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Le train sifflera trois fois [Mercredi 14 mai]

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Allemand

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MessageSujet: Re: Le train sifflera trois fois [Mercredi 14 mai]   Mer 10 Mar - 17:15

Et bien soit. Si Krüger voulait un récit des évènements, il l'aurait. Witsenhausen prit la chaise. Il déposa sa casquette sur les genoux, s'éclaircit la gorge. Il allait devoir être clair, pas trop acerbe, mais suffisamment perfide pour que des retombées néfastes écrasent ce chien galeux de Siedler.

"Et bien, Oberst Krüger, habituellement il me déplait forement de parler, en termes peu élogieux, de quelqu'un qui est absent. Mais là, force est d'avouer que ce Siedler m'y oblige..."


Mais soyons structuré. Avant la diatribe, une question restait en suspens.

"En parlant de casser du sucre. Ce sera deux. Dans du café, vous prie-je. Et si jamais quelques biscuits à la cannelle trainent par là, ce sera avec grand plaisir."


La Wehrmacht avait toujours su recevoir. Il ne faisait aucun doute que les meilleures gourmandises de la ville étaient accessibles en quelques secondes. Elias avait toujours eu un faible pour la cannelle. Moins pour le café. Le sucre aiderait. Bref...

"Bon... Siedler... Premièrement, j'ai été fort surpris de le voir se jeter à ma gorge dès la sortie du train. Ne voyez pas là une critique, Oberst, mais j'aurais préféré plus de discrétion. La Gestapo n'avait pas besoin de savoir immédiatement mon appartenance à l'Abwher..."


Pour Witsenhausen, la fuite ne pouvait venir que de Krüger. Le commandement de l'Abwher, à Berlin, échappait assurément aux yeux et aux oreilles impudiques de ces SS. Du moins, les pontes du service, aimaient-ils à le croire...

"J'ai l'impression que ce jeune officier s'est senti menacé par ma présence. Il doit avoir quelques petites affaires avec les autochtones, et s'inquiète de me voir débouler, avec mon équipe, dans son petit royaume... Car c'est vraiment la sensation que j'ai eu. Un royaume. Il se voit déjà couronné. D'après son discours, il fait ici ce qu'il veut (ou presque).

L'air du coin, peut-être, lui fait tourner la tête... Aussi, lorsqu'il en est venu aux menaces, dont la teneur était (et pardonnez mon langage) : "ne fourre pas ton nez dans mes affaires, ou je fais en sorte de te renvoyer en Allemagne", j'ai vu rouge...

Je l'ai gentiment remis à sa place, sans violence aucune. Ce petit freluquet devrait apprendre à rester poli et courtois en présence d'officiers de la Wehrmacht. En tous cas, il est bien tombé, avec moi."


Elias, le redresseur de torts, le civilisateur, l'humaniste qui réussira à refaire l'éducation de ces sauvages de SS.

"Enfin bref. Nous avons eu une discussion claire. Je pense qu'il ne se risquera pas dans une nouvelle pitoyable tentative d'intimidation. J'en ai déjà croisé pléthore de petits branleurs mal éduqués. Je les ai tous maté."

Elias laissa échapper un petit sourire d'auto-satisfaction empli d'assurance. Oui, il le materait aussi. A la cravache s'il le fallait.
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MessageSujet: Re: Le train sifflera trois fois [Mercredi 14 mai]   Mer 10 Mar - 18:53


Oberst Klaus Krüger

Krüger attentif patiemment que l'officier ai terminé, ne l'interrompant que pour commander le café et demander par l'interphone si la secrétaire pouvait trouver les biscuits demandés. Il n'avait pas vraiment de goût pour la cannelle mais savait que certains personnes s'amollissaient considérablement quand elles avaient sous la dent quelque chose qui leur plaisait. En l'occurrence, l'Oberstleutnant ne pourrait que bénéficier de ce genre de sucreries.
Et s'il avait dû répondre, s'aurait été par des "ah" assez peu optimistes.

Il s'octroya plusieurs très longues secondes de réflexion avant de répondre lorsque Wistenhausen eu terminé, le temps d'organiser sa réponse.

"Pour vous parler franchement," et plutôt lentement, il marchait sur des oeufs : "Oberstleutnant, j'ai informé l'Hautpsturmführer Siedler de votre arrivée, mais en temps qu'administratif envoyé pour une étude des rapports entre la Luftwaffe et la Wehrmacht à Montreuil. La fuite ne vient pas de moi ; j'ai également du mal à imaginer l'Obestleutnant Wienke lui annonçant votre arrivée. Seul mon aide de camp était au courant et c'est un homme fiable... soit Siedler a reçu l'information de Berlin, soit quelqu'un le lui à dit à Sarnand."

Il recula un peu dans sa chaise et croisa les bras, pensif.

"La seule personne qui me parait problématique à Sarnand est le Major Klegerman. C'est un fanatique et étant donné -sans vouloir vous vexer- la réputation de certains membres de l'Abwehr, il a peut être pensé qu'il était nécessaire d'informer Siedler. Il est du genre à aimer emmerder le monde, pour dire ça crument."

Mais fort justement : l'individus ne donnait pas envie à Wienke de faire preuve de politesse.

"Le problème est que si Siedler a été informé par Berlin, il risque d'être couvert par ses supérieurs. L'autre problème est que nous avons également intérêt à ce que Siedler, non seulement reste, mais soit satisfait de la situation."


Il leva les mains et présenta les paumes, geste défensif pour que l'Oberstleutnant ne prenne pas la mouche avant qu'il ne se soit expliqué.

"Vous avez sans doute raison sur le fait que Siedler s'est sentit menacé par vous. En fait, Siedler est du genre à se sentir menacé par un peu tout le monde. Je ne crois pas qu'il soit paranoiaque, il est juste craintif. Le problème est que son adjoint, l'Hautpsturmführer Kurz, serait le plus à même de faire faire des bêtises à Siedler si on le laissait faire. D'après ce que je sais Siedler ne vient pas de la Gestapo ou du contre espionnage à proprement parler, c'est un fonctionnaire basique qui pense que moins il a de travail, mieux c'est, et le meilleur moyen de ne pas en avoir est de ne pas ennuyer la population. Il n'est pas foncièrement violent et il est prêt à des compromis, en particulier parce qu'il n'écoute pas ses collègues en priorité mais les gens qui fréquent le café de Madame Manon -c'est à dire mes officiers."


Il s'interrompit le temps que la secrétaire dépose deux tasses de café et les gâteaux. Non que Krüger n'ai pas confiance en elle, mais les femmes avaient la langue lâche et il ne voulait pas que ce genre de discutions traversent la rue Carnot vers le QG du SD.

"Le problème que nous avons avec cette dispute est que si Siedler se sent rejeté par les officiers de la Wehrmacht, on peut estimer que, disons... 90% que la politique locale du SD sera définie par Kurz, ce qui non seulement serait problématique pour la paix civile, mais risquerait de l'être aussi pour votre enquête."

Un maigre sourire, avec un air d'excuse.

"Vous voyez où je veux en venir ?"
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Allemand

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MessageSujet: Re: Le train sifflera trois fois [Mercredi 14 mai]   Lun 15 Mar - 17:38

Witsenhausen écouta les propos, fort diplomates de Krüger, sans l'interrompre. Même si l'envie de la faire le démangea plus d'une fois. Vouloir ainsi déployer une kyrielle d'efforts pour ne pas brusquer un petit con de la SD, dépassait quelque peu Elias. Décidément, malgré la guerre, l'influence des SS prenait toujours plus de place, même en France. Voilà qui énervait très franchement le nouveau venu.

Mais il n'était guère opportun de faire un esclandre sur le sujet, quelques heures seulement après son arrivée.

"Je pense pouvoir imaginer la difficulté qu'est de garder cette ville calme. Et je ne parle pas seulement des autochtones. Gestapo, Luftwaffe, Heer, Abwehr, et j'en passe... Sacré foutoir.

Je ne puis pas encore porter un regard clair sur la situation, aussi, je fais évidemment confiance en votre jugement. Alors quand cet abruti de Siedler viendra pleurer ici, faites ce que vous avez à faire. Promettez-lui que vous allez avoir une discussion franche et autoritaire avec moi. Que vous me remettrez à ma place... Bref, ce que vous avez à faire.

Je ne suis pas là pour perturber votre travail, Oberst Krüger, croyez-le. Je suis là, pour faire le mien."


Désireux de ne pas passer pour un perturbateur ou un véritable emmerdeur, Elias utilisait un ton rassurant. Il marqua une pause pour avaler une gorgée de café (surement encore trop chaud, au regard de sa grimace)...

"Bref. Je n'irai pas chercher des noises aux SS pour le plaisir. Je ne vous cacherai pas une certaine inimitié pour ces gens-là, mais je leur reconnais quelques qualités utiles. Et puis, je suis quelqu'un de raisonnable. Je peux travailler avec eux sans qu'il y ait d'histoires...

Encore une fois, je ne suis pas là pour perturber votre travail."


Bien marteler pour rassurer son interlocuteur. Elias, délaissant le café fumant, attrapa un biscuit qu'il engloutit rapidement.

"Excellents... Les biscuits... Ah, la cannelle..."


Witsenhausen accorda, sur ces mots, un sourire à Krüger. Ils étaient plutôt rares chez lui. Et celui-là faisait partie de son opération : "fais-toi bien voir"...
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MessageSujet: Re: Le train sifflera trois fois [Mercredi 14 mai]   Mar 16 Mar - 20:29


Oberst Klaus Krüger

"Je n'en doute pas, Oberstleutnant. J'ai toute confiance dans les services de l'Abwehr et je ne pense pas qu'ils m'enverrais un homme incapable de saisir la finesse de la situation."


Sourire ; à voir la tête de son vis à vis, il allait attendre un peu avant de se brûler sur le café : il avait encore besoin de sa langue.

"Je vous apporterai également toute l'aide qui pourrait vous être nécessaire, cela va de soi. Je ferai mon possible pour régler votre petit problème avec Siedler -après tout, ses services pourraient vous être utiles, on ne sait jamais-, et si vous souhaitez faire des demandes à l'Armée française sans le faire sous votre nom... en bref, si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous pouvez me faire confiance."

Cette fois, il tenta le coup pour le café, juste une petite gorgée. Juste la bonne température mais, malheureusement, ils n'allaient pas attendre toute la nuit qu'il ai fini de siroter.

"Je vous ai déjà fait faire tous les Ausweis nécessaires pour la région, incluant la base de Sarnand. On m'a informé que vos aides arriveraient dans la journée de demain. D'ici là mon aide de camp vous aidera à vous installer. Je dois avoir l'adresse de votre hôte -hôtesse, pardon, très jolie à ce que j'ai entendu dire-,"
dit-il en commençant à fouiller dans ses papiers. "Ils sont prévenus qu'ils doivent attendre quelqu'un pour cette semaine, mais ils ont annoncés qu'ils ne seraient pas présent aujourd'hui avant une heure avancée pour des impératifs professionnels. Si vous le souhaitez, nous pourrons mettre ce temps à profit pour vous présenter à mes officiers et à Madame Manon. Comme je vous l'ai dis, elle est la gérante de notre coin habituel. D'ici là, si vous le souhaitez, je peux l'appeler et lui demander de vous réserver une chambre pour cette après midi et ce soir, que vous puissiez vous délasser.
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MessageSujet: Re: Le train sifflera trois fois [Mercredi 14 mai]   Jeu 25 Mar - 21:26

La rencontre semblait toucher à sa fin. Sympathique interlocuteur que ce Krüger, pensa l'officier de l'Abwehr. Les gâteaux à la cannelle n'étaient, assurément, pas étrangers à ce jugement. Elias songeait même à en demander la marque à la secrétaire, quand une nouvelle révélation attira toute son attention. Son hôtesse... Très jolie...

Il n'aurait donc pas droit au couple de vieillards dévoués. Dans l'esprit d'Elias la beauté était intimement liée à la jeunesse. Voilà qui le laissait songeur. Il lui faudrait trouver de quoi alimenter un minimum les conversations, durant les dîners. Mais de quoi diantre aimait parler une jeune française? Elias ne s'intéressait pas la mode, et ne connaissait aucun chanteur français. Il n'aimait pas particulièrement les animaux et ne saurait distinguer le fond de teint d'un fard à paupière... Sale nouvelle...

"Bien, bien..."

Et la cave richement achalandée? Une jeune française disposait-elle d'une telle pièce? Certainement pas... Witsenhausen regrettait déjà son couple de vieux. Mais il n'était pas l'heure de s'apitoyer sur son triste sort !

"Je ne refuse pas, Oberst, une visite de ce fameux établissement, dont décidément tout le monde me parle. Un peu de sommeil me ferait grand bien. Et rencontrer vos Officiers ne peut être qu'intéressant."

Elias attrapa sa casquette. Sur le pied de guerre pour rallier le restaurant-hôtel-cabaret-boxon de cette étrange Madame Manon. D'ailleurs, ce nom de mère-maquerelle, digne d'un film de Carmé ou de Renoir, ne manquait pas de faire sourire Elias. Oh, tiens... Carmé, Renoir... Allégret et Duvivier. Voilà de quoi pourrait parler Witsenhausen. Une jeune française devait apprécier le cinéma. Et justement, l'Allemand était cinéphile. Le sourire devint éclatant...
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MessageSujet: Re: Le train sifflera trois fois [Mercredi 14 mai]   Dim 28 Mar - 23:20


Oberst Klaus Krüger

Krüger aurait sans doute éclaté de rire s'il avait entendu penser l'Oberstleutnant. La plupart des officiers qu'il connaissait croisaient les doigts pour partager le toit d'une belle et douce mademoiselle -après tout, les Françaises n'étaient-elles pas connues pour le charme ?-, aussi entendre quelqu'un penser franchement qu'il préférerait un couple de vieillards ridés avait de quoi faire sourire.

"Très bien ! J'espère que vous m'excuserez de ne pas vous accompagner, mais je suis censé rester au moins jusqu'à la fin de mon service. Mon aide de camp vous accompagnera, plutôt ; cela vous permettra de faire connaissance puisque vous aurez peut être besoin de ses services un jour ou l'autre. Je vous rejoindrai ce soir pour le dîner."

Finalement, ça ne s'était pas si mal passé... voire même bien passé puisque l'officier l'avait officiellement autorisé à aller calmer leur gestapiste préféré. Toute cette affaire ne devait qu'être un lamentable quiproquo, à moins que Witsenhausen ne cache bien son jeu : un type correct comme lui pouvait difficilement s'engueuler avec avec le gars le plus timide des environs sans que ce ne soit la faute à pas de chance.

Il se leva et serra la main de l'officier avant de le raccompagner à la porte, un dernier au revoir aux lèvres avant le dîner, tout en notant dans la case "personnes utiles" => "informations utiles" son goût pour le café et les gâteaux.

On ne sait jamais, ça pouvait toujours servir.


[Fini pour moi !]
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