Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]


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Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]

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Allemand
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MessageSujet: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Mar 15 Déc - 1:23

Parfois, Heinz Siedler regrettait que son asthme ne lui permette pas de fumer. Il avait toujours pensé que la cigarette, même si elle sentait très mauvais, donnait une contenance, un certain charisme. Bien sûr, ce désir impossible avait fortement diminué quand le prestige de l'uniforme avait pallié au manque. Ce jour là, cependant, il aurait aimé ajouter à la veste feldgrau un atout supplémentaire.

Le cas était à la fois simple et compliqué. Simple, car il s'agissait d'une accusation d'espionnage classique. On avait les preuves ; le type était entré à Sarnand sans y être autorisé, à plusieurs reprises. Le garde responsable était passé en disciplinaire auprès de Wienke et passait facilement pour ce qu'il était : un imbécile qu'on casait là pour qu'il ne fasse pas chier ailleurs. Force était de constater qu'il faudrait le refourguer dans un poste encore plus simple.

L'Oberstleutnant l'avait consigné pendant deux mois à l'épluchage de patates.

Mais restait le coupable. Et c'est là que c'était compliqué. Bien entendu, Siedler n'avait pas daigné -officiellement- jeter un oeil à l'interrogatoire sommaire de la Luftwaffe. Il n'avait pas non plus écouté les tentatives d'explications du coupable, qui ne venaient d'ailleurs dans son regard : c'était Pfeffel qui l'avait ramené de Sarnand. Un oeil au beurre noire en témoignait.

Le gars avait été pris sur le fait. Nom : Timothée Vivier. Âge : 14 ans. Employé chez Madame Manon. Fiché comme vagabond par la police à son arrivée, origine peu claire.

Le tout était problématique. D'abord, le garçon était très jeune. Même s'il n'avait pas de famille pour faire scandale, ça pouvait faire tâche. Ensuite, l'affaire risquait fort de mettre Madame Manon en difficultés, ce dont Heinz, par amitié, voulait se passer. C'était elle qui lui avait soufflé qu'elle apprécierait qu'il se charge lui même de tout ça, non sans l'avoir assuré que le jeune Vivier n'avait jamais eu son accord pour entrer à Sarnand.

Restait donc le soucis de l'incertitude qui flottait autours des origines. Heinz ne s'y connaissait pas très bien en papiers d'identité ; quant à Kurz, il n'avait pas encore eu le temps de sa familiariser en détail avec les papiers français. Si ce gars était un vraiment un espion, ses papiers devraient être faux... sauf qu'il n'y avait personne pour le vérifier.
Il faudrait qu'il voit ça avec Constance. Qu'elle lui trouve quelqu'un à la mairie ou à la préfecture qui s'y connaissait et qui serait prêt à les aider.

En attendant, on frappait à la porte.

Le cérémonial était connu, plus tonitruant que pour son usage quotidien. Heinz se leva.

On ouvrit la porte, fit entrer le prisonnier dans le bureau, "Heil Hitler" depuis le fond de la pièce, réponse de même des deux subordonnés, avec claquement de talons, avant de le poser sans douceur sur une chaise préparée à cet effet, à bonne distance du bureau. Puis, Pfeffel et le Schütz Helmar reculèrent. Deux pas pour Pfeffel, jusqu'à la porte pour Helmar. On avait refourgué le gars à la cave pour la nuit, mais plus personne ne l'avait touché depuis la veille. Il avait eu droit à un demi verre d'eau ; rien à manger, par contre. On espérait qu'il avait très mal dormi.

Le jeu pouvait commencer.
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Mar 15 Déc - 22:46

En règle générale les incursions à Sarnand se passaient bien pour Timothée. Il faut dire qu'il avait toujours une excellente raison de s'y rendre. Un papier à donner ou bien à prendre, un pot de confiture à livrer chez sa mère grand, des souliers rouges à prendre pour donner à Dorothy ! Des choses de ce genre. Mais là, ça ne s'était pas bien passé. Le démarrage avait été bon, mais ensuite nettement moins.

Il n'avait pas compris ce qui s'était produit ensuite. Pourquoi tout à coup on lui refusait l'accès et on l'interrogeait. Il avait tenté de s'en sortir par une pirouette mais cela n'avait pas fonctionné, aussi, il s'était retrouvé dans une cave humide et froide avec mal à l'oeil. Pourquoi l'avoir frappé, il n'en savait rien, il n'avait presque rien dit quand on était venu le chercher. Mais bon, puisqu'il semblait qu'il s'agissait de la politique de la maison, il n'allait rien dire. C'était surtout qu'il ne voulait pas s'en reprendre une inutilement.

Il avait compris qu'on le traitait d'espion et ça il le refusait, il n'avait rien espionné du tout, il était resté même pas deux minutes avant qu'on soit brutal avec lui. Donc il n'était pas très content qu'on le stoppe pour rien en fait ! Depuis quand les gens ne pouvaient plus aller comme bon leur semblait dans des lieux militaires ? Bon d'accord depuis toujours, mais ce n'était pas une raison valable selon lui car il n'avait jamais respecté cette règle !

En attendant il avait faim ! Le service était innommable dans les caves ! Bon, il avait bien dormi par contre, il ne faisait pas bien chaud mais il était bien habillé et puis il en fallait plus pour l'empêcher de dormir (un raid aérien avec bombardements juste à coté de lui par exemple). Et alors qu'on le trainait vers il ne savait où, son oeil encore marqué par le coup qu'il avait reçu et ses vêtements en piteux état, il se demandait où donc était son sac et s'il avait été ouvert. Certainement puisqu'on avait regardé ses papiers mais dans ce cas, il lui manquait quelque chose d'important …

Il fut poussé dans une pièce et assis de force sur une chaise alors qu'un cri retentissait, un salut allemand auquel il faillit répondre. Mais il se dit que ce n'était pas une bonne idée. Il regarda l'homme en face de lui et lui fit un sourire timide tout en passant d'une fesse sur l'autre. Il regarda autour de lui pour voir si ses affaires étaient quelque part. Il n'y avait que ce qui avait certainement disparu qui comptait, le reste était inutile. Enfin si, ses papiers étaient utiles et puis aussi les deux mouchoirs et le morceau de brioche bien enveloppé.

Il espérait tout de même que personne n'avait tenté de faire du mal à sa Chaussette, quoi que, c'était peu probable. Le contraire aurait été plus vraisemblable. Le problème venait plutôt du fait qu'elle suivait Tim partout, donc … elle ne devait pas être loin.

- Si je d'mande un truc, j'm'en r'prend une ? Heu je veux dire que je dois attendre que vous me posez les questions ?

Il avait fait un effort visible pour parler correctement, articulant chaque syllabe de manière à ne pas se faire mal comprendre, il n'aurait plus manqué que ça !
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Ven 18 Déc - 1:14

Pfeffel n'était pas vif du cerveau, mais le très court laps de temps qui sépara la question de Tim de la gifle qui lui fouetta le crâne suffit à prouver qu'il avait la main leste. Siedler était resté debout et faisait mine d'inspecter les papiers d'identité. Ils n'avaient pas l'air faux, mais comme il n'avait pas de moyen de le vérifier, il se disait qu'en ayant l'air suspicieux, l'autre se trahirait peut être.

"L'Oberscharführer Pfeffel ne comprend pas le français, mais comme vous le voyez, il n'aime pas que les prisonniers ne soient pas disciplinés,"
répondit lentement le capitaine, pour que son accent soit aussi correct que possible.

Les papiers toujours à la main, il en détacha le regard pour fixer des yeux bruns sur le prisonnier.

"La discipline est quelque chose de très important, monsieur Vivier. Sans cela, il n'y a pas de société qui marche et tout le monde fait ce qu'il veut. Vous," il le désigna avec la carte d'identité qu'il tenait entre deux doigts, le pouce et l'index replié, "êtes nuisible pour la discipline."

Il se força à sourire, parce que c'était toujours flippant quand Pfeffel et Kurtz souriaient face à des prisonniers. Ca donnait un air dominateur et sadique.

"Maintenant, j'ai des questions pour vous."

Il posa les papiers sur le bureau et s'assit dans son fauteuil. L'air d'être comme chez lui et parfaitement à l'aise... impression facilité parce que, effectivement, le fauteuil était très confortable. Mine de rien ce n'était pas un petit atout.
Il ramassa un crayon et commença à tapoter.

"Vous avez soudoyé le soldat Brämer ?"
Tap. "Comment l'avez vous convaincu," tap, "de vous laisser entrer sans les autorisations ?"

Tap.
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Ven 18 Déc - 22:31

La gifle sur le dessus de la tête était suffisante pour que Tim ne dise plus rien. Il se mordit la lèvre pour ne pas répliquer que l'autre était une brute sans cervelle mais il préféra ne rien dire pour ne pas s'en prendre une autre. Il n'était pas dans une position avantageuse donc il devait faire attention. Il redressa la tête dans une attitude de défi pour montrer qu'il n'avait pas trop peur.

L'autre s'amusa à parler de discipline et tout et tout. Tim faillit bailler parce que ce type de discours ne l'intéressait pas le moins du monde. Il ne le fit pas parce qu'il savait qu'il s'en reprendrait une autre … Il regarda la carte que l'homme maltraitait et espéra qu'il n'allait pas la déchirer pour dire que ses papiers n'étaient pas en règle, ce ne serait pas gentil et comme les allemands n'étaient pas connus pour être tous gentils … Il se tut et attendit qu'on lui parle et qu'on lui pose des questions. Parce que là, il dissertait au lieu de faire peur et ça étonnait Tim.

Est-ce que tous les interrogatoires se passaient comme ça à la gestapo ? Parce que dans ce cas pourquoi tout le monde avait peur, il n'était pas si méchant que ça le monsieur, il ne demandait rien, il ne menaçait même pas.

Il regarda l'homme qui souriait et il se demanda ce qu'il y avait de drôle, en tout cas, ce sourire n'était pas le moins du monde impressionnant, il faisait forcé plus qu'autre chose.

Ah ! Enfin, il avait des questions et Tim allait pouvoir savoir ce qu'on lui reprochait exactement. Il écouta de toutes ses oreilles pendant qu'il s'amusait à tapoter sur la table avec un crayon, ah ! La torture commençait, il allait tapoter pendant des heures, comme le supplice de la goutte d'eau, pour que Tim devienne fou à force d'entendre ça !

Le garçon ne se fit pas prier quand on lui demanda de parler. Il jeta un regard un peu apeuré tout de même à Pfeffel, est-ce que cet abruti avait compris qu'on lui posait une question et n'allait pas le frapper dès qu'il ouvrirait la bouche ? Bon, il allait dire que non !

- J'veux pas m'en r'prendre une d'ssus l'coin d'la tronche parce que j'vous cause moi ! Mais bon, j'pas s'doyé qui qu'ce soit, j'simplement d'mander à y'aller pour voir l'dragons. J'trouve qu'y sont chouettes et puis j'voudrais bien êt' p'lote quand j'pourrais ! Mais comme j'pas vraiment l'droit d'y aller, ben j'dis que j'allais voir quelqu'un. J'bosses chez Madame Manon et j'connais d'soldats qu'm'aiment bien donc ben j'croyais que j'pouvais.

Il fit un petit sourire d'excuse en se demandant si cela suffirait comme explications mais il n'en avait pas d'autre à donner. Oui il était entré à Sarnand pour un prétexte futile et alors ? Il n'avait rien fait de mal à part poser un doigt de pied dans la cour alors hein !

- J'peux pas v'dire tell'ment plus d'choses, et j'sais que même alors que j'dis la v'rité z'allez pas m'croire direct. C'est vrai qu'vous faites d'la torture en arrachant l'z'ongles et en f'sant d'trucs pleins d'sang ? Parce que moi j'voudrais bien qu'vous me l'fassiez pas, j'dis tout c'que j'sais sans t'ça hein. Z'allez m'faire d'mal ?

Il avait parlé d'une petite voix en accélérant le débit parce qu'il avait tout de même un petit peu peur des rumeurs. Si l'autre ne le croyait pas, est-ce qu'il en viendrait aux mains ? Est-ce que la torture sur les enfants était habituelle dans ces cas là ? En tout cas, il ne le savait pas...

Il sembla se recroqueviller un peu sur lui même en attendant la réponse. Bon, oui c'était l'autre qui posait les questions, mais il avait le droit de se renseigner sur les méthodes d'interrogatoire non ?
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Lun 21 Déc - 3:32

Le moins qu'on puisse dire, c'est que Siedler avait très envie de faire signe à Pfeffel juste pour se venger de l'accent de Vivier. On avait pas idée de parler un Français aussi pourri, tout de même ! Heinz avait toujours trouvé cette langue harmonieuse, quoi que d'intonation peu musicale, et son pauvre petit coeur souffrait de la voir ainsi maltraitée. Pfeffel dû sentir son agacement car il se permit de faire craquer ses phalanges d'une manière tout à fait sonore.

"Non, nous n'arrachons pas les ongles. Ca ne fait pas assez mal,"
répondit Siedler, juste parce que Vivier l'avait vraiment énervé avec ses réponses à la con et qu'il prendrait peut être l'affaire plus ou sérieux -et avec plus de discipline- si on lui enfonçait bien entre les deux oreilles qu'il n'était pas devant le proviseur de son collège. "Nous avons des choses, qui sont beaucoup plus efficaces."

Tap.

Tap.

"Je pense que vous n'êtes pas idiot, monsieur Vivier. Vous saviez que vous ne pouviez pas. Vous savez aussi que vous risquez d'attirer des problèmes à votre patronne. Ce que vous ne savez peut être pas, c'est que votre patronne a affirmé qu'elle ne savait pas et que vous ne travailleriez plus chez elle, si je décidais que vos réponses ne sont pas, satisfaisantes."

Tap.

"Comment avez vous persuadé le soldat Brämer de vous faire entrer ?"

Depuis la porte, Fritz Helmar observait le prisonnier d'un regard brûlant. Lui, la discipline, ça ne le faisait pas rire... du tout.
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Lun 21 Déc - 12:24

Les poings qui craquent, Tim en avait l'habitude, il en entendait assez régulièrement. Donc il sut aussitôt que Pfeffel derrière lui n'avait qu'une envie, lui en recoller une, si possible plus douloureuse encore que la première. Il regarda le chef avec des yeux implorants. Bon, il s'était un petit peu laissé emporté dans ses explications mais bon. Quand l'autre décida que d'arracher les ongles était trop doux et que certaines choses étaient plus efficaces, il faillit demander quoi. Mais il se retint ce qui donna l'impression qu'il se mordait les lèvres pour ne pas faire quelque chose. Bon en l'occurrence c'était parler, mais ça aurait tout aussi bien pu être pleurer. Il faillit d'ailleurs tenter d'éclater en sanglots pour amadouer l'homme en face de lui, mais il risquait de ne rien amadouer du tout et pleurer si ça n'apportait rien, très peu pour lui.

Il se redressa sur sa chaise quand l'homme lui affirma qu'il n'était pas idiot ! Ah, enfin quelqu'un qui reconnaissait ses mérites. Et si c'était un homme qui l'interrogeait qui le disait, c'était que cela devait être vrai non ? Bon, maintenant il restait à voir pourquoi on lui disait ça, certainement pas par bonté d'âme. Et la suite de a phrase le lui fit bien comprendre. Ah ? Il pouvait perdre son travail ? Ah ben non alors !

Il ne dit rien et attendit la question suivante. Comment il l'avait convaincu ? Il se mordit la lèvre inférieure avant de parler plus lentement. Il avait bien vu que l'autre n'aimait pas sa façon de parler en retirant la moitié des voyelles.

- Je n'veux pas perdre mon travail moi m'sieur. Comme que je vous l'ai dit, je voulais surtout voir l'dragons. Et j'ai d'mandé au soldat s'il pouvait m'laisser passer. Bon, j'ai p'têt un peu dit que j'apportais des choses au commandant de la part d'ma patronne pour passer. Et puis aussi que j'devais lui donner en main propres parce qu'elle me l'avait dit. J'ai p'têt un peu eu les larmes aux yeux aussi quand qu'il a fallu que je dise que c'était très important. Mais j'vous jure que c'était presque vrai. Vous pouvez r'garder dans mon sac, y'a d'la brioche que j'ai dit que le commandant voulait. Bon, c'était un peu pour moi mais bon. Elle ma vraiment m'virer ? Mais j'vais faire quoi moi si j'suis viré ?

Au moins il avait essayé et ça se sentait dans le débit plus lent. Mais ce n'était pas encore ça sachant que le stress jouait tout de même à plein régime. Il regarda l'homme, plein d'espoir, ils n'avaient pas besoin d'apprentis à la gestapo ? Oui il était interrogé et tout et tout, mais il ne le demanda pas, il le pensa très fort c'était tout.
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Mar 22 Déc - 0:59

Tap.

"Et bien, il fallait y penser avant, monsieur Vivier,"
répondit Siedler avec un joli sourire. C'est aussi à ça que ça servait, la discipline, non ? A garder son emploi. Et Dieu sait ce que ça pouvait être précieux, ce genre de petites choses.

Il retourna le crayon entre ses doigts pour le ramener mine vers le bas, tira une feuille et commença à gribouiller ce qui ressemblait plus ou moins à des mots.

"Vous avez menti à un soldat, en utilisant le nom de votre patronne en gage, sans qu'elle le sache. Vous pourriez lui provoquer des problèmes," remarqua distraitement Siedler en continuant à gribouiller. Et comme Manon était une amie à lui, il n'avait pas à feindre l'acidité qui courait de sa langue à sa voix. Ah, elle allait être contente, quand elle apprendrait ce qu'il avait fait ! Alors qu'elle avait voulu intercéder en sa faveur !

"Qu'est-ce que vous faisiez, avant de travailler chez Madame Manon ?" demanda Siedler, l'air franchement peu intéressé. Son accent ne le dévoilait pas mais son regard et la position de ses sourcils en disaient long : vous étiez sans doute un sale parasite à moitié communiste, un délinquant quelconque ayant renié père et mère pour aller faire on ne sait quoi on ne sait où. D'ailleurs -tap- il habitait au café, ce qui prouvait bien qu'il n'était plus chez ses parents. "Où est votre tuteur ? Vous êtes un enfant en fuite ? Les gens comme vous sont mis dans des maisons pour jeunes délinquants, quand ils se conduisent mal. Je crois que c'est très dur, comme endroit."

Tap.

"Pourquoi vouliez vous entrer à Sarnand ?"

Tap.

"Vous pouviez facilement voir des dragons à Viers. Pourquoi êtes vous allé là où c'était dangereux ?"

Non parce que fallait pas trop le prendre pour un con. Des dragons, il pouvait en voir quand il voulait à la poste, il suffisait de prendre le bus qui y allait directement, quatre fois par jour. Vu la distance il aurait même pu y aller à pied. Alors il n'allait pas lui faire croire qu'il avait choisi le coin le plus difficile juste pour les beaux yeux du téléphérique !
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Mar 22 Déc - 20:42

Mais pourquoi il souriait ? Tim, lui n'avait pas envie de rire. Bon il n'était pas totalement apeuré par les réactions possibles de l'homme. Après tout, en tant qu'enfant, ou plutôt en tant qu'adolescent, il n'avait peur de rien ou presque rien. Par exemple, à l'heure actuelle, ce qui lui faisait le plus peur c'était le devenir de sa Chaussette. La pauvre, seule, errant dans les rues froides, glaciales, inhospitalières de Montreuil.

Le gestapiste semblait penser que Tim réfléchissait avant d'agir. Mais ce n'était pas du tout le cas, en fait, il était proche de ceux qui agissent avant et qui réfléchissent après s'ils ont le temps. En l'occurrence, il n'avait pas eu le temps ...

Le crayon cessa de taper pour se concentrer sur l'écriture de quelque chose. Si Tim avait été impressionnable, il aurait pu avoir peur, mais là, la feuille n'avait aucun en-tête particulier et il lui semblait que l'homme n'écrivait pas vraiment. Mais il ne pouvait pas en être certain.

Il faillit répliquer qu'il n'avait pas donné le nom de sa patronne en gage, il avait simplement un peu utilisé ce nom pour pouvoir entrer. Et puis, s'il ne l'avait pas fait, on ne l'aurait pas laissé entrer à Sarnand comme ça ! Ce n'était même pas drôle finalement !

Les questions reprirent et il y en avait un paquet ! Avant ? Tuteur ? En fuite ? Mais il se faisait des films celui là, ce n'était pas possible ! Et puis ensuite ! Quelle façon de faire ! Comme si voir des dragons à Viers était une occupation intéressante ! Non, ce qui était le mieux dans l'observation des dragons de Sarnand, c'était le danger, mais ça, l'autre ne semblait pas le comprendre.

- Ben non j'voulais pas qu'elle ait d'problèmes, moi j'pensais qu'on allait juste me dire de ficher le camp. Bon, oui, je savais qu'on pouvait m'donner une dérouillée, éventuellement avec un martinet mais bon ce s'rait pas la première fois. C'est c'que vous z'allez faire pour me punir si vous décidez que j'suis pas un dangereux espion ? Oui oui, je réponds aux questions !

Il avait anticipé parce qu'il se disait qu'il risquait fort de se faire encore frapper, et même s'il venait de proposer son dos comme terrain d'exercice pour les muscles des membres de la gestapo, il préférait ne pas donner d'acompte.

- Alors avant d'bosser, j'étais à l'école. J'ai tout juste quatorze vous savez, donc je suis allé à l'école mais c'était pas mon truc. Et puis mes vieux y z'ont pas d'fric donc j'suis bien obligé de travailler pour avoir un peu plus à bèqueter. Mon tuteur ? Pourquoi vous me d'mander pas où qu'est mon père ? L'est à Valence, il bosse dans une usine de pneus. Ma mère elle fait des ménages. Et j'ai un frère et une soeur qui sont trop p'tits pour travailler alors ils vont à l'école. Moi j'suis v'nu ici parce que j'ai un pote qui connait Madame Manon et qui a bien voulu lui écrire une lettre.

Il se tut un instant pour réfléchir aux autres questions. Ah oui, le centre pour délinquants, il fallait quand même qu'il montre qu'il n'avait pas peur ! Il n'était pas une poule mouillée.

- Ben, pour le centre pour délinquants ? C'est quoi qu'est dur ? M'dites pas qu'y faut s'laver tous les jours ou bien n'pas dire de grossièretés hein ? Ca peut pas être si terrible qu'ça ?

Il réprima un éclat de rire avant de se souvenir de sa position actuelle. Ce n'était certainement pas bien malin mais il n'avait pas pu s'en empêcher. Restait à voir les deux dernières questions et c'étaient celles qui embêtaient le plus Timothée.

- Alors heu pourquoi Sarnand ? Ben en fait, c'est pasque j'ai pas l'droit.

Il fit une petite grimace d'excuses en croisant les bras dans son dos. Pour une fois, on le sentait réellement gêné.

- Aller voir les dragons de la poste c'est chouette la première fois mais ensuite c'est toujours pareil. A Sarnand ils bougent et puis faut que j'fais attention à tout pour pas qu'on m'fache trop fort. Donc ça m'donne l'impression que j'suis vivant. Vous savez, j'suis pas vraiment contre les règles, c'est que des fois ben je m'ennuie. Je ne sais pas, y m'faut des défis pour pas croire que j'sers à rien.

Il renifla avant de s'essuyer avec sa manche. Il n'avait pas eu l'intention de se livrer autant et il se trouvait idiot du coup. Il essuya ses yeux d'un geste rageur avant de relever la tête, non, il ne montrerait pas à l'homme qu'il en avait trop dit sur lui. Il ne lui tendrait aucune perche pour qu'il pousse plus loin sur les raisons de sa présence à Montreuil alors qu'il aurait pu travailler à Valence. Même s'il était possible que l'autre veuille lui en parler...
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Jeu 24 Déc - 3:24

Nouvelle insubordination ; Siedler décocha un regard-ordre à Pfeffel qui s'abaissa pour en remettre une couche. Par chance pour Tim, ce dernier se décida toutefois à donner ce qui ressemblait à une vraie réponse, si bien que Siedler fit signe au géant de s'abstenir. Pfeffel ne frappa donc pas, mais ses doigts coulèrent sur les épaules. Sans serrer, mais comme une présence inconfortable et menaçante.

Siedler, lui, gribouillait ; en fait il écrivait, mais distraitement, si bien que le tout ne serait lisible quasiment que par lui même.

"Comment avez vous obtenu l'Ausweis pour traverser la ligne de démarcation ?" répondit Siedler, l'air de dire qu'il ne le croyait absolument pas. Parce que vu son âge, il devait être arrivé en 1941 et il traverser la ligne quand on était un inutile était devenu quasi impossible dès le dernier trimestre 1940. D'ailleurs il devait avoir de drôles de parents pour qu'ils veuillent l'envoyer à l'autre bout de la France en des temps pareils, mais enfin, ils étaient sûrement communistes. "Votre père, il est syndiqué ? Il a des opinions politiques ?" ajouta-t-il sans daigner répondre à aucune des questions du gars. D'ailleurs, il l'énervait un brin, à croire qu'il pouvait poser des questions. A la prochaine, Pfeffel lui en mettait une.

Et comme le gars eu la charmante idée de rire ET d'enchaîner sur des questions, la pression des doigts sur les épaules augmenta très rapidement, très fortement et très méchamment, jusqu'à ce que le rire se mue plutôt en douleur. La punition cessa vite, toutefois : après tout, on en était qu'aux préliminaires et Heinz n'arrachait pas les ongles.

La réponse suivante se révéla intéressante, enfin. Les premières n'avaient été que la pelure transparente et fade de l'oignon, celle qui est colorée mais n'a aucune force, que ce soit entre les doigts ou sur la langue. On commençait à toucher la chair, piquante et sensible.

Réponses intéressantes... les espions n'étaient pas que des patriotes. Un soldat n'a pas la même chair que celui qui s'aventure sous une fausse identité : l'espion aime braver l'interdit, mentir, vivre en sachant qu'il brise toutes les règles. Certains ne pratiquaient leur art que part goût du risque.
La réponse ne disculpait pas du tout le garçon.

Et gribouille, gribouille, pas de tap tap, même si ça risquait de revenir.

"Vous n'avez pas l'impression d'être égoïste ? Madame Manon sait bien qu'elle n'a pas le droit d'envoyer de gens à Sarnand. En utilisant son nom, vous risquez de lui attirer des ennuis. Je pourrai faire fermer son café, juste parce que vous aimez vous moquer des autorités d'occupation."

Il écarta un moment la feuille d'un geste du poignet.

"Vous savez, je ne peux pas laisser les gens se moquer des autorités d'occupation."

Il avait presque l'air de s'excuser, de dire "ce n'est pas ma faute, vous comprenez, vous devriez vous sentir coupable de me mettre dans cette situation, parce que je n'ai pas envie de punir des gens".

"Les gens vont croire qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent, ensuite. Vous comprenez ? Ce que vous faites, c'est grave !"

Et il ferait mieux de raconter le reste fissa, histoire d'alléger un peu la culpabilité qui devrait en toute justice peser sur ses épaules...
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Sam 26 Déc - 15:27

Tim grimaça quand il sentit les mains du géant s'abattre sur ses épaules telle la misère sur le bas clergé breton. Il faillit pencher la tête en arrière pour dédier un sourire à Pfeffel mais se dit que ça ne ferait qu'empirer les choses. Il resta donc à attendre la suite des questions. Et quand on lui demanda où il avait eu les papiers pour traverser, si son père était syndiqué, il faillit, mais faillit seulement crier sur l'homme qu'il s'en fichait de son père !

Il réprima son envie en sentant que les mains s'appuyaient de plus en plus sur ses épaules et il sentait que s'il se mettait à crier ça ne ferait qu'empirer les choses. Il regarda cependant l'homme en face de lui différemment quand ce dernier eut presque l'air de s'excuser. Il n'avait jamais voulu se moquer des autorités d'occupation, enfin pas trop quoi. Juste à la limite pour ne pas se faire taper sur les doigts, surtout qu'il faisait exactement la même chose qu'avec les français, il ne respectait les règles que par instinct de conservation, jamais par volonté propre.

Il inspira et commença à répondre à toutes les questions avec une voix plus faible.

- Vous v'lez savoir pourquoi je suis ici, c'est facile, pour ne plus me prendre de raclées de mon père parce que je ne fais pas ce qu'il me dit. Oh, je sais vous allez m'dire que j'les mérite mais non. Mon père il n'en a rien à foutre de moi, tout ce qui l'intéresse c'est d'avoir du fric pour pouvoir aller s'payer des coups à boire. Alors un mioche en moins dans les pattes, il est enchanté. Comment j'ai eu les papiers pour venir ? Je vous l'ai dit, je connais un copain qui habitait ici et il m'a donné ce qu'il fallait. Je ne sais pas comment qu'il l'a eu le papier, je ne suis pas là pour ça, je suis là pour bosser et arrêter de m'faire cogner quand j'veux simplement bêqu'ter.

Il s'interrompit un instant pour reprendre le fil de ses idées et des questions qui lui avaient été posées.

- Et s'il est syndiqué mon vieux, j'en sais foutrement rien, tout c'que je sais c'est qu'il picole sa paye. Alors les seules opinions politiques qu'il a c'est plus de pinard pour les gens comme lui. Vous voulez que j'deviens plus égoïste, moi j'veux bien mais faut qu'on arrête de me trouver trop p'tit pour tout ce que je veux faire.

Il s'avachit un peu et termina ses réponses.

- Je n'ai pas réfléchi avant d'aller à Sarnand, c'est pas que j'suis con mais j'pensais pas que ce s'rait si dérangeant que j'aille voir des dragons. Ecoutez, vous pouvez m'faire ce que vous voulez, après tout, j'vous cause des soucis et avec les roustes que j'me suis pris quand mon paternel en avait un coup dans l'nez, j'suis presque blindé. Si vous voulez qu'votre géant s'défoule sur moi, allez y. Mais dites pas à m'dame Manon et lui faites pas d'histoire. Elle est gentille avec moi et j'veux plus la décevoir.

Il renifla et s'essuya avec sa manche, entrainant au passage les quelques larmes qui coulaient de ses yeux. Il redressa la tête.

- Comme que j'vous l'ai dit, j'pense que j'suis pas trop con pour comprendre que c'est plus à r'faire. Oui, j'aurais pas du commencer mais j'suis un gars qu'à besoin de s'bouger sinon je m'ennuie et quand je m'ennuie, j'fais qu'des conneries au boulot. Donc allez y dites lui de me cogner un bon coup, si vous l'voulez, à moins que vous n'vouliez cogner vous à la place. Mais faudra m'trouver des trucs à faire autre, parce que j'peux plus aller à Sainte Marie, j'peux plus aller à Sarnand, y'a plus d'choses qui m'intéressent. En plus j'suis sur que j'suis trop jeune pour vous aider alors, c'est pas la peine de m'faire croire que vous êtes désolé. Cognez moi d'ssus si ça peut vous défouler, et puis ensuite balancez moi dans vot' camp pour délinquants, là bas j'pourrais p'têt rendre les coups et ...

Il sentit sa voix qui se cassait et il baissa la tête, les traits défaits par les larmes qui coulaient. On entendit assez clairement entre les sanglots : Putain d'merde, je chiale comme un môme. J'suis qu'un bon à rien d'toute façon, mon vieux l'avait raison.
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Mer 6 Jan - 3:02

"Qui est-ce, votre copain ?"

Non, parce qu'on sait jamais, si ça se trouve le type avait eu des faux. Ça ferait au moins ça de fait pour cet interrogatoire qui, pour le moment, ne menait qu'à des réponses idiotes et larmoyantes.

A un moment, il se laissa aller à froncer les sourcils ; en fait, il était agacé parce qu'il ne comprenait pas pourquoi il faudrait que le garçon devienne plus égoïste. Heinz se demanda s'il n'avait pas fait une faute de syntaxe quelque part. Ce genre de choses l'énervaient toujours.

"Schütze Helmar, allez demander à l'hauptsturmführer Kurz s'il a terminé son interrogatoire au sous sol."


Pfeffel ne parlant pas français, il n'était pas nécessaire de se débarrasser de lui pour l'instant. Après que le jeune homme ai salué et avant qu'il ne sorte, Siedler ajouta : "Et s'il n'a pas terminé, dites lui que je veux récupérer notre ami en un seul morceau. Dites lui aussi de se laver les mains avant de remonter."

Un frisson de dégoût traversa ses épaules pendant que la porte se fermait avec un petit "clac".

"Bon, je résume tout ce que vous m'avez dit,"
commença Siedler en reculant dans son fauteuil, le crayon dansant entre deux doigts, "Je dois croire, que vous êtes stupide, immature et menteur. Je pense, que vous êtes aussi masochiste. Vous ne devriez pas me donner des occasions de me mettre en colère contre vous. Vous êtes irrespectueux de l'autorité, de votre patronne et de moi même."

Il haussa les épaules.

"Qu'est-ce que vous voudriez, que je vous trouve à faire, comme "autres trucs" ?"

Non, parce qu'on sait jamais, il y aurait peut être un superbe trait de génie pour que ce gars arrive enfin à être un peu utile. Sinon... et bien Pfeffel se sentait certainement exclu de la conversation...
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Sam 9 Jan - 15:30

La réponse fusa rapidement après la question, si l'homme voulait connaitre le nom de son copain, Tim allait le lui donner sans qu'il n'ait besoin de reposer la question.

- C'est Gaston Duval mon copain, il est dans une école d'Valence.

Puis son tourmenteur demanda au plus jeune des spectateurs d'aller voir si quelqu'un avait terminé, car oui, il avait beau parler en allemand, Tim le comprenait. Et le fait d'ajouter un mot sur le lavage des mains n'était certainement pas pour le rassurer, quoi que ... lui était interrogé dans une pièce où les tâches de sang ne se nettoieraient pas si bien que ça.

Il redressa la tête quand les conclusions sur ce qu'il était arrivèrent. Il faillit interrompre l'homme au mot masochiste parce qu'il ne le comprenait pas bien, mais il se tut et garda les poings serrés pour ne pas craquer totalement. Il était déjà ridicule de pleurer pour un rien alors non il ne se laisserait pas avoir par le ton de l'autre. Il carra sa tête dans ses épaules pour se protéger si jamais un coup arrivait mais il semblait que non, et ce fut une question qui parvint finalement à Tim.

Une excellente question qui allait pouvoir trouver des réponses multiples si jamais il en avait le temps. Le garçon ouvrit la bouche pour faire une première proposition mais la referma, est-ce qu'il s'agissait d'un piège pour qu'il puisse parler de choses interdites qu'il aurait pu faire ? Bon, il n'y en avait plus mais avec les gens on ne savait jamais. La seconde fois qu'il ouvrit la bouche ce fut pour pousser un cri de douleur.

- Aïe ! P'tain Chaussette, tu peux pas m'lâcher là !

Il se pencha en avant pour détacher le chaton qui s'était agrippé à son pantalon, enfonçant ses griffes dans les mollets du garçon et il le posa sur ses genoux.

- J'ai p'tet une idée mais vous z'allez pas vouloir. J'peux vous dire si j'vois d'trucs pas nets. J'bosse dans un coin où qu'on cause beaucoup et p'tet que je pourrais vous dire si ça va pas et qu'c'est mal c'qu'on dit ? Et comme que vous voulez certainement pas que j'vienne moi, j'vous envoie Chaussette avec un message. Ce s'ra pas un pigeon mais ça pourrait p'têt marcher ?

Un miaulement de désapprobation concernant les mains qui maintenaient le corps du chaton entreprenant se fit entendre mais Tim était fier de son idée. Ce serait bien de pouvoir aider les autres et l'autorité et puis ça lui ferait garder son travail en même temps non ?

Il était possible que l'homme ne soit pas d'accord, c'était même probable mais bon au moins il avait une idée alors que l'autre n'en avait pas proposé. La seule chose que voulait Timothée c'était de pouvoir rester à Montreuil et si possible de pouvoir continuer à faire des choses un peu limites sur le plan respect des lois, juste un tout petit peu limite quoi.

Il leva l'animal pour que le tourmenteur le voit bien, c'était un plan parfait, personne ne pouvait suspecter un chaton de transporter des messages non ?
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Jeu 14 Jan - 0:52

"Capitaine ! Le poste de commandes est HS !
-Bon sang, quel coup on a pris !
-Dépêchez vous, bande de feignasses, allez me rallumer ça !"

Et les sous-mariniers bidouillent coque et moteurs, parce qu'ils savent qu'il faut absolument que le PC tourne... déjà que la ventilation est défectueuse sur ce modèle, faudrait pas qu'en plus ce soit un sous marin sans tête, non ?

SBAM.

"Torpille !!! Torpille !!
-Merde ! ... elle était bourrée de charges Hautement Improbables ! Notre poste-logique est mort !"


Heinz cligna des yeux, partagé entre l'envie d'écraser son front sur son bureau (plusieurs fois, si possible), de faire signe à Pfeffel de faire la même chose à Vivier ou de se mettre à rire hystériquement. Au lieu de ça, il posa les deux mains à plat sur le bureau et se releva, se pencha un peu en avant et découvrit que oui, c'était bien un chaton.
Il ne voulait pas savoir comment ce truc était arrivé là -le poste-logique fumait encore-. Il ne voulait même pas commencer à imaginer. D'ailleurs Pfeffel aussi avait l'air de ne pas commencer du tout à imaginer.

Et puis, l'illumination se fit : on se foutait de sa gueule. C'était une grosse farce, un poisson d'avril en retard. Le poste-logique ne voyait que ça après l'attaque de la torpille-chaton-voyageur... et puis, la console-rire prit le dessus, parce que l'image d'un chaton avec un rouleau de papier sur le dos venant miauler à sa porte pour transporter un message était... était... Heinz décida que l'officier-neurone chargé des définitions était mort sur le coup.

Il ne reprit la parole qu'après être sorti de son hilarité. Dommage qu'on ne puisse pas envoyer à Himmler un condensé des trucs les absurdes inventés par les prisonniers, il aurait pu faire rire du monde à Berlin !

"Vous êtes sérieux... pour le petit chat ?"

Parce que s'il l'était, Siedler était prêt à le libérer fissa juste pour voir ça.
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Ven 15 Jan - 15:31

Si il y avait une réaction à laquelle Timothée ne s'attendait pas, c'était bien le rire. L'hilarité de l'homme le fit froncer les sourcils, ce n'était pas si idiot que ça tout de même si ? Mais de toute façon il avait décidé de ne pas faire de commentaires avant que l'autre ne le lui demande. Ca allait bien les coups et il avait un peu de mal à bien parler avec la gorge sèche donc il voulait qu'on le laisse tranquille et pour ça il était prêt à tout. Enfin, il était toujours prêt à tout mais bon ...

Il regarda l'homme se calmer et examiner Chaussette pendant qu'en même temps il réfléchissait à un moyen de ne pas se faire enfermer juste pour suggestion impossible. Il haussa les épaules quand on lui demanda s'il était sérieux.

- Si j'vous dis qu'oui, vous allez encore me dire que j'suis con et que j'peux pas faire d'choses bien. Mais j'pense que ça pourrait marcher. Bon pas direct parce que Chaussette elle va pas v'nir vous voir rien qu'comme ça. Faudrait qu'vous la preniez ch'vous pendant quelqu'jours pour qu'elle s'habitue. Z'avez bien des mascottes comme dans les camps d'scouts non ?

Il tentait de calmer le chaton qui feulait face à l'inconnu et qui semblait encore plus sauvage que son maître. Bon, il est vrai que si on regardait les mains de Tim on pouvait voir de nombreuses marques de griffures dues aux tentatives de dressage sur l'animal mais un gestapiste ça sait dresser les gens donc les chatons ...

- Mais s'vous voulez bien et que j'suis sage et tout et tout, j'pourrais faire d'trucs chouettes comme avant sans qu'vous m'cognez d'sus ou bien je d'mande trop d'choses.

Il s'interrompit une seconde à peine avant de secouer la tête.

- Mon pauv Tim t'con avec ta manie d'trop causer, ferme là un peu ta grande goule.

Il baissa la tête et maintint fermement Chaussette qui trouvait que les lacets de ses chaussures semblaient passionnants et qui avait même l'air de vouloir jouer avec les autres humains de la pièce.
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Mar 19 Jan - 21:25

Oui, en mascotte, ils avaient Pfeffel, mais ce n'était pas le même genre de mascotte. Mais Heinz se retint bien de le dire, d'une part parce que ledit Pfeffel pouvait le prendre mal et décider de lui en foutre une (ce qui n'était pas impossible), d'autre part parce que le SD devait montrer au monde un front aussi uni que possible.
Et puis, y'avait trop de monde qui ne les aimait pas... c'était pas la peine de ne pas s'aimer en collègues ou de ne pas faire l'effort de faire semblant.

"Donc vous êtes sérieux."

Eh oui, si on était à parler des possibilités techniques...

"Vous demandez trop de choses. Je peux faire disparaitre les accusations d'espionnage mais puisque vous avez été arrêté pour ça, je ne peux pas vous laisser le faire encore."


Siedler sembla chasser une mouche de la main en retournant dos dans son siège. Fallait pas rêver non plus, y'avait pas marqué Croix Rouge sur ses épaulettes.

"Revenons à nos chatons," dit-il en souriant à sa propre blague, tout en jetant un regard au garçon pour vérifiait qu'il en riait aussi. "Dans combien de temps est-ce que vous pensez que votre petit chat pourra porter des messages ?"

Quels messages ? Aucune importante. C'était juste pour le fun... il pourrait même demander à Helmar de suivre le chaton pour voir s'il y arrivait vraiment. Heinz se demanda s'il ne pourrait pas le dresser pour aller voler les pâtes de fruit de Wienke.

"Est-ce qu'il est propre ? Je ne veux pas avoir des puces ou des crottes de chat ici. Je ne veux pas, non plus, qu'il fasse ses griffes sur les murs et les bureaux."

Il semblait douter sérieusement de l'éducation de la bête.

"Vous avez dit qu'il s'appelait comment ?"
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Jeu 21 Jan - 23:04

Ben oui il était sérieux, en plus s'il avait emporté Chaussette à Sarnand ce n'était pas pour des prunes tout de même, c'était bien pour une raison quelconque. Donc Tim attendit le verdict de l'homme sur son sérieux et se demanda un instant s'il n'en avait pas fait trop. Parce que tout de même, il fallait le faire pour proposer une mascotte aux personnes les plus craintes dans la ville.

Cela ne semblait pas si problématique que ça puisqu'il ne se reçut aucun coup et que l'homme sembla décidé à vérifier sa proposition. Tim haussa les épaules d'un air dépité quand il lui dit qu'il ne pouvait pas recommencer, ça c'était problématique, il allait finir par devoir trouver une autre solution pour aller à Sarnand ou dans des lieux interdits. A moins que, du fait de ses bonnes relations avec la gestapo, il obtienne un laisser passer pour Sarnand un jour. Ca ce serait super non ?

Quand la blague la plus drôle de l'année fut prononcée, Tim pouffa légèrement mais se retourna vers Pfeffel avant de faire baisser son sourire, il ne voulait pas se faire cogner parce qu'il avait rit lui aussi.

" Si j'rigole, j'm'en prends une ? "

Parce qu'il voulait savoir quand même s'il pouvait avoir l'air de s'amuser lors d'un interrogatoire, ça ne devait pas se faire souvent mais l'homme était gentil et puis en plus il n'avait rien fait. Il avait juste pénétré dans un lieu interdit, c'était pas comme s'il avait tué quelqu'un.

Alors pour le dressage de l'animal il se posait des questions, est-ce que ce serait long de dresser Chaussette ? Ben il n'avait jamais essayé, mais si le chat était nourri aux deux endroits, il ferait certainement des aller-retours non ?

" Ben faudrait qu'vous lui donniez à manger ici, et puis dans quelques jours on pourrait voir s'il va chez vous et chez moi. P'têt qu'au début je le port'rais, ça f'ra débile mais bon, j'suis habitué puisque j'suis immature et tout et tout comme que vous avez dit."

Un peu de rancoeur tout de même bien entendu, parce que Tim n'était pas du genre à coucher les pouces quand on l'insultait directement. Il posa Chaussette sur le bureau pour montrer combien il était bien dressé.

" Alors non il fait pas d'sal'tés, j'aime pas faire d'nettoyage, donc j'lui ai appris à êt' propre. Pour l'griffes z'inquiètez pas, il préfère l'faire sur m'mains. "

Il lâcha le chaton et le fit se diriger vers Heinz, il le vit avancer et renifler un peu partout.

" Heu, j'crois qu'z'allez pas aimer, c'Chaussette son nom, c't'une fille. J'pense qu'il va pas êt' possible de l'changer. Et l'pire c'est que j'devais pas l'garder, j'devais l'donner au patron d'la mère d'un copain mais ben elle m'a dit que c'tait pas une très bonne idée. "

Tim le fixa un instant et recula dans son siège pour laisser Chaussette visiter le bureau et faire connaissance avec son nouveau maître par intérim.
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Lun 25 Jan - 3:29

Oui, comme il avait dit, immature et ridicule. Mais pour le moment ce n'était pas la question, parce que Heinz attendait justement du garçon qui soit ridicule -et donc drôle-, parce qu'il avait très envie d'en rire et qu'il pensait sérieusement que le gosse était inoffensif... au pire, il allait garder ses papiers et le gars serait bien embêté pour quitter Montreuil s'il ne les avait pas.

Mais quant même, il aurait pu demander avant de poser sa bestiole sur le bureau. C'est qu'il était sacrément joli, ce bureau, et Heinz n'avait pas envie qu'on lui fasse de grosse rayures dessus : ce n'était ni fun, ni drôle et franchement, un chaton voyageur ne valait pas le coup de bousiller le mobilier. Ce sont donc deux yeux très suspicieux qui suivent les pérégrinations du chat... Chaussette ?

Mais c'est quoi, ça ? Quel nom pourri, vraiment ! Il ne pouvait pas l'appeler chaton, minou ou un truc du genre ? Mais Chaussette !
Souvenirs souvenirs, est-ce qu'elle savait ramener des pièces de vêtement égarées, la minette ? Sauf que c'était le genre de souvenirs que Heinz préférait laisser sur pas de la porte de cette maison... surtout quand Pfeffel était là.

Il ne savait pas pourquoi, mais il détestait quand il y pensait et que Pfeffel était là. Dans ce genre de moments il se sentait trop vulnérable, comme s'il doutait et de la stupidité de l'homme, et de sa loyauté. Comme s'il craignait qu'il voit à travers lui et l'abandonne face à tous les autres.

Oui.
Chaussette, c'était vraiment un nom de merde.

D'un coup, l'idée n'était plus si bonne et Heinz avait hâte qu'ils en finisse. Ce chat n'était pas drôle, d'ailleurs il ne voulait plus le voir. Dès que le gamin serait parti il s'en débarrasserait, le foutrait à la rue ou quelque part où il ne l'aurait pas sous le nez. Même le gamin, il ne voulait plus le voir, d'ailleurs. Il ne voulait plus voir personne.

"Très bien," il attrapa le chat par la peau du coup et le posa par terre. "Vous pouvez partir."

Ca sonnait comme un "vous devez".
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Jeu 28 Jan - 20:55

Loin de se douter des réflexions intérieures de l'homme, Tim attendit le verdict. Oui il n'avait pas l'air d'apprécier le nom du chaton mais c'était venu comme ça dans la conversation entre Tim et l'animal ! En plus elle avait la même couleur que ses propres chaussettes donc c'était un nom parfait. Il inspira profondément quand on lui dit qu'il pouvait partir. Il était où le piège là ? L'homme avait déposé le chaton sur le sol et il semblait indiquer la sortie avec un empressement que le garçon ne comprenait pas.

Mais il n'était pas si idiot que ça et il sentit bien qu'il devait partir sinon il allait finir par lasser les gens. Et s'il s'en fichait de lasser certaines personnes, celles qui étaient avec lui en ce moment ne devaient surtout pas se lasser. Il haussa les épaules et se leva doucement. Que l'autre n'aille pas croire en plus qu'il était pressé de partir, bien au contraire, s'il avait pu rester un peu tout seul dans le bureau ça aurait été mieux.

- Heu, faudrait qu'vous l'dites en all'mand aussi s'non j'crois qu'y va encore m'cogner d'ssus.

Oui il fallait quand même qu'il ne laisse pas le dernier mot à l'homme et ... qu'il voit comment ça allait avancer avec Chaussette.

- Et pi pour Chaussette, si elle s'casse d'chez vous, j'vous la ramènra, z'inquiétez pas m'sieur.

Il haussa les épaules et donna une caresse au chaton avant de regarder le géant avec son plus beau sourire. Il attendait qu'on le laisse sortir en passant d'un pied sur l'autre un peu gêné quand même de ne pas avoir récupéré ses papiers et de ne pas avoir eu le temps de demander une chose de plus à l'interrogateur ... de parler en bien de lui à Madame Manon ...
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Jeu 4 Fév - 20:01

Heinz répondit par un "Oui, oui..." machinal accompagné d'un geste de la main tout aussi concerné. De toute façon, il n'y avait pas grand risque que le colosse tape sur qui que ce soit sans son autorisation, du moins pas là, maintenant, alors qu'il n'y avait pas grand monde à frapper. Mais puisqu'il fallait ça pour rassurer le garçon, et bien : Siedler donna l'ordre en allemand, même si son ton hyper passionné suffisait pour que Pfeffel comprenne que la situation s'était dénouée.

Même s'il n'avait pas franchement compris ce que l'adolescent -et Pfeffel détestait les adolescents- avait pu dire pour s'en sortir. C'était juste dommage qu'on ne puisse pas mettre ses déboires sur le dos de sa patronne, parce que la salope ne méritait que ça.

Mais c'était un ordre ; il s'écarta donc assez pour que le français comprenne, mais pas suffisamment pour cesser d'être une menace. Ce serait con de ne pas en profiter pour lui faire peur jusqu'au bout...

De son côté, Heinz avait encore deux trois choses à récapituler avant qu'on ne jète l'ex-prisonnier dehors.

"Bien. Je résume. Vous ne devez pas vos approcher des endroits importants pour les forces d'occupation, donc Sarnand, les lieux pour la Wehrmacht, sauf ici si vous avez de choses pour moi. Si j'apprends, que vous avez fait quelque chose d'illégal ou de non autorisé par les règlements des forces d'occupation pour les civils, vous allez en maison de correction jusqu'à vos vingt et un ans, ou dans un endroit pire si c'est de nouveau de l'espionnage. Maintenant allez vous en, j'ai autre chose à faire, que de m'occuper de vous."


Et là, il n'admettait aucun commentaires : l'entretien était terminé pour lui.
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MessageSujet: Re: Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]   Dim 7 Fév - 11:19

La bande son

Tim allait sortir quand l'homme, le fourbe occupant teuton lui donna ses derniers ordres. Ah ! Non ! C'était ignoble d'oser demander ça ! Il allait devoir apprendre un règlement pour ne pas outrepasser ses droits et ses devoirs. Ca ce n'était pas bien du tout surtout qu'il n'avait jamais eu à respecter des ordres avant ça. Enfin si, il avait l'ordre de se laver plus souvent et il le faisait pour ne pas être privé de sortie ou d'autres choses. Et s'il fallait qu'il se tienne loin des lieux d'occupation il finirait bien par le faire oui mais bon, ce n'était pas amusant quoi !

Il sortit de la pièce en rasant le chambranle de la porte pour ne pas donner une raison à Pfeffel de le frapper puis il se retourna en direction de l'homme. Alors comme ça il voulait jouer au plus malin et il croyait avoir tout interdit à Tim ... On verrait bien car il n'était pas question une seule seconde qu'il arrête de faire des choses comme il en avait l'habitude. Et puis les règlements ne s'appliquaient qu'aux forces d'occupation non ? Donc aller au niveau du commissariat pour regarder comment les gens étaient interrogés ça n'entrait pas dans l'interdit. Ou bien faire le mur au niveau de Sainte Marie ... Finalement il y avait tout de même des choses qu'il pouvait faire.

Il fit un sourire resplendissant à l'homme qui sans le savoir venait d'ouvrir toute une nouvelle voie pour Timothée dans le domaine des pires bêtises à faire pour un adolescent en période d'occupation sans compter que, maintenant il avait même des raisons de les faire puisqu'il était officiellement agent de renseignement pour cet homme important !

Il sortit du siège de la gestapo en courant et alla rassurer Madame Manon en espérant ne pas trop se faire crier dessus tout de même ! Il leur avait laissé Chaussette en gage et ce n'était pas rien !
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Pour Manon [Lundi 5 mai 1941]

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