[inachevé] Au détour d'un café...


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[inachevé] Au détour d'un café...

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Française

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MessageSujet: [inachevé] Au détour d'un café...   Dim 14 Fév - 17:11

[Wolf’]

Installée devant sa coiffeuse Liliane inspectait avec toute l’attention dont elle était capable la conformité à ses attentes de sa coiffure et de son maquillage. L’examen pouvait durer un certain temps, heureusement tel n’était pas le cas cette fois-ci. Rassérénée, elle fourra un livre dans son sac-à-main, saisit son étui de violon et abandonna les lieux d’un pas décidé. L’accessoire vieillot et usé dissonait étrangement avec l’élégance de son tailleur beige mais il avait une valeur sentimentale particulière aux yeux de sa mère alors… C’était une concession bien dérisoire en vue de la joie qu’elle lui assurait. Elle aurait aimé qu’il soit aussi simple de satisfaire le patriarche des Keller qui avait gravit un nouvel échelon dans les menaces. Enfin elle en n’avait cure, aujourd’hui elle ferait un tour en ville loin des miasmes de l’ambiance pesante de la demeure avant de s'exercer à son instrument fétiche.

De toute façon il fallait qu’elle se change un peu les idées autrement elle allait devenir folle à force de rester presque perpétuellement cloitrée en ces lieux ou bien à l’institution Sainte-Marie. Une amie d’enfance lui avait donné rendez-vous sur les rives de la Fresne, cela faisait déjà une bonne demi-heure qu’elle l’attendait. Alors que la professeure s’apprêtait à partir, Martine (c’était son prénom) surgit, essoufflée, les joues rougies par l’effort. Elle s’excusa et lui expliqua la raison de son contretemps. Liliane apprit alors que la retardataire avait croisé son dernier petit ami allemand par « hasard » et qu’elle lui avait tant bien que mal indiqué de se rendre au café du centre-ville. Sans surprise elle la pria de mettre à son service ses talents en langues étrangères pour une petite heure, requête à laquelle la veuve accéda de bon cœur malgré la grossièreté de la combine.

Les deux femmes discutèrent de tout et de rien durant le trajet jusqu’au point de réunion. Un étrange et poignant sentiment l’envahit, la faisant ciller un instant, quand elle franchit le seuil du café de Manon. La nouvelle réalité de l’endroit était bien différente de ses souvenirs… Elle se ressaisit et se recomposa une attitude, affichant son plus beau port de tête altier pour parcourir les quelques mètres la séparant de la table vers laquelle l’entrainait Martine. Son amie faisait de grands gestes de la main en trépignant sur place depuis son entrée vers un soldat de taille moyenne aux cheveux châtains. Arrivée à son niveau elle se jeta littéralement sur ses genoux sous le regard à la fois sceptique et amusé de l’interprète. Quand chacun eut regagné sa place respective l’exercice de traduction débuta. Liliane ne savait pas trop si elle devait maudire ou remercier son père d’avoir tant insisté pour qu’on lui apprenne cette deuxième langue dès son plus jeune âge, mais toujours était-il qu’elle tâchait de se concentrer au mieux pour ne pas se laisser parasiter par les conversations des autres tables.

Une poignée de dizaines de minutes et quelques plaisanteries – parfois douteuses – transposées dans l’un ou l’autre dialecte plus tard le couple fraichement formé prit congé. A nouveau seule elle poussa un petit soupir de soulagement devant cette paix retrouvée et commanda un deuxième café serré…
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Allemand

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MessageSujet: Re: [inachevé] Au détour d'un café...   Jeu 4 Mar - 0:55

Quelle affreuse sensation que celle de sentir que l'on a manqué à son devoir professionnel ! Wolfgang avait réussi à être en retard. Cela, c'était à cause de ce misérable Français qui ne parlait pas l'Allemand. Si seulement il avait pris son nom... il l'aurait fait remonter à la Gestapo, avec un plaisir sadique, comme élément perturbateur -et l'on pouvait même rajouter "du bon fonctionnement des institutions de la Wehrmacht".

Il errait dans la rue Carnot -car, enfin, il y était parvenu. Toujours à la recherche de la Maison Chaseul. Le seul problème était qu'il avait beau arpenter cette maudite rue, il ne trouvait pas le bâtiment. Il s'était perdu de nouveau, et cherchait comme une pauvre bête. Et le Major trouvait cela plus qu'insultant. Sa fierté était sérieusement touchée.
Il aurait encore une fois à demander sa direction... ah ! si seulement il avait su qu'il serait mobilisé en France, son père lui aurait payé des cours de Français, et il aurait pu comprendre ce qu'il y avait marqué sur ces maudits panneaux...
Cela faisait trop de conditionnels à son goût. Il préféra abandonner l'idée de pleurer sur son sort, et, à la fois gêné et de mauvaise humeur, il chercha du regard un passant qu'il pourrait aborder. Il évita soigneusement, cette fois, les militaires ; il commençait à saturer à ce niveau-la. Non, ce qu'il fallait, c'était porter son regard sur les terrasses de cafés...

Il se calma. S'il devait parler à quelqu'un -enfin... lui ordonner en quelques gestes et un mot sec de lui indiquer la Maison Chaseul-, il fallait qu'il soit comme à l'accoutumée, non pas énervé. Ce ne serait pas convenable.
Son regard finit par se fixer sur une femme. Quelle âge avait-elle... vingt-sept ? Huit ? Pas plus de trente. Le bon âge, pensait-il ; celui où l'on n'est plus une jeune catin dévergondée, et celui ou l'on n'est pas encore une vieille stricte et rigide. Quoi qu'il en fût, sa figure lui revenait. C'était à elle qu'il demanderait son chemin. Il tâcha de regarder l'heure. Le retard allait en s'accroissant... l'excuse était toute trouvée : le Français serait son bouc émissaire. Il allait pouvoir souffler un peu à la table de la demoiselle -sa tête lui revenait comme nous l'avons dit ; or cela était plutôt rare.

D'un pas lent, martial, il s'approcha de la table, s'assit en silence, sans demander une quelconque permission. Il la toisa de son air hautain et impérieux, et la salua -sa tête lui... enfin voilà.

"Guten Tag, Fraulein."

Peut-être allait-il lâcher plus de mots qu'à l'accoutumée... sous réserve que son interlocutrice ne fût pas aussi incapable que son précédent guide !
Il réprima ce souvenir déplaisant.
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MessageSujet: Re: [inachevé] Au détour d'un café...   Sam 6 Mar - 0:08

La plus jeune des Keller laissait ses pensées vagabonder paisiblement en attendant qu’on lui serve son second café. Le temps s’était radouci ce qui n’était pas pour lui déplaire. Par contre la masse de Fritz qui occupait l’essentiel des places disponibles était tout sauf à son goût. C’était à se demander de quel côté du Rhin elle se trouvait. En faisant attention l’enseignante identifiait de temps à autres des connaissances plus ou moins vagues tentant de courtiser un pilote ou un quelconque gradé attablé. Au bout d’un moment elle remarqua un officier s’avançant d’un pas lent mais assuré. Son intuition lui souffla que c’était pour elle, soit des ennuis en perspective.

Liliane fut quelque peu irritée de voir l’allemand s’installer à sa table sans y avoir été invité au préalable, mettant ainsi fin à sa trop courte tranquillité. Vraiment sans-gêne celui-là. Son regard hautain ne fit que renforcer son agacement toutefois elle se garda bien de le montrer ouvertement ou de l’envoyer sur les roses. La démarche, les manières, les vêtements, étaient autant de petits signaux qui lui indiquaient de faire preuve de la plus grande prudence. Le personnage avait un quelque chose d’assez inquiétant. Il valait mieux éviter de commettre un impair. La veuve tâcha donc de lui répondre avec un sourire de politesse, posant une double interrogation.

« Que me vaut le plaisir de votre présence à ma table Herr… ? »


Son allemand n’était pas hésitant bien que son petit accent trahisse sans l’ombre d’un doute sa nationalité. Ce n’était pas là l’objet principal de son inquiétude cependant. La montroise n’avait aucune idée du titre à ajouter derrière le « Herr » et elle savait pertinemment que certains militaires avaient tendance à être très pointilleux à ce sujet. Il faudrait incontestablement qu’elle trouve un jour quelqu’un pour l’aider à mémoriser les grades en fonction des uniformes afin de lui éviter ce type de situation embarrassante à l’avenir.

Il aurait peut-être été plus simple de feindre de ne pas parler sa langue dans l’espoir de s’en débarrasser prestement, toutefois il y avait deux inconvénients majeurs accompagnant cette option. Tout d’abord elle ne savait pas s’il parlait français ou non. Ensuite la musicienne n’était pas sûre d’être en mesure de cacher ses réactions s’il venait à s’énerver dans la langue de Goethe. Tenter d’être aimable en toute circonstance, tout en souriant, en attendant de savoir ce qu’il voulait était le choix le plus sage. Après tout, avec le temps, la professeure commençait à avoir l’habitude, c’est ce que l’on attendait essentiellement des femmes de son genre (même si cet état de fait l’horripilait au plus haut point). Elle n’aurait décidément pas dû commander un deuxième café.
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Allemand

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MessageSujet: Re: [inachevé] Au détour d'un café...   Lun 12 Avr - 11:02

Bien qu'étant incroyant, il remercia la Providence de l'avoir mené à cette table. Voilà qu'elle parlait l'Allemand ! Le hasard avait donc bien fait les choses. La situation était revenue sous son contrôle -malgré le fait qu'il fût en retard à la Maison Chaseul, mais cela... il reporterait la faute sur le militaire qui ne baragouinait pas un mot d'Allemand.

Il examina un peu la dame, et il vit, cela lui sauta aux yeux, que sa présence l'incommodait. Mais de cela le Major ne s'en trouva pas le moins du monde gêné ; plutôt fort aise même. Il aimait cela, que l'ennemi voulût qu'il s'en allât ailleurs, qu'il s'acharnât sur quelqu'un d'autre ; c'était pour lui la marque de sa supériorité. En l'occurrence, l'ennemi, c'était le Français ; car si la France était docile, le Français ne l'était pas encore tout à fait. De cela, la fière et puissante Allemagne tâchait de s'en occuper...

« Que me vaut le plaisir de votre présence à ma table Herr… ? »

Indocile, oui. La Résistance le montrait bien, nul besoin d'autre exemple. On voyait même des cas de "résistance civile", comme l'appelaient les autorités ; une sorte de résistance passive assez incommodante...
Mais parfois ce peuple savait où était sa vraie place et raisonnait logiquement. La dame était une de ceux-là. Elle avait même pris la peine de l'interroger -assez implicitement, mais quand même- sur la façon dont elle devait l'appeler, n'était-ce pas chou ?

"Major."

Il appela le garçon d'un geste de la main, et lui montra tour à tour la tasse de la dame -quel était son nom ?-, puis lui-même pour signifier qu'il voulait lui aussi un café.
Le garçon ne comprit pas, et le lui fit entendre dans un Allemand affreux. Le Major répéta son geste lentement ; non il ne parlerait pas pour ce... serveur. Ce dernier lui devait du respect, mais l'officier ne lui en devait aucun.
Comme il avait l'air d'avoir compris, il se tourna de nouveau vers sa camarade de tablée.

"Major Wolfgang Aschenberner. Et vous-même ?"

Il serait poli avec elle. Fraulein Bastide en serait certainement jalouse...
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MessageSujet: Re: [inachevé] Au détour d'un café...   Mar 13 Avr - 21:16

La française ressentit une profonde indignation devant le comportement de l’officier avec le serveur. Malgré sa volonté de faire tapisserie, en attendant que le calme revienne, elle prit la résolution d’intervenir et s’apprêtait à venir en aide au pauvre garçon quand il comprit enfin la commande. Cette fois elle ne tenta même pas de cacher son air pincé. Il en fallait toutefois bien plus pour lui faire perdre totalement son sang-froid et l’amener à lui faire part du fond de sa pensée au sujet de son comportement de façon directe. Elle s’en voulait d’ailleurs déjà de ne pas avoir retenu ses légères crispations, il y avait toutefois un moyen de rattraper le coup. Elle lâcha avec un petit reniflement de mépris.

« C’est un empoté comme on en voit peu… »

Un simple persiflage à l’encontre du serveur, tout ce qu’il y a de plus injuste, qui arrangeait toutefois bien ses affaires en justifiant son expression outrée. Oui, elle prenait le Major pour un con, mais après tout ce n’était pas comme s’il était écrit sur son front en lettres capitales qu’elle n’était qu’une affreuse hypocrite anti-boche. Le grade énoncé était, à son plus grand mécontentement, largement suffisant pour lui permettre de lui pourrir la vie si jamais il la prenait en grippe et n’avait que ça à faire de ses journées. Elle en ressentit une pointe d’angoisse ce qui ne manqua pas de provoquer un sentiment de honte en parallèle, puis de frustration. La professeure répondit finalement avec son éternel sourire aimable.

« Liliane Keller. »

La réponse était courte, sans fioritures. Inutile d’en faire des tonnes avec des tournures creuses. Comme toujours elle avait en horreur de décliner son identité, il lui était cependant impossible d’éluder une question directe ou de mentir alors que son amie attablée il y a moins d’une demi-heure avait claironné son prénom à de multiples reprises. On ne savait jamais, peut-être qu’une oreille indiscrète était attentive non loin de là, la maison Puisal n’était pas si éloignée que ça du café… Vraiment, la seule chose à faire était de continuer à jouer le jeu de la dame hautaine et germanophile, même s’il sonnait par moment un peu faux (il lui faudrait encore un peu de temps avant de le perfectionner).

« Je ne vous ai jamais vu ici auparavant, venez-vous d’arriver à Montreuil Major Aschenberner ? »

Ben tiens, comme si elle était une habituée des lieux. Enfin elle n’était pas à une affabulation près, et puis il s’agissait surtout d’une tournure passe-partout servant juste à alimenter une conversation.
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