Henker H... [Vendredi 9 mai]


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Henker H... [Vendredi 9 mai]

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MessageSujet: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Ven 22 Jan - 2:11


Chaque battement lui rappelait qu'il n'était pas aviateur ; que le froid qui sévissait encore là où volent les dragons pour bénéficier des vents les plus propices, avec ses dents hivernales, traversaient la combinaison... et qu'il ne s'y habituait pas. Ou trop lentement. Cela ne semblait pas déranger le Schwalbe, mais la bête avait ses écailles.
Et elle était faite pour ça.

Pas lui. Ou alors il passait vraiment trop de temps dans son bureau et son corps en oubliait les embruns et le gel qui parcourait les océans.

Son aide de camp lui toucha l'épaule, juste assez fort pour qu'il le sente à travers l'épaisse combinaison : "La nuit va tomber, on devrait se poser quelque part..."

Le pilote sourit à travers son écharpe : "Vous avez peur des Nachtblume de De Gaulle ?"
L'air de dire qu'il fallait être né sans couilles pour que des légendes pareilles fassent peur. Il y avait des Nachtblume déserteurs, mais le planqué de Londres avait si désespérément besoin de moyens qu'il n'irait pas risquer l'une de ses précieuses bestioles au dessus de la France occupée.

L'aide de camp mit un moment avant de répondre. Il devait peser ses mots.

"Le dragon se fatiguera avant Paris, Gruppenführer."


A l'avant, le Schwalbe tordit le cou avant de lancer qu'il avait un nom, qui était très joli et qu'il fallait l'utiliser au lieu de l'appeler le dragon. Le pilote se pinça la lèvre pour ne pas rire, de ce rire de chèvre qui lui avait toujours attiré des surnoms désagréables. Et puis, même si le Schwalbe affirmait qu'il pouvait parfaitement voler jusqu'à Paris et plus loin encore, personne n'ignorait que, venu de Berlin à un train de croisière, il finirait par s'endormir en l'air si on ne se posait pas rapidement.

Le pilote demanda au navigateur de déplier la carte et de trouver la base aérienne de la Luftwaffe la plus proche. Le papier fit un grand bruit de feuilles sèches qu'on piétine.

"Ouest-Sud-Ouest, Herr... Hauptmann !" cria le sous officier dans le vent, après s'être rappelé que le SS préférait qu'on utilise son grade de la Luftwaffe quand il pilotait. "Sarnand !"

Le pilote fit rouler le nom sur sa langue, silencieusement.

"A Sarnand, dragon !
-Je ne m'appelle pas dragon, je m'appelle..."


Et bla, bla, bla. Mais ils arrivèrent en assez peu de temps pour que le pilote félicite le navigateur pour ses calculs adroits. Le Schwalbe fit le tour de la base, claironna son nom, puis se posa en dérapant légèrement. Son officier siffla entre ses dents et en profita pour remarquer, d'une voix assez aigüe, qu'il fallait bien être français pour ne pas penser à daller ses aires d'atterrissage.

Et pendant ce temps, un petit groupe de soldats allemands s'engouffrait dans le château, car ils connaissaient tous le nom du dragon qui venait de se poser, Caritas. Et surtout, tout le monde savait qui était le pilote de Caritas.
Reinhard Heydrich, numéro 2 en titre de la SS et grand maître de tout l'appareil policier du Reich, venait de poser le pied sur leur aire d'atterrissage...


["Henker Heydrich" = "Heydrich le Bourreau"... un de ses charmants surnoms ^^
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Dim 24 Jan - 18:55

Avoir un dortoir avec une vue sur l'aire d'atterrissage était une chose agréable surtout quand des dragons inhabituels arrivaient. Et être dans ce dortoir quand l'évènement se produisait était encore plus agréable. C'est pourquoi Wolfgang vit arriver le Schwalbe et qu'il se dit que c'était bien sa veine. Parce que s'il pouvait se mettre dans les petits papiers du pilote de Caritas ce serait super. Cependant il doutait que ce soit simple, il risquait plus facilement d'être remis à sa place ou bien pire donc ... autant faire les choses dans les règles et aller prévenir tonton Fredounet que quelqu'un d'important était arrivé.

Wolfgang remis rapidement son uniforme et vérifia qu'il était irréprochable. Bon, ça devrait pouvoir suffir, puis il se dirigea au pas de course en direction du bureau du commandant de Sarnand pour le prévenir. Il vit un soldat qui allait visiblement faire la même chose et il l'interpela.

" Je vais m'en charger, je crois qu'il faudrait prévenir tous les équipages de se tenir prêts. "

L'autre avait l'air assez paniqué pour que Wolfgang en profite et il se retrouva seul devant la porte du bureau. Il sourit très sadiquement avant de se recomposer un visage défait. Il avait l'air du plus malheureux des adolescents et il était déjà ravi de ce qu'il allait dire à son oncle pour le prévenir. Il frappa et quand il entendit le "entrez" il entra et referma la porte avant de regarder son pauvre oncle qui ne devait pas s'attendre à la phrase à venir.

" Tonton, j'ai fait un cauchemar, j'ai rêvé que Caritas et son pilote se posaient sur l'aire d'atterrissage et que tu n'étais pas là pour l'accueillir. Tu veux bien me faire un câlin pour mon consoler ? "

Il fit une moue qui devait être totalement grotesque avant d'ajouter.

" Le pire c'est que je suis certain que ce n'était pas un rêve, je crois que tu es déjà en retard. "

Il ressortit rapidement avant que son oncle n'ait eu le temps de réagir à la nouvelle et il partit en direction de l'aire d'atterrissage, se plaçant immédiatement au garde-à-vous, réfrénant le petit sourire qu'il avait aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Dim 24 Jan - 20:37

Stéphane se rendait sur l’Aire d’Atterrissage lorsque Sarnand entra en ébullition. Personne ne l’avait prévenu que le Bourreau Heydrich s’y trouvait – mais même si quelqu’un avait pris la peine de l’avertir, il ne se serait pas arrêté. C’était l’heure de Nobilitas. Aussi exacte qu’un coucou suisse, la grande Fleur-de-Nuit était sans doute en train de s’étirer dans ses appartements, pour échauffer ses muscles avant le décollage. Après avoir fait craquer toutes ses articulations, elle se laisserait tomber dans le vide et ferait le tour de Sarnand, une fois, peut-être deux, avant de se poser dans la grande cour intérieure. Son équipage l’attendait de pied ferme, après avoir tiré, tant bien que mal, son harnais hors de la pièce qui servait de sellerie. Lorsque Stéphane arrivait sur les lieux, Nobilitas avait généralement soulevé la sangle principale, particulièrement lourde et épaisse, pour la poser sur ses larges épaules, et les hommes s’affairaient pour boucler toutes les lanières, autour du poitrail, du cou, du ventre, des pattes et de la queue.

Ce jour-là, alors que Sarnand s’apprêtait à vivre plus vite et plus fort que jamais, l’équipage de la Fleur-de-Nuit avait ralenti le rythme. Une fois n’était pas de coutume, la dragonne semblait de fort méchante humeur, et lorsque Stéphane arriva, sa cigarette au bord des lèvres et son manteau sur l’épaule, sa Nobé était en train de s’ébrouer, faisant tomber tout l’attirail qui se trouvait sur son dos, malgré les cris indignés de son équipe au sol et de son équipage embarqué. Le visage de Frédéric Horstler, le chef des piétons, avait pris une intéressante couleur pourpre, ce qui laissait entendre que ce n’était pas la première fois.

Fleur-de-Nuit en pétard, travail en retard.

Mais Nobilitas n’était pas vicieuse, et il était rare qu’elle joue ce genre de tour plus d’une fois. Il était probable que le Schwalbe posé derrière elle ne soit pas étranger à son attitude inhabituelle. La Fleur-de-Nuit ne se laissait pas impressionner par les légers allemands – elle était plus grande qu’eux tous – mais elle avait effectué tant de gardes qu’elle se hérissait dès qu’un dragon inconnu entrait chez « elle » sans sa permission. Elle ne disait rien mais portait un intérêt réduit aux hommes qui s’agitaient entre ses pattes.

Stéphane attrapa sa cigarette et souffla un peu de fumée.

"Nobé. Harnais"

Aussitôt, la dragonne attrapa la sangle d’épaule et la mit en place, avant de s’incliner pour faciliter le travail de ses hommes. Stéphane fit quelques pas en direction du Schwalbe mais resta à distance respectueuse, non loin de sa monture.

"Bonsoir, messieurs"
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Lun 25 Jan - 1:54


Reinhard Heydrich

Pendant que Caritas disait bonjour à tout le monde, pierres du château comprises, Heydrich mettait pied à terre... non sans une certaine raideur au niveau de l'intérieure des cuisses, auraient pu murmurer les mauvaises langues (et effectivement, certaines murmurèrent dans les rangs français, un peu moins chez les Allemands, mais il dû y avoir un ou deux effrontés pour le faire). Le dragon courba l'encolure et reporta toute son attention sur son maître, lui touchant l'épaule du nez puisque lui demander s'il allait bien était hors de question. L'homme caressa le museau en feignant la distraction ; Caritas n'était qu'un dragon et lui montrer plus d'affection que nécessaire ne serait pas bon pour la réputation d'Heydrich.
Il aimait être craint ; ça faisait partie du boulot.

Il fut satisfait de voir que tous les Allemands présents s'étaient mis au garde à vous. Il en remarqua un qui devait être un peu plus vieux que Gudrun, peut être de deux, trois ans. Trois au moins, corrigea-t-il en se rappelant qu'il fallait au moins seize ans pour monter un dragon, avant de se demander s'il était aussi stupide que la fille d'Himmler.
Il lui rendit son salut et nota dans liste-de-trucs-à-faire qu'il exigerait que le garçon soit à table avec eux. Les jeunes avaient toujours une franchise innocente et très pratique pour mettre en lumière secrets et non dits.

Caritas, pendant ce temps là, s'était assis par terre et observait avec intérêt la Fleur de Nuit. Comme il ne pouvait pas ignorer la nervosité très apparente de la dragonne, et puisqu'elle était tout de même beaucoup plus grosse que lui, le Schwalbe n'avait pas l'air très rassuré... et puis elle était française, parce qu'il entendait le pilote et qu'il ne parlait pas dans une langue que Caritas comprenait, et comme Caritas ne parlait que l'Allemand, alors le pilote ne devait pas parler en Allemand, et comme on était en France, alors il devait parler Français. Et si la Fleur de Nuit était française, elle pouvait ne pas aimer son Reinhard, et Caritas n'aimait pas quand on aimait pas son Reinhard, ça rendait toujours les choses très compliquées, parfois dangereuses et toujours froides comme une pluie de Novembre, mais sous les écailles. Le petit dragon suivit le pilote probablement français d'un regard suspicieux en le voyant approcher, puis dire quelque chose dans leur direction que Caritas ne pouvait pas comprendre.
Le petit dragon baissa ses yeux fendus vers son Reinhard, parce que Reinhard était tout le temps intelligent, même s'il ne savait pas encore mettre son harnais correctement. Est-ce que Reinhard parlait français ?

Il le comprenait mieux qu'il ne le prononçait, mais bien assez pour pouvoir répondre, avec un accent germanique qui roulait comme de gros galets :

"Bonsoir pour vous aussi, monsieur. Je suis le capitaine de la Luftwaffe Reinhard Heydrich et c'est Caritas."

Entendant son nom, le Schwalbe encensa, l'air de dire "ja ja, c'est moi Caritas, c'est moi !", mais sans le dire, car quand son Reinhard parlait, avec sa voix aigüe et qui n'avait jamais l'air sympathique, il fallait se taire ou ce n'était pas poli. Le dragon manqua totalement le ton, qui indiquait clairement au Français qu'il attendait de celui ci qu'il lui livre son nom et celui de son dragon en retour.
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Lun 25 Jan - 2:33

Les mains dans les poches, Yann regarda la fière Nobilitas faire tomber son harnais, une nouvelle fois... Le jeune homme avait cessé d'essayer de participer à cette mascarade de harnachement lorsqu'elle s'était ébroué une seconde fois, faisant retomber les larges sangles au sol. Il savait que c'était inutile de s'acharner sur elle quand elle était dans cet état. Quoi qui ait pu la contrarier, ils n'arriveraient à rien avec elle tant que son capitaine n'aurait pas fait son apparition. Lui seul était en mesure de la faire marcher droit.

Il profita de ce semblant de tranquillité - en ignorant les grognements des autres tireurs qui poursuivaient leurs efforts et tentaient de cajoler Nobé pour qu'elle se laisse faire - pour observer avec un intérêt à peine voilé le Schwalbe posé à quelque encablures d'eux.

Caritas qu'il avait dit s'appeler. ça lui disait vaguement quelque chose et il était même presque sûr que quelques allemands murmuraient ce nom avec une expression indéfinissable qu'il interprétait comme de la crainte. Ne comprenant pas un traitre mot de l'allemand il n'avait jamais creusé la question et s'en mordait les lèvres aujourd'hui,, puisqu'il n'était pas plus avancé et ne savait toujours pas qui était le capitaine du dragon.

La seule chose qu'il pouvait déduire de l'agitation générale et du zèle avec lequel les allemands en poste détalèrent vers le bâtiment principal, c'est que cet homme était quelqu'un d'important. De trèèès important vu la vitesse avec laquelle les allemands restants s'étaient mis au garde à vous.

Il en était là de ses réflexions lorsque la voix de Stéphane claqua, enjoignant à Nobilitas de s'occuper de son harnais et d'arrêter de s'agiter. Le Capitaine n'avait bien entendu pas dit tout cela, mais la dragonne avait compris le message, leur permettant enfin de la harnacher du cou à la queue.

Yann, qui espérait que le Capitaine ne l'avait pas surpris en train de tirer au flanc, s'empressa de rejoindre ses compagnons de harnais et escalada les larges flancs bleus nuit pour aller fixer les attaches entre ses omoplates. De son poste d'observation privilégié, le jeune homme avait une vue parfaite sur la scène qui se déroulait en contre-bas. Un jeune allemand, Volfgangue ? Volfegangue ? bref, un gamin allemand avait rejoint le capitaine de Caritas - sans doute pour l'accueillir, mais que foutait l'autre là ? c'est lui qui aurait dû être à sa place - et Stéphane, avec sa classe et son détachement naturel, s'était quant à lui approché d'eux.

Un des compagnons de belotte de Yann lui flanqua un coup dans les côtes pour qu'il se bouge des attaches et le breton, qui dût passer de l'autre côté de Nobé, perdit le début de leur entrevue. Frustré, Yannick se grouilla de fixer les dernières attaches qui lui étaient confiées pour pouvoir retourner à son poste d'observation.
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Mer 27 Jan - 1:34

François avait peut-être certaines qualités, mais la patience n’en faisait pas partie. Pas du tout même. Déjà qu’il devait faire un peu plus d’efforts chaque jour pour ne pas laisser (trop) voir ce qu’il pensait des allemands, il aurait bien aimé que Nobilitas ne mette pas ses nerfs à rude épreuve comme elle était en train de le faire. Bien sûr, elle ne faisait pas que jouer avec ses nerfs à lui, mais avec ceux de tout l’équipage, et le jeune aviateur ne se serait jamais permis d’élever la voix envers la dragonne ou d’exprimer son mécontentement autrement que par quelques bougonnements à peine audibles, mais quand même. Ce n’était pas une raison. Quelle mouche piquait donc la Fleur-de-Nuit pour qu’elle fasse sa mauvaise tête à ce point-là, hein ? Et pourquoi donc le capitaine Wilson n’était-il pas encore là ?

Le jeune homme avait cessé de compter le nombre de tentatives avortées d’attache du harnais et marmonnait une énième fois dans la barbe qu’il n’avait pas à cause d’une nouvelle chute de l’attirail, quand le capitaine arriva enfin. Les lèvres de François se pincèrent quand il remarqua la cigarette à la bouche et le manteau sur l’épaule du trentenaire, mais il ne fit évidemment aucun commentaire, d’autant que les deux mots prononcés par son supérieur venaient de remettre Nobilitas dans le droit chemin. Malgré son air perpétuellement nonchalant et je-m’en-foutiste, le capitaine Wilson était indéniablement le plus efficace… C’en était rageant !

Enfin, là n’était pas la question et, dès que la Fleur-de-Nuit eut accepté de ne plus faire sa mauvaise tête et eut mis le harnais en place, François s’élança avec ses collègues pour attacher les boucles qui lui revenaient. Contrairement à Yann, il n’avait pas besoin de grimper sur le dos de la dragonne pour le faire, puisqu’il s’occupait plutôt des boucles autour des pattes. Ainsi, même s’il n’avait pas une aussi belle vue sur la situation que certains de ses collègues, il était suffisamment prêt des nouveaux venus pour pouvoir leur jeter un coup d’œil entre deux boucles à attacher et pour entendre ce qu’ils disaient.

Il n’avait pas manqué l’atterrissage du Schwalbe, ni l’agitation qui avait suivi dans la cour et les paroles des soldats, puisque, même s’il ne parlait pas très bien l’allemand – et qu’il ne voulait pas le parler – il le comprenait. Mais d’une, la mauvaise volonté de Nobilitas avait jusqu’alors primé dans ses préoccupations, et de deux, il ne savait pas trop ce que voulait dire tout ce remue-ménage. Certes, le nouvel arrivant avait un grade élevé – suffisait de voir ses galons et d’entendre le grade que lui donnait les autres allemands – mais qu’est-ce que ça pouvait bien faire ? Ce n’était pas le premier invité de haut rang qui débarquait ici, n’est-ce pas ? Le nom de Heydrich lui disait bien quelque chose, mais François ne savait plus quoi et, pour le moment, la seule chose qu’il ressentait, c’était un agacement sans borne. Il ne supportait pas la façon que le nouveau venu avait de se comporter comme s’il était en terrain conquis. Bon, d’accord, c’était le cas, mais même !
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Sam 30 Jan - 0:14

Bande son

Rester au garde à vous le temps que son regard se soit détourné pour ensuite se mettre bien droit au repos. C'était ce que se répétait Wolfgang tout le temps que l'homme le fixa. Il se demandait si c'était normal un regard pareil, non c'était impossible. Il avait une méthode particulière pour se changer les idées et ne pas bouger. Il pensait à tout autre chose.

Et, il ne savait pas trop pourquoi mais d'avoir croisé ce regard lui faisait penser à un livre qu'il avait lu et il se voyait tout à fait dans le rôle du preux chevalier qui devait défendre la Beth avec des tresses contre les hordes sauvages de pâtes de fruits. C'était terrifiant comme livre qui mettait en scène un grand escogriffe et un autre plus petit à l'air pas tibulaire mais presque. Sans compter l'homme qui a LE regard, pas celui de Laurenn Bacal mais qui donnait l'impression d'avoir déjà vu le film à sortir trois ans plus tard et ayant pour nom Le port de l'Angoisse.

Il reprit contact un instant avec la réalité pour voir s'il n'était plus dévisagé et il se mit au repos en se demandant quand cette attente allait finir. D'ailleurs pourquoi était-il là ?

Ah oui, pour pouvoir se faire bien voir et faire des crasses aux autres. C'était une perspective des plus agréables. Se venger de Siedler qui lui matait les fesses comme tout bon fétichiste de pantalon qui se respecte. Se venger de Wienke qui aimait affamer ses neveux pendant qu'il se goinfrait à longueur de temps. Se venger du Père Noël, des cloches de Pâques, de la souris des dents, du jeu de Paume, des articles scandaleux, des déviants, des hommes, des femmes, des dragons, des chatons, des chiens, des araignées. Oui surtout des araignées qui passaient leur temps à faire des toiles pour que les gens puissent les retirer sans qu'ils n'aient le temps de faire autre chose de plus important comme par exemple se coucher dans du foin avec à ses côtés une gentille fille prête à faire des bisous et plus si affinités, comme par exemple ... des chatouilles et des gratouilles au docteur Knock.

Il revint une nouvelle fois vers la réalité et le spectacle vivant qui se déroulait sous ses yeux. Il était trop loin pour entendre le dialogue, mais il pouvait l'imaginer.

Dialogue entre un militaire et un autre a écrit:

HH descendant de son dragon avec des courbatures : Monsieur le français bien le bonjour, aimez vous les grosses pinces ?
SW haussant les sourcils : Heu, oui pour les crabes c'est meilleur.
Car ricannant : Il n'a rien compris à ta menace subtile mon cher HH
Nob grognant : Boch va !
HH : C'est fini ces enfantillages maintenant. Allez je vais vous montrer comment torturer pendant au moins trois heures un innocent et le faire avouer qu'il est coupable du péché originel sans faire couler une goutte de sang.

Il secoua la tête pour se reprendre, le regard l'avait légèrement perturbé et il devait faire attention pour ne pas éclater de rire ou bien fondre en larmes au choix. En tout cas, il n'aimait pas être dévisagé et il devait se forger le masque le plus impénétrable pour ne pas montrer qu'il avait quand même un tout petit peu peur de l'homme.
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Sam 30 Jan - 18:21

Peter était aux abords de l'aire d'atterrisage, après un retour de vol d'entraînement avec Thuban. Celui-ci s'était plaint d'être un peu fatigué et en compensation, il avait eu le droit à un repasa très "nourrissant", un repas habituel de dragon, avec un petit plus, pour soit-disant ses nécessités de récupération. Non pas que le dragon faisait un caprice, mais l'officier avait noté que le dragon avait besoin d'avoir des variantes dans les exercices. Peut-être qu'il commençait à un peu s'ennuyer et qu'il avait besoin de sensations fortes. Une course qu'il disait, ne serait pas mal. Il aurait bien voulu en refaire une avec Nobilitas, la dragonne du capitaine français. D'ailleurs, celui-ci était aussi sur l'aire d'atterrisage, avec sa dragonne...

un Schwalbe approcha et se posa, avec un homme au visgae pas très inconnu pour le Lieutenant. Sans sourciller et s'allumant rapidement une cigarette, il suivit l'arrivéedu reptile et les autres pilotes vinrent pour saluer et voir qui était le nouveau venu.

Peut-être qu'il était assez loin pour ne pas de suite reconnaître le personnage, mais quand le nom fut prononcé, Peter tressaillit un peu. Gruppenführer Reinhard Heydrich... De chez les SS. Peter n'aimait pas trop ces gars, mais celui-là... Il avait la réputation qui dépassait les frontières de Berlin. Tout le monde des Flieger le connaissait de noms et bon nombre de rumeurs circulaient à son sujet. Le genre d'officier qu'il ne fallait pas vraiment se mettre à dos... Mais pour notre Flieger.

Peter regarda toujours la scène, tirant un peu sur sa cigarette. Peut-être qu'il avait un caractère effrayant, mais après tout, il n'y avait que le grade qui le rendait supérieur aux autres membres de l'armée allemande... Et pour le reste, il était un homme comme les autres...
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Dim 7 Fév - 20:06

La Fleur-de-Nuit du Capitaine Wilson examinait Caritas avec attention, mais ses grands yeux, semblables à deux miroirs laiteux, ne trahissaient aucune émotion. Ses babines restaient hermétiquement closes, comme si elle tentait d’imiter l’expression neutre de son pilote, et ses dents restèrent soudées les unes aux autres, signe qu’elle ne comptait pas faire le moindre commentaire. Ses flancs se soulevaient lentement sous les larges sangles du harnais de vol, au même rythme que d’habitude. Sa queue, par contre, dansait furieusement sur le sol, comme un serpent prêt à passer à l’action. Il était clair que l’agitation de l’Aire d’Atterrissage ne lui plaisait pas beaucoup, mais elle ne se débattait plus et faisait docilement jouer ses articulations lorsque ses hommes voulaient vérifier certaines lanières, sous sa voilure ou le long de ses pattes. Stéphane savait que sa dragonne avait compris son avertissement et ne ferait rien pour recevoir une seconde réprimande. En conséquent, il ne se retourna pas une seule fois pour suivre les différentes étapes du harnachement.

Ses yeux pers étaient attirés par une foule d’autres événements, et d’autres personnes. Caritas et son pilote étaient clairement l’événement de la soirée. Stéphane ne se laissa pas impressionner – Nobé et lui en avaient vu d’autres – mais pria silencieusement pour que sa Fleur-de-Nuit ne fasse pas une autre esclandre. Sa voix puissante, typique de sa race, et ses dimensions impressionnantes pouvaient la placer au centre de l’attention générale en un rien de temps, si elle décidait de ruer dans les brancards. C’était peu probable, vu son bon caractère, mais son capitaine préférer aller au-devant d’éventuels ennuis.

Contrairement à Caritas, Nobilitas ne baissa pas la tête lorsque le pilote Heydrich prit la parole. Le Schwalbe ne l’inquiétait absolument pas. Elle avait compris qu’un homme important faisait partie de son équipage, mais l’audace de Stéphane prouvait qu’il n’était pas dangereux pour eux. Son pilote n’était pas du genre à prendre des risques inconsidérés. Il était plutôt blâmé pour son excès de prudence.

Contrairement à Caritas, une fois encore, Stéphane entendit très bien la question cachée sous les salutations polies de Reinhard Heydrich. Il était prêt à y répondre, de toutes manières, avec ou sans invitation de la part de l’Allemand. Un homme poli devait toujours se présenter, et un soldat de l’Armée de l’Air n’oubliait jamais de présenter son dragon. L’Irlandais attrapa sa cigarette entre deux doigts, songea à se mettre au garde-à-vous, mais décida finalement d’incliner la tête, tout simplement. Ils avaient un grade équivalent, après tout.

"Bienvenue à Sarnand, Capitaine Heydrich. Je suis le Capitaine Stéphane Wilson, sur la Fleur-de-Nuit Nobilitas"

Même si c’était inutile, le trentenaire indiqua sa dragonne d’un mouvement du menton. Comme si elle obéissait un signal silencieux, sa partenaire inclina la tête à son tour.

"Bonsoir" déclara-t-elle, laconique, avant de pousser, du bout du museau, une lanière mal disposée sur son dos. "Je crois que je suis prête. Nous allons pouvoir partir"
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Mar 9 Fév - 1:12


Reinhard Heydrich

L'Allemand jeta un bref regard à la dragonne, très en coin, un regard gris presque transparent sous des cils incolores. Il lui fallut une seconde pour faire le lien Fleur de Nuit - Nachtblume mais, quand ce fut fait, les informations gouttèrent méthodiquement et automatiquement, à la vitesse des pensées : usage militaire, nombre approximatif, nombre de bêtes réquisitionnées.

Caritas, pendant ce temps, s'occupait plutôt à lancer un bonsoir ! très joyeux à la dragonne. Elle parlait allemand ! C'était super ! Il allait pouvoir discuter avec elle et savoir ce que son pilote pensait de son Reinhard !

Une belle bête ; Heydrich se demanda combien des leurs étaient tombés sous ses griffes.

Les yeux pivotèrent de nouveau vers le capitaine. Paradoxalement, Heydrich était à la fois assez content qu'on utilise son rang de la Luftwaffe et agacé que le Français ne semble pas plus soumis que ça. L'autre avait peut être le même rang du point de vue des armées de l'air, mais la guerre avait montré que la Luftwaffe leur était bien supérieure. Il était d'ailleurs surpris de les voir prêts à sortir, alors qu'apparement aucun dragon nocturne allemand n'était prêt à les accompagner.
D'accord. La Fleur-de-nuit ne pouvait certainement pas faire Sarnand-Londres en une nuit... mais est-ce une raison pour accepter une telle faille dans la sécurité ?

Il allait en toucher deux mots au commandant des lieux, en privé.


"Sortez vous en patrouille, capitaine ?"
demanda-t-il dans son français horriblement accentué. "Mais je crois, que ce n'est pas nécessaire ce soir. Je n'ai jamais beaucoup parlé avec un pilote français de Nachtblume. C'est intéressant si vous restez ce soir."

Qu'il disait, avant de sourire de toutes ses dents jaunes. Comme si personne n'était en train de les regard, et en sachant pertinemment combien de regards étaient tournés vers eux.
Refuserait, refuserait pas ? Il était curieux de voir ce que le Français oserait répondre.
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Mar 9 Fév - 17:21

Yann se rattrapa d'une main lorsque Nobilitas replaça la sangle d'un coup de nez et en profita pour la boucler correctement ce coup-ci. Pour la défense du breton, il faut souligner que la discussion qui se déroulait aux pieds de la Fleur-de-Nuit était beaucoup plus intéressante que la fixation des énormes boucles au corps de la dragonne.

Bon d'accord, pour leur entrainement les boucles étaient plus importantes puisque c'est ce qui garantissait leur sécurité, mais au final, d'après ce qu'il pouvait entendre, il y avait de fortes chances pour qu'il n'y ait pas d'entrainement du tout ce soir là...

Dingue ça comme ces envahisseurs se croyaient tout permis.
Il ne leur suffisait pas de leur foutre une raclée et de s'installer chez eux, il fallait en plus qu'ils viennent mettre leur grain de sel dans leurs entrainements...

Foutue guerre et foutus allemoches tiens.
En plus, ils ne parlaient même pas correctement le français.

Yann fronça les sourcils, peu amène. L'homme avait-il le droit de donner des ordres comme ça à son Capitaine ? Nobilitas allait-elle accepter de rester sagement à terre au lieu de s'élancer dans les airs pour sa virée de surveillance hebdomadaire ?

Kerendrec avait beaucoup de questions et ce n'était pas que la curiosité qui les motivaient.
Il descendit de son perchoir avec l'aisance d'un marin sur un hauban et rejoignit Drisslet en quelques pas. Il ne dit rien au jeune aviateur, mais le coup d'oeil qu'il lui jeta, sombre et préoccupé en disait long sur ses pensées. Ils avaient discutés de beaucoup de choses il y a deux nuits, lorsqu'ils s'étaient retrouvés dans le dortoir et il avait cru comprendre entre les lignes que le jeune homme et lui étaient sur la même longueur d'onde au sujet des envahisseurs allemands...
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Ven 12 Fév - 21:29

« Fleur-de-Nuit, pas „Nachtblume“, » grommela François dans la barbe qu’il n’avait pas en serrant les poings.

Il avait terminé de boucler les sangles du harnais de Nobilitas qui lui étaient allouées, et il avait simplement décidé de rester là où il était pour suivre la scène qui se déroulait à quelques pas. Il n’était pas particulièrement curieux et il ne raffolait pas des allemands au point de vouloir les regarder quand il n’y était pas obligé, mais la situation était suffisamment étrange pour attirer son attention. Ce n’était pas la première fois qu’un Schwalbe inconnu atterrissait à Sarnand pour une nuit mais, d’ordinaire, on n’en faisait pas tout un foin. Certes, le pilote de Caritas était capitaine, et alors ? Ce n’était pas Dieu le Père, tout de même ! Ce n’était pas la peine de lui dérouler le tapis rouge et de lui lancer des fleurs, si ? La réaction du capitaine Wilson était nettement mieux que celle des allemands, même si François la trouvait limite trop calme. Lui n’aurait jamais pu conserver la nonchalance qu’affichait le rouquin.

Non mais franchement, il se croyait où ce type ? En Allemagne, ou quoi ? D’accord, la France était occupée, mais ça restait la France ! Et on y parlait français ! Et, jusqu’à preuve du contraire les Fleurs-de-Nuit en général, et Nobilitas en particulier, étaient des dragons français. Ce n’était pas parce que ces ******** d’allemands avaient adopté leur race de dragons nocturnes qu’ils devaient les désigner par un mot de leur langue gutturale. Et ce n’était pas parce qu’ils étaient les vainqueurs qu’ils devaient se comporter comme s’ils étaient chez eux !

« Non mais, et puis quoi encore ? » marmonna à nouveau François, quand l’allemand déclara que ce n’était pas la peine que Nobilitas vole ce soir-là, et avant de remarquer que Kerendrec s’était posté à côté de lui.

Il répondit au regard de l’artificier mais ne fit aucun commentaire supplémentaire. Il ne savait pas si son camarade avait entendu son marmonnement à peine audible, mais ce n’était pas vraiment important. Même s’il aimait les parties de cartes entre compagnons de harnais et les bouteilles d’alcool, Kerendrec était loin d’être stupide, et il avait certainement compris l’agacement que François ressentait. Non seulement, le jeune aviateur était prêt à parier que son voisin était à peu près dans le même état d’esprit que lui, mais en plus Yann n’avait pas besoin d’avoir un sens aigu de l’observation pour remarquer les poings serrés et les lèvres pincés de son collègue.
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Dim 14 Fév - 17:51

Il est des surprises de taille dont la soudaineté ne prend pas toujours au dépourvu ceux à qui elles profitent. Montreuil-Sarnand avait l’avantage des petites bases : l’information circulait rapidement, se répandant comme une traînée de poudre au travers des bureaux et des couloirs, de sorte qu’il ne fallut pas longtemps pour que l’aire d’atterrissage soit noire d’uniformes raidis. La nouvelle parvint même aux oreilles solitaires du pilote convalescent, dérangé dans sa tour d’ivoire par un caporal zélé qui s’empressait de sonner le branle-bas dans le château pour qui n’avait encore saisi l’ampleur de ce qui se déroulait à leurs fenêtres.

Tout le monde savait qui était et ce que représentait Reinhard Heydrich. Chaque défenseur de la Grande Allemagne, jusqu’au cuisinier, avait – au moins une fois – entendu parler de lui. Ils l’avaient même glorifié d’un cognomen des plus affectueux qui lui seyait à merveille : sa réputation n’était plus à faire. Ce qui pouvait contraindre un tel dignitaire du Reich à faire escale dans ce coin reculé de France, en vérité Karl s’en foutait royalement. Peut-être se rendait-il à Paris pour quelque réunion mondaine. Ou plus loin encore… L’idée qu’il se soit déplacé pour l’affaire du mois dernier émergea rapidement dans son esprit, mais sans doute les délais étaient-ils trop longs pour correspondre réellement, aussi replongea-t-elle prestement dans l’ombre. Quoiqu’il en soit, sa seule présence mettait la base en émoi : puisse-t-il ne pas s’attarder.

Son pas claudiquant résonnait sur la pierre, cliquetis régulier qui arpentait rarement les dédales de la seigneurie. Tout détestable que pouvait être le personnage, l’officier n’avait d’autre choix que se porter à sa rencontre. La mauvaise humeur le gagnait déjà, envahissant ses fibres comme un mauvais poison ; son visage se fermait à mesure que la distance le séparant de la piste diminuait.

Accueillir ici un de ces enfoirés de nazi...

Le lieutenant imaginait déjà son air suffisant, ses petits yeux inquisiteurs qui vous scrutaient, une flamme maléfique brûlant dans le fond des iris. Des pupilles noires comme l’âme qu’elles réfléchissaient. Heydrich n’avait rien d’aimable, il ne faisait rien pour ça. Peut-être même faisait-il tout pour être haït et craint. Hoffenberg haussa les épaules distraitement avant de plonger dans la lumière du monde qui baignait l’extérieur de sa retraite rééducatrice. Les paupières se plissèrent quelques secondes, habituant son regard à la soudaine luminosité qui l’absorbait, et lorsque sa vision fut à nouveau claire, il boitilla jusqu’aux rangs improvisés à la hâte. Ajoutant son uniforme bleu à l’extrémité de la ligne de soldats déjà rassemblés et s’appuyant sur sa canne d’ébène, il salua le SS – Gruppenführer, militairement, simplement. Un visage lisse et neutre pour un geste des plus formels.
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Mer 17 Fév - 20:21

Peter avait jeté sa première cigarette et regardait toujours l'aire où se dressaient les deux dragons et les autres participants à la discussion. Décidément, à croire que cela fait un véritable émoi de voir l'arrivée de cet officier. Peter était tenté de prendre la poudre d'escampette en monde lent pour partir avant de voir à saluer Reinhard Heydrich. Non pas que c'était manqué de respect envers lui, mais déjà que Hessler n'appréciait pas le service de gestapo et les SS. Surtout ses derniers, qui étaient d'une arrogance..... Alors il était dans le comble le plus total avec celui-là....Il y avait l'une des têtes pensante non loin de là.

Bon le Flieger ne s'en formulait pas pour autant. Il pouvait voir les mines des autres présents et put un peu lire sur leurs visages que Heydrich n'était pas une présence appréciable et plus encore au sourcillement que lâchait le capitaine français. Déjà qu'il avait sa fierté à juste raison mais qu'on parle d'une race de dragon en prononçant son nom allemand plutôt qu'en français. Peter ne connaissait pas vraiment le capitaine Wilson, mais pour avoir un peu discuté avec lui ; après une course mémorable, il savait qu'il accordait un minimum d'importance à son dragon. Il n'avait jamais entendu autre nom que celui de Nobilitas ou des noms Fleur-de-Nuit. Il était fier de prononcer le nom de la race française. Et à son début d'énervement, on pouvait penser que tout le monde attendait une chose, que l'officier parte et vite...
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Dim 28 Fév - 0:30

Complètement absorbée par les derniers ajustements de son harnais, et par l’imminence du départ, Nobé avait cessé de s’intéresser à Caritas, et fut donc passablement surprise lorsqu’il la salua. Après une seconde de réflexion, elle tourna la tête vers le Schwalbe, sans hâte excessive, et sans se départir de son expression neutre. Ses grands yeux blancs avaient l’éclat de certains glaciers, mais rien dans son attitude générale n’était agressif ou méprisant. Sa voilure restait sagement repliée le long de son échine et ses griffes n’avaient pas quitté leurs fourreaux de chair. Hésitante, elle inclina légèrement la tête sur le côté, pour fixer l’Allemand avec son œil droit, avant de faire de même avec l’œil gauche.

"Bonsoir, Caritas. Heureuse de faire ta connaissance" déclara-t-elle d’une voix sourde et basse, comme si elle ne savait pas quel ton adopter.

Ce qui était plus ou moins le cas. Elle n’avait rien contre le Schwalbe mais n’avait pas particulièrement envie de faire plus ample connaissance avec lui. Il était non seulement moins futé et moins intéressant que Thuban, mais aussi en train de les mettre en retard, avec ses salutations enthousiastes, son équipage en général, et son étrange capitaine en particulier. Elle reporta son attention sur Stéphane en soufflant par les naseaux, pour marquer son impatience. L’heure, c’était l’heure ! Elle n’avait rien contre Caritas, mais ne tenait pas du tout à lui faire la causette alors que le ciel l’attendait.

Malheureusement, les éléments avaient décidé de se liguer contre elle, et elle renifla lorsque le dénommé Heydrich tenta de retenir son Capitaine.

"Je suis une Fleur-de-Nuit" corrigea-t-elle. "Et nous devons aller voler dès qu’on nous le demande. C’est bien pour cette raison que Stéphane m’a passé le harnais"

Stéphane se tourna vers elle.

"C’est pour cette raison, oui. Mais chaque règle comporte ses exceptions, ma beauté"

Puis, au cas où ses hommes n’auraient pas compris :

"Messieurs, vous pouvez ranger le harnais"

Indignée, Nobilitas s’assit lourdement sur son arrière-train, comme si ses postérieurs étaient coupés par la nouvelle. Elle était visiblement chagrine d’être privée de son vol quotidien, et Stéphane se jura de l’emmener voler plus tard, sous prétexte de l’emmener chasser dans les montagnes. Il reporta ensuite son attention sur Heydrich.

"Je suis à vous"
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Dim 28 Fév - 4:02


Reinhard Heydrich

Ravi qu'on lui réponse, Caritas s'empressa d'ajouter que lui aussi était vraiment ravi et très heureux de la rencontrer ; en temps normal, il aurait ajouté un tas de choses sur le temps qu'il faisait, la qualité de la viande de vaches et évidemment, sur le fait que son Reinhard était un pilote merveilleux et tellement gentil, mais Caritas savait que son pilote était quelqu'un de très modeste et n'aimait pas qu'il dise cela (donc Caritas le disait dans son dos, comme ça la modestie de son pilote était contente et son orgueil de dragon aussi). Le petit dragon fit donc un grand effort pour se taire et se tenir tranquille. Reinhard serait fier de lui !

Ledit Reinhard, lui, se contenta de haussa un sourcil. Les dragons, comme les femmes, devaient savoir se taire quand on ne leur adressait pas la parole. Personne ne leur demandait de voler, à vrai dire, il serait même bien qu'ils s'en abstiennent : faire de l'exercice donnait sans doute faim et ce que la Nachtblume ne mangeait pas pourrait aller dans l'estomac de dragons allemands. Peut être faudrait-il conseiller à Vichy de réduire les rations de ses dragons puisqu'il était évident qu'il y avait du gaspillage.

Heureusement le pilote avait plus de plomb dans la cervelle et obtempéra sans rechigner. Heydrich se fendit d'un sourire satisfait pendant une seconde, un sourire qui ne montrait pas les dents et ne montait pas bien haut. Ce n'est pas tant qu'il ne voulait pas sourire ; mais il avait toujours trouvé ses dents laides et savait que les grands sourires donnaient mal sur son visage long, presque étiré.
Et puis, finalement, peut être qu'il n'avait pas vraiment envie de sourire non plus. Ce n'est pas comme si le Français avait le choix, non ?

"Merci beaucoup, capitaine Wilson. Si cela ne vous dérange pas, je vous laisse pour vous occuper de votre dragonne."

C'est qu'il avait des aryens à voir, aussi, et que c'était plus important que de passer du temps avec un vaincu. Même s'il espérait qu'il aurait quelques histoires intéressantes à raconter sur la défaite française. Il commença par rendre son salut à un officier -un lieutenant- aux yeux très clairs, apprécia le trait nordique et ordonna à son chef d'équipage de décharger Caritas -mais pas d'enlever son harnais, même s'il n'était plus nécessaire de le dire. Le Schwalbe n'aimait pas qu'on le lui retire, même quand on l'assurait qu'il pourrait le récupérer.

"Messieurs, sauriez vous s'il y a une étable de libre ? Caritas peut partager, il n'est pas difficile."

Et le petit dragon de faire oui oui de la tête, tout ce qui pouvait faire plaisir à son Reinhard, et puis il préférait dormir avec de la compagnie. Surtout des dragons de combat, ça lui donnait vraiment l'impression de faire partie de la Luftwaffe !
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Dim 28 Fév - 15:36

Yann soutint le regard de François avant de froncer légèrement les sourcils et de reporter son attention sur la scène qui se jouait à quelques longueurs d'eux entre son Capitaine et l'allemand. Allemand qui avait d'ailleurs été rejoint par le lieutenant d'un des Mauerfuch de Sarnand. Le breton ne le connaissait que de vue, mais vu l'expression fermée du bonhomme, il ne devait pas porter le Capitaine allemand dans son cœur.

Intéressant.

Yann avait toujours pensé que les allemands formaient un bloc soudé et ne s'était jamais imaginé qu'il puisse y avoir des factions d'allemands comme ils avaient eux des collabo, des résistants, des attentistes et des je-m'en-foutistes-tant-qu'on-me-laisse-vivre-ma-vie. Piqué par la curiosité, Kerendrec se pencha légèrement en avant pour suivre ce qui allait se raconter, mais il releva bien vite le nez pour dévisager Nobilitas avec une expression incrédule.

V'là que la belle causait au microbe de l'Autre ! Le menaçait-elle des pires représailles si son humain ne les laissaient pas partir en entrainement ? Le ton guttural de la dragonne et les accents abrupts de cette langue barbare ne lui permettaient pas de déterminer le sens global de sa remarque. Même quand ils disaient des trucs censément drôles ça donnait l'impression qu'ils vous insultaient.

Sans doute parce que c'était le cas d'ailleurs, comment pourrait-il deviner avec les trois pauvres mots d'allemand qu'il connaissait ?

Les questions existentielles du jeune homme furent vite balayées devant la réaction enthousiaste de l'autre dragon. Quoi qu'ait pu lui dire Nobilitas, c'était suffisamment sympa pour que l'allemand s'en réjouisse.

Par contre, la suite du discours de la dragonne fut nettement plus dans ce qu'attendait le breton de la part de la noble créature : signaler qu'ils avaient autre chose à foutre et que le ciel les attendaient. Mais, comme prévu, le Capitaine doucha ses espoirs ; ils étaient bons pour lui virer le harnais qu'ils avaient eu tant de mal à lui poser...

Poussant un léger soupir résigné, Yann se dérida presque aussitôt. Qui dit pas d'entraînement, dit soirée cartes ! Ravi, le breton ne se fit pas prier deux fois et escalada agilement l'échine bleu-nuit d'une Nobé frustrée et assise sur son séant où il commença aussitôt à déboucler les sangles qu'il venait tout juste de fixer.
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Mer 3 Mar - 2:12

François se mordit légèrement l’intérieur des joues pour retenir le léger sourire – ou plutôt, le rictus – que faisaient naître les paroles de Nobilitas. Elle était une Fleur-de-Nuit, en effet, et elle devait voler, quoi qu’en disent les allemands qui débarquaient à l’improviste et se croyaient tout permis. La grande dragonne faisait peut-être preuve de politesse envers le dragon de l’autre insupportable capitaine, mais elle ne se laissait pas marcher sur les pieds pour autant. Tout comme le capitaine Wilson, en fait, songea brièvement l’aviateur. Il avait toujours l’air nonchalant, comme si rien ne le touchait, mais il était drôlement efficace quand il le voulait.

Malheureusement, ce n’était pas toujours le cas et, avant même que François ait le temps d’apprécier à sa juste valeur la réponse de la Fleur-de-Nuit et d’imaginer que le nouvel arrivant allait s’incliner – après tout, quand une dragonne de sept mètres de haut disait quelque chose, on avait tendance à l’écouter, non ? – le capitaine Wilson se tourna vers Nobilitas pour la tempérer. Incrédule, le jeune homme reporta immédiatement son regard sur son supérieur. Il n’allait pas entrer dans le jeu de l’allemand, n’est-ce pas ? Depuis quand n’avaient-ils pas le droit de voler ? Depuis quand ne pouvaient-ils pas faire leurs patrouilles nocturnes ? Ce n’était pas un allemand, tout occupant qu’il soit, qui allait leur faire changer leurs habitudes, quand même ?! Surtout un allemand qui débarquait comme ça, alors qu’ils avaient la permission de l’Oberstleutnant Wienke ?

Et bien si. Le capitaine donnait même ses ordres clairement, histoire qu’il n’y ait pas de doute. Les dents de François entaillèrent un peu plus la muqueuse à l’intérieur de ses joues, mais ce n’était pas pour retenir un sourire, cette fois. Plutôt pour extérioriser un peu de sa colère et de sa frustration, même si le résultat n’était pas franchement satisfaisant. Les poings de l’aviateur se serrèrent brièvement, tandis que le goût métallique du sang qui envahissait un court instant ses papilles, mais François ne se sentit pas calmé pour autant. C’était pas croyable ! Ils ne doutaient vraiment de rien, ces allemands, tous autant qu’ils étaient ! Ca ne leur suffisait pas d’avoir gagné, d’avoir acculé la France au point que son gouvernement – enfin ce qui en tenait lieu – signe un armistice ! Il fallait encore qu’ils les occupent et qu’ils les empêchent de faire ce qu’ils devaient !

Ecœuré, le jeune homme ne songea toutefois pas une seule seconde à désobéir aux ordres de son capitaine. Comme ses collègues, il se tourna vers Nobilitas et le harnais qu’ils avaient eu tant de mal à fixer, les poings toujours serrés. Ses doigts finirent néanmoins par se décrisper suffisamment pour lui permettre de s’occuper des boucles, mais ses dents, elles, ne se desserrèrent pas assez pour qu’il puisse articuler un son. De toute manière, il n’avait pas la moindre envie de dire quelque chose. Il partageait pleinement le silence indigné de la dragonne, et pas du tout l’enthousiasme de certains de ses camarades qui voyaient une soirée de repos se profiler. A vrai dire, même s’il ne jouait pas aux cartes et ne passait pas souvent son temps au mess, il n’avait rien contre une soirée libre de temps en temps… à condition que ce ne soit pas à cause d’un allemand qu’elle le soit !

Et, en plus, comme si tout ça ne suffisait pas, voilà que ledit allemand responsable renvoyait plus ou moins le capitaine à sa dragonne pour s’intéresser à ses compatriotes. Honnêtement, si François avait été à la place de son supérieur, il n’aurait pas été mécontent de voir l’autre s’éloigner, mais c’était quand même gonflé. Non, non, vous pouvez pas voler, je veux vous parler… et je vous laisse avec votre dragonne, une fois que vous avez accepter de rester à la base pour la nuit ! Et le respect et la politesse ? Ca existait, et pas que pour les « vaincus » !


Dernière édition par François Drisslet le Jeu 15 Avr - 9:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Mar 9 Mar - 15:08

Visiblement Heydrich aimait bien mettre le bazar et qu'on lui obéisse au doigt et à l'oeil. Il avait du avoir l'enfance pourrie gâtée celui-là. Peter mâcha un court instant avant de voir les membres d'équipage du capitaine Wilson marquer silencieusement leur désapprobation. Mais on ne discutait pas les ordres n'est-ce pas ? Peter compatissait un peu pour l'officier français, obligé de subir les humeurs d'un arrivant allemand. Hessler jeta son mégot dans un recoin. Et s'il cessait de baîller aux corneilles ? Après tout, il pourrait se faire remarquer pour ne pas avoir saluer un officier supérieur qu'il fixait depuis tout à l'heure. A son tour d'aller mettre son grain de sel.

Il s'avança donc, en tenue présentable, cela allait de soi - il n'avait eu qu'à remettre sa coiffe en place et tirer un peu sur les pans de son manteau. Et quand il se présenta devant Heydrich, il le salua de la plus belle façon protocolaire ; de quoi se donner en spectacle devant les Français et renforcer leurs rancoeurs, il en avait conscience, mais pour ce qu'il allait à faire...

"Bienvenue à Sarnand Gruppenführer Heydrich. Veuillez pardonner mon retard d'arrivée pour vous saluer. Je suis le Leutnant Hessler, pilote du Schwalbe Thuban. "


Les présentations étaient faites, la suite...

"Comme j'apportais également des détails supplémentaires pour le vol de nuit du Capitaine Wilson, qui devrait déjà avoir décoller d'ailleurs (en jetant un simple regard au capitaine et à sa dragonne, comme s'il était encore étonné de les voir là). La mission de ce soir ne doit pas avoir de retard...."


Et aussitôt changement de sujet, pour parer à la dernière question posée par Heydrich.

"Il y a une place aux côtés de mon Schwalbe. Deux dragons de la même race ne pourront que s'entendre. Surtout mon dragon Thuban, il adore la compagnie de nouveaux dragons. Votre dragon n'aura aucun soucis pour ce qui sera de sa quiétude. "

De quoi intéresser plus encore Caristas. Le pauvre dragon ne devait pas en voir des belles avec ce Gruppenführer....Puis il se tourna vers Wilson.

"Si vous ne décollez pas rapidement, Capitaine, vous allez avoir encore des ennuis...."

On pourrait se demander à quoi jouait Hessler. Mais si cela permettait de jouer en la faveur du Françaispour échapper à l'officier Heydrich.... Et surtout que cette malchance pourrait tourner en faveur de Peter....Il pourrait se coltiner Heydrich pour le restant de la soirée, avec le nom qu'il portait. Il commençait seulement à songer et s'en mordait les doigts...
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Mar 16 Mar - 20:52


Reinhard Heydrich

Visiblement Heydrich n'aimait pas qu'on le prenne pour un abruti. Et encore moins qu'on le prenne pour un abruti qu'on pouvait ignorer de la sorte.

Pour qui est-ce qu'il se prenait, cet imbécile ? Il y avait des limites au copinage, à moins que dans cette base, on pratique l'accolade à la place du salut, la fondue savoyarde avec les franchouillards du coin au lieu de l'autorité nécessaire, ou la romance avec les mademoiselles locales quand le bon sens voulait qu'on s'en serve pour tirer un coup.

Vraiment, l'Armée, ça se remplissait de racailles depuis qu'il avait quitté la Marine.

"Ne soyons donc pas étonné, Herr Leutnant. Le capitaine Wilson," joli nom d'anglais, est-ce que quelqu'un avait pensé à vérifier s'il avait de la famille sur la perfide Albion ? "a simplement décidé, et en toute liberté, que le simple vol de ce soir pouvoir être reporté à demain. Vous pensez que son supérieur se plaindra de ma demande ?"

De sa demande. Pas de la réaction de Wilson. Parce que des deux, y'avait quant même un point qui comptait plus que l'autre. En l'occurrence, si le supérieur de Wilson avait quoi que ce soit à dire, soit il attendrait qu'Heydrich soit parti, soit il le garderait pour lui, soit il était tout simplement très con.

C'est qu'en plus, il insistait, le bougre. C'est bien ce qu'Heydrich pensait, la Luftwaffe engageait vraiment n'importe qui. Heureusement que Caritas n'avait pas gardé son ancien pilote bien longtemps, s'il était du même genre, la pauvre bête aurait été irrécupérable.

Pauvre bête qui, connaissant son pilote adoré de son coeur, comprenait bien que son Reinhard ne pouvait pas apprécier ce genre d'interventions. Mais Caritas savait aussi que son Reinhard ne le disait pas tout de suite, parfois, comme ça il pouvait se mettre encore plus en colère plus tard. C'était vraiment très intelligent, pensait Caritas, mais ce ne serait pas très bien pour le pilote de Thuban, et Thuban, qui était un Schwalbe, serait sans doute bien plus gentil qu'un Scharmützel.
Et Caritas ne voulait pas coucher avec un Scharmützel.

"J'aimerai beaucoup dormir avec Thuban. Est-ce que je peux, Reinhard ?" demanda Caritas avec sa voix la plus mignonne/soumise/pleine d'anticipation, tout en baissant le museau pour toucher l'épaule de son pilote. Sûrement que, s'il avait l'air de vraiment en avoir envie, Reinhard le laisserait dormir avec Thuban et pour ça, ne serait pas trop intelligent contre le pauvre Herr Leutnant.
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Jeu 25 Mar - 20:40

Là Peter commençait à comprendre qu'il aurait mieux fait de s'occuper de ses affaires que de venir mettre les pieds dans une situation qu'il ne maîtrisait pas du tout. Mais bon, c'était fait, il n'allait pas partir comme cela en s'excusant pour dire qu'il se trompait. En aucun cas ! Surtout pas devant un officier supérieur du genre d'Heydrich. Non pas qu'il ne respectait pas la hiérarchie, mais Sarnand avait un rythme de missions et de travail rôdé et quand on mettait un sable dans l'engrenage. Dans un sens, on pourrait dire alors de quel droit Heydrich donnait l'ordre à un pilote de pas faire sa mission ? Où l'armée allait-elle donc si on empêchait maintenant à un militaire de faire ses tâches... Pour discuter avec un collègue de même grade ou pour tout simplement mettre l'autorité en avant pour rabattre le Français à sa place qui était la sienne. Si Wilson avait été un Allemand, lui aurait-on interdit de prendre la voie des airs ?

Ce qui était le plus aberrant était la réponse immédiate de l'officier. Le capitaine aurait quoi ? décidé seul de pas partir en mission ? Peter ne connaissait pas vraiment le capitaine français, mais juste assez pour savoir qu'il aimait voler, pour profiter des cieux pour un esapce de liberté encore accessible et hors de toutes les contraintes de la vie actuelle... Repoter une mission, ce n'était pas son genre. Non vraiment pas

"Peut-être qu'il faudrait voir maintenant avec lui pour le savoir. Les missions sont rarement reportées... Surtout quand elles sont planifiées."

Et voilà, son pied s'enfonçait plus profondément dans un nid à problèmes. A croire qu'il aimait involontairement cette situation. Si son père était là, il s'en tomberait de sa chaise. Il aurait estimé que Peter ratait encore là une belle occasion. Mais voilà, il n'était pas là, il était à Berlin. Nul doute qu'il l'apprendrait bien assez tôt. Hessler s'attendait déjà à recevoir la semaine prochaine une lettre de remontrances... Ce n'était qu'une question d'habitude maintenant. Et là, à la seconde suivante, il rêvait d'allumer une cigarette

Quand le dragon prit ma parole pour demander l'autorisation à son pilote - qui ne paraissait pas en être un réellement....- Peter fut étonné d'entendre le ton de sa voie. Le dragon semblait prêt à user de la douceur presque douceâtre pour aller dormir avec le dragon d'Hessler. Le lieutenant se demandait comment le dragon vivait avec son pilote... Il songeait à un peu le calvaire que celui-là devait recherché, en plus d'une grande demande d'affection... Que bien entendu Heydrich ne semblait pas lui apporter...
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Jeu 25 Mar - 22:31

Stéphane Wilson avait un vocabulaire français très fourni, signe de sa bonne éducation, et parlait plutôt bien anglais, mais ne comprenait que quelques mots d’allemand. Il avait appris quelques phrases au contact des officiers ennemis, mais le discours de Peter ne fut pour lui qu’une mélasse informe de mots à l’accent guttural et aux déclinaisons étranges. Il saisit quelques termes au vol (« vol », « nuit », « capitaine », « dragonne ») et crut reconnaître son nom, ce qui attira son attention. Comme Nobilitas semblait vivement intéressée par ce que racontait le Leutnant, il comprit que Peter parlait sans doute de leur vol annulé, et se tourna vivement vers sa Fleur-de-Nuit. Reinhard Heydrich avait déclaré qu’il le laissait s’occuper de sa dragonne, et c’était précisément ce qu’il comptait faire. N’en déplaise au pilote de Thuban, le vol était effectivement annulé, et il fit signe à ses hommes de presser le mouvement. Sa partenaire donna un contrordre à sa manière, en se secouant légèrement, afin d’interrompre le travail des aviateurs sanglés à son échine.

"Il dit que tu risques d’avoir des problèmes avec Marceau" traduisit-elle à voix basse, une seconde avant que Peter ne leur recommande de décoller rapidement, pour éviter de nouveaux ennuis.

Stéphane était rarement désarçonné, mais pour le coup, le culot de Peter le souffla. Même s’il comprenait confusément le but de ses remarques successives, en allemand puis en français, il estimait qu’il se mêlait de ce qui ne le regardait pas. Ce n’était pas parce qu’ils avaient déjà volé ensemble et partagé une bouteille qu’ils pouvaient s’occuper des affaires de l’autre avec autant de naturel que s’il s’agissait des leurs. Si le Leutenant Hessler voulait mécontenter Henker Heydrich, c’était son problème. L’Irlandais, lui, comptait bien coopérer, et savait que Marceau approuverait sa décision. Discuter tous les ordres venant du côté allemand juste pour le plaisir de « résister » était pire qu’inutile. C’était dangereux et ridicule. Stéphane ne laissait pas n’importe qui lui dicter des ordres, mais le pilote de Caritas n’était pas n’importe qui – et cette patrouille de routine n’était pas assez importante pour qu’il se batte pour elle. Il réservait ses forces pour d’autres combats.

"Le Colonel de Marceau me fait confiance, et je pense pouvoir m’arranger avec lui, merci. Je vais d’ailleurs aller le voir de ce pas, une fois que Nobilitas sera débarrassée de son harnais"
dit-il à Peter.

Il n’avait pas compris un seul mot de sa seconde tirade, ni la réponse d’Heydrich, mais la mine soucieuse de Nobilitas valait bien un long discours.

"On range, messieurs !" répéta-t-il, en rejoignant sa Fleur.
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Sam 27 Mar - 23:20

Affairé à détacher ses boucles de harnais, Yann n'en gardait pas moins une oreille du côté des officiers, dès fois qu'une info intéressante filtre. Ce n'était pas parce qu'il avait sa soirée qu'il ne pouvait pas essayer d'en apprendre un peu plus sur les motivations de leur étrange visiteur.

Pour le moment, le second aviateur allemand causait en... allemand. Pas de quoi casser trois pattes à un pygmée et encore moins assouvir la curiosité du breton, qui secoua lentement la tête en se demandant une fois encore pourquoi les allemands ne parlaient pas français comme tout le monde. Enfin tout le monde s'était vite dit, mais ils étaient en France, alors ils pouvaient faire un petit effort non ?

Il redressa imperceptiblement le torse lorsqu'il se rendit compte qu'il comprenait ce que racontait l'allemand. Pris qu'il était dans ses interrogations existentielles, il mit quelques secondes à réaliser que non, la Tour de Babel ne s'était pas reconstituée pour lui, mais qu'Hessler s'était simplement adressé au Capitaine en Français. Fronçant légèrement les sourcils, Yann suspendit son geste. Pas fou, il n'allait pas continuer à virer le harnais de Nobilitas si finalement ils y allaient.

Attendant la suite, le jeune homme se redressa sur le dos de la Fleur-de-Nuit, se tenant d'une seule main à la large boucle, le regard braqué sur les officiers. Hessler et leur visiteur continuèrent à palabrer dans leur langue de barbare, ne laissant même pas à leur Capitaine le loisir de répliquer. Un peu agacé par ce manque de courtoisie flagrant, le breton serra les dents en une expression féroce.

Expression qui s'éclaira sitôt que le Capitaine Wilson reprit la parole. La permission était maintenue ! Ravi, l'artificier se fit un plaisir d'obéir et défit rapidement les dernières boucles du dos qui lui étaient allouées, avant de se laisser glisser à bas du dos de Nobilitas.
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Mer 31 Mar - 22:48


Reinhard Heydrich

Peut être, son cul, oui, pensa crument Heydrich alors que ses lèvres, déjà fines en temps normal, se muaient en une ligne pâle sur son visage.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce mec avait vraiment un culot impressionnant ; ça, ou sa connerie avait aussi peu de limites que les territoires russes. Avec les sous entendus déjà très claires d'Heydrich, il aurait dû comprendre assez facilement qu'il était temps de s'incliner. Avant que les choses ne dégénères, que le Gruppenführer ne s'énerve vraiment ou, encore mieux, que le capitaine Wilson ne demande à sa dragonne de le dévorer pour qu'il arrête de le mettre dans la mouise.

Toutefois, le visage d'Heydrich retrouva assez vite sa neutralité. Avoir l'air agacé, c'était donner au pilote des indices sur la suite ; hors, il était toujours plus intéressant d'attaquer en traitre. En ancien marin, il savait que rien n'était pire qu'un tempête qui se lève alors que tout indiquait que la mer resterait d'huile. Et puis... Caritas avait l'air d'avoir envie que l'abruti ne soit pas puni. Le petit dragon était stupide, mais son affection pour Heydrich était sincère, tout comme sa loyauté à son égard. Un tel attachement ne laissait pas l'homme indifférent, ne serait-ce que parce que Caritas n'ignorait pas qu'il était mauvais pilote, mauvais mari, faisait le sale boulot de toute la clique d'imbéciles à la tête du Parti et avait l'air presque aussi juif que son ancien communiste de pilote. Aucun de ses hommes ne pouvait se vanter d'avoir des sentiments sincères à son égard en sachant tout cela.
Devant Caritas, donc, Hessler ne serait pas inquiété. Dans le dos du petit dragon, par contre, Heydrich avait carte blanche.

"Leutnant Hessler, je serai ravis que vous aidiez le capitaine à m'expliquer ce que sont ces fameuses missions lors du repas de ce soir. Je pense que vous pourrez également me servir de traducteur : vous semblez avoir beaucoup d'affinités avec le français et le mien reste, au mieux, purement pratique," répondit-il en tendant une main aux ongles mal coupés pour caresser le museau de Caritas. Cela devrait rassurer le dragon, une fois de plus. Et Heydrich en voulait doublement à Hessler qui le forçait à avoir l'air plus sympa que d'habitude.

"Bien. Si cela ne vous dérange pas, messieurs, j'aimerai si possible mettre quelque chose de plus présentable avant ce soir. Sauriez vous s'il y a une chambre de libre ? Je ne veux pas déranger, je dormirai avec Caritas si nécessaire -tant que vous me permettez d'emprunter une douche au maître des lieux."
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   Lun 5 Avr - 16:41

Le salut c'était bien beau, mais au bout d'un moment, ça crispait et ça créait des tensions qui mettraient du temps à se calmer. Et quand l'homme tant redouté arriva devant le groupe duquel Wolfgang faisait partie, le pilote se sentit tout petit pour la première fois de sa vie. Il avait du charisme quand même...

Il se força à rester impassible durant les discussions, mais à la fin de la phrase du SS, il eut toutes les peines du monde à ne rien dire. Comment ça il dormirait avec son dragon. Ce n'était pas digne de lui, absolument pas digne !

N'écoutant que son courage, Wolfgang fit un pas en avant et se mit encore plus au garde à vous si possible tout en saluant.

" Flieger der Luftpost, Wolfgang Abendroth, Gruppenführer !"

Voila, les présentations étaient faites dans les formes, maintenant il pouvait faire sa proposition. En espérant qu'il ne serait pas mal accueilli et renvoyé à sa place qu'il n'aurait finalement certainement pas du quitter. Mais ce que l'homme insinuait était pour Wolfgang inacceptable. Enfin, aussi inacceptable que possible, parce que surtout, si jamais quelqu'un d'autre réagissait avant lui, il aurait perdu une occasion de se faire bien voir. Restait à espérer qu'il se ferait bien voir avec son commentaire.

" Mon dortoir est à l'entière disposition de votre équipage, nul doute que nous trouverons une chambre pour vous. Et si cela s'avérait impossible, mon lit sera le vôtre."

Il allait ajouter quelque chose quand la fin de sa phrase parvient à son cerveau. Mais pourquoi est-ce qu'il avait été si loin ? Il ne venait pas de proposer au numéro deux de la police du Reich de coucher dans son lit ? Lui, un simple Flieger tout juste sorti des jeunesses et donc sans aucun intérêt pour l'homme ? Il fallait croire que si et il retint tant bien que mal de laisser sa tête partir en avant pour ne surtout pas voir la réaction à sa proposition totalement stupide ... pourquoi est-ce qu'il ne pouvait pas se cantonner au minimum pour impressionner les autres ?
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MessageSujet: Re: Henker H... [Vendredi 9 mai]   

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Henker H... [Vendredi 9 mai]

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