Au bord de l'eau [lundi 12 mai]


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Au bord de l'eau [lundi 12 mai]

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MessageSujet: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Jeu 18 Fév - 22:29

Un matin comme les autres. Et bien quelques faits qui faisaient bien des ragots dans les fondations de Sarnand. Outre la tension de ces derniers jours, il y avait tous les ennuis inhérents au travail de Flieger. Thuban était depuis hier de mauvaises écailles et boudait Peter, pour ne pas l'avoir laissé tenté une course avec un dragon. Ses folies de compétition lui revenaient et Peter n'avait été guère d'humeur. Oh, ce n'était pas la première fois que le dragon lui faisait la tête. C'était pour voir où le Flieger portera son remord envers lui. Mais à chaque fois, quand Peter revenait, Thuban lui faisait la fête, content de le revoir après le peu de temps de séparation. Des fois, c'était un jeu. Mais cette fois Peter avait eu besoin de prendre l'air, au risque d'exploser intérieurement. Il avait besoin de se défouler. Mais pas de façon violente bien entendu.

Il aurait pu aller s'entraîner au tir, pour passer sa colère sur les cibles, mais comme les beaux jours revenaient, il avait décidé d'en profiter pour aller se promener dans Montreuil. Et là, il s'était arrêté pour contempler l'eau de la Fresne, tout en s'allumant une cigarette.
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Ven 19 Fév - 14:09

Comme à son habitude Liliane, impeccablement apprêtée, se promenait avec son étui à violon pendu au bout du bras (un moyen efficace de focaliser l’attention des passants) et foulait les pavés de Montreuil d’un pas léger. Elle profitait de sa matinée de libre pour flâner tout en cherchant l’inspiration pour ses prochains écrits. Oh certes elle aurait mieux fait de préparer ses cours mais quand le cœur n’y était pas rien de bon ne sortait de ses travaux. Autant profiter de la mascarade de paix qui imprégnait la ville.

Sa bonne humeur se ternit quelque peu lorsqu’elle réalisa qu’une des « connaissances » la collait depuis deux ou trois minutes. Andrée, si ses souvenirs ne la trompaient pas, une vraie langue de vipère qui semblait ne vivre et respirer que pour les ragots. Leur relation était loin d’être au beau fixe. En plus de cela elle avait en horreur d’être épiée, surtout quand la discrétion faisait défaut. Cette femme lui rappelait la bonne que son oncle lui envoyait à Paris durant ses études pour constater de l’assiduité avec laquelle elle fréquentait la faculté. Néanmoins, après réflexion, la veuve se dit qu’elle pourrait peut-être pour une fois tirer avantage de la nature bavarde de l’importune. Il ne restait plus qu’à espérer qu’elle rapporte tout auprès du vieux Keller comme elle le supposait. Mais il fallait avant tout qu’elle déniche un allemand sans quoi sa petite manœuvre tomberait à l’eau.

La chance lui sourit rapidement cependant une sourde angoisse succéda bien vite à son bref sentiment de triomphe. La montroise se ressaisit et détailla l’individu. Plutôt bel homme, toutefois ce furent surtout ses vêtements qui retinrent son attention. Elle était loin d’être une experte en insignes et uniformes allemands et d’en saisir toutes les nuances, mais, à priori, il ne faisait pas partie de ces enfoirés de la gestapo. Dans le cas inverse elle aurait assurément continué son chemin l’estomac noué et révulsé, en se faisant la plus discrète possible tout en caressant le doux rêve de le pousser à l’eau et de le voir couler comme une pierre empêtré dans son lourd uniforme... il fallait vraiment qu’elle arrête de divaguer ainsi. Liliane revérifia d’un furtif regard en coin que la commère l’observait bien, puis, la professeure prit sur elle et demanda à l’officier dans un allemand sûr avec néanmoins un très léger accent.

« Excusez-moi, puis-je vous demander du feu ? »

Elle enchaina d’un ton qui se voulait anodin.

« Luftwaffe ? »
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Mar 23 Fév - 2:58

Le lieutenant regardait toujours l'eau qui s'écoulait en contrebas de sa position. L'eau y était boueuse, résultat des pluies en amont et des neiges qui avaient fondu. La terre gorgée d'eau se vidait pour laisser l'eau s'exfiltrer en dehors de ses entrailles pour suivre le cours de son cycle infini. De la goutte de pluie, ce liquide passait par les rivières et les fleuves avant de rejoindre les mers. Mais cette histoire là, Peter la laissa volontiers aux passionnés de la nature. Les seules pensées qui occupaient son esprit était que cette eau brune devait être bien froide et qu'il ne fallait mieux pas tomber dedans. C'était pas vraiment le moment de prendre un rhume pour cause trempette. Doucement, il tira sur sa cigarette tout en continuant sa plate contemplation.

Des bruits de pas légers le tirèrent de sa rêverie, avant de tourner la tête et de voir une ravissante jeune femme venir à lui. Il se demandait sur quoi il allait tomber. La dernière fois, il avait fait la rencontre d'une femme d'une quarantaine d'année, en mal de se faire voir de ses amies, avec dans les bras un officier. Que de mieux pour s'attirer la jalousie des autres, mais aussi comment amplifier la haine des civils qui n'appréciaient pas de voir leurs enfants et leurs femmes dans les bras des envahisseurs. Et finalement, quand elle lui demanda du feu, a priori, ce ne serait pas dans ce style de conversation. Il préféra garder la tête froide et attendre de voir ce qu'il allait en découler.

""Bien entendu"

Il eut tôt fait de sortir son briquet pour permettre à la cigarette de la jeune dame d'être allumée. Elle enchaîna par une question simple : le simple mot de sa faction. Dans les règles de la galanterie, Peter salua la jeune dame, portant seulement une main à sa coiffe et salua de cette manière avec un élégant hochement de la tête.

"Tout à fait Fraülein. Leutnant Hessler, pour vous servir."

Une présentation et tout ce qu'il suffisait. Car à l'accent de la jeune femme, elle devait être française. Elle parla assez bien il trouvait. Dans un contexte comme celui-ci, il n'était pas rare de croiser des Français causant la langue de l'adversaire...
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Mar 23 Fév - 21:38

Liliane fut agréablement étonnée par l’amabilité de l’homme et le gratifia de son plus beau « danke schön » en allumant sa cigarette. Elle savait bien que les allemands n’étaient pas tous des rustres primitifs toutefois elle ne s’attendait pas à tomber sur une personne avec des manières si irréprochables. En tant qu’observatrice aguerrie elle était en mesure d’apprécier des petits détails tels que la parfaite neutralité de son ton par exemple. Une part d’elle regrettait que le Flieger ne se soit pas comporté de façon odieuse en la congédiant avec des mots acerbes, cela lui aurait fourni une excuse valable pour se défiler comme elle avait tant l’habitude de le faire (même si elle affectait une assurance de façade, la veuve était encore craintive).

La jeune femme n’avait encore jamais donné son nom à un aucun des « envahisseurs » et l’énoncer était un cap psychologique qu’elle redoutait. Paranoïa ? Disons qu’elle avait ses raisons. S’il lui posait la question directement elle accèderait bien entendu à sa demande mais en attendant elle feindrait l’étourderie. Après tout elle n’était pas loin de passer maître dans l’art de débiter des sottises quand elle le souhaitait, si elle détectait ne serait-ce qu’une pointe de suspicion elle n’aurait qu’à sortir le grand jeu. Le regard perdu dans le vague elle tira une bouffée sur sa cigarette. Cette dernière avait l’avantage de meubler ses instants de réflexion et c’était la principale raison pour laquelle elle s’y était mise car en réalité sa passion du tabac était toute relative, le café occupant déjà une place de premier ordre dans ses vilaines addictions.

Liliane espérait être toujours épiée, sans oser toutefois jeter un coup d’œil de peur de se compromettre. Avec un peu de chance elle convaincrait son entourage qu’elle faisait bien des efforts pour sympathiser avec l’ennemi, c’était aussi l’occasion de s’entrainer à causer de façon naturelle. Elle se revoyait dix ans plus tôt sur les planches d’un tout petit théâtre parisien, singeant pour la première fois avec maladresse diverses émotions, encore étonnée – et quelque part ravie – d’avoir osé désobéir et mentir à son oncle. Elle avait parcouru bien du chemin depuis cette époque…

Un pilote de la Luftwaffe… C’était plus fort qu’elle, elle ne pouvait s’empêcher de repenser à l’affaire des œufs réquisitionnés. Diverses remarques bien acides lui brûlaient les lèvres à ce sujet mais elle se retint. Elle n’était pas là pour s’acharner, injustement d’ailleurs, sur l’officier, ni pour tester l’étendue de sa patience avec des provocations gratuites. D’autant plus que la professeure se méfiait tout particulièrement des personnes les plus calmes, suivant à la lettre le vieux proverbe « il n’est pire eau que celle qui dort ». En conséquence Liliane mit de côté ses pensées déplaisantes au profit d’une taquinerie légère.

« Méfiez-vous Herr Hessler, avec vos manières de gentleman vous risquez de déclencher une émeute chez les jeunes montroises en mal de conquêtes en uniforme. »

Un doute l’envahit soudain, la faisant redouter d’avoir commis un impair.

« Oh excusez-moi mais dois-je employer votre grade ou « Herr » pour vous parler ? J’avoue avoir un petit peu de mal avec l’armée et ses règles, qu’elle soit allemande ou française d’ailleurs… Enfin, sinon, comment trouvez-vous notre région ? »

Elle aimait bien diriger les conversations tout en faisant mine de rien, c’était la méthode la plus efficace pour éviter les terrains glissants et surtout les questions. En général ses interlocuteurs repartaient avec une image positive sans avoir appris grand-chose. De toute façon tout ce que l’on attendait d’elle c’était d’être souriante et agréable la plupart du temps, ce qui lui convenait parfaitement.
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Mer 24 Fév - 17:50

Non, cette femme devait pas être du genre à rechercher la compagnie d'une soirée avec à son bras un officier. D'ailleurs, Peter n'était pas du genre à aller faire la fête comme la plupart de ses pairs. Lui préférait garder la tête sur les épaules pour être en forme le lendemain, plutôt que d'avoir la tête enfariné d'un militaire qui avait trop bu de coupe de champagne et -ou- se retrouver dans le lit avec une parfaite inconnue sans se rappeler comment elle s'était retrouvée là avec lui sous la couverture. Non pas qu'il avait une réputation à défendre, il aimait rester honnête et surtout rester un soldat. L'armée n'était pas synonyme de débauche, comme ses confrères se plaisaient à suivre cette voie.

Doucement, il tira un peu sur sa cigarette tout en regardant la jeune femme. A ses petites réponses, il se contenta de sourire. Elle avait cherché à se rattraper à sa petite plaisanterie, se rappelant sans doute qu'elle avait en face d'elle un Allemand et que certains portant cet uniforme aimait avoir le respect et la crainte dans le regard de leurs interlocuteurs. Lui n'était pas de ce bord là et se contenta de sourire un peu amusé.

"Je doute de déclencher une émeute à ce point, je ne suis pas le seul à être présent dans la région et d'autant plus qu'elles auront plus de chance avec d'autres de mes collègues qui eux les recherchent vraiment. Avec moi, il n'y a aucune chance. "

Au moins, il était clair sur ses convictions, si jamais la jeune dame était vraiment en recherche d'une personne pour combler la solitude d'une nuit.

"Comme vous voulez. Le grade, le nom. Peu m'importe en fait. Les protocoles militaires ne sont qu'une obligation plus adressées aux militaires.... Comment je trouve la région de Montreuil.... Un peu froide ces derniers temps"

Allusion aux derniers évènements ?

"Elle est plus belle quand il fait plus chaud, je dois dire."
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Sam 27 Fév - 14:31

« Dans ce cas je préfère donner du « Herr » »

Décidément, s’il y avait bien un officier intègre c’était lui. Ce fait l’agaçait même si la jeune femme avait bien conscience que ce sentiment ne tenait qu’à sa nationalité et n’était donc que pure mauvaise foi, plutôt petit et indigne d’elle. Une fois passée sa brève crise de mécontentement elle remercia sa bonne étoile de ne pas lui avoir fait rencontrer un boche arrogant et fouineur, il fallait bien reconnaître qu’elle était relativement chanceuse jusqu’à présent.

Elle retint tout de même précieusement l’information, le désintérêt de l’officier pour les flirts pouvait servir quelques mesquines plaisanteries et règlements de compte vis-à-vis de « chères » amies. Liliane tira une nouvelle fois sur sa cigarette qui se consumait un peu trop rapidement à son goût.

« On a eu un magnifique été il y a trois ans, depuis… »

Elle laissa sa phrase en suspens, lourde de sous-entendus et ne put s’empêcher de regarder successivement l’aviateur puis l’eau boueuse. Difficile de faire passer ça pour un accident… La professeure se rabroua intérieurement immédiatement, s’éloignant du bord (et donc de la tentation) d’un pas ou deux. Ce genre de pulsion ne lui ressemblait guère, elle en ressentait un certain malaise, ses ressentiments refoulés dépassaient de loin ses évaluations antérieures. Avec un sourire contrit elle s’expliqua avant que tout doute ne s’installe.

« L’eau m’inspire une peur irrationnelle. »

Bon certes ce n’était pas l’entière vérité mais la justification n’était pas inventée de toute pièce non plus. En effet elle redoutait l’eau mais à l’unique condition qu’il s’agisse d’une étendue très vaste s’étalant à quasi perte de vue. Après coup elle se dit qu’elle aurait peut-être mieux fait de se taire, il n’était pas sûr que le Flieger ait remarqué ses mauvaises œillades… de toute façon il était trop tard, alors autant continuer d’affecter le détachement comme elle avait tant l’habitude de le faire depuis plusieurs mois. Pour le moment il n’y avait pas de quoi se donner des sueurs froides, même si son animosité était pointée du doigt la montroise avait d’avance une bonne liste d’excuses toutes prêtes à servir. Après tout elle n’avait rien de compromettant avec elle et nullement déclaré le moindre propos insultant digne d’un outrage. Pas de quoi s’emballer. Excès de confiance ?

« Aimez-vous la mythologie Herr Hessler ? Personnellement j’avoue avoir un petit faible pour le mythe d’Icare, les thèmes sont nombreux et riches en enseignements… »
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Sam 27 Fév - 15:43

Peter avait été à mille de se douter que la jeune femme avait eu pour idée malsaine de le pousser dans l'eau. Il était clair qu'il aurait été facile de l'y jeter. Il était au bord, regardant complètement détendu l'eau du cours d'eau, vêtu de son uniforme, de son manteau et de ses pattes, et loin de songer qu'une jeune femme aurait eu ce projet là. En général, c'était plus les hommes qui passaient à l'action dès ces songes venus à l'esprit. Mais dommage si elle avait eu cette idée là, Peter savait nager. Certes le poids de ses vêtements l'aurait fait couler et l'eau était froide, mais le pilote n'était pas un homme à se rendre sans se battre. Mais passons cet épisode.

Le regard furtif qu'avait lancé la jeune femme à répétition sur le fleuve et l'officier n'avait rien provoqué, si ce n'était là question de ce qui se tramait dans son esprit féminin. L'explication vint d'elle-même. Elle était phobique de l'eau, d'où son recul de quelques pas. Tout le monde ne pouvait pas aimer l'eau. Il se contenta de la regarder toujours avec son air neutre.

Comme pour changer immédiatement la conversation, la jeune femme enchaîna sur une légende de l'Antiquité ; celle d'Icare.

"Oui je la connais. La prétention de voler comme les oiseaux, d'atteindre le soleil pour être indirectement l'égal des Dieux. La prétention de se croire au-dessus de tout et la chute mortelle nous rappelle que nous ne sommes de simples mortels, qui ne doivent pas braver les lois de la nature et faire attention à leur arrogance. Je suppose que vous parlez de celle-là pour l'image que je viens de vous en donner ? "
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Dim 28 Fév - 0:23

Passer du coq à l’âne était un de ses passe-temps favoris, il permettait en général de fatiguer ses interlocuteurs qui demandaient grâce avant qu’elle ne se soit lassée la plupart du temps. En l’occurrence elle recentrait la conversation vers un terrain qu’elle maitrisait bien même si le choix précis du sujet était loin d’être innocent ou sélectionné au hasard. Liliane afficha malgré tout un sourire ravi à l’écoute de la réponse de l’allemand. Il s’agissait là d’une réaction classique lorsqu’une personne réalisait qu’une autre était loin d’être ignare pour un sujet qui la passionnait. Elle en oubliait presque les raisons de sa petite discussion.

« Oui c’est exactement cela. »

La professeure cherchait ses mots pour rebondir sur le sujet quand une légère contrariété la coupa en plein élan. Mince, elle était arrivée au bout de sa cigarette. Après s’être débarrassé de son mégot d’un geste nonchalant la montroise en extirpa une autre de son paquet suite à une rapide fouille dans le désordre de son sac et entreprit de s’approcher à nouveau du bord pour emprunter pour la deuxième fois le briquet. L’odeur de fumée était déplaisante cependant insuffisamment pour la faire renoncer aux petits instants de quiétude qu’elle y gagnait. Une fois de plus la française ne regardait plus où elle mettait les pieds, toute concentrée qu’elle était sur ses conflits moraux intérieurs et autres jugements. Elle avait retrouvé le contrôle de ses émotions, sa lucidité tout simplement. Un bref bilan s’imposait donc. Devait-elle culpabiliser d’avoir entretenu des pensées aussi primaires que les agissements de ceux qu’elle et ses compagnons dénonçaient ? Le Flieger était-il réellement sincère ou sa neutralité de surface cachait-elle quelque chose d’autre ?

A priori le terrain était largement assez régulier pour permettre une courte et intense réflexion, elle ne courait donc aucun risque, sauf que c’était sans compter sur un obstacle qu’elle avait elle-même abandonné quelques minutes plus tôt afin d’avoir les mains libres : son étui à violon. Les dimensions de l’objet suffirent malheureusement à la faire trébucher. Un seul et unique faux pas et… Elle jura en français à mesure qu’elle réalisait qu’elle ne pourrait pas reprendre son équilibre, loin de ses paroles d’ordinaire soignées. Mais pourquoi avait-il fallu qu’elle pose son instrument là ?!

« Putain de mer… »

Par réflexe elle tenta de se rattraper mais ne parvint qu’à buter brutalement de tout son poids contre l’aviateur. Il ne lui restait plus qu’à espérer que le choc ne soit pas suffisant pour le déséquilibrer et le faire basculer, elle avec. Hélas dans ses efforts désespérés de recherche de stabilité elle avait contracté tous ses muscles, détruisant toute chance d’une issue autre qu’un atterrissage dans les eaux glacées. Trop surprise, elle n’eut guère le temps de s’inquiéter de l’interprétation que pourrait avoir sa stupide bourde, ni de sa capacité à nager aussi étroitement vêtue. Non, la seule pensée qu’elle fut capable de formuler sur l’instant tenait en trois mots :

Saleté de cigarette.
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Lun 1 Mar - 13:52

Saleté de cigarette oui en effet. Hessler le disait bien souvent, mais jamais il n'aurait eu à le songer comme l'avait fait la jeune femme avant de lui rentrer dedans. Quelle idée aussi de vouloir s'en allumer une alors qu'elle venait à peine de la finir. A moins d'être une grosse fumeuse et d'en fumer coup sur coup, ou alors... être avec un Allemand la stressait au plus haut point. Donc le faite de vouloir se rallumer une cigarette provoqua le trébuchement ; non voulu, il va de soi. Et bien entendu le concours de circonstances voulut que... qu'elle butte sur le Flieger. Saleté d'éui à violons, en plus de la cigarette.

Peter n'avait pas songé du tout qu'en se mettant sur la rive, il ferait une baignade poussée. Non pas que la jeune femme était une masse, mais sa chute avait suffit pour le déséquilibrer. Il avait eu à peine le réflexe d'attraper la jeune femme pour qu'elle ne tombe pas d'abord. Mais non... Les lois de la gravité étaient sans pitié aujourd'hui. Au moins, avait-il eu conscience qu'il pouvait tenter de limiter les dégâts. Un coup d'adrénaline aidait à prendre des décisions à la vitesse fulgurante. Ou alors un coup de pot.

Le Flieger avait essayé de repousser la jeune femme avant la tombée finale dans la Fresne, pour espérer qu'elle reste elle sur la rive. Peter eut moins de chance. Forcément, comme lui était plus proche. Ce fut donc un gros Plouf qu'on put entendre dans l'eau. L'eau, Peter put le confirmer dès son contact plein avec le liquide que l'eau était froide. Très froide. Elle mordait même avec une violence à lui en couper le souffle. Heureusement, le courant n'était pas trop fort, mais cela lui suffit pour suivre son cours tout en restant sous la surface.

Coup de chance encore là ou pas ? Allez savoir. Une main gantée de cuir noir complètement imbibé d'eau sortit pour s'agripper brutalement sur le bord, serrant le petit rocher qui tint bon. Hessler émergea au moins la tête, en recrachant ce qu'il avait avalé. Une petite toux quoi. Et il avait eu de la chance de pas sombrer dans le fond de la rivière avec ses vêtements, qui lui collaient désormais à la peau et pesaient un bon poids avec la flotte qui en dégoulinait

Commençant déjà, où du moins essayant déjà de s'extirper de là, il maudit sa malchance. Trempé et complètement refroid, transii. C'était vraiment sa veine !!! Il risquait d'attraper la maladie avec cette plongée dans la Fresne ! Mais avant de sortir complètement de l'eau, il s'assura de voir si la jeune musicienne était restée sur la rive, à une dizaine de mètre plus en amont.
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Lun 1 Mar - 22:20

Une bouffée d’espoir et de gratitude l’envahit lorsqu’elle sentit que le sens de sa chute s’inversait sous l’impulsion de l’allemand et une vive honte d’avoir eu des pensées aussi injustes par la même occasion. Cependant le doute la gagna aussi vite, la poussée semblait un peu juste pour la préserver des eaux.

Alors tombera ou tombera pas ?

Si sa seule volonté était entrée en jeu il était certain qu’elle serait juste retombée lourdement sur son postérieur. Malheureusement ce facteur ne pesait nullement dans la balance et les lois de la physique couplées au manque d’agilité de la montroise tranchèrent de façon claire et nette la question. Après une remontée inespérée elle stagna un instant sur la pointe des pieds, moulinant vainement des bras pour maintenir son équilibre instable avant de finalement basculer la tête la première.

Une légère nausée l’envahit, c’est qu’elle souffrait légèrement du vertige en plus, avec cet évènement les choses n’allaient pas s’arranger. La distance la séparant de la Fresne fut dévorée en l’espace de quelques instants puis ce fut le choc. Le froid était saisissant, avec sa physionomie il valait mieux qu’elle se sorte de là et vite. Sonnée, il lui fallut une poignée de secondes pour retrouver ses repères et distinguer à nouveau le haut du bas, la gauche de la droite. En conditions normales elle était parfaitement capable de nager à peu près correctement seulement la situation était bien différente de ses baignades de juillet dans des lacs calmes.

Niveau vêtements elle était à peine plus chanceuse que l’officier. Le poids était bien inférieur cependant sa jupe constituait une entrave fort handicapante, sur le moment elle s’en serait bien débarrassée si elle en avait été capable, quitte à devoir se promener à moitié nue dans tout Montreuil. Liliane se servit donc essentiellement de ses bras pour se maintenir à la surface dans un style de nage peu académique, tirant sur les coutures de sa veste qui n’avait visiblement pas été taillée dans l’idée de permettre des mouvements aussi amples. Ses escarpins avaient disparu, ils avaient probablement dû glisser lors de ses premiers battements de jambes peu efficaces.

Ses mains aux doigts engourdis s’agrippèrent avec avidité aux prises qu’offrait la berge. Une violente toux la secoua afin d’expulser l’eau, sur ce point elle fut moins épargnée que le Flieger. Heureusement que le courant n’était pas puissant. Un contact désagréable sur son pied nu la fit tressaillir manquant de peu de l’arracher du rebord. Un poisson-rouge peut-être ? Non mais n’importe quoi, son cerveau avait vraiment dû manquer d’oxygène pour la faire envisager cette hypothèse, une truite était plus probable et encore… Bref elle constata qu’elle se retrouvait dans une bien fâcheuse posture quand elle tenta de s’extirper au moyen de ses bras menus complètement tétanisés. Elle avait à peine la force de maintenir sa prise. La professeure maudit sa faiblesse physique qui la rendait incapable de se hisser seule. Si cette histoire se terminait bien elle se jurait de faire un peu plus d’exercice à l’avenir. Et l’aviateur ? Il s’en était sorti ? Oh elle s’en voudrait pour le restant de ses jours si par sa faute elle l’avait condamné à servir de nourriture aux poissons de la Fresne…
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Lun 1 Mar - 22:46

Il eut une frisson quand il ne la vit plus sur la berge, du lieu du drame de chute. Elle avait du suivre la même voie que lui, c'est à dire dans l'eau. Bon sang ! Il avait pourtant essayé de lui épargner sa tombée dans l'eau glacée. Et savoir qu'elle pourrait se noyer... Il se détacha de sa prise et se laissa guider un peu par le courant, cherchant le moindre signe à la surface de la part de la jeune femme. Il eut bientôt l'assurance qu'elle allait bien. Elle était dix mètres plus en contrebas que lui. Elle avait réussi à remonter, mais elle subissait le même problème que lui. Ils étaient dans de l'eau glacée.

Au début, il n'avait songé qu'à la rejoindre, se mettant à ses côtés, mais quand on a pas pour proche parent une baleine, on ne résiste pas bien longtemps au froid pénétrant. Déjà ses membres s'engourdissaient et il ne sentait plus ses doigts, qui devenaient gourds. Pourtant, il serra les dents, et ayant attrapé un des bras de la jeune musicienne, il l'aida comme il put pour qu'elle puisse sortir de l'eau. Il ne doutait pas qu'elle claquait des dents comme lui.

Il essaya d'ignorer ses tremblements, usant comme il put de sa force. Elle sortit de l'eau, complètement pieds nus. A son tour, il peina pour sortir de la flotte mordante de froid. son uniforme le gênait en poids et en mouvements. Pourtant, il réussit à sortir en rampant presque.

- Marchez Fraülein...Marchez. Ne restez pas immobile, frottez vous les bras, et marchez.

BOn d'accord, il était facile de dire cela. Mais la partie de cette berge où ils avaient échoué remontait en pente douce vers la route. Comme on était encore en journée, il devait y avoir du monde qui traînait. Il fallait vite se réchauffer avant de commencer à avoir vraiment trop froid. Il cria alors en français

- Ohé quelqu'un !
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Mar 2 Mar - 2:09

L’arrivée et l’aide du Flieger la soulagea doublement. Ouf il s’en était sorti. Une fois sur la terre ferme elle resta un instant allongée sur le dos à reprendre son souffle mais le froid qui l’étreignit un peu plus la fit rapidement changer d’avis. Elle se redressa et grimaça au contact du sol frisquet sous ses pieds. Elle se força à balancer ses bras énergiquement pour faire à nouveau affluer le sang tout en piétinant à moitié. Dans quel état elle devait être ! Trempée, crasseuse, les mains égratignées, sa tignasse blonde emmêlée et pieds nus. Le tableau ne faisait pas rêver… Il y avait malgré tout plus oppressant. L’allemand avait-il compris qu’ils ne devaient leur chute qu’à un malheureux accident ?

Dans le cas contraire elle était prête à inventer n’importe quoi pour s’attirer sa pitié et qu’il ne la dénonce pas comme l’auteure d’une tentative d’assassinat, pleurer, implorer, mentir, ramper s’il le fallait ou à même se lancer dans une bagarre perdue d’avance, attaquer en traitre. C’est qu’elle y tenait à sa peau la dame. Après tout à quoi pouvait bien servir l’orgueil une fois mort ? Il existait des situations où l’on ne pouvait pas se payer le luxe d’avoir des principes, l’instinct de survie prévalait sur toute autre considération. Le fait qu’il ne l’ait pas noyé sur place n’était pas nécessairement un gage de gentillesse, peut-être qu’il lui réservait bien pire. C’était possible après tout ! Hein ? Impossible de savoir, on ne pouvait faire confiance à PERSONNE ! Si ça se trouve un témoin s’était déjà empressé de rapporter la chose en distordant joyeusement la réalité et une patrouille allait leur tomber dessus d’une minute à l’autre ! Ca y est, elle déraillait totalement…

Heureusement le ton, plus que les paroles de l’officier, l’apaisa quelque peu. Un traitre sadique ne pouvait pas être aussi convaincant, même elle était incapable d’atteindre un tel niveau de comédie malgré sa longue expérience en la matière. Oui, en plus il avait bien essayé de lui éviter cette froide trempette au lieu de l’attirer égoïstement avec lui par vengeance. Si ça ce n’était pas une preuve de sa bonne foi ! Son embryon de calme vola aussitôt en éclat quand son interlocuteur se mit à appeler de l’aide.

En toute honnêteté elle préférait risquer la pneumonie rien que dans le but d’éviter que leur petite péripétie ne s’ébruite. Avec les récents évènements on ne croirait jamais qu’il s’agissait d’un accident, pire elle servirait de bouc-émissaire pour faire croire que ces salauds de la gestapo étaient compétents, en plus ils risquaient de farfouiller dans sa vie et alors… Elle repartait en plein délire. Parler lui éviterait de gamberger. La professeure se lança dans un discours décousu, en français de surcroit, sa voix montant dans les aigus à mesure que la panique reprenait le dessus.

« Je suis désolée… l’étui… je ne l’ai pas vu et… oh excusez-moi… si votre arme a été endommagée par l’eau je vous dédommagerai… merci pour votre aide »

Non, non, non ! Elle était totalement dépassée. Liliane reprit du début en allemand cette fois, de façon toujours confuse mais un peu plus compréhensible néanmoins, grelottant sur place au moindre souffle de vent.

« Je n’habite pas très loin, inutile de… »

La montroise ne termina pas sa phrase, son sac avait lui aussi disparu, ses clés avec et elle savait la demeure vide à cette heure de la journée… Déjà blême son visage devint exsangue.
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Mar 2 Mar - 11:47

Le choc de la chute dans l'eau glacée, c'est cela qui devait provoquer le stress de la jeune femme. Oui cela devait être cela, sinon quoi d'autres ? Le froid pouvait être une vraie torture quand on avait l'habitude du petit confort. Enfin d'un certain type de froid. Là il était mouillé le froid, il passait au travers des vêtements mouillés. Même Peter qui était habitué à des températures plus basses quand il était dans les airs, il n'avait jamais grelotté autant. Le froid de l"altitude ne trempait pas lui ! Le pilote avait les protections pour en temps ordinaires. S'il avait su voir dans l'avenir, il se serait arrangé pour rester au lit. Bon sang !

La jeune femme devait paniquer par le froid qui lui remontait dans les chairs, elle en perdait ses mots. Et heureusement qu'il comprenait le français. Dans sa désorientation, la pauvre parlait plus dans sa sa langue, pensant que par sa faute, elle avait abîmé son arme. Son lüger n'aurait besoin que d'être séché, cela n'était pas un problème. Puis il commença à comprendre pourquoi elle avait si l'air perdue et stressée la musicienne : L'officier était tombé à l'eau, cela pouvait être pris comme une agression contre un Allemand. Il fallait peu de choses pour mettre un banal accident sous le coup d'une tentative d'assassinat. On l'avait déjà vu. Et tout était bon en ce moment pour faire des exemples à Montreuil. Certains Gestapistes n'attendaient que des travers de ce genre pour se défouler et apporter encore plus la pression aux habitants. Déjà qu'il avait assez de soucis pour le moment !

La jeune femme devait y avoir songé aussi sur le coup, elle était devenue complètement blanche comme une craie. A moins qu'elle allait tourner de l'oeil. Ah non, c'était pas le moment hein ! Se frottant énergiquement les bras, après s'être débarrassé de ses gants bousillés par l'eau, il s'approcha de la jeune femme et la tint (à bout de bras bien entendu) pour tenter de la rassurer. Là il se mit à parler français. Peut-être que cela la déstressera un peu. Pourquoi ce genre de truc n'arrivait qu'à lui ?

"Fraülein du calme, tout va bien. Ca va aller et tout va bien se passer. Nous allons trouver de quoi nous réchauffer et vite, nous mettre au chaud et après vous irez mieux"

Tu parles d'une maigre consolation, surtout si elle redoute de se faire arrêter. Et puis il n'y avait pas vraiment du monde dans le coin. Ils devaient bien être les deux seuls individus. Même pas une patrouille. Un mal pour un bien. Il n'osait imaginer l'état de la jeune femme si elle avait vu d'autres uniformes approcher à cet instant, pensant qu'elle allait se faire arrêter. Bon une décision s'imposait de toute manière, au risque de vraiment geler sur place !

"Venez, il y a un café à deux pas. "

Juste dans le coin de la rue et ce fut une chance qu'il ne fut pas fermé. Tout en encourageant la jeune musicienne de se frotter énergiquement les bras, lui-même essaya de se réchauffer.

Imaginez un peu la tête du propriétaire du café quand il vit débouler deux personnes complètement trempées. Et comme il hallucinait, Peter le secoua d'une voix qu'il voulut vive. Mais ce fut en claquant des dents qu'il s'adressa au tenancier, demandant du café chaud de suite et s'il avait des couvertures.

Il n'y avait qu'un client dans la salle ; une vieille dame qui avait déjà le regard critique sur l'officier allemand. Mais elle apporta son intérêt sur la jeune femme.

-" Albert, je passe dans ton arrière boutique. Cette petite va attraper le mal. Venez ma petite, venez..."

Elle avait déjà attrapé le bras de la jeune femme pour l'attirer avec elle dans l'arrière boutique, se fichant complètement de l'Allemand. S'il pouvait tomber malade celui-là ce serait pas un mal, un de moins pour Montreuil. Mais c'était là des pensées de la vieille dame, qui allait pleinement séché la musicienne.

Peter fut déjà soulagé de voir que la jeune dame aurait un soutien plus féminin. Pour sa part, attendant avec une folle envie une grosse tasse de café chaud, il avait déjà retiré son manteau et sa veste, pour se mettre près du petit poêle présent.... C'était mieux que rien, et puis... il n'allait pas se déshabiller complètement et surtout ici !
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Mar 2 Mar - 21:27

Complètement perdue la française n’entendit qu’à moitié les paroles rassurantes du pilote. Le froid mordant et la peur la paralysaient, l’empêchaient de réfléchir à présent, indubitablement elle n’était pas loin d’une sorte d’état de choc. Liliane était en proie à une forte résignation quand elle lui emboita le pas, il aurait aussi bien pu l’amener à l’abattoir qu’elle n’aurait pas protesté. Ce n’est qu’après avoir été entrainée dans une salle à part par la vieille dame du café qu’elle commença à retrouver ses esprits. Après l’avoir frictionnée un petit moment en pestant de temps à autre à l’encontre de l’allemand, qui devait obligatoirement être responsable, la cliente lui intima d’attendre une poignée de minutes. Elle habitait à deux pas d’ici et conservait quelques affaires de sa fille. Comme promis elle revint moins de dix minutes plus tard avec un sac rempli de vêtements. La musicienne quitta, avec une pointe de regret, la couverture dans laquelle elle s’était enroulée. Ce n’était pas exactement sa taille mais au moins elle était au sec, à nouveau chaussée et présentable.

A son retour elle constata que l’aviateur avait abandonné son manteau et sa veste. Liliane en profita pour apprécier sa carrure, l’entrainement militaire strict avait des aspects plaisants, il fallait bien l’avouer. Son regard descendit et s’attarda un instant sur son fessier parfaitement moulé par son pantalon encore imbibé d’eau. Les hommes avaient souvent la conviction erronée d’être les seuls à se rincer l’œil. Cette baignade forcée avait au moins eu du positif dans un sens… Elle se ressaisit avant qu’on ne remarque l’objet de son attention, ses joues reprenant soudainement des couleurs. Ses fards incontrôlables étaient insupportables, elle n’était plus une adolescente pourtant.

La professeure accueillit avec un grand sourire sa tasse de café bien chaud. Quand le propriétaire de l’établissement les interrogea elle prit les devants de sorte à pouvoir débiter une version des faits moins prompte à éveiller les soupçons. Il était hors de question de relater le vrai déroulement de leur mésaventure, elle ne risquerait pas son avenir par pure naïveté.

« Eh bien pour aller à l’essentiel j’ai malencontreusement trébuché et chuté dans la Fresne. Herr Hessler n’a pas hésité une seule seconde, il a plongé à son tour pour me venir en aide, c’est un héros. »

Sans le moindre scrupule elle ponctua son bref récit de soupirs, modulant avec soin sa voix et couvant l’allemand de longs regards de reconnaissance et d’admiration. Jouer ainsi à la groupie l’écœurait mais il était tout de même avéré que le comportement de l’homme était tout ce qu’il y a de plus irréprochable. Avec cette jolie histoire elle donnait le beau rôle au Flieger, de quoi mieux faire passer la pilule de son énorme mensonge non ? Ah ça, elle n’avait pas perdu le nord bien longtemps la dame ! Encore fallait-il qu’il ne la contredise pas, ce serait l’occasion de vérifier encore une fois ses intentions.
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Mar 2 Mar - 22:09

Peter resta près du poële, le temps que la jeune femme soit pris en charge par la vieille très conciliante à son égard. Une chance peut-être qu'elle eut été là. Déjà le regard du tenancier laissait envisager qu'il s'était posé la question de qu'est-ce qu'il avait fait à la Française. Et nul doute encore au sens de ses pensées quand il le fixa un instant que le Flieger essora sa pauvre chemise trempée. Peter s'en fichait un peu. A force, on finissait par avoir l'habitude. Et même s'il était tout seul dans le café, il ne courait pas de danger. Pour le moment....

Il courait le risque de tomber malade. Il avait encore froid, il n'avait pas de rechange et il n'allait pas en demander. Après tout, il était l'image de l'envahisseur, celui qui ne devait pas montré de faiblesse devant les civils. Et bien il prenait quand même la faiblesse de se réchauffer, de demander un café et de se frotter les mains dans la chaleur bienfaisante du poële. Il était un homme comme les autres après tout. Il ne voyait pas pourquoi il devrait sacrifier son image au détriment de sa santé. Mais dans ce cas, n'aurait-il pas du rejoindre le poste militaire le plus proche, pour laisser la jeune femme avec les autres civils ? La laisser à son sort ? Il n'était pas le genre d'homme à partir comme un voleur, pas tant que la jeune femme se serait remise de son aventure.

Elle ne tarda pas à réapparaître. Il ne l'entendit pas de suite arriver avec la grand-mère. Il était encore là à essayer de se réchauffer les mains transies et il était loin de se douter qu'il était le sujet d'attention principale du regard captivé de la jeune rescapée de la Fresne. En tant que Flieger, il avait en effet la carrure d'un athlète et dans la mesure où il ne laissait pas "mourir" comme ses collègues dans la débauche des bars et des cabarets du coin le soit, il veillait à rester en forme, faisait des exercices réguliers avec son équipage et son dragon. Cela pouvait se voir au travers de sa chemise qui lui collait à la peau, sous laquelle roulaient les muscles de ses épaules et du haut du dos. De quoi faire rougir en effet bien des femmes... Liliane en piquait un fard d'ailleurs, quand il s'était retourné. Il attribuait cela au fait qu'elle était maintenant sèche et au chaud dans les habits qu'elle portait désormais à la place des siens mouillés. La peau encore refroidi du bain forcé avait souvent tendance à rougir avec la remontée de température.

Le café fut une bénédiction. Peter ne s'éloigna pas vraiment du point chaud du poële. Ses vêtements commençaient à peine à ne plus dégoutter. Pendant qu'il savourait intensément sa première gorgée qui lui fit un bien fou, le tenancier demanda ce qui leur était arrivé. Ce fut la jeune femme qui prit les devants.

Peter aurait du prendre l'initiative... Elle déguisait un peu la version réelle des faits. Lui un héros ? Il avait juste essayé de lui éviter la chute dans l'eau et l'avait aidé à sortir après de la Fresne. Il avait fait ce qu'il fallait faire : sauver une vie. Rien de plus. Il se sentit un peu gêné sous le regard presque rayonnant et presque pétillant de la jeune musicienne. Il manquait de rougir et réussit à détourner son embarras en buvant une autre gorgée du chaud café. Qu'est-ce qu'il allait pouvoir répondre maintenant ? Le tenancier et la vieille dame attendait en effet sa réaction... Il se retint de racler la gorge. La jeune femme avait déguisé les faits ? Il n'allait pas la contredire, ce ne serait pas convenable. Le choc avait du vraiment la perturber...

"Je n'ai fait que mon devoir...."

Tournure classique, sommaire, neutre... Mais il ne voyait vraiment pas quoi répondre. Au moins, la jeune Française s'assurait son petit mensonge....
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Mer 3 Mar - 13:44

Ses cheveux humides induisaient un contraste désagréable entre la chaleur revigorante de la boisson et le froid qui lui picotait le crâne. La professeure ressentit une pointe de pitié à l’égard du pilote, elle n’était pas persuadée que la petite vieille se serait montrée aussi attentive si elle s’était présentée seule, elle soupçonnait ses bons soins d’être une ostensible démonstration de solidarité entre français face à l’envahisseur. Malgré le poêle il ne devait pas avoir très chaud non plus. Une nouvelle pointe de honte la mortifia lorsqu’il corrobora sobrement son histoire. Pour le coup elle se sentit vraiment détestable mais pouvait-elle réellement se permettre d’être honnête ? Assurément non. La faute au contexte…

Voyant que les deux, qui commençaient à lui taper sur les nerfs, en attendaient plus et ne semblaient pas prêts à les lâcher elle continua de minauder et de faire les yeux doux à l’aviateur. Tenir la chandelle était une des choses les plus agaçantes qu’il puisse exister aux yeux de la montroise, elle espérait bien que ça soit aussi le cas des « intrus ». L’exercice était d’autant plus facile que l’homme était loin d’être un laideron sans cervelle.

Contrairement à son sauveur elle était tout sauf une sportive accomplie. Sa force physique était ridicule, sa vue loin d’être perçante, ses réflexes passables. Elle était mauvaise sprinteuse et son endurance ne tenait qu’à la pugnacité de son caractère. Depuis toujours elle trouvait ses armes dans les mots, les préjugés et dans sa capacité à faire gober tout et n’importe quoi à son petit monde. La française reprit donc son histoire du début tissant au fur et à mesure la trame narrative mêlant mensonge et vérité avec aisance. A grands renforts de sourires enjôleurs elle transforma avec culot le moindre détail insignifiant en hauts faits presque dignes d’une épopée. Devant le flot continu de paroles visiblement enjolivés sous l’emprise du charme du héros, l’auditoire battit rapidement en retraite, prétextant diverses activités soudainement urgentes.

A présent à nouveau tranquille elle observa avec intensité l’allemand, tentant de jauger son état d’esprit et d’anticiper sa réaction.

« Pardonnez les libertés que j’ai prise mais les rumeurs ont tendance à se répandre comme une traînée de poudre, Montreuil est une petite ville vous savez. Avec cette version aucune ambiguïté n’est permise. »

Inutile d’en dire plus, la raison était évidente. Même si ça ne lui plaisait guère la musicienne ne regrettait absolument pas sa décision, impulsive sur le moment c’est vrai. Andrée, la peste qui la suivait au début de sa promenade ne manquerait pas de mettre un nom sur « la jeune blonde ayant déboulée totalement trempée dans le café d’Albert en compagnie d’un Leutnant de la Luftwaffe » si on lui relatait l’anecdote. Elle préférait amplement qu’on mette la présence de l’officier dans la rivière sur le compte de l’héroïsme. Chassant ces pensées inquiétantes elle répara un « oubli ».

« Je suis d’une impolitesse absolue, je ne me suis pas encore présentée : Liliane Keller et au risque de me répéter, encore une fois merci. »

Il valait mieux tard que jamais, ne pas le faire aurait été d’une grossièreté impardonnable.
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Mer 3 Mar - 14:44

La petite bonne femme avait fini par détaler en effet. Elle ne supportait pas les Allemands, mais que la jeune fille en fasse à nouveau des éloges. Bon il était vrai, elle avait eu de la chance à ce qu'il soit là, qu'il soit le preux chevalier qu'elle idolâtrait du regard, mais tout de même.... les bochs faisaient tout pour se faire remarquer et avoir de jeunes donzelles en mal d'aventures dans les bras. La pauvre... Elle avait hoché de la tête avant d'aller dans l'arrière boutique, pour ranger un peu le bazar. Elle avait dit qu'elle allait faire sécher les vêtements mouillés de la jeune musicienne. Le tenancier commença à ranger ses verres.

Peter ne savait vraiment plus où se mettre, surtout quand elle avait repris l'histoire avec des termes plus élogieux encore, comme si elle se plaisait à transformer l'accident en malédiction à laquelle elle réchappait grâce à lui. Et quand ils furent laissés tranquille, Peter en profita pour recommander une autre tasse de café bien chaud, la sienne était déjà presque terminée. C'est là que l'inconnue en profita pour s'excuser de son lyrique conte de sauvetage. Visiblement, elle ne tenait pas à avoir une sale image sur le dos avec sa présence aperçue en compagnie d'un Flieger, comme l'avait supposé Peter précédemment. C'était louable, mais elle aurait pu peut-être faire la narration des faits avec moins de passion... On risquait de croire qu'elle couvait l'officier avec des yeux de jeune vierge en attente du prince charmant.

"Je n'y vois pas d'inconvénient... De toute manière j'aurai dit la véracité des faits... Que ce n'était qu'un accident. Mais sous le couvert de votre histoire, cela saute plus dans l'exceptionnel et cela couvre mieux en effet...."

Il soupira et lorgna un instant la chaise qui profitait de la chaleur plus proche du poële. Au moins, elle n'avait pas froid. Il se contenta donc de rester debout, par pure politesse. Il s'était juste rapproché, pour que ses membres transis puissent se réchauffer au travers du tissu humide de son uniforme. La veste et le manteau posés sur une autre chaise dégorgeait encore, par les gouttes qui tombaient des bans à un rythme régulier.

Dans le feu de l'action de tous ces évènements, qui s'étaient enchaînés sans accorder le moindre temps à la présentation la jeune femme ne s'était pas présentée, elle rattrapa ce coup en se nommant ; histoire de passer à un autre sujet de conversation

"Enchanté Fraülein Keller... Pour ce que j'ai fait, c'est naturel... L'eau est trop froide pour qu'on y reste...et..."

Il n'achevait pas. Il allait dire que la mort frappait bien assez comme cela pour en rajouter d'autres. Il s'abstint de le dire donc. Le tenancier apporta un autre café, il en profita pour entourer la chaude tasse ses doigts gourds.
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Jeu 4 Mar - 20:20

En effet, seul un pingouin aurait pu être en mesure d’apprécier le séjour dans les eaux de la Fresne. Elle n’était pas faite pour les activités extrêmes, vraiment. Liliane se retint de lever un sourcil interrogateur devant la phrase inachevée de son interlocuteur, préférant finalement prendre place sur un siège avant que ses jambes ne se mettent à flageoler. Les courbatures du surlendemain allaient être terribles.

La musicienne fut tentée de s’assurer de la parfaite compréhension de son point de vue de la part du pilote mais y renonça néanmoins au dernier moment. A force d’insister elle allait finir pas se desservir et éveiller stupidement des soupçons n’ayant pas lieu d’être. Bon l’affaire était close, pour ce qui était des petites affabulations du moins.

« J’espère que mes interminables œillades ne vous ont pas trop embarrassé. »

Liliane n’était pas femme à hésiter à mettre les pieds dans le plat dès qu’une rare occasion se présentait. Elle tenta de garder son sérieux mais réprimanda fort mal un sourire amusé, il fallait dire qu’elle ne s’était pas vraiment donné les moyens de le contenir. Ce n’était pas très glorieux car elle avait perçu sans mal la gêne du Flieger tout au long de sa fable et en avait tiré en plus un certain plaisir.

« Enfin, passons à des sujets plus agréables, à moins que ma compagnie ne vous donne envie de prendre la fuite »

Si c’était le cas, la veuve ne pourrait pas vraiment lui en vouloir, elle ne lui avait attiré que des ennuis et sans le moindre doute gâché sa promenade. Il fallait en plus qu’elle joue avec son désarroi même si ce n’était pas de façon bien méchante. Heureusement que l’allemand ne semblait pas du genre trop susceptible… en fait elle n’en savait absolument rien. Humble et patient, visiblement oui, mais à quel point ? Au moins elle serait fixée si jamais il déguerpissait en claquant la porte et n’aurait qu’à s’en prendre à elle-même.

Tandis que la française commandait un second café à son tour son esprit divagua un instant, anticipant la suite des évènements. Elle n’avait qu’une envie : se terrer chez elle pour le restant de la journée en espérant se réveiller le lendemain avec la conviction que tout le passage concernant la chute n’était qu’un cauchemar, qu’elle avait juste pris un café avec un membre de la Luftwaffe civilisé. La professeure était prête à escalader les grilles et à casser un carreau s’il le fallait pour éviter de trainer encore. Cependant Liliane estimait avoir eu son lot de catastrophe pour la journée aussi elle se contenterait plus tard d’attendre sagement à l’institution Sainte-Marie des Anges.
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Ven 5 Mar - 15:51

Il se contenta de la regarder, avec un air dans le genre il-ne-sait-plus-où-se-foutre. Des oeillades ? Elle plaisantait là ? C'était plus que de simples regards. Elle l'avait couvert de coups d'yeux brillants de remerciement presque emplis de ferveur à son égard, comme s'il était le chevalier servant qui venait de sauver la jeune dame, qui lui vouerait un amour éternel par son audacieux sauvetage... Personnellement, il s'en serait bien passé. Car le regarde de la vieille hantait presque son esprit, comme si c'était là un sacrilège d'avoir une femme amouraché d'un Flieger. Bon certes, elle avait très bien imaginé pour se sortir des ragots qui de toute manière en découlerait mais quand même !

"Heureusement qu'ils étaient faux, pour parfaire votre histoire.... "

Autant le dire... Il en profita pour s'asseoir. Non pas manque d'égard de politesse envers la jeune femme, mais parce qu'il était un peu gelé encore et qu'il avait besoin de se réchauffer de partout. Ses jambes se rapprochèrent plus du poële et cette fois, il retira ses bottes. Il aurait du songer à les retirer plus tôt. Un bon litre d'eau tomba sur le carrelage. Au moins,il aurait moins froid aux pieds là maintenant. Et il risquait pas de partir sans être plus sec. sauf s'il commandait une voiture pour le ramener à Sarnand. Mais il voulait limiter les histoires. S'il rentrait en étant encore tout mouillé, on allait lui chercher les poux pour savoir la raison. Un flieger avait déjà été agressé il n'y avait pas si longtemps que cela, remettre une autre affaire qui n'était qu'un simple accident sur le devant de la scène ne servirait que trop les SS ou encore les supérieurs pour maintenir la pression....D'ailleurs Liliane abordait soit le changement de sujet soit le douteux sentiment qu'elle gênait. Il frotta un peu ses bras pour les frictionner encore un peu.

"Prendre la fuite ? Hum... Sauf si vous êtes armée dangereusement ou alors que vous souhaitez me faire la peau par un moyen quelconque, je ne vois pas pourquoi je devrai fuir... "

Il avait essayé de sourire, pour détendre l'atmosphère.

"Votre compagnie n'est pas une contrainte, si cela peut vous rassurer. Sinon, je serai déjà parti, vous laissant ici dans le Café.... De quoi souhaitez-vous parler Fraülein ? "

C'était juste une question, pour l'inviter à lancer un autre sujet de discussion. Comme quoi il était assez ouvert le Flieger.
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Mar 9 Mar - 0:00

L’amusement de la montroise s’accrut lorsqu’elle eut la confirmation de la gêne occasionnée par son précédent numéro excessif, dans un autre contexte elle en aurait même peut-être poussé un petit cri de ravissement. Le pauvre, elle avait presque honte de la dernière surprise qu’elle lui réservait pour la fin…

Un frisson la traversa quand elle aperçut l’importante quantité d’eau s’échapper de la botte de l’aviateur. La sensation avait dû être tout aussi désagréable qu’en étant pieds nus. Elle résista à la tentation d’abandonner ses chaussures ouvertes et de tendre ses petons en direction du poêle, agir ainsi n’aurait guère été convenable.

Liliane se sentit un brin soulagée en faisant à nouveau le constat du caractère posé et patient de son interlocuteur. Elle répliqua à voix basse en se penchant dans une caricature de conspiratrice.

« Surveillez votre tasse, on ne sait jamais, la petite vieille semble avoir une dent contre vous. »

Elle plaisantait bien entendu et se permettait cette petite blague uniquement après avoir observé attentivement les réactions de l’allemand sans quoi elle n’aurait certainement pas pris le risque d’être prise au premier degré malgré l’atmosphère détendue.

L’indécision la frappa quand il lui laissa le choix du sujet. Il était trop tard pour oser imaginer qu’elle pourrait être effacée de la mémoire du pilote dès le lendemain. La discrétion étant impossible autant agir avec naturel et profiter de son ouverture d’esprit pour parler franchement.

« Eh bien je pourrai vous harceler de questions au sujet de votre dragon cependant… »

Elle interrompit sa phrase, son autre café arrivant. Déjà qu’en temps normal la musicienne en consommait deux ou trois sans problème, avec toute cette histoire le chiffre risquait d’augmenter considérablement. Après deux savoureuses gorgées elle reprit.

« Cela me semble la voie de la facilité, et puis, vous devez être agacé à force si on vous questionne systématiquement à ce propos dès que vous mettez un pied à Montreuil. »

Nouvelle pause, la tasse était presque vide à présent.

« Comme vous avez dû le remarquer je semble incapable de faire quoi que ce soit comme tout le monde, autant continuer sur la même lancée. »

Il ne fallait pas non plus que ça se remarque trop et pour le coup, avec sa honteuse gaucherie, la professeure avait été passablement mauvaise, exécrable même.

« Alors que diriez-vous que l’on parle de l’objet de notre désastreuse situation ? »

Elle faisait référence au maudit étui à violon l’ayant fait trébucher par inadvertance. Pourvu que quelqu’un ne l’ait pas récupéré d'ailleurs…
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Mar 9 Mar - 22:40

Peut-être qu'il aurait du garder le silence et se concentrer sur son corps à réchauffer. Même si ses vêtements commençaient à peine, mais vraiment à peine à sécher, il avait encore froid. Même sa chemise qui ne lui collait plus à la peau était glacé. Mais au moins, les pieds et les mains se réchauffaient de la chaleur produites de l'âtre? Un bon point. Ce ne l'empêchait pas de sentir une légère barre se former au niveau de son front. Il allait avoir un rhume demain, c'était certain. Même sûr. Vraiment une journée de malchance !

Il fit un petit rictus amusé à la remarque de la jeune femme. Un risque dangereux qu'aurait couru la vieille dame... Un flieger qui mourrait dans des circonstances étranges, où qui disparaissaient sans laisser de traces ? C'était des morts assurés pour les civils de Montreuil en représailles... Surtout si c'était Hessler qui se retrouvait dans cet engrenage. Mais heureusement, ce n'était qu'une plaisanterie, qu'il prit assez bien, mais ne dit rien pour rajouter à la plaisanterie.

La voie qu'il ouvrait fut comme une aubaine pour la jeune femme, qui paraissait se détendre un peu plus. Hessler était différent et pourtant il connaissait du monde qui aurait rembarré la jeune femme depuis longtemps. Il se permit néanmoins, pendant qu'elle but son café, de hausser un sourcil à son léger sarcasme. Elle devait être encore sous le choc, pour dire une petite maladresse de ce genre. Bah... De toute manière, ce n'était pas bien méchant. Ce n'était pas blessant. Elle décida néanmoins d'axer la conversation sur l'objet de tous leurs malheurs. Son violon qui avait provoqué la perte d'équilibre de la jeune femme.

"Des questions relatives à mon dragon, des fois oui. Mais c'est normal dans un sens, les dragons ont toujours fascinés les hommes depuis des temps lointains. Sinon, c'est porté sur autre chose... "

Il n'allait pas dire quoi, pour ne pas à les subir. Si elle ne connaissait pas son nom de famille, tant mieux, qu'il continue de passer pour un simple pilote.

"Ah oui votre... boîte à violon. J'espère qu'on vous le ramènera. Il est bien le seul qui n'aura pas plongé lui....Je présume que vous savez en jouer... Depuis longtemps ? "
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Mer 10 Mar - 15:11

Liliane se surprit à regretter que les vêtements de l’aviateur aient si vite partiellement séchés et qu’il se soit assis… Se morigénant intérieurement pour ce nouveau dérapage elle commanda un troisième café. C’est d’une oreille attentive qu’elle écouta les réponses de l’allemand, pour la énième fois soulagée de ne pas le voir se formaliser de ses remarques. Sa patience semblait décidément à toute épreuve.

Même si elle avait affecté un désintérêt nonchalant pour les gigantesques reptiles la montroise ne pouvait guère se mentir à elle-même. Comme une écrasante majorité de l’humanité elle était aussi fascinée. Oh que n’aurait-elle pas donné pour ressentir la grisante sensation de liberté, seule dans les airs sans personne pour la juger, avec l’unique complicité d’une créature mythique. Elle aurait été prête à braver son vertige, c’était pour dire. Manque de chance elle était née dans la mauvaise famille et femme de surcroit. Peut-être dans une autre vie…

Le FLieger éveilla par chance sa curiosité, lui permettant de chasser de sombres pensées. Elle brûlait de le questionner afin de lever le voile sur le mystère qu’il venait de poser mais n’en fit rien finalement. Il n’aurait pas été très correct d’insister alors qu’il ne souhaitait visiblement pas s’appesantir sur le sujet, surtout après tous les déboires qu’elle lui avait infligé. La française n’aimait d’ailleurs pas plus entrer dans les détails trop personnels, elle s’arrangeait toujours pour rester dans la superficialité. Il valait clairement mieux continuer de jouer le jeu en respectant les limites qu’ils se posaient mutuellement. Elle répondit donc à sa question.

« En effet, depuis près de vingt ans. »

C’était terrible, dès qu’on abordait un de ses centres d’intérêt la jeune femme était incapable de réprimer un semi-sourire béat qui contrastait avec la rigueur habituelle qu’elle s’imposait dans le choix de ses mimiques.

« Enfin, pour être tout à fait honnête cela ne fait que trois ou quatre années que je prends un réel plaisir à en jouer. Avant c’était plus une habitude un peu contraignante mais bien ancrée. »

Liliane se massa douloureusement le front, l’humidité de sa chevelure commençait sérieusement à lui donner mal au crâne, un peu comme un lendemain de cuite. Tiens, une goutte de gniole dans le café ne lui aurait pas fait de mal.

« Et vous, avez-vous le temps d’entretenir de quelconques activités ne touchant pas à l’armée ? »
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Mer 10 Mar - 15:56

Il se retint de commander lui aussi un autre café. S'il en buvait trop, il ne dormirait pas cette nuit et les cieux seuls savaient qu'il aurait besoin de se reposer après cette plongée forcée. Non pas que c'était un faible, mais une douche froide, surtout quand on continue encore à rester trempé, le corps en prenait un sacré coup. Au moins, avait-il repoussé l'hypothermie, qui est encore plus désastreuse. Non franchement, il préférait l'air glacé de l'altitude. Au moins, il connaissait ce froid là ! Il espérait vraiment ne pas être malade demain, ou avoir mal au crâne, ce serait vraiment la dernière chose qu'il souhaiterait....

Il écouta la jeune femme. Donc vingt d'apprentissage pour jouer du violon et qu'elle commençait seulement à l'apprécier ? Il n'était pas étonnant, même s'il n'était pas mélomane.

"Oui c'est que j'allais dire... Entre les longues phases d'apprentissage où on vous critique à longueur de temps. Vous n'avez plus de pression d'instruction sur les épaules donc vous vous sentez plus libre, vous permettant de mieux apprécier la liberté de jouer de votre instrument"

La musique... On en jouait des fois à la maison... Il n'avait jamais su apprendre, ce n'était pas son truc. Rien n'avait été son truc si ce n'était les dragons depuis qu'il était entré dans les courriers. Son père avait espéré plus pour lui et espérait encore. Mais après tout, il y a un autre Hessler pour redorer le blason. Mais le "papounet" Hessler avait toujours un regard perçant sur son aîné. Peter avait une voie à suivre et il pouvait toujours... Il n'attendait que son bon vouloir. Et par ses connaissances et son passé glorieux, il avait des points de pression ; pour preuve, Hessler n'avait pas pu avoir sa mutation lors des déclenchements de batailles récentes, ce qui avait mis le Lieutenant de mauvaise humeur à ce moment. Mais bon... On apprenait à faire avec, cela n'empêchait pas Peter d'apprécier la présence de son dragon Thuban et d'aimer. Saleté de guerre quand même au passage.

Liliane se massait un peu les tempes. Elle aussi devrait se reposer, mais elle ne semblait pas vouloir lâcher le morceau de conversation. Cela devait être une aubaine pour elle de parler avec un Flieger. Peut-être pour mieux apprendre qui il était réellement. Puis elle lui demanda s'il s'adonnait à d'autres activités que l'armée. Il se contenta de regarder l'intérieur du poêle comme si la chaleur allait le pénétrer plus rapidement.

"Non pas vraiment. Je prends mes loisirs pratiquement dans des sorties quand je peux, pour me détendre un peu. On ne peut pas dire qu'un Flieger a du temps pour se consacrer à autre chose qu'à son dragon et à son devoir. Et en plus...."

Il se tut. Il allait parlé de la guerre, de l'occupation. Elle était française, il n'allait pas remuer le couteau dans la plaie. Il y en avait bien assez à dire à ce sujet.

"Même si s'occuper d'un dragon peut paraître une contrainte, pour moi c'est une forme de loisir. Un dragon est bien supérieur à un cheval ou un chien pour la relation animal-homme....Je pense que je n'étais pas un Flieger, je me serai sans doute adonné à la balade à cheval dans les forêts...."

Simple sans doute pour les activités de loisir, mais il y avait toujours des petits plaisirs, même des plus simples. Puis il ferma les yeux, pour essayer de chasser un peu les impressions de froid qu'il avait encore. Que c'était casse-pied d'être trempé !
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Jeu 11 Mar - 14:45

Retour du sourire niais, brrr il faudrait qu’elle travaille à éradiquer cette spontanéité ridicule.

« Vous avez une bonne compréhension des choses. »

Il y avait peut-être quelques similitudes avec sa propre formation de pilote même si les deux choses étaient aux antipodes. Après tout, en vue de la rareté des dragons, les instructeurs devaient être d’une grande intransigeance avant de faire confiance à un jeunot fraichement sorti de l’école d’officier. Il devait pareillement être difficile d’apprécier un vol avec une telle pression si ce n’était qu’il y avait en plus le risque de la chute lors des entrainements.

Son regard se perdit dans le café fumant qui diffusait une réconfortante chaleur dans ses doigts. Le devoir… un concept plus pervers que glorieux à son sens. La française se sentit soulagée qu’il ne s’engage pas dans un discours sur la guerre. De toute façon elle aurait contourné soigneusement le sujet, comme d’habitude, elle n’avait pas le droit d’émettre une opinion là-dessus, c’était sa règle numéro un. A moins de mentir et Liliane ne s’en sentait pas le cœur.

Faute de pouvoir s’évader physiquement elle le faisait essentiellement mentalement. Ainsi l’enseignante trouvait un exutoire dans l’écriture, publiée ou non, et l’évasion dans la musique. Il y avait deux raisons à son affinité particulière avec le violon. D’une part elle pouvait le transporter facilement et en jouer où bon lui semblait, même dans les endroits les plus incongrus. D’autre part elle appréciait son côté autant populaire que classieux, probablement parce que cette dualité lui rappelait son propre double jeu.

« Oui, j’ai entendu parler de l’intelligence exceptionnelle de ces créatures. Enfin une promenade à cheval peut être très plaisante bien que ça ne soit pas très palpitant. Sauf si la bête prend peur pour une broutille… »

Son coxis se souvenait encore d’une ruade qui l’avait désarçonnée…

Pourquoi un tel acharnement à tenir le crachoir au Flieger ? Eh bien, elle avait tendance à s’accrocher comme une tique dès qu’une personne l’intriguait. C’était honteux mais il s’agissait là de la première fois qu’elle avait la confirmation que, oui, un allemand pouvait être supportable et agréable, même en position de force. En cela elle ne pouvait que le respecter, ça aurait été d’autant plus vrai si elle avait eu connaissance de son ascendance prestigieuse dont il n’abusait point. D’ailleurs la montroise n’aurait jamais accepté de dialoguer dans sa langue maternelle dans le cas inverse. Beaucoup de boches voyaient dans l’emploi de la langue de Goethe un signe de soumission. Dans son esprit cela voulait juste dire qu’elle refusait de souiller la langue française en s’adressant à eux avec cette dernière, il s’agissait d’une insulte indirecte la plupart du temps.

Liliane déclara avec un sourire d’excuse.

« Je vous retiens égoïstement alors que vous feriez mieux de rentrer, si vous ne vous changez pas vous risquez d’être malade. »

Si ce n’était pas déjà trop tard. Ses propres migraines allaient en empirant.

« Quelqu’un est peut-être revenu à la maison à présent et pourra m’ouvrir. Je doute que vous puissiez rentrer dans un des costumes de mon père, il est loin d’être un géant, mais un de ses manteaux pourrait éventuellement vous aller à peu près sans vous donner un air trop ridicule. »
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Allemand
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MessageSujet: Re: Au bord de l'eau [lundi 12 mai]   Ven 12 Mar - 0:35

Il écoutait toujours, même s'il commençait à se perdre un peu dans le vague, il ne s'en rendait pas vraiment compte. Dans cette discussion, il arbordait d'autres sujets, une autre conversation qu'il avait pour habitude d'avoir. Pour une fois qu'on ne parlait pas mission, uniforme, ou encore de la prochaine soirée chez un tel ou un tel, avec quelle femme à son bras... Il naviguait dans un monde qui était tel qu'il était difficile de faire et parler d'autre chose, surtout dans le contexte de la guerre et de l'occupation de la France ; très mal perçue. Et pourtant, il était là à discuter avec une Française, parlant dans sa langue natale de tout et de rien, alors qu'ils avaient fait un plongeon dans l'eau de la Fresne. Heureusement qu'aucune patrouille n'était passée à ce moment là. Bah au pire, il aurait joué de son galon pour les envoyer paître ailleurs et aurait fait un rapport pour justifier l'accident et rien de plus... Ou alors dire qu'il avait juste glissé dans l'eau... Mais bon, c'était fait, il n'allait pas ressasser à ce sujet. La jeune musicienne y arrivait bien elle.

Elle avait déjà monté à ce qu'elle affirmait, confirmant elle-aussi que les chevaux étaient très peureux. Visiblement, elle avait du connaître quelques chutes pour le dire. Lui aussi avait fait quelques chutes dans sa jeunesse. Mais on apprenait comme cela, comprenant pourquoi pour ne plus rencontrer durement le sol à nouveau. Mais un dragon, ce n'était pas vraiment la même chose. Si un pilote tombait et s'il était trop bas pour ouvrir son parachute, c'était la mort assurée, sauf si son dragon savait le rattraper à temps. Mais fallait-il en avoir du temps... Et des morts par chute, il y en avait eu, quand les harnais n'étaient pas sanglés ou quand ils se brisaient, faute d'entretien.

"Les dragons eux aussi peuvent avoir peur...."

Mais pour des raisons bien plus diverses et variées ; il n'allait pas s'étendre sur le sujet. Liliane en abordait un autre. C'était vrai qu'il fallait songer à rentrer

"Je vous remercie de votre gentillesse, mais je n'ai pas à m'imposer. Je vais encore me sécher un peu ici avant de repartir. "

Il s'était passé entre temps une main sur le visage. Il sentait que la peau était encore froide. Bon Sang ! Pourtant, il avait l'impression d'avoir moins de tremblements, d'être plus réchauffé.

"Une douche chaude, une bonne nuit de repos et un café pour le réveil du lendemain et ce sera bien. Pas de risque d'avoir un rhume..."

Mais oui c'est cela... Mentir était bien une chose qu'il ne savait pas faire sauf dans des cas précis, mais là c'était détourné le mensonge en un fait plus proche de la réalité, qui était plus acceptable. La jeune musicienne lui proposa de passer par chez elle pour récupérer un manteau... Ce n'était pas par fierté, mais par respect pour Liliane. Un allemand qui entrait dans une demeure; où logeait un français et c'était là encore le risque d'être fiché par les siens....Il ne voulait pas imposer ces ragots là à Liliane. Même s'il aurait pu mettre plus dans la franchise, mais là aussi, il n'était pas doué...
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Au bord de l'eau [lundi 12 mai]

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