Convocation étrange [15 mai 41]


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Convocation étrange [15 mai 41]

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Allemand

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MessageSujet: Convocation étrange [15 mai 41]   Dim 28 Fév - 22:36

Wolfgang boitait, c'était certainement la chose la plus visible dans sa démarche. Mais il était habillé de pied en cap et il avait un léger sourire sur les lèvres alors qu'il marchait dans les rues de Montreuil. Tel qu'il le sentait, il était convoqué au siège de la Wehrmacht pour ses hauts faits d'armes ! Pas qu'il en ait fait beaucoup, mais il avait dû en faire tout de même sinon il n'y avait aucune raison à ce qu'il soit convoqué sinon.

Il vérifia son uniforme dans un carreau à coté de la maison qui tenait lieu de siège à ses demandeurs et il replaça un pli avant de se présenter au garde en faction.

" Flieger der Luftpost, Wolfgang Abendroth, j'ai été demandé. "

L'homme regarda son registre et lui fit signe de passer. Pas un mot supplémentaire, pas un sourire, à croire qu'il était comme ça avec tout le monde. Il allait bien finir par savoir ce qu'il avait fait pour être demandé.

En tout cas, quand il se présenta à la secrétaire de l'accueil, celle-ci sembla ravie de le voir et elle lui indiqua un siège à côté d'une porte fermée. Il s'installa sans un mot, attendant de savoir ce qui allait se passer.

Tout ce qu'il pouvait entendre c'était des bribes de phrase. Un homme qui parlait fort, vite et dans un mélange français allemand assez déconcertant qui donnait la réplique à une voix plus militaire.

" Ce sera le point culminant de nos actions..."

Il ne comprenait pas le reste, mais en tout cas il sentait que s'il était là c'était pour la grandeur de l'Allemagne et pour sa gloire ! Et en plus grâce à sa future renommée, il aurait certainement une promotion.

Il ne s'attendait certainement pas aux arrivées suivantes...
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Dim 28 Fév - 23:03

Arrivé la veille, et encore en phase d'installation, Witsenhausen s'était vu remettre une sombre convocation. Il avait eu beau questionner le jeune militaire qui lui avait transmis le bout de papier, il n'avait aucune idée de quoi il retournait.

C'est donc passablement irrité qu'il rejoignait le QG de la Wehrmacht. Les bottes du garde claquèrent, et le salut était parfait. Elias entra dans le bâtiment en retirant sa casquette, pour déposer sans ménagement la convocation sur le bureau de la secrétaire. Il ne prit pas la peine de lui indiquer que ce genre de message flou n'était pas de son goût, et qu'il avait beaucoup de travail en ce moment. Il exposerait tout ceci au crétin qui était derrière tout cela. Un signe de la main lui indiqua qu'il était invité à poireauter devant une porte close.

Witsenhausen prit patience, puis place sur une chaise à côté du militaire déjà présent. En voilà un qui attendrait encore plus longtemps. Le privilège du grade pour Witsenhausen qui se disait qu'il serait reçu avant le pilote. En attendant que la porte s'ouvre, Elias enlevait délicatement ses gains.
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Lun 1 Mar - 0:44

Depuis cinq bonnes minutes, Camille tournait et retournait entre ses doigts le carré de papier blanc où s’étalait, typographiée nettement, une convocation au siège de la Wehrmacht. Il relut pour la cinquantième fois le nom de l’en-tête. C’était bien le sien. Mais bon sang, que pouvait bien lui vouloir l’armée allemande ? Il ne dépendait que de l’Armée de l’Air, et à sa connaissance on n’avait pas encore mis d’accord les officiers sur un commandement commun.

Ça avait peut-être un rapport avec son relativement récent accrochage avec un Flieger… Wolfgang Abendroth. Mais si l’affaire était remontée jusqu’au QG militaire allemand, c’était carrément mauvais signe. Il poussa un soupir désabusé. Rien ne servait de tergiverser, il fallait y aller.

Le temps d’enfiler sa vareuse d’uniforme, de se passer un coup de peigne histoire d’être présentable et d’ajuster son chapeau, et il prenait le téléphérique pour descendre en ville. Cet engin était une hérésie à ses yeux de pilote, tout juste bonne pour les civils cloués au sol. Ça serait allé tellement plus vite avec Orphée… Mais le Porte-drapeau ne l’accompagnerait pas, cette fois là.

Il se dirigea instinctivement vers la rue principale. Il connaissait bien la ville, depuis le temps qu’il y vivait. Même si depuis son engagement, il avait moins l’occasion de passer dans ces rues, elles lui étaient familières pour la plupart. L’inscription en allemand au-dessus de la porte d’entrée ne lui en paraissait que plus étrangère.

Il entra, sa convocation à la main, jeta un regard à la secrétaire de l’accueil et lui sourit civilement, masquant sa curiosité et ses questions quant à la raison de sa présence ici.

- Caporal Camille Libberecht. Voici ma convocation.

Il lui fut répondu en français mais avec un accent qui accrochait autant que si la jeune femme avait eu la grippe. Sans perdre sa contenance, il se dirigea vers les sièges indiqués, même s’il n’avait toujours aucune idée de ce qu’on lui voulait.

Mais en voyant les deux militaires déjà assis, son cœur rata un battement. Allemands, déjà. Tous les deux. Le plus grand était nettement plus gradé que lui, de la Luftwaffe, et avait un petit air pincé qui disait qu’il aurait aimé être ailleurs. Mais c’est le plus jeune qui fit tiquer Camille. Wolfgang. Si lui aussi était là, ça triplait les chances que leurs petits règlements de compte aient eu des répercussions en haut lieu…

Il déglutit et brisa son immobilisme, qui n’avait pourtant pas duré plus d’une fraction de seconde. Il adressa un regard glacial au Flieger, si ça avait un rapport avec lui, c’était clairement de sa faute s’il était dans de sales draps. Un salut léger, exécuté avec détachement vers l’officier, marqua seul le respect qu’il devait à un supérieur.

Il s’assit sans heurt sur une chaise dure en face des deux autres, s’appuya au dossier et prit son mal en patience. Quoiqu’ils lui veuillent, il était prêt à l’affronter. Et si c’était à cause de Wolfgang, il regretterait de ne pas l’avoir davantage amoché quand il en avait l’occasion.
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Lun 1 Mar - 3:49

Liliane était en plein cours à l’institution Sainte-Marie des Anges lorsque l’on toqua à la porte de la salle de classe. Une bonne sœur pénétra hâtivement dans la pièce et lui expliqua qu’elle s’occuperait de la surveillance des élèves pour le reste de l’heure : on l’attendait dehors. Passablement irritée d’être ainsi interrompue et expulsée la montroise rangea sèchement ses affaires et prit sur elle pour ne pas claquer la porte en sortant. Sa colère retomba comme un soufflet lorsqu’on lui colla une convocation au siège de la Wehrmacht entre les mains sans la moindre explication.

Le sort s’acharnait, à ce rythme-là elle allait finir cardiaque comme son défunt mari. Cela faisait trop de chamboulements en peu de temps et ça ne lui plaisait pas du tout. Quoi que, avec un peu de chance il s’agissait peut-être simplement d’un caprice de leur nouveau locataire trop occupé pour se déplacer. Non, ça ne tenait pas vraiment la route. Et si… une peur panique commença à la submerger. Stop ! Il fallait absolument qu’elle cesse de se faire des films dès qu’un évènement sortant de l’ordinaire se produisait.

Allez, respire un bon coup tout va bien se passer, il est probablement question d’une simple broutille.

La professeure avait du mal à croire en ses propres pensées positives mais se rasséréna tout de même du mieux qu’elle le put. Elle troqua sa sacoche contre son sac-à-main et s’engagea dans la rue. Elle connaissait le chemin même si c’était sa première – et dernière elle l’espérait – visite.

Au lieu de trainer afin de repousser au maximum l’échéance elle préféra largement accélérer l’allure, histoire d’être débarrassée au plus vite des affres du doute. Bien qu’un peu pâlotte, elle s’exprima en allemand d’une voix claire sans bafouiller à l’entrée puis à l’accueil. Liliane fut presque étonnée qu’on ne la congédie pas en lui expliquant qu’il y avait eu erreur. Dommage. Une fois informée elle rangea soigneusement la convocation dans son sac sans quoi elle avait la certitude qu’elle aurait plié, replié encore et encore le papier nerveusement pour faire passer le temps.

Elle fixa dès lors ostensiblement le sol. C’était clair, la jeune femme ne souhaitait d’aucune façon qu’on lui adresse parole, elle n’était vraiment pas d’humeur frivole. D’autre part elle jugeait que son inattention ne lui avait déjà valu que trop de chutes. La veuve s’imagina un instant en train de s’étaler lamentablement en plein milieu de la pièce… non en fait elle ne préférait pas visualiser la scène. Elle évita pareillement de regarder les personnes déjà assises, il n’aurait plus manqué qu’elle vexe un Fritz un peu chatouilleux pour l’avoir dévisagé une seconde de trop. La contemplation de ses genoux lui paraissait beaucoup plus raisonnable à vrai dire. Il ne lui restait plus qu’à tendre l’oreille et à attendre.

Française et civile, décidément elle ne se sentait vraiment pas à sa place ici…
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Lun 1 Mar - 15:36

Claquement de talon et tête dressée, Wolfgang salua le nouvel arrivant avec toute la rigueur militaire qu'il possédait. Et quand il voulait se faire bien voir par quelqu'un, il possédait une très grande rigueur militaire. Il était peu probable que l'homme trouve quoi que ce soit à redire à son salut ou à sa tenue.

" Oberstleutnant !"

Puis, quand l'homme fut assis, il reprit sa place sans plus un mot, on lui avait dit de s'asseoir donc il n'était certainement pas obligé d'être debout. Plus il réfléchissait, plus il se demandait ce qu'il faisait là et quand il vit qui était la personne suivante à s'approcher, il eut un sourire victorieux aux lèvres. Enfin ce français allait être puni pour son arrogance et son insolence. Et il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même parce que Wolfgang n'avait rien dit !

Pour lui montrer combien il était fier de sa victoire imminente, il répéta le même mouvement devant Camille, après tout, il était lui aussi plus gradé que Wolfgang. Donc un claquement de talon et un salut plus tard, on entendit distinctement.

" Caporal ! "

Dans un français assez peu teinté d'accent allemand finalement. Car ces termes étaient assez familiers pour qu'il les connaisse bien et qu'il ait perdu une part de son accent en les prononçant.

La jeune femme qui entra ensuite lui était par contre totalement inconnue, mais elle n'était pas dénuée de certains attraits et il la salua d'un sourire et d'un signe de tête. Car à voir son visage, elle ne devait pas être allemande et elle n'était certainement pas à l'aise en ce lieu.

La secrétaire se leva et frappa à la porte du bureau, annonçant aux occupants :

" Ils sont tous arrivés. "

Elle retourna alors à sa place, pendant qu'un militaire sortait, un grand, que dis-je un énorme sourire aux lèvres. Il était suivi par un autre militaire, nettement moins souriant et qu'on pouvait identifier comme le commandant en second de la Wehrmacht à Montreuil. Wolfgang se leva et salua les deux hommes qui lui rendirent son salut. Le plus souriant avec une décontraction manifeste.

Ce fut lui qui prit la parole avec un grand sourire mais un ton qui n'admettait aucune contradiction. Il parla tout d'abord en allemand, puis en français (HJ :je ne mets le texte qu'une fois).

" Je suis le Major Hernst Jungen, délégué par le ministre Goebbels pour montrer la bonne entente entre nos deux patries. Suivez moi dans le bureau madame, messieurs, je vais tout vous expliquer. "

Wolfgang attendit que tous les autres soient entrés pour en faire autant, mais il avait déjà vu LA caméra dans l'angle du bureau et ça ne lui disait rien qui vaille. En tout cas, il sentait que la journée allait être longue et pénible s'il devait montrer combien il aimait les français. Surtout qu'il lui semblait que le Major refuserait toute dérobade sous un prétexte aussi fallacieux que celui qu'il ne pouvait pas supporter l'arrogance de Camille. Le dégout ça comptait comme signe de bonne entente ?
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Lun 1 Mar - 20:08

Le salut, définitivement irréprochable, du pilote allemand eut le don de plaire à Witsenhausen, qui le rendit avec force de précisions. Voilà qui le changeait des rustauds de la Gestapo qu'il avait côtoyé la veille. Et c'est emplit d'une profonde fierté, celle d'appartenir à une armée prestigieuse, discipliné et victorieuse, qu'il prit place.

Rapidement, ce fut au tour d'un pilote français de se présenter. Un salut souffrant terriblement de la comparaison avec le premier. Elias y répondit tout de même. Voilà qui apportait de l'eau à son moulin. Cette scène suffisait à comprendre pourquoi l'Armée Allemande avait écrasé la française en si peu de temps. Le manque de discipline, c'était évident.

L'arrivée de la jeune dame blonde, visiblement fort timide et vraiment mal-à-l'aise, tira Elias de ses pensées à la gloire de la Wehrmacht. Certainement une jeune Française venant quémander un quelconque travail administratif. Force est d'avouer qu'elle avait une agréable frimousse. Posée derrière un bureau, elle ferait parfaitement l'affaire.

Tout ce monde... Voilà qui intriguait l'Officier Supérieur. Y avait-il donc plusieurs bureaux derrière cette porte? La réponse ne tarda pas. Witsenhausen se leva pour saluer avec enthousiasme. Rapidement, sa mine se décomposa.

L'associer, lui, à une opération de propagande? Il ne pouvait y croire. C'était d'ailleurs tout bonnement impossible. Il regarda une nouvelle fois les hommes et la femme qui attendaient là. Puis son regard interrogatif se porta vers les deux officiers. Non... En fixant le Commandement en second :

"Pardonnez-moi, Major. Je suis l'Oberstleutnant Witsenhausen. J'avais rendez-vous ici-même, certainement, avec vous, Major. Ne peut-on pas se voir immédiatement, vous prie-je? Mon emploi du temps est chargé."

Elias ne pouvant pas s'imaginer qu'il était invité à participer à la mascarade nazi, se persuadait qu'il était prévu qu'on le reçoive après, seul, pour un tout autre sujet. Or, attendre sur cette chaise l'embêtait quelque peu. Les acteurs attendront, se disait-il...
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Mar 2 Mar - 1:21

Camille salua d’un sourire où perçait une pointe de malice la jolie femme qui vint les rejoindre devant la porte close, l’air très mal à l’aise. Elle avait parlé en allemand à l’accueil, mais un léger accent trahissait sa nationalité. Il lui jeta un regard curieux. Elle était manifestement civile, et il commençait à penser que la Wehrmacht avait de drôles de façons d’envoyer ses convocations.

Il n’eut pas le loisir de s’étendre sur ses réflexions avant que la fameuse porte ne s’ouvre. Sur deux officiers qui firent presque instantanément bondir Camille de sa chaise, très droit, en exécutant un salut militaire parfaitement net. Non, il ne manquait pas de discipline. Seulement, il ne l’appliquait rigoureusement que lorsqu’il le jugeait utile. Ses relations avec la Luftwaffe se bornaient à une froide reconnaissance de leur qualité militaire, mais il ne dépendait d’eux en aucun cas. En revanche, non seulement les deux gradés qui venaient d’apparaître lui étaient infiniment supérieurs, mais encore ils l’avaient convoqué. Deux excellentes raisons de ne pas commettre d’impair.

Mais à l’énoncé bilingue de la raison de leur présence ici, seule sa longue habitude de discipline permit à Camille de conserver un visage impassible. Intérieurement, il se sentit frémir. Si la phrase n’avait pas été répétée en français, il se serait demandé s’il n’avait pas fait une erreur de traduction.

La bonne entente entre nos deux patries ?

De deux choses l’une : soit ces types étaient des guignols finis qui n’avaient pas percuté qu’il y avait eu une guerre, il n’y avait pas si longtemps, soit c’étaient des bouchers avec des mines d’enfants de chœur qui avaient dans la tête Dieu savait quelle machination diabolique destinée à humilier un peu plus la nation française. Dans les deux cas, il était sûr que ça n’allait pas lui plaire. Vraiment pas.

Quant à la simple pensée qu’on puisse faire appel à Wolfgang, et à lui-même, pour ce genre de mascarade, cela témoignait que ces officiers-là n’avaient certainement aucune idée de leurs antécédents. Ou alors ils avaient un humour très particulier. Camille se mura derrière un masque inexpressif et un silence prudent qui se voulait poli. S’ils n’avaient fouillé ni dans son dossier, ni dans les échos qui pouvaient filtrer de Sarnand, ce n’était pas lui qui allait les lancer sur ce genre de piste.

La réaction de l’Oberstleutnant, malgré des tournures ampoulées qui obligeaient Camille à se focaliser sur sa phrase pour la comprendre, décriait son incompréhension encore plus clairement que le silence obstiné du pilote ou le regard dégoûté du Flieger. Au moins, il n’était pas le seul à trouver la situation ridiculement décalée, compte tenu des forces en présence…

Il se retint de jeter un coup d’œil à sa malheureuse compatriote. Il ne la connaissait pas, mais aurait aimé en savoir plus sur le moment, sur celle que le sort avait désigné pour l’accompagner dans la gueule du loup. Son expression désorientée lui faisait penser qu’elle aurait difficilement son mot à dire, surtout en compagnie aussi masculine et aussi bardée d’insignes militaires.

Le visage toujours neutre, il entra résolument dans le petit bureau. Autant en finir rapidement avec cette affaire qui tournait à la farce d’un goût franchement douteux.
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Mar 2 Mar - 15:57

Liliane abandonna rapidement sa résolution et osa un petit coup d’œil aux personnes présentes. Deux allemands et un français, tous militaires sans surprise. Bon au moins elle ne décela pas d’animosité à son égard ce qui eut pour effet de la détendre un peu. La mine stoïque, elle observa en silence l’arrivée des deux hommes à l’origine de la petite l’assemblée. Cela faisait au total trois personnages bien trop gradés à son goût, de quoi faire revenir son malaise au grand galop, d’autant plus qu’elle n’avait aucune idée de l’attitude à adopter. La montroise se contenta de sourire en priant intérieurement pour qu’on l’oublie. Ces derniers temps elle avait l’impression de parler plus souvent la langue de l’occupant que le français, elle apprécia donc la translation mais déchanta bien vite lorsqu’elle saisit la teneur du message.

Une sonnette d’alarme s’activa immédiatement dans son esprit. Cette histoire sentait vraiment très mauvais, s’il existait bel et bien un dieu il devait assurément follement s’amuser de là-haut. Raaah elle était coincée, impossible de se défiler à présent. Et si elle simulait un malaise et se faisait porter pâle ? Les militaires n’étaient pas réputés pour leur haute opinion des femmes, le mot « faiblesse » revenait souvent dans leur bouche, c’était l’occasion d’en jouer. Quoi que, même si le bonhomme avait l’air d’un parfait crétin il était peu raisonnable de trop tirer inconsciemment sur la corde, elle pourrait toujours faire son cinéma un peu plus tard dès qu’elle aurait une meilleure idée de son tempérament.

Mais pourquoi fallait-il que ça lui tombe dessus ? La jeune veuve connaissait tout un tas de garces collabos de premier ordre qui auraient été ravies de se retrouver là, à sa place. Peut-être qu’elles en rêvaient même, elle avait eu le loisir d’entendre tellement d’idioties de leur part. Soit ils étaient très mal informés, soit elle jouait trop bien son rôle ce dont elle doutait un peu… Visiblement elle supposait qu’elle ne devait sa présence qu’à un besoin de remplir d’obscurs quotas, il fallait bien une potiche de service. Ou alors c’était lié à sa profession ? S’ils comptaient pervertir la pensée de ses élèves elle risquait d’avoir du mal à conserver son calme. Dans tous les cas Liliane doutait que les français soient mis en valeur dans cette affaire, elle en ressentit de la sympathie pour son compatriote d’infortune. A en juger par les expressions de chacun, et la remarque du plus haut gradé convoqué, l’enthousiasme n’était pas au rendez-vous, à moins qu’il ne s’agisse d’une réserve bien martiale et d’un réel quiproquo…

Son destin était, semble-t-il, inextricablement lié aux médias quel qu’en soit le support, la forme ou le message. En l’occurrence le grand écart était tout de même assez saisissant et d’une douce ironie. Elle aurait donné cher pour voir la tête qu’auraient tirée les deux officiers si elle leur avait agité sous le nez le petit journal auquel elle participait. La dernière-née des Keller était partagée entre la crispation et l’envie de hurler de rire. Il était toutefois hautement improbable que les personnes ici présentes puissent comprendre (il le valait mieux pour sa santé) ou partagent son sens de l’humour aussi elle opta pour une sage neutralité accompagnée d’un sourire poli de circonstance. Elle pénétra docilement dans le bureau avec la désagréable sensation de s’enliser un peu plus dans un piège, la comédie commençait avant l’heure pour la française.
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Jeu 4 Mar - 22:00

L’Oberstleutnant parla en premier en annonçant qu’il avait un rendez-vous avec le Major. Wolfgang faillit lui signaler qu’il était probable que le rendez-vous soit pour cette démonstration de bonne entente. Il entra à la suite des autres et attendit dans une posture assez raide et militaire. Ce que ne manqua pas le Major qui lui fit un léger sourire.

« Repos Flieger ! »

L’homme se tourna ensuite vers Elias et perdit son sourire pour lui répondre.

« Oui, vous avez rendez-vous avec moi et avec ces autres personnes. Je sais pertinemment qui vous êtes et je me suis dit que ce serait un grand signe du Reich ! »

Il s’installa derrière le bureau et indiqua d’un signe de la main la rangée de chaises sur lesquelles ses invités allaient pouvoir s’asseoir. Il fit un signe au soldat qui l’accompagnait et ce dernier remit une enveloppe aux quatre invités. Le major ne leur dit rien au départ, puis une fois que tous eurent reçu leurs présents, il reprit la parole pour leur expliquer à quelle sauce ils allaient être mangés.

Wolfgang, assis sur sa chaise et un peu grimaçant à cause de la douleur à sa jambe, l’enveloppe sur les genoux, sembla se décomposer au fil du discours.

« Dans votre enveloppe se trouvent les dates d’enregistrement. Oui, vous allez agir devant les caméras. Cela sera une grande première, je ne vous donne aucun texte, mais n’oubliez pas que le but de mon reportage sera de montrer l’entente qui règne entre nos deux patries. Je n’accepterai aucun comportement puéril, aucune bagarre… »

Le ton était indéniablement sérieux et quand il leur fit signe d’ouvrir leurs enveloppes, Wolfgang déglutit. Il y avait effectivement des dates, mais aussi un petit texte expliquant en des mots simples qu’il y avait des soupçons concernant ses altercations avec les français et que c’était en quelque sorte sa dernière chance pour se racheter aux yeux des gens qui comptaient. Il se demanda un instant ce que contenaient les autres enveloppes. Contenaient-elles aussi des dates et des mises en garde ?

« Des questions ? »
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Jeu 4 Mar - 23:04

Elias était totalement atterré. Depuis qu'il était à Montreuil (et cela faisait moins de 24 heures), il constatait que la bêtise n'avait décidément aucune limite. Il restait littéralement sans voix... Comment diantre pouvait-on avoir pensé à lui pour participer à cette mascarade? Il attrapa la première chaise qui se présentait, et y posa son auguste fondement. Puis il resta là à hocher la tête, consterné.

Une enveloppe. Un discours. Tout s'accordait à accroître son désespoir et sa lassitude. Ridicule situation. Après l'oral, affligeant, l'écrit. Le début de la première phrase suffisait à briser plus encore le moral de l'Officier : "Je sais pourquoi vous êtes en poste à Montreuil...". La discrétion, pourtant maître-mot de son service, ne semblait guère exister dans cette sordide ville. Absolument tout le monde connaissait donc les raisons de sa présence ici? Du Gestapiste frustré au propagandiste fanatique? Du premier des abrutis au dernier des conards?

Un véritable cauchemar. Witsenhausen n'y croyait pas. D'ailleurs, un sourire se dessina sur ses lèvres. C'était soit ça, soit des sanglots... Cauchemardesque. Définitivement.

Le Major, un réalisateur raté, certainement, éconduit par tous les studios du pays, et réfugié dans les pattes de Goebbels et sa clique de mythomanes, voulait des questions? Elias ne se fit pas prier. Sec, agressif.

"Quel est le nom de votre supérieur direct?"

Imbécile de supérieur direct... Il allait entendre parler du pays celui-là. Son système de sélection des cobayes était à revoir. Witsenhausen était une bien mauvaise pioche. Du genre à ne vous apporter que des emmerdements.
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Ven 5 Mar - 18:48

L’enveloppe d’un blanc anodin contenait la même typographie assassine que la convocation. Les phrases mielleuses contenaient un ordre direct et une menace sous-jacente. Ce n’étaient pas des guignols finalement, mais plutôt des bouchers… Qui arrivaient la bouche en cœur sans pour autant cacher qu’ils mettraient tout en œuvre pour arriver à leurs fins. Et au vu des couleurs qu’arboraient leurs épaulettes, lesdits moyens pouvaient se révéler considérables…

Camille sentait le sang refluer de son visage, faisant ressortir les taches de son semées sur ses joues. Lui, embrigadé par les boches pour faire risette devant une caméra ? Son paternel aurait fait une syncope à la simple mention de cette possibilité. Il sentait la révolte monter en lui comme la marée, irrésistible. Tout son esprit se rebellait contre l’idée même de coopérer dans ce projet ignoble, comme si la France avait besoin de se rabaisser volontairement devant ses envahisseurs en plus d’essuyer la honte de la défaite. Ils lui ôteraient donc jusqu’à la dignité de ceux qui perdent avec honneur ? Impossible. Impensable.

L’estomac en révolution, Camille luttait contre l’indignation qui lui crispait le ventre en une vague nauséeuse. Peu importe sous quel angle il prenait les paroles de l’Allemand, il n’arrivait pas à s’imaginer en exécuter le premier mot. C’était le rejet total.

Dans le tourbillon de ses pensées révoltées, pourtant, vinrent se mêler d’autres souvenirs. La berge du lac, les souterrains de Sarnand, les uniformes ennemis, les français contraints de fermer les yeux. La haine qui bouillonnait mais qu’on bâillonnait. Et un mot qui fusait en allemand, fatidique.

Insubordination.

Refus d’obéir… mais de quel droit lui donnaient-ils des ordres ? – Du droit des vainqueurs, lui soufflait une petite voix désagréable. Et il n’avait pas le droit de s’y opposer. Pas encore, la sanction ne lui faisait pas peur mais il craignait plus la mise à pied que le cachot, cette fois. Avait-il le choix ? Il connaissait la réponse et elle lui laissait un goût amer dans la bouche.

Pâle à faire peur mais raidi très droit sur sa chaise, il tenta de se défendre contre la nausée qui remontait insidieusement dans sa gorge. Sa voix naturellement râpeuse écorchait méchamment chaque mot mais il n’en avait cure, eux massacraient bien plus encore la langue de Molière.

- Avez-vous l’accord de ma hiérarchie ? Je peux normalement être mobilisé à n’importe quel moment à ces dates-là.

Il se doutait bien que ses objections pouvaient être balayées d’un revers de manchette décorée. Mais il ne dépendait officiellement que de l’Armée de l’Air, bien qu’elle-même soit partiellement sous contrôle allemand. Et il pouvait effectivement être envoyé en mission presque n’importe quand en théorie. Sans dire qu’il avait autre chose à faire que de participer à leur petite sauterie, il impliquait que ses supérieurs directs avaient peut-être leur mot à dire… Parce que passer par-dessus le système hiérarchique de façon aussi cavalière était à la fois contre le code de conduite militaire minimal, et bien dans le genre de la Wehrmacht qui se conduisait comme si tout le monde n’avait qu’à leur lécher les bottes.

Il fit un effort sur lui-même pour empêcher sa lèvre inférieure de trembler sous la colère, mais ne réussit pas à rappeler les couleurs de ses joues exsangues. Chiens… ils n’auraient donc jamais le respect élémentaire de l’être humain ? Ses mains se crispèrent imperceptiblement sur les pans de son uniforme.
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Sam 6 Mar - 0:28

Une enveloppe, Liliane avait toujours eu en horreur le courrier. A ses yeux cela rimait systématiquement avec mauvaise nouvelle et imprévu. La convocation lui avait d’ailleurs donné raison. Le début des explications lui fit toutefois oublier assez vite le papier.

On lui demandait de faire une des choses qui la répugnait le plus au monde, elle se sentait salie par le simple fait d’avoir été sélectionnée alors quand viendrait le moment de participer… Du plus profond de son cœur elle avait envie de leur crier un beau « allez vous faire foutre ». La française dut déployer de gros efforts pour ne pas laisser son visage se décomposer au fil du discours. Affecter la neutralité, sans paraître crispé pour autant, était à son sens un exercice aussi, voire plus, délicat que mimer la colère ou la tristesse.

Lorsque vint le moment elle ouvrit enfin l’enveloppe. Ses yeux clairs lurent attentivement les deux lignes précédant les horaires avec appréhension, l’évidence lui apparut soudain…

Malédiction ! Elle ne devait sa présence qu’à la future arrivée de l’allemand que son foyer allait accueillir. Vraiment, elle se serait volontiers passée de ces cadeaux doublement empoisonnés. Naturellement, la veuve se sentait soulagée de ne pas avoir écopé d’une missive venimeuse affirmant qu’ils avaient trouvé de quoi l’inquiéter cependant… Quelle poisse !

Accueillir un soldat est très aimable à vous, c'est la raison de votre prés…

Ils se payaient sa tête jusque dans la formulation en plus, comme si elle et les siens avaient eu le choix. Certes son lamentable père était aux anges finalement mais dans le cas contraire il n’aurait rien pu y changer. Oh ce qu’elle pouvait détester cette époque…

L’amertume de l’enseignante s’accentua alors qu’elle prenait pleinement conscience qu’elle se trouvait dans une impasse. Impossible de prétexter une mobilisation, pas moyen non plus de couper grâce à la hiérarchie supérieure. L’ouvrir reviendrait à montrer clairement une hostilité envers l’occupant et donc le risque que l’on cherche matière à représailles. Liliane ne pouvait vraiment pas se le permettre… ses joues rosirent légèrement sous l’effet de la frustration, contenir sa colère mobilisait l’essentiel de son attention.

Faute de pouvoir protester ouvertement elle se consola en se disant qu’elle jouerait à la parfaite cruche. S’ils espéraient de la conviction ils allaient en pleurer. Elle serait aussi persuasive qu’un caillou, d’une crasse bêtise tout le temps que durerait le tournage et d’une maladresse défiant l’imagination. Ils n’avaient pas intérêt à lui mettre entre les mains, même un instant, du matériel fragile.

Ces petites idées de sabotage indirect constituaient hélas une bien maigre consolation dans l’immédiat. Il faudrait qu’elle parle avec certaines personnes, elle aviserait ensuite, pour le moment la haine l'empêchait de réfléchir correctement…
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Dim 7 Mar - 14:31

A priori, il n'y avait pas que Wolfgang qui n'apprécie pas la situation actuelle. Camille semblait sur le point d'exploser, ce qui plairait énormément au Flieger bien entendu. Mais Elias fut le premier à demander le nom du supérieur direct du Major et à voir l'éclat que cela entraîna dans ses yeux, ce n'était certainement pas une bonne question à poser. Il était présent sous la direction du ministre de la propagande donc il était possible qu'il ne dépende que de lui. Enfin à un lien plus ou moins direct quand même.

Wolfgang n'osait pas sourire en entendant la voix tendue de Camille s'exprimer en allemand. Ah qu'est ce qu'il aurait pu l'apprécier celui là s'il n'avait pas été aussi ... français ! En tout cas, Wolfgang pouvait ajouter une nouvelle question pour le Major.

" Major, je ne sais si vous avez été mis au courant, mais je suis actuellement hors du service actif pour blessure. Cependant, cette mission étant capitale pour le Reich, je l'accepte avec fierté et je n'ai besoin que de votre accord pour reprendre les airs. "

Oh que c'était un joli discours fort bien tourné. Il parlait de sa blessure tout en acceptant la mission et en montrant que lui ne protestait pas le moins du monde, car peut-être que ça pourrait lui donner de l'avancement d'obéir aux ordres pour une fois.

Le Major soupira devant les trois interventions et devant l'air pincé de Liliane. Bon, oui il n'avait pas choisi les acteurs pour leur capacité à obéir sans discuter, mais pour justement leur coté impulsif. Si eux étaient capables de montrer l'entente admirable entre les deux nations, alors tout le monde le croirait !

" Mon supérieur direct ici à Montreuil est l'Oberst Krüger. Oui caporal j'ai l'accord de votre hiérarchie, ils peuvent se passer d'un pilote de courrier pendant quelques jours. Merci pour cette information Flieger, je vais faire le nécessaire pour que vous puissiez intervenir durant les tournages."

Il fit une très brève pause avant de reprendre.

" Vous avez été choisis pour cette mission, je ne me risquerais pas à la refuser à votre place. Je sais que vous n'êtes pas heureux de passer devant les caméras, mais je veux que ce film se fasse et je ne suis pas le seul. Le Ministre le désire également. Donc à moins que vous n'ayez une excellente raison de refuser, votre participation n'est pas discutable. Alors ? "

Wolfgang se félicita de ne pas avoir été plus incisif dans sa réponse car là le Major semblait nettement moins sympathique ...
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Lun 8 Mar - 0:33

L'enthousiasme général aurait fait sourire Elias, en d'autres circonstances. Mais sur le coup, son énervement était tel qu'il ne songea point à s'accorder un petit instant de détente.

Et puis, cette mascarade n'avait que trop duré. Witsenhausen avait du pain sur la planche. Du pain dur. Fort peu digeste. Aussi il se leva, puis plia son enveloppe pour la glisser dans la poche intérieure de sa veste. Il jeta un regard, froid, sur l'envoyé de Goebbels.

"Mes raisons, pléthoriques, sont excellentes. Ce sera sans moi, Major. Mon bureau est à l'étage. Malgrè la masse de travail qui m'y attend, je suis tout à fait disposé à vous accueillir autour d'un café, pour énumérer les dites-raisons. Bonne journée Messieurs."

Un coup d'œil vers ses camarades d'infortunes, en s'arrêtant sur la dame. En Français dans le texte :

"Madame."

Il tourna les talons pour rejoindre la porte. Casquette sous le bras. Un bon quart d'heure de perdu. Et encore un en prévision... Ce Major ne manquerait pas de répondre à l'invitation. Mais rien n'y ferait, pensa Elias, son beau sourire ne serait sur aucune pellicule, avant le mariage de sa fille ainée (d'ici une dizaine d'années...).
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Lun 8 Mar - 14:29

Il regarda l’Oberstleutnant se lever. De marbre. Camille en avait la pâleur et son visage la dureté. Il aurait donné cher pour avoir un grade suffisant pour le suivre. Mais il se sentait aussi enchaîné qu’un loup au milieu d’une foire. Jamais il n’avait eu autant envie de se lever et de leur jeter à la tête qu’il n’était pas ce qu’ils pensaient, qu’il avait une âme qu’il ne comptait pas vendre, que le prix du sang n’achetait pas tout, et qu’un jour ils leur feraient payer leurs avanies.

Si ses officiers avaient courbé la tête, lui ne comptait pas baisser les bras. Leur ministre n’était pas le sien et ne le serait jamais. Le Reich pouvait avoir le bras long mais il n’aurait pas son allégeance. Jamais !

La rage au ventre, Camille se leva lentement et leva du même coup un regard incendiaire sur le Major. Il ne fit pas l’effort deux fois de parler allemand, mais les mots sonnaient métalliques dans sa bouche, à peine plus fort qu’une conversation normale. D’une correction glacée.

- Je ne nierai pas votre droit de faire appel à moi. Disposez de mes compétences de courrier comme il vous plaira. Mais sachez que vous n’aurez jamais mes opinions. Demandez quelqu’un d’autre pour bafouer la dignité de la France, je vous prie.

Debout très droit devant les officiers allemands, le pilote français empêcha jusqu’au bout sa voix de trembler. Il n’espérait pas vraiment se tirer aussi facilement de ce guêpier, mais au moins ceux d’en face savaient à qui ils avaient affaire. Il ne s’agirait pas de le prendre pour un autre, tout de même.

Il se plierait à leurs ordres parce qu’il n’avait pas d’autre choix. Mais il avait une idée très précise des limites du droit des vainqueurs, et elles s’arrêtaient à son intégrité morale. Personne ne pouvait porter atteinte à sa liberté de penser, pas même Goebbels.

Camille avait aussi une assez bonne idée de ce que pouvait donner un film de propagande avec des acteurs qui montraient autre chose qu’un enthousiasme délirant. Et il n’y aurait pas besoin d’y mettre beaucoup de mauvaise volonté pour passer d’un message radieux d’entente et de franche amitié à une vision glaçante d’un pays où on prenait les hommes pour du bétail. Ça pouvait parfaitement tenir à un léger défaut d’expression…

Et pour ce qui était de tenter l’aventure avec Wolfgang, il était sûr que le jeune Flieger ne verrait aucune objection à un détournement insidieux d’un projet aussi dégradant pour des combattants. Quant à la jeune femme, elle ne semblait pas plus heureuse que les autres de la situation, elle ne serait certainement pas longue à rentrer dans son petit jeu, au besoin.

Planté devant l’Etat-major montrois, Camille se prenait à affûter ses plus beaux talents de comédien. Insubordination ? Certainement. Mais avec assez de finesse pour ne pas risquer de sanction immédiate.
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Mar 9 Mar - 18:37

Liliane se mordit la lèvre inférieure pour s’obliger à la fermer, ses mains se crispèrent sur ses genoux. Impossible d’en douter à présent, sa colère avait bien dû lui donner des couleurs. Ces manifestations extérieures de son état d’esprit ne firent qu’amplifier son exaspération, l’enfermant dans un cercle vicieux qui ne faisait que décupler sa rage.

La réaction de l’officier le plus gradé convoqué l’étonna toutefois agréablement, tout comme l’emploi du français. C’est avec une pointe d’envie qu’elle le regarda prendre la direction de la sortie. Sur le moment elle aurait été prête à faire n’importe quoi pour bénéficier d’un tel privilège. La veuve s’efforça au contraire d’ignorer le flagrant numéro de lèche du jeune allemand, elle s’attendait presque à ce qu’il propose au Major de lui cirer les bottes. La poignante déclaration du seul autre français présent, quant à elle, la mit mal à l’aise. S’enfermer dans un mutisme obstiné et prudent était hélas l’unique option qui s’offrait à elle. Chaque action prêtait à conséquence, la montroise risquait de ne pas être la seule affectée si elle se risquait à dire n’importe quoi. On allait la penser lâche pourtant la jeune dame s’estimait tout sauf cela. Elle aurait tant aimé leur cracher au visage le fond de sa pensée…

Puis, la colère cédant sa place, ce fut au tour d’un terrible abattement de l’accabler. Elle se sentait lasse mais guère résignée cependant.

Hors de question de rester une seconde de plus assise, elle avait l’impression que son siège la brûlait. D’une voix qu’elle aurait souhaité moins fêlée – il y avait des limites à ses talents d’actrice – la professeure prit pour la première fois la parole en se levant, choisissant avec le plus d’attention qu’elle le pouvait ses mots.

« Je crois que tout est dit, messieurs, je vais prendre congé, mes élèves m’attendent. Il ne faudrait pas négliger non plus l’éducation de nos chères têtes blondes. »

Sur ce elle leur adressa un pâle sourire et se dirigea d’un pas résolu vers la porte. Cet endroit lui donnait la nausée, il fallait vraiment qu’elle prenne l’air. Le reste de la journée ne lui serait que trop nécessaire pour se remettre de ce rude coup de massue.
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Sam 13 Mar - 14:14

Wolfgang ne réagit pas quand les autres firent tout un drame de cette mascarade. Mais il avait un léger sourire aux lèvres en entendant ce que chaque personne avait à redire à la convocation. L'oberstleutnant était emphatique, il parlait beaucoup, avec de nombreux effets de manche qui n'allaient certainement mener nulle part. Car s'il avait était retenu et que le Major lui donnait ainsi des consignes c'était certainement qu'il n'allait pas pouvoir s'en échapper sous peine de subir une sanction future. Car à ce grade il n'y avait pas grand monde au dessus, du moins à Montreuil, mais il y avait tout de même quelques personnes pouvant donner des ordres que même Elias ferait bien de ne pas discuter.

Ensuite, ce fut au tour du français de protester, avec un beau discours que Wolfgang aurait presque pu applaudir. Presque simplement parce qu'il ne devait surtout pas le faire pour ensuite avoir à répondre de son geste. Mais si lui ne le pouvait pas, le Major lui en était tout à fait capable et c'est avec un sourire dangereux aux lèvres qu'il frappa quelques fois dans ses mains.

" Toutes mes félicitations Caporal, ce petit discours est parfait, vous vous rendez compte, j'espère, que par ce discours vous mettez en péril votre carrière. Mais passons, car en réalité, ce ne sont que des mots et ces mots pourraient fort bien jouer à l'avantage de notre film. Donc Caporal, asseyez vous maintenant !"

L'ordre était clair et Wolfgang se demanda un instant si le caporal allait désobéir. Ca lui plairait bien de le voir. Ce fut à la dame de se lever pour partir, avec un discours bien plus fade que celui de Camille, mais après tout, tout le monde n'était pas un pilote irrévérencieux, Wolfgang en savait quelque chose.

" Les petites têtes blondes, cette expression française est délicieuse, je vous en prie, allez-y et passez une bonne journée. Nous nous reverrons bientôt."

Le Major regarda tour à tour les deux pilotes et Wolfgang sentit que la discussion allait se poursuivre sur un terrain très très glissant.

" Maintenant, tous les deux ... Je ne veux aucun acte idiot de votre part. J'aime autant vous prévenir que je vous ai choisi pour votre, comment dire, enthousiasme. Donc restez naturels mais je ne veux pas de vendetta ou de bagarre jusqu'à la fin des tournages ! Je pense que vous avez des choses à vous dire, je vous laisse tous les deux durant quelques instants pour mettre les choses au clair. Ensuite, j'attends de vous une obéissance exemplaire !"

Sur ces mot, le Major se leva et Wolfgang en fit autant pour le saluer alors qu'il sortait en compagnie du second de la Wehrmacht. Puis il se tourna vers Camille en souriant.

" Tu vois, j'ai presque envie de collaborer avec toi pour démonter cette mascarade, presque seulement parce que te voir te mettre à dos tout l'état-major est très amusant. Donc tu vas essayer de tout faire rater ? Dis moi hein, que je sache quand jouer mon rôle de bon soldat allemand luttant contre les déviances françaises."

Nul doute qu'il n'appréciait pas de jouer ce rôle, mais qu'il savait le faire à la perfection, donc que Camille n'aurait aucune chance de le rallier à sa cause, sauf s'il avait un plan bien entendu.
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Dim 14 Mar - 19:00

Le Major applaudit et le son glauque de ces quelques claquements solitaires retourna l’estomac du pilote français. Puis l’ordre, net. Camille se rassit. Il savait obéir, surtout quand il sentait que c’était dans son intérêt. Ou du moins que faire sa forte tête pourrait lui attirer un peu trop d’ennuis… Risquer sa vie ne lui faisait pas peur mais il tenait à son poste.

Il regarda les deux autres sortir avec un petit pincement au cœur, et se força à rester assis, la nausée remontant avec la colère. Les paroles de l’officier tintaient à ses oreilles. Il était décidément bien renseigné, et qui plus est comptait sur leur… « enthousiasme ». Le plan était inutilement machiavélique. Pourquoi ne pouvaient-ils pas prendre pour ce genre de mission n’importe lequel des collabos qui se faisaient un plaisir de lécher les bottes allemandes, que ce soit dans les civils ou même chez l’armée de l’air… il n’en connaissait pas beaucoup mais savait qu’il y en avait jusqu’à Sarnand.

En attendant… il avait l’occasion de se retrouver seul à seul avec Wolfgang, alors qu’il commençait à comprendre qu’il ne pourrait pas couper à leur fichu film. Le salut aux officiers qui sortaient le jeta debout en même temps que le Flieger, il avait un minimum de discipline tout de même.

L’Allemand prit la parole en premier. Et en allemand. Evidemment plus à l’aise dans sa propre langue… Camille la comprenait mais ne lui ferait pas le plaisir de lui répondre dans la même, accessoirement parce qu’il ne la maîtrisait pas si bien. Toujours pâle de colère, son ton oscillait entre le dégoût et la volonté de convaincre.

- Je savais que tu étais d’une engeance de vipères, toujours prêt à ramper dans la boue pour mieux mordre ensuite. Mais je pensais pas que tu irais jusqu’à piétiner ce qui pouvait te rester d’honneur militaire.

Il fit un pas vers le pilote blond. Une flamme dans les yeux et la bouche dure.

- Je veux bien que tu ne te sois pas vraiment battu pendant cette guerre, vu que t’avais pas l’âge. Mais moi je l’ai fait et tu aurais tort d’oublier que je le referais si je pouvais. Je me fous éperdument de ce que ton état-major peut penser de moi.

Camille n’arrivait pas à croire que le Flieger irait jusqu’à se traîner devant une caméra simplement pour pouvoir l’entraîner avec lui dans sa chute.

- Bon Dieu, Wolfgang, on est des soldats. Pas des chiens ni des serpillères. Tu crois peut-être que t’auras le rôle du héros, mais si on marche dans leurs petites combines on aura juste l’air de types qui n’attendaient que l’armistice pour faire de belles démonstrations d’amitié à grands coups de claques dans le dos. On vous a pas invités et vous êtes pas venus en frappant gentiment à la porte, tu veux vraiment effacer ça ? Entre nous c’est peut-être à la vie à la mort, mais pas dans le sens qu’ils croient : c’est je vis et tu meurs.

Il n’avait pas la moindre intention de se soumettre au choix que Wolfgang lui donnait, entre se plier à leur mascarade et se rebeller pour le laisser se payer sa tête devant les officiers de la Wehrmacht. Il n’avait pas pour autant de plan arrêté pour saboter leur propagande, mais suffisamment de répondant pour imaginer quelque chose le moment venu. Seulement ça marcherait beaucoup moins bien si l’autre Fritz lui mettait des bâtons dans les roues.

Il fallait le convaincre. Mais Camille n’avait pas envie de demander gentiment, sans parler du fait que ça l’aurait fait bien rire. Restait à espérer qu’il aurait assez de fierté pour ne pas se jeter tout bonnement à genoux devant les caméras de la propagande nazie.

- Je compte pas te dire ce que j’ai l’intention de faire, et surtout pas pour que tu fasses tout foirer. Mais si tu veux avoir l’air d’autre chose que d’une loque soumise, ou pire, un soldat traître à sa patrie, alors on peut sûrement s’arranger.
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Jeu 18 Mar - 20:20

Wolfgang sourit quand le français commença à parler, c’était encore mieux que prévu, il avait réellement réussi dans son entreprise pour énerver le pauvre Camille. Pauvre car il avait foultitude d’autres idées pour lui faire porter le chapeau si jamais il était assez idiot pour ne pas faire attention. Et là il semblait qu’il soit assez idiot.

Aussi, le jeune allemand s’assit et regarda consciencieusement ses ongles alors que Camille lui faisait ses reproches. Son honneur militaire ? Mais il l’avait bien regardé ou pas ? Parce que là non non, Wolfgang s’en fichait totalement de son honneur militaire, tout ce qu’il voulait c’était s’amuser aux dépends des autres et ce film était absolument fantastique pour ça, du moment que le Major n’y voyait que du feu. Il n’avait pas l’air malin donc ça pouvait passer, du moins, le jeune pilote le pensait.

Aussi quand les motifs de ne pas collaborer avec l’équipe de propagande arrivèrent, il fit tout de même un peu attention parce que, on ne savait jamais, il pouvait dire des choses intelligentes peut-être. Vraiment peut-être alors parce que là, il ne disait rien de bien utile.

Oui, il allait ramper s’il pouvait ramper sur quelqu’un d’autre, mais en même temps il avait un tout petit peu de conscience …

- Oh tout de suite, on a l’impression que tu as peur que je sois meilleur que toi. Tu sais, je n’ai pas fait la guerre mais j’ai vu ce qu’elle faisait. Et crois moi, s’il ne s’était agi de toi, j’aurais tout fait pour saboter leur truc. Mais comme tu es là … je vais tout faire pour saboter et te faire porter le chapeau !

A commencer par maintenant car si jamais le français s’énervait contre lui, il pourrait montrer au Major comment lui, le pauvre petit soldat allemand, était attaqué par un fourbe français. Il lui sembla que cela ne suffirait pas, aussi, il se redressa et se plaça juste en face de Camille à la fin de la dernière phrase du français.

- Et bien voyons voir ce que Monsieur le Français très intelligent peut me proposer… Tu crois que je vais accepter de collaborer avec toi ? Mais tu rêves éveillé mon pauvre ! Et … je vais faire avec toi Camille, après tout, nous sommes des amis maintenant qu’on a bien parlé.

Si le caporal se posait des questions sur la santé mentale de Wolfgang, il n’avait qu’à se retourner pour voir que le Major était revenu et qu’il les regardait d’un air plus que soupçonneux. Wolfgang passa un bras par-dessus l’épaule du français pour montrer ô combien ils étaient amis, il fallait juste que l’autre joue le jeu quelques instants, juste le temps de sortir de là en fait !

- Dehors tous les deux, je vous attends pour votre premier jour !

Ne surtout pas répliquer à l’homme, surtout pas car même s’il avait envie de faire que Camille en bave, faire en sorte de faire pester un gradé en même temps devait être très bien !

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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Jeu 25 Mar - 19:20

Il n’avait pas peur. De rien, et surtout pas de ce petit Allemand avec ses airs supérieurs. Il voulait jouer au plus malin, très bien. Chacun pour sa peau. Camille ravala sa colère, reprenant peu à peu ses couleurs.

Le changement de ton brusque et le passage à un français approximatif faillit déstabiliser le pilote, mais le coup d’œil que Wolfgang lançait par-dessus sa propre épaule ne lui échappa pas, et il prit garde de ne pas manifester ouvertement sa surprise. Il se retourna d’un mouvement naturel alors qu’un bras amical le serrait de nettement trop près pour ses préférences. Satané Major. Fichu Wolfgang. Il allait le lâcher oui ? Le regard suspicieux de l’officier allemand le dissuada d’un mouvement d’épaule nerveux.

Dehors ? Volontiers, il n’attendait que ça.

Une étincelle bleue dansa dans son regard, et un sourire s’esquissa sur sa bouche moqueuse. Douce ironie, sa meilleure arme à l’instant présent. Et c’est bras dessus, bras dessous que les deux pilotes quittèrent le bureau et le QG de la Wehrmacht. Vingt mètres sous pression avant la rue, avec l’impression que le regard du Major lui brûlait la nuque.

Camille attendit tout juste d’avoir passé le parvis de l’entrée pour se dégager de l’accolade, d’un mouvement un peu brusque, bien qu’assez naturel. Son sourire prenait une allure dangereusement fraîche, mais il resta assez près de l’Allemand pour pourvoir lui parler à voix basse, de façon à ce que les passants ne l’entendent pas.

- Ecoute. Il n’y aura pas de chapeau à porter. Joue le jeu que tu veux, je le jouerai contre toi. Mais n’oublie pas une chose : tu as autant à y perdre que moi. Ne te crois surtout pas à l’abri parce que tu es Allemand.

Ce genre de campagne ne faisait que nier la guerre en essayant pitoyablement de repeindre par-dessus un pâle reflet d’une entente qui n’avait jamais existé depuis 1870. Qui pourrait croire de tels mensonges ? C’était refuser de reconnaître la valeur de ceux qui s’étaient battus, et la mémoire de ceux qui en étaient morts. Des deux côtés. L’Armistice n’était pas basé sur l’amitié, mais sur la souffrance, et le 22 juin était un jour marqué d’une pierre de sang.

De sang. Il se rappelait de ce qu’il avait appris sur les bancs de l’Ecole militaire sur le système d’outre-Rhin. La Hitlerjügend était un organisme qui embrigadait la jeunesse allemande depuis un âge qui défiait l’entendement, comme ça avait probablement été le cas pour le jeune Flieger. Mais sous les drapeaux rouges à croix gammée, il lui revenait le détail des poignards qui portaient, gravée dans l’acier, une devise qui était à ses yeux la seule chose qui valait la peine d’être retenue.

- Blut und Ehre, Wolfgang – Sang et honneur.

L’avait-il oubliée, y avait-il seulement cru ? Impossible de trancher. Mais Camille ne comptait pas lui laisser le choix. Ce serait avec.

Un pas en arrière le détacha de son vis-à-vis, il se redressa avec une expression sans pitié et une lueur de défi dans les yeux. La partie restait à jouer, et il faudrait la jouer en finesse avec les chaperons de la Wehrmacht. Mais si ça se passait mal, et s’il avait la moindre occasion de lui tomber dessus hors de vue de qui de droit, il n’hésiterait pas une seconde à régler ses comptes, dans le sang s’il le fallait. Et si le Flieger avait une jambe raide, ce serait tant pis pour lui.

Le pilote français s’apprêta à tourner les talons, et il adressa un salut militaire teinté d’ironie à l’Allemand, avec son irrévérence habituelle.
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MessageSujet: Re: Convocation étrange [15 mai 41]   Sam 27 Mar - 20:10

- Attends !

Wolfgang n'avait rien fait, rien dit, il n'avait pas bougé d'un pouce le temps que Camille lui réponde. Il avait suivi le mouvement pour sortir, mais c'était tout. Le souci venait de la suite, l'homme, enfin le jeune homme lui avait craché deux mots à la figure, mots qui avaient encore un sens dans son esprit. Mais certainement pas le sens que le caporal croyait pour Wolfgang.

Car non, il n'allait pas manger dans la main du Major, il ne le voulait pas, mais il ne voulait pas non plus enterrer la hache de guerre avec ce français détestable. Donc il allait faire en sorte de lancer une offensive contre les deux ! Mais pour cela, il allait devoir au moins un peu coopérer avec les deux en même temps. Car il savait déjà exactement ce qu'il allait faire pour mettre ce film en l'air !

- Tu crois que je suis idiot ? Que je ne vois pas clair dans le jeu du Major ? Mais voyons tu me sous estimes vraiment, je vais finir par croire que tu es aussi stupide que tu en as l'air. Pourtant crois moi c'est difficile...

Heu, il était censé ne pas énerver encore plus le français et être aimable et gentil avec lui. C'était totalement raté et il allait devoir s'excuser si cela continuait ... Comble de l'horreur et de ce que Wolfgang détestait, mais bon, il fallait parfois reconnaitre ses tords.

- Désolé, l'habitude, je crois que tu as raison, cette belle devise me monte à la tête. On se revoit le jour du tournage, ce ne sera pas joli joli mais je pense qu'on peut faire en sorte de bien s'entendre. Oh, crois moi, juste le temps de faire en sorte de montrer ô combien notre amitié est forte !

Il redressa la tête et salua avec un sourire qui n'augurait rien de bon pour la réussite de ses adversaires, et en l'occurrence, les deux autres étaient ses adversaires désignés.
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Convocation étrange [15 mai 41]

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