Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)


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Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)

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MessageSujet: Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)   Sam 24 Oct - 23:10

Fennec avait disparu.

Ce n'était pas la première fois que ça arrivait. En trois semaines, la bestiole s'était déjà enfuie cinq fois. Le bon point, c'était qu'à présent tout le monde savait qui était le capitaine Galerne. Le mauvais point, par contre, était que le plus souvent ledit capitaine ne retrouvait Fennec que quand il avait faim et allait quémander quelque part, car Fennec était feignant et que chasser les souris ne lui venait pas à l'esprit. Mais Fennec était tout de même un peu malin ; enfin, il avait du nez. Philippe avait donc déduit que si, cette fois, il n'était pas revenu brailler pour être nourrit, c'est qu'il devait se trouve dans un coin où ça sentait le manger.

Après avoir essayé le mess et plus généralement toutes les pièces où l'on mangeait généralement, l'officier se retrouva devant le saint des saints de la Bouffe. Si Fennec n'était pas là, alors Fennec n'avait pas faim.

Avec un pincement au coeur, Philippe se demanda si Vendémiaire n'aurait pas réussi à le manger dans son dos, avant de secouer la tête. Vendémiaire ne s'abaisserait pas à ce comportement de dragonnet.

Sans doute parce qu'il ne connaissait que trop peu la réputation du cuisiner, le capitaine Galerne entra dans les cuisines sans crainte ni appréhension particulière. Le pas long, la marche conquérante de celui qui a à l'habitude de marcher accrochée aux jambes, il se dirigea vers le premier gars venu à ne pas porter un uniforme allemand.

A cette heure, on commençait à préparer le repas du soir. Le vendredi, patate et saucisses pour les soldats en général, et généralement un truc un peu plus goûtu (et varié) pour les officiers. En tout cas ça sentait fort la saucisse de Francfort, donc la viande, donc il n'y avait de raison que personne n'ai vu passer de fennec gourmand et affamé.

"Bonjour ! Vous n'auriez pas vu un fennec par ici ?"
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MessageSujet: Re: Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)   Dim 1 Nov - 23:57

Un museau inquisiteur surmonté de deux grandes oreilles - très grandes, les oreilles - se glisse au ras du sol des cuisines, furetant en quête du graal local, ou plus précisément la corne d'abondance de Sarnand. Les deux oreilles pivotent au son discordant des voix et du tintement des casseroles, mais ce n'est pas là ce qui intéresse leur propriétaire.

Là, voilà. Là haut, il le sait, se trouve la tambouille des simples soldats, saucisses grasses et odorantes au fumet à en baver sur le carrelage.

Le propriétaire des deux oreilles se tasse, remue une ou deux fois son popotin élimé, et d'une détente remarquable pour un animal de son âge, fait l'effort d'atteindre le fruit de sa convoitise.

Effort louable, mais qui s'achève dans un fracas sonore et un couinement contrarié : Fennec ne sait pas viser. Voilà donc le plat, à peine accroché par les petites pattes de l'animal, qui se renverse complaisamment sur le gourmand, enseveli sous une masse de saucisses chaudes.

Il peine à s'en extraire - non sans happer quelques gourmandises au passage, qu'il ne se soit pas donné tout ce mal pour rien - quand une voix tonitruante lui fait dresser les poils sur le corps. Le genre de voix qui semble présager que la foudre ne va pas tomber bien loin.

Instinct de conservation oblige, l'animal s'empare d'un chapelet de saucisses et entame une procédure de retraite anticipée, mais ses pattes se contentent de déraper, les ongles cliquetant sur le carrelage : une main velue vient de se refermer sur sa queue. Couinement outré. Une autre main le saisit par la peau du cou, ce qui entraine la libération de la queue de Fennec et sa soudaine élévation au niveau d'un visage dont l'expression laisse supposer qu'il n'est pas content du tout.

- Qu'est ce que c'est que CA ? fait Maurice, qui a rarement croisé des fennecs dans sa vie. Un chat croisé avec un chien ? Qu'est ce que tu viens faire dans MA cuisine, petit chapardeur ? Tu veux remplacer les saucisses, peut-être ?

L'animal se contente de lui rendre un regard le plus innocent possible, le chapelet de saucisses pendant tristement hors de sa mâchoire.

Alors que Maurice envisage avec le plus grand sérieux l'option qu'il vient d'énoncer, une voix sonore le sort de sa concentration.

- Bonjour ! Vous n'auriez pas vu un fennec par ici ?

Se retournant, il toise le nouvel intrus avec un regard sévère, tenant toujours sa prise par la peau du cou.

- Je n'ai pas vu de "fennec", mais il y a ici un animal qui attend que j'expérimente une nouvelle recette à base de saucisses volées...
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MessageSujet: Re: Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)   Mer 4 Nov - 0:38

Le-premier-gars-venu-sans-uniforme-allemand s'écarta prestement lorsque l'Ogre des Cuisines entra dans la danse. Il faut dire qu'entre un pilote qu'on connaissait pas et qui était plus gradé que tous les employés du coin et Maurice Barrère, il pouvait se passer un tas de choses. Ou pas. Mais on ne savait jamais, et mieux valait prévoir les vols de louches et autres JE VOUS PASSERAI EN COUR MARTIALE ESPECE DE TUEUR DE FENNECS !

Heureusement, Fennec était encore bien vivant, ce qui rendait la confrontation peu probable du côté de Galerne. Il en fallait tout simplement plus pour que le capitaine ne s'excite.

"Fennec !" s'écria Philippe avec un mélange d'étonnement, d'air blasé et de soulagement.

La réplique fut suivie par un "splouk" de saucisse qui heurte le sol. Il faut dire qu'une saucisse de Francfort, ça pèse un peu, et qu'être tenu par la peau du coup, c'est pas supra agréable. Et puis le fennec avait rapidement compris que la grande chose qui lui tirait la peau ne le laisserait pas manger en paix.

Le regard du pilote suivit la chute de la saucisse, remonta vers le fennec, retomba, comme s'il se demandait ce qu'il fallait qu'il fasse de ça. Oh, il se doutait bien qu'il lui fallait faire preuve d'autorité envers Fennec, mais ses grandes oreilles et son regard larmoyant lui criaient "je suis vieux, la sénilité m'a fait faire ça et je t'aime, ramène moi à la maison !". Dilemme ultime de l'amoureux des animaux et, au fond, la légère envie de rire de rire de la situation.

Enfin, et avec un temps de retard, le capitaine pensa à prendre un air un peu contrit.

"Désolé pour le bazar. Je vous promets qu'il ne le refera plus."

Et ceci dit, il tendit les mains pour que le cuisinier lui remettre la créature.

Après tout, c'était qu'une saucisse, on allait pas se prendre la tête pour ça, non ?
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MessageSujet: Re: Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)   Ven 6 Nov - 15:00

Voyez la scène. D'une part, vous avez un cuisinier à l'air modérément satisfait - ceci est un euphémisme - avec un renard plein d'espoir à bout de bras, d'autre part un capitaine de dragon qui s'attend à récupérer son animal de compagnie sans remous et à quitter le fief du cuisinier.

Sauf que le cuisinier ne l'entend pas de cette oreille. S'abstenant de rendre le fennec à l'aviateur - auquel il n'a accordé qu'une attention toute mesurée, concentrant tout son énervement sur le fennec - il désigne du pouce la scène derrière lui, ce qui représente au bas mot l'intégralité de la cuisine, les marmitons divers et variés, le second chef (un allemand), les divers ustensiles, etc, etc, etc...

- Et vous comptez faire quoi à propos du repas des pauv' gars d'où j'ai extrait vot' bestiau ? Ce n'est pas moi qui ai préparé leur boustifance - préparer des saucisses ! Peuh ! - mais j'en connais dont l'estomac va pas tarder à gronder.

Il lance un regard noir au fennec, espérant - dans un coin de son cerveau ne se concentrant pas sur la répartition des patates en surplus nécessaire pour combler le vide gastronomique causé par l'animal - que celui ci en déduira de façon toute primitive que toute expédition future dans la cuisine lui causera de graves préjudices. Genre un plongeon dans de l'eau froide et mouillée.

Derrière lui, les marmitons s'efforcent de réparer les dégâts provoqués par Fennec, séparant les saucisses intactes des saucisses gâchées, et épiant les deux protagonistes à la dérobade, curieux de savoir ce qu'il va se passer.

- Au pire, on pourrait toujours leur donner vot' bestiau, mais l'a pas l'air très comestible. Pis il remplirait pas l'estomac d'un soldat, ça mange comme quatre ces gars là !

[hrp : Et le rationnement ? Les saucisses gaspillées, là, c'est pas grave ? O.O]
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MessageSujet: Re: Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)   Sam 7 Nov - 14:35

[Si, mais les questions d'intendance et Philippe, ça fait deux XD]

Le pilote regarda le cuisiner avec un certain étonnant : ses yeux bleus s'arrondirent et clignèrent rapidement, lui donnant un petit air de chouette. Faire quelque chose ? Mais enfin, il était capitaine, pas marchand de saucisses ou magicien !

"Qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ?"
répondit-il en haussa les épaules, l'air sincèrement dubitatif sur ses capacités à régler le problème en question. Et puis, comme Barrère, son attention était plutôt portée sur son pauvre Fennec, qui n'aimait pas les bains mais devrait y passer le plus vite possible pour que les restes de sauce pas chère ne fassent pas de grumeaux dans sa fourrure.

Le pilote fronça les sourcils : est-ce qu'il allait lui rendre son animal de compagnie, oui ou crotte ?

Son expression se durcit assez considérablement dès que le cuisinier parla de faire manger Fennec à cette bande de paysans métropolitains. Puis, Philippe supposa que c'était une blague, sans doute un exemple du célèbre humour Marseillais, la ponctuation locale en moins. Avec un petit temps de retard, il se mit donc à rire, parce qu'effectivement Fennec n'avait pas l'air très goûtu, même avec la sauce, et qu'il y avait plus à manger sur un bon lapin que sur lui : bref, c'était drôle, mais si pas supra comique. Pas possible que le type soit en train de l'engueuler, parce qu'il devait être sous off à tout casser et que les sous off n'embêtaient pas les capitaines.

La main s'était retirée un moment pour aller aplatir les cheveux grisonnant. Mais dès que le rire se tut, elle revint s'agiter sous le piteux renard.

"Vous avez raison. Maintenant qu'on sait qu'il n'est pas mangeable, je peux le récupérer, n'est-ce pas ?"

Le n'est-ce pas, dit comme ça, avait l'air de dire que la réponse ne pouvait qu'être affirmative.
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MessageSujet: Re: Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)   Sam 7 Nov - 15:28

- Ô bonne mère, vous n'y pouvez peut être rien, des conneries de vot' bestiau, mais avec le rationnement, je leur donne quoi à ces pauv' gars, heing ?

Il réfléchit deux minutes, lançant occasionnellement des regards meurtriers vers le fennec, puis rend celui ci à son propriétaire, la mine dégoûtée. Les poings posés sur les hanches, en une attitude combative, il foudroie son maître du regard. Il se fout des galons du quidam comme de l'âge de sa première déculottée. Il n'aime pas que les gens s'amusent à laisser gambader des bêtes dans la cuisine.

- Ici, c'est moi qui m'occupe de nourrir la cambuse. Z'avez la mangeaille des soldats, et puis les repas des officiers, et ça se mélange pas. Va falloir que je combine de partout pour compenser les saucisses perdues, tout ça parce que vous laissez gambader vot' bestiau, alors vous allez compenser tout ça en vous passant du repas des officiers pour un moment. Si je récupère votre part pour les prochaines semaines, ça doit pouvoir se faire.

Il agite une louche - mais d'où sort-elle ? Serait-ce donc vrai que ce chef cuistot est capable d'invoquer les accessoires de cuisine selon la nécessité ? Les légendes sont promptes à naître face à ses prodiges culinaires et vocaux - menaçante vers le renard.

- Et si je revois ce bestiau dans MA cuisine, il finit à la flotte !

De toute façon, si ce royal inconnu se met en tête de se plaindre aux autorités compétentes, ce sera la diète à base de saucisses prémâchées pour tout le monde. On ne dérange pas Maurice Barrère dans son antre impunément, peuchère !

[hrp : J'ai l'impression d'écrire de la m... Cela dit, je me demandais, Philippe vient d'être muté, mais il a déjà mangé de la cuisine de Maurice, non ? ]
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MessageSujet: Re: Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)   Ven 13 Nov - 20:41

"Mais qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ?" répéta Philippe. Il allait ajouter qu'il ne faisait pas pleuvoir de la choucroute en claquant des doigts, mais un fennec plutôt gluant et ayant très envie d'être rassuré dans les bras de son papa détourna son attention assez longtemps pour que le cuisinier puisse se lancer dans une diatribe pour le moins... et bien...

Comment dire.
Osée.
Parce que ce type était quoi, caporal ? Caporal chef, au mieux. Alors que Philippe était tout de même le Capitaine Galerne, celui qui avait le dragon le plus expérimenté du coin, qui avait un grade, qui avait fait deux guerres et qui se sentait donc très autorisé à dire à cet espèce de marseillais mal poli de quel bois on se chauffait en Algérie.

Le pilote commença par écarquiller les yeux, puis par serrer les dents alors que ses sourcils descendaient d'un bon centimètre, plissant le regard sous l'ombre des poils gris et bruns.

"Vous parlez à un soldat qui a fait deux guerres, caporal, pendant que vous faisiez vos saucisses !"

Il se retint de dire que Fennec, d'ailleurs, avait été au front pendant la dernière. Mais même en étant gaga de ses animaux, Philippe se doutait que le commun des mortels trouvait ce genre d'arguments assez ridicules.

Il se redressa de toute sa hauteur osseuse.

"Si c'est ce que vous voulez, je me passerai du repas des officiers -si vous venez me servir de fusilier la prochaine fois que nous devrons combattre ! Peut être que cela vous fera comprendre, caporal, que le sang de nos soldats vaut plus cher que vos saucisses !"

Et pendant ce temps là, Fennec se contentait de mi lisser du museau, mi lécher sa queue touffue. D'abord parce qu'il n'aimait pas se sentir dégoutant, en bon animal, ensuite parce qu'à présent qu'il était dans des bras bien connus, la sauce qui parsemait sa fourrure lui semblait tout à fait apte à remplir son petit estomac...
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MessageSujet: Re: Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)   Ven 13 Nov - 21:16

Non mais c'est qui ce zigoto ? Maurice sent la moutarde lui venir au nez tandis que l'autre lui sort un bafouillage de soldat bien fier de lui et de ses coups d'éclats. Maurice n'en a rien à faire de ses guerres et de ses galons, tout ce qu'il voit, c'est un zigoto tout maigre qui a le culot d'avoir une bête sans cervelle qui gâche la nourriture. Et Marie sait que la nourriture, en ces temps difficiles, c'est précieux, même quand c'est de la cuisine fadasse à l'allemande.

- Ah ouais ? Et comment qu'ils font, les soldats, pour se battre le ventre vide ? Et vos monstres volants, là, vos dragons ? Et votre satané Fennec ? Si vous voulez qu'il coule, le sang des soldats, faudrait déjà pas qu'ils soient morts de faim !

Il a haussé le ton - les marmitons, dans la cuisine, font profil bas, le chef cuisinier allemand en profitant pour diriger les troupes à sa façon, pour une fois que Maurice n'est pas dans son dos en train de maudire la cuisine teutonne et ses saucisses. Le teint rouge, les yeux grands comme des soucoupes, Maurice agite sa louche - mais d'où sort-elle ? - d'un air menaçant.

- Et si je dis aux soldats qu'le monsieur qui a fait deux guerres a laissé son satané bestiau leur gâcher leur ration, je dois leur dire quoi ? Que parce que MÔSSIEUR a fait deux guerres, il doit trainer avec lui des bouches inutiles et salissantes, heing ? C'est une base militaire, ici, MÔSSIEUR le capitaine, et ce sont MES cuisines, peuchère, PAS UN ZOO ! Alors vous me débarrassez le plancher avec vot' sale bête, et vous irez dire à vot' soldatesque de se tailler les veines, vu qu'leur sang vous tient plus à coeur que leur estomac ! [hrp = ça faisait longtemps que j'avais pas fait un jeu de mots aussi pourri]

Nul besoin de préciser que le discours de Maurice est ponctué d'interjections qui fleurent bon la Provence profonde, et que son accent s'aggrave en même temps qu'il change de couleur. Par contre, s'il continue à s'énerver pour des saucisses, la sauce qu'il était en train de préparer avant de tomber sur Fennec va finir par tourner. Et là, ce sera VRAIMENT un drame.
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MessageSujet: Re: Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)   Lun 16 Nov - 21:05

Non mais c'est qui ce troufion ? Philippe sent la moutarde lui venir au nez tandis que l'autre lui sort un bafouillage de marmiton bien fier de lui et de ses saucisses. Philippe n'en a rien à faire de ses saucisses et de ses patates, tout ce qu'il voit, c'est un troufion marseillais qui a le culot d'avoir un respect très limité pour les soldats patriotes tout en étant militaire. Et Marie sait que les les soldats patriotes, en ces temps difficiles, c'est précieux, même quand ils sont passablement désarmés.
Bref, tout ça pour dire que si on changeait quelques mots par ci par là, on obtenait globalement le même résultat chez Philippe que chez Maurice. La seule différence étant que chez le premier, ça donnait comme un bout de bois qu'on casse et, chez le second comme un tas de buche jeté du haut d'un toit dans une immense marmite vide (et donc à fortes capacités de résonance).

"Un soldat peut très bien se passer de cuisinier, caporal !"
rétorqua Philippe en se redressant encore, bien qu'on eu pu douter que ce soit encore possible. "Vous croyez quoi, que quand la Coloniale va foutre les pieds au milieu de la jungle, on emmène des rampants comme vous ? Et la Légion, tiens, la Légion elle vous dit merde la moitié du temps ! Et les autres feraient bien pareil s'ils le devaient !"

Sur Vendémiaire, en tout cas, ça faisait bien longtemps qu'on avait un si mauvais cuistot qu'on lui avait fichu un fusil entre les pattes. Ce n'était pas très problématique puisque l'équipage était devenu maître en matière de purée de banane, ce qui revenait à dévaliser tous les bananiers du coin à chaque escale ou presque pour se faire à croûter tout seuls. Ou de noix de coco. Ou de tout fruit tropical ou équatorial qu'ils savaient mangeable et qui ne retournaient pas les intestins.
Bien sûr, en Métropole, c'était plus compliqué...

"Vous n'avez rien à dire à mes hommes, caporal ! Occupez vous donc de vos affaires ! Je vous ferai passer en cour martiale pour insubordination ! Comportement séditieux !"

Philippe ramena les épaules en arrière et croisa les bras, ce qui aurait été un peu plus efficace si Fennec n'avait pas encore été coincé sous l'épaule droite.

"J'exige que vous retiriez vos insultes, cuisinier !"
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MessageSujet: Re: Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)   Lun 16 Nov - 21:45

- CHEF Cuisinier, môssieur ! rétorque Maurice, qui a un sens des priorités tout personnel.

Une petite alarme s'est allumée dans son crâne, lui rappelant qu'il a une sauce à surveiller s'il ne veut pas qu'elle tourne au vinaigre, mais le signal qu'elle produit est fortement recouvert par le grondement du sang marseillais qui bouillonne dans ses veines. Mais c'est que ce tas d'os le provoque ! Ça mange rien et ça veut imposer ce genre de régime aux autres ? Et en plus, ça ramène des bestioles - bouches inutiles - dans la base sans être foutu de les surveiller ? Non, décidément, notre marseillais ne peut pas laisser passer ça. Déjà que les dragons, ça le laisse mitigé - encore que les dragons aiment sa cuisine, EUX, ils ont un minimum de délicatesse, mais alors un aviateur tout sec et un renard, JésusMarieJoseph, ya pas moyen qu'il ferme les yeux.

- Et puis qui c'est que vous traitez de sédissieu, heing ? Et vot' bestiau, là, il est pas sédissieu lui aussi ? Il est pas bieng hygiénique, sûr !

Il remonte ses manches d'un air clairement agressif, n'écoutant que son courage de marseillais et omettant donc de penser à des choses trop compliquées comme "court martiale" ou "capitaine". De toute façon, c'est lui qui a raison.

- Vous voulez que je vous montre si je suis sédissieu ? Vous insultez Marseille et la cuisine française, môssieur, et elles se laisseront pas insulter par un maigrichon d'vot' genre, sûr !

Il aurait jeté un coup d'oeil dans son dos qu'il aurait vu tous les marmitons ayant quitté leur poste, passionnés par la scène, et le chef cuisinier allemand tentant vainement de ramener un peu d'ordre dans la cuisine. Pourtant, pas un seul n'ose intervenir avant que les évènements ne tournent au pugilat. Peut être de peur de reçevoir une louche en bon acier bien rustre et bien lourd dans la face, ou de se prendre un coup d'un de ces battoirs velus qui servent de mains au cuistot.

D'un autre côté, il serait fort judicieux d'éviter de déclencher une troisième guerre mondiale avant la fin de la deuxième.
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MessageSujet: Re: Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)   Sam 21 Nov - 15:21

"On dit Capitaine, cuisinier !"

Namého, fallait pas abuser, non ! Il était officier ! C'était pas le civil du coin qu'on appelait n'importe comment ! Et d'abord, on répondait "Oui mon capitaine", quand on était un bon militaire et pas un psychopathe de marseillais sans aucune classe ni noblesse !

"Séditieux, caporal, séditieux ! Vous encouragez vos hommes à ne pas respecter les officiers ! Vous allez voir, quand vous aurez les mains occupées à récurer les chiottes !"

Bien entendu, Philippe fit comme si le cuisinier n'avait rien dit sur son mignon et innocent fennec. Car les animaux étaient mignons mais cons, et on avait tord de les accuser de tous les malheurs du monde : Fennec ne pouvait vraiment pas être responsable de la situation et, s'il ne l'était pas, alors la faute en incombait probablement au Caporal.

L'ambiance chauffait plus vite qu'un poêle à mazout. Philippe compris rapidement qu'ils finiraient par en venir aux mains, ce qui serait... mal. Parce que :
a) Un officier ne donne pas de coups de poings, c'est un truc de prolo mal élevé !
b) Même si le cuisinier n'avait probablement aucun entraînement de combat digne d'égaler celui de Philippe, il avait l'air d'avoir un certain avantage du muscle.
c) Philippe ne faisait pas confiance au cuisinier pour ne frapper qu'avec les mains, et se prendre un coup de louche était très désagréable.
Résultat des comptes : il fallait trouver une solution d'officier qui éloigne ce gros barbare de toute arme non règlementaire.

"Bon Dieu ! Vous allez me montrer ça, oui !"

Mais il ne remonta pas ses manches pour autant ; à vrai dire, il se contenta de transférer Fennec sous son épaule gauche -la pauvre bête avait cessé d'essayer de comprendre-, tira sa paire de gants de vol de la poche où il les avait fourré avant de la jeter à la figure du cuisiner. Bon, ok, ça faisait des années et des années qu'on ne proposait plus de duel par jet de moufles interposées, mais ça avait sa petite aura romantique.

"Je vous attends ce soir, 21h, pour un duel au sabre, caporal !"

Cette solution était passablement satisfaisante : étant plus grand, Philippe aurait plus s'allonge et, surtout, comme tout officier, il savait un minimum de choses sur l'art de tenir une épée. Il doutait que ce soit le cas du cuisinier...
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MessageSujet: Re: Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)   Lun 30 Nov - 22:02

La concentration de Maurice est brusquement interrompue quand l'officier auquel il s'oppose avec virulence lui envoie à la figure une paire de gants dont il doute fortement la comestibilité. Et sachant qu'un cuisinier marseillais tel que Maurice possède deux modes de fonctionnement - cuisine et gueulante - le voilà qui oscille légèrement entre les deux, l'existence d'une sauce sur le feu lui revenant soudain en mémoire.

- Je vous attends ce soir, 21h, pour un duel au sabre, caporal !

Qu'on se comprenne bien, tout de même. Maurice n'est pas non plus un abruti dont les connaissances se limitent strictement à la survie en milieu culinaire, loin de là. Cependant, les manières policées des officiers lui passent totalement au dessus de la tête, surtout quand il a un problème culinaire à régler dans les plus brefs délais. Autrement dit, il a du mal à saisir le concept de "duel au sabre". On lui dirait d'aller dans la cour pour un bon échange traditionnel de marrons et de châtaignes - avec l'accent, s'il vous plait - il comprendrait, mais là...

Il reste donc interdit, son énervement envolé (pour le moment), observant les gants qu'il a récupéré d'un œil perplexe.

- Mais qué qu'il veut, l'animal ? marmonne-t-il par devers lui. Que je les lui cuisine en guise de repas ? Ca a pas l'air bien digeste...
- Un tuel, kaporal, lui explique le chef cuisinier allemand avec son accent de rocaille absolument insupportable à toute oreille française normalement constituée [hrp : n'est ce pas ?] Komment fous tiriez... ein egzange de coups, afec tes sabres.

Maurice, qui ne comprend rien avec cet accent beaucoup trop nordique - nord, est, c'est pareil, c'est pas marseillais - à ses oreilles, lui lance un regard noir, mais l'autre ne se laisse pas démonter et hoche vigoureusement la tête pour appuyer son propos, baragouinant dans un allemand que Maurice s'abstient de tenter de comprendre. S'adressant au capitaine qui attend sans doute réception de son défi, le cuisinier agite vaguement sa louche de l'air du quidam qui est certain d'avoir compris, mais est complètement à côté de la plaque et surtout a autre chose en tête.

- On verra ce que je peux faire, grogne-t-il. Mais avec ces cônneries, peuchère, j'en ai oublié ma sauce.

Et le voilà qui s'en retourne à sa sauce, sauvée de justesse par une paire de gants et un intellect limité. Elle aura peut être un léger goût caramélisé, mais c'est précisément ce qui en fait tout le raffinement.
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MessageSujet: Re: Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)   Ven 4 Déc - 18:36

Maurice ne fut pas le seul ahuri des deux. Nés aux confins de l'Algérie d'une famille pas franchement vernie, Philippe était passé d'un milieu social pauvre à celui des tranchées par le miracle de l'école républicaine et d'une bourse scolaire, avant de tenter l'option forêts-profonds-humides-et-pleines-de-lianes. La civilisation civilisée n'avait jamais été son grand truc ; mais Philippe, comme tout officier qui se respecte, lisait un peu, et puis fréquentait un brin les autres gradés de la coloniale. Il savait que son acte était vieillot, plus romantique que moderne, plus adapté au siècle dernier et aux aubes de la troisième république, quand les anciens présidents de la république pouvaient encore mourir en duel -au pistolet, certes, mais en duel quant même. Il pensait surprendre ; qu'il soit carrément incompris était... incompréhensible. Ses sourcils en remontaient jusqu'au milieu de son front.

Peut être était-ce le choix des armes ? Il est vrai que les derniers duels s'étaient fait au pistolet. Le problème du pistolet était que le perdant n'aurait plus jamais de problèmes de fennecs. Quand au gagnant, on le jugerait pour meurtre, et le résultat serait le même. Il fallait que ce soit l'épée.

Heureusement, un allemand méritant se dévoua pour éclairer les mornes lanternes du cuisinier. Philippe passa ce temps à imaginer l'origine probable du gars. Sans doute une banlieue ouvrière, rouge, même si dans le sud, on en trouvait pas tant. Un fils de marins, peut être. Les marins étaient mal élevés de toute façon. Dans tous les cas, le capitaine était déconfit : il avait fait sa déclaration avec éclat et attendait de l'autre qu'il en fasse de même. Au lieu de cela... pétard mouillé. Sans la fanfare théâtrale, sa proposition en devenait ridiculement vieillote, et comme en plus l'autre ne saurait sans doute même pas tenir sa lame, le duel lui même serait une parodie.

En attendant, Fennec, qui ne pouvait ni se lécher vu sa position, ni atteindre quoi que ce soit avec ses dents, commença à geindre sourdement pour qu'on s'occupe de son estomac. Et avec ces conneries, comme disait l'autre, et la colère méridionale vite retombée d'un côté et de l'autre, ils se retrouvaient comme des cons au milieu de la cuisine. Enfin, surtout Philippe : le caporal avait l'excuse de sa sauce.

"Ne soyez pas en retard !" claqua-t-il donc en guise de salut, avant de tourner les talons et de quitter les lieux, les lèvres pincées et le front traversé d'une ligne pensive.
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MessageSujet: Re: Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)   Dim 6 Déc - 15:31

Hum, resituons les choses pour aider le lecteur égaré à bien s'y retrouver. Voici Maurice, penché par dessus une sauce qui a évité de justesse de finir en carbone et s'avère juste originalement caramélisée. Le cuisinier en semble d'ailleurs fort satisfait. Il met la sauce à frémir sur feu doux et reporte son attention sur la viande qui accompagnera le repas des officiers de ce soir.

Ce faisant, il tombe nez à nez avec la poubelle contenant les déchets de saucisses - les marmitons, trop captivés par le duel verbal entre le cuisinier et le capitaine, ayant omis de s'en occuper - perdues pour tout le monde, à moins de prendre la soldatesque pour de vulgaires chiens et leur refiler des saucisses léchées/reniflées/piétinées (rayez la mention inutile) par un Fennec d'une hygiène discutable. Par contre, peut être que ça pourrait nourrir les dragons ? Non, ils trouveraient ça vexant, même s'ils mangent comme quatre.

Avec forces vitupérations, il demande aux marmitons d'aller récupérer l'équivalent d'une semaine de repas d'un capitaine dans les réserves - ce qui ne représente pas grand chose, les repas des officiers étant généralement préparés à partir d'aliments frais dans la mesure du possible, alors que la ration des soldats se contente du strict minimum, même si les talents de Maurice donnent l'impression de manger dans un restaurant de luxe quand il est pourtant question de saucisses et de patates. Bref, l'équivalent s'avère donc être une ration de patates supplémentaires qui devront combler d'une façon ou d'une autre le manque dramatique de saucisses.

Un rapide calcul - je vous ai déjà dit que Maurice n'était pas totalement imbécile en dépit des apparences, même si la majorité de ses capacités intellectuelles se concentre sur l'art de bien faire la cuisine - lui permet d'estimer la nouvelle répartition des stocks pour la semaine à venir. Le capitaine Galerne - un marmiton plus malin que la moyenne l'a renseigné sur l'identité du lanceur de gants - devra se contenter des mêmes rations que ses soldats pour les jours qui vont suivre.

Reste le problème des gants.

Maurice est bien tenté de mettre son idée à exécution - les cuisiner - mais cela lui semble néanmoins peu avisé. D'une part parce que l'intendance risque de piquer une crise si on leur annonce qu'on cuisine l'équipement vestimentaire du personnel, d'autre part parce qu'il s'agirait d'une grave entorse à sa nature de cuisinier de préparer un plat impropre à la consommation - sinon il n'aurait pas fait jeter les saucisses - et enfin, il lui semble vaguement que la tentative d'empoisonnement d'un officier pilote risque de porter préjudice à sa carrière. Un préjudice durable. Voire éternel.

Bref.

- Bon, vous savez ce que vous avez à faire, allez, ouste ! fait Maurice, avant de s'emparer d'un marmiton germanophone (ou francophone, en fait, le cuistot étant allemand parlant couramment le français avec un accent compréhensible par tous, mais du point de vue de Maurice, ça en fait un germanophone, cela dit, je crois que cette parenthèse s'éternise, pas vous ?) par le col. Surpris, le jeune homme en fait tomber son calot.
- Oui, chef ? pépie-t-il d'une voix étranglée (bah oui, tenu par le col comme il est, il a un peu de mal à respirer)
- Tu as entendu ce que le gugusse a dit tout à l'heure, oui ?
- Le... gugusse ?
- Le capitaine Galerne.
- Ja. J'ai entendu, oui.
- Et tu l'as compris ?
- Ja. Le chef Eisen l'a expliqué ensuite, chef.
- Ces sottises étaient une explication ?
- Ja, chef. Le capitaine Galerne vous a lancé un défi. Au sabre. A 21h. Ce soir. Vous pourriez me lâcher, chef ?
- Ah, oui.

Maurice lâche le malheureux marmiton qui reprend son souffle avec soulagement. Un défi au sabre ? Une bagarre, en somme. Il sait pas se battre normalement, le zigoto ? Et puis où veut-il que Maurice se trouve un sabre dans sa cuisine ? Les sabres ne font pas partie de l'équipement normal d'un chef cuisinier, fut-il dans l'armée. D'autant que de toute façon, il ne saurait pas s'en servir.

- Ô bonne mère, il pouvait pas se limiter à une bonne bagarre bien de chez nous, heing ? Il faut qu'il raconte des sornettes à propos de sabre ? Et pourquoi les gants ?
- C'est pour vous provoquer en duel, je crois. Chef Eisen ! Vous voulez bien réexpliquer le coup des gants ?

Le deuxième chef, qui s'occupe de vérifier que les marmitons font un travail digne de ce nom, s'approche aussitôt, comme s'il écoutait la conversation d'une oreille depuis le début. C'est un allemand grisonnant d'une cinquantaine d'années qui comprend parfaitement le français, mais le parle terriblement mal. Bien que ses opinions en cuisine divergent souvent de celles de Maurice, il est bien obligé de reconnaitre que malgré les différences culturelles et culinaires des deux pays, Maurice parvient toujours à combler la population allemande de la base avec ses recettes. Le seul problème étant que sa manie de cuisiner des plats agréables au palais pour tout le monde augmente considérablement la facture. Et si l'intendance n'a rien à redire tant qu'elle bouffe bien, l'Armée avec un grand A ne s'intéresse aucunement à l'aspect culinaire de la vie à Sarnand, d'où un budget non extensible, d'où un perpétuel combat entre la "bouffe fadasse à l'allemande" (qui est, en réalité, la ration normale d'un soldat français ou allemand : des légumes bouillis avec un peu de viande flottant dedans) et la "bonne cuisine française" (qui s'avère être un miracle réalisé à partir d'aliments pas toujours de haute qualité et des épices et herbes diverses et variées qui quant à elles sont difficiles à trouver et surtout coûteuses)

- Qu'est ce que vous voulez que je dise à ce sujet ? C'est un défi, c'est tout.
- Mais il doit les rendre ?
- Aucune idée, tout ce que je sais des duels, c'est que ça finit généralement par des blessés pour des raisons idiotes.
- Oh ! les interrompt Maurice. C'est fini vos chinoiseries, là ?
- C'est de l'allemand, chef Barrère.
- C'est pareil. Bon, si j'ai bien compris, on doit aller se taper dessus à 21h à coups de sabre. J'ai pas de sabre, je prendrai un gros couteau, un pas trop neuf, parce qu'ils sont pas faits pour ça, et s'il est pas content on ira aux poings, c'est moins nocif. Mais...
- Il a oublié de dire où aurait lieu le duel.
- Ô, bougre d'âne, tu vois pas que je parle là ? T'as du persil dans les oreilles ?
- Chef Barrère, vous comprenez l'allemand ?
- Non.
- Ah bon... Pardon pour l'interruption.
- Bon, faudrait que quéqun aille lui dire qu'on sait pas quoi faire ensuite. Toi, tu vas y aller. Et aussi apporte lui le sac de saucisses, là, comme ça son bestiau ira pas se servir ici. Le prochain poilu que je vois passer dans ma cuisine, je le plume !
- A commencer par vous ?
- DÉGUERPIS, OU C'EST TOI QUE JE PLUME !

Le marmiton s'exécute, bien content de pouvoir sortir des cuisines un moment, c'est que sentir une odeur de nourriture en permanence sans pouvoir y goûter, ça finit vite par devenir frustrant.

Restés seuls, les deux chefs cuisiniers se lancent des regards circonspects.
- Vous comprenez bien l'allemand quand ça vous arrange
- Comprends rien à votre charabia, peuchère, grogne Maurice en retournant à ses sauces et herbes de Provence.
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Running after Fennec (Vendredi 25 Avril)

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