Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)


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Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)

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Allemand
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MessageSujet: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Ven 2 Oct - 18:45

La population ne savait toujours pas de quoi il retournait : otages, pas otages ? L'ambiance ne suivait pas l'agréable hausse de température qui permettait de laisser au placard les manteaux d'hiver. Les gens attendaient ; la Gestapo, elle, avait repris le travail. Siedler avait directement confié à Kurtz la traque d'Edelweiss alors que lui même retournait à ses communistes.

Ce matin là, Siedler avait sorti d'un de ses tiroirs un dossier pas très épais qui ne contenait que trois feuilles : celle d'un garçon, de sa mère et d'un homme qui ne pouvait plus inquiéter personne. Jean Marot lui avait confié quelques informations qui avaient convaincu l'Allemand que toute poursuite était franchement inutile, mais que le garçon, lui, ne le serait pas forcément. Comme son affaire sur les communistes piétinait, il avait décidé de tenter cette carte.

Il était arrivé au collège public de St-Paul à l'heure creuse, quand les bigottes sont à la messe, les élèves en cours et les hommes au travail. La Traction-avant (nouvelle acquisition pour les bureaux qui avait le mérite d'être plus discrète que sa ronflante Mercedes) s'était arrêtée devant la porte de derrière et les hommes étaient descendus en civil. Siedler avait fait appeler le proviseur et, par son intermédiaire, avait exigé que l'élève Peter Fischer les rejoignent dans le bureau de celui ci. Il assura le paisible -et subitement nerveux- fonctionnaire que Fischer n'avait rien fait de grave et qu'il ne s'agissait que d'une simple visite d'information à propos de sa naturalisation.

Costume marron, chapeau gris sur les genoux, pas de manteau. Pas d'uniforme du tout, en tout cas, même si le pistolet restait dur et lourd à l'intérieur de sa veste, invisible depuis l'extérieur.

Le proviseur revint finalement avec le garçon. Siedler demanda dans son français fortement accentué s'ils pouvaient discuter seuls et s'il accepterait de prêter son bureau. La réponse fut positive et le Français s'esquiva fissa.
Heinz s'installa derrière le bureau, croisa les jambes comme un homme du monde et, d'un geste, invita Fischer à s'asseoir. Il lui adressa aussitôt la parole en Allemand.

"Herr Fischer, permettez moi de vous saluer. J'espère que vous et votre mère vous portez bien ?"

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MessageSujet: Re: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Sam 3 Oct - 0:44

Cela faisait maintenant deux bonnes minutes que Peter avait prit la direction du bureau du directeur d'un pas pas très assuré. Certes il eût été heureux de savoir qu'on l'arrachait aux horribles paluches du prof de maths et de ses explications compliquées sur les puissances de nombres réels, certes il n'avait rien fait de grave ces derniers temps et s'était tenu particulièrement sage.
C'était justement çà qui l'inquiétait. Jamais il ne s'était montré aussi discipliné que ces trois dernières semaines et pourtant il devait se rendre au bureau de ce dernier ce qui n'était jamais bon signe. D'autant que la mine déconfite qu'avait affiché ce dernier en venant le chercher en personne n'était pas vraiment bon signe.

Arrivé devant la porte du principal, Peter se figea quelques secondes, le proviseur l'invita d'un geste à pénétrer dans son bureau. Il n'avait pas décrocher un mot pendant tout le trajet ce qui avait renforcé l'inquiétude de Peter

Il suffit d'un mot à Heinz pour instantanément transformer cette peur en terreur. Cette voix, il l'a connaissait, il l'avait déjà entendue, une fois. Le voilà qui faisait maintenant face à celui qu'il avait évité pendant plus d'un mois.
Comment l'avait-il retrouvé? Marot bien sûr. Cet enfoiré avait dût s'empresser de faire un rapport à ce cher nazi. Fuir, encore. Oui, l'idée lui traversa l'esprit, mais fuir pour aller où?
De toute façon s'il fichait le camp il saurait le retrouver chez lui. A supposer bien sûr qu'il puisse sortir du collège. Aussi se contenta-t-il de se plaquer dos à la porte en fixant son ennemi de ses yeux bleux comme l'océan qui contrastaient avec son visage blanc comme neige.

Quand Heinz demanda au proviseur de les laisser seuls, Peter aurait voulu protester, lui demander, le supplier de ne pas le laisser seul, mais ses cordes vocales ne semblaient pas reçevoir l'information, aussi le proviseur se retira le laissant seul face à son bourreau.

Peter fit d'ailleurs tout le contraire de ce que lui indiqua de faire Siedler, au lieu de s'asseoir il fit encore un pas en arrière et buta le mur. Il garda les dents serrées et fournissait un effort considérable pour ne pas laisser éclater sa terreur. Après quelques secondes de silence, il réussit tout de même à déglutir et à prononcer d'une voix tremblotante et en Français.

- Qu'est-ce que vous voulez?
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MessageSujet: Re: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Sam 3 Oct - 13:54

Si la réaction de Peter souleva chez Heinz le trouble qui accompagnait toujours de telles démonstrations de peur, Siedler s'abstint de le montrer et se contenta d'expirer longuement pas le nez. Bon, ça va, y'avait pas non plus marqué Vlad Tepes sur son front, non ? Et puis, s'il avait voulu l'envoyer cueillir des fleurs à Dachau, s'aurait été fait depuis un moment déjà.

"Rien de ce que vous avez l'air d'imaginer, je pense. Je vous assure que je ne vous veux aucun mal."

Siedler parlait et comprenait le français, mais il était hors de question de ne pas employer leur langue maternelle. Fischer était allemand par le sang, il fallait qu'il l'assume. Servir son pays devait être dans sa nature ; son père avait sans doute été communiste puisqu'ils n'étaient pas juifs, ou au moins socialiste. Qui sait quelles horreurs il pouvait avoir raconté sur son propre peuple ! Il faudrait beaucoup d'efforts pour ramener le garçon parmi les siens, et on avait pas de temps à accorder pour cela : on était en guerre.

"Asseyez vous, je vous prie. Notre conversation risque de durer et je ne voudrais pas que vous soyez inconfortablement installé."

Un sourire perça, qui se voulait sincère. Parce que Heinz n'avait pas prévu de lui faire de mal, et qu'il ne supportait pas qu'on pense systématiquement qu'il allait en faire. Mais Fischer semblait doué pour forcer les gens à le mettre dans de beaux draps... comme la dernière fois, où il avait vraiment tout fait pour finir dans les caves qu'Heinz évitait comme la peste.

"Je n'ai pas l'intention de vous arrêter ou d'arrêter votre mère, si c'est cela dont vous avez peur. Je veux simplement discuter avec vous, puisque vous êtes allemand et que je n'ai pas souvent l'occasion de discuter avec des allemands qui connaissent bien la ville. Je pense que nous pourrions bien nous entendre."

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MessageSujet: Re: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Dim 4 Oct - 16:11

Peter serra les poings à la première déclaration de Heinz, lui dire qu'il ne lui voulait pas de mal alors qu'il avait clairement entendu la balle siffler à un mètre de lui lorsqu'il avait prit la fuite... C'était un peu osé, il ne pût d'ailleurs s'empêcher de lui faire remarquer.

- Vous avez la mémoire courte... Dois-je vous rappeler que vous m'avez tiré dessus?

Un à zéro, c'était peut-être brutal comme entrée dans la matière mais çà avait le mérite d'être la vérité. S'il était intelligent et si "bienveillant" qu'il le disait, il saurait le reconnaitre, même si Peter doutait franchement que l'ordre des national-socialistes contiennent qui que ce soit d'intelligent et encore moins de bienveillant.

Bizarrement, quand Heinz lui proposa de s'asseoir face à lui, Peter lui obéit pour la première fois et se dirigea précautionneusement vers la chaise malgré un temps d'hésitation. Cela ne signifiait pas pour autant qu'il était en confiance, loin de là, il se méfiait encore plus de cet homme et restait sur ses gardes, prêt à bondir et à s'enfuir à la moindre tentative de quoi que ce soit. Il restait sur ses gardes comme on garde une jambe tendue quand on approche son visage d'un chien, ne sachant s'il va mordre ou pas.

Heinz sembla sourire à ça, il devait sans doute être satisfait d'avoir enfin pût exercer son autorité sur lui, peut-être fier d'avoir enfin pût faire obéir ce garçon rebelle en le faisant s'asseoir et parler Allemand. Peter au contraire enrageait et avait une forte envie de lui effacer son sourire à coups de poing dans le visage. Mais il n'était pas assez fou pour s'y essayer, tout comme d'un certain sens il n'était pas assez fou pour TOUT refuser à un officier de la Gestapo probablement armé qui lui demandait simplement de s'asseoir. Il avait compris à l'instant même où il avait pénétré dans ce bureau qu'il allait devoir mettre sa fierté de côté et accepter certaines choses s'il voulait en ressortir libre, si ce n'est en ressortir tout simplement vivant.

Parce qu'à ce que lui avait dit son père, ces gens ne faisait pas dans la dentelle et ne se gênaient pas pour vous coller une balles dans la tête si on les énervait trop, d'ailleurs il en avait déja fait l'expérience. Nul doute que l'image qu'il avait des national-socialistes était diabolique et que Heinz aurait beaucoup à faire s'il voulait y remédier... Mais après tout qui sait? A force de patience, peut-être que lui non plus ne résisterait pas à cet élan, tout comme des millions d'autres personnes après tout, pourquoi serait-il différent? C'était ce qui lui faisait peur justement.

La première phrase qu'avait sortie Heinz interpella Fischer qui oublia toutes les règles élémentaires de politesse et lui coupa net la parole, et en Français cette fois.

- C'est là ou vous vous trompez, je suis Français maintenant. La seule différence avec les autres est que ma LV1 est l'Anglais au lieu d'être l'Allemand.

Peter recula sur sa chaise, il savait qu'il venait sans doute d'en dire trop, il se préparait à quelque chose et serrait les dents. Il s'attendait (et presque espérait) que ce soit "juste" un baffe mais si ce que lui avait raconté son père était vrai, il serait bien capable de sortir son arme et de presser la détente avant même d'avoir appliqué le canon sur son front. S'il était vraiment tombé sur un fou, tout pouvait se finir en un éclair et cette pensée lui glaçait le sang. Il était tellement concentré qu'il n'entendît qu'à moitié ce qu'il avait bien pût lui dire après.

hrp : dsl d'avoir été si long, j'aurais dût le poster ce matin mais le forum était en maintenance, j'lai donc gardé au chaud sur mon disque dur ^^
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MessageSujet: Re: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Dim 4 Oct - 16:34

"Vous seriez mort si je n'avait pas dévié l'arme de mon Oberscharführer," lui fit remarquer Siedler avec un semblant d'agacement. Il est vrai que le garçon, ayant eu le dos tourné, ne pouvait pas le savoir. Mais Heinz n'avait jamais tiré sur qui que ce soit et n'aimait pas qu'on accuse de l'avoir fait, alors que c'était évidemment faux. "Et il n'aurait pas eu à vous tirer dessus si vous vous étiez conduits d'une manière moins impulsive. Vous avez insulté un officier et frappé un sous officier sans raison, pour cela je pourrai vous faire fusiller."

C'était quant même trop facile de l'accuser de tous les malheurs du monde. Le visage de Siedler s'était fermé pendant toute la tirade, annonçant que Fischer ferait mieux de ne pas trop tirer la corde. "Je crois," ajouta le gestapiste plus doucement, "que nous devrions tous les deux oublier cette petite bagarre, vous ne croyez pas ?"

Heinz : 2, Peter : 1. C'était un duel qu'il ne pouvait pas gagner.

Siedler ignora sciemment la réponse en Français.

"Maintenant que nous sommes d'accord, venons en aux faits. Vous savez sans doute que Vichy retire des nationalités françaises à tour de bras et renvoie en Allemagne les expatriés. Etant donné votre situation actuelle, personne ne s'opposera à ce qu'on vous expulse, chose que vous voudrez évidemment éviter. Résumons : vous êtes un pseudo français temporaire, vous êtes pauvres et votre mère doit sans doute manger une seule fois par jour pour vous nourrir. En français :
Vous êtes dans la merde, mon garçon."


Il se pencha en arrière, dans le large (et confortable) fauteuil du proviseur.

"Ce qu'il y a, en fait, c'est que je pourrais m'arranger pour que vous soyez sûrs de rester en France. Vous aurez des tickets de rationnement en plus, et toute l'administration oubliera que votre famille a été affiliée à quelques partis politiques douteux. Est-ce que vous comprenez où je veux en venir," demanda Siedler en ponctuant cette dernière question d'un sourcil délicatement levé.
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MessageSujet: Re: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Dim 4 Oct - 21:41

Peter fût surpris qu'il avoue ne pas avoir tirer, que ce soit le gros balourd. Surpris car il ne s'y attendait pas mais en y réfléchissant un peu, c'était parfaitement logique. En fait,il comprenait presque son geste, sous le coup de la colère. Oui, presque... Parce que c'était pas pour lui faire peur, ce gros lourdeau avait vraiment eût l'intention de le tuer. Par contre le fait qu'il employait le terme "impulsif" le révolta, il trouvait profondément injuste qu'on lui dise çà. En plus de çà, l'allusion au sort qui aurait pût l'attendre pour çà l'effraya au plus haut point, il déglutît bruyamment en se cramponnant à sa chaise. Il roula un peu ses yeux affolés avant de reprendre, d'une voix tout aussi affolée et au bord des larmes.
- Mais... Mais... Mais c'est pas juste! Je... Vous m'êtes tombé dessus et vous avez essayé de m'enlever! Je savais pas moi, j'ai pas réfléchit!
Peter commençait à trépigner sur sa chaise quand Siedler l'apaisa, lui disant qu'il valait mieux oublier cette histoire. Peter réussit à reprendre un rythme cardiaque normal le temps que Siedler lui expose la situation. Son calme contrastait d'ailleurs énormément avec la gravité de la situation qu'il exposait au jeune homme, celà ne faisait que renforcer le côté inquiétant de cet homme en fait. Il avait raison partout sauf sur le fait que sa mère jeûnait une fois par jour, pauvres oui mais pas à ce point. Peter accorda donc toute son attention à l'homme méprisable qui lui faisait face. Quand il lui demanda s'il comprenait où il voulait en venir, Peter fît oui de la tête.
- J'en ai peur oui. J'me doute bien que quelqu'un comme vous me le propose pas par bonté de cœur...
A supposer qu't'en ai un... Sale con.
Pensa-t-il
- Pour la parenthèse, mes parents n'étaient pas affiliés à un "parti politique" douteux comme vous le dites... Et c'est pas pour çà qu'on à quitté l'Allemagne.
Peter ignorait lui-même pourquoi il lui avait dit çà. Peut-être parce qu'il en avait marre de l'entendre débiter des conneries et que toute occasion pour le contredire était bonne à prendre
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MessageSujet: Re: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Lun 5 Oct - 22:04

Un crayon trainait sur le bureau, à une dizaine de centimètres des mains de Heinz. Ce crayon était un crayon classique, en bois, peint sur les bords, avec une mine, et qui ressemblait tout à fait à ceux que Heinz mâchouillait au travail.

Quand Peter prit la parole -impulsivement- pour se défendre grâce à une argumentation pour le moins fracassante, la main droite trouva le crayon et le renversa cul contre bureau.
Et tapota.
Et tapota encore, alors même que Fischer avait terminé, au rythme d'un métronome, sans quitter le garçon du regard. Ah, ça, il avait sans doute encore oublié de réfléchir quand il avait ouvert la bouche. Il faudrait lui conseiller de tenir sa langue, sinon quelqu'un lui ferait vite la peau -Allemand ou Résistance, ça... cela dépendait de lui.

"Ne me prenez pas pour un imbécile, Herr Fischer. Votre père était un ardent syndicaliste, et ces gens là sont toujours plus ou moins communistes."

Tap, tap, tap.

"Mais pour une fois, vous n'avez pas faux sur toute la ligne. J'attends évidemment quelque chose de vous, mais rassurez vous, ce n'est vraiment pas grand chose par rapport aux avantages que je pourrai vous procurer."


Siedler laissa tomber le crayon, croisa les bras.

"Il y a pas mal de gaucho dans votre quartier, je crois. Des SFIO, des syndicalistes, des communistes... vous devez connaitre du monde. La plupart sont inoffensifs, mais d'autres désobéissent aux règles de l'Armistice. Ce sont des terroristes qui mettent en danger tout leur entourage et surtout les Allemands présents à Montreuil. Je veux donc que vous gardiez les yeux et les oreilles ouvertes et que vous me rapportiez immédiatement tout ce que vous entendrez et qui aurait trait à des activités illégales. Plus vite vous nous aiderez à assainir le quartier, plus vite je pourrai aider votre famille."


Après cela, il n'ajouta rien, attendant pour une fois de voir ce que le garçon répondrait. Siedler espérait, évidemment, que pour changer il utiliserait son cerveau avant de parler...
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MessageSujet: Re: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Mar 6 Oct - 0:03

Le jeune garçon eût un haussement de sourcils à la remarque de Siedler à propos des soi-disant activités politiques de son père.
- Syndiqué oui, mais mon père à jamais été militant. Je sais pas d'où vous tenez vos infos mais elles sont pourries... Enfin passons, vous êtes sans doute venu pour autre chose alors allez droit au but.
Peter était soudain prit d'un vague de courage, il n'avait aucune envie de céder aussi facilement à ce sadique. Sur que c'était le titiller sur des gamineries, mais après tout c'était un gamin non? D'ailleurs en parlant de gamineries, Peter eût alors une idée saugrenue. C'était peut-être enfantin et dit sur le ton de la plaisanterie, mais en même temps c'était tellement évident et simple. Nul doute qu'il allait se faire rembarrer pour çà mais tans pis, et puis après tout, s'il était si malin que çà, Siedler comprendrait que c'était de la plaisanterie.
- Et... Pour éviter les "attaques" comme vous dites. Et si vous pratiquiez plutôt la politique de la main tendue au lieu de la répression. C'est pas bien difficile, moi et ma famille nous sommes intégrés à Montreuil en à peine 2 mois de cette façon.
Bon c'était dit, sûr que ça n'allait pas faire avancer le schmilblick mais c'était déjà un début.
Peter laissa donc Siedler (dont il ignorait d'ailleurs toujours le nom) lui exposer la raison de sa visite. Quand il eût fini, Peter eût un léger rictus.

- C'est une blague? Parce que vous croyez peut-être que je vais assister à des réunions syndicales du quartier? Ou encore qu'on va me mettre dans la confidence? Au cas ou vous le sauriez pas je viens seulement d'avoir 14 ans. Comment vous voulez que je fasses çà?
Peter se doutait bien de la réponse du style "vous n'avez pas le choix", il espérait encore que non, qu'il en serait quitte pour juste oublier leur altercation remontant d'un mois. D'ailleurs Peter prit peur en s'imaginant qu'elles pouvaient être les représailles sur lui et sa mère s'ils découvraient qu'il espionnait pour un Gestapiste.
- Mais...Si en plus ils s'aperçoivent que je vous m'obligez à bosser pour vous... Ils vont me...
Peter ne termina même pas sa phrase car elle parlait d'elle même. En voyant la mine peu encline à la négociation de Siedler, Peter prit enfin conscience qu'il ne servait à rien d'essayer de tenir tête à ce type. S'il voulait avoir un chance de le faire changer d'avis, il devrait jouer la carte de la soumission. Il prit onc un ton implorant, mais sans en faire trop quand même.
- S'il vous plaît, je suis désolé pour il y à un mois, j'ai pas réfléchit. Je veux bien faire amende honorable mais me demandez pas çà...
Peter s'arrêta quelques secondes, le silence avait envahit la pièce.
- Bite...
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MessageSujet: Re: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Ven 9 Oct - 1:12

Tap.

Tap.
Tap ; soupir. Non, vraiment, y'avait pas que les opinions politiques du père qui foiraient dans cette famille.

"Mon garçon, vous savez ce qu'on fait aux gens qui attaquent les Allemands, en zone occupée ? On les fusille avec une dizaine d'autres personnes prises au hasard. Le Leutnant Meyer a été agressé le 21 et nous sommes le 25. Je n'ai fait fusillé personne, et pendu personne, et n'ai pas prévu de le faire. Avez vous d'autres leçons du même genre à me faire ? Il me semble qu'à chaque fois que vous tentez de me donner le rôle du tueur de service, la réalité témoigne du contraire."

Le crayon, revenu dans sa main quand Peter avait recommencé -encore- a faire valoir son avis -qui n'intéressait personne et énervait tout le monde, fut de nouveau déposé sur le bureau. Un peu plus loin. Parce que vraiment, il ne fallait pas laisser transparaitre son agacement.

"Votre père devait avoir des amis à l'usine, au syndicat... ces gens doivent avoir des enfants que vous connaissez, ou des femmes qui connaissent votre mère. Vous devez connaitre des gens dans ton immeuble. Et bien je veux juste que vous ouvriez l'oeil et que vous me disez si certaines de ces personnes ont un comportement louche afin que nous puissions vérifier qu'ils ne préparent pas une révolution ou quelque chose du genre. Comme je viens de te le dire, je n'ai pas l'habitude de gérer les affaires de Montreuil dans le sang. Pour Meyer, nous n'avons emprisonné que les coupables. Pourquoi ne ferions-nous pas la même chose pour les communistes innocents ? Après tout, mon pays est Allié à l'URSS, non ?"

Foutaise. Siedler ne s'intéressait pas vraiment à la politique, mais il n'était pas stupide au point de croire que les nazis avaient subitement décidé d'adorer l'extrême gauche. Fischer, par contre, était trop jeune pour comprendre réellement les implications d'une politique et tout ce qui pouvait entourer une alliance. Il n'avait aucune clef pour décrypter tous ces évènements.
En tout cas, maintenant que le poisson commençait à mordre à l'hameçon, il était hors de question de le laisser s'échapper.

"Tout ira bien, je vous assure. Voilà comment nous allons procéder : pour commencer, je ne veux pas que vous preniez des risques inconsidérés : écoutez, regardez, mais ne changez pas vos habitudes. Ensuite, si vous remarquez quelque chose, ne venez pas me le dire. Vous enverrez une lettre au café Chez Madame Manon, rue Carnot, et écrirez mon nom sur la lettre pliée contenant les informations que vous me ferez passer. Si quelqu'un vous voit en train de poster la lettre, vous direz qu'il s'agit du remboursement d'une dette de votre père. Cela ne vous fera prendre aucun risque, puisque personne ne vous aura vu avec moi ou près d'un poste de police."


Il offrit le garçon le début d'une sourire.

"Dès que vous nous aurez donné quelques informations pertinentes, je m'occupera de vos problèmes de rationnement. En attendant, tant que vous montrez de la loyauté à notre égard,"
c'est à dire tant qu'il ne restait pas trop longtemps silencieux, "vous pouvez être sûrs que vous resterez en France."
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MessageSujet: Re: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Ven 9 Oct - 20:28

Peter ne fut pas vraiment satisfait de constater que sa petite plaisanterie (plaisanterie certes assez jaune pour lui-même) n'était pas passée comme il faut du tout. Il leva les mains comme en signe de reddition.
- C'est bon, c'est bon! Prenez pas la mouche! C'était une plaisanterie!
Fit-il en rigolant comme pour appuyer ce qu'il venait de dire. Par contre la fin de la tirade de Siedler réussit à lui arracher une grimace de capitulation.
- C'est vrai, vous marquez un point... Encore...
Il écouta donc le reste de l'argumentation de Siedler, il eût beau chercher, elle était irréfutable, sans doute minutieusement préparée avant leur entretien. Cela dit Peter continuait de se méfier, même si ses défenses étaient en train de faiblir et que çà pouvait se voir à vu d'oeil.
Par contre quand il lui déclara le coup de l'URSS allié de l'Allemagne, Peter ne se permit pas de faire un sourire ou quoi que ce soit d'autre d'offensant mais ne pût s'empêcher de faire la remarque.

- Si vous étiez si alliés que çà, pourquoi vous auriez à craindre de leur part un quelconque soulèvement?
Il devait le prendre pour un con, sans aucun doute, Peter n'était pas si puéril, et de toute façon même s'il l'était, sa mère, elle, avait depuis bien longtemps analysé la situation et il se souvenait d'un débat que ses parents avaient eût à table quelques mois avant à propos de cette fameuse alliance.
Peter continua donc son explication à propos de ce qu'il devrait faire et soupira. Heinz en souriait peut-être mais Peter pas du tout. Que ce soit pour des tickets de rationnement ou pour autre chose, il n'avait pas du tout envie de faire çà. L'argument final arriva à la fin, comme quoi il pourrait rester en France. Il n'en croyait pas ses oreilles, son père s'était battu et était mort pour la France en se battant contre des hommes de son propre sang et on osait souiller sa mémoire en menaçant d'expulsion sa famille...
Peter regarda ses pieds pendant plusieurs secondes.

- Mais, même si j'accepte, qu'est-ce qui vous fait croire que je pourrais vous donner des renseignements importants?[i]
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MessageSujet: Re: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Dim 11 Oct - 22:22

... était-il censé se frapper le front, l'air profondément blasé ? Répondre à Peter qu'il fallait être passablement con pour faire des blagues dans un moment pareil ? Heinz se mordit plutôt la langue pour ne rien dire de fâcheux. Il tenait son poisson et, même s'il était le dominant dans l'affaire, il refusait de toute casser en lui envoyant une baffe magistrale.
Même si c'était tentant. Bon sang, qu'il était immature !

"Le problème, ce sont ceux qui n'écoutent pas Moscou, justement. Vous auriez tord de croire que tous les communistes sont des gens bien éduqués, prêts à suivre les ordres et à se conduire correctement. Certains ne sont que des psychopathes violents qui n'aiment cette idéologie que par amour des révolutions rougeoyantes et autres conneries pseudo poétiques."

Siedler croisa les bras, posa les coudes sur la table.

"Envoyez moi tout ce que vous savez : qui voit qui, où, qui se conduit étrangement, qui a l'air d'avoir peur, qui regarde derrière son épaule comme s'il avait peur d'être suivit. Ne prenez pas à la légère ce que pourrons vous dire vos camarades de classe. ... C'est à moi de décider si ce que vous me dites est important."


Il résista à l'envie de reprendre le crayon.

"Alors ? D'autres questions ?"

Il haussa un sourcil.

"Je pense, pour ma part, que la situation est claire : j'espère recevoir rapidement vos premières informations."


Car il était évidemment que le si j'accepte de Peter n'était qu'une formule rhétorique : ce n'est pas comme s'il avait le choix, non ?
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MessageSujet: Re: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Dim 11 Oct - 22:37

Peter pût sans soucis constater la mine renfrognée qu'avait adoptée Siedler même après qu'il lui avait dit qu'il plaisantait. C'est sûr, ce n'était pas vraiment le moment mais il ne s'était pas attendu à une réaction si mauvaise. Il avait voulu lui laisser une chance, voir si c'était quand même quelqu'un de bien malgré la croix gammée en brassard mais visiblement non, il était bien à étiqueter dans la catégorie "connard". Peter ne fit donc plus aucun effort pour paraître agréable à partir de ce moment, il espérait juste qu'il ne s'attendrait pas à ce qu'il fasse du zèle.
Il se laissa donc aller à un sourire narquois mais discret quand il fit la remarque sur les communistes assoiffés de sang. Et les nazis alors? Dans le genre assoiffés de sang ils étaient pas mal non plus... Il l'écouta ensuite déblatérer le reste de son speech sans desserrer les dents et ne l'interrompit qu'une fois qu'il fût arrivé à la fin.

- Ouais... Une question, une seule... Comment vous vous appelez?
Le ton avait changé, la minute d'avant il était poli et respectueux tandis qu'il était maintenant neutre à la limite du mépris, mais c'était lui qui l'avait cherché après tout. Et en Français en plus! Peter n'avait définitivement plus envie de faire plaisir au monsieur, une fois la peur passée il avait fait son possible pour essayer de se faire bien voir mais puisque ce n'était pas le cas, il allait lui faire remarquer que c'était réciproque car il en avait marre des efforts inutiles pour essayer de se faire "bien voir". Et finalement c'était une petite victoire de lui avoir rappelé quelque chose de si important, peut-être ne pensait-il pas à tout ce bon monsieur, en attendant Peter pensa à se reculer au cas où il lui viendrait l'envie de lui mettre une claque magistrale, ses nerfs et ses muscles étaient suffisamment tendus pour le faire se lever avant même qu'il ne lève la main...
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MessageSujet: Re: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Mar 13 Oct - 0:27

Si l'agacement de Heinz était aussi visible qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine, celui de Peter tenait plus du Regal Cooper évoluant exactement au même endroit. Or, contrairement à l'éléphant, le Regal Cooper possède une longue queue qui se promène en dehors de son champ de vision, ainsi qu'une paire d'ailes que, tel un adolescent en pleine croissance, il lui arrive de taper un peu partout sans le faire exprès. On peut donc en conclure que le Regal Cooper... bon, d'accord, vous avez compris. Et évidemment, Siedler avait compris aussi, puisqu'il était le témoin privilégié de la décomposition de la bonne volonté de Fischer.
Mais comme il était occupé à parler, et accessoirement que la bonne humeur du gosse n'était en rien obligatoire pour l'engager, il ne releva pas.

Il faillit rire quand Fischer lui posa une ultime question. Il aurait pensé qu'il savait qui il était. Ce n'était pas comme s'il n'avait pas, à maintes reprises, répété à quel point ils se connaissaient déjà... Siedler aurait cru qu'il se serait renseigné. S'il avait à ce point peur de la Gestapo, pourquoi n'avait-il demandé ce qu'il en était autours de lui ?

"Siedler. Ca s'écrit comme ça se prononce."


Toujours en allemand. Il ne relèverait pas les pseudo tentatives de rébellion du gosse. De toute façon, l'affaire était bien roulée et il avait autre chose à foutre. Aucune gifle n'était partie, mais l'homme se releva, ajusta son costume de civil et plongea ses mains dans ses poches.

"J'espère que vous je recevrai vite votre lettre,"
répéta-t-il en regardant de haut le garçon toujours assis. "Je vous assure que ce serait vraiment plus confortable pour vous. Au revoir, monsieur Fischer."

Et il quitta la pièce, parce qu'ils n'avaient plus rien à se dire.
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MessageSujet: Re: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Mar 13 Oct - 10:19

Le niveau de dégoût qu'avait Peter envers cet homme avait atteint son paroxysme à ce moment là. Cet enfoiré profitait bien de son insigne de Gestapo et le plus intolérable pour Peter était de devoir supporter cette injustice en ne pouvant rien faire. Aller se plaindre à qui? A la police Française? Elle était impuissante et en plus c'était un de ses membres qui avait balancé son dossier à Siedler. Se plaindre à l'armée d'occupation, Peter lui-même en souris
Je vois le genre : Bonjour, moi et ma mère ou est Allemands naturalisés Français opposés au Nazisme, un Gestapiste m'oblige à lui balancer des communistes alors que je veux pas, quels sont mes recours?
Peter était peut-être (et même sans doute) immature mais pas con. Et c'était justement parce qu'il n'était pas con qu'il se retint de l'envoyer se faire foutre et de partir en lui claquant la porte au nez. Pourtant qu'est-ce qu'il en avait envie, qu'est-ce qu'il avait envie de dire merde à ce type, lui montrer qu'il n'était pas dieu tout puissant. Seulement un problème se posait, tant que la France ne serait pas libérée, il était dieu tout puissant. Des larmes de colère coulèrent le long des joues de Peter tandis que Siedler se dirigeait vers la porte. Pourquoi lui? Pourquoi çà? Pourquoi? A force de remuer cette pensée dans sa tête, elle finit par sortir d'une voix troublée par l'émotion.

- Pourquoi vous faites çà?
Il avait posé cette question alors même que Siedler était sur le point de refermer la porte. Il n'avait pas détourné son regard troublé de larmes de ses pieds
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MessageSujet: Re: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Mar 13 Oct - 23:57

C'est peut être parce qu'au fond, Heinz Siedler n'était pas vraiment méchant qu'il ne ferma pas la porte. Quand son geste se figea, il pensa immédiatement au lourd regard de reproche que lui aurait adressé l'Hauptsturmführer Kurtz. Kurtz ne se serait pas arrêté. Kurtz ne se souciait sans doute même pas de ce que pouvaient ressentir les gens. Siedler, lui, faisait seulement semblant, parce qu'il était trop faible pour le faire vraiment, et trop lâche pour ne pas le cacher. Sa main se crispa, puis se détendit et le bras se replia. Un "clac" satisfaisant effaça toute tentative de réponse. A présent, c'était sûr, aucune faiblesse soudaine ne le mènerait à tenter de se justifier.
Il n'avait pas à se justifier. Il était du côté de la justice.

Siedler plongea les mains dans ses poches, sentit le poids du pistolet et commença à marcher. Dans les couloirs vides, ses pas résonnaient sans effacer la question du garçon. Il n'avait pas à se justifier. Mais cette question, il se l'était déjà posée. Il aurait voulu la poser, un nombre incommensurable de fois. Pourquoi est que Kurtz souriait en remontant de la cave. Pourquoi Pfeffel se conduisait-il si mal avec les français.
Pourquoi fallait-il qu'on fasse tout ça à la cave, et qu'on le regarde de travers parce qu'il refusait d'y descendre.
Pourquoi il fallait qu'on fusille des otages, et que des Allemands se fassent attaquer pour donner une raison de le faire ?
Pourquoi est-ce qu'il allait coucher deux fois par semaines avec un Français alors que la loi de son pays l'interdisait ?

Il fallait s'y habituer : en temps de guerre, les "pourquoi" restaient presque toujours sans réponses.
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MessageSujet: Re: Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)   Mer 14 Oct - 22:28

Pas de réponse... Juste un court silence durant lequel la porte resta immobile avant de se claquer moins de trois secondes après. C'était prévisible mais cela flingua définitivement le moral de Peter. Ce dernier posa son coude gauche sur le bureau et cala son front entre sa main avant de se laisser sangloter à chaudes larmes.
Ayant vu Heinz passer dans le couloir, le directeur se douta qu'ils en avaient fini et ne comprenait pas la raison de l'occupation de son bureau par Peter. Il se risqua donc à aller jeter un coup d'œil en entrouvrant la porte pour trouver le garçon en train de pleurer en silence.
Se disant que ce n'était ce ne serait sans doute pas bon de laisser le gamin retourner en classe dans cet état, il attendit que Peter sorte de lui même de son bureau ce qui se passa deux ou trois minutes plus tard. Le garçon avait séché ses larmes et paraissait presque normal.

- Ça c'est bien passé mon garçon?
- Bien. Merci.
Bien sûr son regard disait tout le contraire, tout comme celui du proviseur lui faisait aisément sentir qu'il n'était pas dupe. Aucun des deux ne releva et Peter retourna donc en classe. Ses amis ne purent jamais apprendre ce qui s'était passé et pour la première fois depuis son arrivée en France, il n'avait pas osé les regarder dans les yeux.
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Donne moi tes yeux (Vendredi 25 Avril)

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