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Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]

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Allemand
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Sam 6 Mar - 22:54

Non, Wolfgang n'en redemandait pas, il voulait plusieurs choses mais pas ça. Par contre, que l'autre ne soit pas déviant était une chose encore à voir. Parce que quand même, pour définir un déviant on pouvait décrire plusieurs choses simples.

  1. Un déviant tenait les hommes par la main.
  2. Un déviant regardait les hommes du coin de l'oeil.
  3. Un déviant se retrouvait toujours couché sous les autres hommes.
  4. Un déviant faisait tout pour cacher ses déviances face aux vrais hommes virils et tatoués.
  5. Un déviant portait des caleçons longs, vive les bretons.
  6. Un déviant avait un comportement tendancieux et demandait aux autres de vérifier qu'il n'était pas déviant pour pouvoir les dévianter.


Et tous les points étaient vérifiables pour Camille. En plus, il se laissait guider par son dragon qui du coup était peut-être aussi un déviant.

Ca il ne le savait pas, est-ce que les déviances étaient possibles chez les dragons ? Ce serait très étrange, mais en même temps, c'était déjà étrange les déviants. Encore plus pour les animaux, mais il ne l'avait jamais vu. Donc ça ne devait pas se faire, il n'y avait que les humains à pouvoir avoir un comportement aussi contre nature.

- Non j'en redemande pas ! Tu ne peux plus te battre, ton dragon a faim et tu trembles même, tu n'as pas besoin d'avoir peur, je ne vais plus te faire mal.

A cet instant, Orion se manifesta.

- Moi aussi j'ai faim.

Wolfgang eut envie de le frapper, de quel droit il le coupait au moment où il montrait sa supériorité allemande sur les français !

- Allons y dans ce cas, on rentre !
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Lun 8 Mar - 2:44

Si Camille avait pu suivre le fil des pensées de Wolfgang, il aurait sûrement protesté que les hommes qui se couchaient sur d’autres hommes étaient tout aussi déviants sinon plus, parce qu’ils dévergondaient les gens normaux à leur corps défendant. En plus, personne n’était venu vérifier la longueur de ses caleçons, et si Wolfgang avait envie de venir voir, il allait falloir lui passer sur le corps, non mais.

Il ne pouvait plus se battre ? Comment ça, ce n’était quand même pas lui qui s’était fait maîtriser en quelques secondes par une simple clé au poignet. Quant à la faim d’Orphée, Camille soupçonnait le Porte-drapeau d’avoir parfaitement saisi la situation, tout en se fichant comme d’une guigne de son prochain repas, ce qui était assez dans son genre quand il avait une idée en tête.

…Et il ne tremblait pas, d’abord. On ne tremblait pas devant un Allemand quand on s’appelait Camille Libberecht. Il serra ses bras autour de sa poitrine, pas trop fort à cause des coups. Non, ses mains ne trembleraient pas, non, il ignorerait le frisson qui remontait insidieusement le long de son épine dorsale, non, il ne claquerait pas des dents. Sa mâchoire se crispa et ses yeux bleu acier envoyèrent un regard orageux au Flieger.

- C’est bon, je te ferai rien non plus. Je te l’avais dit de toute façon.

C’était vrai. Rien de plus que nécessaire… et l’autre pilote s’était rendu. Camille alla ramasser son couteau planté dans le sable, essuya les deux faces de la lame sur le haut de son pantalon déjà assez sale et le glissa à nouveau dans sa botte. En se relevant, il épousseta encore un peu les marques les plus visibles sur son uniforme.

Il se retourna vers son dragon, qui s’avançait vers lui, cou tendu. Le museau rouge flamboyant vint effleurer sa clavicule, remonta sur le côté de sa joue jusqu’à sa tempe, le souffle immense et chaud courant dans sa nuque. Il ignora les prunelles noires inquisitrices qui n’osaient formuler plus clairement des inquiétudes pourtant légitimes.

Evitant son regard, Camille saisit le cuir encore un peu humide du harnais et se hissa sur le Porte-drapeau. Il sentait les jointures de ses mains figer sous l’effet du froid, et se demanda vaguement en combien de temps tous ses gestes auraient la même raideur. Il serra soigneusement les courroies de son harnais.

- Rentrons, oui.

Sans un regard en arrière pour l’équipage allemand qu’il savait de toute façon nettement plus rapide en vol, Orphée éleva contre le ciel clair les couleurs éclatantes de ses ailes. Il attendit d’être hors de portée de voix pour s’adresser à son pilote.

- Ça ira jusqu’à la base, Cam ?

- Faudra bien que ça aille. De toute façon, que tu voles vite ou pas ne change rien au fait que je me gèle, alors autant arriver rapidement.

Sur ces mots, les ailes tricolores accélérèrent, le vent mordant siffla à leurs oreilles, et le froid transperça Camille aussi sûrement qu’une épée de glace. Il se coucha sur l’encolure écailleuse pour limiter la surface exposée, mais ne pouvait empêcher la tétanie gagner chacun de ses muscles… il se félicita intérieurement d’avoir pris la précaution de resserrer ses sangles d’attache.
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Mar 16 Mar - 23:17

De voir le français se déplacer comme s'il était trois ou quatre fois plus vieux et faible qu'il ne l'était en réalité, plaisait réellement à Wolfgang qui du coup se sentit pousser des ailes. Il savait que ce n'était pas uniquement à cause de ce qu'il avait fait que Camille tremblait. Car il ne fallait pas oublier que même s'il était un gosse puéril et tout et tout, il avait une certaine culture et une certaine intelligence qu'il mettait parfois en service quand son mauvais caractère ne prenait pas le dessus sur le reste de sa personnalité. En fait, si l'on retirait le mauvais caractère de Wolfgang, il devenait un parfait soldat et un excellent camarade, mais ce n'était pas encore arrivé.

Quand l'équipage français décolla, Wolfgang ramassa son propre couteau et le nettoya tout en avançant vers Orion et en le réprimandant légèrement.

- Tu m'as donné la honte devant lui.
- Oh, ne fais pas ta mauvaise tête, il est parti avant toi. Mais ce serait bien d'arriver ensembles.


Un sourire moqueur prit naissance sur les lèvres de Wolfgang alors qu'il remuait ses bras pour se détendre un peu après le combat et avec nettement moins de raideur que Camille, il s'installa et Orion prit son envol.

Wolfgang se pencha sur l'encolure du dragon tout en resserrant la prise de ses cuisses pour lui signaler qu'il pouvait accélérer et le Falken accéléra effectivement forçant son pilote à fermer les yeux pour ne surtout pas avoir trop de vent. Il devait songer à se procurer une paire de lunettes de protection. Il sentit que sa monture commençait à ralentir et il ouvrit doucement les yeux pour le voir rattraper l'équipage français.

- Tu es le meilleur des dragons Orion.

Le dit dragon ne répondit pas car il devait tout de même voler presque à ses limites pour les rattraper et que du coup il était un peu fatigué, heureusement que le vol ne durait pas longtemps et quand les deux équipages se posèrent, Wolfgang resta sur Orion pour bien voir le français qui allait se ridiculiser, c'était certain !
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Jeu 18 Mar - 20:09

Le trajet était assez court, et pourtant il parut durer une éternité au pilote frigorifié. Après le premier choc de la vitesse qui le transformait en bloc de glace, il se sentit glisser en quelques minutes seulement dans une torpeur qui engourdissait son esprit autant que ses membres.

Orphée vit le Falken les rattraper et continua de voler aussi vite que possible. Il sentait bien que son pilote ne réagissait absolument pas normalement. Quand il se posa sur le sol de pierre de Sarnand, Camille tremblait violemment, et rouvrit les yeux avec effort. Un regard circulaire lui apprit que Wolfgang était là aussi, comme c’était prévisible. Il se redressa et comprit immédiatement qu’il allait avoir un problème pour descendre… Ses jambes semblaient complètement tétanisées et ses mains ne valaient pas mieux.

Il se pencha pourtant pour détacher son harnais, mais ses doigts gourds ripaient sur le cuir durci, et il parvint à peine à desserrer les boucles, en soufflant plusieurs fois dans ses paumes pour les réchauffer. Il claquait des dents derrière des lèvres violettes, et serrait la mâchoire à s’en faire mal pour que ça ne se voie pas trop.

Enfin, il s’extirpa du harnais, se raccrochant difficilement mais fermement aux sangles de cuir pour se laisser tomber à terre. Arrivée brutale au sol, en se rattrapant de justesse au Porte-drapeau. Toutes ses articulations le faisaient souffrir.

- Viens, Orphée… dans ton étable.

Le dragon se dirigea sans se faire prier vers les souterrains Nord. Camille suivit le mouvement, restant à portée de bras des flancs écarlates.

- Laisse tomber mon harnais Cam, il faut que tu te réchauffes.

- Je vais au moins défaire les boucles… Je reviens tout de suite après, d’accord ?

- D’accord. Allez, file.

Après un moment d’acharnement malhabile sur le cuir récalcitrant, le harnais se décrocha et Orphée courba le cou pour le saisir et le suspendre grossièrement à la pointe métallique prévue à cet effet sur la cloison.

La respiration hachée par ses frissons récurrents et les doigts bleuis, Camille ressortit dans la galerie et y jeta un regard, à la recherche du pilote Allemand. Il se doutait que son allure affaiblie l’avait bien fait rire… mais s’ils devaient croiser un quelconque officier, ils avaient intérêt à ne pas se faire voir ensemble. Ne serait-ce qu’à cause de l’état de l’uniforme de Camille, ou encore de l’œil de Wolfgang qui avait des chances de virer plus ou moins au beurre noir.

Le Français n’avait plus qu’une idée en tête : enfiler des vêtements secs, de préférence après une bonne douche chaude. Le reste passait doucement au second plan, que ce soit un hypothétique supérieur, le harnais d’Orphée qu’il s’était promis de graisser, ou même un certain jeune Flieger qui allait probablement profiter de l’occasion pour se payer sa tête.
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Sam 27 Mar - 13:22

Wolfgang n'eut pas longtemps à attendre pour voir le français se ridiculiser tout en descendant de son dragon. Il crut même que ce dernier allait tomber mais il n'en fit rien, il descendit mal mais sans trop de ridicule et le Flieger soupira, pourquoi est-ce qu'il ne pouvait pas au moins tomber comme tout le monde ?

Wolfgang souriait franchement à l'allure déplorable qu'il pouvait avoir et il attendit même que l'équipage français soit entré dans les étables avant de s'apprêter à descendre. Il ne pensait pas du tout à l'éventuelle rencontre avec un officier, ce n'était pas important et il avait réussi à être en meilleur état que son adversaire, signe indiscutable de l'avantage allemand sur la faible constitution française. Et si cette faible constitution était agréable dans le cas de Beth (car Wolf pouvait la protéger) et bien pour un pilote ça n'allait pas, et il se disait militaire en plus !

- Ne te moque pas de lui comme ça !

Orion était nettement plus gentil et compréhensif que lui, mais c'était normal, il était un dragon pacifiste et Wolfgang le comprenait très bien. Mais là, il voulait se moquer comme il fallait du français qui devait vraiment chercher les rires puisqu'il revint dans le champ visuel du jeune homme.

Aussitôt, Wolfgang se redressa et sauta au bas de son dragon d'un mouvement fluide avant de tapoter le cuir chaud et de commenter à voix haute.

- Tu vois Orion, c'est comme ça qu'on descend d'un dragon, pas comme un vieillard perclus d'arthrose.

Il se tourna vers Camille et lui fit un magnifique sourire bourré d'ironie tout en avançant d'un pas conquérant dans sa direction. Lui n'allait certainement pas être malade, Camille par contre ...
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Dim 28 Mar - 22:55

Stéphane était souvent debout jusqu’à une heure tardive, lorsque sa garde ne l’obligeait pas à voler jusqu’au lever du Soleil. Après son service, il rejoignait généralement les officiers français à la table du petit-déjeuner, pour bavarder avec eux et manger un morceau, puis regagnait ses appartements. Il passait la matinée à dormir, sautait le déjeuner, et quittait son lit en début d’après-midi, pour aller s’assurer que Nobilitas était endormie, et au calme. Généralement, les courriers qui partageaient ses appartements se donnaient du mal pour ne faire aucun bruit pendant la journée, afin qu’elle puisse dormir d’une traite jusqu’au soir.

Mais depuis quelques jours, son sommeil était troublé par des cris, des murmures, et l’atterrissage d’objets hétéroclites sur son dos ou au coin de ses naseaux. Stéphane n’avait pas encore identifié les empêcheurs de tourner en rond, mais ne se décourageait pas. Il passait de longues heures aux côtés de sa dragonne, appuyé contre son flanc, fumant cigarette sur cigarette tout en lisant, ou en rédigeant son courrier du jour. Il s’apprêtait à allumer sa deuxième cigarette de la journée lorsqu’un Porte-Drapeau et un Falken volant de concert passèrent dans son champ de vision. Intrigué – les signes d’amitié franco-allemande restaient rares à Sarnand – Stéphane abandonna sa Fleur un instant et se posta à l’entrée de la caverne, du côté des couloirs et des escaliers, pour pouvoir écouter les conversations venant des étables des courriers.

Il ne s’attendait pas à voir un Français mal en point sortir de la caverne et croisa les bras sur son torse, hésitant quant à la conduite à suivre. S’ils s’avançaient vers les deux jeunes hommes et demandaient des explications, il se retrouvait impliqué. Il serait peut-être même obligé de faire un rapport à ses supérieurs, sans parler des supérieurs allemands, s’il s’avérait que le pilote de Falken avait commis une faute. Mais l’état du pilote de Porte-Drapeau lui inspira suffisamment de pitié pour qu’il le rejoigne, et lui jette sa veste.

"Par la coquille de Nobilitas, qu’est-ce que vous avez fait ? Vous êtes tombé dans un lac avec votre dragon ?"


Il se tourna vers l’Allemand, pour voir s’il était trempé aussi, et pour savoir s’il avait quelque chose à dire.
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Mar 30 Mar - 20:58

Il jeta un regard noir au jeune Allemand qui sautait de son dragon avec toute l’agilité qu’il n’avait plus, depuis quelques minutes, trop occupé à ne pas trop claquer des dents. Mais avant qu’il trouve une réplique incendiaire à lui renvoyer, au sujet des gosses mal élevés qui ne devraient pas quitter les jupes de leur mère par exemple, un mouvement attira son regard.

Il se retourna juste à temps pour rattraper par réflexe le vêtement délicieusement sec et tiède que le nouvel arrivant venait de lui lancer. Une veste, pour être précis. Avec trois barrettes dorées. Il releva vivement les yeux sur un grand rouquin qui avait un air très tranquille malgré son exclamation. Impossible de s’y tromper…

Camille porta la main à sa tempe en un salut parfaitement correct si on oubliait la coloration louche de ses extrémités, et le tremblement imperceptible de ses lèvres.

- Capitaine Wilson !

Bon. Finalement, il allait falloir réviser les priorités… le supérieur n’était plus si hypothétique que ça, la douche attendrait, le harnais aussi, et le Flieger lui était miraculeusement sorti de la tête. La question qu’on lui posait, par contre, n’attendrait pas. Ce qu’il avait fait ? Tomber dans le lac ?

- Oui, mon Capitaine.

Net, franc. Pas faux. Et trop tard pour regretter. Effectivement, la réponse était simple. La situation avait des chances de ne plus l’être, en revanche.

Il avait toujours quelque chose de doux dans les mains. Il serrait le tissu contre lui, quand il se rendit compte qu’il allait tremper la veste du capitaine, qu’il avait déjà bien froissée dans l’histoire. Il s’en détacha brusquement comme s’il s’était brûlé, la secoua et la tendit à l’officier, d’une main à la fermeté discutable.

- Merci, mon Capitaine, mais je vais aller me changer, avec votre permission.

Avec un peu de chance, ça pouvait passer. Après tout, il avait répondu à la question, il n’avait pas pourri définitivement l’uniforme de son supérieur, et avait visiblement besoin de vêtements secs. Le pourquoi du comment pouvait peut-être attendre qu’il arrête de frissonner convulsivement, et il se défendrait certainement plus facilement une fois rendu présentable et capable de parler d’une voix moins rauque. Ce qui ne devrait pas prendre plus de… deux heures s’il avait de la chance, et trois jours s’il en avait moins, au rythme où ça allait.

Camille n’attendait qu’un signe de l’officier pour filer sans plus se faire remarquer. Il ne connaissait Stéphane Wilson que de réputation, mais sa nonchalance affichée ainsi que son calme lui faisaient penser qu’il aurait pu tomber sur pire. Sur bien pire. Et sur Allemand, pour commencer. Cependant, il avait assez conscience de son allure inacceptable pour ne pas trop s’avancer sur les intentions du capitaine. Surtout que tomber dans un lac avec son dragon était certes véridique, mais incomplet, et qu’un récit circonstancié était à exclure. Et avec cette petite vipère de Wolfgang dans les pattes, un récit en version officielle était à craindre presque plus que la pure vérité.

Profil bas. Camille esquissa un petit sourire encourageant qui voulait dire qu’il ne se sentait pas très bien sur l’instant, mais qu’il était tout disposé à faire preuve de bonne volonté si on avait besoin de lui pour quoi que ce soit. Du courrier de préférence. Un interrogatoire en règle s’il le fallait, il trouverait bien quelque chose à dire. Un rapport, pas trop si on pouvait l’éviter, surtout si ça devait toucher le côté allemand à cause de l’implication du Flieger. Une sanction… on n’en était pas là quand même.

Le pilote empêcha son esprit de vagabonder n’importe où, et lissa son expression de la façon la plus avenante qui était en son pouvoir, compte tenu de ses lèvres qui viraient à un bleu vaguement inquiétant.
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Lun 5 Avr - 16:06

Crotte ! Camille ne s'était pas pris la veste dans la figure et il l'avait rattrapée. Parce que, oui, Wolfgang avait vu la veste arriver et le capitaine qui l'accompagnait. Il avait même salué le français le plus impeccablement possible. Il savait que c'était le capitaine de la Fleur de Nuit, mais à part ça, ne le connaissait pas plus que ça. Donc il préférait faire profil bas et ne pas trop montrer que son uniforme n'était pas tellement impeccable. Il avait la chance que l'essentiel des salissures soit dans son dos et que le capitaine ne voit pas son dos. Mais autant ne pas tenter le diable.

Aussi quand les français parlèrent, il se tut, attendant de voir quelle explication Camille allait donner pour son état. Heu ... seulement oui ? C'était idiot comme explication, ça entrainait des tonnes de questions et des questions auxquelles Wolfgang ne voulait surtout pas répondre. Il s'avança alors que le caporal demandait à pouvoir aller se changer.

Même dans cette demande, il avait l'air suspect. Bon sang que les français étaient nuls pour mentir. Lui savait très bien le faire. Il allait d'ailleurs leur montrer à ces pauvres incapables qu'il pouvait le faire sans difficultés.

" Si vous le permettez capitaine, je vais accompagner le caporal. Je l'ai aidé au lac, je tiens à continuer mon action." Oui, cela allait entrainer des questions, mais c'était sans compter sur la faconde de Wolfgang quand il s'agissait des mensonges. Et nul nez qui s'allonge chez lui, donc aucune possibilité de remettre en cause son explications.

" Tout s'est passé très vite et alors que je faisais une manoeuvre un peu risquée, le caporal s'est approché pour m'aider et lors de ma remontée, il a été obligé de plonger pour ne pas faire quelque chose de pire. Après je l'ai aidé à se réchauffer en faisant un entrainement au combat au corps à corps, puis nous sommes revenus rapidement car cela ne suffisait pas. Avec votre accord, j'aimerais poursuivre ma mission et m'assurer qu'il pourra se changer sans mal."

Et tout cela dit avec un sérieux irréprochable et une tenue totalement militaire selon les critères allemands. Il allait voir ce français comment on mentait dans l'armée allemande. Enfin, non, comme Wolfgang mentait... Ce n'était pas si terrible que ça à faire pourtant. Et il expliquait tout en plus.

Pourtant ses paroles n'étaient pas dénuées de doubles sens, mais comment lui aurait-il pu les voir alors qu'il s'exprimait dans une autre langue et que du coup, il ne savait pas exactement ce qu'il disait. Enfin, si il savait mais sans saisir toutes les insinuations possibles de ce qu'il annonçait.

Hésitant à présent sur la conduite à tenir, il espéra que Camille ne s'offusquerait pas, que le capitaine allait comprendre que la vérité était présentée, du moins une part de vérité. Et surtout que bien vite il pourrait rentrer dans Sarnand pour se moquer de Camille... car c'était surtout pour ça qu'il proposait de l'accompagner, pour continuer à rire !
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Jeu 15 Avr - 20:27

On pouvait reprocher beaucoup de choses aux adolescents qui s’occupaient des dragons-courriers – à commencer par leur jeunesse – mais certainement pas leur manque d’imagination. Sans doute formés par les bobards de leurs bêtes, les récits enthousiastes de leurs aînés et le désir -compréhensible- d’être reconnu, ces hommes et ces femmes étaient particulièrement doués pour raconter des salades. Stéphane avait déjà vu des dragonnets piquer une tête dans un lac sans demander l’avis de leur équipage, mais les instructeurs les ramenaient rapidement sur le droit chemin, en leur demandant d’avoir pitié du matériel harnaché sur leur dos, s’ils refusaient d’épargner un bain glacé à leurs hommes. Après quelques engueulades en règle, rares étaient les dragons qui s’obstinaient à se baigner sans permission. Vaguement amusé, l’Irlandais croisa les bras sur son torse et attendit un récit plus complet, qui ne vint pas. Frigorifié, le Caporal ne rêvait visiblement que d’une douche chaude, et n’avait pas l’intention de s’étendre plus longtemps sur ses exploits aquatiques.

Stéphane s’apprêtait à le congédier lorsque le Flieger décida de mettre son grain de sel dans l’affaire. Il maîtrisait plutôt bien la langue de Molière, et le Capitaine écouta son histoire avec un ahurissement et un amusement grandissants. Il ne croyait qu’un mot sur deux, et le culot de l’adolescent le soufflait un peu. Il avait l’impression d’entendre une bonne plaisanterie et un franc sourire étira ses lèvres quand Wolfgang donna le point final de son récit, comme s’il s’agissait de la chute de ladite plaisanterie. Quelle touchante attention. Le Porte-Drapeau et son pilote avaient eu de la chance de tomber sur un Allemand si altruiste, et si soucieux des bonnes relations entre envahisseurs et envahis.

"C’est aimable à vous, Flieger, mais je pense que le Caporal est assez grand pour se débrouiller seul"

Stéphane se tourna vers Camille et récupéra sa veste. Il ne savait pas quel était la part d’imaginaire dans le récit de Wolfgang et préférait entendre la version du Français avant de se prononcer. Il était prêt à parier que les deux hommes s’étaient battus, mais ne se voyait pas les punir pour ce petit accroc. Il n’avait aucune envie d’aller chercher les supérieurs de Wolfgang pour se plaindre de son comportement, et ne voulait pas sanctionner Camille trop sévèrement. Néanmoins, il ne pouvait pas fermer les yeux sur cet incident. Les Français devaient rester dignes, et coopérer.

"Caporal, une fois que vous serez changé, vous me rejoindrez dans l’étable de Nobé"

Il tourna la tête vers Wolfgang.

"Vous pouvez disposer, merci"
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Mer 28 Avr - 1:34

C’était bien parti pourtant. Il avait presque cru que le capitaine allait le laisser filer, au moins temporairement, sans lui demander d’éclaircissements. C’était sans compter sur cette andouille invétérée de Wolfgang qui se mit à déballer une histoire abracadabrante… ah oui, il l’avait aidé, ils avaient fait un entraînement gentillet et… et QUOI ? Il voulait l’accompagner pendant qu’il se changeait ? Camille prit brusquement une inspiration hachée par ses tremblements. Les boches étaient vraiment des tordus, et ce gamin là pire encore, malgré tout ce qu’il pouvait bien dire sur les soi-disant déviances françaises.

Le capitaine avait l’air de bien s’amuser, lui. Un instant, Camille se demanda même s’il ne se moquait pas purement du jeune Flieger. Facile à faire pour lui, qui n’allait pas se retrouver avec un Allemand sur le dos, Allemand qui devait être tout sauf bien intentionné, avec sa tête d’ange à qui ne manquait que l’eau bénite. Facile… et pratique, d’avoir trois barrettes dorées sur l’épaule, pour faire lâcher prise aux jeunes pilotes qui tenaient plus de la sangsue que de l’humain… Une lueur de reconnaissance éclaira le regard que Camille posait sur le rouquin. Avec un peu de chance, il avait évité la charmante compagnie de Wolfgang. Il ne se sentait vraiment pas en état de le supporter une minute de plus, et surtout pas pour aller se doucher.

Le soulagement fut de courte durée. Le capitaine le laissait se changer en paix, très bien. Mais finalement, il n’avait pas l’air d’oublier l’allure inacceptable de son uniforme, ni ses excuses inexistantes. Il faudrait jouer le jeu finement… mais plus tard. Plus tard…

- Bien, mon capitaine.

Il se retint de serrer les bras contre son corps pour en garder le peu de chaleur qui restait, se retint aussi d’allumer une cigarette. Ignorant royalement l’Allemand, il longea le mur, dépassa le capitaine Wilson, et tourna l’angle du couloir souterrain. Il espérait confusément que Wolfgang choisirait un autre chemin pour remonter dans le château que l’escalier qu’il s’apprêtait à emprunter, de sa démarche rendue incertaine.
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Jeu 6 Mai - 15:20

On voyait bien qu'il s'agissait d'un militaire français parce qu'il mettait des bâtons dans les roues de Wolfgang. Pas que Wolfgang aie effectivement des roues, mais il interférait dans ses projets de moqueries et cela ne lui plaisait pas. Cependant, il ne pouvait pas directement désobéir, ça ferait les choux gras de Camille qui le verrait se faire remettre à sa place. Donc, le jeune Flieger ne dit rien et ne protesta pas le moins du monde, se contentant de saluer le français et de répondre comme un bon petit.

" A vos ordres, capitaine ! "

Il aurait pu ajouter que non, il n'était pas à ses ordres et que du coup il pouvait faire ce qu'il voulait. Mais non, ça ne se faisait pas du tout et il devait rester dans les rangs pour le moment.

Il était probable que cette situation ne dure pas, qu'ils arrivent enfin à montrer que les allemands étaient plus forts que les français et que du coup ... ils avaient tous les droits. Mais surtout, que les Flieger allemands étaient plus forts que tous les autres pilotes, en particulier un Flieger qui méritait du coup une promotion au rang de ... quelque chose de très haut et que ben voila quoi ! Il secoua la tête en s'éloignant, ce n'était pas demain la veille qu'il aurait une promotion, surtout s'il devait compter sur son oncle qui... l'adorait et voulait le garder avec lui.

Car oui, Wolfgang savait bien que s'il avait une promotion, il devrait quitter Sarnand ... quel dommage n'est-ce pas ?

Enfin... il verrait bien de quoi le lendemain serait fait, avec un peu de chance, il pourrait se venger de Camille un jour prochain ! Oh oui ce serait si bien ça, se venger de quelqu'un avec un plan machiavélique ! Il devait en parler avec Orion, le dragon était de bon conseils pour les plans machiavéliques ... enfin il l'avait été une fois.

Wolfgang alla se changer et commença à réfléchir, oui,la vengeance serait douce.
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Mar 1 Juin - 13:02

L’escalier de pierre sombre n’en finissait plus. Ses muscles raides le faisaient souffrir à chaque pas, mais il se félicitait encore que le claquement de ses dents soit le seul écho qu’il entende dans le couloir étroit. Au moins, le Flieger ne l’avait pas suivi. Il se traîna jusqu’à la laverie pour prendre un uniforme sec, puis jusqu’aux douches, désertes à cette heure-ci.

Ses vêtements mouillés le protégeaient encore presque du froid, découvrit-il en les enlevant, pieds nus sur le carrelage froid. Il mit de longues minutes à calmer ses frissons convulsifs sous l’eau chaude… Enfin, il sortit de la douche après avoir repris ses couleurs, se sécha rapidement et s’habilla de pied en cap. A mesure que sa température corporelle reprenait un niveau normal, ses idées se remettaient en place et ce n’était pas forcément pour lui plaire. Il allait falloir jouer serré avec le Capitaine.

Secouant ses cheveux bruns encore à peine humides, il reprit lentement le chemin des souterrains, déposant au passage ses vêtements mouillés à la laverie. La chaleur de la douche avait détendu ses membres crispés, mais il gardait la trace de la fatigue du retour, glacé par le vent sur le dos d’Orphée. Il s’aperçut brusquement qu’il avait faim. Après tout, il était midi… mais ce n’était pas exactement le moment d’aller à la popote. Un officier l’attendait, en bas, et Stéphane Wilson n’avait pas le même rythme que les autres hommes, dragon nocturne oblige. Réprimant un gargouillement, il alluma une cigarette d’un geste sec. Ça finirait de le réchauffer et couperait toujours un peu sa faim…

En posant le pied à l’étage des étables à dragons, il éteignit la braise minuscule en la frottant vivement sur le mur de pierre. Ça faisait en général mauvais effet de fumer devant les supérieurs, et il n’avait pas l’intention d’amputer ses chances de s’en tirer comme ça. Il atteignit l’étable de l’immense Fleur-de-Nuit d’un pas qu’il aurait souhaité plus souple, pour ne pas risquer de déranger la dragonne dans son repos diurne. Mais même s’il avait repris un teint presque normal, bien qu’un peu pâle, il sentait bien qu’il avait frôlé l’hypothermie, et cela se ressentait encore légèrement dans ses gestes. Il salua néanmoins le pilote nocturne, sans la moindre ironie pour une fois derrière le claquement net de ses talons.

- Caporal Libberecht au rapport, mon Capitaine.

Debout droit dans ses bottes, Camille se demandait encore si on attendrait de lui un récit circonstancié. Et quelque part, la présence de l’énorme bête bleu nuit le déstabilisait autant que sa respiration profonde calmait ses nerfs déjà mis à rude épreuve par son affaiblissement physique… Le jeune courrier avait toujours été à l’aise avec les dragons. C’est pour cette raison qu’il n’avait pas envie de se mettre le poids moyen à dos pour l’avoir réveillé en pleine journée.
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Mar 15 Juin - 1:26

Stéphane n’avait pas entendu sa Fleur-de-Nuit claironner ou clamer son nom pendant sa brève absence et supposait donc que personne ne l’avait importunée entre son départ et son retour à ses côtés. Il balaya néanmoins la caverne du regard par acquis de conscience. Nobé dormait roulée dans un coin, la tête cachée sous sa voilure, elle-même repliée contre son échine, tandis que sa queue s’enroulait autour d’une patte postérieure, comme si la dragonne craignait qu’un aviateur maladroit la piétine. Un souffle profond et régulier soulevait ses flancs. Aucun objet et aucun relief de repas dragonique – Steph était notamment tombé nez à nez avec un œil bovin la dernière fois qu’il avait monté la garde auprès de sa dragonne – ne jonchait le sol propre de la caverne. Calme plat.

Soupirant à fendre l’âme, le Capitaine rejoignit sa dragonne et se rassit contre sa peau sombre, en attendant que le Caporal Libberecht vienne faire son rapport. Il était soulagé que Nobé puisse dormir en paix, sans qu’il soit obligé de monter constamment la garde, mais un peu déçu de ne pas avoir pris les gêneurs sur le fait. Il soupçonnait des jeunes courriers ou des oiseaux, mais ces hypothèses lui semblaient de plus en plus improbables : les fredaines d’un courrier ne seraient pas passés inaperçues, surtout aux yeux de son propre pilote, et les oiseaux ne parlaient pas, alors que la Fleur-de-Nuit était presque sûr d’avoir entendu des voix.

Il était en train de regarder les manœuvres aériennes de deux dragons légers, à quelques centaines de mètres de Sarnand, lorsque le Caporal Libberecht se présenta. Stéphane se demanda s’il avait pris le temps de discuter avec le pilote de Falken, histoire que leurs versions s’accordent. Celle proposée par l’Allemand semblait passablement incroyable, et l’Irlandais était curieux de connaître la vérité sur cette affaire. Il ne se leva pas lorsque Camille s’arrêta près de la Fleur-de-Nuit et, tout au contraire, sembla chercher une position plus confortable, les épaules pressées contre le corps chaud de la dragonne.

"Parlons vite, parlons bien. Caporal, j’aimerais que vous me racontiez dans quelles circonstances votre Porte-Drapeau et vous aviez piqué une tête dans un lac, et ce que l’Allemand trafiquait avec vous"

Il avait parlé d’une voix calme mais ferme.
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Lun 21 Juin - 4:16

Fidèle à sa réputation, le capitaine Wilson ne sacrifiait à la rigueur militaire qu’en cas d’extrême nécessité, et encore. Tant mieux, Camille ne tenait pas à faire des ronds de jambe ad vitam aeternam. Il croisa ses bras sur sa poitrine avant de réprimer une grimace de douleur fugitive, la pression sur ses côtes endolories se faisait bien plus aiguë à présent que le froid ne l’engourdissait plus. Il s’empressa de faire disparaître toute trace de trouble de son expression, pas question que l’officier lui pose des questions supplémentaires. Celles déjà énoncées étaient largement suffisantes pour l’entraîner dans des explications qu’il ne voulait pas donner, s’il ne faisait pas attention.

Bien. Il suffisait de choisir la façon de présenter les choses qui serait la plus acceptable sans être trop fausse. Les élucubrations de Wolfgang étaient son problème, pas le sien…

- Nous faisions une sortie d’entraînement aux acrobaties. J’ai seulement tenté une manœuvre d’approche un peu osée, et ça s’est terminé dans le lac…

Pas faux jusque là. Le jeune courrier jeta un regard en coin à la Fleur-de-Nuit roulée en boule derrière son pilote. Non, ce n’était probablement pas suffisant comme explication. Malheureusement, les raisons précises de son plongeon lui échappaient, maintenant qu’il se penchait sur la question. Il porta une main à sa tempe et ébouriffa vaguement ses cheveux bruns.

- Un coup de tête, je suppose.

La tête très légèrement penchée, le regard par en dessous dans l’attitude du soldat un peu gêné mais coupable d’une faute négligeable, Camille jeta au capitaine son plus beau sourire artistement mal assuré.

- Je voulais voir si on pouvait plonger avec un dragon et reprendre le vol dans le même mouvement, en fait. Quant à Abendroth, il a voulu m’accompagner, quand je suis sorti de l’étable d’Orphée. On a fait quelques acrobaties et…

Il s’interrompit. La version officielle du Flieger avait été : "un entraînement au combat au corps à corps". Ce qui n’était pas si éloigné de la réalité vu qu’ils s’en sortaient sans une égratignure. Non, ses contusions ne pouvaient pas être considérées comme des égratignures… des bleus tout au plus. Du moins il l’espérait, parce qu’il ne pouvait jusque là pas jurer qu’il n’avait pas une côte fêlée, pour ça il faudrait un passage à l’infirmerie.

- …Et un petit entraînement au corps à corps, qui m’a permis de me réchauffer un peu après mon plongeon.

Il laissa son sourire s’affirmer, après tout il n’avait pas de crime à se reprocher, même si paraître trop à l’aise aurait été de mauvais goût dans les circonstances présentes.

Enfoncer l’Allemand pour s’en tirer plus facilement ? Oui, il y avait pensé. Mais ce n’était pas cette vipère schleue qui allait le forcer à écorner son intégrité. La délation ne faisait pas partie de ses habitudes, et il sentait que dans ce cas, le retour de bâton pourrait être plus dur que prévu. Autant ne pas tenter le diable…

En l’occurrence, le diable avait du feu la couleur de cheveux, des braises la chaleur toujours inattendue, et de l’enfer les clés… Restait à savoir s’il allait ou non en ouvrir les portes.
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Dim 27 Juin - 17:01

Stéphane était tout ouïe. Il espérait que le Caporal serait clair et concis, pour qu’ils ne perdent pas inutilement leur temps, mais leur conversation démarrait sous de très mauvais auspices. Libberecht n’avait dit qu’un mot et, déjà, son supérieur avait une question. Qui était ce « nous » ? Ce pronom pouvait aussi bien désigner le Français et son dragon que les deux paires dragon-aviateur, qui étaient tous susceptibles de faire des acrobaties. Il se demanda si le Falken s’était révélé plus agile que le Porte-Drapeau. Il avait entendu énormément de bien de cette race – ce qui n’était pas une preuve en soi : ceux qui avaient chanté les louanges du petit dragon étaient de nationalité allemande et n’étaient donc pas spécialement objectifs – mais n’avait jamais vu un tel courrier à l’œuvre. Il estima que la réponse n’avait pas beaucoup d’importance et fit signe au Caporal de continuer, à l’aide d’une petite rotation du poignet, quand il marqua une brève pause après le « coup de tête » du lac.

Acrobaties, OK. Normal pour des courriers. On ne leur demandait pas de se battre au corps à corps, au contraire, et ils avaient plutôt intérêt à être agiles pour esquiver les griffes des poids moyens et la mitraille.

Une manœuvre d’approche osée, OK aussi. On ne choisissait pas les pilotes de courrier pour leur goût de la modération, mais plutôt pour leur amour du risque, et les Porte-Drapeau n’étaient en reste pour ces choses-là.

Un coup de tête, OK également. Coup de tête, coup de sang, coup de folie. Une fois encore, c’était typique des courriers. Ils volaient souvent en altitude, pour profiter des meilleurs courants aériens, et le soleil devait finir par leur taper sur la tête.

Bon, par contre, à partir du plongeon, le récit prenait une étrange figure. Stéphane ne dit rien mais haussa un sourcil perplexe, tandis que le Caporal expliquait que c’était juste une expérience, sous les yeux du dénommé Abendroth, qui s’était terminée en combat – pardon, entraînement – au corps à corps pour réchauffer les muscles du Français. Ben tiens. Comme ça. Que faisait-il de la sécurité du précieux Porte-Drapeau que lui avait confié l’Armée, de l’état du harnais, des relations franco-allemandes ? Il se demanda s’il devait insister, pousser Libberecht à raconter l’exacte vérité, mais décida que, finalement, il n’avait pas envie de savoir. Il s’en fichait et préférait ne pas être obligé de punir l’aviateur – du moins, pas trop sévèrement.

"Vous ferez vérifier votre harnais et le ferez changer s’il n’est plus bon. Je vais vous demander de ne plus faire de manœuvres aquatiques et je vais vous mettre à pied cinq jours pour vous apprendre à réfléchir. Vous pouvez disposer"
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MessageSujet: Re: Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]   Jeu 5 Aoû - 22:27

L’impassibilité du Capitaine n’était pas pour mettre le pilote plus à l’aise. Difficile de savoir ce qui se passait dans la tête de l’homme, qui l’écoutait avec une attention relativement fraîche. Bon, il était vrai que devoir régler un problème de discipline avec des courriers au milieu de la journée n’était pas l’idée la plus brillante pour un pilote nocturne. Camille en prit conscience au fil de son discours, alors que l’expression du roux se dégradait lentement vers une incrédulité nettement refroidie. Bon, d’accord, il avait fait le malin. Mais il n’allait quand même pas l’immobiliser pour si peu, si ?

Si. Cinq jours… Camille se sentit pâlir. Non, vraiment, ce n’était pas juste. Il avait déjà froid et mal… et en plus le voilà avec une interdiction de vol. Orphée allait lui en vouloir. L’étincelle bleue se ternit au fond de son regard, qu’il baissa sur ses pieds. Faisant un effort sur lui-même pour ne pas pousser un gros soupir, le Caporal effectua un salut sans enthousiasme, bien que très correct.

- A vos ordres, mon Capitaine.

Et il s’éclipsa, sur un dernier regard pour la dragonne bleue qui dormait profondément. Le couloir lui parut encore plus glauque que d’ordinaire alors qu’il se dirigeait vers les étables Nord où résidait Orphée, ils avaient assigné le plus mauvais quartier aux plus petits dragons français. Ça aussi, c’était injuste.

- Fais pas cette tête, on dirait que tu vas enterrer ta grand-mère.

L’œil noir d’Orphée brillait d’une lueur de malice alors qu’il passait sa tête reptilienne par-dessus la porte pour venir la frotter sur l’épaule de son pilote. Camille se redressa et soupira en s’asseyant sur le bord de l’auge du dragon, une jambe ramenée contre lui. Il avait froid.

- Il m’a mis à pied cinq jours. Fais voir ton harnais…

- Cinq jours ? Pour un peu d’eau ?

- Non, je crois qu’il a des doutes à cause du petit Fritz.

- Ah. Il l’avait bien cherché pourtant.

- Un peu, qu’il l’avait cherché ! Mais je ne crois pas que Wilson cherche vraiment à le protéger… on est juste pas censés faire de vagues avec l’occupation.

Camille crispa les mains sur le cuir alourdi du harnais que le Porte-drapeau lui tendait. Si seulement… il sentait son estomac faire des nœuds à chaque fois qu’il repensait à la défaite, à la honte et à l’impuissance qui le rongeaient depuis près d’un an. Mais il avait appris à la dure que garder son poste l’obligerait à faire des sacrifices. Il se pencha sur les boucles raidies du harnais ; déjà que le cuir lui avait paru manquer de souplesse avant le décollage, ce matin-là, mais après un passage à l’eau froide le résultat était effrayant. Il devait l’amener à l’intendance, et s’il fallait le changer, ce serait en partie à ses frais puisque la faute lui était imputable.

- Allez, t’aurais pu tomber sur pire. Cinq jours c’est rien.

- Ouais… bon, je vais régler cette histoire de harnais. Je te donne des nouvelles avant ce soir, d’accord ?

Des frissons de plus en plus rapprochés couraient le long de son dos, et il se mit à replier les lourdes boucles rembourrées sur son bras gauches avec des gestes secs.

- Entendu. Et fais moi plaisir, mets un pull.

Un éclat de rire seul répondit au dragon, alors que Camille refermait la porte de bois et s’éloignait dans le passage de pierre, avec un dernier signe de la main, sans se retourner. Orphée ne s’inquiétait pas souvent, mais quand il le faisait c’était toujours pour son pilote. Réprimant un énième frisson, le jeune homme grimpa d’un pas vif les escaliers étroits en espérant se réchauffer un peu. Une chose était sûre, le lendemain ne serait pas très frais… et cinq jours de repos forcé étaient juste assez pour écluser une bonne crève.
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Des acrobaties ? [-2 Mai 1941-]

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