... on en voit le museau


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... on en voit le museau

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MessageSujet: ... on en voit le museau   Mar 19 Jan - 3:55

[HJ- En provenance de .]

Un aviateur se devait d’être toujours à l’heure. Un aviateur se devait de toujours se présenter à l’heure au service, comme tous les autres militaires. Et ce n’était pas parce qu’on était rattaché à l’Armée de l’Air et qu’on se trouvait dans une base occupée par les allemands avec autant de liberté de mouvement qu’un saucisson ficelé enfermé dans un tiroir sombre et attendant d’être vendu au marché noir que ça y changeait quelque chose. Tout ça, François le savait parfaitement, et il s’efforçait même de le respecter. Mais il y avait des jours ou ça n’était pas si facile que ça. Comme, par exemple, les jours où un type en blouse blanche débarquait soudain dans les douches pour faire un peu de causette alors que le temps était compté, et que le type en question se débrouillait même pour se casser la margoulette et mettre un bazar pas possible dans la salle de douche.

Enfin, il y avait toujours des bons côtés cachés quelque part et, en l’occurrence, c’était que le docteur Constantin avait décidé de laisser tomber ses idées saugrenues d’excuses à présenter au capitaine Wilson et autres petit déjeuner à apporter sur l’aire d’atterrissage avant l’entraînement. L’aviateur avait donc quitté le vestiaire des douches avec l’esprit tranquille mais le pas rapide et s’était rendu à la lingerie pour déposer ses affaires sales, avant de prendre la direction du dehors. Certes, il n’avait pas mangé, mais bon, ce n’était pas la mort non plus. Il n’était pas vieux, fatigué, blessé ou malade, il avait mangé la veille et il tiendrait donc bien jusqu’au prochain repas. Il valait sans conteste mieux rater un « petit déjeuner » – prit le soir que d’arriver en retard pour l’entraînement.

Et, lorsqu’il franchit enfin le seuil du château, François se sentit aussitôt confirmé dans son idée. Grâce à sa décision, il n’était pas en retard. Le capitaine Wilson n’était pas encore là, et il n’y avait pas de trace de Nobilitas – qui n’aurait pas manqué d’être visible si elle avait été présente. Seuls quelques hommes de l’équipe au sol et quelques-uns de ses camarades d’équipage se trouvaient déjà là, à attendre les autres, et François les salua simplement d’un signe de tête. Il les connaissait quasiment tous, au moins de nom, mais il n’était pas franchement très doué pour se lier d’amitié, même avec des camarades. Aussi se contenta-t-il de se poser sur un côté du groupe, un peu à l’écart mais pas trop, et, sans que ce soi fait exprès, assez proche des cuisines.

Ce fut sans doute pourquoi, alors qu’il laissait son regard errer vers les bâtiments, il aperçut une silhouette approcher, qu’il ne mit pas longtemps à identifier. Oh Seigneur ! Mais qu’est-ce qu’il voulait encore celui-là ? Certainement rien de spécial, réfléchit finalement l’aviateur, après tout un vétérinaire pour dragons avait toutes les raisons de se trouver sur l’aire d’atterrissage ou de se rendre aux étables, n’est-ce pas ? Si, si, il en avait toutes les raisons. Et, par conséquent, ce n’était pas la peine de lui prêter attention, il valait mieux détourner le regard et faire mine de s’intéresser… aux étables à dragons, d’où ne tarderait certainement pas à sortir Nobilitas.
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MessageSujet: Re: ... on en voit le museau   Jeu 28 Jan - 22:29

Si il y avait quelque chose à laquelle Gabriel tenait, c'était la santé des autres et s'il y avait un repas important dans la journée, c'était le petit-déjeuner. Donc tout cela faisait qu'il avait couru aux cuisines pour trouver quelque chose à apporter à l'aviateur qui l'avait aidé dans ses recherches finalement inutiles. Il prit donc un plateau qu'il chargea avec toutes sortes de victuailles. Il ne savait pas ce que l'aviateur aimait par contre. C'était désagréable ça ...

Alors d'après ce qu'il avait vu, il fallait quelque chose de chaud et de doux, du chocolat chaud serait parfait. Ensuite que manger ... du pain, ça tenait au corps et ça faisait du bien, c'était bien français en plus et Nobilitas était un dragon français. Il fallait quelque chose d'autre pour que ce soit plus ... adapté à ce qu'il voulait faire. Il avait retardé le bain d'un aviateur en faisant des choses dans les douches et maintenant il devait se rattraper.

Il avait donc un énorme plateau avec une bonne carafe de chocolat chaud, plusieurs tranches de pain avec des confitures diverses dans des bols. Il avait aussi sur le plateau des tasses, des cuillères et quelques morceaux de sucre. Ensuite il commença à marcher plus calmement vers l'aire d'atterrissage. C'était quelque chose de particulier à voir le vétérinaire avec un plateau et surtout marchant lentement. Car il se connaissait, il savait très bien qu'il serait très vite au sol s'il avait le malheur de courir.

Il vit l'aviateur déjà en place et en train de guetter l'arrivée de son dragon et il se dit qu'il allait lui faire une bonne surprise. Mais il lui était impossible de poser un doigt sur ses lèvres pour ménager le suspense donc il se dirigea vers un coin de l'aire d'atterrissage avec des poteaux où il pouvait déposer son plateau sans risque. Ensuite, une fois sa charge mise de coté, un sourire espiègle naquit sur ses lèvres et il avança vers l'équipage.

- Bonjour messieurs ! Je vous ai apporté de quoi boire et manger, allez venez en profiter. Je me charge du capitaine s'il râle !

Il se plaça aux cotés de François avant de lui glisser à l'oreille :

- Tu vois j'ai fait attention de ne pas parler de notre aventure sous la douche.

Il attendit que ce dernier bouge pour aller chercher un bon chocolat tout doux avec du pain et de la confiture de fraise, car oui, c'était trop mignon un garçon avec de la confiture sur le museau !
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MessageSujet: Re: ... on en voit le museau   Lun 1 Fév - 0:32

Et bien si, en fait, il voulait quelque chose de spécial, comprit François en levant brièvement les yeux au ciel quand le vétérinaire s’adressa à tout l’équipage et annonça qu’il avait apporté de quoi boire et manger. Le jeune homme n’était pas dupe. Il avait parfaitement compris pourquoi le docteur Constantin était venu apporter le « petit déjeuner » à l’ensemble des aviateurs qui travaillaient sur Nobilitas. Apparemment, malgré l’accord qu’il avait donné dans le vestiaire des douches, le vétérinaire n’avait pas renoncé à l’idée qu’il avait eue de remédier au petit déjeuner sauté. Et même si l’homme n’avait rien dit de sa visite dans les douches, et que son estomac se réjouissait, François n’en était pas franchement ravi. Aussi jeta-t-il un regard un peu désagréable à Gabriel quand il lui parla à l’oreille.

« Merci, c’est gentil, » marmonna-t-il tout de même, en réponse.

Ca ne lui faisait pas vraiment plaisir de devoir remercier le vétérinaire, mais il n’aurait plus manqué que celui-ci pense qu’il n’était pas content et qu’il devait donc expliquer le pourquoi du comment à haute voix. Le petit déjeuner supplémentaire sur l’aire d’atterrissage allait peut-être retarder un peu le début de l’entraînement mais, à tout prendre, il valait mieux ça plutôt que les autres se demandent pourquoi ils avaient droit à un casse-croûte en plus. Et, dans la même idée, il avait intérêt à se lever et à se joindre à ses collègues qui ne se faisaient pas prier pour manger quelque chose – oui, oui, approuva son estomac – histoire que personne ne remarque qu’il faisait bande à part et que le vétérinaire venait lui parler, à lui.

François se leva donc et s’avança vers le coin indiqué par le docteur Constantin et où avait été déposé le plateau. Il eut droit à une tasse de chocolat par un des membres de l’équipe au sol qui s’était attribué le devoir de servir les autres et attrapa une tranche de pain qu’il tartina de confiture d’abricot – c’était meilleur que la confiture de fraise, oui monsieur ! S’il avait su ce qui trottait dans la tête du vétérinaire, le jeune aviateur se serait très certainement gardé de se servir en confiture, mais comme il n’était pas télépathe, il ne se méfia pas. Et, une fois qu’il eut les deux mains pleines – la droite par la tranche de pain et la gauche par la tasse de chocolat – il recula de quelques pas pour s’éloigner de l’attroupement.

Ce ne fut que quelques secondes plus tard, une fois qu’il eut bu une gorgée de chocolat et mordu à belles dents dans sa tartine – on avait beau tenter de faire comme si de rien n’était, il faisait faim, mine de rien – que François se rendit compte qu’il n’avait pas de serviette pour s’essuyer la bouche. Bon, d’un autre côté, il n’avait pas non plus de main libre pour tenir une serviette, alors… Mais il était tout de même hors de question de se servir de la manche de son uniforme…
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MessageSujet: Re: ... on en voit le museau   Jeu 11 Fév - 21:44

Autant Gabriel savait lire les regards des animaux, autant ceux des humains lui étaient totalement inconnus, il était capable de passer à coté du plus noir des regards sans aucun souci. Aussi que l'aviateur lui jette un regard désagréable n'était pas le moins du monde perturbant pour lui. Bien au contraire, il n'entendit que le remerciement et il lui dédia un sourire parfaitement enthousiaste. Et il suivit même l'homme du regard quand il s'éloigna pour prendre un bon chocolat chaud.

Gabriel n'avait pas la vue basse, mais en l'occurrence il avait le regard qui portait au même endroit que le chef de la gestapo de Montreuil lorsqu'il croisait un Flieger allemand, à savoir sur le haut du pantalon parfaitement ajusté d'ailleurs. Il faudrait qu'il félicite les concepteurs de ces uniformes qui finalement n'étaient pas trop laids.

Il s'approcha pour regarder ce que prenait l'homme, à bien connaitre une proie on pouvait l'appâter sans soucis. Et là en l'occurrence des abricots étaient parfaits pour faire un appât. Gabriel le regarda s'éloigner de quelques pas dans l'intention manifeste d'être tranquille pour pouvoir parler avec un vétérinaire, c'était obligatoire.

Et quand il le vit avec une belle moustache de chocolat au dessus de la lèvre et un peu de confiture également, il sut ce que l'autre devait attendre de sa part. Bon, ils auraient étés seuls cela aurait été mieux tout de même parce que là non, il ne pouvait pas faire ce qu'il avait prévu devant témoins. Mais bon, il devait lui signaler qu'il avait très bien compris le message. Surtout qu'il n'avait même pas prit de serviette alors que le vétérinaire en avait apporté ! Si ça ce n'était pas un signe !

Il s'approcha avec l'une des serviettes et armé de son éternel sourire.

- Tu en as là, ne bouges pas !

Et hop, il lui essuya le pourtour des lèvres avec le tissu tout en prenant bien garde à ne pas se faire voir outre mesure des autres. Bon, il manqua de renverser le chocolat et heureusement que la tasse n'était pas pleine sinon c'était ce qui se serait passé. Mais l'autre l'aurait pardonné puisqu'il était vraiment trop meugnon avec son chocolat et sa confiture d'abricot, oui, Gabriel le trouvait à croquer !
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MessageSujet: Re: ... on en voit le museau   Sam 13 Fév - 13:30

Non, François n’était définitivement pas télépathe. Et c'était bien dommage. En effet, si ça avait été le cas, l’aviateur n’aurait non seulement pas été se servir en chocolat et en confiture d’abricot mais, en plus, il n’aurait pas été agréablement surpris de voir le vétérinaire s’approcher avec une serviette à la main. Il ne se serait certainement pas dit, pendant une fraction de seconde, que le docteur Constantin n’était peut-être pas si tordu que ça – enfin, relativement – et qu’il paraissait même avoir un semblant de bon sens, puisqu’il lui apportait la serviette qu’il avait oubliée de prendre pour s’essuyer la bouche. Le vétérinaire de Sarnand cherchait peut-être des rats dans les douches alors qu’il n’y en avait pas, prenait un malin plaisir à discuter avec des aviateurs à moitié – pour ne pas dire complètement – nus toujours dans les douches et était aussi têtus que la pire des mules puisqu’il ne renonçait pas à apporter un petit déjeuner sur l’aire d’atterrissage, mais paraissait capable, de temps en temps, de se comporter normalement.

Ou pas.

Les lèvres, que François avait commencé à ouvrir pour remercier le docteur Constantin – ça lui faisait toujours un peu mal, mais la politesse avant tout – de lui apporter ce dont il avait besoin, formèrent un O silencieux pendant quelques secondes, avant de se pincer sous le coup de l’indignation. Et l’aviateur se sentit soudain très content d’avoir avalé ce qu’il avait dans la bouche l’instant précédent, sinon il aurait risqué de s’étouffer.

Non mais, il faisait quoi, là ?!

Sous le coup de la surprise et de l’indignation, François se pétrifia, laissant involontairement le temps au vétérinaire de lui essuyer le pourtour des lèvres. Néanmoins, il ne tarda pas à réagir, et même plutôt violemment. Il recula d’un pas, tout en repoussant la main du docteur Constantin de sa main droite, armée de la tartine de confiture. Ce fut d’ailleurs une chance que la tartine ne vole pas à l’autre bout de l’aire d’atterrissage dans le mouvement.

« Mais ça va pas ? s’étrangla François. Qu’est-ce qui vous prend ? »

Oubliées la politesse et la mesure. Fallait pas pousser, quand même ! Même le capitaine Wilson n’aurait pas pu garder son flegme légendaire dans ces conditions ! Le visage un peu plus pâle que d’ordinaire, François fusillait le vétérinaire du regard. Pour le moment, il ne ressentait rien d’autre que de la colère et de l’indignation, mais il n’avait pas encore réalisé que certains de ses collègues avaient peut-être vu la scène, sans quoi ses joues auraient peut-être pris une teinte plus proche de la confiture de fraise que de celle d’abricot.


Dernière édition par François Drisslet le Dim 21 Fév - 23:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ... on en voit le museau   Dim 21 Fév - 22:44

L'air qu'arborait l'aviateur ne pouvait pas être si réel que ça ? Il ne reflétait pas si profondément la colère car tout le monde était heureux qu'on prenne soin d'indiquer qu'on avait de la confiture dans le coin des lèvres. Et quand on avait pas de serviettes pour s'essuyer on remerciait d'habitude.

Gabriel soupira en sentant qu'il était repoussé et en entendant les paroles données sur un ton assez désagréable finalement. Se pouvait-il qu'il l'ait énervé plus que de raison ? Ou alors il était frustré de ne pas pouvoir remercier devant les autres pour ne pas avoir l'air reconnaissant. Car il devait vouloir être fort et courageux. C'était toujours comme ça avec les militaires, il fallait qu'ils prouvent leur valeur à chaque instant.

- Tu n'aurais pas dû parler aussi fort, personne ne nous avait vu.

Il se tourna vers les autres équipiers.

- C'est rien, j'ai failli renverser le chocolat, je suis maladroit vous savez !

Il revint vers le jeune militaire avec un sourire sur les lèvres pour lui montrer que tout allait bien. Il allait bien finir par réussir à le défroisser un petit peu. Ou alors il avait besoin d'un massage, mais ça n'était pas possible pour le moment. Il devait même bientôt partir pour ne pas griller sa couverture de bon samaritain de tout l'équipage.

- Tu veux autre chose ? Confiture, chocolat, pain, massage ?

Il avait prononcé les mots sans changer de ton, on ne savait jamais il pouvait accepter ça avec un peu de chance.
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MessageSujet: Re: ... on en voit le museau   Mar 23 Fév - 21:23

En effet, en général, on était plutôt content quand quelqu’un faisait remarquer qu’on avait de la confiture au coin des lèvres, avant que tout le monde ne s’en rende compte et qu’on ne se sente très honteux. D’accord. Et, d’habitude, on remerciait quand quelqu’un apportait la serviette dont on avait besoin pour s’essuyer le coin des lèvres. OK. Mais depuis quand devait-on être heureux quand ledit quelqu’un essuyait lui-même avec ladite serviette la confiture qu’on avait au coin des lèvres ? Et devant tout le monde, en plus ? François voulait bien faire des efforts, mais il y avait des limites ! Il ne fallait pas pousser grand-mère dans les orties et dire qu’elle était tombée toute seule !

Et les paroles suivantes du Docteur Constantin ne firent rien pour ramener l’aviateur à de meilleurs sentiments. Comment ça, il n’aurait pas dû ? Il ne manquait pas de culot ! Ce n’était pas lui, peut-être, qui enchaînait les choses qu’il n’aurait pas dû faire ? En tout cas, ce n’était pas François qui partait à la chasse aux rats à des heures indues pour finalement s’arrêter dans les douches à regarder ceux qui ne faisaient que se laver, avant de tenter de discuter avec eux. Ce n’était pas lui non plus qui se montrait plus têtu que la pire des mules et qui persistait à vouloir amener un petit déjeuner aux aviateurs qui allaient prendre le service. Et, enfin, ce n’était pas lui qui essuyait la bouche de ses voisins avec une serviette, comme s’ils avaient gardé les cochons ensemble, voire pire ! Même sa mère n’avait pas osé faire une chose pareille depuis qu’il avait plus de deux ans. Alors, tout vétérinaire qu’il soit, il pouvait se les garder ses conseils ! Il n’aurait pas dû, il n’aurait pas dû, et puis quoi encore ?

Il n’aurait pas dû parler aussi fort.

Complètement indigné, François n’avait pas enregistré immédiatement la fin de la phrase. Quand ce fut enfin le cas, le jeune aviateur eut un moment de flottement, que le docteur Constantin mit à profit pour s’adresser à ses collègues. Mais quand il se tourna de nouveau vers lui, le vétérinaire ne put rencontrer que le même regard furieux que précédemment – seules les pommettes en-dessous avaient pris une couleur légèrement plus soutenue – en réponse à son sourire. La gêne alimentait la colère et François en voulait énormément à son interlocuteur de l’avoir mis dans une telle situation. Parce que c’était entièrement de sa faute, parfaitement ! Lui, il n’avait rien demandé, ni petit déjeuner, ni serviette pour s’essuyer la bouche, ni main de vétérinaire pour utiliser ladite serviette ! Et il n’avait encore moins demandé la moindre miette d’attention de ses collègues. Il n’avait aucune envie que l’un d’eux imagine qu’il n’était ne serait-ce qu’ami avec le docteur Constantin ou – pire ! – autre chose – que François refusait tout net de formuler, même en pensée.

Il dut néanmoins faire un effort impressionnant sur lui-même pour ne pas répondre vertement à son interlocuteur quand il ouvrit à nouveau la bouche. Un massage ? Non mais, il était vraiment tordu ! A défaut de pousser une nouvelle exclamation indignée, François se contenta de déglutir avec difficulté, avant de répondre. Mais, cette fois, la politesse et la neutralité étaient au-dessus de ses forces.

« Non, je n’ai plus besoin de rien, » grogna-t-il.

Sa tasse était encore à moitié pleine et sa tartine à moitié entière. Et il regrettait même de s’être servi, maintenant que son estomac ne criait plus famine. S’il n’avait pas pris de chocolat et de tartine de confiture, il n’en serait pas là, le vétérinaire n’aurait pas pu à nouveau prouver qu’il était bizarre à ce point-là… et il n’aurait pas attiré l’attention de ses collègues.

« Vous pouvez retourner à votre travail, le capitaine et Nobilitas ne vont certainement pas tarder, » ajouta-t-il, dans l'espoir d'en finir.

Parce qu’un vétérinaire, c’était quelqu’un d’occupé, n’est-ce pas ? il avait sans doute beaucoup de choses à faire, autres que de rester planter sur l’aire d’atterrissage, non ?
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MessageSujet: Re: ... on en voit le museau   Jeu 4 Mar - 22:02

Oh ! Il n’avait pas l’air content le François, Gabriel se demandait bien pourquoi ? Pourtant il avait beaucoup de chance de le rencontrer lui, qui lui apportait de quoi manger, qui s’occupait de son bien-être etc etc … Mais non, ce garçon était un incorrigible râleur face aux délicates attentions du vétérinaire.

Tant pis pour lui, ça ne changerait rien à l’attitude de Gabriel car, il savait bien que quelque part au fond de lui, très au fond d’accord, François le remerciait. Et quand l’aviateur annonça qu’il n’avait plus besoin de rien, le vétérinaire haussa les épaules tout en restant à l’écoute de ses souhaits.

Car avouons-le tout net, il n’avait pas demandé de petit-déjeuner parce qu’il était poli et qu’il ne voulait pas retarder Gabriel dans ses travaux, il n’avait pas demandé de serviette parce qu’il était grand, beau et fort et qu’il voulait le prouver à tout le monde. Mais il n’avait pas besoin de le prouver à tout le monde puisque Gabriel avait bien vu qu’il était grand, beau et fort durant le trop court laps de temps qu’ils avaient passé sous la douche ensembles !

La suite des paroles fut étrange, pourquoi donc est-ce que faire son travail pouvait avoir un lien avec l’arrivée ou non de Nobilitas et du Capitaine ? Au contraire, si le capitaine arrivait avec son dragon, il pourrait faire son travail en discutant avec Nobilitas concernant sa santé. Et c’était même tout à fait ce pour quoi il était payé. De plus, il avait apporté de quoi manger et il devait reporter le plateau en cuisine sous peine de se faire tuer par le cuisinier.

Donc non, il n’y avait aucun rapport et il n’y aurait eu leur grand moment de complicité précédent, Gabriel aurait pu croire que sa présence était désagréable pour l’aviateur. Oh, comprenons-nous bien, il sentait qu’il énervait prodigieusement François, mais il ne pensait pas que c’était à ce point.

« Oh, je ne suis pas si pressé que ça, j’ai fini mon service il y a peu et maintenant je suis libre comme l’air. Mais oui, je vais y aller je pense. »

Il se gratta l’arrière du crâne en réfléchissant un peu, puis il se dit que ça ne coûtait rien d’essayer.

« Tu veux que je vienne te voir quand vous reviendrez de votre entrainement. Moi je suis toujours fourbu après un vol, il me faut un bon bain chaud, je pourrais te le préparer. »

Il fit un clin d’œil au jeune homme en face de lui et attendit la réaction. Car il avait très bien compris que non, il ne serait jamais intéressé par un massage ou par tout autre contact entre eux. La seule chose qui pourrait le faire demander la présence de Gabriel, ce serait un problème avec Nobilitas, et encore, François serait certainement prêt à demander à tous les autres vétérinaires sauf lui ! Mais c’était amusant de jouer avec les gens …
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MessageSujet: Re: ... on en voit le museau   Dim 7 Mar - 10:54

C’était amusant de jouer avec les gens, c’était amusant de jouer avec les gens, oui, possible… sauf pour celui avec lequel les autres jouaient ! Et sauf quand on n’avait pas tout à fait ce type d’humour-là, ce qui était tout à fait le cas de François – à moins qu’il n’ait pas la moindre once d’humour tout court, bien sûr. L’aviateur, lui, ne trouvait pas du tout la situation amusante, et il ne ressentait plus qu’une seule envie, à savoir que le vétérinaire remballe ses clics et ses clacs, son plateau et ce qu’il contenait, et retourne d’où il venait. Ou qu’il s’en aille ailleurs, au diable même si ça lui chantait, du moment qu’il ne se trouvait plus devant lui et qu’il ne risquait plus d’alimenter son agacement et sa colère, ainsi que la curiosité des autres et celle – horrible ! – du capitaine si celui-ci arrivait.

Le jeune homme se retint à grand-peine de lever les yeux au ciel quand le docteur Constantin répondit qu’il n’était pas pressé et qu’il était libre comme l’air. Jésus Marie Joseph ! Mais il ne comprenait rien à rien, ce type ! Ce n’était pourtant pas difficile de saisir le sous-entendu, quand même, si ? Même le plus parfait crétin aurait compris que c’était une manière de lui dire de partir ! Plutôt que de lever les yeux, ce qui aurait montré son agacement de façon trop évidente, François se contenta de souffler par le nez, mais l’idée était là. Il ne savait plus à quel saint se vouer, et regrettait presque de ne pas avoir été suffisamment attentif en cours de catéchisme, qui ne l’intéressait pas des masses quand il était petit. On ne se doutait pas, quand on était jeune, que ça pourrait avoir de l’importance un jour. Enfin, peut-être que Ste Rita pourrait quelque chose pour lui, en désespoir de cause, puisque c’était justement son rayon, les causes désespérées, non ?

Heureusement, avant qu’il n’ait eu le temps de pousser plus loin la réflexion, le vétérinaire déclara que, oui, il pensait qu’il allait y aller. Très bonne idée ! Maintenant, il n’avait plus qu’à mettre sa pensée à exécution, tout de suite ! S’il voulait penser, il pouvait le faire sans problème en marchant, par exemple en se dirigeant vers le château et les cuisines pour ranger son plateau. Il ne fallait surtout pas tergiverser pendant des heures, ça risquait de lui faire perdre son temps ! On ne savait jamais, en marchant, il pourrait soudain se souvenir de quelque chose qu’il avait à faire…

… Mais c’était mal parti. François retint à grand-peine un soupir, cette fois, quand son vis-à-vis se gratta l’arrière du crâne, en donnant l’air de réfléchir. Il n’y avait pas besoin de réfléchir, bon sang ! c’était tout vu ! Le soupir réprimé manqua toutefois de se transformer en exclamation indignée quand le vétérinaire ouvrit à nouveau la bouche. Comme pour l’éviter, l’aviateur pinça plutôt les lèvres, tout en jetant un nouveau regard furieux au docteur Constantin. Il le faisait exprès ou quoi ? Parce que soit il était très, très stupide – ce qui ne devait pas être tout à fait le cas puisqu’il était quand même vétérinaire – soit il était complètement tordu – bon, c’était avéré, mais ce n’était pas censé altérer les fonctions cognitives à ce point, si ? – soit… soit il se moquait de lui. A bien y réfléchir, d’ailleurs, c’était le plus probable. Parce que, tout tordu (déviant ou autre) qu’il soit, le vétérinaire n’avait pas pu ne pas remarquer que ses attentions l’horripilait au plus haut point. Et ça ne risquait pas d’aller en s’arrangeant, puisque François n’appréciait pas non plus qu’on se moque de lui.

« Je ne prends jamais de bain, » rétorqua-t-il.

Non, il prenait des douches.

« Et, de toute manière, je suis bien capable de le préparer tout seul si j’en veux un. »

Bon, d’accord, ce n’était pas très poli, courtois ou sympathique, comme réponse, mais ça devenait franchement agaçant. François aurait bien croisé les bras, pour tenter de se calmer un peu, mais sa tasse en chocolat et sa tartine l’en empêchaient. Il se contenta donc de déglutir et de prendre une grande inspiration, avant de tenter d’arrondir (un peu) les angles.

« Et de toute manière, vous aurez autre chose à faire quand on rentrera. »

Voilà. C’était peut-être pas la phrase du siècle, mais bon. De toute manière, même le capitaine Wilson n’aurait pas pu faire mieux, c’était sûr !
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MessageSujet: Re: ... on en voit le museau   Mer 17 Mar - 12:13

Un, on attends de voir les joues se colorer. Deux, on regarde les lèvres se pincer. Trois, on écoute l'exclamation indignée. Et quatre, on pousse un cri intérieur de joie. Ca avait très bien fonctionné et Gabriel eut même un petit pincement au coeur pour le pauvre aviateur, il y était allé un peu fort et peut-être que le garçon allait se vexer totalement. Mais en même temps, il aurait pu être nettement plus direct avec le vétérinaire et l'envoyer promener d'un seul coup.

Ah, l'éducation militaire, que c'était abrutissant pour les capacités cognitives et que Gabriel était heureux d'avoir échappé à un service dans l'armée. En tant que soldat entendons nous bien, il avait fait son service militaire en tant que vétérinaire et s'était bien amusé avec certains aviateurs et certaines infirmières, parfois en même temps mais là n'était pas la question.

François déclara ne jamais prendre de bain et le vétérinaire secoua la tête en soupirant.

" Tu ne sais donc pas combien c'est agréable ! Mais j'ai l'impression que tu es stressé par ton vol prochain aussi je ne vais pas insister. "

Il avait la nette impression surtout que s'il insistait, l'autre risquait de vraiment s'énerver et que du coup il allait avoir des mots durs ou bien des actes barbares comme de tenter de frapper le pauvre vétérinaire si gentil et diligent.

" Tu sais que quand tu es stressé, tu te répètes ? Tu as dit deux fois, et de toute manière. Il faut que tu te maitrises, c'est très important si tu veux avoir ton dragon un jour. Allez, je vais vous laisser, le capitaine devrait arriver sous peu et ... je pense que tu vas avoir envie de voler. "

Il se plaça de manière à ce qu'on ne puisse voir ce qu'il disait à François et juste avant de le quitter, il murmura.

" C'est dommage, je t'aurais bien fait un bisou d'au revoir, mais je sens que tu n'en as pas très envie. "

Il retourna chercher son plateau en criant à la cantonade de laisser les tasses dans un coin, qu'il viendrait les récupérer. Et sur un grand geste de la main qui faillait envoyer valser le plateau en question le vétérinaire quitta les lieux, laissant un peu de calme au pauvre aviateur... pour le moment.
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MessageSujet: Re: ... on en voit le museau   Jeu 25 Mar - 1:29

Le pauvre vétérinaire si gentil n’avait pas à s’inquiéter à ce point pour son interlocuteur : François n’était pas stressé le moins du monde par son vol prochain. En fait, s’il y avait une chose qui ne le stressait pas du tout, c’était bien de voler sur Nobilitas, et que les bains soient agréables ou non n’y changeait strictement rien. Par contre, il était en effet probable qu’il s’énerve si le Docteur Constantin insistait, étant donné qu’il était déjà sacrément bien agacé. Oh, il n’aurait pas été jusqu’à le frapper, ça, c’était sûr que non, mais en ce qui concernait les mots durs… il devait déjà faire un énorme effort pour se retenir d’en prononcer, alors c’était peu probable qu’il puisse tenir encore longtemps. La patience ne faisait décidément pas partie des qualités de François – pas plus que le flegme légendaire de son capitaine, d’ailleurs.

Aussi l’aviateur eut-il le plus grand mal à ne pas (trop) montrer son exaspération quand son interlocuteur déclara qu’il ne savait pas combien les bains étaient agréables avant de retenir un soupir de soulagement lorsqu’il ajouta qu’il n’allait pas insister. Merci Seigneur ! François n’était pas franchement croyant, mais là, il était presque prêt à remercier tous les saints du Paradis et même tous les dieux de l’Olympe pour être sûr de ne pas oublier celui qui lui était venu en aide. Pour que le vétérinaire comprenne enfin qu’il devait partir – même si ses raisons n’étaient pas vraiment les bonnes, on n’allait pas chipoter – c’était forcément qu’il y avait une intervention plus ou moins divine dessous, non ? Finalement Ste Rita avait peut-être pris les choses en main… ou pas.

François ne put pas s’empêcher de froncer à nouveau les sourcils lorsque le Docteur Constantin ne fit pas mine de s’éloigner et continua plutôt à lui parler. Ca devait être un cas vraiment trop désespéré, même pour Ste Rita, en fait. En tout cas, il faisait fondre le peu de patience qui restait à l’aviateur comme neige au soleil. Primo, il n’était pas stressé ! Deuxio, il se répétait peut-être, mais il n’avait pas besoin des conseils d’un vétérinaire qui ne comprenait rien à rien ! Et, tertio, ledit vétérinaire ne manquait franchement pas de culot. Come si c’était à lui de se maîtriser ! Et il faisait quoi depuis le début, hein ?! Même le capitaine Wilson n’aurait pas fait mieux, c’était sur !

« Je ne suis pas stressé, grogna François, et, oui, j’aimerais bien voler. Mais je me rappellerai de votre conseil. »

Ou pas. Mais bon, du moment qu’il s’en allait, le reste, c’était du détail. Enfin… presque du détail. La dernière phrase du Docteur Constantin laissa l’aviateur bouche bée et suffoquant d’indignation. Pour le coup, le vétérinaire était plutôt bien avisé de ne pas s’éterniser parce que François n’aurait certainement pas réussi à retenir ses « mots durs » plus longtemps si ça n’avait pas été le cas. En l’occurrence, il se contenta de regarder l’homme s’éloigner une fois qu’il eut repris ses esprits, avant d’avaler la fin de son chocolat et d’aller poser rageusement sa tasse avec celles de ses collègues. Il avait hâte de se retrouver sur le dos de Nobilitas pour pouvoir se calmer… à condition que le capitaine Wilson n’essaie pas de le faire tourner en bourrique à son tour.
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