Dialogue de sourds. [Jeudi 8 mai]


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Dialogue de sourds. [Jeudi 8 mai]

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Allemand
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MessageSujet: Dialogue de sourds. [Jeudi 8 mai]   Jeu 11 Fév - 17:39

Se rendre au siège de la Wehrmacht. Soit. On lui avait bien indiqué, lors de son affectation, qu'il se trouvait dans un bâtiment nommé "Maison Chaseul", dans le centre-ville. Fraulein Bastide, la Française qui lui prêtait, de très mauvais gré et forcée, mais qui lui prêtait quand même, sa maison pour qu'il ne se retrouvât pas sans abri, lui avait d’ailleurs indiqué le chemin jusqu'au centre-ville sur un papier fait en hâte avant le travail.

Mais. Car il y avait un mais. Premièrement les panneaux étaient écrits en Français. Deuxièmement le papier comportait des indications en Français pour compléter le dessin. Troisièmement... il doutait fortement qu'il trouvât un Allemand qui lui indiquerait le chemin -ou même l'amener. Cela faisait un peu trop de "mais" à son goût.

Il se trouvait là une église. Wolfgang regarda l'horloge. Il n'était pas encore en retard, tout allait trèèèès bien. Ou plutôt très mal ; car cela faisait quand même cinq minutes qu'il tournait en rond, et qu'il ne lui manquait pas longtemps avant de se faire attendre.
Il avisa l'endroit où il avait abouti : une place avec une gare, une église, sans doute une mairie aussi. Et un monument au morts.

Ces horreurs n'ont donc pas toutes été refondues en canons... mais que fait l'administration...

Il s'avança et lut quelques noms. Un, deux, trois noms Juifs... inadmissible ! Il y avait là trois noms Juifs sur la stèle ! Le mépris lui durcit le regard, il cracha, et se détourna vivement. Hors de question qu'il gâche sa journée pour trois Juifs défunts, il ne leur ferait pas ce cadeau. Pour l'heure il devait trouver quelqu'un. Il résolut de tomber sur la première personne venue, et tant pis si elle n'était pas Allemande. Il commença donc à marcher dans cette optique, quand soudain quelqu'un passa à côté de lui. Par réflexe -et aussi pour mieux attirer son attention-, il lança un rugissement typiquement militaire.

"Halt !"
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MessageSujet: Re: Dialogue de sourds. [Jeudi 8 mai]   Jeu 11 Fév - 18:10

Yann réagit instinctivement à l'injonction tandis qu'une sonnette d'alarme s'allumait quelque part dans son esprit. Mince. Cette sonorité gutturale et rêche, associée à cette tranquille assurance d'être obéit... Du militaire allemand. Perdu dans ses pensées, le breton en permission n'avait absolument pas remarqué l'homme, focalisé qu'il était sur sa destination première ; à savoir : le quartier du Marais et ses bars.

Il pila donc net et se retourna aussitôt vers son vis-à-vis sans parvenir cependant à dissimuler parfaitement le mécontentement mêlé d'appréhension qu'il ressentait et qui devaient se refléter dans ses expressions. Il n'aimait pas être confronté à des allemands. Que ce soit parce qu'ils lui rappelaient qu'ils s'étaient rendus et étaient désormais sous leurs ordres, que parce qu'il ne comprenait rien à ce qu'ils racontaient.

Décidant en revanche de faire honneur à l'uniforme qu'il portait toujours, même en permission, le jeune aviateur salua impeccablement son vis-à-vis. C'était pas parce que leur gouvernement avait décidé de trahir la France qu'il allait, lui, en rajouter une couche en restant bloqué envers l'Occupant. L'homme était impressionnant, certes, et ses galons annonçaient l'officier, mais ce n'était pas une raison pour se démonter.

Vaincue, mais digne qu'elle serait la Bretagne France.

Une question taraudait le jeune homme : qu'est ce qu'il pouvait bien lui vouloir ?
Nobilitas dormait tranquillement, le Capitaine Wilson leur avait donné quartiers libres il était donc parfaitement en droit de se trouver ici. L'allemoche n'avait donc absolument aucune raison de vouloir l'arrêter lui, en particulier.

Cette courte mise au point avec lui-même rasséréna Kerendrec, qui essayait de se composer un visage le plus neutre possible. Quoi que l'autre ait à dire, il espérait que ce soit en français, parce que s'il commençait à lui débiter des ordres dans sa langue...

... Ils étaient mal barrés.

Prudent, l'artificier décida de ne rien dire et de laisser l'officier adverse s'expliquer.
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MessageSujet: Re: Dialogue de sourds. [Jeudi 8 mai]   Ven 12 Fév - 5:43

Le passant en question s'était arrêté sur l'instant, et avait salué ; le Major trouvait cela magnifique. Ledit passant en question semblait bien dressé, malgré la tête de six pieds de longs qu'il avait affiché un instant lorsqu'il s'était retourné.

Wolfgang put jauger un peu celui qui allait le guider ; et il s'avéra, d'après l'uniforme, qu'il était militaire... mais surtout Français. Un aviateur Français même. Finalement, ce n'était pas le passant, mais le militaire Français qui était bien dressé. L'Occupant avant bien fait son travail. Dans l'esprit du Major, il ne faisait même nul doute, puisqu'il s'agissait d'un militaire Français et que les militaires Français devaient, toujours selon lui, être dressés pour parler la langue du vainqueur nazi, qu'il parlât Allemand. Il était donc finalement bien tombé...

Laissant planer un silence de mort pendant qu'il marchait à pas lents autours de l'officier pour l'examiner sous toutes les coutures, il raisonnait. Que lui demander ? Admettre la défaite en avouant qu'il était perdu ? Lui demander même de le guider ? Ou bien...

Le papier. Je vais lui faire traduire le papier et y aller tout seul. Me guider par lui serait ridicule, complètement ridicule.

Il lui tendit, sans rien dire, le papier de Fraulein Bastide, et lui ordonna sèchement, en un seul petit mot, de traduire.

"Übersetze.*"

Il ne méritait pas plus et se devait de réagir au quart de tour. Cela lui semblait impossible autrement, car il raisonnait selon la loi du plus fort. Le plus fort était l'Occupant. Donc lui. Donc il allait gentiment exécuter son ordre.

Et s'il ne parlait pas Allemand ? L'idée ne lui effleurait toujours pas l'esprit, mais il serait quand même... quelque chose comme bien embêté.


[*Überstze = Traduis (on aurait pu le deviner), d'après... reverso (-_-)]
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MessageSujet: Re: Dialogue de sourds. [Jeudi 8 mai]   Ven 12 Fév - 13:27

Yann se tint tranquille tandis que le gradé lui tournait autour, coutumier des inspections. Il espérait juste que ce que l'homme verrait lui conviendrait, et qu'il ne ferait pas d'histoires. Il savait que sa tenue était impeccable - standards Armée de l'Air Française hein - mais qui sait ? Un détail pouvait ne pas lui revenir ou il pouvait décider de lui chercher des noises juste pour le plaisir de l'humilier.

Yann fut donc soulagé lorsque l'homme lui tendit enfin un bout de papier avec une injonction qu'il interpréta comme un "Tiens" ou "Prends" ou "Regarde" tout autre mot pouvant illustrer le geste de l'officier.

Car le 'dressage' des Occupés ne comportait pas d'allemand. Du moins, pas pour Yann, qui prenait ses ordres de son Capitaine qui comprenait suffisamment cette langue ou à défaut pouvait compter sur les lumières de la majestueuse Nobilitas qui elle, maitrisait parfaitement ces barbarismes.

Oh le breton avait bien fini par reconnaître deux trois mots, à force de les entendre, mais deux trois mots ne suffisaient pas pour faire la conversation. Et encore moins pour comprendre le sens réel de ce que lui voulait l'autre.

D'une main, Yann attrapa le bout de papier et l'examina. A défaut de pouvoir comprendre, il pouvait au moins deviner ce que l'officier attendait de lui. Un peu perplexe mais piqué par la curiosité, le jeune aviateur lui jeta un coup d'oeil méfiant et se plongea dans l'examen du document.

Bon, un plan. Facile. Il reconnaissait à peu près les lieux et les annotations complétaient... Attendez ! Annotations en français. Fronçant les sourcils, Yann releva le nez et regarda son vis-à-vis. Eh merde. S'il lui avait tendu un plan, en français, cela ne voulait dire qu'une chose.

Qu'il était paumé et qu'il ne lisait pas le français.

"Vous ne lisez pas notre langue ? Je peux vous indiquer la route si vous le souhaitez." tenta-t-il en espérant vraiment qu'à défaut de lire, l'Occupant comprenait le français oral.

Il aurait dû rajouter quelque chose du style 'Major' ou autre mais il ne connaissait bien que les rangs de la Luftwaffe et ne voulait pas se planter, au cas où l'autre comprendrait en effet le français. Mieux valait qu'il le reprenne pour un oubli que se vexer d'avoir été désigné par un rang inférieur.
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MessageSujet: Re: Dialogue de sourds. [Jeudi 8 mai]   Sam 13 Fév - 6:07

Wolfgang avait l'espoir que le soldat comprenne l'Allemand quand il avait pris le papier ; il avait ce même espoir quand il se mit à l'examiner ; il avait encore cet espoir quand il leva les yeux vers lui...

"Vous ne lisez pas notre langue ? Je peux vous indiquer la route si vous le souhaitez."

... et cet espoir s'effondra soudainement. Les militaires Français étaient TOUS des branques, où avait-il été chercher que celui-ci savait parler sa langue ! Un salut ? Même son chien, s'il en avait eu un, aurait pu, avec un bon dressage, le saluer à sa manière !
Il passa deux doigts sur sa balafre en tentant de saisir le sens des paroles prononcées, mais même après réflexion il ne comprenait pas même un mot. Afin de le faire comprendre à son "interlocuteur", il haussa les épaules. Pas question de lui faire le privilège de lui parler. Pas maintenant.

Peut-être l'avait-il insulté qu'il ne l'aurait pas compris. En tout cas il avait été très impoli : il n'avait peut-être pas saisi, mais il savait qu'il ne l'avait pas appelé "Herr Major". Ni même "Major". Mais cela n'était pas la question. Il lui ferait comprendre en temps et en heure qu'il méritait du respect, lui, héros de la guerre de Pologne.

Il n'a pas traduit le papier, mais si je lui fais comprendre que je cherche le siège de la Wehrmarcht, il m'y mènera. Il a tout intérêt.

Il toisa un moment, méprisant, le militaire, en se passant une main sur le menton ; et enfin il lâcha trois mots. Pas plus.

Maison Chaseul... Wehrmacht ?

Deux mots Français, et un affreux accent. C'était ridicule.
Pour accompagner sa demande et afin de bieeeeen faire comprendre qu'il était perdu, il haussa les épaules. En espérant qu'il pourrait obtenir quelque chose de viable... le dialogue de sourds semblait ne faire que commencer.
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MessageSujet: Re: Dialogue de sourds. [Jeudi 8 mai]   Sam 13 Fév - 18:38

L'air méprisant de l'allemand n'échappa pas à Yann, qui comprit immédiatement qu'il avait fait un impair : sans doute le rang oublié, à moins que ce soit d'avoir parlé en français, qui sait ! Toujours est-il que l'homme semblait bien déterminé à ne pas le laisser filer comme ça, malgré l'échec de leur tentative d'entrer en communication.

L'accent à couper au couteau de l'officier lui fit froncer imperceptiblement les sourcils, mais il parvint tout de même à comprendre ce que l'autre voulait. De toute manière, c'était indiqué sur le plan.

Yann reporta son regard sur le bout de papier, réfléchissant à l'itinéraire le plus rapide. Il comptait bien se débarrasser de son encombrant paquet le plus vite possible et, même si cela ne le réjouissait pas beaucoup d'avoir à s'approcher du 4 de la rue Carnot, il n'avait malheureusement pas le choix.

Qui sait ce que l'autre pouvait lui faire subir en représailles s'il haussait les épaules à son tour en faisant mine de ne pas avoir compris histoire de l'inciter à se trouver une autre victime ? Ses galons, même s'il ne savait pas exactement à quoi cela correspondait dans leur armée à eux étaient suffisamment explicites pour que le breton soupçonne qu'il n'était pas confronté à un simple sergent.

Y'avait pas que les galons d'ailleurs.
La manière même dont l'homme le dévisageait le mettait étrangement mal à l'aise. Décidant de ne pas le faire attendre plus longtemps, Yann hocha brièvement du chef pour lui signaler qu'il avait compris. Du moins, il avait l'impression d'avoir compris ce que voulait l'allemand - il n'était pas complètement bouché non plus - et comptait en finir au plus vite avec lui.

"Venir." lâcha Yann dans un allemand aussi atroce que le français du Major Aschenberner. Il pensait que le terme avait un rapport avec le mouvement et espérait que c'était quelque chose du style 'suivez-moi' ou 'c'est par là'...

Il indiqua la rue en face d'eux du bras, pour lui signaler qu'ils devaient aller dans cette direction dans un premier temps et, pour achever sa démonstration, il pointa cette même rue sur le plan. L'allemand avait son point de départ, s'il le voulait il pouvait encore se débrouiller tout seul.
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MessageSujet: Re: Dialogue de sourds. [Jeudi 8 mai]   Dim 28 Fév - 20:57

Au mot "Venir", Wolfgang ouvrit grand les yeux, qui devinrent rond comme des assiettes, sous l'effet de l'étonnement ; puis il lança un regard mauvais au militaire. Pour qui le prenait-il au juste ? Ou plutôt, pour qui SE prenait-il pour ainsi snober son grade ? En Pologne, les militaires -et les civils- se faisaient fusiller pour moins, beaucoup moins que ça... l'Etat Major Allemand était bien trop laxiste avec les Français. Cette erreur regrettable, seul un très haut gradé, de surcroît proche de Hitler, pouvait la corriger en convainquant le Führer... enfin bref. Toujours était-il que ce Français ne payait rien pour attendre.

Il regarda bien la direction indiquée, puis le plan. Il irait donc dans cette rue, et trouverait donc la Maison Chaseul. Seul. Ainsi, sa fierté personnelle, un peu altérée par le fait d'avoir dû demander sa route à quelqu'un, ne le serait pas plus par le fait de devoir suivre ledit quelqu'un. Il restait le fait que le Français impoli avait tout de même été bien utile, et cela Wolfgang avait du mal à l'admettre. Enormément de mal.

En second lieu il pensa aussitôt à faire un rapport sur cet aviateur à ses supérieurs ; à le faire classer parmi les éléments récalcitrants. Mais il ne se souvint pas avoir relevé de nom. Mais alors qu'il allait lui demander de décliner son identité, l'horloge de l'église sonna onze heures. L'heure à laquelle il devait être à la Maison Chaseul... ça y était enfin, il était en retard pour de bon.

"Misérable petit... tu as gagné, je suis marron !"

Il s'empara du papier que l'aviateur tenait dans ses mains, et partit d'un pas vif et pressé, sans saluer, sans remercier, sans rien dire. Ce... Français, qui s'était montré si impoli, ne le méritait pas. Et s'il avait le malheur de recroiser sa route, son signalement ne tomberait pas entre les mains des officier de la Wehrmacht, mais de ceux de la Gestapo.
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