Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)


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Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)

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Allemand
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MessageSujet: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Mer 13 Jan - 20:02

[Suite de En uniforme. J'attends Peter !]

Sa veste sur l'épaule, Heinz déboula dans la rue avec un pas presque guilleret. Il aurait pu penser à ce qui l'avait mené chez Paul, mais il ne le faisait pas : il préférait avoir Paris derrière les yeux et le cloches de Notre Dame entre les oreilles, le temps que ça dure, le temps que l'orage passe. Il ne pensait pas à la lâcheté qui, comme d'habitude, le poussait à ne pas se poser de questions.

Il allait à Paris, à Paris avec Paul, Paul qu'il aimait, qu'il aimait d'amour et ça, est-ce que ça ne suffisait pas à faire de tous les problèmes des mouches derrière un rideau ? Il les entendrait grésiller bien assez tôt. Pour l'instant, ils allaient à Paris. Il faudrait vérifier combien il avait à la banque, peut être trouver un costume plus beau ou calculer combien de bouteilles de champagne il pouvait s'acheter s'ils voulaient faire l'amour bourrés au vin d'Epernay.

... il ne retournait pas au travail. Il se sentait d'humeur à aller faire du cheval, quelque part tout seul et de ne rentrer à Sarnand qu'à l'heure où Nobilitas sonnait le coucher de soleil de ses puissants battements d'ailes.

Qui rêve bien n'avance pas vite, c'est bien connu. Peut être était-ce pour cela que, quand Heinz croisa une silhouette bien connue du regard, il n'était pas allé bien loin. Ou qu'il ne la reconnue pas tout de suite ; mais il faut dire que la silhouette n'était pas exceptionnelle. Elle avait tout l'air du français moyen en âge de ne pas être dangereux, surtout pas pour un officier avec une casquette à crâne d'argent sur le crâne et des bottes luisantes. Siedler ne portait pas son pistolet, mais il n'en était pas moins assez peu... dérangeable. Ce n'est qu'à quelques pas du garçon que l'allemand s'arrêta ; l'esprit mettait un nom sur le visage.

Fischer. Fischer, à cinquante mètre de l'appartement de Paul, qui l'avait peut être vu sortir -et même entrer- et qui l'avait très certainement aperçu en train de folâtrer au milieu d'un trottoir vide, à une heure où il aurait dû être au travail et...

... et merde. La poisse, la Loi de Murphy dans toute sa splendeur, parce qu'il fallait toujours que le hasard soit mal fait et vous fasse tomber des poutres sur la tête et ce même en plein désert. Un sourire automatique remonta les joues, l'air de dire : allons, tu ne vas tout de même pas oublier de dire bonjour à ton cher ami Heinz, non ?
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Mer 13 Jan - 23:30

Il était maintenant 5 heures de l'après-midi quand Peter décida, une fois n'était pas coutume, de faire un détour par le quartier du Marais, laissant ses yeux s'émerveiller des arbres qui renaissaient dans cette douce tiédeur du printemps...
Non plus sérieusement, il avait fait ce détour parce qu'il n'était pas vraiment pressé de rentrer chez lui, il pensait avoir finit la semaine en beauté avec un bon point de la part du prof de travaux manuels et un 8 sur 10 de la part de la prof d'Anglais, sa journée avait subitement étée gâchée lors du dernier cours d'éducation civique où il avait écopé d'un médiocre 2 sur 10 ou son professeur avait émit comme tout commentaire qu'il ne pouvait que faire mieux, tout en lui allongeant l'oreille de quelques centimètres d'ailleurs...
Quand il y repensait, c'était incroyable ce que ce mec pouvait se montrer antipathique, car il avait dit ces mots avec un grand sourire tandis qu'il tirait vers le haut si fort l'oreille du garçon qu'il avait du se mettre sur la pointe des pieds. et devant toute la classe en plus! En plus, ce type était un collaborationniste invétéré pro-nazi avait prit Peter comme chouchou passé un temps avant de se rendre compte que lui et bien sûr sa famille étaient opposés à leurs compatriotes. Depuis il ne perdait une occasion de l'humilier devant ses camarades mais après tout, il n'était pas le seul à subir ce traitement de faveur.
Il l'avait bien sûr dit à sa mère mais vous savez comment sont les parents! Elizabeth disait qu'il était paranoïaque et qu'il n'avait qu'à travailler mieux pour avoir des bonnes notes. Une fois encore Peter pouvait être sûr qu'elle allait totalement oublier les deux premières bonnes nouvelles pour seulement se concentrer sur l'éducation civique. Fâché contre le monde des adultes mais aussi un peu contre tout le monde, il avait demandé à ses amis de le laisser seul.
Il furetait donc tout seul dans le quartier du Marais, pour chasser ses pensées noires et se préparer psychologiquement à la réaction de sa mère qui allait encore lui remonter les bretelles; qui en avaient bien besoin d'ailleurs puisque son pantalon traînait un peu sur le sol. Comme il faisait doux, il rangea sa veste dans son cartable et en profita pour réajuster lesdites bretelles qui s'étaient desserrées. A ce moment précis il levait la tête et apercevait un nazi dans le coin.
Décidément, la loi de Murphy ne semblait pas s'appliquer qu'à Heinz et Peter soupirait en voyant ces types. Leur simple vue suffisait à ruiner ses journées, alors quand elles étaient déjà pourries en plus... Il ne manquerait plus qu'il se dirige vers lui pour lui demander une indication tiens!
Mais... Bon sang, c'est moi qu'il regarde?!
Peter ne comprenait pas, bon bien sûr il n'y avait qu'eux dans la ruelle mais quand même , fixer les gens comme çà c'était malsain! A moins que quelque chose n'aille pas chez Peter, il vérifia sa tenue et ne trouvait rien à redire. Certes les bretelles à boutons apparentes étaient passées de mode et faisaient très "couches populaires" mais quand même... Il n'y avait pas marqué "soviet rouge sur son front", si?
Peter rapprocha donc ses yeux pour mieux voir de qui il s'agissait et

Oh! malheur!
Heinz Siedler
Mais oui, Heinz Siedler, çà pouvait être que lui, le Gestapiste de de merde là...
Il l'avait remarqué, pas possible de tourner les talons car en plus d'être impoli il pourrait très mal le prendre, ce qui n'était pas recommandé... C'est donc avec une énorme grimace sur son visage que Peter s'approchait de l'homme , une grimace de déplaisir avec aussi une bonne dose de crainte car on ne savait pas ce que ces types vous voulaient
Il peut quand même pas être au courant.
La criante devînt un peu plus intense dans les yeux de Peter.
C'était juste une saucisse, et une fois parce que maman voulait faire une choucroute. Non çà peut pas être çà...
Après tout, en se rapprochant, Peter prit un peu plus confiance en lui-même. c'est vrai, il n'avait pas forcément quelque chose à lui reprocher. Il resta quand même à distance de deux bons mètres et prit la parole en feignant la joie d'une manière très maladroite.

- Monsieur Siedler... Ça alors comme je suis content...
Il n'y avait pas besoin d'être devin pour ressentir cette IMMENSE joie qui parcourait Peter de la tête aux pieds, d'autant qu'il avait mît beaucoup de soin pour ne pas céder à ce malpoli réflexe de parler en Allemand, ce qui ne se faisait bien sûr pas en société en France.
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Jeu 14 Jan - 21:39

Non, Heinz n'était pas au courant. La police française, peut être, encore que ce ne soit pas probable si le gamin n'avait pas été pris la main dans le sac... mais Heinz, pour un vol de saucisses ? Il ne le saurait même pas si Peter était allemand !

... façon de parler ; après tout, Peter était allemand.

En tout cas, le plaisir de la rencontre semblait particulièrement partagé. Heinz se demanda un moment si, par hasard, Peter n'était pas juste gêné d'être attrapé ici. La petite intervention orale acheva de prouver à quel point il était à l'aise.

En soit, ça ne voulait rien dire. Peter pouvait être mécontent de le voir sans être coupable de quoi que ce soit et sans être le moins du monde anormal. La Gestapo n'était pas populaire, n'était pas faite pour l'être et ne le serait jamais.

"Le plaisir est partagé," répondit Heinz, toujours avec le même sourire crispé : faire semblant d'être bien dans ses bottes quand il se sentait pris sur le fait n'était pas sa spécialité. "Vous tombez bien, en fait, il fallait que je vous donne vos tickets concernant votre première lettre..."

Il avait baissé un peu la voix sur la fin, histoire que personne ne les entende... même si son champ de vision tenait plus du désert que de l'agora.

Il commença à fouiller dans les poches de sa veste tout en remerciant Paul de lui avoir rappelé de la prendre. Bien sûr, il n'avait pas les tickets destinés à Peter, qu'il n'avait même pas prévu de donner avant une ou deux autres lettres, mais Heinz espérait que cela suffirait à détourner son attention.

De quoi ? Ce n'est pas comme s'il pouvait se douter de quoi que ce soit...

Il finit par mettre la main sur son portefeuille et ramassa pèle-mèle ses propres tickets, pris trois grilles au hasard dont deux étaient incomplètes avant de les lui tendre ; et toujours, toujours le même sourire crispé, sans faire attention au fait que l'une des grilles était destinée à acheter de l'alcool, chose dont Peter pouvait très certainement se passer...
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Ven 15 Jan - 18:21

Le vol de saucisses, c'était bon pour Wolf, son berger allemand. Les humains étaient autrement plus subtils et en l'occurrence, c'était sa mère qui s'était procurée cette pièce de charcuterie en négociant auprès de son boucher, au marché noir. Elle lui avait d'ailleurs valut une véritable petite fortune mais ils n'avaient pas mangé de viande autre que du porc séché depuis tellement longtemps...
apparemment, il ne tombait pas vraiment à pic vu le ton sur lequel il lui parlait. Mais après tout c'était de sa faute, il n'avait qu'à pas lui faire signe de venir vers lui, Peter ne demandait que çà, de ne pas venir le voir...
Le garçon fût très étonné que Siedler en vienne à lui parler des tickets de rationnement, il lui avait dit de venir le voir pour çà? Soit il était devenu vachement plus gentil, soit çà cachait quelque chose. Cela dit ce n'était pas une mauvaise nouvelle en soit bien qu'il n'avait pas encore réfléchit à un prétexte qu'il pourrait inventer pour justifier à sa mère l'apparition subite de ces denrées supplémentaires. Une seconde chose lui fît froncer les sourcils, c'était qu'il semblait les sortir de son portefeuille, signe qu'il était soit désorganisé, soit prit au dépourvut. Les doutes de Peter furent achevés quand il vît parmi les tickets des cartes à moitié entamées et même des cartes d'alcool. Il releva la tête et adressa un sourire à Siedler. Un sourire pas désagréable, pour une fois. Il lui rendit ses cartes de rationnement avec ce même sourire et lui parla en Allemand.

- Tenez, reprenez-les si c'est les vôtres. C'est pas grave, vous me les donnerez une prochaine fois.
Bon, il cachait quelque chose, c'était sûr, mais Peter s'en moquait. On lui avait apprit qu'on avait pas à se mêler des affaires des autres, surtout d'un gamin à un adulte et surtout pas des affaires d'un gestapiste si on avait envie de fêter son quinzième anniversaire. Peter ne voulait pas chercher à savoir mais il fallait reconnaître qu'en même temps çà le titillait un peu, ce qu'il cherchait à cacher ne devait pas être le genre de business approuvé par la gestapo, si ça avait été un reconnaissance ou n'importe qu'elle autre activité même discrète sous couvert de la SS, il ne serait même pas venu lui adresser la parole. C'était sûr, il avait quelque chose à se reprocher mais Peter n'avait pas envie d'essayer de chercher ce que cela pouvait bien être. Bien sûr c'était dût à son éducation mais c'était surtout par crainte des représailles s'il venait à apprendre qu'on enquêtait sur lui, et en plus parce que personne n'est vraiment nette en ces temps troublés, le petit trafic de sa mère en était une preuve et déjà qu'il pouvait les envoyer tous les deux à Dachau en claquant des doigts sans avoir à fournir de raison alors inutile de lui en donner une...
Peter avait remis les mains dans les poches de son pantalon (il s'aperçut d'ailleurs qu'il y avait un trou dedans) et attendait pendant que Siedler rangeait ses tickets. Une fois qu'il avait finit, Peter afficha à nouveau le même sourire encourageant.

- Vous aviez quelque chose de particulier à me dire?
A quoi bon être désagréable? Il le savait bien qu'il le détestait. Et puis Siedler était bien assez antipathique comme çà, au moins si Peter se comportait de cette manière, çà faisait une moyenne
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Dim 17 Jan - 21:02

Un moment, Heinz se demanda pourquoi c'était si facile. Jusque là le garçon n'avait pas très bien répondu à ses propositions de corruption... peut être ne l'avait-il pas cru ? Et à présent que les tickets étaient là, il comprenait que l'offre n'était pas mensongère ?

Sbaf.

Mortifié, Heinz remarqua son erreur. Parce que mine de rien, il en avait, des plaquettes entières. Et normales pour quelqu'un de l'âge et de la position de Peter... et il avait fallu qu'ils pioche parmi celles qui n'étaient pas bonnes ! Pour une seconde, il se sentit comme Madeleine face à un colonel allemand et inconnu ; c'est à dire bête, gêné, prêt à rougir et à bégayer.
Par chance, l'impression ne dura pas.

Il refusa de reprendre les tickets, secouant la tête avant de les repousser de la main, vers Peter.

"Je peux en avoir n'importe quand. Vous n'aurez qu'à vous servir de ceux là,"
il désigna du menton celle pour l'alcool, "pour faire la fête avec vos avis. Fêter vos quinze ans, par exemple."

Il se força de nouveau à sourire mais, comme le garçon refusait encore, il finit par céder et rangea les feuillets. Ceci fait, il enfonça sa main libre dans sa poche, la veste toujours sur l'épaule.

Est-ce qu'il voulait parler à Peter ? Pas spécialement, mais il pouvait trouver des choses à lui dire.

"Rien d'assez particulier pour chercher à te voir, non. Mais puisque vous êtes là... vous faites des fautes d'allemand."


Ce qui était assez scandaleux. Il le soupçonnait de ne pas chercher à travailler sa langue d'une façon scolaire, ou juste d'être un de ces ados qui torturaient la langue de Goethe parce qu'ils n'aimaient pas en réviser les règles de grammaire.

"Et vous n'êtes pas assez précis. Il faudrait les adresses, quand vous les avez, et les noms en entier... et une description de la personne : taille, corpulence, signes particuliers. Ca peut servir."
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Lun 18 Jan - 15:20

Le sourire de Peter se mût en un rire de bon cœur lorsque Siedler commenta le fait qu'il faisait des fautes. Pas de la moquerie, juste de l'humour. Peter le regarda ensuite et lui dit sur un ton fanfaron.
- Je suis désolé j'ai pas prit Allemand langue étrangère au collège. Mais si vous voulez, je peux aller voir le prof d'Allemand du collège pour lui demander de me corriger?
Cette fois-ci c'était dit d'un air très taquin, malicieux, cela était en même temps une manière polie et détournée de lui dire d'aller se faire foutre s'il n'était pas content. Mais le visage de Peter ne resta pas aussi longtemps ouvert et accueillant, quand il recommença à lui demander des descriptions, il perdit tout sourire et contempla ses pieds pendant quelques secondes avant de briser le silence malsain qui s'était installé.
- Je comprends pas... Vous devez bien avoir des espions? Ou des informateurs? Pleins de gens qui seraient ravis de vous aider et vous donnerait de bien meilleures informations que les bruits de cour de récré que j'entends, alors pourquoi moi, un gamin de 14 ans d'une famille populaire?
Quand Peter disait «Pleins de gens qui seraient ravis de vous aider», il sous entendait bien que ce n'était pas son cas, loin de là, Siedler le saisirait sûrement car malgré les sourires et le la face avenante, Peter avait une profonde rancœur contre le nazisme qu'il ne pouvait totalement cacher.
En plus de çà, Peter osait à peine imaginer pourquoi il voulait tant d'informations, c'était flippant et Peter craignait presque encore plus que d'autres soient victimes du nazisme par sa faute que se faire exécuter lui-même.
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Ven 22 Jan - 22:00

Ah ah ah.

Peter croyait qu'il serait le dernier à rire ?

"Je suis diplômé en littérature allemande, je pourrai vous donner des cours si vous pensez ne pas pouvoir vous corriger seul !"

Grand sourire. Très, très grand sourire... parce qu'après tout, Heinz maîtrisait sans doute bien mieux l'allemand que n'importe quel prof que Peter pouvait avoir. L'idée manqua le faire rire, surtout parce qu'il n'imaginait vraiment pas le garçon en élève studieux.
Au coin, Fischer ! Et avec le bonnet d'âne !

Malheureusement, entre eux, il fallait que les moments sympathiques, presque amicaux ne durent pas.

L'homme pencha la tête vers sa droite, un peu à la façon d'une chouette au réveil.

"Bien sûr que j'ai des informateurs... vous, par exemple."


Il croyait qu'il était quoi, exactement ?

"Et je suis sûr que vous n'ignorez pas que les jeunes garçons aiment se vanter de tout et n'importe quoi. Des espions, j'en ai, mais il m'en faut partout. Vous êtes très bien là où vous êtes et je ne vois même pas pourquoi vous cherchez à contester la situation actuelle."

Bien sûr, qu'il voyait, mais ça ne servait à rien de le dire.

"Vous avec l'occasion d'avoir des tickets alors que le reste de la population à faim, personne ne vous suspectera et si cela peut vous rassurer, je n'ai pas fiche d'informateur à votre nom. Notre collaboration est entièrement entre nous, même si quelqu'un fouillait dans mes affaires, il ne découvrirait rien sur vos activités."

Quid du problème politique qui, Heinz le savait, ne serait sans doute jamais réglé.
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Ven 22 Jan - 23:19

Peter garda son sourire à la réponse de Siedler à propos de ses fautes d'Allemand. Il jouait le jeu, même si c'était pour le casser il jouait le jeu. Toujours sur la même ton d'humour, il haussa les épaules.
- Bien sûr, c'eût été trop facile...
En adoptant un ton à la fois de défi et fanfaront, il rétorqua à Siedler à la fin de sa tirade.
- Ya, c'est sûr qu'une famille populaire d'émigrés Allemands qui se met subitement à avoir trois fois plus de produits rationnés que tout le monde, c'est pas du tout suspect...
Peter utilisait toujours le terme populaire, il n'aima pas le mot pauvre, d'abord parce que çà faisait cliché et qu'en plus çà ne lui rappelait que trop la précarité de leur situation à lui et sa mère depuis que son père était mort... Sa pension ne couvrait pas vraiment les frais de vie... Enfin, Peter sentît qu'il devait se taire sinon il serait bien capable de ne pas lui donner ses tickets.
Peter garda les mains dans ses poches et son sourire s'était bien envolé depuis longtemps quand Heinz lui récita sa leçon comme quoi il était important d'avoir des espions dans tous les pans de la société. Il lui aurait bien rétorqué qu'un régime qui surveille sa population est un régime qui la craint et donc un régime malade mais s'il y avait bien une chose pour laquelle les nazis n'étaient pas réputés, c'était pour acceptation de la critique.
En plus se type se disait diplômé, pourquoi avait-il rejoint le nazisme alors? C'était totalement incompréhensible! Qu'est-ce que toute l'Allemagne semblait avoir pour adorer Hitler que lui et ses parents n'avaient pas? Il déstestait se poser des questions auxquelles il ne trouvait pas de réponse, il releva la tête et prit une légère inspiration avant de commencer à parler... Il avait besoin de courage là maintenant...

- Vous avez toujours pas répondu à ma question de l'autre jour, et je comprend de moins en moins d'ailleurs. Si vous avez un tel niveau d'éducation, vous vous êtes quand même pas laissé embobiner par les belles paroles démagogues d'Hitler? Qu'est-ce qui vous pousse à faire çà plutôt qu'être professeur ou écrivain ou.. Ou pleins d'autres trucs?!!
Il marqua un nouveau temps de pause, il semblait perdre son calme, pas de la colère mais surtout de la crainte, celle de sa réaction.
- En plus, la littérature, c'est réputé pour être le genre d'études qui ouvrent l'esprit, j'vous vois pas antisémite, homophobe... J'comprend juste pas pourquoi...
Peter recula d'un pas, par crainte de sa réaction, il espérait qu'il oublierait le gestapiste et pourrait engager une conversation avec l'universitaire... Dans le cas contraire il devrait courir vite.
- Pourquoi la dictature a tellement la côte en ce moment?
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Mer 27 Jan - 22:50

"On attrape aussi des pauvres qui font du marché noir," répondit Heinz en haussant les épaules.
Il ne disait pas populaire, parce que pauvre, c'était pire que populaire. Donc pas de raisons que les "populaires" ne puissent pas faire comme ceux qui étaient encore plus mal lotis.

Les questions qui suivirent le firent soupirer et jeter un oeil derrière son épaule. Pour ce genre de réponses, mieux valait être seuls... et même ainsi, il n'allait pas répondre tout à fait franchement, ne sachant pas à qui le garçon risquait de le balancer. Mais après tout, s'il lui demandait, c'était bien qu'il y avait une chance de le faire changer d'avis, non ?

"Je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur endroit pour en parler."

Ni le meilleur moment : ça risquait fort de faire remonter ses petits soucis nerveux de l'heure précédente.

"Ce serait assez long à expliquer, en fait, mais ce n'est pas comme si on avait de meilleur endroit pour le faire. D'abord, concernant la raison pour laquelle je travaille à la Gestapo, c'est très simple : la littérature, ça ne donne pas de travail, pas de travail, pas de salaire. Concernant le niveau d'éducation, ensuite, je suppose que vous ne saviez pas qu'Heinrich Himmler est ingénieur agronome, Joseph Goebbels docteur en droit et que Göring a fait une école d'officiers ? Il y a énormément de personnes très intelligentes au Parti et dans l'administration. Les gens qui disent que les nazis sont des crétins le font souvent pour faire croire aux autres que nous sommes des barbares imbéciles, pour que les gens nous méprisent et déconsidèrent tout ce que nous fassions."

Il s'adossa contre le mur le plus proche ; s'ils devaient parler un moment, autant être confortable.

"Concernant la dictature... vous êtes jeune, vous n'avez pas connu l'Allemagne avant. Cela faisait quinze ans que nous étions en démocratie et rien n'allait mieux : la situation économique était désastreuse, les conflits sociaux empiraient, les luttes entre partis devenaient violentes, il y avait un chômage terrible. Et surtout on avait l'impression que personne ne gérait rien. Les gouvernements tombaient avant même d'avoir commencé à faire quelque chose, rien n'avançait au Reichstag, personne n'était d'accord avec personne même si tout le monde était d'accord pour dire que ça allait mal. Et puis Hitler est arrivé et nous avons eu quelqu'un à la barre, qui a agit. Ensuite l'économie a repris, le chômage a baissé et les certains des maux sociaux se sont apaisés... je suppose que tu ne veux pas que je te parle du traité de Versailles, non ? Si tes parents sont venus en France, c'est que ce genre de choses ne les dérangeait pas."


Quant à son avis sur les juifs et les homosexuels, il préféra ne pas en parler ; au pire, il éprouvait une hostilité indifférente envers les premiers, quant aux seconds, et bien... il préférait vraiment ne pas en parler.
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Jeu 28 Jan - 22:56

- Oui, mais le marché noir, c'est celui des produits bruts, pas celui des tickets... Enfin passons.
Peter écouta ensuite attentivement Heinz ses raisons d'engagement. Ainsi c'était vénal, pour avoir un travail. Une raison aussi simple que çà... Cela semblait trop gros pour Peter, on ne propose pas des postes de SS à l'ANPE, il faut quand même avoir une raison pour vouloir d'un métier qui consiste à traquer les gens et à en envoyer à la mort... Mais Peter n'avait pas l'intention de se laisser dire que les nazis étaient des gens raffinés. Il prit un air interrogateur et à la fois moqueur.
- Tiens c'est bizarre, l'archétype de l'Aryen idéal c'est pas justement le blond aux yeux bleus fort physiquement sans nécessairement être intelligent?
Un petit sourire au coin des lèvres avant de reprendre.
- Remarquez çà se tient que les chefs soient des cerveaux : ça ne se fait pas comme çà de bourrer le mou à des millions de gens. Autodafés, boucs-émissaires, censure politique... Les temps changent mais les méthodes restent toujours les mêmes...
Peter avait des tas d'autres trucs à ajouter la dessus, comme le fait que la meilleure arme de maîtrise des foules avait de tout temps été de la maintenir dans l'ignorance. Mais il n'oubliait quand même pas à qui il parlait, il ne l'oubliait pas malgré son sang Allemand qui lui criait parfois (et même assez souvent) de se rapprocher de son peuple d'origine.
Il reprit son sérieux et arrêta de chercher des noises au nazi.
- Mais, trouver un boulot d'accord, mais pourquoi dans la SS, même dans l'armée ou dans le parti il doit bien y avoir des services d'archives, de la censure, ou n'importe quoi! Alors pourquoi spécialement la SS? Me dites pas que vous avez choisit çà par défaut...
Quand au reste du discours sur la politique d'Hitler, Peter haussa les épaules sans sortir ses mains de ses poches.
- C'est vrai que de ce côté là... Même moi et mes parents... enfin moi et ma mère on ne peut que reconnaître les mérites d'Hitler. S'il avait pas été là, mon père aurait pas retrouvé de boulot, perdu son appart et je serait sans doute dans un orphelinat à Stuttgart, ou pire... Mais à quel prix aussi! J'aime pas le dicton comme quoi la fin justifie les moyens...
Heinz ayant terminé sur le traité de Versailles, Peter haussa les sourcils, cela le surprenait qu'il puisse dire çà.
- Mon grand-père et deux oncles y ont participé, c'était des jumeaux et il se sont engagés à 17 ans, yen à un qui est mort deux ans plus tard et l'autre qui en est ressortit en épave, quand à mon grand-père... On nous à jamais redonné le cadavre tellement il était mutilé il parait, il à pas connu sa cadette. On était comme tout le monde vous savez, on étaient dégoûtés et mes parents ont applaudit eux aussi quand Hitler à envoyer bouler le traité de Versailles. Ya du bon et du mauvais dans tout, mais mes parents ont trouvé qu'il y avait plus de mauvais que de bon, c'est compréhensible non? Et même si il y avait beaucoup de mauvais à venir en France, y'avait plus de bon...
Peter s'arrêta quelques secondes le temps de réfléchir avant de reprendre.
- Est-ce que çà vous surprendrait si je vous disait que c'était même pas à cause de leurs opinions politiques que mes parents sont venus en France?
Bon, Peter n'était pas très honnête, bien sûr que c'était à cause de leur opinions, mais pas directement disons... Son père lui avait pas lut tant d'auteurs quand il étai petit pour qu'il ressorte de 3 ans de jeunesses le cerveau lavé à faire Heil Hitler...
- Et c'est vrai qu'Hitler à été élu démocratiquement, et c'était sans doute la seule manière de redresser l'Allemagne d'installer un pouvoir fort. Mais çà aurait pût être temporaire! Tenez, quand quelque chose allait pas, les Romains suspendaient la démocratie et donnaient tous les pouvoirs à un homme le temps que la situation revienne à la normale. C'est comme çà que Jules César à eût le pouvoir.
Peter aurait pût sourire à ce moment mais ne le fit pas car en sortant cet argument, il venait juste de se rendre compte de la perche quil avait tendu à Heinz. Et si ce dernier était si cultivé qu'il le disait, nul doute qu'il n'allait pas la rater et lui faire remarquer que César avait toujours refusé de rendre le pouvoir et avait pût construire un gigantesque empire ainsi... C'était pas encore avec çà qu'il allait égaliser.
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Ven 29 Jan - 21:50

Oui, bon. L'aryen parfait n'était pas non plus asthmatique et encore moins homosexuel, mais Heinz n'avait absolument pas envie d'expliquer ça à Peter. D'ailleurs on avait pas besoin d'être blond pour être aryen, il suffisait de l'avoir dans le sang, qu'on soit petit, gros et stupide. C'était comme ça, chaque idéologie trainait quelques casseroles.
Parce que le monde n'était pas parfait. Avec des choses encore plus imparfaites que les autres, comme par exemple ce qui avait poussé Heinz à rendre visite à Paul ce jour là.

Peut être que c'était pour ça qu'il parlait avec Peter, au fond. Parce qu'il y avait plus de chances que le garçon lui pardonne, peut être, que d'espérer la même chose de son amant.

"En fait j'ai été engagé pour travailler au service des affaires culturelles du SD... ce que tu appelles la censure. Un poste était disponible, je me suis présenté, j'ai été engagé et pendant des années, j'ai gratté du papier dans un bureau. Figures toi que je ne fais ce travail que depuis mon arrivée à Montreuil."


Plus une formation express évidemment. Mais on ne pouvait pas avoir que des cadres compétents et ses supérieurs l'avaient très bien compris.

"Pourquoi est-ce que ce ne serait pas temporaire ?" demanda Heinz. Il avait noté que le gamin avait pas mal de références pour un fils d'ouvriers, alors qu'il n'avait pas l'air d'être un rat de bibliothèque. C'était un vrai gâchis qu'il ne soit pas né dans une bonne famille, avec de bonnes valeurs.

Il était intrigué ; dommage qu'ils ne soient vraiment pas dans un endroit propice aux grands débats.

"Tant qu'il y aura la guerre, nous avons besoin d'un pouvoir fort... et avant la guerre, il le faut pour la préparer. Quand nous aurons retrouvé nos terres d'avant le traité de Versailles, que nos frontières seront solides et que le monde cessera de nous menacer, nous pourrons adoucir nos lois. En attendant, c'est un mal nécessaire...
La Terreur, c'est la force des choses. C'est un français qui a dit ça, tu sais, pour sauver la République. Et un de ces amis à ajouter que la constitution devrait attendre la paix. Nous attendrons aussi. "


Mais pas pour la République. Non, ça, ils avaient essayé et ça ne marchait pas. Restait peut être la solution de l'ancienne générations, ceux qui se disaient qu'il aurait fallut garder le Kaiser et que tout reste comme avant.
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Sam 30 Jan - 3:01

Peter écouta très attentivement la réponse du Gestapiste, ainsi donc il avait officié à la censure, çà ne l'étonnait pas vraiment en soit. A part la censure, qu'elle autre activité littéraire pouvait bien être appliquée par un régime dont le but était d'imposer au monde entier et par la force son idéologie? Heinz n'en paraissait donc pas plus reluisant aux yeux de Peter, et de toute façon cela ne changeait rien au fait que son travail actuel consistait à... Et bien il ne préférait pas le savoir à vrai dire...
Quand à sa réponse au caracère temporaire de la dictature, elle tenait debout! Le garçon avait beau essayer d'analyser une faille dans l'argumentation de Siedler, il fallait admettre qu'il avait cogité sa phrase le bougre...
C'est aussi en haussant les épaules, affichant une mine défaitiste qu'il reprit.

- Le problème c'est que çà s'arrêtera jamais, ye toujours des gens pour être mécontents et tenter de faire quelque chose contre un pouvoir en place, et l'histoire prouve bien que les opposants sont toujours plus nombreux quand on essaye d'imposer une dictature...
Peter s'arrêta un moment considérant le nazi face à lui et tout ce qu'il représentait. Il sortit, solennel, cette réplique à Heinz
- Le nationalisme est une maladie infantile, c'est la rougeole de l'humanité
Avant d'ajouter fièrement.
- Ce n'est pas moi qui le dit c'est albert Einstein, un Allemand, actuel... Vous voyez moi aussi j'ai des citations en stock, on pourrait continuer comme çà jusqu'à demain... A mon avis il aurait plutôt dût dire le cancer de l'humanité, les métastases ça se répend partout et ça bouffe tout ce qu'il y à de bien dans le corps humain. Le nationalisme c'est pareil.
Bon, Einstein était un juif éxilé aux états-unis d'accord, il n'allait sans doute pas accorder beaucoup de crédit à cette citation, encore d'accord. Mais elle était là et il ne pouvait pas nier qu'elle existait.
- Vous y croyez vraiment à la grande Allemagne millénaire vous? Les états-unis menaçent d'entrer dans une guerre qui s'annonce comme étant la deuxième guerre mondiale, l'Allemagne pourra pas résister, pas longtemps en tout cas aux assauts du monde entier. Tôt ou tard ça va finir pas se retourner contre nous...
Peter se mordît la lèvre avant de se reprendre.
- Enfin, contre vous... L'Allemagne sera humiliée à nouveau et alors quoi? Ça s'arrêtera jamais? C'est totalement stupide...
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Lun 1 Fév - 23:46

Encore une fois, Heinz préféra ignorer franchement une partie de la réponse de Peter. Il ne pouvait -et ne voulait pas- s'engager sur ce genre de questions qui, au fond, n'étaient que des jugements d'opinion. Il avait eu un professeur de philosophie démocrate, avait trouvé pendant longtemps que la république, c'était beau et mignon, mais au final c'était le nazisme qui lui avait trouvé un travail.
On ne mord pas la main qui vous nourrit.

Alors il haussa les épaules, regarda ailleurs et ne ramena ses yeux vers Peter que lorsqu'il employa un pronom plus personnel. Au fond, peut être qu'il était plus prêt à répondre parce que Peter avait laissé échapper qu'il étaient toujours des leurs. Cela, Heinz n'en doutait pas. On était allemand par le sang ; un sang qui coulait évidemment dans les veines de Peter. Ils étaient du même peuple et ne pouvaient l'oublier.

"Nous avons l'Italie avec nous,"
répondit-il, pour la forme. Mais ce serait vite oublié, parce que Siedler n'avait pas une haute opinion de leurs voisins méridionaux. "Et l'URSS, même si elle affiche une certaine neutralité, nous ravitaille largement. Il ne me semble pas avoir vu de cargo russe apportant du blé à l'Angleterre... l'Espagne ne bougera pas, l'Afrique appartient à l'Angleterre ou à des pays que nous avons déjà conquis, l'Asie est conquise par notre allié japonais. Les Etats-Unis parlent d'entrer en guerre ? Fort bien, mais ils n'auront nulle part où débarquer en Europe. Dès que nous aurons achevé l'Angleterre il y aura un océan entre eux et nous. C'est bien assez."

Il haussa les épaules une nouvelle fois.

"Le Führer a déjà réalisé des miracles. Jusque là, toutes ses promesses se sont réalisées. Pourquoi est-ce que ça s'arrêterait ?"

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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Mar 2 Fév - 22:17

Peter tiqua, à nouveau il avait raison, la conversation serait sans doute difficile... Et gonflante en plus! Peter se contenta donc de répondre.
- C'est vrai, il à fait beaucoup de promesses... Je suis allergique aux démagogues d'extrême droite de toute façon, surtout quand il tuent des gens.
C'était simple comme argument mais au moins cela avait le mérite d'être clair et sans détour. Il ne comprenait même pas pourquoi il restait là à échanger des politesses avec un membre d'un même parti qui avait tué son grand-père et réduit un peu plus la fratrie de son père, sans parler de son père lui-même...
En revanche il pouffa de rire quand il lui parla de l'URSS.

- Parce que vous êtes dupe? L'URSS représente tout ce que le nazisme hait de plus après les juifs : une société égalitaire mais non moins totalitaire, une immense puissance industrielle et donc guerrière... Nous aussi on y avait cru au départ mais quand on voit que même sans être de virulents socialistes ont à dût partir d'Allemagne...
Ce que Peter ne disait pas Heinz, c'était que l'idéologie communiste lui plaisait beaucoup plus à lui qu'à ses parents, même s'il continuait de penser de son esprit d'enfant naïf que Staline ne valait de toute façon pas mieux que Hitler.
- Mais ya un truc auquel il à pas pensé votre Führer : Il veut asseoir la supériorité des Aryens sur les autres races et conserver sa pureté... Pour lui même ses alliés Japonais et Italiens n'entre que dans la seconde catégorie de hiérarchie des races... A supposer qu'il finisse par conquérir le monde entier, on...
Peter se reprit en adoptant un air agacé, car il l'était vraiment. Il ne pourrait jamais se dire Allemand tant qu'Hitler serait encore en pouvoir... Pour marquer cet état de fait, il continua en Français.
- Vous allez vous retrouver en infériorité numérique et un jour les gens auront marre de se soumettre et se révolteront tous en même temps non? Ça tient pas sur le long terme son idée...
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Sam 6 Fév - 13:58

Giga soupir of hell.

Non, mais vraiment, il ne pouvait pas se contenter de dire "oh oui, monsieur Siedler, vous qui êtes si gentil et si tolérant avec moi, vous avez raison, je suis stupide et le nazisme c'est trop la classe, je m'en vais m'inscrire aux jeunesses hitlériennes" ? Ce serait tellement plus simple... et pour tout le monde !

Et puis, Heinz n'avait besoin de personne pour savoir qu'un jour, ils iraient donner une leçon aux bolchéviques. A la base, il n'avait rien contre les russes (si ce n'est qu'ils étaient stupides, illettrés et alcooliques), mais ils étaient tous communistes ou morts. S'il y avait bien une chose pour lesquels Heinz étaient fier d'être nazi, c'était bien pour avoir éjecté cette racaille de son pays.

"Sans parler de ça, si on était si horribles, tu ne crois que tu aurais eu de gros problèmes ? Réfléchis, tu frappes un sous officier, tu es insultant à l'égard d'un officier, tu te permets de critiquer notre politique et nos actions, encore mieux... tu insultes le Führer... mais tu es encore libre, ta mère aussi et je te propose de te payer pour ton travail. Vous êtes même tous comme ça, dans cette ville, c'est comme si personne ne se rendait compte des efforts que je fais pour éviter que ça ne dégénère !"


Ni lui, ni personne d'autre, à commencer par Paul. Si Paul le savait, il serait forcément plus indulgent.
Il fallait qu'il se dise ça ; qu'il était beaucoup plus gentil que les autres. Heinz se sentait mieux quand il pensait ça.

"Je crois que vous ne vous rendez pas compte de comment ça se passe ailleurs, ou de ce que ce serait si c'était l'Hauptsturmführer Kurz et pas moi qui commandait. Mais vous ne voulez absolument rien comprendre, même pas toi ! Si tu faisais le moindre effort pour te mettre dans la tête de ton peuple, je n'aurai pas besoin de te l'expliquer ! Quand on t'écoute, c'est comme si tout ce que nous avons pris dans la figure depuis 1918 était absolument sans importance, qu'on aurait dû ramper et se taire... et bien non, on ne se tait pas, et ils l'ont bien mérité. Nous pourrions être beaucoup plus durs que nous le sommes."

Ils auraient pu faire comme en quatorze et envoyer la moitié de la population occupée dans des camps de travail, par exemple. Fallait croire que l'entre deux guerre avait ramollit tout le monde...
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Dim 7 Fév - 1:12

Peter écouta Siedler déballer son sac sans sourciller. C'est qu'il allait presque se faire passer pour un gentil le monsieur! C'en était presque comique que Peter avait envie d'esquisser un sourire... Il avait envie mais n'était pas fou au point de le faire alors qu'il semblait déjà bien agacé.
Il voulait se faire passer pour un gentil mais en même temps... C'est vrai qu'il fallait lui reconnaître qu'il l'était par rapport à d'autre. Gentil dans un standard de nazi d'accord, mais pas gentil tout court pour autant...
Néanmoins, il y avait du vrai dans son discours, il était compréhensible que l'Allemagne n'allait pas rester les bras croisés. Il y avait un moment où on devait accepter ses erreurs de jugement... Peter, gêné, passa sa main dans sa nuque avant de répondre.

- Ben...
Si Heinz était attentif, il aurait pût lire de la culpabilité dans le regard fuyant vers le sol du garçon.
- C'est vrai que je vous ait pas vraiment laissé votre chance... Si c'est ce que vous vouliez entendre, c'est vrai et... J'm'en excuse...
Peter marqua une petit pause avant de relever la tête et de reprendre d'un air grave.
- Mais faut comprendre, votre uniforme et la réputation qui le précède parle pas pour vous! Je sais bien que c'est pas vous qui l'à fait, mais c'est des gens qui portent le même uniforme que vous qui ont tué mon grand-père dans une manifestation, qui occupent la moitié de l'Europe... Et qui m'ont tiré dessus... C'est des choses que je ne peux pas oublier... C'est tout...
En bref, Siedler ne pourrait pas faire apprécier le nazi à Peter, çà jamais, mais ses défenses commençaient à s'affaiblir, peut-être pourrait-il lui faire apprécier l'homme, enfin c'était pas pour tout de suite.
Mais Peter n'avait cependant pas apprécié la dernière partie de son discours et en fronça les sourcils.

- Et bien oui! L'Allemagne à subit des vexations, somme d'autre avant qui en avaient fait subir à d'autres... Vous semblez oublier que je suis Français aujourd'hui, et pour avoir vu ce que çà donnait des deux côtés de la frontière, NOUS vous aimons autant que vous appréciez les Français. C'est un cercle vicieux.
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Dim 7 Fév - 3:04

Heinz fut surpris de ne ressentir aucun soulagement face aux excuses de Peter. Pire : quand les mots vinrent, avec leur apparence sincérité et la honte qui semblait les accompagner, il eu l'impression de les avoir arrachés. Ces mots, ils l'auraient touché en bien, s'il ne les avait pas provoqué avec tellement d'ardeur, à force d'arguments que n'importe quel adulte pouvait matraquer dans la tête d'un gosse.

D'un coup, il se sentit aussi sale que lorsqu'il était passé dans cette même rue, une heure plus tôt et dans l'autre sens, et il se demanda s'il n'allait pas être malade.

Il avait envie de dire qu'il n'avait jamais tiré sur personne, mais il pensa aussitôt qu'il n'en avait simplement jamais eu l'occasion. Il aurait pu ajouter qu'il n'avait rien contre les français tant qu'ils n'étaient pas communistes, parce qu'après tout, s'il avait été francophobe... eh bien, il ne serait pas là.

Il inspira profondément.

Et comprit que, d'une certaine façon, c'était trop tard. Il suffisait qu'il porte cette uniforme, qu'il ai été indifférent pendant quelques temps. Très clairement, il se rendit compte qu'il aurait pu arrêter ce job, il aurait suffit qu'il envoie une lettre indiquant qu'il n'en était pas capable, ce n'était pas comme s'il était indispensable, ça aurait pourri sa carrière mais après tout, il aurait été mieux dans un bureau à rester capitaine toute sa vie. Il aurait pu refuser de se présenter à l'entretien d'embauche, trouver un autre travail. Peter avait raison, ça aurait pu se faire. Il avait juste été feignant, feignant et mou, et il l'était encore, à préférer pousser Peter à l'excuser plutôt que de faire quoi que ce soit pour changer sa situation.

Il pensa à la décision qu'il avait pris ; qu'il était avec Paul, quoi qu'il arrive, même si ça devait le coûter la vie. Juste pour être lui même et arrêter de n'être personne.

Alors, il fallait prendre une décision. S'il faisait son travail, il fallait qu'il fasse taire Peter. S'il ne le faisait pas, et bien il fallait qu'il ne le fasse pas -et pour de vrai, sûrement.
Juste pour savoir où il voulait se situer ; dans quels gris.

Il se mordit la lèvre, regarda ailleurs. De l'autre côté de la rue, il y avait une vieille boutique, fermée depuis longtemps, avec la peinture l'enseigne qui s'écaillait.

"Arrête de m'envoyer des informations."
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Dim 7 Fév - 21:54

C'était dit, Peter l'avait avoué au Gestapiste, il avait entendu ce qu'il voulait entendre et en même temps Peter n'avait pas eût l'impression de faire un gros effort sur lui-même étant donné qu'il était parfaitement conscient du fait qu'il n'aurait jamais dût envoyer un coup de pied dans les glaouis de son collègue. Qu'il appréciait ou pas les nazis, ils représentaient l'autorité et il n'aurait jamais fait çà à un flic... Mais en même temps les flics ne fusillaient pas des gens au hasard dans la population quand quelqu'un était violent avec eux... Peser le pour et le contre, une activité qu'il effectuait souvent depuis qu'il avait rencontré Siedler, une personnalité pour le moins complexe qu'il n'arrivait pas à ranger dans un des deux camps.
Peter écarquilla grand les yeux quand Heinz lui dit de ne plus lui envoyer ces informations. C'était un grand soulagement pour une petite perte : certes il n'aurait pas de tickets de rationnement mais de toute façon ils étaient inutilisables sans attirer des soupçons, et il se faisait déjà assez traiter gratuitement de boche sans qu'on s'aperçoive en plus qu'il collaborait. Il esquissa un sourire heureux mais néanmoins un peu déboussolé, il ne s'attendait pas du tout à cette réaction, peut-être avait-il plus de charisme qu'il le pensait? Sa curiosité était néanmoins attisée... Encore un peu sonné par la soudaineté de la déclaration, il parla en bredouillant un peu.

- Euh, d'accord, pas de problème mais heu... Pourquoi vous voulez plus que je vous en envoie subitement?
Si la réponse n'arrivait pas, il s'en contenterait, il était déjà plongé à nouveau dans sa réflexion, regardant le sol et ses pieds. Il se sentait un peu redevable, ce qui était stupide étant donné que c'était Siedler qui exigeait des choses de lui depuis le début. Mais en même temps, depuis le début il lui avait épargné bien des soucis, si son homme de main lui avait tiré dessus, nul doute que ce dernier aurait lui-même commandé le peloton d'exécution, même si Peter n'était officiellement en age d'être condamné à mort. Et force était d'avouer qu'il n'y avait pas que pour lui que çà marchait, étant donné qu'il n'y avait eût aucune représailles contre la population à propos de cette fameuse agression d'un officier de l'armée... Ayant fait une erreur, Peter releva à nouveau sa tête vers Siedler.
- Je... J'vous dois vraiment des excuses, je me suis trompé sur votre compte... Je pensais que les nazis étaient des brutes mais pas vous... Vous, vous êtes différent.
Peter n'avait même pas besoin de prendre un air sincère puisque sincère, il l'était. Il avait faillit lui dire "vous êtes quelqu'un de bien" mais c'était encore trop tôt pour le dire, il verrait çà sur le long terme...
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Mar 9 Fév - 2:26

Forcément, fallait qu'il pose la question... parce qu'il était hors de question de lui dire que finalement, il avait décidé que son éthique personnelle était contre le travail des enfants, surtout quand ils étaient à moitié orphelins et non consentants.
D'un autre côté, il avait clairement dit ça pour passer pour le gentil de service.

"J'ai d'autres informateurs,"
répondit-il simplement. C'était un argument de Peter, il ne pourrait pas le contester... il n'aurait sans doute pas envie de le faire de toute façon. Le gamin s'était tellement plaint de sa situation qu'il ferait sans doute tout pour y échapper.

Et puis, finalement, il n'avait sans doute pas besoin d'avoir l'air si gentil que ça. D'ailleurs ces excuses ci, au lieu de lui peser, semblaient lui attacher un tas des ballons d'hélium aux chevilles. Différent, quand on savait ce que Peter pensait des nazis, ça voulait dire un truc comme sympa. Un type sympa ne pouvait évidemment pas être complice de tortures dans des caves sombres, non ?

... non ?

Non.
Ce n'était juste pas logique.
Il était sympa, donc ce n'était pas sa faute. Il n'y pouvait rien si d'autres n'étaient pas comme lui.
Et puis, ce n'étaient que des communistes, donc ça comptait encore moins.

"Il y a beaucoup d'autres nazis qui ne sont pas des brutes. Quand la paix reviendra et que les choses se calmeront, tu pourras sans doute faire la paix avec ton héritage. Nous serons heureux de t'accueillir."


On était allemand par le sang ; que Peter ai désormais la nationalité Française n'y changeait rien : il était des leurs, un point c'est tout, et c'était sans doute pour ça que Heinz laissait passer. Pour un Français, il n'aurait jamais fait quelque chose de ce style...
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Mar 9 Fév - 21:00

Peter se contenterait sans aucun problème de l'explication "j'ai d'autres informateurs". S'il pouvait être libéré de ce fardeau c'était tant mieux!!
Peter en était tout réjouit et affichait sans se forcer un immense sourire béa tandis que Heinz continuait de lui parler.
Bien entendu, les propos qui suivirent ne le surprirent pas, qu'il soit ou pas nazi, il profitait de la moindre occasion pour prêcher contre son église. Bien sûr que les nazis n'étaient pas tous des brutes sanguinaires, il y avait aussi des façons raffinées et non brutales de faire souffrir les gens non?
En revanche, il ne pût s'empêcher de pouffer un petit coup quand il lui dit qu'ils seraient ravis de l'accueillir... Il eût envie de redire ce qu'il lui avait dit à sa première rencontre : que le plaisir n'était pas partagé, mais si çà devait impliquer des conséquences aussi dramatiques que la première fois...

- Non merci, j'y tient pas trop.
Se contenta-t-il de dire en adoptant un ton très poli.
Peter en nazi! C'était la meilleure de l'année, même s'il commençait à avoir un semblant de sympathie pour ce type, est-ce que çà voulait dire qu'il allait pouvoir rejoindre les nazis malgré tous les crimes que ces derniers commettaient et avait commis sur d'autres gens ainsi que sur sa famille! C'était justement pour lui éviter de se retrouver le crâne bourré d'idées nazis que ses parents avaient fuit l'Allemagne, pour lui éviter les jeunesses Hitlériennes! Alors ne serait-ce que pour respecter la mémoire de son père, il ne pouvait pas se le permettre.
Déja là il se sentait un peu coupable de traîner avec Siedler, sans compter ce qu'on pouvait lui reprocher si on le voyait! Mais en général, très peu de personnes de St Paul passaient par ce quartier alors...
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   Jeu 11 Fév - 23:30

Plus tard, il y tiendrait. Quand il aurait l'impression d'avoir manqué quelque chose et qu'il voudrait chercher ses racines là où ses parents les avaient abandonnées. Ou quand il serait arrivé à un âge où l'avis du père devient lourd à porter, n'attendant que d'être jeté à terre, comme un vieux manteau un jour d'été. A ce moment là il comprendrait peut être ce que les Allemands avaient vu -voyaient- en Hitler : un système différent, inédit, un espoir de s'en sortir... qui marchait. Vingt ans plus tôt, ils étaient les rejets d'un monde qui ne pensait qu'à les écraser, gouvernés par des traitres qui avaient vendu leur armée pour la Paix. A présent, l'Europe leur appartenait et ils pouvaient marcher fièrement.
Oui.
Un jour, Peter comprendrait.

En attendant, ce n'était pas comme si on pouvait lui faire avaler ça de forme. Il reconnaissait que tous les nazis n'étaient pas des salopards, et c'était déjà une victoire. On ne pouvait pas faire plus ; ce n'était pas le moment, pas l'endroit et Heinz se sentait mal à l'aise. Sa visite chez Paul et la surprise d'être vu à proximité de chez lui, ainsi que les raisons de sa visite revenaient par vagues, repartaient mais ne disparaissaient jamais. Il rêvait d'une douche et de dormir, quitte à prendre un calmant pour s'endormir sans penser ni rêver.

Il se racla la gorge, même si au fond, c'était sur ses poumons que ça pesait ; toujours les poumons. Ca, c'était une racine dont il ne pourrait jamais se défaire.

"Je vais te laisser. Penses à ce que je t'ai dit ; tu peux venir me voir si tu as un problème."

Il sourit, avec plus de finesse que de joie, un peu pâle. Et repartit, pas trop vite, mais pas lentement parce qu'au final il se faisait ralentir pour ne pas avoir l'air de courir.

Il avait le sentiment qu'ils se reverraient.
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MessageSujet: Re: Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)   

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Si tu connais mon nom (Vendredi 9 mai 1941)

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