Badaboum (Dimanche 4 mai)


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Badaboum (Dimanche 4 mai)

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MessageSujet: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Ven 16 Oct - 21:25

Il y avait une heure où Sarnand était pratiquement désert : avant que les pilotes de nuit ne soient rentrés, et bien après que les pilotes de jour ne se soient endormis. Une heure où personne ne remarquerait un officier rentrant en civil.

Heinz Siedler avait de toute façon tous les Ausweis dont il pouvait avoir besoin. Mais il ne tenait pas à être vue, tout comme il n'y avait pas tenu quand un mois et demi plus tôt, il avait déménagé chez les Reynaud. Malheureusement, la situation s'était largement dégradée depuis et Kurtz avait insisté pour qu'il ai le bon sens de s'installer dans un endroit moins exposé, au cas où Edelweiss décidait de mettre ses menaces pamphlétaires à exécution ; et parce que Kurtz avait emménagé dans son ancien hôtel, Siedler avait évidemment demandé à Wienke s'il ne pourrait pas venir squatter chez lui.

Cela ne changeait rien au fait que, tous les samedis, Siedler prenait la direction du Marais et non du château quand il avait terminé le travail ; qu'il passait des heures dans un endroit non identifié par ses proches avant de repartir, plus ou moins tard, pour prendre le téléphérique. Enfin, tous les samedis... c'était beaucoup dire, car ce n'était que la seconde fois que Heinz abandonnait sa moto dans le bâtiment d'arrivée du téléphérique en se demandant si les trois gardes de l'entrée ne remarquaient rien de particulier sur sa personne. Un mois et demi à cacher sa relation à ses collègues ne l'avaient pas rendu plus sûr de ses talents de dissimulateur.

Ce matin là, donc, Heinz Siedler se trouvait très tard -ou très tôt en ce début de dimanche- dans un couloir, l'air fatigué et la chemise froissée sous sa veste de costume civil. Une bonne partie des habitants du chateau, qui ne le connaissait qu'en uniforme, ne l'aurait sans doute pas reconnu, ce qui était très bien.
En tout cas, la frêle jeune fille qu'il heurta de plein fouet en passant un angle, elle, n'était pas prête de le reconnaitre, car ils ne s'étaient tout bonnement jamais vu en personne. Il y eu un glorieux badaboum quand quelque chose heurta le sol et laissa Siedler en train de cligner des yeux. Puis, après un instant de vide, il se baissa pour ramasser les morceaux de ce qui avait été un bol.

"Je suis vraiment désolé, mademoiselle, je ne vous vous avais pas vu,"
ni entendue, ni suspectée, ni rien parce qu'il était occupé à penser à ce que Paul...
Et, parce que Heinz Siedler avait de la chance, il fallut qu'il rougisse horriblement à ce moment précis.
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Lun 19 Oct - 2:26

Depuis plus de dix ans qu’elle travaillait à Sarnand, Madeleine avait pris l’habitude de se lever avec le soleil, voire même avant, et cela ne la dérangeait plus le moins du monde. Elle se levait bien avant la majorité des habitants du château, allait prendre son petit déjeuner aux Cuisines où elle rencontrait parfois quelques-uns de ses collègues qui avaient les mêmes horaires qu’elle, et était ensuite opérationnelle pour s’occuper des chambres des officiers nocturnes avant qu’ils ne rentrent de mission et/ou aillent se coucher – et par extension qu’ils risquent de la croiser. Elle avait ensuite tout le loisir de s’occuper des autres chambres, et cela quel que soit le jour de la semaine. Les soldats ne cessaient pas de dormir sous prétexte qu’on était dimanche.

Mais il y avait tout de même des jours où tout ne se passait pas parfaitement comme prévu. Par exemple les jours où, alors qu’elle franchissait le seuil des cuisines et s’apprêtaient à s’asseoir, Joseph, un de ses collègues, lui faisaient remarquer qu’Amandine avait oublié de rapporter la veille au soir le plateau qu’elle était allé déposer dans la chambre d’un haut-gradé nocturne. La suite était prévisible : Le domestique ne se gêna pas pour demander à Madeleine si, par le plus grand des hasard et avec la plus extrême gentillesse, elle ne verrait pas d’inconvénient à aller chercher la vaisselle sale qui ne devait pas traîner au retour de l’officier. Il savait, le traître, que la jeune femme était incapable de refuser quand on lui demandait quelque chose poliment, à défaut de gentiment. Bien sûr, si elle n’avait vraiment pas voulu y aller, Mado aurait pu arguer que lui faire transporter de la vaisselle pouvait s’avérer dangereux au cas où elle croiserait quelqu’un, mais l’heure plus que matinale rendait l’argument caduc. Il était vraiment très improbable qu’elle rencontre quelqu’un dans les couloirs de l’aile Est, alors que les pilotes diurnes n’étaient pas levés et les nocturnes pas rentrés.

Malheureusement, très improbable ne signifie pas impossible, comme l’apprit à ses dépens le bol qui constituait une partie de la vaisselle sale que la jeune femme venait de prendre dans la chambre de l’officier. En effet, à peine avait-elle refermé la porte de la chambre et fait quelques pas dans le couloir en s’apprêtant à bifurquer que quelque chose – quelqu’un ? – la heurta de plein fouet, ce qui provoqua la chute express du plateau et de son contenu. Avant d’avoir eu le temps de réaliser ce qui s’était passé – pour une fois, elle n’avait pas lâché ce qu’elle tenait toute seule – et de formuler une excuse, que les paroles de l’homme frappaient déjà ses oreilles. Et même si elles étaient prononcées en bon français, l’accent utilisé ne laissait aucun doute sur la nationalité de celui qui avait parlé, ce qui amena instantanément une jolie couleur rouge sur les joues de Madeleine.

« Non, c’est moi… Je suis désolée… » réussit-elle, tout de même à bredouiller, en commençant à se baisser pour ramasser les dégâts.

Mais là encore, l’homme l’avait devancée. Interdite, la domestique resta un instant silencieuse, pendant qu’elle essayait de rassembler ses idées. Ce n’était pas souvent qu’un homme qu’elle avait bousculé – ou qui l’avait bousculée, ce qui revenait au même – commençait à ramasser de lui-même ce qui était tombé et cassé. Alors que la pensée qu’elle devait peut-être dire quelque chose – comme « Ce n’est pas la peine que vous vous dérangiez » - prenait lentement forme sous son crâne, elle put se rendre compte que l’homme était habillé en civil. Etant donné qu’il était visiblement allemand, cela fit naître une petite question dans son esprit, mais elle se rendit compte que ce n’était pas le moment de la poser. Aussi s’efforçait-elle d’ouvrir la bouche pour formuler la pensée qui lui était venue, quand elle remarqua que l’inconnu rougissait. Allons bon. En général c’était elle qui se transformait en pivoine, pas celui ou celle qu’elle avait bousculé(e). A moins que…

« Vous vous êtes coupé, Monsieur… ? » murmura Madeleine en se laissant enfin tomber à genou pour ramasser ce qui devait l’être, rougissant encore plus à l’idée d’avoir deviné ce qui se passait et extrêmement gênée d’être à l’origine d’une éventuelle blessure chez l’allemand.
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Mar 20 Oct - 0:50

"Mais non, je ne regardai pas là où je allais, c'est ma faute," répondit aussitôt Heinz. Heureusement, la jeune domestique détourna rapidement la conversation, sauvant les deux protagonistes d'un fastidieux échange de "mais non c'est moi", "je vous jure que c'est ma faute", "pardonnez moi..." sans fin. D'autant que si Madeleine avait la timidité contre elle, Heinz était totalement incapable d'utiliser son avantage, à savoir son rang. Il ne voulait pas que la demoiselle prenne peur -ce qui arriverait s'il lui disait- et surtout : il était encore mort de honte. La servante ne pouvait pas lire dans son esprit, mais rentrer dans quelqu'un quand on s'imagine dans les bras de son amant donne l'impression de l'avoir fait en public. Impossible de s'empêcher de rougir.
Il fallait juste espérer que ça n'allait pas se réveiller dans le pantalon au pire moment. Surtout pas. Il passait sans doute déjà pour un imbécile distrait... alors si la fille se mettait à croire qu'en plus, son grand fantasme était de casser de la vaisselle et de la ramasser à genou devant une petite bonne ! ... manquerait plus qu'elle soit bavarde, et tout le Montreuil serait au courant !
Rouge.
Rouge comme un drapeau communiste.

Elle lui demanda s'il s'était coupé, avec une petite voix. Malheureusement non, mais il aurait bien aimé. Heinz se demanda s'il était encore possible de le faire pour excuser son trouble, mais franchement, se couper avec des morceaux de bol exigeait une maladresse que même lui ne possédait pas.

"Non, ça va bien."

Dé-rougir. Il fallait dé-rougir d'urgence. Quand on rougissait près d'une fille, c'est qu'on avait l'air intéressé, et elle risquait de se demander ce qu'il pouvait bien lui vouloir. Ou s'il ne sortait pas du bordel, d'ailleurs, à une heure pareille ! Heinz était sûr qu'il devait sentir très fort. Il sentait le Paul à dix kilomètres. Et la fille allait se mettre à froncer le nez d'un instant à l'autre en essayant d'imaginer pourquoi ça sentait comme ça.
Ne. Pas. Paniquer. Ne pas avoir de crise d'asthme. Il avait juste rencontré une fille à une heure totalement inhabituelle, dans un costume douteux pour un allemand, dans un couloir vide et avec les cheveux plus en bazar que la mode ne l'imposerait.

"Et vous, ça va ?" finit-il par répondre, juste histoire qu'elle pense à autre chose si jamais elle pensait à ce qu'il ne fallait pas penser.
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Dim 1 Nov - 3:53

Se couper avec des morceaux de bol n’avait rien d’exceptionnel quand on s’appelait Madeleine Rollin et qu’on avait la maladresse qui allait avec le nom, et cela n’aurait rien eu d’étonnant aux yeux de la domestique si c’était arrivé à l’homme qu’elle venait de bousculer. C’aurait été parfaitement plausible et aurait même eu le mérite de donner une raison simple à la rougeur qui colorait les joues de l’allemand, même si ladite raison mettait la jeune femme terriblement mal à l’aise. Passe encore qu’elle ne soit pas capable de garder quelque chose dans ses mains quand elle croisait quelqu’un dans un couloir – même si c’était très embarrassant et si ses collègues ne se faisaient pas prier pour la taquiner à ce propos, ce n’était pas nouveau – mais si en plus elle commençait à blesser le quelqu’un en question… ! Et que ce soit directement sa faute ou non, ça ne changeait rien à la donne.

Heureusement pour Mado, l’homme répondit que tout allait bien, c’est-à-dire que ses doigts avaient conservé leur intégrité, réussirent à analyser les neurones à moitié paralysés de la jeune femme – comme chaque fois qu’elle croisait un soldat et surtout un allemand. Cette information soulagea immédiatement la jeune femme, qui songea du coup à inspirer un peu, mais ne lui permit pas de comprendre les causes de la rougeur. Madeleine n’était pas en état de faire beaucoup de suppositions plus farfelues les unes que les autres et elle ne pensa donc pas une seule seconde que c’était de l’embarras qui faisait rougir l’allemand, et encore moins qu’il s’agissait de l’embarras dû à ce qu’il avait fait pendant la nuit. Les hommes, du moins pour ce qu’elle en savait, ne rougissait pas quand ils étaient gênés – de toute manière, ils ne semblaient jamais gênés – et, tout en réfléchissant à ce qui était le plus probable, elle termina de ramasser les morceaux de vaisselle cassée et se saisit des bords du plateau, avant de se redresser.

La première idée qui lui vint la frappa à ce moment-là et faillit faire à nouveau chuter plateau et vaisselle. Heureusement, si ses mains tremblèrent légèrement, elles parurent se souvenir qu’elles tenaient quelque chose et rien ne rencontra le sol. Faire tomber la vaisselle une fois quand on était bousculée, ça passait, mais une deuxième fois et sans raison apparente, beaucoup moins. Et puis, si son hypothèse était la bonne, il ne valait mieux pas que ça recommence, songea la jeune femme en serrant convulsivement les doigts sur le bord du plateau. Si l’homme était en colère, comme elle le pensait, un deuxième accident n’arrangerait pas son état d’esprit. En effet, lui soufflait son esprit, ça pouvait parfaitement expliquer qu’il rougisse, non ? Ne disait-on pas « se fâcher tout rouge » ? Et se faire bousculer au détour d’un couloir par une domestique maladroite, c’était une très bonne raison pour être en colère, n’est-ce pas ? Le fait que ce soit elle qui ait été bousculée et que la chute de la vaisselle ne soit que le résultat – parfaitement logique – de la bousculade en question n’entrait même plus en ligne de compte pour Madeleine.

Néanmoins, avant qu’elle ait le temps de rougir un peu plus à l’idée d’avoir provoqué la colère d’un allemand, toute la belle théorie – terrifiante, mais belle quand même – de la jeune femme s’effondra. La question de l’homme lui parut totalement incongrue, puisqu’elle ne collait pas du tout avec l’image de la colère, et elle en resta silencieuse quelques secondes, avant de songer à trouver une réponse.

« Je… euh oui, » finit-elle par bredouiller, en prenant une jolie teinte pivoine.

C’était une catastrophe, pour changer. Alors qu’elle faisait son possible pour passer inaperçu, voilà qu’elle rencontrait un soldat allemand – il n’y avait aucune raison qu’il ne soit pas soldat, s’il se trouvait à Sarnand – à une heure anormale, qu’elle le bousculait et qu’elle cassait la vaisselle. En plus, elle était incapable d’aligner trois mots, ce qui n’arrangeait rien. Madeleine aurait voulu rentrer sous terre. Ou tout au moins serrer ses mains moites l’une contre l’autre, ou les essuyer dans ses jupes, ce qui n’était pas possible puisqu’elle tenait le plateau. A la place, elle tâcha de raffermir encore une fois sa prise sur la vaisselle et d’aligner deux ou trois pensées cohérentes, à défaut de parler.

Qu’est-ce qu’elle était censée répondre à sa question ? Il n’attendait certainement pas une longue phrase dans laquelle elle raconterait plein de choses, n’est-ce pas ? Il n’en avait sûrement rien à faire de comment allait une domestique. Mais alors, pourquoi avait-il posé la question ? Et de cette façon-là, en plus ? Ca sonnait terriblement familier. Il n’avait pas dit « Comment allez-vous ? » mais « Ca va ? ». Comme s’il la connaissait, ce qui n’était pas le cas. Hein, que ce n’était pas le cas ? Il n’était pas comme le Capitaine Wilson, il ne savait pas énormément de choses sur elle sans qu’elle lui ait jamais rien dit, n’est-ce pas ? Dans tous les cas, il fallait forcément qu’elle ajoute quelque chose ; son « oui » hésitant n’était certainement pas suffisant, hélas.

« Euh… Merci ? » hasarda-t-elle, finalement, d’une toute petite voix.
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Dim 8 Nov - 1:32

Oh Mein Gott. Pourquoi fallait-il qu'elle rougisse autant ? Etait-elle gênée ? Ou pire ! Si elle l'avait reconnue ! C'est ça, elle devait l'avoir reconnu et avait peur de lui. Ou encore plus horrible, elle l'avait reconnu et avait compris d'où il revenait, du coup elle avait peur de lui.
Ou... ou... ou alors elle l'avait reconnu, avait compris d'où il revenait, et avait compris qu'il savait qu'elle savait et pensait qu'il allait la découper en petits morceaux dans un placard sombre.

Heinz secoua la tête.
C'était vraiment n'importe quoi. Il fallait qu'il arrête de faire des suppositions aussi tôt -ou tard-.

D'un autre côté, il était bien possible qu'elle l'ai reconnu. Ils pouvaient s'être croisés sans qu'il y ai fait attention. Si elle ne comprenait pas qu'il était coupable, il n'y avait pas de raison qu'il lui fasse quoi que ce soit... mais comment le lui faire comprendre ?

Il se pinça la lèvre inférieure, se releva en même temps qu'elle. Il fallait trouver quelque chose. Heinz finit par comprendre que babiller un "De rien" était déjà un bon début.

Nouveau silence, gêné.

Heinz se racle la gorge, se mordille de nouveau la lèvre. Bon. C'était une fille, et il savait, en théorie, comment mettre une fille à l'aise : il fallait l'inviter à diner en précisant qu'on payait pour elle. Mais il n'était pas sûr que ça marche pour la jeune inconnue. D'autant que si elle avait peur de son rang, elle pourrait croire qu'il voulait la forcer à le fréquenter.
Bon.
Elle était domestique. Que pouvait-il faire par rapport à ça ?

Tilt. Ils avaient cassé la vaisselle.

"Vous n'allez pas avoir des problèmes, à cause de ce que j'ai cassé, j'espère ?"

Voilà, c'était vraiment une idée géniale. Elle allait sûrement se faire gronder pour ça, mais s'il l'accompagnait pour dire que c'était de sa faute à lui, évidemment personne n'oserait le punir. Elle comprendrait qu'il ne lui voulait pas de mal et, si jamais elle avait remarqué l'odeur de Paul, elle déciderait peut être que Heinz était assez gentil pour qu'elle ne le dénonce pas. Plan parfait !

"Si vous voulez, je viens avec vous. Je dirais à votre supérieur que c'est moi qui ai cassé la vaisselle, et vous n'aurez aucun problème."

Son visage fatigué se tira en un sourire qui gueulait très fort "faites moi confiance, je suis sympa", domaine dans lequel il devenait assez fort, même si son uniforme en annulait trop souvent les effets.
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Mar 10 Nov - 2:06

Le silence qui suivit sa réponse – ou son essai de réponse – mit Madeleine encore plus mal à l’aise qu’elle ne l’était déjà. Avait-elle fait une erreur ? Sa réponse était peut-être tellement hors de propos qu’elle avait réussi à le fâcher ? Ce serait bien sa veine, tiens ! Il n’y avait qu’elle pour réussir à fâcher un soldat allemand alors que même après lui être rentrée dedans et avoir cassé la vaisselle il n’était pas en colère. Et s’il allait se plaindre à ses supérieurs ? Ses collègues savaient tous qu’elle était incapable de garantir l’intégrité de la vaisselle dès lors qu’elle croisait quelqu’un dans un couloir, et il y avait donc des chances qu’elle en soit quitte pour quelques taquineries, mais qu’en serait-il si elle avait fâché un de ceux qu’elle était censée servir ? Elle n’arrivait même pas à l’imaginer… peut-être que…

… qu’il lui dirait « De rien ». Le temps que les paroles de l’homme se transforment en influx nerveux et parcourent le chemin – pourtant court – qui les séparait du cerveau, qu’elles soient traitées et que les rythmes cardiaque et respiratoire de Madeleine retrouvent une cadence plus proche de la normale, plusieurs secondes s’écoulèrent. Néanmoins, quand ce fut le cas, la jeune femme eut droit à quelques instants de répit – enfin, relativement, puisqu’elle était toujours face à un allemand qu’elle ne connaissait pas – au cours desquels elle réalisa qu’elle n’avait peut-être pas répondu n’importe quoi. Malheureusement, le silence qui s’éternisait ne fit pas durer cet état d’esprit, et Mado renoua bien vite avec ses habitudes : elle baissa les yeux et, comme elle ne pouvait toujours pas serrer ses mains l’une contre l’autre, elle raffermit sa prise sur le plateau au point d’en faire blanchir les jointures de ses doigts.

Il ne lui vint même pas à l’idée qu’elle pouvait essayer de trouver quelque chose à dire, telle une excuse pour s’échapper, mais, contrairement à ce que pouvait penser Heinz, ce n’était pas du tout à cause de la peur que lui inspirait l’uniforme du SD. D’abord, il ne le portait pas, son uniforme, là. Bien sûr, il était possible qu’elle ait déjà croisé Herr Siedler dans un couloir, habillé de pied en cape, mais, si c’était le cas, elle n’était pas du tout capable de faire le lien avec l’homme en civil qui lui faisait face à cet instant. Et le fait que son premier réflexe quand elle voyait quelqu’un était de baisser les yeux n’y était peut-être pas pour rien. De même, elle s’était sûrement déjà occupée de sa chambre, mais de là à faire le lien avec l’allemand en civil… Il y avait un énorme fossé que les neurones à moitié paralysé de Madeleine n’étaient pas capables de franchir. La seule chose qu’elle savait, c’était qu’elle avait affaire à un allemand, puisque son accent l’avait dénoncé. Elle avait poussé la réflexion jusqu’à supposer que c’était un soldat, mais n’avait pas pu aller plus loin – ce qui était finalement une bonne chose, puisqu’il ne valait mieux pas imaginer sa réaction si elle avait réalisé que pour se trouver là à cette heure, c’était que sa chambre se trouvait dans l’aile est, et donc qu’il était plutôt bien placé dans la hiérarchie…

Madeleine attendait donc quelque chose qui la sortirait de cette situation, mais elle ne s’attendait définitivement pas à la phrase que l’homme prononça. Elle releva brusquement les yeux vers le visage de l’allemand, tandis que ses neurones se déconnectaient pendant une courte seconde, avant de chercher une signification logique aux mots entendus. Comment ça, ce qu’il avait cassé ? Il n’avait rien cassé, si ? Ah si… la vaisselle ! Mais c’était elle qui l’avait fait tomber, non ? Quant à la proposition et au sourire qui suivirent, ils ne firent rien pour éclairer les choses. Depuis quand les soldats allemands proposaient-ils aux domestiques de les accompagner pour éviter qu’elles ne se fassent remonter les bretelles ?

« Je… je… » bafouilla lamentablement la jeune femme, avant de se rendre compte qu’elle fixait toujours son interlocuteur avec des yeux qui devaient être aussi ronds que des soucoupes.

Le rouge lui monta à nouveau aux joues, et elle baissa encore une fois la tête, comme si elle s’absorbait dans la contemplation des magnifiques morceaux de bol qui peuplaient son plateau.

« Merci… mais ce n’est vraiment pas la peine… finit-elle par murmurer. Vous avez certainement autre chose à faire… »

Elle avala difficilement sa salive, et tâcha de terminer sur sa lancée, c’est-à-dire avec une phrase complète, mais qui fut encore moins audible.

« De toute manière, ils ont l’habitude. »

Ce n’était pas comme si c’était un scoop qu’elle faisait systématiquement tomber ce qu’elle tenait dans les mains – et donc cassait la vaisselle, si c’était ce qu’il y avait dans ses mains – quand elle rencontrait quelqu’un. Et puis… s’il venait avec elle, ça voulait dire qu’il allait l’accompagner tout le long du chemin ?! Le reste de la vaisselle posée sur la plateau et encore intact aurait toutes les chances de ne plus l’être – intact – avant d’atteindre les cuisines.
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Sam 14 Nov - 20:07

A faire ? Il avait tout le dimanche pour glandouiller, alors tout de même, il pouvait bien passer une demi heure à faire semblant de flirter avec une domestique terrorisée. Bien sûr, il voulait juste être gentil, mais il connaissait assez ses collègues pour savoir que pour beaucoup d'hommes, ce genre de comportements se justifiaient pas l'envie de mettre la demoiselle entre ses draps plus que... par peur de sortir du placard. Ce qui n'avait rien à voir avec la gentillesse non plus, en y repensant.

Toutefois, la dernière phrase que prononça la jeune fille lui donna presque envie d'être gentil juste pour être gentil. Il trouvait ça triste, d'être aussi... résignée.

Bon. Il fallait faire comme Kurtz. Kurtz savait toujours quelle petite phrase utiliser pour faire fondre/sourire/attendrir une femme et la mettre à l'aise. Faire des compliments, et faire rire, c'était l'idée.

"Si ils ont l'habitude que les gens, vous rentrent dedans, c'est que vous devez être très jolie."


Non, ça c'était juste va-seux...

"... et qu'ils le font exprès, pour vous parler ?"

... en plus de le faire passer pour un pervers. Non, là, plus de doute, la pauvre allait croire qu'il lui faisait des avances. On en revenait au point du restaurant, elle allait être gênée mais n'oserait pas lui mettre la gifle qu'il méritait pour lui avoir fait des compliments inconvenants -et maladroits !- au milieu d'un couloir sombre.

"Désolé, je suis bête, je vais encore vous gêner. Je vous promets, je n'ai pas fais vous rentrer dedans pour faire exprès... oh, zut. Je suis désolé, je dis n'importe quoi."


Evidemment, entre le contexte, le français qui s'emmêle et le contenu qui ne veut plus rien dire de toute façon, l'opération dé-rougir fut un échec total. Retour au point de départ : deux cotons tiges teints à la bétadine au milieu d'un couloir. Il devait absolument se rattraper, mais il risquait encore plus de s'enfoncer. Peut être devrait-il se contenter d'abandonner. Cela limiterait les dégâts. Mais d'un autre côté, il ne pourrait rien réparer et elle garderait une très mauvaise opinion de lui, qui ne manquerait pas de se répandre comme une trainée de poudre.

"Vous êtes sûres que vous ne voulez pas..."

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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Dim 15 Nov - 0:29

Heinz se trompait. D’une, Madeleine n’avait jusqu’à présent aucune mauvaise opinion de lui – elle n’avait pas d’opinion du tout, ses neurones n’étaient pas suffisamment alertes pour ça – et de deux, même si ça avait été le cas, elle n’aurait certainement pas répandu ce qu’elle pensait. Ce n’était pas dans ses habitudes de raconter partout ce qu’elle pensait des gens qu’elle croisait. Mais, tout cela, l’homme ne pouvait pas le savoir, tout comme il ne pouvait pas deviner le sens exact à donner à ses paroles. Si elle avait été un peu plus détendue, la domestique aurait même pu rire à l’idée que ses collègues aient l’habitude qu’elle se fasse bousculer – surtout qu’elle faisait tout son possible pour éviter de croiser quelqu’un – mais ce n’était évidemment pas le cas. La seule chose que la jeune femme réussit à faire fut de se demander si son interlocuteur ne se moquait pas d’elle, questionnement qui n’améliora en rien la couleur de ses joues.

En effet, pour quelle raison, sinon, lui aurait-il par une sorte de pseudo-compliment ? Elle savait bien, elle, qu’elle n’était pas « très jolie » et qu’on ne faisait pas exprès de la bousculer pour lui parler. Après tout, sa conversation n’était pas vraiment des plus passionnantes, et elle avait déjà – malheureusement – un capitaine qui lui écrivait des poèmes, lui offrait des fleurs et l’invitait à des fêtes en se faisant passer pour son frère, ce qui était largement suffisant ! Elle n’avait vraiment, vraiment pas besoin d’autre chose !

Mortifiée, Madeleine se contenta donc de garder les yeux fixés sur son plateau en se demandant si elle devait répondre quelque chose et, en cas de réponse positive, ce qu’elle pouvait bien répondre. Même si l’allemand se moquait, il était évidemment hors de question de répliquer une phrase bien sentie – chose qu’elle aurait été de toute manière incapable de faire – et elle ne voyait vraiment pas quoi dire. Elle n’eut de toute façon pas le temps de pousser la réflexion plus loin puisque l’homme reprit la parole… pour s’excuser, ce qui parut totalement incongru à la jeune femme. Elle ne songea même pas à sourire en entendant les inversions de phrase, tant le tout lui semblait déjà incompréhensible. S’il s’était moqué, pourquoi s’excusait-il maintenant ? Etant donné que son regard était toujours tourné vers le sol, Mado ne pouvait pas voir que l’homme rougissait lui aussi, mais elle parvint tout de même à supposer que ses paroles précédentes n’étaient peut-être pas des moqueries. Cette pensée avait au moins le mérite de rendre le tout un peu plus cohérent, et surtout de lui permettre de trouver le courage d’ouvrir la bouche pour tenter de répondre à la question suivante.

« Oui… balbutia-t-elle, en supposant que la question laissée en suspens reprenait la précédente qu’il avait posée. Ce n’est pas la peine que vous m’accompagniez… »

Elle prit une légère inspiration, autant pour empêcher ses mains de trembler que pour réussir à exprimer la suite, mais son effort n’alla pas jusqu’à assurer un niveau sonore parfaitement audible à la totalité de ses paroles.

« Je n’aurai pas de problème… Mes collègues… ils ont l’habitude… que je casse la vaisselle quand je rencontre quelqu’un... »

La tête toujours baissée, Madeleine ferma un instant les yeux et déglutit. S’il ne s’était pas moqué d’elle avant, là, c’était bon. Mais, il fallait qu’elle ajoute quelque chose, n’importe quoi, pour être sûre qu’il comprendrait que ce n’était pas la peine qu’il se dérange. Elle allait déjà retourner aux cuisines avec de la vaisselle cassée et en ayant mis au moins deux fois plus de temps que nécessaire, alors si elle dérangeait un allemand et l’empêchait de faire ce qu’il devait…

« Et si vous m’accompagnez… je risque d’encore tout faire tomber… »

D’ailleurs, songea la jeune femme en rougissant encore après avoir entendu les mots qu’elle avait laissé échapper, vu le tremblement qui agitait ses mains, il valait même mieux qu’ils se séparent très vite. Sinon le lâcher de vaisselle ne serait plus un risque mais un fait.
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Jeu 19 Nov - 13:10

Madeleine pouvait bien penser ce qu'elle voulait, Heinz se méprenait toujours sur le contenu desdites pensées. Il ne pensait tout simplement pas qu'une femme puisse être timide au point de se conduire ainsi sans raisons, ce qui signifiait clairement qu'il y en avait d'autres. Comme, par exemple, qu'il travaille pour la gestapo, ou encore qu'il soit peut être un pervers en train de lui faire des avances à peines voilées et qui irait sans doute la violer dans un placard sur le chemin des cuisines (vu la réputation de la gestapo, l'hypothèse n'était pas idiote). Or, Heinz étant ce qu'il était, il était hors de question qu'il ne fasse rien pour améliorer sa réputation.
Même si, quant même, ce serait moins compliqué d'aller juste se coucher.

"Je vous promet, ça ne pose pas du tout de problème, ça ne me dérange pas," dit-il en moulinant des mains pour essayer de rendre son propos plus clair, sans grande réussite car, comme le lui avait dit son professeur de philosophie au Gymnasium : "C'est pas en remuant la semoule que tu la rends plus transparente". Heinz en avait ri à l'époque, mais là, ça ne l'aurait même pas fait ricaner.

Heureusement pour eux deux, c'est à ce moment là que la domestique attira involontairement l'attention de l'Allemand sur ses mains. Cela donna une nouvelle idée -sans doute mauvaise- à Heinz pour (re)tenter de conquérir la tremblante jeune fille avec des non moins rougissants efforts : il se saisit de facto du plateau, ce qui coupait court à l'argument du "je vais tout faire tomber si vous n'arrêtez pas de me harceleeeeeeeer hiiiiiiiiiii !".

"Vous voyez, ça ne pose pas de problèmes du tout. Et si je porte le plateau, vous ne pourrez pas le faire tomber, et tout ira très bien."


Il se fit sourire de toutes ses dents.

"Vous montrez le chemin, bitte ?"
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Dim 22 Nov - 3:50

Ca ne le dérangeait pas de faire un détour par les cuisines pour accompagner une domestique maladroite et éviter qu’elle ne se fasse remonter les bretelles par ses supérieurs… à cinq heures et demi, six heures du matin, le dimanche ? Même s’il n’avait rien de très urgent à faire, se coucher et dormir devait quand même faire partie de son programme à plus ou moins long terme, n’est-ce pas ? C’était du moins ce que réussissait à analyser l’esprit de Madeleine, malgré ses capacités extrêmement réduites à cause de la présence de l’allemand. Et cette analyse sommaire renforçait la volonté de la jeune femme – évidemment, il ne s’agit que d’un renforcement et d’une volonté tous relatifs – à répondre par la négative. Outre le fait qu’elle n’y survivrait probablement si elle était accompagnée jusqu’aux cuisines – en tout cas, ça aurait au moins signé l’arrêt de mort de la vaisselle – il était hors de question de déranger un soldat, quand bien même il répétait que ce n’était pas le cas.

Malheureusement, si les neurones à moitié paralysés de Mado lui avaient permis de pousser la réflexion jusque-là et d’essayer de trouver les mots nécessaires pour faire changer l’homme d’avis, ils n’étaient pas du tout, du tout capables d’analyser les conséquences non prévues de ces mots. Autrement dit, la réaction de l’allemand, à savoir qu’il saisisse le plateau, ne faisait pas du tout partie de la partie du programme chargée sous le crâne de la domestique et entraîna donc un bug généralisé. D’un certain côté, Heinz avait bien fait d’agir avant de parler, parce que l’idée même de laisser un soldat porter son plateau aurait suffi pour que Madeleine le lâche. Mais ce n’était pas pour ça que la jeune femme pouvait l’accepter sans problème.

« Mais… non… » tenta-t-elle de protester, en relevant la tête pour fixer son regard sur le visage de l’allemand.

Elle put ainsi voir les lèvres de l’homme bouger, mais ses oreilles n’étaient pas en état d’analyser le sens des paroles qu’elles entendaient. Pour faire simple, Madeleine n’y comprenait plus rien. Elle avait l’habitude pourtant de bousculer des gens et de faire tomber et/ou de casser ce qu’elle tenait à ce moment-là. Certes, elle faisait son possible pour éviter ce genre de situation – en évitant les zones les plus fréquentées à certains horaires ou en portant le moins de vaisselle possible, par exemple – mais ça arrivait quand même. Et jamais, jamais, personne ne s’était comporté de la sorte. La très grande majorité des soldats, qu’ils soient allemands ou français, faisaient mine de ne pas la voir, ce qui lui convenait parfaitement, quelques-uns – comme le Major Klegremann – se moquait ouvertement d’elle, et la minuscule poignée restante l’aidait parfois à ramasser… mais aucun ne se baissait avant elle pour réparer les dégâts, et surtout aucun ne lui avait jamais pris le plateau des mains !

« Je… C’est par là, » balbutia-t-elle en indiquant la direction des cuisines, en réponse aux derniers mots de l’homme qu’elle avait – miracle ! – entendues et comprises.

Néanmoins, la jeune femme ne fit pas mine de se mettre en marche. Ses fonctions cognitives associées à l’audition avaient semble-t-il été récupéré, mais celles qui commandaient la motricité étaient encore en veille.

« Je… Vous n’allez pas porter le plateau jusqu’aux cuisines ? » réussit-elle à demander, dans un murmure désespéré.

Le problème, c’était qu’il souriait. Or, en général, quand quelqu’un souriait, ça voulait dire qu’il était content. Par conséquent, il était possible que l’allemand soit content de porter le plateau. Et, comme toutes ses connaissances le savaient, Madeleine était strictement incapable de contrarier quelqu’un qui souriait comme ça. Le sourire n’était pas aussi efficace que la mine de chiot battu abandonné dans un carton au fond d’une ruelle humide et froide, mais presque. Autrement dit, la domestique n’avait pas d’autre choix que d’obtempérer et de guider l’homme jusqu’aux cuisines… en priant pour qu’elle ne rencontre personne d’ici là, et même qu’il n’y ait personne aux cuisines.
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Mar 24 Nov - 23:57

"Bien sûr que si !" répondit l'Allemand, immédiatement et d'un air très enjoué. Au tac-au-tac, même, pensa-t-il avec fierté ! D'abord parce qu'il avait retenu une expression idiomatique, ensuite parce qu'il était sûr que sa solution était parfaite. D'ailleurs, si la domestique balbutiait, c'était sans aucun doute par soulagement.

Avait-elle enfin compris qu'il n'allait pas lui faire de mal ? Elle n'avait pas l'air de vouloir s'enfuir en courant, mais sa voix semblait saturée d'émotions... de la peur ? Craignait-elle qu'il ne lui mente et ne l'accompagne que pour la gronder devant son supérieur ?
Ou alors... alors elle pensait que même avec le plateau dans les mains, il irait quant même la torturer dans le local à balais en bas à droit, là où personne ne passait jamais (ou quelque soit l'équivalent du local en question). Finalement, sa solution n'avait sans doute pas porté ses fruits : Heinz se renfrogna momentanément, mais comme il avait tourné le dos pour partir dans la direction indiquée, la domestique ne pouvait le voir.

Il se força à sourire de nouveau et sentit sa fatigue dans les muscles de ses joues. Il avait aussi l'impression de sentir ses cernes, d'ailleurs, et l'air frais qu'il devait avoir. Et l'odeur de Paul, et les sensations que laissaient toujours les moments qu'ils passaient ensembles.

De nouveau, il espéra que la jeune femme ne remarquerait rien. En fait, mieux vaudrait qu'elle ne marche pas derrière lui, pour qu'elle ne puisse pas l'observer. Poser des questions, aussi, c'était une bonne idée : elle penserait à autre chose.

"Ne restez pas derrière, ma-demoiselle ! C'est bête, on dirait, que vous voulez vous cacher!"

Il tourna la tête, le temps de bailler, parce qu'il ne pouvait pas libérer une main pour couvrir sa bouche. C'était vrai, d'ailleurs, qu'elle n'avait pas l'air très motivée. Mais enfin, ça devait être qu'elle était timide. Et qu'elle avait peur, et devait se dire que ce serait plus facile de s'enfuir comme ça. Ou pas. Ou peut être. Enfin, c'était probablement de la timidité. Il ne pouvait pas faire si peur que ça, non ? Même s'il était de la gestapo, elle devait avoir compris qu'il était gentil avec elle, et serviable, et que tout allait très très bien se passer, non ?

"Quel est votre nom, ma-demoiselle ? Vous travaillez ici depuis un long temps ?"

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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Ven 27 Nov - 21:15

Comment ça « Bien sûr que si ! » ? Ce n’était pas évident pourtant, ni normal ni habituel, qu’un soldat allemand décide de porter un plateau jusqu’aux cuisines. Certes, quand le soldat en question souriait de toutes ses dents en prenant ledit plateau, il n’y avait que peu de chances qu’il en soit autrement, mais Madeleine n’avait pu s’empêcher d’espérer un court instant… avant que le ton enjoué ne vienne réduire à néant ses espoirs. Il n’y avait plus aucun doute possible : malgré l’heure tardive plus que matinale, l’allemand avait vraiment l’air content de porter le plateau et de l’accompagner jusqu’aux cuisines, même si ça n’avait aucun sens.

La jeune femme n’essaya pourtant pas de percer ce mystère et tâcha plutôt de se mettre en marche pour ne pas se laisser trop distancer par l’homme qui suivait déjà la direction indiquée. Ce n’était pas que l’envie lui manquait de rester sur place ou de sauver en sens inverse, au contraire l’idée de devoir marcher avec quelqu’un jusqu’à l’aile des communs la terrifiait, mais elle n’avait pas vraiment le choix. Elle ne pouvait pas laisser l’allemand rapporter son plateau seul, et il était en plus fort probable qu’il ne connaisse pas le chemin puisqu’il le lui avait demandé. Il ne manquerait plus que le soldat se perde ! La situation était déjà suffisamment catastrophique comme ça pour qu’elle n’essaye pas d’en rajouter. Avec un peu de chance, ça n’empirerait pas, et elle réussirait à se rendre jusqu’aux cuisines en marchant derrière l’homme et en lui indiquant le chemin lorsque ce serait nécessaire, sans croiser personne et sans s’étaler par terre en se prenant les pieds dans un quelconque obstacle.

Sauf que, évidemment, ce ne fut pas le cas. Madeleine ne se prit certes pas les pieds dans un bord de tapis, pas plus qu’elle ne rata une marche ou quoi que ce soit, mais la remarque de l’allemand la pétrifia sur place pendant quelques secondes, pendant que ses joues prenaient une jolie et habituelle couleur rouge. On aurait dit qu’elle voulait se cacher ? Vraiment ? Mais ça n’avait rien de bête, parce que c’était la plus exacte des réalités. La domestique n’avait strictement aucune envie de passer devant le soldat et elle se trouvait très bien cachée derrière !

« Oh… » murmura-t-elle finalement, tandis que ses jambes se remettaient à fonctionner.

Ne trouvant pas la moindre protestation à formuler – l’homme avait bien trop raison pour qu’elle y songe seulement – Madeleine tâcha donc d’accélérer le pas. Mais son effort ne fut pas vraiment couronné de succès et se contenta de la ramener plus ou moins à la hauteur de l’allemand, bien que légèrement en arrière. Il y avait comme un blocage qui l’empêchait de passer devant ou de se mettre exactement au même niveau que le soldat. Elle n’était qu’une domestique, après tout, personne – et pas même les allemands qui se montraient plus… serviables ? que les autres – ne pouvait lui demander de passer en premier, n’est-ce pas ?

Par contre, il pouvait demander toutes sortes de renseignements gênants. Mais enfin, songea la jeune femme rougissante, pourquoi posait-il tant de questions ? D’ordinaire personne ne faisait attention à elle… Pourquoi quelqu’un voulait-il subitement connaître son nom et la date depuis laquelle elle travaillait au château ?

« Euh… Madeleine, murmura-t-elle, incapable de ne pas répondre, avant de déglutir nerveusement et de tenter de retrouver un niveau sonore acceptable. Je… Je travaille ici depuis plus de dix ans. »

Et maintenant ? Que devait-elle ajouter ? Elle savait que, en théorie, quand quelqu’un vous demandait votre nom et tout ça, il fallait lui renvoyer la question. Et elle aurait pu le faire… si elle s’était appelée Simone, Jeanine ou Hermeline. Mais elle n’était ni une de ses sœurs ni sa cousine, et elle ne se voyait vraiment pas demander quoi que ce soit à cet inconnu.

De toute manière, avant même qu’elle ait pu se décider à faire un effort surhumain pour ouvrir à nouveau la bouche, une horrible pensée la coupa dans son élan. Elle s’en serait même arrêtée net, mais se contenta finalement de se tordre les mains. Si ça se trouvait, les questions posées avaient un but précis… Peut-être qu’il trouvait qu’elle faisait tellement mal son travail – après tout n’avait-elle pas cassé la vaisselle, déclaré qu’elle risquait de recommencer et laissé l’homme prendre son plateau ? – qu’il se demandait si elle n’était pas nouvelle. Et, comme il savait à présent que ce n’était pas le cas, il songerait peut-être à aller se plaindre à ses supérieurs ?

Mortifiée, Mado détacha soudain ses mains l’une de l’autre en réalisant qu’elle les serrait l’une contre l’autre et que ce n’était pas franchement discret, étant donné qu’elle se trouvait à peu près à la hauteur de l’homme, et les cacha plutôt dans les plis de sa jupe, tandis qu’elle sentait la température de ses joues grimper encore un peu.

« Je peux reprendre le plateau si vous voulez… » réussit-elle à prononcer d’une voix blanche.

Ils arrivaient au bout du couloir et, sans réfléchir, la jeune femme amorça le virage qui la conduirait à l’escalier… et qui la conduisit surtout à bousculer légèrement l’allemand, puisqu’elle n’avait pas calculé que lui ne savait pas forcément qu’il fallait tourner.

« Je… Oh, pardon. »
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Mar 1 Déc - 19:06

Etait-elle assez en avant ? Il n'était pas nécessaire qu'il y soit vraiment, tant qu'elle l'était assez pour ne pas le voir en détail -ou juste du coin de l'oeil. Le manque de luminosité dissimulait les formes, mais pas certains mouvements.
Assez, pas assez ? Il se sentit se crisper : dans le noir, l'odorat était plus roi que le regard. Heinz savait d'expérience que même quand le coeur fait un boucan d'enfer dans une poitrine, on reste le seul à l'entendre. Et cela, il pouvait l'expliquer de toute façon. Quant à l'odeur de Paul... il aurait pu dire qu'elle était la sienne, mais n'y pensait que comme une menace.

"C'est vrai ? Mais vous n'avez pas l'air très âgée. Quel âge aviez vous, quand vous avez commencé à travailler ici ?"

C'était une femme. Les femmes qu'on parle d'elles, qu'on s'intéresse à elles. Heinz regardait droit devant lui. Il entendait la voix, mais ne voyait pas la gêne... quand à la voix, les femmes savaient très bien avoir l'air modestes. Il doutait que ce soit vraiment le cas de celle ci, cette Madeleine, qui avait l'air trop... rougissante pour feindre quoi que ce soit. Mais ça ne voulait pas dire qu'elle ne voulait pas qu'on aime parler d'elle. Sûrement. Ou pas.

"Vous ne vous ennuyez jamais ? Le travail ne doit pas être très var... riant ? variable ?"

Il ne l'avait pas entendue parler. Ils avaient ouvert la bouche ne même temps, mais la voix de Madeleine n'avait pas été assez forte pour que Heinz l'entende, lui même parlant plutôt fort -pour l'occasion- pour se donner une contenance et avoir l'air tranquille et confiant. Il avait un doute, d'ailleurs, et se demanda si elle avait voulu l'interrompre. Quand son épaule toucha la sienne, il se dit que oui : elle avait dû lui dire de tourner, et il n'avait rien entendu.

Et la ronde des excuses repartit, sur la même réplique que précédemment :

"Non, non, c'est moi. Ce n'est pas grave !"

... surtout qu'il n'avait pas lâché le plateau donc, non, ce n'était pas grave ?
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Mer 9 Déc - 20:57

Ses doigts se crispèrent un peu plus dans ses jupes et Madeleine déglutit à nouveau quand l’homme rebondit sur ce qu’elle venait de dire. Oh, Seigneur, pourquoi ne pouvait-il cesser de poser des questions ? A peine avait-elle réussit – au prix d’un incroyable effort – à articuler une réponse correcte et intelligible qu’elle devait déjà recommencer. C’était trop injuste ! Et c’était, en plus, illogique. Sa vie, passée ou présente, n’avait rien qui puisse intéresser qui que ce soit – et c’était tant mieux – et il n’y avait donc aucune raison pour qu’on lui pose des questions. Néanmoins, que ce soit logique ou pas, la jeune femme savait tout de même que la plus élémentaire des politesses lui commandait de répondre… Le seul problème, c’était qu’il fallait y arriver.

« Quatorze ans, » prononça-t-elle donc finalement, à mi-voix.

En réalité, ses quelques neurones en état de fonctionnement avaient plutôt formulés une phrase du style « Je travaille ici depuis que j’ai quatorze ans », mais c’était définitivement trop long et trop difficile à déclarer. Quant à ajouter qu’elle était donc entrée à Sarnand en sortant de l’école, après avoir obtenu son certificat d’études, l’idée ne lui traversa même pas l’esprit. De toute manière, la pensée qui lui vint ensuite, à savoir que l’allemand ne posait ces questions que dans le but de savoir à qui il avait affaire et pouvoir ensuite se plaindre à ses supérieurs, suffit à paralyser ses quelques centres nerveux encore en état de marche, et Madeleine ne chercha plus à ajouter quelque chose. Elle espérait simplement que l’interrogatoire allait s’arrêter là et ne poussa pas la réflexion plus loin. Elle songea simplement que ce n’était pas la peine d’aggraver son cas et qu’elle pouvait peut-être essayer de se rattraper en récupérant le plateau.

Malheureusement, cet ersatz de plan échoua avant même d’être mis complètement en application, puisque la voix de l’allemand recouvrit sa question. La domestique n’essaya évidemment pas de se répéter et tâcha plutôt d’éviter de se tordre les mains et de rougir encore plus – ce qui n’était pas gagné, étant donné la température qu’elle pouvait sentir sur ses joues. Elle avait failli lui couper la parole ! S’il était déjà fâché contre elle, ça ne risquait pas de s’arranger. Du coup, Madeleine était même plutôt contente qu’il ait parlé suffisamment fort pour ne pas l’entendre, même si sa question était par conséquent passée à l’as, et qu’elle ne savait pas ce qu’elle devait faire maintenant : devait-elle la reposer ou répondre à celles qu’il avait énoncées ?

Les neurones à moitié paralysées de la jeune femme se mirent donc en marche pour essayer de déterminer ce qu’il convenait de faire. Elle aurait pu le reprendre sur le mot utilisé en précisant que ce n’était ni « variant » ni « variable » mais « varié », ou elle aurait pu expliquer que non, son travail ne l’ennuyait pas, qu’il lui convenait même parfaitement puisqu’elle n’était pas obligée de rencontrer grand-monde, que personne ne faisait attention à elle quand c’était le cas, et qu’elle pouvait facilement éviter de casser trop de vaisselle puisqu’elle s’occupait en général des draps et du linge. Sauf que, d’une c’était bien trop long à expliquer, et de deux ça semblait totalement ridicule, étant donné qu’elle venait justement de rencontrer un allemand au détour d’un couloir à une heure anormale et qu’elle avait cassé de la vaisselle.

Et ce qui devait arriver arriva : à force de se concentrer sur la réponse à fournir – même s’ils n’étaient pas très productifs – les neurones de Madeleine n’étaient plus en état d’analyser le milieu extérieur. Ou, tout au moins, ne l’analysaient-ils pas assez rapidement, contrairement aux jambes de la jeune femme qui semblaient, elles, animées d’une vie propre et avaient bien compris qu’elles arrivaient au bout du couloir où elles devaient tourner. La bousculade fit immédiatement oublier aux neurones tout ce qu’ils cherchaient à dire et ils se concentrèrent sur le moment présent et les excuses à prononcer, avant d’analyser la réponse fournie par l’allemand. Réponse qui ne collait d’ailleurs pas du tout à l’image de l’homme en colère ou fâché qui trottait dans l’esprit de Mado, mais la domestique abandonna toute tentative de compréhension avant même d’avoir essayé. Ca devenait vraiment trop compliqué.

« Je suis désolée, se contenta-t-elle de murmurer, en crispant ses doigts dans ses jupes, il faut tourner et descendre l’escalier… et traverser la grande tour… »

Elle déglutit à nouveau et se sentit soudain la bouche sèche, alors qu’elle se rendait compte de ce qui aurait pu se passer. L’homme pouvait dire ce qu’il voulait, si, c’était grave. Non seulement, elle l’avait bousculé, mais en plus elle avait failli casser la vaisselle sans même l’avoir dans les mains ! Il fallait reconnaître que, s’il voulait se plaindre à ses supérieurs, il avait largement de quoi dire. Et Madeleine aurait bien aimé trouver le moyen de se défendre ou de prouver qu’elle n’était pas si maladroite qu’il y paraissait… Le seul problème, c’était qu’elle n’osait pas ouvrir la bouche… et qu’elle était définitivement aussi maladroite que l’allemand pouvait le penser.
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Ven 18 Déc - 2:54

Le plan avait l'air d'être un échec total : la fille n'avait pas l'air plus à l'aise, ni plus rassurée, ni moins terrorisée, ni quoi que ce soit de positif mis à part le fait qu'elle avait cessé de résister. Et ça, ce n'était ni bon, ni mauvais, puisqu'elle avait probablement renoncé juste parce qu'il lui faisait peur.

Il commençait à vraiment désespérer. Être gentil n'allait pas, avoir l'air intéressé n'aidait pas, et s'il décidait de se taire, elle pourrait croire qu'elle l'avait vexé.

Il devait forcément y avoir une autre possibilité. Un moyen de lui prouver qu'il n'avait rien contre elle. Mais a vrai dire, rien ne le venait. Le vide total. Il se sentait juste horriblement fatigué, la tête enfumée et le cerveau de plus en plus incapable de trouver quoi que ce soit. Il avait beau tourner cervelle et neurones dans tous les cens, la pauvre matière crise se contentait d'hurler qu'elle avait fait tout son possible, qu'elle avait trouvé toutes les options. Aucune n'était satisfaisante, mais ce n'était pas sa faute.

Peut être qu'il n'y avait juste rien à faire.

Passablement déprimé, Heinz continua en silence jusqu'aux cuisines. Le silence avait eu le temps de devenir embarrassant ; il espérait trouver quelqu'un, se contenter d'explications un brin fatiguées, et cela suffirait sans doute à persuader pour de bon la jeune fille que non, il n'avait pas l'intention d'être méchant.

Malheureusement, les cuisines furent aussi décevantes que le reste : Heinz n'avait pas besoin d'être médium pour comprendre qu'il n'y avait personne. La porte grinça, ses pas résonnèrent un peu dans la pièce vide et rangée dans l'attente du lendemain, quand les préposés au pain viendraient travailler.
Autant pour la preuve, alors.

Il posa le plateau sur la première table venue, puis se rendit compte qu'il ne savait pas quoi faire de ses mains.

Destin de merde. Fallait vraiment que la cuisine soit vide ?

Il s'éclaircit la gorge mais ne trouva rien à dire.

Qu'est-ce qu'il faisait, d'habitude, quand il était seul avec une fille, dans un coin sombre, et se sentait horriblement gêné ? La réponse était tout aussi gênant : d'habitude, vu les filles pas farouche sur lesquelles il tombait systématiquement... Helga se serait probablement couchée sur la table en disant quelque chose du genre "oh oui, prends moiiiiiiiiii" (elle l'avait quitté quand elle avait compris qu'il ne serait jamais un amant passionné), Silke aurait fait la moitié de la route pour un baiser qu'il aurait accepté pour l'amour du romantisme, Traudel aurait commencé à lui lécher les doigts (elle avait toujours eu un goût certain pour les doigts) et Emilia se serait contenté de rougir en lui lançant des regards du genre "c'est une belle occasion, et si on en profitait ?" (celle ci avait dû partir parce que, trop souvent, il ne comprenait pas ce que les occasions avaient de belle).

La conclusion de tout cela était qu'être seul dans une cuisine était probablement censé être un peu romantique. Même si là, maintenant, Heinz se sentait crevé, pas franchement intéressé, et que la fille -Madeleine ?- n'était sans doute pas franchement motivée non plus, ce qui était génial. Les filles pas motivées étaient les seules dont Heinz appréciait la présence, sans doute parce qu'elles n'exigeaient pas de lui qu'il leur fasse l'amour quinze fois par jour en ayant l'air inspiré par la chose.

Tilt.

Bon. D'accord, si ça se trouve la fille cachait bien son jeu. Mais même.

"Vous savez, je," il se laissa piquer un fard, parce que bon, "je vous trouve très, gentille. Et jolie. Je peux vous embrasser ? Sur la joue," s'empressa-t-il d'ajouter. Histoire, quant même, de ne pas TROP passer pour un gros pervers intéressé -ce qui n'était clairement pas le but de la manoeuvre.
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Dim 20 Déc - 22:37

Le silence devenait embarrassant, en effet, mais Madeleine ne voyait vraiment pas ce qu’elle pouvait faire pour y remédier. Elle n’était déjà pas un modèle d’aisance ou de conversation – pour utiliser un bel euphémisme – et l’idée que l’allemand qui l’accompagnait ait pu se rendre compte à quel point elle était maladroite et ait l’intention de se plaindre à qui de droit n’arrangeait rien. La jeune femme se trouvait tout simplement incapable de faire – ou même de songer à faire – quelque chose d’autre que de suivre le mouvement vers les cuisines… et tenter d’éviter de se tordre les doigts ou de se prendre les pieds dans le moindre petit obstacle qui aurait pu se trouver sur son chemin, évidemment.

A vrai dire, si la situation n’avait pas été telle qu’elle était, le silence aurait presque pu lui paraître reposant. L’homme ne lui posait plus de questions et elle n’avait donc plus besoin de chercher quoi répondre. Mais, du coup, elle ne pouvait pas non plus savoir s’il était encore en colère et à quel point. Quoique… Il devait sans doute l’être vraiment beaucoup pour ne même plus essayer de dire quoi que ce soit. Sans doute se taisait-il pour éviter de laisser parler son ire, et, rien qu’à cette idée, Madeleine ressentait une soudaine et terrible envie de rentrer sous terre. Mais, pour ne pas fâcher encore plus l’allemand, elle se força à continuer à mettre un pied devant l’autre, même si elle ne put s’empêcher de déglutir à nouveau et de crisper encore un peu plus ses doigts dans ses jupes.

Heureusement, même s’il lui en voulait vraiment beaucoup, même s’il était décidé à aller se plaindre à ses supérieurs, même si elle devait se faire renvoyer – comment pourrait-elle expliquer ça à sa famille ? – le supplice que devenait cette marche vers les cuisines se terminerait bientôt. Ils étaient presque arrivés, et certains de ses collègues se trouveraient certainement dans la grande pièce. Joseph et quelques autres ne manqueraient sans doute pas de la taquiner à cause du bol cassé et du plateau qu’elle ne portait pas, mais rien ne l’empêcherait plus de s’éclipser, d’aller commencer son travail, même si elle n’aurait plus à le faire bien longtemps. Ce serait bien la première fois en dix ans qu’elle aurait fait les chambres des aviateurs nocturnes si tôt, mais…

… Mais il n’y avait personne dans la cuisine.

Incrédule, Madeleine s’immobilisa, pétrifiée, à l’entrée de la pièce. L’incrédulité s’évanouit toutefois très vite, tandis qu’elle laissait son regard errer vers la chaise où s’était trouvé Joseph – chaise qui était maintenant bien rangée sous la table correspondante – et revenir, horrifié, vers l’allemand qui déposait le plateau. Elle allait devoir lui parler ? Encore ? Il allait sans doute dire quelque chose, non ? Peut-être qu’il allait falloir qu’elle lui indique le chemin pour qu’il retourne à l’aile Est… ou pire ! Peut-être qu’il allait vouloir manger quelque chose maintenant qu’il était dans la cuisine ? Après tout, il était tôt et l’aile Est n’était pas tout près et… Attendez un peu, l’aile Est ? Mais… l’aile Est, c’était l’aile des officiers, l’aile des hauts gradés, réalisa subitement la jeune femme. Ca voulait dire que cet allemand, qu’elle avait bousculé, qui avait ramassé les morceaux de bol, qui avait porté le plateau jusqu’aux cuisines et qui était certainement fâché contre elle, cet allemand appartenait au somment de la hiérarchie de Sarnand ? Oh, misère !

Complètement anéantie, Mado ne remarqua pas le moins du monde que l’homme avait l’air gêné. La révélation qui venait de lui tomber dessus avait quasiment annihilé toutes ses capacités d’observations et de réflexion – qui n’étaient déjà pas très développées – et, lorsque ses yeux s’arrêtèrent sur le plateau, elle fit un pas en avant pour s’en approcher, entrant par là-même dans la cuisine. Peut-être que si elle réussissait à ranger correctement, efficacement et rapidement le contenu du plateau, cela limiterait un peu les dégâts ? Peut-être qu’il serait prêt à ne pas la faire virer de suite ? Peut-être que…

… qu’il allait lui demander quelque chose de totalement incongru.

« Qu… Quoi ? »

Madeleine se pétrifia sur place pour la deuxième fois en quelques secondes et leva les yeux vers le visage de l’allemand, tandis que ses joues prenaient une couleur encore plus soutenue qu’auparavant – si, si, c’était possible – et que ses neurones tentaient d’analyser les paroles prononcées d’une autre manière qui semblerait plus logique. Il ne pouvait pas avoir dit qu’il la trouvait très gentille, parce qu’elle avait à peine prononcé trois mots et n’avait rien fait d’autre que d’enchaîner les bêtises et les maladresses. Il ne pouvait pas avoir dit qu’elle était jolie, parce que ce n’était pas vrai. Et… il ne pouvait pas avoir demandé s’il pouvait l’embrasser, parce que… c’était impossible ! Non ?

« Je… je… »

Il fallait qu’elle dise quelque chose ! Mais quoi ? « Non », bien sûr… sauf qu’elle était face à un officier allemand. On ne disait pas « non » à un officier allemand, n’est-ce pas ? Surtout s’il avait déjà toutes les raisons du monde d’être en colère contre vous, hein ?

« Je… je dois dire oui ? » souffla-t-elle finalement, à court de solution.

C’était peut-être à cause de la succession de situations plus invraisemblables les unes que les autres qui venaient de se produire, mais l’esprit de la domestique n’était plus en état de savoir quoi faire. Pourquoi, mais pourquoi, Joseph n’était-il pas là ? Pourquoi ses autres collègues n’étaient-ils pas levés ? Pourquoi tout cela devait-il lui arriver, à elle ? Et surtout… que devait-elle faire, là, maintenant, tout de suite ?
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Allemand
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Mar 22 Déc - 0:30

Sboum.

Ca, c'était de la réaction. Y'avait pas à dire, la réussite planait tellement dans l'air que ça en infiltrait les narines jusqu'à la tour sud... mais quelle idée débile ! Fallait vraiment qu'il soit fatigué pour oser tenter un truc pareil. Maintenant, Heinz allait se prendre un râteau d'une fille qu'il connaissait à peine, qui ne l'intéressait pas -enfin si, mais pas comme ça- et irait se coucher totalement dépité.

Ma-gni-fi-que. Vraiment.

La pauvre fille avait l'air de se débattre désespérément pour trouver une réponse convenable. Un "non" clair et net aurait été bien suffisant... à ce train, Heinz en était à se demander si elle ne cherchait pas plutôt une réponse hautement originale et si possible tout aussi blessante.

D'ailleurs, ça ne tomba pas si loin ; l'Allemand cligna plusieurs fois des yeux. Avec les cernes qui commençaient à poindre sous ses yeux, il avait légèrement l'air d'un hibou au réveil.

Tilt.

"Non, non, bien sûr que non, vous ne devez pas !" répondit-il rapidement en enrobant le tout de gestes ératiques des mains, ce qui ne rendait en aucun cas le tintouin plus clair. Son visage avait viré au rouge-camion-de-pompier et il regardait par à coups ses mains, ses pieds, Madeleine et puis quelque chose sur le mur d'en face. "Je veux dire, vous n'êtes pas obligée de dire non, mais vous n'êtes pas obligé non plus de dire oui, vous faites comme vous voulez, vraiment comme vous voulez, je vous promets,"

Pause pour respirer.

"que c'est vous qui décidez, je ne veux pas vous embrasser si vous ne voulez pas !"

Nouvelle pause : manque d'inspiration.

Puis...

"Enfin, vous comprenez ?"

L'air de dire : par pitié, ayez compris ce que je viens d'essayer de vous expliquer, sinon je vais faire une crise d'asthme pathétique ou m'écrouler en larmes de désespoir...
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Mer 23 Déc - 21:25

« Non, » avoua Madeleine, à mi-voix, en baissant les yeux, complètement désespérée.

Non, elle ne comprenait pas, elle ne comprenait rien. Rien de rien. Pourquoi l’homme qui lui faisait face disait-il qu’elle ne devait pas dire oui s’il voulait qu’elle le dise ? Et pourquoi ne voulait-il pas qu’elle le dise s’il voulait l’embrasser ? Ce n’était pas logique, pas logique du tout… D’un autre côté, rien n’était logique ce matin-là. Il était très tôt, bien trop tôt pour que quelqu’un se promène dans les couloirs de Sarnand, mais elle avait quand même rencontré un allemand. Un haut gradé, même, puisqu’il avait ses appartements dans l’aile Est. Mais, alors qu’elle l’avait bousculé et qu’elle avait cassé la vaisselle, il l’avait aidée à ramasser et lui avait pris le plateau des mains pour le ramener à la cuisine. Et, bien qu’il paraisse fâché – il n’avait pas prononcé un mot pendant la fin du trajet, avait encore rougi et s’agitait en tous sens – il venait de dire qu’elle faisait comme elle le voulait. Est-ce que ça signifiait qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait au risque de le fâcher encore plus ?

Rien qu’à cette idée, Madeleine put sentir la paume de ses mains devenir encore plus moites, et elle ne résista plus à l’envie de les sortir de ses jupes pour les tordre l’une contre l’autre. Si, lorsqu’elle n’était ni gêné ni intimidée ni paniquée, son esprit pouvait faire preuve d’une certaine vivacité, ce n’était pas du tout le cas pour le moment. La majorité de ses capacités cognitives se retrouvaient comme paralysées, et ce qu’il en restait fonctionnait au ralenti. La seule pensée qui avait réussi à se former sous son crâne ne cessait d’y tournoyait et ne laissait aucune place pour une autre, pendant qu’elle rappelait à la jeune femme qu’il ne fallait pas fâcher un allemand et encore moins un haut gradé, parce que ça pouvait avoir des conséquences très fâcheuses.

« Si je dis non, murmura-t-elle finalement, en fixant ses chaussures avec la plus grande attention, vous ne vous mettrez pas en colère ? »

Elle déglutit difficilement et hésita une seconde avant de réussir à rassembler suffisamment de courage – ou d’un semblant de courage – pour oser lever les yeux vers le visage de l’allemand et tenter de se rendre compte de l’effet produit par ses paroles.

« Je… Vous n’allez pas me faire renvoyer ? » bredouilla-t-elle, les joues certainement suffisamment chaudes pour y faire cuire un œuf sur le plat – ou quoi que ce soit d’autre.
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Dim 3 Jan - 2:19

Non.

Bon, d'accord. Au moins, il avait essayé... est-ce que ça valait le coup de retenter ?

Il finit par laisser tomber. Ce n'était pas comme s'il n'avait pas DEJA tenté quelque chose. Plusieurs fois. Et ça n'avait pas amélioré la situation... déformé le problème était sans doute une expression plus exacte. Pour ne rien arranger Heinz était plutôt à cour d'idées. Il se contenta de regarder la fille (ses mains, en particulier), de se pincer les lèvres.

Finalement, elle parla la première. Il s'obligea à inspirer et expirer avant de répondre.

"Non, je vous promets," dit-il, toujours un peu lentement pour soigner son accent. "Vous avez le droit, sinon ce n'est pas bien."

Il passa sur le fait qu'il faisait des choses largement plus "pas bien" que de forcer une fille à se faire embrasser. Mais entre son job et sa vie personnelle... il y avait un gouffre. Et il n'imaginait pas Madeleine comme un risque, elle ne faisait juste pas partie des listes de mauvais types. Alors, c'était Heinz qui définissait l'équation ; les signes en devenaient beaucoup plus mous que si Siedler avait tenu la craie pour en tracer les chiffres.

"Non, non, par du tout. C'est de la vie personnelle, c'est pas professionnel. Vous avez le droit et la vaisselle cassée, c'est de ma faute. Si votre chef vous dit quelque chose, vous lui dites que c'est l'officier Siedler qui a cassé."

A présent, il se sentait juste gêné d'avoir fait cette proposition malheureuse ; il y eu de nouveau un silence pesant, un silence plein, de ceux qui disent "il ne faut rien ajouter, il n'y a plus de place".

Heinz se racla la gorge, la bouche sèche.

"Je vais aller dormir. Bon soir."

Et après un autre instant plus ou moins gêné, il sortit, l'esprit à demi mort. L'autre moitié se chargeait de retrouver le chemin vers ses appartements...
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MessageSujet: Re: Badaboum (Dimanche 4 mai)   Mar 19 Jan - 11:28

Non, il ne se mettrait pas en colère, non, il ne la ferait pas renvoyer. Les réponses de l’homme étaient indéniablement rassurantes… mais Madeleine ne parvenait pas pour autant à les comprendre totalement et à s’en sentir soulagée. Elle était trop gênée, paniquée et persuadée que son interlocuteur était en colère pour réussir à assimiler parfaitement et sans temps de latence les mots prononcés. Ce n’était pas faute d’essayer pourtant, mais le silence qui suivit était pesant et n’aidait pas vraiment à la réflexion. La jeune femme avait l’impression qu’il essayait plutôt d’étouffer les efforts maladroits de son esprit sous son poids, et elle baissa donc la tête pour regarder à nouveau ses pieds, plutôt que de faire face à l’allemand. Quelques syllabes finirent tout de même par franchir machinalement ses lèvres quand il reprit la parole.

« Bonsoir. »

Inutile de dire que la domestique ne songea même pas à se faire la remarque qu’on était plus le matin que le soir et que « Bonsoir » n’était peut-être pas le mot le plus approprié. Mais un tel niveau de réflexion, sans compter celui nécessaire pour trouver que dire d’autre, n’était pas encore accessible par ses neurones.

Elle ne releva les yeux que lorsqu’elle n’entendit plus aucun bruit de pas, et un rapide coup d’œil lui permit en effet de constater que la cuisine était déserte. La jeune femme cessa alors de se tordre les mains et en essuya plutôt la paume sur ses jupes, tout en s’efforçant d’inspirer un grand coup, dans le but futile de calmer plus vite les battements désordonnés de son cœur. Elle avait pourtant l’habitude de le sentir battre plus vite – ça lui arrivait à chaque fois qu’elle croisait quelqu’un dans un couloir – mais ça ne durait en général pas aussi longtemps. Il fallait reconnaître que les rencontres qu’elle faisait étaient rarement aussi longues, puisqu’elle trouvait toujours le moyen de s’éclipser rapidement si l’autre protagoniste ne le faisait pas.

Le soulagement faisait néanmoins son petit bonhomme de chemin dans l’esprit de Madeleine, et elle finit par juger que les tremblements de ses mains s’étaient suffisamment calmés pour lui permettre de ranger la vaisselle. Elle s’apprêtait donc à se saisir des fragments de bol, quand elle se pétrifia subitement, horrifiée. Les dernières paroles de l’allemand - de l’officier allemand qui habitait l’aile Est – atteignaient enfin le siège de la compréhension.

L’officier Siedler.

Il avait bien dit, l’officier Siedler, en parlant de la vaisselle cassée, n’est-ce pas ?

Les jambes coupées, Madeleine s’écroula sur une chaise, avant de poser ses deux coudes sur la table et d’enfouir son visage dans ses mains. L’officier Siedler. Oh, misère ! Elle le savait, qu’il s’agissait d’un officier, d’un haut gradé, puisqu’il avait ses appartements dans l’aile Est… mais à ce point-là ! La domestique ne sortait peut-être pas beaucoup, et elle ne passait pas son temps à écouter ou à colporter des ragots, mais il aurait fallu qu’elle soit sourde pour ne pas savoir de qui il s’agissait. Depuis qu’il avait emménagé à Sarnand, il ne se passait pas un jour sans que quelqu’un parmi la domesticité ne mentionne son nom, sans parler de toutes les conversations qu’avait généré son arrivée. Le chef de la Gestapo de Montreuil ! C’était le chef de la Gestapo qu’elle avait bousculé, qui avait ramassé la vaisselle et qui avait porté son plateau jusqu’aux cuisines ! Elle aurait pu faire pire, mais elle aurait vraiment eu du mal… tout simplement parce que, si elle avait par malheur croisé l’Oberstleutnant Wienke, il n’aurait certainement pas fait attention à elle, et si elle avait rencontré le Major Klegerman, il se serait moqué d’elle mais aurait passé son chemin.

Et maintenant, que devait-elle faire ? songea-t-elle en relevant la tête de ses mains, qu’elle serra l’une contre l’autre pour les empêcher de trembler. La réponse était évidente quand son regard rencontra le plateau toujours posé sur la table. Elle allait ranger tout ça – en essayant de ne rien casser d’autre – et elle allait essayer de ne plus penser à ce qui venait de se passer. Après tout, il avait dit qu’il ne la ferait pas renvoyer, non ? Il n’y avait plus qu’à espérer que ce n’était pas un mensonge.
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Badaboum (Dimanche 4 mai)

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