyer. Parce que après le coup dans le dos, la main tapoteuse, il arrivait à l’accolade de la mort. Bon, d’un autre côté, pour la main, lui la préférait tout de même tapotant l’épaule que baladeuse, mais ce n’était qu’un avis personnel et fonction de son interlocuteur. Si jamais Beth se permettait d’avoir la main baladeuse, il ne pensait pas le lui reprocher un jour.

Quand il fut totalement débraillé, ce qui le fit penser que c’était bien la peine de passer du temps à s’arranger, le sourire de l’homme ne lui fit pas plaisir du tout. C’était très mauvais signe de demander à ne pas passer pour une fillette. Parce que dans la tête de gens pareils cela signifiait bien souvent cogner sur quelqu’un ou s’amuser avec une fille. Et pour le moment Wolfgang n’avait envie ni de l’un, ni de l’autre. Enfin… de l’autre ça pouvait s’arranger, il était encore un adolescent donc ce n’étaient pas ses pensées qui régissaient l’ensemble de ses actes. Il avait suffisamment d’hormones en fusion pour finir par avoir envie de s’amuser avec une fille, du moment qu’elle n’était pas trop vieille !

Il fut presque obligé de courir pour rattraper l’homme et finit par arriver à sa hauteur alors que la voiture était mise de côté. Alors cela signifiait que pour prouver qu’il était un homme, il devait faire quelque chose sur la droite de la rue Carnot. Et ce quelque chose devait avoir un rapport avec les bâtiments de la rue.

Wolfgang doutait que le siège de la Wehrmacht soit le but de leur marche. Il lui semblait également se souvenir avoir entendu les soldats parler du commissariat, et là encore cela serait très étonnant.

Mais il y avait aussi deux lieux que le flieger avait envie de visiter, les deux étant interdits aux mineurs habituellement. L’un moins que l’autre cependant. Il pensait, certainement avec raison, qu’un soldat en uniforme ne se ferait pas mettre à la porte du Bar de Madame Manon. Il sourit à cette idée en se souvenant que Tim y travaillait, non il ne se ferait pas mettre à la porte. Le Casino serait certainement plus complexe, car, à sa connaissance, il n’avait pas assez d’argent pour y jouer et il serait très mal vu qu’un adolescent entre là bas. Quoi que … avec Pfeffel, très peu de monde oserait le contredire.

Il fut bien vite à côté de l’Oberscharführer et il finit par faire parler sa curiosité.

- Oberscharführer, j’ai déjà fait beaucoup de choses, mais je n’ai jamais été ainsi initié pour faire partie des vôtres. J’avoue que je suis curieux.

En réalité, il n’était pas plus curieux que ça car il devinait déjà certains points de cette aventure, mais flatter son interlocuteur faisait partie du jeu non ?
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Dim 4 Oct - 15:52


Oberscharführer Hans Pfeffel


Contrairement à ce que pensait Wolfgang, il y avait des gens qui osaient fermer la porte à Pfeffel et ce malgré son uniforme. Madame Manon faisait partie de ces quelques rares personnes qui, avantagées par des amis hauts placés, n'hésitaient pas à éjecter ceux qui dérangeaient la bonne marche de son établissement. Cela, Pfeffel ne le lui avait jamais pardonné...

Mais le jour de la vengeance était arrivé. Cette pouffiasse franchouillarde allait comprendre qu'on ne se levait pas contre l'Oberscharführer Pfeffel ! Et pour cela, et bien... le gosse allait lui servir. Parce qu'on ne le connaissait pas là bas, et aussi parce que s'il se faisait avoir, Pfeffel ne se sentait pas vraiment concerné. En fait ça le ferait même bien rigoler. Donc c'était tout bénef pour lui, donc c'était une idée excellente, donc il avait aux lèvres un grand et beau sourire.
Il s'arrêta derrière une voiture, à une cinquantaine de mètres du bar qui se profilait et, de là, se tourna vers Wolfgang qui attrapa de nouveau par les épaules d'un air paternel.

"Bon, c'est là ! Alors voilà ce que tu fais ! Tu vas dedans ! ... et tu me ramènes de la lingerie de la patronne !"


Il désigna d'une grosse main le troisième étage du bâtiment.

"Au rez de chaussé, c'est la salle. Au premier, y'a un salon privé pour ses amis et ses friqués. Au deuxième y'a les chambres des employés qui couchent chez elle. Elle elle est au troisième. Tu m'ramènes c'que tu veux mais faut de la matière : culotte, sous tif, bas, c'que tu veux, propre ou sale j'm'en tape. Mais si tu reviens sans rien j'te fais laver les chiottes avec une brosse à dents un lendemain de cassoulet, ok ?"
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Mar 6 Oct - 21:44

Wolfgang regarda l’homme qui lui parlait et semblait figé. Alors c’était ça qu’il fallait faire ? Uniquement ça et seulement ça ? Franchement, il s’était attendu à du challenge, de la compétition, de la difficulté mais entrer dans un lieu pour prendre les sous-vêtements de la patronne, c’était un jeu d’enfants. Surtout qu’il avait un allié dans la place et qu’il n’avait aucun doute sur le fait que Timothée allait pouvoir l’aider. Il ne perdit donc pas de temps avec des bavardages et il se permit même un véritable sourire.

- A vos ordres, je vous rejoins rapidement.

Rien ne servait d’entrer dans les détails, il n’avait pas envie que l’homme se pose trop de questions sur sa docilité. Il s’éloigna alors. Les passants purent voir un adolescent se diriger d’un pas guilleret vers l’estaminet où il pourrait commettre son forfait en toute impunité et sans regrets déplacés. Il ne marqua pas d’hésitation en entrant, histoire d’être certain que Pfeffel n’aurait aucun doute sur son courage. Puis il stoppa, c’était la première fois qu’il entrait là et pour l’instant, nul Timothée en vue.

Mais ce n’était pas un souci puisqu’il n’avait qu’à demander à le voir pour arranger le coup. Il se dirigea entre les tables vers une serveuse et lui demanda dans un français approximatif.

- Bonjour, Timothée est là ?

Il avait toujours son sourire de fixé aux lèvres et ce n’est qu’en entendant la réponse qu’il se fana.

- Non, il ne travaille pas aujourd’hui. Vous buvez quelque chose ?

Là, il dut légèrement pâlir et il s’assit sur une chaise avec défaitisme. Il y avait de nombreuses solutions à son problème, mais aucune n’était satisfaisante. En tout cas, plus question d’attendre de l’aide extérieure et donc mieux valait boire quelque chose pour ne pas trop attirer l’attention.

- Du schnaps vous avez ?

Il se dit qu’il avait fait une boulette quand la serveuse partit rapidement et sans même lui parler, mais il lui fallait quelque chose de fort. Bon, tant pis, il allait d’abord repérer où pouvait bien être la patronne pour ensuite s’introduire avec discrétion dans ses appartements.

Il avait plusieurs possibilités pour finalement accomplir sa mission. Il doutait de l’efficacité de demander à Madame Manon l’un de ses sous-vêtements pour éviter une punition à la gestapo. Cela ne risquait guère de fonctionner. Ensuite, il y avait l’uniforme … Mais d’après les rumeurs cela ne donnerait rien de s’en servir ici. Donc, attendre et repérer les passages en direction de l’escalier pour savoir si des soldats s’y dirigent parfois et ainsi être plus discret.

Il fouilla ses poches et se félicita d’avoir de l’argent, se faire jeter dehors ne serait certainement pas une riche idée… A moins qu’il ne se retrouve à devoir faire la lessive … mais il en doutait.
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Dim 11 Oct - 20:38


Madame Manon


"Il y a un gosse qui veut du schnapps," déclara Charlotte en se penchant vers Madame Manon qui, assise à une table tout au fond, discutait avec l'Oberst Krüger. Charlotte ne s'étonnait plus qu'il vienne à chaque pause, au moins une fois par jour. On commençait à chuchoter à propos de cela, mais Madame Manon n'en avait cure : elle menait sa vie avec plus d'indépendance que la grande majorité des femmes françaises. Mais, si elle se fichait des on dit, elle ne se fichait pas de la légalité ou même de l'éthique. Du schnapps à un gosse !

"Vous ne lui avez pas dis non ?
-Il est en uniforme, Madame."

Klaus lui embrassa la main, déclara qu'il fallait qu'il retourne travailler. Cela tombait bien, parce qu'il fallait qu'elle y aille aussi.

"Occupez vous des autres clients, je vais voir ce garçon.
-Oui, Madame."

Du haut de ses talons hauts-mais-pas-trop, Madame Manon trouva ville la silhouette fine et vert-de-grise en uniforme de la Luftposte -le même que pour la Luftwaffe, mais avec des patchs d'une couleur différente-. Elle le rejoignit rapidement, la main sur la hanche, le regard tombant vers la table et l'adolescent. Quel âge ? Aucune idée, mais trop jeune, sans doute.

"Guten tag, jeune homme. Parlez vous français ? J'aurai besoin d'une pièce d'identité. Je ne peux pas vendre d'alcool fort à des mineurs, il faut que je vérifie que vous avez l'âge..."
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Jeu 15 Oct - 21:42

Et bien, ce n’était pas la direction du bar que la demoiselle prenait, bien au contraire, c’était la direction d’une table où une femme parlait avec un homme. Quoi de plus naturel dans un bar après tout. Mais ce qui était le plus étrange vint ensuite, les deux personnes se levèrent et la serveuse retourna vaquer à ses occupations. Wolfgang faillit protester pour avoir son schnaps en vitesse, mais il fallait croire que ce ne serait pas possible.

En effet, une femme venait d’arriver et cela pouvait fort bien être Madame Manon. Quand elle prit la parole en mêlant français et allemand, Wolfgang se dit qu’il avait peut-être une chance de trouver une solution à son problème. Car si elle pouvait le comprendre cela arrangerait tout de suite les choses.

- Guten Tag, oui j’ai pris des cours de langue des fois.

Il avait même eu l’occasion d’en parler de manière approfondie avec une jeune femme tout à fait intéressante qui aurait certainement détonné dans l’ambiance du café.

- Par contre je ne sais pas si j’ai des pièces d’identité.

Car oui, il n’avait pas compris en quoi des pièces fussent-elles d’identité (quel que soit le sens de ce mot) allaient la renseigner sur son âge. Il sortit quelques pièces qu’il avait dans sa poche et haussa les épaules.

- Je ne sais pas s’il y a de l’identité dedans. Mais je travaille pas dans une mine par contre.

Il devait avoir l’air totalement ridicule à ainsi se tromper dans ce qu’elle avait certainement voulu dire, si seulement Orion était là pour l’aider à traduire. En tout cas, s’il avait bien compris, le fait que la vente d’alcool fort soit interdite aux gens des mines était totalement stupide comme règle. Elle venait certainement d’un ancien Roi de France qui avait exigé que, pour une raison inconnue, les pauvres travailleurs ne pourraient pas se saouler tranquillement.

Par contre oui, l’âge de boire, il savait qu’il ne l’avait pas officiellement. Mais il avait déjà essayé et ça faisait du bien de temps en temps. En plus cela amenuisait la peur et c’était exactement ce qu’il lui fallait pour avoir le courage de monter fouiller les appartements de la dame.

- Pour l’âge je comprends, mais j’ai besoin de fort pour oublier.

Là il ne mentait pas et cela lui permettrait de sonder un petit peu Madame Manon concernant sa disposition d’esprit et d’aide d’un pauvre soldat maltraité par un horrible gestapiste.
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Sam 17 Oct - 21:43


Madame Manon


Bon, autant pour la maîtrise du français. Malheureusement, l'Allemand de Madame Manon n'était guère riche : elle ne connaissait que les phrases les plus utiles et ne comprenait que les réponses les plus simples.

"Ausweis, bitte," répéta-t-elle en Allemand. Ausweis, c'était un peu tout : papiers d'identité, laisser passer... il ne fallait pas être vif pour comprendre cela, mais à vrai dire, la patronne se demandait si le gamin ne se moquait pas un peu. Il fallait être profondément idiot pour croire qu'elle le prenait pour un employé des mines. D'abord, il n'y avait pas de mine à Montreuil. Ensuite, il portait un uniforme de la Luftposte, qui n'avait rien à faire sous le sol en général.

"Je ne peux pas vendre d'alcool fort à des gens qui sont mineurs," expliqua-t-elle lentement, laborieusement, mais d'une manière tout à fait compréhensible. "C'est interdit par Kommandantur."
Et si ça n'avait pas été la Kommandantur, elle aurait refusé de le faire. Les jeunes ne savaient pas tenir leur alcool ou vomir proprement dans les toilettes, et ils étaient tellement lessivés après qu'on ne pouvait même pas les faire nettoyer eux même.

"Vous pouvez avoir des choses sans alcool. Ou des choses avec un peu d'alcool. Mais pas d'alcool très fort. Verboten."

Madame Manon affichait un air aimable et patient, la bouche souriante et le regard tombant directement sur le visage du garçon. Il n'avait pas l'air bien à l'aise, mais pas effondré comme le serait un garçon qui vient de se faire jeter et veut l'oublier. Plutôt... anxieux. Le genre de regards que Madame Manon savait bien reconnaitre, parce que les gens anxieux consomment beaucoup mais s'emportent vite. Les nerfs, les nerfs...
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Sam 24 Oct - 15:39

Wolfgang comprit enfin ce qu’elle voulait dire quand elle passa à l’allemand. Ah ? C’était bien sa veine ça, une patronne qui refusait de servir de l’alcool fort à ses clients sous prétexte qu’ils n’avaient pas l’âge requis. Et puis quoi encore ? Quoi que, s’il y réfléchissait bien il n’avait strictement rien à dire, le raisonnement était correct et il risquait fort de se faire mettre à la porte s’il protestait.

Donc la solution n’était pas dans la protestation mais dans l’acceptation et la compassion. Car oui, Wolfgang allait tenter de jouer la carte de la compassion pour se faire accepter et éventuellement visiter les appartements de la dame. Et pour cela, le mieux était de trouver un bon prétexte pour avoir demandé de l’alcool fort. Et comme les meilleurs mensonges sont ceux qui ont un fond de vérité, il allait dire toute la vérité à cette brave dame.

"Je dois avoir l’air idiot je crois. Je n’ai pas l’habitude de parler français aussi vite et j’ai dû dire des choses bêtes. "

Oui, c’était exactement ce qu’il lui fallait, commencer par s’excuser puis demander quelque chose de moins fort que du Schnaps. Même si actuellement il avait vraiment besoin de quelque chose de bien fort pour se remettre.

"Je vais prendre le plus fort que vous avez le droit de me donner. J’ai vraiment besoin d’oublier le numéro 27."

Là ! C’était assez explicite comme demande et oui il avait besoin d’oublier ce qu’il avait fait. Mais il n’allait pas en rester là, il devait trouver un moyen de légèrement forcer la main de la dame pour parvenir à ses fins. Et pour cela, il devait penser à quelque chose de particulier.

Oui, parfait, s’il réussissait assez à penser à ce qu’il risquait de perdre, ses yeux allaient bien finir par s’embuer. Et puis s’il montrait des signes de faiblesse et de fatigue, elle chercherait certainement à lui donner asile pour quelques heures. Il s’enfonça plus dans son siège et trembla un petit peu pour la forme avant de relever les yeux vers la tenancière.

"S’il vous plait."

Oui, il avait réussi à avoir une voix presque misérable. Bon, ce n’était pas obligatoirement fonctionnel sur la dame en face de lui, mais on ne savait jamais. Elle allait peut-être avoir pitié de lui. En tout cas, il lui semblait que parfois, des soldats se dirigeaient vers l’escalier, certainement pour se rendre aux toilettes et cela pouvait faire son affaire. Après tout, il avait une petite chance de réussir à parvenir aux étages sans se faire remarquer. Si bien entendu, la dame qu’il avait en face de lui ne lui proposait pas de se reposer bien calmement dans l’une des chambres de l’étage.

Il poussa un soupir à fendre l’âme et sentit que ses efforts pour être déprimé étaient en train de payer. Très bien, avec de la chance elle prendrait ça pour de l’angoisse…
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Jeu 29 Oct - 16:17


Madame Manon


Madame Manon haussa un sourcil lorsque l'Allemand lui parla d'un certain 27 et se demanda si elle avait compris moins d'un tiers de ce qu'il avait dit ou s'il était déjà bourré et lui racontait des âneries. Il n'était déjà pas simple pour elle de coller bout à bout les morceaux de phrase au vocabulaire connu, s'il s'amusait à divaguer, ils n'étaient pas prêts d'y arriver.

Il faudrait donc se débrouiller avec ce 27. Le seul 27 qu'elle connaissait, c'était le siège du SD et elle ne voyait pas très bien ce que ce garçon pouvait avoir avec Siedler, qui était très correct et n'avait probablement rien à foutre d'un blondinet dans ce genre. Peut être qu'il y avait un problème avec l'un des soudards qui travaillaient pour lui, ce qui était plus probable.

La femme se redressa, la main sur la hanche, et fit mine de réfléchir tout en ignorant les tentatives pour l'amadouer. Elle avait fait quelques études, elle avait fréquenté des garçons et tenait un bar depuis assez longtemps pour que leurs yeux pitoyables ne lui fassent pas trop d'effets. Et puis s'apitoyer ne l'aiderait pas à régler ce mystère.

Le 27 était peut être une date. Le garçon avait-il reçu un ordre de mutation qui ne lui convenait pas et se réaliserait le 27, abandonnant une petite amie à Montreuil ? Cette possibilité était meilleure que la précédente, mais ne justifiait en rien un traitement de faveur.

"Je peux vous vendre un verre de vin," avança-t-elle, "mais nicht mehr." Pas plus.

Wolfgang devrait être plus clair pour que sa tactique fonctionne...
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Sam 31 Oct - 15:31

Cela ne faisait pas l’affaire de Wolfgang, elle avait marqué une hésitation en entendant le nombre mais cela n’était pas suffisant. Peut-être qu’il n’avait pas été assez explicite et il devait en parler plus attentivement. Mais en même temps, si jamais elle était proche de Pfeffel … chose étrange mais possible, elle risquait d’avoir des doutes.

D’un autre côté, si Pfeffel et elle étaient proches, elle n’avait pas besoin de grand-chose pour savoir ce qu’il voulait, l’homme lui avait certainement fait part de son plan. Donc, il allait avancer toujours en douceur. Il l’écouta lui proposer du vin avant de grimacer. Non, pas de vin, il n’aimait pas ça et il préférait quelque chose de plus allemand. Une bière par exemple, mais il ne devait pas le demander directement.

Et … une minute, le vin c’était rouge et il pouvait peut-être en tirer parti. Il s’enfonça plus dans son siège tout en conservant son air pitoyable.

- Non merci pas de vin rouge. C’est comme le sang que j’ai vu avec Pfeffel. Quelque chose d’autre s’il vous plait. Je ne peux plus voir de san … rouge.

Il était de plus en plus misérable et il avait même parlé de Pfeffel, cela serait un bon test pour voir si elle allait le considérer comme un pauvre petit à aider ou bien comme un allemand qui n’avait que ce qu’il méritait.

En tout cas, il allait avoir besoin de plus d’aide s’il voulait réussir rapidement sa mission. Mais quelle idée avait bien pu piquer l’homme pour l’envoyer faire quelque chose d’aussi idiot ! Franchement … Et puis qu’est ce qui allait lui garantir que ce qu’il rapporterait appartenait bien à Madame Manon … Ah ! c’était peut-être une solution si jamais il ne parvenait pas à monter sans se faire trop remarquer. Il avait la possibilité de sortir par derrière, il y avait toujours une autre sortie dans les cafés et là … il pourrait trouver un moyen d’aller acheter de la lingerie à la bonne taille sans se faire voir !

Mais bon, en même temps, être là n’était pas si désagréable, tant qu’il ne se faisait pas mettre à la porte pour son indécision sur le choix de la boisson. Ce serait étonnant, mais on ne savait jamais avec les français…
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Dim 1 Nov - 20:02


Madame Manon


Non mais vraiment, ça en devenait agaçant ! Elle n'aurait jamais dû lui parler en allemand. Qu'est-ce qu'il croyait, qu'elle avait un dictionnaire dans la tête et pouvait traduire toutes les âneries qu'il débitait ?
Pendant une seconde, la femme pensa à faire venir Charlotte, lui emprunter son plateau et le fracasser sur le crâne du garçon.

Surtout qu'il avait l'air de se débrouiller suffisamment en français pour être intelligible. Ou pas. Enfin. Quoi qu'il en soit, Madame Manon ne parlait pas assez bien allemand pour être sûre des mots utilisés. Elle avait peut être entendu "pfeffel", mais il y avait sans doute un tas de mots qui sonnaient comme ça, et puis elle le détestait tellement, celui là, qu'elle finissait peut être par imaginer son nom toutes les trois phrases.

Que croyait-il, enfin, qu'il était le seul client à l'attendre ?

Patience, patience. Elle pouvait lui jeter le plateau à la figure, mais seulement dans son imagination. Le client est roi, même si c'est un roi parfois peu aimé.

"Monsieur, il faudrait vous décider. D'autres clients m'attendent. Je peux vous laisser la carte," elle fit signe à Charlotte de lui en apporter une : quand il aurait le papier sous le nez, il se rendrait vite compte de ce dont il s'agissait. "Quand vous aurez choisi, vous me ferez signe. D'accord ?"

Elle espérait qu'il répondrait vite car, du coin de l'oeil, elle voyait l'Oberst Krüger prêt à partir. Elle lui en voudrait beaucoup s'il lui faisait rater les au revoir...
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Sam 7 Nov - 22:28

Elle ne semblait pas décidée à l'aider à décider, aussi il allait devoir choisir lui même sa boisson ce qui l'empêcherait de discuter à son aise et de continuer de lui lancer des perches. Surtout qu'il n'avait pas manqué le regard en direction de l'Oberst, si jamais elle voulait rejoindre l'homme qui allait sortir, il ne devait pas la retarder pour qu'elle reste dans de bonnes dispositions.

Il hocha la tête quand elle lui parla de carte, cela au moins il savait exactement ce que cela pouvait être. Même s'il ne comprenait pas exactement à quoi servirait une carte dans le cas actuel. Il devait rester le plus gentil possible et tenter de lui faire comprendre qu'il avait eu des problèmes avec Pfeffel tout en évitant de se faire mal voir en se plaignant ouvertement.

- Oui d'accord, merci pour la carte. Allez voir les autres clients je vous appelle.

Il allait bien trouver un moyen d'entrer dans sa chambre et il n'avait pas besoin d'elle. Cependant c'était quelque peu pénible de devoir faire attention à tout car, maintenant qu'il avait attiré l'attention sur lui, si jamais il montait sans y être invité, il risquait fort de se faire repérer encore plus...

Quoi que … il venait d'avoir une idée. Il attendit que la carte lui soit donnée et il la regarda tout en guettant la sortie de l'Oberst, les au revoir n'allaient pas se prolonger outre mesure, du moins il l'espérait. Et il continua à regarder ce que c'était qu'une carte. Finalement il le compris, pourquoi n'avait-elle pas utilisé le mot menu des boissons, ça au moins il aurait su immédiatement ce que cela désignait et il n'aurait pas été si étonné.

Alors ? Que pouvait-il commander ? Pas un alcool fort et cela valait mieux pour garder l'esprit calme et clair. Donc quelque chose contenant de l'alcool mais pas trop fort, peut-être tout simplement une bière après tout.

Il vit que l'Oberst était sorti et donc qu'il avait presque le champ libre. Il respira un peu plus fortement et porta rapidement une main à son front. Il avait peur que cela ne fonctionne pas, cela faisait battre fortement son coeur dans sa poitrine et il savait que ce serait une bonne chose. Il se redressa à moitié avant de se laisser tomber sur le sol. Il se cogna l'épaule contre le coin de la table et il ne retint pas le petit gémissement de douleur.

Elle ne l'avait pas écouté quand il avait dit qu'il avait besoin de remontant pour oublier le sang et bien peut-être que s'il ne parvenait pas à rester debout, elle le ferait s'allonger. Et … elle avait bien des chambres à l'étage, donc pourquoi ne pas y mettre un soldat allemand qui venait de se sentir mal. En attendant qu'un médecin l'examine bien entendu, mais quelques minutes seraient nécessaires et lui pourrait aller au troisième étage sans trop se faire avoir logiquement.

Donc Wolfgang était allongé sur le sol, les yeux fermés et la main sur son épaule, il s'était fait mal et cela tombait finalement bien. Maintenant quelle allait être la réaction de la patronne, elle n'allait pas le mettre à la porte tout de même ?
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Ven 13 Nov - 23:25


Madame Manon


Elle n'avait pas eu le temps d'aller jusqu'à Klaus : un "boum" arrêta ses pas et la femme se retourna vivement, craignant que quelque chose de grave ne soit arrivé.

Wolfgang avait plutôt bien réussi son coup. Il n'avait fallut que quelques secondes pour que les trois quart des clients ne s'aperçoivent que quelqu'un venait de tourner de l'oeil, attirant quelques airs inquiets, mais surtout des visages intrigués, voir moqueurs. La plupart ne s'étaient pas intéressés à son arrivée et se demandait s'il avait bu un coup de trop, et s'il allait se faire jeter sur le pavé comme le malotrus sous-gradé qu'il était. Quant à Madame Manon, elle pensait surtout au chiffre d'affaire que cet imbécile risquait de lui coûter en pourrissant l'ambiance de son bar.

Mais franchement, quel chieur ! Si ça tombe il était déjà pinté en entrant et l'avait bien caché. Cela expliquerait qu'il ai eu des propos à moitié incohérents.

Elle se retint de soupirer pour ne pas montrer aux clients qu'il l'énervait. C'était un allemand et, jusqu'à preuve de sa culpabilité, elle devait avoir l'air de considérer comme innocent. S'il l'était vraiment elle risquait d'avoir des problèmes en le traitant mal.

Madame Manon fit le point sur l'état apparent du garçon dès qu'elle fut à ses côtés, accroupies proprement dans une posture de femme tendre et inquiète. Point numéro 1, pas de fracture ouverte, pas de mouvements épileptiques ou de mousse dégoulinant de la bouche et apparemment il respirait. Ce n'était donc pas un cas de force majeure. Point numéro 2, il avait encore la force de tenir son épaule et était donc très probablement conscient. Point numéro 3, il y avait plus de chances qu'il ne fasse pas semblant, parce qu'il fallait vraiment avoir envie pour se casser la gueule d'une chaise, et en public, et devant des officiers, s'assurant ainsi de passer pour un gros idiot s'il loupait son coup.
Madame Manon en conclu donc qu'il était vraiment mal.

Comme elle était une faible femme, elle eût tôt fait de trouver deux soldats de bonne volonté qui, pour un baiser sur la joue, étaient prêts à emmener leur confrère sur le lit d'une des chambres à l'étage et qui, pour le moment, n'était pas louée. Madame Manon ne le savait pas mais, alors qu'elle demandait à Charlotte d'appeler un médecin, elle jouait parfaitement le jeu de Wolfgang.
Ce que Wolfgang ne savait pas, par contre, c'était que l'un des officiers était justement le docteur du régiment local, un ami de Krüger, et donc qu'il ne voyait absolument aucun inconvénient à aider l'amie de son ami, là, maintenant, tout de suite, et qu'il se porta aussitôt volontaire pour le faire. Si bien que, posé sur le lit, le garçon dû avoir la drôle de surprise de n'avoir à attendre personne... heureusement (ou pas), Madame Manon était une femme occupée et elle les laissa rapidement seuls tous les deux.
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Lun 16 Nov - 23:44

Ah tiens, ça avait bien fonctionné au départ. Pas de mauvaise surprise, pas de mise à la porte, même une sollicitude parfaitement agréable. Wolfgang se sentit soulevé et entendit distinctement qu'on allait faire exactement ce qu'il avait prévu, c'est à dire qu'on allait le monter dans une chambre pour qu'il puisse attendre un médecin.

Et que le médecin était déjà là ! A ces mots, il faillit, faillit seulement, ouvrir les yeux afin de dire que non finalement tout ce dont il avait besoin c'était un petit peu de calme dans la chambre, juste le temps de monter un étage en somme. Mais là ça n'avait pas l'air d'être à l'ordre du jour et Madame Manon finit par le laisser avec un médecin dans la chambre.

Ah ! Quelle plaie ces allemands prêt à tout pour aider les autres. Et puis si l'homme était médecin, un faux évanouissement serait certainement particulièrement visible pour lui. Par contre une épaule endolorie c'était peut-être suffisant pour rester couché durant au moins vingt minutes non ? Vingt minutes durant lesquelles, si jamais l'homme avait la possibilité de le laisser seul, il pourrait vaquer à ses occupations en solitaire.

Mais avant cela, il allait devoir jouer les malades pour ne pas se prendre une punition exemplaire de la part d'un officier. Car non, s'évanouir au beau milieu d'un café n'était pas une chose à faire quand on était un digne représentant de la nation allemande. Mais … Wolfgang avait plus d'un tour dans son sac et il avait eu un camarade dans les jeunesses qui souffrait d'une maladie liée au manque de sucre, cela pouvait aller jusqu'à l'évanouissement et … si l'homme n'avait pas consulté son dossier médical, chose qui était probable, il ne pouvait pas savoir que le flieger ne possédait pas cette étrange mal.

Wolf ouvrit donc un oeil avant de le refermer brusquement en protestant contre la lumière.

- Lumière trop

Là c'était lui qui en faisait trop, il pouvait parler normalement tout de même ! Il ouvrit les deux yeux lentement et grimaça en sentant la brûlure de sa rétine, du moins il espérait que ça donnait cette impression.

- Docteur ? J'ai mal à l'épaule et je crois que je suis en hypoglycémie.

Il avait prononcé ces mots d'une voix assez faible mais tout de même assurée pour que l'homme ne commence pas à vouloir l'ausculter totalement etc etc, il avait d'autres chats à fouetter que de commencer à parler à un médecin de ses problèmes de santé. D'ailleurs, il n'avait pas de problème de santé. Bon, peut-être le léger syndrome du canal carpien quant il devait écrire trop longuement mais bon... ça n'était pas du ressort d'un médecin médical.

[HRP : un topic cadeau à qui sait sans chercher sur google ce qu'est le syndrome du canal carpien.]
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Ven 20 Nov - 19:36


Leutnant Wolfgang Von Strüz


Wolfgang Von Strüz était un mec sympa. Si si, vraiment, il était sympa. Et appliqué. Oui, très appliqué. Il aimait faire son travail correctement, pour aider les gens. C'était pour ça qu'il s'était ré-engagé de l'armée, même s'il n'était vraiment pas obligé : ça lui faisait trop de mal d'imaginer les ptits gars se faire tirer dessus et pas assez de médecins pour les soigner. Wolfgang avait même emmené sa propre trousse à la guerre, pour être sûre que tout serait bien. Il la gardait constamment avec lui, même quand il dormait, au cas où. Jusqu'à ce que la guerre se termine en France. A Montreuil, pour aller boire un café, on ne risquait pas de croiser des blessés, non ?

Et bien si.

Alors Wolfgang se sentait vraiment très gêné, envers son patient et envers la patronne. Sans sa trousse, il avait l'impression qu'il lui manquait la moitié d'une main.

En se penchant sur le gamin, Wolfgang prit un air inquiet et concerné. Oh, mein Gott, mein Gott, il espérait qu'il n'était pas trop mal ! Il faudrait sans doute appeler une ambulance. Et ce serait peut être à cause de son manque de trousse.
C'était décidé : même en temps de paix, désormais, il garderait sa trousse. En attendant, le patient se manifestait, ce qui exigeait la plus grande attention.

Il était si jeune ! Peut être avait-il été blessé au combat et faisait-il une rechute ! Il pouvait même avoir attrapé la tuberculose dans un dortoir, comme ça se faisait encore du temps où Wolfgang faisait son service militaire !

Le gamin fit une horrible grimace, mais Wolfgang était trop occupé à sortir de ses pensées parallèles pour remarquer que c'était horriblement surjoué. En fait, son attention se focalisa alors que le gamin se plaignait de douleurs à l'épaule et d'hypoglycémie. Mais il ne pouvait pas être sûr que c'était ça ! Et s'il s'agissait d'un autre type de malaise ? D'une faiblesse passagère ? Mein Gott, mein Gott, et un mal d'épaule ! Wolfgang se pencha encore d'avantage, posa une main sur l'épaule droite -car le gamin n'avait pas précisé et il avait forcément mal à gauche-, et le regarda droit dans les yeux.

"Mon garçon, et votre bras ? Vous êtes sûr que vous n'avez pas mal au bras ? Des faiblesses et mal au bras... vous avez peut être le coeur défaillant, mon garçon ! Avez vous mal, dites ?"

Wolfgang ne cherchait surtout pas à être pessimiste ou à dramatiser la situation. Non non, pas du tout !
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Dim 22 Nov - 19:13

Le médecin allait tout faire pour l'examiner et sans mallette, il allait devoir aller en chercher une ! Pendant ce temps mis à sa disposition, Wolf trouverait ce qu'il lui fallait et se débrouillerait pour prétexter une migraine passagère avant de partir. Et ça serait parfait.

Mais c'était sans compter sur LE médecin en question, pourquoi diable cet homme avait l'air si inquiet ? Wolf était tombé dans les pommes prétenduement mais ce n'était pas une raison pour le regarder comme ça. Et puis cette main apaisante sur son épaule accompagnée du regard bienveillant de l'homme était désagréable au possible. Il n'avait pas besoin d'un regard bienveillant, il avait besoin d'air !

Et puis cette question sur son bras faillit réveiller en Wolf une grande partie de son caractère fort. En gros, il faillit envoyer promener le médecin de la plus belle manière qui soit avant d'aller chercher le nécessaire pour ce pervers de Pfeffel. Mais il n'avait pas le temps d'argumenter et d'expliquer quoi que ce soit à l'homme qui avait lui tous les moyens de le faire renvoyer de l'armée … Donc il fallait jouer serré et pour cela Wolfgang était peut-être armé.

Il leva son bras gauche et le plia avant de sourire faiblement au médecin en face de lui.

- Non je n'ai pas mal au bras. Je pense que ma douleur à l'épaule vient de sa rencontre avec le coin de la table. Vous voulez m'examiner certainement ?

Il se redressa en grimaçant, il s'était vraiment fait mal à l'épaule, ça tombait presque bien cette affaire. Il avait une idée et espérait que ça allait se passer comme il le voulait. Il ferma les yeux et posa la question qui allait sceller son plan.

- Docteur ? Le temps que vous alliez chercher votre matériel, je pourrais peut-être simplement me reposer ici au calme ?

Il avait failli dire au médecin qu'il avait besoin de se laver parce qu'il avait travaillé une partie de la journée, mais comme ce n'était pas vrai et qu'il ne dégageait aucune odeur désagréable … bon il ne dégageait jamais une odeur désagréable, lui était propre en permanence sauf quand un abruti de gestapiste décidait qu'il devait nettoyer des cellules à quatre pattes avec une brosse à dents !

Il se passa la langue sur les lèvres, signe de trouble évident et attendit. Tout ce qu'il espérait c'était que l'homme n'était pas TROP psychologue ou TROP peu … Mais bon, au pire il pourrait toujours prétexter d'avoir eu ce comportement pour pouvoir se retrouver au calme AVEC une servante quelconque et demander au médecin de le couvrir. C'était gentil un médecin non ?
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Dim 29 Nov - 20:28


Leutnant Wolfgang Von Strüz


Oh que si, il avait besoin d'un regard bienveillant et sympathique tout plein. Ce devait être tellement terrifiant, d'être mal alors qu'on était si jeune et si loin de chez soi ! Wolfgang comprenait tout à fait que l'enfant ne veuille pas le montrer. Il devait avoir au moins seize ans pour être la Luftpost, et un enfant de seize ans voulait toujours avoir l'air adulte, fort et très courageux. Il serait malvenu de lui dire qu'il pouvait pleurer contre son épaule, il ne le dirait à personne. Car il était un bon docteur et un bon docteur est l'ami de ses patients, même quant ses patients sont très jeunes.

"Allons, il ne faut pas avoir honte de le dire, si vous avez mal. Ca arrive à tout le monde, même à de grands soldats. Par exemple, j'ai soigné un Hauptmann pendant la Blitzkrieg. Lui aussi disait qu'il n'avait pas mal..."

Et Wolfgang commença à raconter ce qui était arrivé au Hauptmann qui, en fait, avait pris un schrapnel dans la jambe, et qu'il s'était mis à gambader partout avec son attelle même quand on lui disait de se tenir en place. Pendant ce temps là, le docteur voulu profiter de cette distraction bienvenue pour tripoter l'épaule du garçon. Il en était à dire que finalement la jambe s'était infectée quand le garçon l'interrompit. Ainsi, il avait remarqué qu'il n'avait pas sa trousse ! Bon sang, sa trousse ! Voilà que ça se retournait vraiment contre lui ! Le garçon devait penser que sans sa trousse, il ne pourrait rien pour lui !

Wolfgang se fendit d'un nouveau sourire ultra-blanc et d'un regard ultra-bienveillant.

"Ne vous inquiétez pas, mon garçon. Un bon docteur peut s'occuper de ses patients même sans matériel !"

Bien sûr, il disait ça pour ne pas le paniquer. Son histoire devait avoir été mal choisie, sinon le garçon ne se serait pas inquiété pour sa trousse. Il fallait trouver autre chose ; malheureusement, Wolfgang n'avait pas de sucette ou de mots croisés sur lui.

"Comment vous appelez vous, mon garçon ? Je suis le Leutnant Von Stürz... mais vous pouvez m'appeler Wolfgang. Nous sommes entre amis, n'est-ce pas ? Vous savez, dans la famille Von Strürz, on est militaires de pères en fils. Sauf moi qui a voulu devenir médecin. Mon père ne voulait pas... mais avec la guerre, il a eu raison, hein ?"

Et toujours tripota, tripoti, tripotant...
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Jeu 3 Déc - 22:40

Wolfgang se demandait pendant tout le discours de l'homme ce qui valait mieux, se faire radier de l'armée et assommer le fou qui se disait médecin ou bien l'écouter déblatérer sur des sujets totalement inintéressants. Et plus ce dernier parlait, plus la perspective de le cogner apparaissait intéressante...

Il inspira profondément quand l'autre lui dit qu'il pouvait se passer de tout matériel. C'était donc ça, il était maudit. Il le regarda avec un sourire forcé pour lui signifier qu'il était de tout coeur avec lui et qu'il avait confiance dans ses capacités à affoler un régiment tout entier. Et il continua à parler tout en lui triturant l'épaule. Quand il se présenta, ce fut la goutte d'eau, comment un être aussi insignifiant pouvait-il porter le même prénom que le sien ? Quand on lui parlait, on pensait à Mozart, pas à un médecin totalement stupide !

- Ah ! Wolfgang comme Mozart ? Et bien vous n'avez pas voulu devenir un génie … du piano ?

Il avait marqué une hésitation, comme s'il n'avait pas envie de terminer sa phrase. Mais finalement il s'était rendu à l'évidence, il ne devait pas être méchant avec le pauvre docteur car il avait besoin de lui. Et comme il ne restait que les grands remèdes à appliquer, il allait le faire !

- Docteur, je vais bien, vraiment bien, j'ai simulé mon malaise, je dois simplement être seul pendant une demi-heure dans cette chambre pour faire ce que tout homme a besoin de faire de temps en temps. Et non, je ne souffre d'aucun trouble de transit, je veux juste pouvoir attendre la personne que je dois voir avec un alibi. Vous me comprenez Wolfgang n'est-ce pas ?

Il avait employé un ton calme mais il sentait qu'il était prêt à tout laisser tomber, sortir de ce pétrin avec un petit peu d'honneur tout en demandant d'un ton aimable à Madame Manon un de ses sous-vêtements pour le pervers de la Gestapo et tant pis s'il se faisait mettre dehors à coup de pieds, il en avait assez de ces gens qui ne pouvaient pas comprendre la subtilité Wolfgangienne !
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Ven 4 Déc - 19:14


Leutnant Wolfgang Von Strüz


"Oh non, jamais !" répondit le médecin en continuant à patouiller. Il était tout heureux que le garçon semble prêt à se dérider un peu. "Mais je faisais de la clarinette, à une époque. J'étais dans la fanfare de l'université de médecine. Vous devriez essayer, si vous ne faites pas déjà de la musique, ho ho, les filles adorent ça !"

Il s'abstint de parler de ses nombreuses conquêtes, mais son regard en disait long : il espérait bien que le garçon irait se confier de lui même et, peut être, lui demander des conseils. Wolfgang pensa même à lui décocher un clin d'oeil complice, au cas où il n'aurait pas bien compris la proposition. Parce qu'en parler par lettres, avec la censure, devait être très gênant. Et puis c'était le seul très jeune pilote que Von Stürz avait croisé à Montreuil, si bien que le garçon devait être très loin de toute population sainement germanique de son âge. Il lui manquait -sans doute !- un grand frère sur qui se reposer.

Et il voulait -sans doute !- que Wolfgang soit ce frère, car il se confia, subitement, d'une façon très touchante. Cela devait être cela, car sinon, il n'aurait pas osé lui avouer ce qu'il venait d'avouer. Von Stürz ouvrit la bouche pour dire qu'il était très honoré de sa confiance, puis la referma. C'était juste évident. Maintenant, en temps que grand frère temporaire, ce qu'était après tout un médecin gentil et compétent, il devait conseiller au mieux son cadet. Parce qu'il venait de penser à un truc. Et que ce truc était très, très gênant.

"Laquelle ?"

Il pensait aux serveuses. Pourquoi se serait-il évanoui dans ce bar dans le cas contraire ? Il y avait des coins plus discrets, sauf si c'était pour harponner une des filles de Madame Manon ! Il se rattrapa vite : laquelle importait peu, aucune ne convenait de toute façon pour un jeune Allemand bien sur lui.

"Mon garçon, c'est un mauvais plan. Ces filles sont toutes trop âgées pour vous, et puis les serveuses sont connues pour avoir des moeurs légères ! Si vous tenez tant que cela à avoir une petite amie, allez plutôt courtiser une jeune fille du côté de Sainte-Marie, ou mieux, une bonne nationale-socialiste pendant vos permissions. Et si c'est pour le sexe, la Wehrmacht a des établissements faits exprès, propres et pas chers... et avec des matrones moins dangereuses que la patrone de ce bar..."

Il appuya ses paroles d'un mouvement contenu du visage, du bas vers le haut, puis du haut vers le bas, l'air très convaincu et conspirateur.

"Je ne peux pas vous laisser faire, mon garçon," déclara-t-il, à la fois convivial et grave."D'abord, les soldats allemands n'ont pas le droit de fréquenter des françaises, et puis je m'en voudrai si vous finissiez par attraper la syphilis, ou une autre chose en partageant les draps de n'importe qui."
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   Ven 4 Déc - 23:10

C'était finalement pas très pratique de parler avec cet homme, il était enthousiaste, désespérément enthousiaste ! Il aimait tout, il approuvait tout ce que disait Wolfgang et il semblait capable de sourire en permanence. Mais non seulement il était gentil, maladivement gentil, il était aussi des plus casse pied pour un garçon qui n'avait qu'une envie, se sortir de ce pétrin.

Il regarda l'homme bien droit dans les yeux quand il lui demanda quelle personne il attendait ! Mais il était pénible à demander des choses pareilles, comme si Wolfgang allait le lui dire même s'il y en avait une. Et ensuite on cru que le fait de parler longuement était un symptôme des porteurs de ce prénom. Il commença par sourire mais bien vite son sourire se défit. Il avait un sens de la gentillesse trop poussé pour son propre bien.

Un mauvais plan que de chercher à assouvir des besoins naturels avec une serveuse plus âgée que lui ? Mais bien entendu ! Et puis dans les maisons de passe, les filles n'étaient jamais plus âgées que lui peut-être ? Et puis courtiser une jeune fille durant ses permissions était une excellente idée aussi, comme s'il avait envie de courtiser, ce n'était pas ce qu'il avait en tête. Enfin si mais l'autre ne pouvait pas le savoir et puis s'il voulait courtiser une française il le pouvait, personne n'allait le forcer à se rapprocher d'une allemande simplement parce que cette dernier était politiquement correcte !

Il avait totalement perdu son sourire quand l'homme termina sa première tirade, il cherchait quelque chose à répondre que c'était reparti. Cette fois c'était le médecin qui parlait et Wolfgang aurait presque pu le remercier, mais non il avait autre chose à faire que ... ah mais une minute, ça pourrait peut-être lui servir.

- Je ne comptais pas attendre une serveuse vous savez, mais une demoiselle de mon âge pour la rencontrer dans un lieu tranquille. J'ai dû mal m'exprimer quand j'ai parlé et je ne souhaite pas partager ses draps, car ce ne serait pas convenable. Mais comme vous ne le désirez pas et pour éviter que la patronne de ce bar ne se doute de quelque chose, pourriez vous dire que je n'ai besoin que d'un peu de repos et ensuite, si je n'abuse pas trop, demander à la demoiselle, si elle vient, de ne pas monter ?

Il fit un petit sourire timide pour tenter d'amadouer l'homme, on ne savait jamais cela pouvait fonctionner. Lui tout ce qu'il voulait c'était être tranquille !

- Wolfgang, j'abuse certainement de votre gentillesse, je comprendrais que vous refusiez.

Il baissa la tête, penaud et un peu honteux en apparence alors qu'intérieurement il bouillait. Si l'autre avait l'audace de faire quelque chose d'autre qu'accepter ou refuser, il était capable d'exploser et tant pis pour Pfeffel !
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MessageSujet: Re: A quatre pattes [9 avril 1941]   

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A quatre pattes [9 avril 1941]

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