Comme des enfants (1er mai 1941)


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Comme des enfants (1er mai 1941)

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MessageSujet: Comme des enfants (1er mai 1941)   Dim 25 Oct - 15:20

Un jour férié ! Tu parles ! Timothée était bel et bien au travail et il n’avait même pas eu sa matinée. Pourtant ça aurait été bien de pouvoir offrir un brin de muguet à certaines personnes de sa connaissance. Mais non, Madame Manon avait été claire là-dessus. Il était hors de question que Tim aille flâner ce matin là, il avait du travail. Il n’avait pas compris pourquoi parce que d’habitude il pouvait aller flâner comme bon lui semblait du moment qu’il avait pris un bain.

D’ailleurs en ce jour radieux, il en avait pris un et il avait mis de beaux habits pour servir les clients. Des rires se faisaient entendre, le café était plein et Tim passait de table en table pour prendre les commandes que les serveuses allaient ensuite apporter. Il ne servait que rarement pour la simple et bonne raison que Madame Manon refusait de l’envoyer avec de l’alcool fort que les soldats pourraient lui faire goûter.

Il notait donc avec un soin méticuleux les commandes et passait le moins de temps possible à les transmettre pour ensuite retourner discuter avec les uns ou les autres.

Lorsque midi sonna, il soupira, plus qu’une heure avant d’avoir son après-midi et de pouvoir aller distribuer du muguet. Il avait vu un jardin rempli des clochettes blanches et comptait bien emprunter quelques fleurs au propriétaire absent depuis quelques jours. Après tout il n’en profitait pas …

Alors qu’il ramassait la pièce que venait de lui donner un soldat, il vit une personne moins grande entrer et il fit un sourire niais. Elle était là ! Bon, il ne l’attendait pas, il ne l’avait pas revue depuis la Fête des Fous, mais elle était là et il était certain qu’elle venait pour … quelqu’un d’autre que lui. Mais en même temps, les soldats ne pouvaient lutter contre Timothée, lui était jeune et eux vieux, lui était débrouillard et surtout … il lui avait offert un chaton ! Et rien que ça prouvait la place qu’il occupait dans le cœur de la jeune fille.

Bon, d’accord, Tim se faisait certainement un beau cinéma à côté de la plaque. Mais en même temps, qui ne tente rien n’a rien et il adorait tenter…

Il regarda tout autour de lui dans l’espoir de trouver une table vide et il se précipita vers Hermeline.

- Herm’line ! T’es v’nue pour m’voir ?

Oui, il avait toujours autant de tact dans ses questions mais c’était bien pour cela qu’on l’aimait non ?

- Allez viens, j’t’installe à not’ meilleure table. T’veux d’poule au pot ? C’moi qu’t’invite !

Oui, Tim était un galant homme et il savait que ça se faisait d’inviter les filles. Donc il allait en profiter. Cependant il était possible qu’elle refuse.

Aux côtés des enfants, les soldats commentaient bruyamment les nouvelles concernant la disparition prochaine des œufs de Sarnand. Mais Tim ne les écoutait pas vraiment, toute son attention était portée sur la jeune fille en face de lui.
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Dim 25 Oct - 19:42

Le premier mai était une journée pleine de contradictions. La partie Pelous de son arbre généalogique _ abreuvée du sang du vil patronat, bercée du récit de la lutte sans merci de la masse ouvrière contre le grand capitalisme, nourrie de la vindicte des humanistes des lumières contre la religion opium du peuple _ se heurtait violemment à la partie Libberecht/Von Lichtenstein/Sainte-Marie-des-Oiseaux.
Hermeline avait donc résolu de ne s'engager dans aucune discution à ce propos. Considérant que le mieux était encore de ne rencontrer personne, elle avait tour à tour décliné les invitations à manger de tous ses oncles et tantes, de son grand-père et même de ses parents, prétextant un repas au pensionnat qu'elle avait décider de ne surtout pas honorer de sa présence. Il faut dire que la messe obligatoire de ce jeudi matin, où le sermon avait longuement roulé sur les méfaits supposés du communisme sur les vertues chrétiennes, avait singulièrement usé les réserves de patience de la jeune fille.

Puisqu'il fallait tout de même manger, et parce-que sa chochotte de grande sœur avait encore un petit billet doux à faire passer, la blondinette avait pris le chemin de l'établissement de Madame Manon, espérant y trouver le sergent Shultz ou, à défaut, une assiette de quelque chose à grignoter.
Ignorant les regards outrés des matrones avec un mépris assumé du respect des convenances, Hermeline avait poussé la porte avec l'assurance indémontable de celle qui sait où elle va et pourquoi. Le quand-dira-t-on n'avait jamais encore bouleversé sa façon de vivre et elle était bien décidée à ce que cela continu.

Otant son béret et secouant ses boucles, la petite pensionnaire embrassa la salle du regard pour tenter d'y repérer l'astre qui faisait flamboyer le cœur de Geneviève. Si le sergent Shultz resta invisible, il n'en fut pas de même pour Tim. En fait, rien n'était plus visible que Tim. D'une certaine manière, ce garçon lui rappelait son petit frère. Il avait atteint cet âge indistinct entre l'enfant et l'homme où chaque acte, chaque parole, n'était qu'une seule et même clameur : Regardez-moi !
Mais il était sympathique, et pas seulement parce-qu'il avait eu le culot monstre de s'introduire à l'internat et la délicatesse de lui offrir un chaton.

"Bonjour Tim !" Salua-t-elle après une demi seconde passée à rechercher son prénom au fond de sa mémoire. Toutefois à sa question sur les raisons de sa présence et leur rapport supposé avec son auguste personne, Hermeline se contenta de hausser les épaules en souriant d'un air d'en avoir deux.
Le suivant jusqu'à une table, la petite jeune fille dissimula avec peine une grimace de dégout lorsqu'un soldat allemand commença à plaisanter sur le départ prochain des œufs français vers l'allemagne.

"Idioten glücklich" Siffla-t-elle entre ses dents, suffisamment bas pour passer inaperçu auprès les dineurs, mais pas suffisamment peut-être pour les oreilles de Tim qui la précédait d'un souffle.
"Je veux bien à manger oui, mais je ne suis pas sur que madame Manon apprécie que tu me fasses dinnerà l'oeil. " Dit-elle en revenant à la discussion présente. "Mais si tu as du temps devant toi, tu peux peut-être partager mon repas ?" Après tout, même les employés avaient le droit à une pause midi _ surtout un premier mai _ et rien n'était plus insupportable que de diner seule...
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Dim 25 Oct - 23:34

Conformément aux instructions que lui avait laissé Siedler, Peter était sortit de son lit pour aller poster au café de Manon la lettre de renseignements. Bien sûr, personne n'en savait rien et Peter espérait que çà reste comme çà. Même si les infos dans cette lettre étaient d'une banalité déconcertante, le simple fait de savoir qu'il était un mouchard (même petit) pouvait lui valoir des ennuis énormes, surtout au vu de ses origines. Et comme il n'avait aucune envie de se faire tuer par la résistance pour çà, autant que ce soit discret.
A ce moment même, sa mère croyait qu'il était dans son lit à se remettre de sa fièvre, pensez-vous! Ce n'était pas la première fois qu'il sortait en escaladant la façade et certainement pas la dernière. Cela dit, il avait quand même suivit les conseils de cette dernière en enroulant une grosse écharpe de laine autour de sa gorge. Son nez était encore bien rouge et son mouchoir ne lui faisait jamais bien longtemps.
Arrivé au café, il voulait déposer la lettre dans la boîte et repartir quand il aperçu, par hasard les deux compères d'il y à 15 jours à la fête des fous. Un grand sourire aux lèvres, il poussa la porte du café et se dirigea vers la table ou le couple (drôle de couple d'ailleurs) était en train de discuter. Il se planta non loin d'eux et attendit quelques secondes qu'ils tournant la tête vers son visage fendue d'un sourire.

- Salut la compagnie!
Il tendit sa main à Timothée. Quand à Hermeline, ne sachant pas s'il devait lui faire la bise ou lui serre la main, il lui fit un petit signe agrémenté d'un chaleureux sourire.
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Mar 27 Oct - 22:18

Tim était radieux, finalement travailler en ce jour férié ne s’avérait pas si désagréable s’il avait la compagnie d’Hermeline. Parce que tout de même, elle était gentille et assez délurée pour être finalement assez proche de lui. Et puis en plus, avoir une amie c’était en général un assez bon point de départ pour avoir une petite amie. Et dans ce domaine, Tim était plutôt intéressé par les opportunités que cela pouvait offrir. Après tout, si tout le monde en faisait tout un plat, c’était que cela apportait quelque chose.

Elle se souvenait de son nom et elle l’accompagna même jusqu’à la table. Ensuite elle prononça deux mots en allemand et il ne comprit pas immédiatement pourquoi elle le trouvait idiot. Mais ensuite, il écouta les discours des voisins et il fronça les sourcils. Ce n’était pas bien ça de priver les gens de leurs œufs.

Mais bon, la discussion n’était pas à ce niveau, c’était fait pour trouver un moyen d’offrir un plat à la demoiselle. Et quand elle refusa sous prétexte qu’elle ne voulait pas se faire inviter par Madame Manon, Tim faillit répéter à nouveau sa phrase, ce n’était pas la patronne qui l’invitait, c’était lui avec son argent à lui !

Et alors qu’il allait lui demander de patienter un petit peu, un autre compère arriva. Un compère emmitouflé dans une écharpe que Tim ne savait pas s’il devait être heureux ou non de la venue. Parce que tout de même, il ne désirait pas être méchant avec Peter, mais bon … Hermeline pour lui tout seul c’était mieux.

Il répondit à la poignée de main et tira une chaise supplémentaire pour le nouveau venu.

- Salut Pet’. Qu’est-ce t’fous là ?

Oui, il pouvait tout de même poser la question. Et alors qu’il voyait qu’on l’appelait à une table voisine, il grimaça. Laisser les deux tous seuls ce n’était pas une grande idée, si jamais l’autre garçon s’avisait finalement de lui voler la compagnie de la jeune fille ! Ah ça non ! Surtout que tout de même, Tim se lavait maintenant !

- J’reviens, j’suis encore d’service un ch’tit peu. Z’attendez moi et j’vous donne à bequ’ter. Et Pet’ t’approche pas trop d’Herm’line, faut pas qu’tu lui r’files ta crève.

Il s’éloigna non sans jeter un regard noir aux quelques buveurs éméchés qui parlaient encore des évènements de Sarnand et du départ prochain des œufs. Comme si cela pouvait les regarder. Et … une minute …

Tim courut vers la table où on l’appelait et il fit un grand sourire aux soldats qui lui commandaient de quoi apaiser leur grande soif. Il en profita pour leur parler un petit peu.

- Alors d’la bière et c’s’ra tout ? Et alors il parait que vous allez déménager les œufs ?

Oui il pouvait faire signe à une serveuse que c’était la commande habituelle pendant que le soldat lui répondait. Et puis, il ne risquait rien à parler… Le soldat, il le connaissait assez pour savoir qu’il allait lui donner des informations s’il en avait le droit.
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Mer 28 Oct - 1:00

Pendant qu'elle suivait avec docilité son guide, Hermeline déboutonna sa veste et desserra le foulard qui ceignait son cou, en soupirant d'aise. Certes elle faisait un peu plus débraillée ainsi, mais ce n'était pas comme si quelqu'un ici allait trouver à redire sur sa façon de porter l'uniforme de Sainte-Marie : Le coquet estaminet de madame Manon était peut-être le dernier endroit à Montreuil où on pouvait risquer de croiser une des sœurs de la vénérable institution.
Se débarrassant d'un coup d'épaule de la besace qui lui battait les reins, la jeune fille ne remarqua pas immédiatement l'arrivée de Peter, trop occupée à tentée de se débarrasser des lanières de son sac. Ce n'est que lorsqu'il clama sa présence et échangea une poignée de main avec Tim, juste sous son nez, qu'elle leva les yeux et se fendit d'un sourire et d'un petit coucou de la main.

"Bonjour Pet' !" Dit-elle chaleureusement, mimant l'accent proprement terrifiant avec lequel Timothée venait d'écorner le prénom du nouveau venu. "Tu manges avec nous ? Ne t'en fais pas, je suis immunisée aux rhumes. Ma grande sœur les attrape tous sans exception et en fait profiter tout l'internat." Plaisanta la blondinette, juste avant de tourner un regard interloqué vers Tim. Non pas que sa façon de faire le service mérita une nomination, mais quelques mots de sa conversation lui firent dresser l'oreille.

Posa une main sur la poitrine de Peter, elle le poussa légèrement mais avec autorité, dans le but affiché de le faire reculer jusqu'à la chaise la plus proche. Elle-même s'assit juste à coté, de manière à garder un œil inquisiteur sur la suite des évènements.
"Tu savais toi, que Tim parlait allemand ?" Chuchota-t-elle dans un sourire, sans presque desserrer les lèvres, signe d'une grande pratique du bavardage au deuxième rang durant la classe.
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Ven 30 Oct - 14:02

Une fois qu'il avait serré la main à Tim, Peter les remis dans ses poches, bien au chaud. Hermeline était assise â côté et bien plus habillée que quand il l'avait vue au pensionnat. Il lui adressa un grand sourire quand elle s'appliqua à écorcher son nom du mieux qu'elle pouvait. Peter ne trouvait pas ça bien agréable mais venant de Tim, il pouvait excuser et Hermeline le faisait pour plaisanter alors pas de quoi prendre la mouche, loin de là...
Quand Tim lui demanda ce qu'il faisait là, Peter grimaça et ne répondit pas, il n'avait d'ailleurs pas eût à répondre puisque le soldat à côté l'appelait pour une commande. Sauvé par le gong comme on dit non? Juste après, la remarque de Tim à propos de ne pas lui refiler sa crève le fît presque éclater de rire, comme s'il n'avait pas encore remarqué que ce dernier était entichée de la jolie blondinette. Peut importe, même si cette dernière était très séduisante, le cœur de Pet' était déjà prit pour le moment, donc rien à craindre de ce côté là.
Tout comme Hermeline, il resta interdit quelques secondes quand il entendit Timothée s'exprimer dans un Allemand presque parfait avec l'autre soldat, bonne hachure de la langue, bon vocabulaire, on aurait pût croire qu'il était natif. Il fût sortit de ses pensées par la main d'Hermeline qui le projeta sur la chaise qui grinça sous son poids brusquement abattu sur ses quatre pieds frêles. ce n'était pas spécialement fort, mais le poids plume qu'était Peter avait été déséquilibré, de pus l'effet de surprise avait parachevé de le faire tomber sur la chaise. Il tourna la tête vers Hermeline en fronçant ses sourcils d'un air de dire "yaurait pas eut de chaise c'était pareil." Mais il lui pardonnerait très vite. Une fois qu'elle lui aût posé la question, il haussa les épaules en levant les mains paumes vers le ciel.

- Je savais qu'il avait des notions, mais de là à parler si bien... Non, je le savais pas.
Après une courte pause, il choisit de dévier la conversation sur elle, car il savait peut de chose à part qu'elle se nommait Hermeline.
- Et toi? Tu dois connaître l'Allemand non? Vous en faite au pensionnat ou c'est plutôt l'Anglais?
Il était bien sûr loin de se douter qu'en plus de parler Français encore mieux que lui, elle connaissait aussi l'Allemand. Et encore plus loin de se douter qu'elle était fille d'un haut responsable Allemand.
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Sam 31 Oct - 15:16

Interroger ainsi un soldat allemand pouvait être dangereux, mais Timothée n’avait peur de rien et il n’allait pas se laisser impressionner par l’air peu commode de l’homme. Mais après tout, qu’est-ce qu’il risquait, certainement rien de plus que lorsqu’il avait été initié au maniement des armes ou bien lorsqu’il avait tapé sur un soldat allemand. Bon, c’était un Flieger de son âge mais c’était un allemand quand même.

En tout cas, il semblait à Tim que la bière avait un effet relaxant sur le soldat qui devait se dire que finalement il pouvait bien parler un petit peu au gamin qui ne satisfaisait que son insatiable curiosité. Il haussa d’ailleurs les épaules et répondit rapidement et très évasivement.

- Je ne sais pas, ils vont partir c’est tout.

Il haussa à nouveau les épaules et se concentra sur sa bière. Tim lui fit un grand sourire avant de retourner avec les deux autres adolescents. Il fit un signe à l’une des serveuses pour lui signaler que finalement il prenait sa pause dès maintenant et qu’il avait faim. Avec de la chance, il allait être servi assez rapidement.

- Bon alors d’quoi qu’vous causez ? Z’dites pas d’mal d’moi j’espère parce que s’non j’vais d’voir sévir !

En l’occurrence, les sévices auxquels Tim pouvait avoir recours se divisaient en deux selon la personne qu’il devait punir. Pour Peter, une bonne bagarre puisqu’ils n’avaient toujours pas eu l’occasion de la faire. Et pour Hermeline, qui était une gentille jeune fille, quelques chatouilles feraient l’affaire. Le comportement ne serait pas celui qu’on attendait d’un gentil garçon mais il s’en fichait.

- Et z’avez entendu causer d’z’œufs d’dragon ! C’bête j’aurais bien aimé d’pouvoir voir un bébé dragon.

Oui, il n’allait pas en dire plus au beau milieu de la conversation, déjà il fallait savoir ce que les deux autres en pensaient avant de continuer à parler. Mais surtout, ils devaient s’isoler quelque part où ils ne seraient pas dérangés et pas écoutés par des soldats allemands qui comprenaient pour la plupart le français.

En parlant de compréhension de la langue, il n’avait aucune idée de ce que les deux autres avaient pensé de sa maîtrise de l’allemand. Mais bon, qu’est-ce qu’ils imaginaient, qu’il servait les clients avec un accent à couper au couteau sans rien comprendre. Il avait de plus en plus de vocabulaire et de moins en moins de vocabulaire imagé… enfin bon c’était Tim tout de même, donc les grossièretés n’étaient jamais bien loin sous la surface.
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Mar 3 Nov - 21:04

Les questions de Peter étaient légitimes, mais Hermeline fit une petite lippe et haussa les épaules lorsque le sujet de sa germanophonie fut abordé.

"C'est ma langue paternelle... Je le parle mieux que je ne l'écris mais avec l'occupation, je fais des progrès fulgurant." Lâcha-t-elle finalement, presque en s'excusant. Si elle réussit à garder un air détaché, elle bouillait intérieurement de rage. Jamais elle n'avait eu à avoir honte de cette partie allemande de son identité, jamais jusqu'à ce que le nain aux talonnettes gammées ne déclenche cette guerre !

Tendant imperceptiblement l'oreille vers la conversation en cours, la blondinette plissa son petit nez de déception en entendant qu'elle n'aurait aucune information supplémentaire sur le vol des œufs. Tournant son regard vers Peter comme pour lui demander d'appuyer son discours, elle posa une main sur son cœur et prit son air le plus innocent avant de répondre à la boutade de Tim : "Voyons, dire du mal de toi ?? Jamais ! Au contraire, on était en admiration devant ta maitrise de la langue de Goethe..." Minauda-t-elle avant de lui laisser une place à table.

"Tu sais, même s'il avait su quelque chose il ne t'aurait rien dit." Dit-elle en jetant un regard très moyennement amical au soldat. "Ils ont beau l'emballer avec des mots comme rétribution, compensation et autres mots en -tion, ça reste du vol pur et simple et il le sait. On est pas près de revoir un bébé dragon à Sarnand après ça..." Marmonna la jeune fille en se renfrognant, baissant le ton pour que son petit pamphlet ne soit plus audible que par ses deux compères.
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Mer 4 Nov - 23:46

Peter écarquilla les yeux et fît un grand sourire pour accompagner le tout une seconde plus tard.
- Ben çà alors... Qu'elle coïncidence je suis exactement dans le même cas! Enfin tu devais t'en douter, c'est pas très Français Peter Fischer.
Malgré qu'il savait maintenant qu'elle parlait aussi bien que lui, il aurait pût tenter la conversation en Allemand mais après tout il était Français en France, çà lui faisait de l'entraînement et pour finir ce n'était pas très correct vis à vis de Timothée... Même si ce dernier n'avait pas été correct du tout au pensionnat en arrachant sa serviette à la jeune co-disciple d'Hermiline.
En tout cas il n'eût pas à à se concentrer très fort pour saisir chaque mot de la conversation entre Tim et le soldat non sans tirer une légère grimasse de déception à sa réponse décevante bien que prévisible. Il accompagna en revanche d'un grand sourire plein de malice l'affirmation d'Hermiline à Timothée.

- Mais voyons, jamais on se permettrait de dire du mal sur toi voyons! yaurait si peu à dire!
Peter était à moitié mort de rire, peut-être allait-il s'en prendre une mais t'en pis, fallait bien s'envoyer des vannes de temps en temps!
Il retrouva en revanche tout son sérieux quand ils abordèrent le sujet des dragons.
- C'est dégueulasse. et encore on s'en tire pas trop mal, en Belgique ou je sais plus où ils fusillent je sait pas combien d'innocents en représailles à un cocard. Et le pire c'est qu'ils essayent de se faire passer pour magnanimes.
Peter s'arrêta, interdit pendant de nombreuses secondes avant de reprendre.
- C'est exactement pour ce genre de choses que mes parents se sont barrés d'Allemagne... Je sait pas ce que çà donne à Moscou mais je suis sûr que les Nazis sont certainement les pires...
Il n'y avait qu'à voir de qu'elle manière ils étaient fiers d'exhiber leur haine et leur cruauté dans leurs grandes autodafés, défilés, camps... C'était définitif, Peter ne pourrait jamais adhérer, même de loin aux idées nazies.
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Dim 8 Nov - 15:44

Timothée faillit demander qui était ce Goethe dont elle lui parlait mais il n'en eut pas le temps que déjà les deux autres commentaient à haute voix ce qui se passait avec les oeufs de dragon ! Mais ils étaient fous d'en parler comme ça au beau milieu d'un café encombré d'allemands. Bon, il allait devoir prendre les choses en main quand leurs envies vengeresses se seraient apaisées. Parce qu'il n'y avait pas à dire ce n'était pas une façon de faire alors qu'il les invitait à manger.

Il regarda Peter qui osait dire du mal de lui alors que lui … en faisait autant. Il lui donna une claque derrière la tête et lui tira la langue. C'était bien fait ! Il se tourna ensuite vers Hermeline et décida que oui, il allait faire ce qu'il avait prévu et tant pis si jamais les bonnes âmes trouvaient à y redire.

- J'ai fini m'service, v'voulez pas aller d'ma chambre pour causer et bequ'ter un truc tranquille ?

En l'occurrence, Tim voulait surtout d'Hermeline dans sa chambre, mais bon Peter ne semblait pas si dangereux que ça pour ce que le garçon avait en tête, à savoir tenter d'obtenir un bisou de la demoiselle. Car oui, qu'ils parlent des oeufs lui déplaisait parce qu'ils étaient sous les yeux de tout le monde, mais pas parce que le sujet était sensible pour lui. Ce n'était pas normal mais tant pis. Ce qu'il voulait surtout c'était comprendre ce qui se passait dans la tête de la demoiselle à son sujet.

Car avouons le, que pouvaient bien valoir quelques oeufs de dragon face au sourire d'une jeune fille ? Rien n'est-ce pas ! Mais si pour avoir droit à ce sourire, et plus si affinités, il fallait aller au devant d'ennuis, ce n'était pas problématique du tout.

- Bon d'toute façon z'avez pas l'choix, j'vais nous chercher c'qui faut et vous me r'touvez au pied d'l'escalier là bas !

Oui, par ce que les regards commençaient à se porter sur eux et que Tim n'aimait pas ça du tout ! Donc … il allait faire en sorte de les éviter. Il se dirigea vers les cuisines et regarda ce qu'il pouvait prendre. Un plateau avec trois assiettes, des couverts et des verres, on ajoutait une carafe d'eau et un saladier avec de la poule au pot et hop, c'était partit.

Quelques minutes plus tard, un Timothée bien chargé arrivait au pied de l'escalier et espérait que les deux autres seraient là aussi. Après tout, ils allaient seulement manger dans sa chambre … et peut-être parler d'oeufs ...
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Dim 8 Nov - 21:18

Peter avait du mal à comprendre l'agitation de Tim, un café bourré d'Allemands... Bon d'accord, mais quand il avait vu le temps qu'il lui avait fallut pour apprendre le Français, il doutait que les messieurs autours ait pût piger ne serait-ce qu'un quart de la conversation en seulement une année de pratique...
- Hé!
Peter ronchonna en se massant la nuque de la main droite après qu'il l'ait tapé. Mais c'était une vraie manie chez lui! En tout cas, Peter appréciait de moins en moins la plaisanterie bien qu'il essayait de sourire un peu jaune pour ne pas dépeindre. En tout cas, une chose de plus à ajouter à la liste des saletées qu'il lui avait faites. Pas de doute, le moment venu, sa vengeance allait être terrible! MUHAHAHA!!
- Pourquoi aller dans ta chambre, on est ici chez nous non?
Il avait dit celà plus bas car c'était quand même une attaque directe. Par contre une idée lui avait traversé la tête, se venger en le grillant avec les Allemands qu'il avait l'air de tant apprécier en un tonitruant "c'est pas toi Tim, qu'à dit que tous les schleus étaient des grosses schiesses?!!" mais il résista. Déjà parce qu'il avait assez d'esprit d'analyse pour se rendre compte que ça pourrait leur attirer des emmerdes énormes, que Tim lui en voudrait à vie (il avait pas envie de se faire un ennemi, il en avait assez au collège qui le tritaient de schleu en scandant "la France aux Français" ) et surtout, même passés ses deux "détails", il ne pouvait se résoudre à faire une telle saloperie.
Une fois que leur compère eût disparut dans la cuisine, Peter se dirigea vers l'escalier avec Hermeline.
- Alors comme çà t'es Allemande aussi? Racontes-moi çà.
Bien sûr, il avait prit un ton très bas pour ne pas se faire entendre par les messieurs aux alentours. Une fois Tim revenu, il alla à sa rencontre.
- Un p'tit coup de main peut-être?
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Sam 14 Nov - 18:20

[HRP : Pardon pour le retard, problèmes de connexions...]

Hermeline leva un sourcil interrogatif quand Peter lui avoua ses origines. Si en effet Fisher n'était pas un nom particulièrement typique de la France profonde, le pays Montreuillois était assez proche de la frontière pour que cela passe pour une simple idiosyncrasie locale. Elle aurait bien répondu, mais le feu follet qui leur servait de mentor en ces lieux venait de revenir, leur proposant un changement de crèmerie.

"Moi ça ne me dérange pas. Ici il n'y a personne pour aller cafter aux sœurs..." Annonça la jeune fille en se levant de son siège. Posant l'index sur la bouche de Peter, elle haussa les épaules pour lui signifier de laisser couler et de ne pas trop insister sur la légitimité du sol et accessoirement de celle des locaux de Madame Manon. "Inutile, ils ont le cerveau confit dans leur égo comme des cornichons dans leur vinaigre... Tu t'attirerais des ennuis s'ils t'entendaient." Chuchota-t-elle d'un air blasé.

Acquiesçant au programme de Tim, la blondinette emprunta l'escalier avec Peter qui en profita pour revenir sur leur généalogie comparée.

"Disons que je suis allemande à mi-temps... Chez mon père et dans sa famille, je suis teutonne jusqu'au bout des ongles ; Mais chez les Pelous et avec maman je suis plus française qu'une danseuse de french-cancan aux folies-bergères !" Expliqua Hermeline sur le même ton, assez discrète pour que les soldats alentour n'entendent qu'un vague murmure indistinct. "Le drame c'est que mon père est dans l'armée et que ma mère est du genre patriote... L'ambiance familiale est globalement pénible, d'où mon incarcération chez les bonnes sœurs."

Les confidences furent stoppée nette par l'arrivée d'un plateau surchargé derrière lequel disparaissait Timothée.

"Je ne suis pas très épaisse, mais je peux aider aussi !" Dit-elle en soulageant le porteur d'une carafe et d'un panier à pain. "Allez, montre-nous le chemin !"
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Lun 16 Nov - 23:44

Tim regarda les deux autres et leur fit un sourire avant de répondre tout d'abord à Hermeline car il était un garçon poli et bien élevé … hum … car il voulait draguer ouvertement la demoiselle dans l'espoir d'avoir le droit à un bisou.

- Merci Herm'line, t'trop chou t'sais !

Puis, il passa à Peter qui lui n'avait rien pris mais avait proposé son aide. L'air qu'il avait sur le visage devait certainement être de quoi faire peur à toute personne normalement constituée. Car oui, Tim ne désirait rien de plus que de montrer que lui pouvait faire des choses que Peter ne pouvait pas dans l'espoir secret que la demoiselle remarque qu'il était le meilleur parti pour un flirt avec lui.

- Ben j'sais pas s'tu vas p'voir porter quequ'chose, t'sais avec ton rhume et tes p'tits bras. Mais bon, prend l's'assiettes et l'fait pas t'ber, j'veux pas m'prendre une rouste d'ta faute.

Il partit dans un grand éclat de rire et monta les escaliers dès que Peter se fut servi des assiettes. Puis, arrivé devant la porte de sa chambre, il l'ouvrit avec sa délicatesse habituelle. A savoir qu'étant donné qu'il avait les deux mains libres, il donna un bon coup de pied dans la porte qui s'ouvrit en grinçant de mécontentement. Là, sous les yeux curieux et ébahis des deux acolytes, la chambre de Tim fit son apparition.

Tim étant un adolescent, la chambre ne pouvait pas être bien rangée. Et Tim n'étant pas un modèle de soin et de propreté, cette dernière ne pouvait pas être particulièrement propre. Donc, sous les yeux des deux autres, un lit défait, des caleçons et des chaussettes sur le sol, des livres également un peu éparpillés dans toute la pièce, une armoire ouverte avec des tas de linge en vrac, des papiers comme rescapés d'une tempête et une petite table avec des cailloux et des crayons.

C'est vers cette dernière qu'il se dirigea et qu'il posa son plateau en envoyant valser les cailloux sur le sol. Il regarda autour de lui avant d'inviter, grand seigneur, Hermeline à s'installer sur son lit.

- T'peux t'mettre sur mon lit s'tu veux. Pet' t'm'attends, j'vais nous ram'ner d'chaises pour qu'on s'pose.

Il alla en courant chercher les chaises dans la chambre d'à côté et il les ramena en les trainant sur le sol. Puis il tira la table devant le lit et il s'installa.

- Bon allez j'vous sers ! Donnez moi vos auges ! Ah ! Merde ! J'ai oublié d'fermer la porte. Pet' t'sers la dame soit poli.

Il parti fermer la porte avec le verrou, seule chose capable de maintenant la porte fermée convenablement et il revint en souriant.

- Et maintenant on parle des oeufs !
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Mar 17 Nov - 22:21

Les mains dans les poches le temps que Timothée fasse son monologue à Hermeline, il haussa un sourcil et esquissa une légère grimace quand ce dernier lui fît son air à faire peur. D'autant plus qu'il ne comprenait pas vraiment pourquoi il lui faisait çà, peut-être pour dire "chasse gardée" sur Hermeline. Certes la jeune fille était très belle mais Peter avait déjà une autre jeune fille en vue, et il y en avait de toute façon suffisamment sans essayer de piquer celle des autres non? Par contre il fronça les sourcils d'un air sévère quand Tim lui tendît les plats...
- p'itits bras, p'tits bras... J't'en foutrais moi des p'tits bras. Ben tu sait quoi? Tu le monte tout seul ton plat! na!
C'est vrai çà? Pourquoi? Encore une question de Peter, susceptible, continuait de se poser. Le problème c'est qu'il venait déjà de monter les marches 4 à 4 plié en 4 justement. Donc comme Peter n'était pas contrariant, il ramassa les assiettes en marmonnant dans sa barbe toute sorte de qualificatifs Allemands peu glorieux.
Une fois arrivé en haut, il fût tout de même assez surpris de vir ce que pouvait être le bordel que Tim appelait une chambre. Bon c'est sûr, Peter lui même n'avait jamais été maniaque mais quand même! Ya des limites à tout! Mais il se rappela plus tard que le fameux Timothée n'avait pas de parents, ce qui expliquait des tas de choses... Il aurait presque pût avoir pitié pour lui mais l'envie de lui foutre des baffes empêchait ce genre de sentimentalisme envers ce dernier. Il posa donc les plats sur la table tandis qu'il allait chercher les chaises et tandis qu'il fermait la porte, il entreprît d'être poli envers Hermeline ET envers Timothée. Pourquoi cette gentillesse? Elle fût immédiatement justifiée.

- T'a raison, soyons galant envers les gonzesses
Dit-il tandis qu'il versait un peu de bouillon dans l'assiette de Tim avec un immense sourire. Comme il s'y attendait, il baissa la tête juste au moment ou la tape derrière le crâne arrivait.
- Tu ralentit!
Une fois lui-même servit, il s'essaya et répondit à Tim avant de mettre un morceau de poulet bouillit dans sa bouche.
- Qu'est-ce que tu veut qu'on en dise? J'trouve çà dégueulasse comme 95% des gens de cette ville mais... Qu'est-ce qu'on peut y faire?
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Jeu 19 Nov - 23:28

Même encombrée d'un pot-à-eau et d'une panière à pain, la petite blondinette avait encore assez d'aisance pour effectuer une petite révérence en remerciement du "chou" dont elle venait d'être qualifiée. Souriant au concours de mauvaise foi dont la régalaient ses camarades, elle emboita le pas des garçons qu'elle suivit jusqu'au repaire de Tim.
Une fois entrée dans la pièce, Hermeline se sentie soudain très tentée de ressortir, juste histoire de vérifier qu'elle avait bien passé le seuil d'une chambre et non le portail d'une étable... Ouvrant grand la bouche de stupéfaction, elle tenta de se souvenir si une fois seulement dans sa jeune existence, elle avait aperçue un tel degré de panique, mais force fut de constater que non. Pas même dans la vieille remise abandonnée de l'oncle Léonard et pourtant, Dieu seul savait combien le brave homme s'appliquait à ne jamais rien ranger.
La chambre, puisqu'il fallait bien la nommer ainsi, semblait être le théâtre d'une guerre sans merci que les objets auraient menés contre la raison et l'ordre. Et les choses avaient gagné. Il paraissait incroyable que Timothée ait réussi pareil exploit tout seul : Une telle maestria dans l'application visionnaire de la théorie du chaos aurait pourtant du nécessiter l'emploi, à plein temps, d'une armée de singes hyper-actif sous perfusion de caféine !

Poussant délicatement du pied un tas de vêtement, qu'elle identifia immédiatement à l'odeur comme celui du sale-mais-encore-mettable, la blondinette traversa le capharnaüm en prenant garde de ne pas glisser ou trébucher sur les cailloux que leur hôte venait de jeter au sol pour liberer une table.
La jeune fille chercha un instant le regard de Peter, juste pour vérifier à son expression si tout cela était du domaine de l'exceptionnel ou bien une valeur constante chez tout mâle humain en pleine période de transition. Les yeux que posait le troisième larron sur les lieux lui ôtèrent ses derniers doutes : Tim s'était surpassé bien au-delà de ce qui était raisonnablement attendu de la part de tout adolescent standard...

"La gonzesse n'apprécie pas forcément qu'on l'appelle comme ça... " Dit-elle sur un ton presque chantant alors qu'elle passait dans le dos de Peter pour aller s'assoir, envoyant sa petite main ricocher là où celle de Timothée venait d'échouer.

S'asseyant entre un tas de trucs et une pile de machins, Hermeline s'installa avec son assiette et commença à émietter un morceau de pain dans son bouillon en grimaçant au sujet que le feu follet venait de remettre sur le tapis. Voler des oeufs français était une atteinte à la fierté de tous et pire, cela marquerait autant de points pour son père qu'il y aurait de bébés dragons enlevés... Trop certainement pour que sa mère accepte de lui adresser la parole avant au moins l'été suivant. Si seulement il y avait un moyen de réduire le score...

"... Il faudrait les voler avant qu'ils nous les volent..." Dit-elle presque distraitement, la réponse à ses propres tourments intérieurs faisant échos aux légitimes interrogations de Peter.
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Sam 21 Nov - 16:12

Tim s'installa confortablement sur la chaise et se servit plus copieusement avant de manger sans prêter a priori une grande attention à ce que disaient les deux autres. On voyait bien qu'il faisait de gros efforts pour se tenir le mieux possible et pour être bien élevé. A savoir qu'il ne mangeait pas en ouvrant la bouche, qu'il ne parlait pas la bouche pleine, qu'il ne se servait pas avec les mains …

Il regarda les deux autres qui continuaient à pester sur la perte des oeufs. C'était bien gentil de pester, mais l'action était ce qu'il y avait de mieux et que ce soit son Hermeline qui parle lui mit du baume au coeur. Oui, tout à fait, son Hermeline ! Parce que Tim avait décidé de jeter son dévolu sur elle et il n'allait pas se lasser facilement … pour un peu, la jeune fille serait à plaindre.

- T'sais, c'pas con c'que tu viens d'dire.

Oui, Tim avait approuvé à la remarque du vol préventif. Cependant il restait assez délicat à organiser en raison de plusieurs paramètres, tout d'abord l'accès aux cavernes devait être réglementé et cela l'étonnait qu'on les laisse entrer là comme ça sans poser de question. Ensuite, l'accès même à Sarnand n'était pas garanti à Tim, ni aux autres certainement … quoi que …

- Mais pour l'faire faudrait qu'on trouve un moyen d'aller là bas sans s'faire r'fouler. Et surtout faudrait qu'on sache c'que ça fait comme taille un oeuf d'dragon.

Oui parce que c'était bien beau de vouloir les voler, mais il était impossible de se retrouver avec beaucoup d'oeufs si ces derniers étaient gros. Sans compter qu'ensuite il faudrait trouver un moyen de les dissimuler de manière efficace pour ne pas se les faire reprendre.

Bon, il y avait aussi l'aspect dangereux de la chose, à savoir qu'ils pouvaient se faire prendre. Mais cela n'était pas si grave aux yeux de Tim, il n'allait pas se montrer timoré alors que l'élue actuelle de son coeur était à ses côtés... enfin en face de lui !
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Sam 21 Nov - 23:09

Peter profita d'un court silence qui avait suivit sa déclaration pour avaler une cuillère de bouillon de poule tout en s'appliquant à ne pas faire de bruit où dans laisser tomber par terre. Non pas que le sol de la chambre de Tim craignait grand chose... Juste que c'est des règles élémentaires de courtoisie. Encore un mot dont cet ignare ne connaissait pas la signification tiens!
Pour ce qui fût ensuite d'avaler du bouillon, cela se fît très rapidement puisque qu'il manqua même de s'étouffer après qu'Hermeline ait proposé sa solution brillante au problème des œufs. Il ferma son poing devant sa bouche et toussota légèrement avant de regarder la jeune fille avec un grand sourire.

- Oui tout à fait! Il ne nous resterait ensuite que de livrer Hitler aux alliés.
Il conservait un immense sourire qu'il perdit dès que Timothée rejoignit Hermeline pour confirmer la chose. Panique, son regard se posa successivement sur Timothée et Hermeline plusieurs fois de suite avant qu'il ne retrouve sa langue.
- Non mais vous êtes pas sérieux?!! Piquer des œufs aux Allemands?
Apparemment si ils l'étaient, Peter les regarda tous les deux comme s'ils étaient des aliens.
- Même si vous êtes sérieux, vous avez pensé une seconde aux conséquences que çà pourrait avoir? Il peuvent faire fusiller des otages innocents par notre faute! Et çà c'est à supposer qu'on se fasse pas choper. Sinon ils vont nous...
Sa gorge se serra et il ne compléta pas sa phrase, trop occupé à se voir lui et les deux autres attachés à un poteau ou une corde au cou. Il posa son bolet les regarda tout les deux le plus sérieusement du monde.
- Non mais arrêtez, c'est de la folie! On parle pas d'aller mater sous les jupes des filles là!! C'est sérieux!
Il scrutait désespérément les visages de ses interlocuteurs dans l'espoir d'y percevoir une lueur de lucidité
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Dim 22 Nov - 13:47

Hermeline avait légèrement sursauté et rougis lorsqu'elle avait constaté qu'elle s'était oubliée pour parler à voix haute. Heureusement, cela n'avait pas eu l'air de choquer grand monde : Si Peter avait choisis de le prendre à la rigolade, Tim lui semblait presque enthousiaste...

"Un oeuf de léger ça tient dans un panier à linge. Mais pour les moyens c'est fichu d'avance, ils sont trop gros pour être déplacés..." Soupira la jeune fille alors que son cerveau tournait à toute vitesse, envisageant les plans les plus fous et les plus improbables pour sauver au moins ces petits œufs des mains de l'armée allemande.

Cette intense séance de brainstorming fut interrompue cependant par Peter qui, loin d'y voir une blague désormais, semblait presque horrifié par la tournure que prenait la conversation. Posant un regard presque froid sur le garçon, la blondinette plissa les yeux et leva le menton, déposant son assiette à coté d'elle pour pouvoir se redresser de toute sa faible hauteur : "J'espère bien qu'on ne parle pas d'aller mater sous les jupes et que c'est sérieux ! Tu sais que les otages, ils en fusilleront même sans nous n'est-ce pas ? Tu sais que certains de ces soldats ce conduisent pires que le dernier des bagnard et qu'un jour, l'un d'eux ne se fera pas seulement tabasser mais il se fera tuer ? Tu en a conscience n'est-ce pas ? Il n'y a pas de combats, pas de bombardements, mais c'est la guerre Peter. C'est moche, c'est sale, mais c'est la guerre, même si ici elle ne dit pas son nom..." Dit-elle presque d'une traite, serrant ses petit poings sur ses genoux à s'en faire blanchir les jointures.

Secouant la tête, la jeune fille prit une grande inspiration et se sembla se calmer, reprenant un air moins sévère et plus proche de celui qu'elle affichait quotidiennement.

"Mais tu as raison, si c'est sérieux..." Dit-elle en lançant un regard interrogatif à Timothé "...Je veux dire, vraiment sérieux, alors oui c'est dangereux. Et alors il serait normal que ceux qui ne sont pas d'accord le disent clairement pour que l'on clôture cette discution et que chacun de nous jure de n'avoir rien entendu..."
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Mar 24 Nov - 22:20

Tim haussa les épaules quand Peter le prit à la rigolade tout en proposant d'aller livrer Hitler aux alliés. Lui s'en fichait de ça, il voulait voir un bébé dragon ! Donc il allait le faire … Mais bon, si seuls les petits oeufs pouvaient être déplacés et dans de grands paniers en plus ce serait plus complexe à faire. Il regarda ensuite Pet qui comprit qu'ils avaient été sérieux, il avait peur et cela pouvait se comprendre, mais hors de question pour Tim de se dégonfler pour un prétexte aussi faux que le risque de mourir.

Hermeline expliqua alors que c'était la guerre, que c'était moche et sale et qu'ils ne devaient pas s'attendre à ne pas être en danger. Mais ça il le savait déjà, il savait exactement ce qui se passait pendant la guerre même s'il devait tout de même avouer qu'il n'avait pas vu ces horreurs. Il pouvait par contre sans aucun mal décrire la vie dans la rue avec les horreurs qui s'y rapportaient. Et ça valait toutes les guerres du monde parfois.

En tout cas elle était on ne peut plus sérieuse et Tim allait la suivre dans son idée. Ce n'était peut-être pas par instinct patriotique ou par volonté réelle de défendre les oeufs face à l'occupant, mais parce que la demoiselle allait participer et ça valait tous les courages du monde.

- T'qu'une couille molle Pet' ! J'vois qu't'a les boules et qu'tu vas t'dégonfler !

Il se tourna vers Hermeline et eut une petite grimace d'excuse, il n'avait pas été très très politiquement correct et on lui avait toujours dit que les oreilles des demoiselles étaient chastes et pures, donc qu'il devait ôter de sa bouche tous les termes orduriers et il tentait de le faire quand il y pensait !

- Oups d'solé Herm'line mais bon, si c'poltron y veut pas s'mouiller moi j'viens !

Voilà, c'était dit et il n'allait pas revenir dessus. Il restait à voir les détails et pour cela les poules mouillées n'étaient pas les bienvenues.

- Pet' j'sais pas c'que tu vas d'cider mais grouille et s'tu r'fuses tu t'casses d'ma piaule, j'aime pas ceux qu'on pas d'courage ! Pff, r'fuser alors qu'y'a une fille qui l'fait, ch's'rait toi j'retourn'rais dans l'jupes d'ma mère !

Oui, il espérait bien être énervant, que Peter soit en colère pour lui montrer si il était vraiment quelqu'un qui en valait la peine. Car mine de rien, Tim l'aimait bien ce petit gars, un peu trop gentil et propre sur soit, mais bon, on ne pouvait pas tout avoir.
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Mer 25 Nov - 0:10

Peter laissait osciller son regard entre Hermeline et Timothée, un regard sérieux et presque accusateur. Il ne s'attendait pas à ce que ce fameux regard lui soit rendu par une Hermeline plutôt en colère, et le pire c'est que ce qu'elle disait... C'était vrai... Elle s'exprima avec une droiture et une gravité exemplaire qui fît pâlir Peter, une fois qu'elle eût finit, il baissa ses yeux sur son bol de poule au pot, troublé, ne sachant plus quoi penser. Pendant plusieurs secondes les idées se bousculaient dans sa tête avant que celle de départ revienne, non, ils ne pouvaient pas faire çà. Il allait ouvrir la bouche quand Timothée le prit de court.
Dégonflé, l'attaque était plus directe mais il s'était attendu à ce genre de réaction de la part de Timothée, de toute façon à quoi s'attendre d'autre de sa part?
Cela dit, la zen attitude de Peter ne le resta pas longtemps et les provocations répétées eurent l'effet escompté par Timothée. Vexé et profondément en colère, Peter se leva et plaqua son assiette contre la table répendant plusieurs tâches de bouillon sur la table et le sol.

- Vous croyez que c'est un jeu? Que c'est du cap ou pas cap? Vous êtes cons ou quoi? comme tu l'a si bien dit Hermiline c'est la guerre et même avec toute la bonne volonté du monde aucun de nous peut y faire quoi que ce soit!!!
Il s'arrêta, une larme de rage mêlé au désespoir de ne pas pouvoir les convaincre coula de son oeil droit, il reprit sur un ton plus calme.
- Vous allez vous faire buter... Moi je sais de quoi ils sont capables... J'ai plus de père à cause d'eux. Alors ouais j'vais retourner dans les jupes de ma mère car je suis le dernier qui lui reste. Et ce que tu en pense, j'en ai rien à foutre et je t'emmerde...
Une fois qu'il eût dit çà, il se dirigea vers la porte d'un pas décidé ouvrit celle-ci et la claqua. Une fois dans le couloir, il resta appuyé sur cette dernière une bonne minute à essayer de retenir des larmes qui coulaient pendant qu'il se rappelait son père, sa mère, tout ce qu'il avait perdu à cause d'eux. Il S'apprêtait à descendre l'escalier quand il s'arrêta, se rappelant ce qu'il avait dit à sa mère, ce qu'il s'était juré, de ne pas les laisser sans tirer comme çà. De le faire en souvenir de son père. Il hésita encore 5 bonnes secondes avant que la passion ne l'emporte sur la conscience et lui fasse faire demi-tour. Il rouvrit la porte sans frapper et alla se rasseoir sur la chaise, en silence pendant que les deux le regardaient. Il passa sa main droite sur son visage et la remonta jusque vers ses cheveux, en enserrant une pleine poignée de ces derniers, comme pour se faire mal, pour essayer de se tirer du mauvais rêve. Mais comme çà n'en était pas un, il les relâcha et croisa ses mains en poussant un long soupir au terme duquel il brisa le silence qui pesait depuis déjà une bonne dizaine de secondes.
- C'est d'accord... J'en suis... Allez-y.
Déclara-t-il résigné tendant une oreille néanmoins attentive aux deux compères.
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Mer 25 Nov - 21:42

La litanie fleurie et pour le moins imagée qui s'échappa des lèvres de Tim aurait pu faire s'évanouir l'essentiel des petite protégées de Sainte-Marie, sans parler du corps enseignant. Heureusement pour Hermeline, ses chastes et pures oreilles avaient grandis en caserne, ce qui avait considérablement élevé son seuil de tolérance. Même si cela ne l'empêchait pas de rougir à l'évocation de certaines parties de l'anatomie masculine et de leur rôle supposé dans l'affrontement du danger...

Agitant la main devant elle pour rassurer Timothé sur l'état de ses nerfs après une telle tirade, elle s'inquiétait plus de l'état dans lequel allait se trouver l'heureux bénéficiaire du costume ainsi taillé. Elle avait assez pratiqué son petit frère et ses cousins pour savoir que de telles insultes risquaient fort de déboucher sur un pugilat en bon et du forme. Posant son assiette à terre, elle replia les jambes et se déplaça juste à temps pour laisser le champs libre au second round.
La tirade de Peter n'était pas vraiment ce à quoi on aurait pu s'attendre, mais cela lui serra le cœur. Elle-même n'imaginait pas de pouvoir perdre son père. A plus forte raison si ses bourreaux étaient des compatriotes, des soldats de la grande armée. Serrant les poings, La petite jeune fille se sentit soudain coupable de n'avoir pas dit que son propre papa faisait parti des forces d'occupation de Sarnand.

Ce qui la prit complètement au dépourvu par contre, ce fut la retraite de Peter. Se levant à sa suite, elle voulu l'arrêter mais suspendit son geste, cherchant du regard le soutient de Tim. Ses yeux allèrent lentement de la porte qui venait de claquer jusqu'au propriétaire de la chambre, puis firent le chemin en sens inverse, plusieurs fois, dans un silence pesant.

"Tim, tu es sur d'être vraiment son ami ?" Demanda-t-elle, stupéfaite devant cet exemple magistrale d'interaction sociale entre deux mâles humains. Mais elle fut encore plus surprise de voir la porte ramener un Peter prêt à agir.

Choisissant fort diplomatiquement d'oublier la sortie théâtrale du blondin et son non moins théâtral retour, Hermeline se rassit sagement sur le coin du lit et répondit comme si rien n'avait jamais eu lieu.

"Ce qu'il faut avant tout, c'est savoir si c'est possible : Connaitre le quand, le comment et le par qui ces œufs vont être déplacés, puis s'il est possible de faire sortir les légers sans avoir ensuite à allez se réfugier dans les alpages jusqu'à la fin de la guerre. Mon petit frère passe un temps fou auprès de Füchsin, si je cède à ses caprices hystériques de sale gosse durant une semaine, il devrait facilement m'apprendre tout ce que je veux et même au-delà, sur toute les allées et venues des dragons et de leurs équipages dans leurs étables..." Dit-elle sur un ton léger tout en se perdant dans l'inspection minutieuse de ses ongles. Restait plus qu'à espérer que les deux lascars ne cherchent pas à tirer les conclusions évidentes de ce qu'elle venait de dire.
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Jeu 26 Nov - 0:27

Oups, Tim ne se sentait pas très bien. Il regarda Peter qui commençait à avoir les larmes aux yeux et il faillit poser une main sur ses épaules. Il n'en fit rien cependant, l'autre ne voudrait pas d'un tel signe de compassion, pas après ce qu'il venait de dire et de faire pour le pousser à bout. Que l'autre ait perdu son père à cause de la guerre était terrible mais il ne pouvait pas le savoir et il décida de ne rien faire.

Par contre, après la sortie fracassante du garçon et ce que lui dit Hermeline, il fit une petite grimace et essuya la table avec sa manche pour se donner une contenance.

- C'est pour ça que je l'ai poussé à bout, il doit comprendre que nous ne sommes pas des ennemis et qu'il doit nous faire confiance. Un ami c'est fait pour crever les abcès tu ne crois pas ?

Pas une seule faute d'élocution dans sa phrase, sa voix était même un peu plus grave que ce qu'on entendait d'habitude de sa part. Mais cela renforçait le sérieux de ce qu'il avait dit. Il regarda la demoiselle, prêt à lui proposer de se retirer. Mais Peter revint et il était remonté.

Tim hocha la tête, signe évident d'acceptation, puis il regarda Hermeline qui expliquait une idée pour pouvoir trouver la meilleure date et stratégie et il haussa les sourcils. Comment diable pouvait-elle apprendre tout ça par le contact de son petit frère ? Alors ça ! S'il avait su, il aurait trouvé un moyen de tout savoir lui aussi. Mais par contre cela impliquait beaucoup de choses.

- T'qui exact'ment ? L'fille d'un soldat ? Parce que s'non j'comprends pas comment qu'tu peux s'voir tout ça !

Il avait reprit son accent déplorable, bien trop excité par la nouvelle pour faire à nouveau attention à ce qu'il disait. Il fit un clin d'oeil à Peter, un peu pour se faire pardonner et un peu pour dissiper la mauvaise ambiance qui régnait dans la pièce.

- On pourrait p'têt prendre Herm'line en otage et la r'tenir contre les oeufs alors ?

Il les regarda tous les deux puis s'assit à côté de la demoiselle et lui passa un bras autour des épaules.

- T'inquiètes ! J'plaisante, j'laiss'rais jamais personne t'faire d'mal !

Il lui fit un dernier sourire et s'approcha un peu plus, on ne savait jamais, ça pouvait mériter une récompense d'être gentil parfois.
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Jeu 26 Nov - 15:40

Une fois qu'il eût regagné sa place, Peter se contenta de garder le silence tout simplement. Ses yeux était fixés sur un point précis de la table sans pour autant regarder ce dernier. Bien entendu cet air distrait ne l'empêcha pas d'écouter la suite de la conversation.
Sa tête se redressa vite quand Hermeline évoqua la possibilité de faire parler le petit frère qui, apparemment, en connaissait un rayon à propos des dragons de Sarnand.
Timothée coiffa Peter sur le poteau alors qu'il allait demander comment cela pouvait être possible qu'un gamin haut comme trois pommes puisse être aussi informé à propos de Sarnand. Bien sûr elle était fille de militaire, comment cela aurait-il pût en être autrement pour une allemande à Montreuil? C'était d'ailleurs pour cette raison qu'il comprenait de moins en moins les motivations de cette jeune demoiselle... Il laissa aller son regard sur Tim, histoire de l'interroger du regard sur ce qu'il en pensait. C'était uniquement cela qui l'intéressait et nullement l'espèce de compassion exprimée en clin d'œil que lui adressa le garçon. Peter resta de marbre et lançant un regard froid avant de carrément le détourner des deux, son état d'esprit du moment était à la haine et Timothée allait devoir faire bien plus qu'un simple clin d'œil pour changer cela.
Justement, le premier pas arriva peut de temps après quand il prit à la rigolade ce que Peter prenait pour une énorme tare : en proposant d'enlever la jeune fille contre rançon. Malgré sa mauvaise humeur, il réussit à arracher un demi-sourire à Peter toujours focalisé dans sa contemplation du pied de table. Et puisque l'ambiance commençait à se détendre, Peter ramena sa mauvaise humeur.

- Mais... Tu peux m'expliquer pourquoi tu tient à piquer ses œufs alors que ton père est dans la Werchmart?
Bien sûr elle lui avait déjà dit qu'elle était de double nationalité et qu'elle trouvait ce vol dégueulasse, mais il voulait l'entendre une seconde fois comme pour s'assurer qu'elle n'allait pas leur faire faux bond
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Ven 27 Nov - 20:59

Bon techniquement, ils avaient finalement tirés les conclusions que son laïus imposait. Mais d'un coté purement pratique, ça ne semblait pas les défriser outre-mesure : Tim avait pour le moment l'air de s'en fiche comme de sa première dent de lait, quand à Peter il faisait preuve d'une méfiance tout à fait légitime et somme toute assez réservée au vu des circonstance.

Cognant sans réel conviction Timothée lorsqu'il évoqua sa possible prise en otage, Hermeline roula des yeux au ciel en secouant la tête.

"Fille de pilote. Et ne ris pas avec ça Tim, moi j'aurais une chance d'éviter le pire si on se fait prendre, mais vous deux vous n'aurez peut-être pas d'autre choix que de me prendre en otage pour sauver vos fesses." Dit-elle en réalisant soudain que l'entreprise serait dangereuse. Vraiment. Secouant la tête pour en chasser ces pensées par trop pessimiste, la pensionnaire sourit légèrement en entendant Peter faire état de ses doutes.

Plongeant le regard dans celui de son compatriote, la petite jeune fille haussa les épaules comme si la réponse à sa question tombait sous le sens.

"Luftpost. Et je fais ça parce-que je suis franco-allemande. Si l'Allemagne gagne cette guerre, je ne pourrais plus jamais être allemande, j'aurais trop honte. Et si la France perd, perd vraiment, alors elle cessera définitivement d'être et je perdrais une part de mon identité." Expliqua-t-elle calmement. "En plus, depuis le début de ce conflit, maman compte les points : Papa en a 82 d'avance alors sauver ces œufs c'est revenir au score. Maman ne pardonnera rien à mon père tant qu'il n'y aura pas un parfait équilibre entre les deux cotés du tableau des marques et moi, je ne sortirais de Sainte-Marie que lorsqu'ils seront réconciliés, donc..." Acheva-t-elle sur un ton plus léger, histoire de finir de détendre l'atmosphère.


Dernière édition par Hermeline VonLichtenstein le Mer 9 Déc - 15:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   Dim 29 Nov - 18:35

Tim haussa les épaules après la question de Peter. Lui ça ne lui faisait ni chaud ni froid de connaitre ses motivations, du moment qu'elle les aidait ! Il regarda les deux autres et il soupira, ça commençait bien s'ils s'envoyaient des piques ... Mais en plus il ne rigolait pas trop avec ce qu'il avait proposé, enfin presque pas. Avoir Hermeline comme otage était un plan qui lui plaisait bien, surtout s'il la gardait dans sa chambre, mais c'était une autre histoire ça.

- J'rigolais presqu'pas, j'dis pas que j'veux pas d'toi comme otage hein.

Il fit un sourire plein de dents et attendit la suite des explications. Alors ça c'était très très très intéressant, même si la Luftpost n'était pas la branche qu'il préférait, de savoir qu'elle était en contact avec des militaire était très intéressant et instructif pour Tim. Il la regarda encore plus après son petit discours et il soupira ostensiblement.

- Ouais mais s't'es plus à Sainte Marie, où que j'pourrais aller t'voir ?

Car c'était finalement le plus important pour lui, de savoir comme faire pour voir la demoiselle, l'histoire de points, de rivalité entre père et mère il s'en fichait, d'ailleurs n'ayant à Montreuil ni l'un ni l'autre, il était tranquille.

Il secoua la tête et se reprit plus sérieusement.

- Bon c'pas l'tout mais on va pas p'voir faire ça sans r'fléchir, pendant qu'tu cherches les infos Herm'line, nous on va cogiter et on va s'faire un plan. Ensuite on s'revoit un ou deux d'fois pour tout mettre comme y faut et zou, on y va !

C'était si simple expliqué de la sorte, après il n'était pas certain que la réalisation soit si simple que prévu, mais Tim n'en avait rien à faire sur le moment.
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MessageSujet: Re: Comme des enfants (1er mai 1941)   

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Comme des enfants (1er mai 1941)

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