Rusé comme un renard (13/05/41)


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Rusé comme un renard (13/05/41)

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MessageSujet: Rusé comme un renard (13/05/41)   Mer 3 Mar - 22:22

Catastrophe. C’était une véritable catastrophe.

Madeleine, au bord de la panique, contemplait le désastre depuis bien plus de dix secondes, sans parvenir à réfléchir clairement à ce qu’il convenait de faire. Les seules pensées qui avaient réussi à s’extirper du mélange d’horreur et de terreur qui la submergeait tournoyaient sous son crâne comme une litanie, sans lui laisser le moindre répit ou la moindre chance d’envisager une solution. La journée avait parfaitement bien commencé, ne cessaient-elles de répéter, la journée avait commencé exactement comme d’habitude et tout aurait dû se dérouler de la même manière, sans aucune anicroche. En effet, aucun de ses collègues ne lui avaient demandé un service supplémentaire, elle n’avait rencontré aucun soldat dans les couloirs, n’avait pas fait tombé une seule fois son panier et ses draps et était parfaitement dans les temps. A onze heure dix elle était entrée dans la chambre du capitaine Wilson, et à onze heure vingt elle en était ressortie, pour passer à celle du capitaine Galerne.

Quand elle ne rencontrait personne, sa tournée dans la Tour Nord était un vrai jeu d’enfant, depuis que le capitaine Wilson avait, semblait-il, décidé de ne plus la faire tourner en bourrique en éparpillant ses affaires dans tous les coins et en roulant ses chaussettes en boule sous le lit. Madeleine était femme de chambre à Sarnand depuis plus de dix ans, changer les draps, faire la poussière et remettre un peu d’ordre dans une pièce quand c’était nécessaire ne lui demandait en général pas plus d’un quart d’heure. Et celle du capitaine Galerne ne lui demandait en général pas plus de temps ou d’effort qu’une autre.

En général. Mais, hélas, toute règle connaît des exceptions. Comme, par exemple, quand un petit animal, enfermé dans une cage commençait à couiner d’un air particulièrement malheureux et désespéré quand elle passait devant. Comme, par exemple, quand elle se rendait compte que ledit petit animal n’avait plus d’eau dans sa gamelle et qu’il lui venait alors l’idée – stupide, stupide, stupide ! – de lui en remettre un peu. Parce que Madeleine était peut-être désignée pour s’occuper de la chambre qui abritaient toutes sortes d’animaux exotiques depuis plus de quinze jours, mais elle n’était pas pour autant devenue soigneuse professionnelle pour bestioles sauvages et plus ou moins apprivoisés en tout genre. Elle n’en avait même jamais vu avant que le capitaine Galerne et le vétérinaire ne débarque à la base. Lynx, écureuils, renards, pingouins, phoques et autres fennecs et dragons pygmées, c’était du pareil au même. Inconnus au bataillon.

Et ce qui devait arriver était donc arrivé. Le petit animal malheureux et désespéré n’avait même pas laissé à la domestique le temps de se rendre compte de ce qui se passait. Comme s’il n’attendait rien d’autre, il s’était engouffré par l’ouverture, et Madeleine n’avait rien pu faire d’autre que d’assister, impuissante, à la disparition dans le couloir – elle n’avait pas fermé la porte de la chambre, stupide, stupide, stupide ! – d’un renard à grandes oreilles, avant de rester là, à contempler le désastre. A savoir la cage vide et ouverte.

Là, c’était sûr, elle allait se faire renvoyer.

Non seulement l’animal s’était sauvé, et elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle devait faire pour le rattraper ou même le retrouver, ce qui déclencherait à coup sûr la colère du capitaine Galerne – qui n’avait pas un caractère très conciliant, d’après les autres domestiques qui avaient assisté à sa dispute avec le chef cuisinier. Et en parlant du chef cuisinier… il ne valait mieux pas imaginer ce qu’il dirait si le fennec avait le malheur de venir faire un tour en cuisines. Rien que d’y penser, Madeleine ressentait une soudaine envie de rentrer sous terre, voire de rentrer immédiatement chez ses parents, histoire d’éviter au moins de se faire enguirlander par le Marseillais. Maurice Barrère travaillait peut-être à Sarnand depuis aussi longtemps qu’elle, mais la jeune femme ne s’était toujours pas habitué à son caractère assez… euh… emporté.

Ce fut peut-être cette dernière pensée qui provoqua un semblant d’électrochoc dans l’esprit de Madeleine, mais le fait était qu’elle retrouva subitement sa mobilité, tandis que son esprit prenait en charge une nouvelle information. La panique n’avait pas disparu, loin de là, mais au lieu de rester concentré sur la catastrophe, son esprit se focalisait sur le faible espoir qui pouvait persister d’en éviter une plus grande. Elle n’était certainement pas capable de rattraper le fugueur mais il fallait au moins éviter que le fennec pénètre en cuisine. Elle allait se faire renvoyer, très certainement, mais si elle pouvait éviter de se faire (trop) crier dessus…

Desserrant ses doigts et détachant ses poings du tissu de sa jupe, la jeune femme prit donc une profonde inspiration, avant de se précipiter vers la porte. Ou plutôt, d’essayer de se précipiter vers la porte. Dans sa hâte, elle avait totalement oublié son panier de linge posa par terre et, évidemment, se prit les pieds dedans. Emportée par son élan, Madeleine faillit s’étaler de tout son long mais – ô miracle – réussit à conserver un semblant d’équilibre et à rester plus ou moins debout en moulinant des bras et en accélérant l’allure pour faire les trois pas qui la séparait du seuil. Mais, malheureusement, les miracles ne duraient jamais bien longtemps pour la domestique et, si elle ne rencontra pas le sol, ce fut pour mieux entrer en contact avec un corps humain qui se trouvait juste de l’autre côté du seuil, dans le couloir.

« Oh ! » laissa simplement échapper la jeune femme, sous le choc.

Elle ne tarda néanmoins pas à lever les yeux, par réflexe, avant de les baisser aussitôt, tandis que ses joues commençaient à prendre leur jolie – et habituelle – couleur cramoisie. Un aviateur. Oh, misère !

« Je… Pardon… » murmura-t-elle, en se tordant les mains.
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Jeu 4 Mar - 18:50

Il était quoi ?

Presque minuit en horaire inversé ! Largement l'heure d'aller se pieuter s'il voulait être en forme pour l'entraînement au crépuscule. Yann était content de sa soirée, passée - pour ne pas changer les bonnes habitudes - à jouer aux cartes. Il avait été chanceux ce soir-matin et avait eu quelques belles mains à la belote, leur permettant à lui et Yves de claquer le beignet à Philippe et Augustin.

Un sourire satisfait étira les lèvres du breton, qui tapota la poche de son pantalon. Les jeux s'étaient corsés après. Phil et Gustin avaient décidé de relever la sauce en pariant leurs corvées respectives pour mettre du piment dans le jeu. Et devinez qui c'est qui avait gagné ? Le couple Bretagne-Alsace pardi ! Les gages, griffonnés sur des morceaux de paquets de clopes démantibulés, dormaient bien au chaud dans sa poche gauche en attendant de pouvoir servir. Pas mécontent de son coup, il n'arrivait même pas à s'en vouloir d'avoir triché.

Mettre de l'ordre près des écuries de Vendémiaire ? Pas s'il pouvait l'éviter merci ! Il était près à parier – une autre corvée pas celle-ci – que le capitaine ET le dragon lui en voulaient toujours pour avoir osé noter, que disait-il ! Pour avoir osé faire une réflexion sur le brossage d'aisselles dragonnesques en règles, et pour le vil refourgage de pygmée.

Non vraiment, il avait bien fait de tricher pour ne pas avoir à écoper de cette corvée et la laisser à Gustin. Le fusilier avait râlé copieusement, mais il ne se doutait pas que Yann avait faussé le jeu. Sinon ils étaient bon pour une bagarre dans les règles et un échange fourni de coups de poings, ce qui était leur seconde occupation.

Il passait justement devant la porte du Capitaine Galerne quand une boule de fourrure sur pattes affublée de grandes oreilles lui passa entre les jambes. Mince. Fennec. Les bestioles de Galerne étaient célèbres et nombre étaient ceux parmi les aviateurs qui avaient demandés à faire un petit tour dans sa ménagerie. Qu'est ce que cette bestiole foutait en liberté ?

S'attendant à voir surgir un capitaine inquiet et furieux, Yann réceptionna une jeune femme à la place, passablement surpris et démonté.

« Oh ! » s'exclama-t-il également, couvrant de sa voix sonore le 'Oh' beaucoup plus fluet de la jeune femme.

Reprenant ses esprits Yann fit un sourire charmant à Madeleine lorsqu'il l'eut reconnue. La jolie domestique timide, mais bien entendu. Pourquoi s'était-il imaginé une seconde que le capitaine Galerne puisse recevoir de frivoles rencontres dans sa chambre en pleine nuit-matinée ? Matinée tout court corrigea-t-il mentalement puisque Galerne vivait de jour, lui.

« Ne vous excusez-pas. » répliqua le breton, qui la trouvait charmante à se tortiller les mains avec gène. Elle lui rappelait la petite bonne Valentine qui était resté au château avec ses parents quand elle faisait ça, adorable.

« Puis-je faire quelque chose pour vous ? » se proposa-t-il ensuite. Un monstre en fuite, une jeune femme en détresse, ça c'était une mission pour un noble chevalier servant ! Elle n'avait qu'un mot à dire, un seul et il volait à son secours !
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Sam 6 Mar - 3:46

Il y avait des choses, dans la vie, qui ne semblaient pas présenter d’avantages au premier abord, mais qui en regorgeait littéralement, en réalité. Par exemple, ce n’était pas forcément plus mal que Madeleine ait le réflexe de baisser les yeux chaque fois qu’elle bousculait rencontrait quelqu’un. En l’occurrence et même si ça n’en n’était pas le but premier, ça venait de lui éviter de voir le sourire de l’aviateur et, par conséquent, de rougir un peu plus. Ses pommettes étaient déjà cramoisies et, si elle ne s’était pas absorbée dans la contemplation de ses chaussures et du sol qui les séparait de celles de son vis-à-vis, elles auraient certainement pris une couleur beaucoup plus soutenue.

Malheureusement, la technique n’était pas vraiment infaillible puisque, même si elle inhibait la vision, elle ne pouvait rien contre l’ouïe. Les paroles du jeune homme n’eurent donc aucun mal à venir frapper les tympans de Madeleine, qui rougit de plus belle et cessa un instant de se tordre les doigts comme si elle hésitait entre les enfouir dans ses jupes ou continuer sur sa lancée. Elle opta finalement pour une solution intermédiaire, à savoir s’essuyer les paumes sur ses jupes, tout en secouant faiblement la tête de gauche à droite en signe de dénégation. Bien sûr que si elle s’excusait, même si ce n’était certainement pas suffisant. Elle avait encore une fois bousculé quelqu’un, par pure maladresse. Elle aurait pu lui faire mal – si, si ! – et, même si elle n’avait rien cassé ou rien fait tomber puisqu’elle n’avait rien dans les mains, ce n’était pas mieux que d’habitude. En fait, étant donné la catastrophe qui venait de se produire, c’était même pire que d’habitude, songeait la domestique. Comme si il fallait vraiment qu’elle n’ait plus la moindre petite circonstance atténuante quand elle se ferait renvoyer.

Aussi, quand elle crut comprendre que l’aviateur lui proposait son aide, Madeleine releva-t-elle brusquement la tête, en lui jetant un regard éperdu.

« Ou… commença-t-elle, avant de s’interrompre en écarquillant les yeux, horrifiée par l’énormité qu’elle avait failli commettre. Oh, non, » corrigea-t-elle donc, un ton plus bas.

Oui, bien sûr que oui, elle aurait bien aimé qu’il l’aide à retrouver le fennec. Evidemment. Mais elle ne devait pas le dire. C’était sa faute et c’était à elle de réparer et/ou d’assumer les conséquences, n’est-ce pas ? Un aviateur, ça avait plein de choses à faire et il ne manquerait plus que s’ajoute à la looongue liste de ses catastrophes du jour celle d’avoir détourné quelqu’un d’autre de ses devoirs. C’était hors de question. Impossible. Impensable.

Terriblement embarrassée, la jeune femme baissa donc de nouveau les yeux. Ses joues lui cuisaient encore plus qu’avant et elle ne lutta pas contre ses mains quand celles-ci quittèrent les plis de sa jupe pour se serrer à nouveau l’une contre l’autre. Elle était trop occupée à déglutir avec difficulté et à essayer d’aligner suffisamment de mots audibles pour former une phrase compréhensible.

« Je… Je ne veux pas vous déranger… » finit-elle par articuler, avant de relever de nouveau la tête et d’ouvrir la bouche deux fois sans qu’un seul son en sorte.

La troisième fois fut la bonne, mais le volume sonore avait encore faibli.

« Vous… vous auriez vu un fennec ? »
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Sam 6 Mar - 13:17

Le charmant sourire de Yann se fit doux lorsque Madeleine releva la tête vers lui en le dévisageant comme s'il était le dernier rempart entre elle et un affreux destin. Il adorait qu'on lui lance de tels regards, cela lui donnait toujours des ailes et le sentiment d'être spécial, unique et utile. Oh le jeune homme restait lucide – presque – et savait que la demoiselle était célèbre pour sa timidité et sa rapidité à perdre contenance mais même, pendant une fraction de seconde il entrevit ce que devait être le métier de Prince Charmant sauveur des Princesses en détresses.

Et ya pas à dire, ça devait être un métier super cool pour que les filles vous regarde comme ça avec de grands yeux de biches papillonnants où l'espoir se disputait à la peur de vous mettre en danger...

Un léger soupir échappa au breton, qui retira son habit de prince charmant pour réendosser celui moins classe mais non moins remarquable – faut le dire, ils étaient des héros déchus, mais des héros tout de même – d'Aviateur.

« Vous ne me dérangez pas voyons, commença-t-il, je me propose de bon cœur mademoiselle, si je puis faire quoi que ce soit pour vous, n'hésitez pas ! »

Il ne pouvait pas la laisser en plein désarroi dans son couloir à étrangler sa jupe ; il se devait de la seconder dans sa chasse au monstre. Attentif, il lui laissa le temps de se reprendre sans rien lui demander de nouveau. La petite Valentine était timide elle aussi – sans doute un peu moins que Madeleine sur l'échelle Yann – et il avait pris le pli de ne jamais la brusquer en l'arrosant de questions et de 'Répondez voyons Valentine' qui la bloquaient complètement. Ainsi était-il tout à fait au point – du moins il l'espérait – pour réussir à mettre à l'aise sa vis-à-vis.

Ce fut un demi succès, car si la jeune femme finit bien par lui demander quelque chose, ce fut d'une voix si faible qu'elle fut complètement couverte par le clairon joyeux d'un des dragons de la base.

« Je vous demande pardon mademoiselle, je n'ai rien entendu. Pourriez vous répéter plus fort ? »

En disant ces mots il se pencha légèrement en avant, la tête inclinée sur le côté histoire d'avoir l'oreille le plus près possible de la source sonore et ne pas louper une seconde fois sa requête. Car s'il était un truc qui n'était vraiment pas classe, c'est que le Prince Charmant-Aviateur fasse répéter 20 fois la requête de la gente Princesse-Domestique.
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Lun 8 Mar - 2:09

N’hésitez pas, n’hésitez pas. Et bien, si, justement elle hésitait. Comme à chaque fois qu’elle devait parler à quelqu’un, d’ailleurs. Ou comme à chaque fois qu’elle dérangeait quelqu’un, puisque l’aviateur pouvait dire ce qu’il voulait, il ne passait certainement pas dans ce couloir par hasard. Et s’il n’y passait pas hasard, c’était qu’il avait quelque chose à faire et donc qu’elle le dérangeait. De plus, quand on bousculait quelqu’un, en général, c’était toujours dérangeant, même quand on ne faisait rien tomber et qu’on ne cassait rien – ni vaisselle, ni personne bousculée. Ce n’était certainement pas pour rien que la majorité des gens qu’elle croisait de la sorte pestait ou passait leur chemin – quelquefois avec quelques moqueries en prime – sans s’attarder, n’est-ce pas ?

Malheureusement, cette personne-là ne semblait pas décidée à continuer son chemin, ni même à se moquer, et Madeleine finit donc par vaincre – ou tout au moins tenter de vaincre – son hésitation. Après tout si elle posait juste une question, si elle demandait uniquement à l’aviateur s’il avait vu le fennec et, si oui, dans quelle direction il avait disparu, ça ne lui prendrait pas plus de quelques secondes, n’est-ce pas ? A condition de ne pas compter les secondes nécessaires à l’élaboration de la question et à sa formulation à voix haute, bien évidemment. Ou à la répétition de ladite question. En effet, la jeune femme rougit violemment – c’est-à-dire que ses joues prirent une couleur encore plus soutenue – lorsque son interlocuteur lui demanda de répéter plus fort, et elle baissa à nouveau les yeux vers ses mains qui continuaient à se tortiller. Un peu comme ses neurones, d’ailleurs. Quand elle s’en rendit compte, la domestique cessa immédiatement de se tordre les doigts et tâcha plutôt de prendre une grande inspiration pour faire ce qu’on attendait d’elle.

« Vous… Vous auriez vu un fennec ? » répéta-t-elle donc, un poil plus fort.

Elle releva le nez pour regarder le jeune homme, tout en déglutissant nerveusement, afin de trouver le courage de poursuivre.

« Je… J’ai… J’ai laissé s’échapper celui du cap… capitaine Galerne, ajouta-t-elle, sa voix devenant de plus en plus faible au fur et à mesure qu’elle avouait sa faute. Il faut que… Je dois le retrouver avant… »

Avant qu’il cause tout plein de dégâts partout. Avant qu’il aille faire un tour en cuisine et provoque la colère du Chef. Avant qu’elle ne se fasse renvoyer du château, poursuivie par la fureur des autorités. Quitte à se faire renvoyer, autant que ce soit le plus discret et le moins honteux possible.

Madeleine se mordilla un court instant la lèvre inférieure et puisa dans sa dernière réserve de courage pour poser la question existentielle, tout en priant pour ne pas avoir à la répéter et pour que l’aviateur ne se moque pas d’elle et/ou ne l’accable pas de reproches. Ca viendrait bien assez tôt.

« Vous… vous auriez vu par où il est parti ? »
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Dim 14 Mar - 21:04

Ah un fennec ! La charmante et timide demoiselle en détresse recherchait donc bien la vile et velue créature du Capitaine Galerne ! Fort bien, Yann, Chevalier-servant de l'Ordre des Aviateurs, vassal de Nobilitas allait se faire une grande joie de voler à son secours et de la seconder dans sa Quête.

Dans les rares livres qu'on lui avait lu quand il était gosse – avant que le paternel reprenne le flambeau avec ses apothicaireries – il fallait toujours un vil monstre, une belle princesse en détresse et un Chevalier au cœur pur pour réussir une belle histoire. C'était certes des gamineries et il avait largement dépassé l'âge de croire en ces âneries, mais... d'un certain côté c'était très séduisant de se mettre dans la peau du sauveur.

Sombre, le jeune homme se fit la réflexion que ça le changerait agréablement de son rôle actuel de français maté par les allemands... Foutu gouvernement ! Ils en avaient du courage à revendre et l'envie de défendre leurs terres ! Pourquoi les avoir coupés dans leur élan, les empêchant de donner toute leur mesure ? S'étaient-ils transformés en lâches en l'espace de quelques décennies ? N'avaient-ils donc rien retenu de la grande guerre ?

Chassant ces images noires, le breton sourit aimablement à la jeune femme en hochant de la tête.

« Il a filé entre mes jambes, il est parti par là » indiqua Yann en pointant de son index les escaliers qu'il allait emprunter quelques minutes auparavant – avant qu'elle lui rentre dedans – et qui menaient à l'aile Est. Oh la douce Madeleine pouvait se rassurer en se disant qu'avant d'atteindre les cuisines du taciturne chef Barrère, Fennec allait pouvoir fureter dans l'aile Est, puis la grande Tour...

De quoi décourager les demoiselles en détresse et requérir l'aide de vaillants Chevaliers servants n'est ce pas ? Décidant de ne pas laisser à cette chère femme le loisir de le rembarrer de nouveau, Yann prit les devants.

« Venez, nous allons le chercher ensemble. » offrit-il en tendant un bras pour que la domestique puisse s'y appuyer.
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Dim 21 Mar - 1:55

Il n’était jamais venu à l’esprit de Madeleine de se comparer avec une princesse de conte de fées et elle ne s’était même jamais considérée comme une demoiselle en détresse. Oh si, bien sûr, en détresse, elle l’était. Mais c’était uniquement de sa faute, et ça n’avait sans aucun doute rien à voir avec les Quêtes qui pouvaient inciter les princes charmants à déployer tout leur courage et à risquer leur vie pour les beaux yeux de leurs belles. Déjà, elle n’avait rien de commun avec lesdites belles, et ensuite, partir à la recherche d’un fennec ne présentait certainement pas le moindre intérêt pour l’aviateur, eût-il une vocation secrète de prince charmant. A défaut de perdre la vie, il risquait surtout de perdre son temps, et la jeune femme n’avait pas du tout envie que ce soit le cas. Son ardoise était déjà bien assez remplie comme ça.

Néanmoins, elle ne put retenir un soupir de soulagement et un regard plein de gratitude quand le jeune homme lui répondit. Non seulement, il ne se moquait pas d’elle et ne lui reprochait pas son erreur, mais il prenait même le temps de lui répondre et de lui indiquer la direction prise par le fennec. Et si elle n’avait pas été si paniquée, Mado aurait même pu se dire que tout n’était peut-être pas perdu et qu’elle avait des chances de pouvoir éviter un renvoi en bonne et due forme, puisque l’animal fugueur n’avait pas pris le plus court chemin pour les cuisines et qu’elle le rattraperait peut-être avant qu’il n’aille fourrer son museau au milieu des melons, concombres et autres rutabagas du chef Barrère – voire d’autres aliments plus appétissant pour un renard. En l’occurrence, la domestique n’avait pas atteint ce point d’optimisme, mais l’attitude de son vis-à-vis lui permit au moins de se ressaisir suffisamment pour trouver le courage de le remercier.

« Merci, » murmura-t-elle donc, tandis qu’un sourire timide – plutôt une grimace en fait – réussissait même à étirer ses lèvres.

Le courage ne poussait pas jusqu’à lui éviter de se tortiller les doigts, ou de torturer sa jupe quand elle sépara ses mains l’une de l’autre. Et, accessoirement, il ne l’avait pas non plus préparée à la déclaration suivante de l’aviateur. Sous le coup de la surprise, Madeleine ouvrit de grands yeux, avant de faire passer son regard du visage de son interlocuteur au bras qu’il lui offrait… et de rougir encore un peu plus. Les joues de la couleur des tomates bien mûres, le cerveau complètement dans les choux, la domestique se mordilla la lèvre pendant quelques secondes, avant de réussir à bafouiller quelque chose.

« Mais… Je… »

Très constructif. D’un autre côté, la jeune femme ne savait absolument pas ce qu’elle pouvait dire de constructif là, maintenant, tout de suite. L’aviateur avait certainement plein de choses à faire, c’était sûr, et il ne pouvait l’accompagner à la recherche du fennec. C’était sa bêtise, c’était à elle de réparer et il était hors de question de déranger quelqu’un pour ça. Mais en même temps… Mado n’avait strictement aucune idée de la façon dont elle devait s’y prendre pour chercher, trouver et rattraper un fennec. Et il fallait qu’elle fasse tout ça très vite si elle ne voulait pas qu’une autre catastrophe s’ajoute à la longue liste de celles qu’elle avait déjà causées. Qu’est-ce qui était le pire ? Ne pas retrouver le fennec à temps, répondre « Non » à son interlocuteur ou autre chose qu’elle n’arrivait pas à imaginer mais qui serait la conséquence logique du dérangement de l’aviateur ?

Le faible soulagement que la domestique avait ressenti quelques secondes plus tôt n’avait pas fait long feu et elle eut besoin de se mordiller la lèvre pendant quelques secondes supplémentaires, le temps de jeter un nouveau coup d’œil au jeune homme, comme pour s’assurer qu’il ne se moquait pas d’elle, et de baisser à nouveau les yeux.

« D’a… D’accord, » émit-elle finalement, en faisant un (petit) pas en avant et en réussissant – au prix d’un gros effort – à détacher sa main droite de sa jupe pour effleurer la manche de l’aviateur.
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Sam 27 Mar - 20:58

Voler au secours des demoiselles en détresse n'entrait pas dans la catégorie des pertes de temps, comme écouter les instructions des officiers allemands par exemple – sans doute parce qu'il n'y comprenait rien – ou faire son lit au carré avant de quitter ses quartiers. A quoi bon s'embêter à refaire chaque soir ce qu'on défaisait chaque matin ? Cela avait toujours échappé au Breton, qui déjà chez lui ne faisait pas son lit et avait échoppé de plusieurs punitions à base d'épluchage de tas de patates aux cuisines avant de finir par se plier – de très mauvaise grâce – à la discipline militaire de rigueur.

Donc, quoi qu'en pense la jeune domestique, Kerendrec avait décidé de l'aider, parce que cela lui faisait plaisir et comptait bien l'accompagner, même de force au besoin comme son bras offert le laissait présager.

Fort heureusement pour Yann – ou pour Madeleine au choix – cette dernière se décida finalement à accepter son offre de soutien – qui n'était pas une perte de temps rappelons-le encore une fois – d'un timide 'd'accord' chevrotant et tout à fait charmant. Un sourire indulgent étira les lèvres du jeune homme qui attrapa la petite main de Madeleine dans la sienne pour la poser dans l'anse de son coude.

Tapotant la main de la jeune femme, il l'entraina vers les escaliers à enjambées mesurées pour se caler sur ses pas plus petits et ne pas la trimballer comme bête en foire. Sa mère lui avait plusieurs fois fait la remarque, lorsqu'il était encore au château, que les jeunes filles n'étaient pas des vaches qu'on mène au champ et qu'elles devaient être guidées avec égard et respect et ce, même domestiques oui mon cher !

« Ne vous inquiétez pas pour Fennec » commença Yann en souriant gentiment à la jeune femme « nous allons le retrouver. »

Il n'y avait pas de raisons ! Après il ne savait pas du tout comment attraper la petite bestiole, mais cela ne devait pas être sorcier. Il capturait bien les blaireaux chez lui, cela ne devait pas être beaucoup plus compliqué. Fennec devait être habitué aux humains en plus, donc il serait beaucoup moins méfiant et agressif et, si ça se trouve, viendrait même vers eux lorsqu'ils l'appelleraient.

Réfléchissant aux alternatives qui s'offraient à eux, les rôles s'inversèrent, Madeleine guidant un Yann plongé dans ses pensées à travers les couloirs de Sarnand.

« Il me faudra votre tablier. » demanda soudain l'aviateur blond qui venait d'avoir une idée.
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Mar 13 Avr - 0:04

Lorsque la main de l’aviateur attrapa la sienne pour la poser correctement sur son bras, le cœur de Madeleine manqua un battement et son poing gauche se crispa un petit peu plus sur ses jupes. Elle ne rougit pas vraiment – puisque ses pommettes arboraient déjà une couleur plus que soutenue – mais la température de ses joues parut grimper si vite qu’elle fut certaine d’avoir battu des records, aussi bien pour le nombre de degrés atteints que pour le temps mis à les atteindre. Son visage lui cuisait tant qu’elle en eut presque les larmes aux yeux et elle n’eut même pas à se forcer pour les garder fixés devant elle – ou plutôt devant ses pieds.

Elle n’avait jamais, jamais, jamais donné le bras à quelqu’un – sauf une fois à son frère quand il avait voulu qu’elle l’accompagne à une fête – et elle ne s’attendait pas vraiment à devoir le faire là, maintenant, tout de suite. Elle avait effleuré la manche de l’aviateur simplement pour appuyer son accord et parce qu’il le lui avait présenté son bras pour l’inciter à la suivre, mais c’était tout. Déjà qu’elle ne pouvait pas adresser la parole à quelqu’un sans se transformer en écrevisse croisée avec une pivoine, alors là… elle devait ressembler à une écrevisse croisée avec une pivoine et déguisée en tomate – au moins. Et le fait que le jeune homme lui tapote la main pour la rassurer n’eut pas vraiment l’effet escompté et ne fit qu’accentuer la gêne de la domestique, qui se contenta de se laisser entraîner en hochant la tête sans savoir vraiment à quoi elle acquiesçait.

Ils avancèrent ainsi quelques pas et Mado ne se rendit pas tout de suite compte que les rôles s’étaient inversés et que c’était maintenant elle qui guidait l’aviateur. Son regard avait quitté le sol juste devant ses pieds pour se relever un peu et parcourir les couloirs qui les entouraient à hauteur probable de fennec, et ce ne fut qu’au bout d’un certain temps de silence et après deux ou trois coudes où elle s’engagea la première, qu’elle comprit que son compagnon de recherche était plongé dans ses pensées. Un peu étonnée, la jeune femme parvint à surmonter son embarras une fraction de seconde, le temps de lever les yeux vers le visage du jeune homme pour constater qu’il regardait dans le vague. Elle se mordilla un instant la lèvre mais ne prononça pas une parole pour ne pas le distraire et se contenta de reprendre sa surveillance des environs, tout en espérant le plus fort possible qu’il n’était pas en train de passer en revue tout ce qu’il aurait pu faire au lieu de l’accompagner. Elle le savait, que la chasse au fennec était une perte de temps, mais bon…

La voix de l’homme finit toutefois par la tirer de ses pensées et elle cessa encore une fois ses observations pour lever le nez vers lui, les yeux arrondis de surprise et son esprit essayant en vain de faire le lien entre les mots qu’elle avait cru entendre, ce qu’elle pensait qu’il pensait peut-être et la situation.

« Mon tablier ? » répéta-t-elle à mi-voix, incrédule, avant de rougir de plus belle.

Voilà. Non seulement, elle avait fait une bêtise plus grosse qu’elle qui risquait de causer des soucis à toute la base – si, si, des saucisses mangées par un fennec, ça faisait des repas en moins pour tout le monde – et de la faire renvoyer, elle faisait perdre son temps à un aviateur – si, si, c’était sûr – qui avait autre chose à faire, et en plus elle se rendait plus stupide qu’elle ne l’était – ce qui n’était pas peu dire si on additionnait tout ce qui précédait.

La domestique déglutit nerveusement et se décida donc à retirer sa main du bras du jeune homme pour pouvoir détacher son tablier.

« Tenez, murmura-t-elle en le tendant à l’aviateur et en rassemblant tout son courage pour oser poser, après une brève hésitation, la question – certainement stupide – qui lui venait : Vous… Vous voulez en faire quoi ? »
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Lun 26 Avr - 22:50

Le tablier, oui oui elle avait bien entendu la requête du breton. Cela pouvait sembler étrange, voire incongrue et tout bonnement déplacé comme demande mais l'homme n'essayait pas de déshabiller Madeleine en prenant comme excuse la chasse au fennec, bien au contraire. La chasse, ça le connaissait, et il fallait toujours quelque chose à jeter sur les bestioles acculées pour les coincer et surtout, éviter qu'elles ne vous mordent et qu'elles paniquent au risque de faire une crise cardiaque, ce qui serait fort fâcheux pour l'aviateur et la petite domestique : le Capitaine Galerne tenait fort à sa bestiole puante, ils se devaient donc de la préserver même en dépit du bon sens...

Après tout, en théorie ladite bestiole n'était pas censée quitter sa cage, mais comme les pygmées qui envahissaient la base ces derniers temps, il y avait parfois des jours où les lois de la probabilités, liguées avec celle de Murphy, se débrouillaient pour vous mettre la tête à l'envers et vous donner envie de vous arracher les cheveux en hurlant à la mort en plein soleil et non sous une lune ronde et pleine.

Un sourire charmant aux lèvres, Yann réceptionna la pièce de tissu et s'inclina brièvement mais élégamment devant Madeleine.

« Merci beaucoup ! Avant peu, votre tablier nous sera fort utile. » dit-il, avant de répondre à sa question d'un sourire énigmatique.

« Vous verrez bien assez tôt. C'est une technique de capture que mon grand-père – un grand chasseur de blaireaux – m'a apprise quand j'étais plus jeune, re-dou-table. »

Son visage se crispa un peu alors qu'il réalisait que le tablier risquait de ne pas ressortir indemne de sa rencontre avec le fennec. Non seulement il risquait de se prendre des coups de dents et de griffes mais la petite bête, apeurée, avait toutes les chances de s'oublier dans le tablier et de le tacher d'urine...

« Par contre, j'espère que Fennec sera sage, sinon votre pauvre tablier risque de rendre l'âme dans la manœuvre. Vous en avez d'autres ? » s'enquit-il en se promettant de le lui remplacer ou de le ravauder lui-même si jamais il lui arrivait malheur. C'était sa méthode de chasse, il n'y avait pas de raisons que la pauvre Madeleine, qui se cassait déjà le dos à ranger derrière eux, soit pénalisée davantage.

Un éclair de fourrure sable disparut dans l'angle* du couloir juste en périphérie du champ de vision de Yann, qui attrapa la main de Madeleine et la serra brièvement.

« Pas de cri, pas de mouvements brusques. » lui chuchota-t-il, le regard braqué dans la direction prise par le petit renard, avant de l'entrainer à sa suite sa petite main toujours prisonnière de sa grande sienne.


* pour changer des coudes
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Ven 30 Avr - 2:00

Evidemment qu’elle verrait bien, songea immédiatement Madeleine en baissant la tête quand l’aviateur lui répondit. Les yeux fixés devant ses pieds, elle ne savait pas si ses joues avaient encore réussi à gagner en intensité colorée, mais elle avait l’impression qu’elles ne pourraient jamais retrouver une température normale. Il fallait dire qu’elle ne se rappelait pas avoir enchaîné tant de bêtises en si peu de temps. Certes, elle avait l’habitude de se prendre les pieds dans les tapis ou de faire tomber ce qu’elle tenait dans les mains – et qui en général n’était rien de plus fragile qu’un panier de draps – mais là… Si l’intensité de la couleur de ses joues était proportionnelle au nombre de stupidités commises par minute, elle devait être aussi vive que celle du corps d’un Porte-Drapeau.

Embarrassée, la jeune femme n’osa donc pas relever les nez vers le visage de son compagnon de chasse au fennec et se contenta de hocher silencieusement la tête quand il affirma que sa technique était redoutable. L’idée de répondre qu’elle n’en doutait pas et qu’elle avait toute confiance en son aide ne lui vint même pas à l’esprit mais, par contre, elle songea bien à le remercier. Le seul problème, c’est qu’elle ne put pas se résoudre à quitter le plancher des yeux ni même à ouvrir la bouche. Ce qui n’était peut-être pas plus mal, finalement, puisque si elle avait pu voir la crispation du visage du jeune homme, elle n’aurait certainement eu d’autre envie que de disparaître sous le plancher.

La question suivante réussit tout de même à lui faire oublier sa gêne pendant une fraction de seconde, et Madeleine se surprit à regarder l’aviateur avec des yeux ronds. Elle baissa la tête derechef, bien entendu, mais trouva, cette fois, la force de répondre.

« Oui… oui, j’en ai d’autres, ne vous inquiétez pas. »

Un tablier pour une domestique, c’était comme une blouse pour une infirmière voire même un uniforme pour un aviateur : un outil de travail, et il en fallait forcément plusieurs par personne ne serait-ce que pour pouvoir les confier à la lessive sans en être totalement dépourvu. Et, de toute manière, elle était bien capable de le raccommoder s’il subissait quelques accrocs. Un tablier n’avait pas besoin d’être aussi impeccable qu’un uniforme, personne ne lui dirait rien si quelques points y étaient visibles – surtout que celui qui voulait lui faire des reproches n’avait franchement aps besoin de s’attarder sur de tels détails, n’est-ce pas ?

« Et… je peux le remettre en état si besoin… » conclut la jeune femme, à mi-voix.

Parce qu’il était évidemment hors de question que l’aviateur se préoccupe du devenir de son tablier. Déjà qu’il perdait son temps à la chasse au fennec, il n’était vraiment pas nécessaire qu’il pense à ce qui pourrait advenir de la pièce de tissu. Si, une fois que tout serait terminé, elle n’avait que son tablier à raccommoder, ce serait bien plus que tout ce qu’elle avait espéré.

Le regard fixé sur ses pieds, la jeune femme n’aperçut pas l’éclair de fourrure fauve, et ne s’attendait pas à ce que son interlocuteur lui attrape de nouveau la main pour l’entraîner à sa suite. Son cœur rata un battement, et ce ne fut que lorsqu’ils eurent passé le coude (*) qu’elle retrouva un semblant de fonction cognitive. Les paroles de l’aviateur purent alors parvenir à son cerveau, en même temps qu’elle se mettait à respirer et que sa fréquence cardiaque reprenait une valeur (presque) normale. Elle hocha donc la tête silencieusement avec un temps de retard, au moment où elle apercevait enfin la cause de tout ce qui venait de se passer – puisqu’elle avait relevé instinctivement les yeux en se déplaçant.

Le fennec du capitaine Galerne était juste là.

Madeleine retira sa main de celle de l’aviateur et la joignit à la deuxième, avant de commencer à se les tordre. Maintenant, c’était au jeune homme de jouer, parce qu’elle n’avait strictement aucune idée de ce qu’il fallait faire. Et si le petit animal s’échappait encore ?


[HJ- (*) C’est bien, les coudes !]
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Dim 2 Mai - 14:27

Yann hocha imperceptiblement de la tête pour signaler à la jeune femme qu'il l'avait bien entendue. Toute son attention était maintenant tournée vers la petite boule de fourrure sable qui s'était figée lorsqu'elle avait remarquée leur présence à tout les deux, ses petits yeux bruns passant de l'un à l'autre comme s'il essayait de déterminer laquelle des deux grandes créatures était la plus dangereuse.

Le bout de la langue tiré de concentration, les sourcils froncés et le regard intense, le breton étudiait la situation sans faire aucun geste, aussi immobile que sa proie.

Bon. Fennec était acculé dans un renfoncement du couloir où quelques caisses vides s'empilaient : s'il voulait s'enfuir il devrait lui passer entre les jambes et ça, Yann ne comptait pas lui en laisser le loisir. Tout doucement, l'aviateur changea sa prise sur le tablier et le déploya largement, tel un matador spécialisé en torchons. Si son adversaire essayait de s'enfuir, il le capturerai en lui jetant le tablier de Madeleine dessus. La plupart des animaux paniquaient dans ce genre de situation et étaient incapables de se dégager facilement, ce qui laisserait à Yann les précieuses secondes nécessaires pour le maîtriser complètement.

Sentant la menace, le petit renard des sables frémit et fit demi-tour, glissant son corps mince entre les caisses et le mur. Loin de démonter pour si peu, le maître es-chasse au blaireau regarda le bout de la queue touffue de Fennec disparaître totalement dans l'ombre, puis recula doucement jusqu'à rejoindre Madeleine, dont il saisit de nouveau la main pour la presser légèrement.

« Je vais avoir besoin de vous... » commença le jeune homme en lui jetant un coup d'œil, comme s'il cherchait à évaluer ses talents de chasseresse au renard. « Je vais me poster devant les caisses pour lui couper toute retraite » lui expliqua-t-il en faisant une enjambée pour se mettre à son poste « tandis que vous irez lui faire peur en tapant sur les caisses, de l'autre côté. » dit-il en allant se mettre à gauche des caisses et de faire semblant de taper dessus pour parachever sa démonstration.

Il revint ensuite vers la jeune femme et lui sourit, encourageant.

« Vous pensez pouvoir faire ça ? » lui demanda-t-il en essayant d'accrocher son regard, ce qui n'était pas évident comme elle s'entêtait à regarder ses pieds.
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Mer 5 Mai - 23:54

Calquant son attitude sur celle de son voisin sans même s’en rendre compte, Madeleine s’immobilisa lorsqu’elle le fennec remarqua leur présence. Trois mammifères statufiés dans un couloir, ça ne devait pas arriver souvent à Sarnand, mais la domestique était bien loin de ses considérations. Les yeux fixés sur le petit renard des sables, tandis que l’aviateur tentait une approche avec son tablier déployé, elle cessa de se tordre les mains et retint même instinctivement sa respiration comme si le moindre mouvement ou souffle d’air pouvait mettre en péril le succès de l’opération. Peut-être que si le petit animal ne percevait aucun signe de vie dans les parages, il se laisserait attraper sans opposer de résistance. Tout rentrerait dans l’ordre, ainsi, le fennec retrouverait sa cage dans la chambre du capitaine Galerne et l’aviateur pourrait retourner vaquer à ses occupations. Peut-être même qu’elle ne se ferait pas renvoyer et…

Et que c’aurait été trop beau pour être vrai. Le petit animal n’était certainement pas assez stupide pour confondre des humains, même immobiles, avec des éléments du décor – à moins que ses grandes oreilles ne lui permettent d’entendre le cœur de la jeune femme qui martelait ses côtes et n’éventent ainsi le camouflage – et ne laissa pas l’aviateur résoudre le problème en deux temps trois mouvements. En le voyant disparaître derrière les caisses, Madeleine sentit son espoir retomber comme un soufflé et, déçue, expira tout l’air qu’elle avait emmagasiné sans s’en rendre compte, tout en baissant le nez sur ses pieds. Raté. Jamais ils ne pourraient attraper le petit renard maintenant qu’il s’était tapi derrière le tas de caisse. Et l’aviateur ne pouvait tout de même pas rester là, à attendre qu’il sorte de sa cachette. C’était foutu. La seule chose qui lui restait à faire, c’était de se rendre aux cuisines pour prévenir du désastre à quatre pattes qui risquait de venir y faire un tour, et prier pour que l’orage qui exploserait sur sa tête à ce moment-là ne soit pas trop violent.

Elle n’eut toutefois pas le temps d’imaginer toutes les conséquences désastreuses qui allaient succéder au refus de coopérer du fennec, puisque l’aviateur revint à ses côtés et lui attrapa de nouveau la main en la pressant légèrement. Aussitôt, la jeune femme sentit ses joues la brûler – alors que l’observation du fennec leur avait fait retrouver une température plus ou moins normale – et elle releva un instant les yeux pour jeter un regard à la fois incrédule et interrogatif à son interlocuteur. Il avait besoin d’elle ? Alors il n’abandonnait pas la « chasse au fennec » ? Il y avait encore une chance d’attraper le petit animal et de le remettre dans sa cage avant qu’il ne cause trop de dégâts ?

Le regard de Mado suivit chaque mouvement du jeune homme pendant qu’il faisait sa démonstration mimétique, avant de se reporter sur le sol, devant elle. Ca semblait simple, en effet. En fait, toute personne normalement constituée – ou, du moins, pas horriblement maladroite – aurait même dit que c’était d’une simplicité enfantine. Le seul problème, c’était que la domestique ne faisait pas vraiment partie des personnes non horriblement maladroites. Après tout, elle avait une fâcheuse tendance à bousculer les gens qu’elle rencontrait, à laisser échapper ce qu’elle tenait dans les mains, à casser la vaisselle – ce qui n’était que le corollaire du fait précédent – et à se prendre les pieds dans à peu près tout ce qui traînait, qu’il s’agisse d’un tapis ou du panier de linge qu’elle avait elle-même déposé quelques secondes plus tôt. Dans ces conditions, il était loin d’être exclu qu’elle fasse tomber les caisses, les casse ou quoi que ce soit d’autre de mauvais.

Mais ce n’était évidemment pas la réponse à fournir à l’aviateur. Celui-ci faisait déjà de gros efforts pour l’aider en prenant sur son temps et il était hors de question qu’elle ne fasse rien. Surtout s’il avait besoin de son aide.

« Oui… Je vais essayer, » murmura-t-elle donc, sans pour autant réussir à donner plus d’assurance à sa voix qu’elle ne ressentait en réalité.

Et, pour tenter d’appuyer ses paroles, elle fit les quelques pas qui la séparait de la position qu’avait prise l’aviateur quelques instants plus tôt. Elle ne voyait pas le fennec, caché dans l’ombre, et elle se força donc à relever les yeux vers le visage du jeune homme, en se mordillant la lèvre inférieure. Elle était prête, il n’avait plus qu’à dire s’il l’était aussi… et à espérer qu’elle ne cause pas une catastrophe plus grosse qu’elle.
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Lun 10 Mai - 12:17

L'aviateur prenait juste sur son temps de sommeil, ce qui n'était pas bien grave. Il était jeune, il était en excellente santé physique il n'avait donc pas besoin de dormir pendant 9 heures d'affilées pour être d'attaque pour les patrouilles nocturnes. Il s'amusait bien à chasser le fennec, cela lui rappelait sa forêt natale et ses parties de chasse au blaireau. La jeune femme n'avait donc vraiment aucune raison de croire qu'il se forçait en quoi que ce soit.

A vrai dire, il aurait sans doute même dû la remercier de lui fournir une occasion d'oublier un peu la guerre et l'occupation allemande en lui offrant une petite part de nostalgie au pays des bretons et des cailloux vengeurs. Même si il n'était pas question de cailloux à exploser là – fort dommage ceci dit – mais bien de fennec à attraper.

Yann regarda sa compagne de chasse se mettre en place et hocha la tête pour lui signaler que sa position était parfaite. Concentré sur son objectif, le breton se rapprocha à pas de loups du mince espace entre le mur et les caisses où le petit renard des sables avait disparu. Lorsqu’il ne fut plus qu’à un mètre de sa destination il se pencha à demi pour laisser trainer légèrement le tablier sur le sol, tel un matador pour micro taureau.

Il fit ensuite un léger signe de tête à Madeleine, accompagné d’un « Maintenant ! » murmuré, le regard rivé sur le terrier artificiel d’où était censé s’extirper Fennec.

C’est le ‘censé’ qui fit toute la différence… Lorsque la jeune femme s’exécuta – avec beaucoup d’enthousiasme vu le boucan – aucun renard ne jaillit hors de sa cachette pour se ruer dans les filets – tablier – de l’aviateur breton. Perplexe, Yann se redressa légèrement, et jeta un regard éberlué à Madeleine, l’air de ne pas comprendre du tout ce qui se passait.

« Ya un truc de pas catholique… » murmura l’aviateur en se frottant le menton.

C’était tout simplement inédit comme situation. Le renard n’était sorti ni de son côté, ni de celui de la domestique. Hors, aucun animal même bien dressé ne pouvait rester stoïque coincé entre un mur de pierre et de caisses branlantes. Seule solution, et pas des plus réjouissantes : il y avait une… troisième sortie.

Eh zut tiens !

Sans prendre de précautions Yann poussa le tas de caisses sur le côté – tas qui protesta en grinçant désagréablement aux oreilles et en postillonnant des échardes – découvrant… un magnifique trou dans le mur. Pas assez grand pour qu’il puisse s’y glisser mais largement de quoi laisser passer Fennec.

« Mince, pas de chance. » constata le breton sans s’énerver. C’était les aléas de la chasse, c’était juste un peu problématique mais les jeux n’étaient pas encore faits !

« Je ne passe pas dans ce trou moi, comment va-t-on faire... » commença-t-il pour lui-même, pensif, avant que son regard ne s’illumine en passant sur Madeleine. « Ah ! Trouvé. Vous allez y aller et me dire ce que vous voyez. Avec un peu de chance c’est un cul de sac et notre rusé ami est coincé dedans. »
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Dim 16 Mai - 21:01

Les paumes des mains moites, le cœur qui battait la chamade et le rouge aux joues, Madeleine gardait les yeux fixés sur l’aviateur en attendant son signal et en priant pour ne pas commettre une énorme bêtise quand ce serait à elle de jouer – comme de renverser ou de casser les caisses, par exemple. Heureusement, avant que la jeune femme n’ait eu le temps de se faire des nœuds en cerveau en se demandant si, oui ou non, elle allait réussir à jouer le rôle qu’on lui avait attribué, le metteur en scène donna le signal de l’action. Et lorsque l’action commençait, il n’était plus temps de réfléchir, aussi la domestique entreprit-elle de se mettre aux percussions, comme on le lui avait demandé.

Mais, si les caisses résonnèrent bien comme prévu – au point d’en faire bourdonner les oreilles de Madeleine – aucun renard à grandes oreilles ne sortit de sa cachette. Pourtant le bruit était tel qu’il aurait pu attirer tous les habitants de Sarnand dans ce couloir… et la domestique ne put s’empêcher d’espérer que les autres militaires de la base ne viennent pas satisfaire leur curiosité en s’assurant qu’aucun mur du château ne s’était écroulé, avant de réaliser ce que signifiait l’absence de fennec dans son champ de vision. Le plan de chasse avait échoué. Comment allait-elle récupérer le petit animal s’il ne sortait pas de là, même avec un tel boucan ? Elle devrait aller voir le capitaine Galerne pour lui annoncer qu’elle avait non seulement laissé échapper son renard mais qu’elle l’avait aussi obligé à se terrer dans un coin de couloir ? Ou alors, il valait peut-être mieux prévenir le chef Barrère avant tout, qu’il puisse assurer la sécurité des cuisines ? Et qu’il puisse la faire virer illico presto

Devant l’échec de la tentative de récupération du fennec – et la disparition dudit fennec – la panique de Mado revenait à grands pas et occultait, lentement mais sûrement, ses capacités de réflexion. Elle en était à se tordre les mains et à lever un regard perdu sur l’aviateur quand celui semblait avoir réfléchi plus avant à la question – ou, tout au moins, de façon plus pratique – et repoussait le tas de caisses contre le mur. Madeleine se contenta de se reculer d’un pas pour laisser suffisamment de place à la manœuvre et éviter les échardes, avant de se rapprocher pour voir où se situait le problème, tout en cessant de se tortiller les doigts. Même si elle n’était pas des plus réactives, elle ne mit pas longtemps à saisir le pourquoi du comment de la non-apparition de Fennec. Par contre, elle ne s’attendait pas le moins du monde à l’idée de l’aviateur.

« Quoi ? laissa-t-elle échapper en posant deux grands yeux incrédules sur le jeune homme, avant de répéter un ton plus bas : Que je passe dans le trou ? »

De rouge, ses joues devinrent blanches, tandis que son regard passait du visage de l’aviateur au trou dans le mur. Il voulait vraiment qu’elle passe dedans ? Mais si elle ne passait pas ? Ou si quelqu’un passait ? Et s’il n’y avait pas de fennec ? Ou s’il y avait le fennec, justement, mais qu’il n’appréciait pas de voir quelqu’un passer dans son trou ? Ou pire, s’il y avait autre chose qu’un fennec ? Les mains tremblantes, Mado ne cessait de regarder son compagnon de chasse au renard et l’ouverture dans le mur qui devenait à chaque instant plus effrayante, tout en essayant de raisonner un minimum. L’aviateur avait raison… Il ne pouvait pas passer, lui. Et il avait déjà fait tant d’efforts pour l’aider… Elle pouvait essayer de faire quelque chose, non ? Après tout, c’était de sa faute, tout ça, n’est-ce pas ?

Madeleine fit donc un pas vers le mur, les mains moites et crispées sur sa jupe, avant de s’arrêter et de déglutir nerveusement. Elle prit une profonde inspiration et s’agenouilla devant l’ouverture, avant de jeter un dernier regard au jeune homme et de passer finalement sa tête dans le trou.

Aussitôt quelque chose lui frappa le nez et les joues, et elle se recula vivement en poussant un cri de pure panique. Tremblante, la main plaquée sur sa joue gauche ou se dessinait une petite estafilade, les yeux écarquillés de terreur, la domestique fixait le trou d’où s’échappait une voix criarde mais clairement furieuse.

« Chezmoi ! Pa’rrrentrrrer ! »

Et la petite tête jaune et verte qui sortit soudain avait des dents tout à fait impressionnantes pour sa taille, si si !
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Mar 18 Mai - 18:04

Yann encouragea sa compagne de chasse d’un hochement de tête appuyé lorsque celle-ci lui lança un regard qui avait tout de celui de la proie acculée par un prédateur affamé. S’il n’avait pas été aussi focalisé vers leur objectif – la disparition du fennec – il se serait sans doute fait la réflexion qu’il la trouvait tout à fait… charmante avec ses joues roses de confusion et ses grands yeux légèrement écarquillés. Bon ça n’aurait pas doute pas été très charitable, d’autant que la coiffure de la jeune femme avait depuis longtemps abandonné toute velléité de retenir ensemble les mèches de cheveux, lui rappelant fort à propos la tête de sa mère quand elle s’évertuait à lui courir derrière pour lui coller une fessée lorsqu’il était tout môme.

L’aviateur ne recevait plus de fessées maintenant, du moins plus de sa mère et uniquement dans le cadre de jeux privés qui n’avaient rien à voir avec la situation présente.

Tourné vers son objectif donc, Yann regarda Madeleine s’agenouiller et passer la tête par le trou, s’attendant à la voir disparaître en entier dans le ventre du mur. Ainsi fut-il passablement surpris lorsqu’elle recula presque aussitôt sous les imprécations nasillardes et furibardes d’un…

… dragon pygmée.

Fichtre et foutre, ces bestioles étaient donc partout ?! Loin de se démonter, le breton fronça des sourcils et s’accroupit à son tour pour se mettre au niveau du trou et de son occupant. Méthode de chasse à la vermine pas fut’fut’ : lui balancer quelque chose à mordre. Le tablier vola vers le pygmée qui y planta bêtement ses crocs, comme prévu. Sans attendre Yann tira d’un coup sec pour essayer d’extirper la bête de son domaine – bête qui planta par réflexe ses petites griffes dans le mur pour ne pas lâcher prise. Manque de bol pour le pygmée, le chasseur avait prévu une parade et de son autre main il choppa le petit dragon par le cou juste derrière les mâchoires.

« Je te tiens, sois sage ! » clama le breton qui maintenait fermement sa prise.

Furieux et un peu – beaucoup – paniqué, le dragon pygmée glapissait des « ssssafémal ! » sans pourtant essayer de griffer son tortionnaire comme s’il avait compris que cela ne servirait à rien. Enfin la vraie interprétation était sans doute qu’il préférait de loin s’agripper désespérément à son mur plutôt que de se faire extirper de force de son nid. Satisfait, Yann décocha un sourire éclatant à la jeune femme en espérant récolter des louanges pour sa bravoure et son habileté.

« Je vais te relâcher » vil mensonge « si tu me dis ce que tu as fait du renard. » promit-il ensuite au petit dragon.

Yann était certain que le pygmée ne comprendrait jamais ce qu’il venait de dire, car ces bestioles étaient tout de même vachement limitées sur le plan de l’intellect, mais jugeait que cela ne coûtait rien d'essayer.

Comme pour le démentir de sa perfidie, le dragon pygmée caqueta un « Mangééééé !! » extatique, figeant le sourire du breton qui lança alors un regard inquiet à la jeune femme.
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Sam 29 Mai - 17:02

Pétrifiée de terreur, la main plaquée sur sa joue gauche, Madeleine gardait les yeux fixés sur la petite tête qui sortait du mur. Elle aurait certainement pu rester des heures assise là, par terre, sans bouger de peur que le moindre mouvement ne conduise la créature à lui sauter à nouveau dessus – certes elle n’essayait plus de rentrer dans sa tanière mais c’était peut-être rancunier comme bête – si l’aviateur n’avait pas décidé de prendre les choses en main. Hébétée, la domestique suivit les mouvements du jeune homme des yeux, sans vraiment comprendre ce qu’il faisait. Le tablier volait, le petit animal y plantait ses dents pointues mais ne s’extirpait pas pour autant du trou… et l’aviateur l’attrapait à l’arrière de la tête.

Ce ne fut qu’à cet instant, lorsque les doigts de son compagnon de chasse se refermèrent sur la… le… la bestiole, et que celle-ci protesta de sa voix criarde, que Madeleine reprit plus ou moins pied dans la réalité. Son regard se détacha du petit animal pour se poser sur le visage souriant de l’aviateur, et elle esquissa une sorte de grimace-sourire en réponse, tandis que sa main retombait et que ses yeux revenaient à la bestiole qui continuait à piailler. Et même à parler, réalisa soudain la jeune femme. La voix était aiguë et nasillarde, le ton furieux et les mots à moitié avalés, mais il n’y avait pas de doute. Ce qu’elle avait pris pour des piaillements furibonds ressemblait beaucoup à des « Ca fait mal » mal articulés.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Mado, suffisamment intriguée malgré elle pour oser poser la question.

Elle s’occupait de la chambre du capitaine Galerne depuis plus de quinze jours mais, si elle avait eu l’occasion d’apprendre à reconnaître un fennec quand elle en voyait un, elle n’avait pas eu celle de faire connaissance avec les autres locataires de la chambre de l’aviateur. Ceux-ci n’étaient pas là quand elle s’y rendait – ou alors ils étaient bien cachés – et la domestique n’avait pas vraiment pour habitude d’aller toquer à la porte des capitaines en dehors de son service pour leur demander de leur faire visiter leur ménagerie. De toute manière, elle en voyait suffisamment comme ça, avec le petit renard à grandes oreilles. Et comme elle ne sortait pas beaucoup non plus, elle n’avait pas vraiment eu l’occasion de se retrouver nez à nez avec un autre représentant de l’espèce de la petite bestiole du mur, quand bien même elle en aurait entendu parler.

Et non seulement, ça parlait, mais ça comprenait aussi les questions qu’on lui posait apparemment puisque l’aviateur cherchait à savoir où était passé le fennec et la bestiole lui répondait… qu’il l’avait mangé ?!

Madeleine ouvrit de grands yeux en réponse au regard inquiet du jeune homme, mais sa première pensée ne fut pas dictée par l’inquiétude. En effet, la disparition du renard réduisait de beaucoup les menaces qui pesaient sur les saucisses du chef Barrère et diminuait donc la probabilité que celui-ci fasse exploser un terrible orage au-dessus de sa tête… mais pas celle d’une catastrophe. Le capitaine Galerne devait y tenir à son fennec pour l’avoir ramené de ses campagnes à Sarnand, pour le garder dans sa chambre, pour déléguer une domestique au nettoyage de ladite chambre afin d’éviter les fugues de l’animal… et de connaître le responsable si lesdites fugues se reproduisaient. Blanche comme un linge, la jeune femme posa un regard effaré sur la petite bestiole.

« Ce n’est pas possible, » murmura-t-elle, catastrophée, en se tordant à nouveau les mains.

Non, ce n’était pas possible. Une simple erreur d’inattention, une simple seconde d’ouverture de cage ne pouvait pas avoir d’aussi graves conséquences, si ? La petite bestiole qui se cachait dans le mur avait des dents pointues et des griffes acérées – comme le démontrait l’égratignure sur sa joue – mais elle ne pouvait pas avoir mangé un fennec en quelques secondes, hein ? Surtout que… ledit fennec était quand même drôlement plus gros, non ?

« Il est trop petit pour l’avoir mangé, non ? » émit Madeleine au moment où elle réalisait ce fait tout simple.

Ou, du moins, trop petit pour l’avoir dévoré aussi vite et sans que le petit renard à grandes oreilles ne se débatte. Il avait couiné dans sa caisse tout à l’heure, il ne serait pas laissé manger sans rien dire, n’est-ce pas ? Sauf s’il avait protesté mais que le formidable boucan qu’elle avait fait en tapant sur les caisses ne les ait empêchés de l’entendre, bien sûr.
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Lun 31 Mai - 18:28

Oui évidement qu’il était trop petit pour boulotter Fennec aussi vite… Yann leva les yeux au ciel, dépité par sa propre bêtise. Surpris par l’affirmation du petit dragon, il n’avait même pas songé à analyser la situation et il avait fallu que sa compagne de recherches le dise à haute voix pour que la lumière s’allume dans le grenier obscur qui était censé lui servir de cervelle. Ah bah elle était reluisante tiens l’Armée de l’Air !

Le breton fit les gros yeux au pygmée, pour bien lui faire comprendre qu’il avait intérêt, s’il voulait garder ses plumes, à se la mettre en veilleuse. L’intimidation du grand prédateur sur le petit dû porter ses fruits car après un couac effrayé le micro dragon rentra la tête dans ses épaules en signe de soumission, ou plus exactement – l’éthologie est une science de précision – dans la poigne de son tortionnaire. En plaquant ses belles plumes colorées contre son cou histoire de les dissimuler.

« C’est un dragon pygmée ma chère. » expliqua le breton en fourrant sa main dans le terrier, décrochant une après l’autre les griffes de la pierre. Le dragon roula des yeux, ouvrit le bec avec l’intension de proférer des insanités mais un second regard meurtrier de l’Aviateur le convainquit qu’il vivrait plus longtemps s’il se la bouclait.

« Une espèce exotique rapportée par le Capitaine Galerne. Un couple. » grimaça le jeune homme en enroulant le dragon dans le tablier de la jeune femme. « Qui comme vous pouvez le voir, a commis plusieurs descendants… »

Il lui fourra ensuite le pygmée saucissonné dans les bras sans autre forme de procès.

« Il n’a certainement pas eu le temps de le manger non et comme nous n’avons entendu aucun glapissement ni grognement en provenance du trou, ils ne se sont même pas battus… »

Ce qui posait un problème à l’aviateur, qui n’arrivait pas à envisager qu’un dragon et un renard aient pu s’entendre au point de se partager une planque comme ça, sans mise au point mordante et griffue. Perplexe, Yannick se frotta la nuque de la main droite, les sourcils légèrement froncés.

« Ya un truc que je capte pas là. » avoua-t-il à haute voix, avant de se pencher pour pouvoir regarder dans le trou à son tour.

Un gloussement hystérique échappa au petit dragon, qui se tortilla dans les bras de Madeleine en ululant un « Chezmoaaa ! Pa’rrrentrrrer !» qui donna des envies de meurtre à l’Artificier qui s’imaginait déjà en train de lui fourrer un bâton de dynamite allumé là où il pensait pour venger ses pauvres tympans martyrisés.

Après un dernier soupir exaspéré, la tête de l’aviateur disparaissait dans le trou du mur, ses larges épaules bloquant rapidement sa progression. Un léger grognement qui semblait provenir de l’homme s’éleva ensuite, couverts par les piaillements du dragon.

« Je le vois ! Il est coincé au fond du trou ! » s’exclama Yann d’une voix étouffée.

Quelques secondes plus tard, le breton réapparaissait au grand jour, les joues légèrement roses et les yeux brillants.

« J’ai pas assez de longueur pour aller le chercher, va falloir être courageuse et affronter la bête. » lui annonça-t-il, la fièvre de la chasse le rendait enthousiaste. Il se reprit presque aussitôt, conscient qu’il s’adressait à une jeune femme qui devait certainement craindre de se faire mordre. « Ou vous pouvez aller chercher quelqu’un de plus étroit de moi pendant que je surveille le trou, vous n’êtes pas obligée d’y aller vous-même. »
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Dim 6 Juin - 4:32

Un dragon pygmée ? Bon d’accord, c’était vrai que la petite bestiole ressemblait à un dragon, avec ses quatre pattes griffues, ses deux ailes et ses dents pointues… mais elle avait aussi des plumes et elle était vraiment… petite justement. Madeleine était loin de se considérer comme une experte en dragons mais elle vivait quand même à Sarnand depuis plus de dix ans et elle commençait à s’y connaître un minimum. C’est-à-dire qu’elle était au moins capable de reconnaître les différentes races qu’elle apercevait dans la cour du château, et elle savait que les Toute-Vitesse étaient les plus petits de tous. Mais « petits » signifiait quand même plusieurs mètres de long et d’envergure. Rien à voir avec les quelques centimètres du dragon pygmée qui sortait du mur.

Aussi la jeune femme prêta-t-elle une oreille attentive aux explications de l’aviateur, ce qui diminua la concentration qu’elle portait à ses faits et gestes ainsi qu’aux regards qu’il pouvait bien échanger avec le petit animal. Elle ne s’attendait donc pas le moins du monde à ce que son compagnon de chasse au fennec lui refile un paquet contenant un dragon pygmée enveloppé d’un tablier et reçut le tout sans un mot en écarquillant légèrement les yeux de surprise. Heureusement, la surprise n’alla pas jusqu’à lui faire perdre tous ses réflexes et elle ne laissa pas tomber l’étrange paquet au sol, se contentant de l’attraper avec maladresse et de le serrer dans ses bras avant de se rendre compte qu’il valait peut-être mieux laisser la petite bestiole respirer un peu.

L’esprit maintenant pour moitié occupé à analyser les explications de l’aviateur – dragon pygmée, descendant de ceux du capitaine Galerne… – et pour moitié concentré sur la meilleure façon de tenir un petit dragon saucissonné dans un tablier, Madeleine se contenta de hocher machinalement la tête aux paroles du jeune homme sans les avoir vraiment écoutées. Toute son attention se reporta néanmoins sur son interlocuteur quand elle comprit enfin qu’il se posait des questions sur la disparition du fennec et avait l’intention de risquer à son tour un coup d’œil dans le trou. Hélas, la petite bestiole verte et jaune avait apparemment saisi de quoi il retournait, elle aussi, puisqu’elle ne tarda pas à exprimer son mécontentement à voix haute en ponctuant ses exclamations de gigotements en tout genre, si bien que la domestique n’eut même pas l’occasion d’exprimer son inquiétude ou de mettre en garde l’aviateur – on ne savait pas ce qu’il y avait d’autre dans ce trou – et qu’elle n’eut d’autre choix que de resserrer sa prise sur le petit animal.

« Chut, chut, » émit-elle à mi-voix pour tâcher de le calmer, plus par réflexe qu’à cause d’une réflexion consciente.

L’exclamation de triomphe de l’aviateur lui fit de nouveau reporter sa concentration sur lui, juste à temps pour le voir émerger du trou… et pour se pétrifier en ouvrant deux grands yeux incrédules et terrifiés.

« Re… retourner dans le trou ? » laissa-t-elle échapper, avant de virer au rouge pivoine et de baisser la tête.

Elle aurait bien contemplé le parquet entre ses pieds comme elle en avait l’habitude, mais le paquet draconien qu’elle avait dans les mains arrêta son regard et lui permit en même temps de réaliser que ce n’était pas du tout, du tout une bonne idée que d’essayer de se tordre les mains l’une contre l’autre. Ca aurait signifié la chute dudit paquet, ce qui aurait été une catastrophe sans nom. Ce n’était pas un panier de linge qu’elle tenait, ni même un plateau de vaisselle, mais un être vivant, même s’il appartenait à une espèce qu’elle ne connaissait pas jusqu’alors. Ajoutez à cela qu’elle n’était même pas capable de vaincre son appréhension pour aller jeter un coup d’œil dans le trou du mur alors même qu’elle avait laissé l’aviateur prendre tous les risques et s’assurer qu’il ne s’y trouvait rien d’autre que le fennec, et on pouvait dire qu’elle faisait vraiment une piètre domestique.

La proposition de son compagnon de chasse ne lui permit même pas de se ressaisir. Aller chercher quelqu’un ? Mais qui ? Et où ? Et ça signifiait qu’elle allait devoir déranger une autre personne ? Et lui expliquer la situation ? C’est-à-dire non seulement lui parler, mais en plus lui avouer toutes les catastrophes qu’elle avait réussi à causer en quelques minutes ? Mais c’était encore plus terrifiant que de se glisser soi-même dans le trou, non ? Sans compter que le temps qu’elle parte à la recherche d’une troisième personne, l’aviateur devrait attendre là pour être sûr que le fennec ne se sauve pas, ce qui lui ferait perdre encore plus de temps. C’était décidément impossible !

« Je… Je peux essayer, » murmura donc Madeleine, d’une voix bien moins assurée que ce qu’elle aurait voulu.

Et ses yeux toujours baissés vers le sol – enfin le dragon pygmée enveloppé dans son tablier – ne devaient certainement pas améliorer la situation. Elle déglutit avec difficulté et tâcha d’avancer d’un pas, pour pouvoir tendre le paquet draconien au jeune homme, tout en s’efforçant de lever (un peu) la tête. Le résultat ne fut pas des plus probants mais lui permit au moins de poser le regard à hauteur du torse de son interlocuteur.

« Je vais… Comment je le fais sortir ? Il faut que je l’attrape ? » réussit-elle tout de même à demander, en levant (presque) un regard un peu perdu sur le visage du jeune homme.

Elle n’avait jamais essayé d’attraper un animal et encore moins un renard à grandes oreilles. Mais lui avait l’air de s’y connaître en chasse au fennec, s’il lui indiquait comment faire, il n’y avait pas de raison qu’elle n’y arrive pas. Hein ? Même si elle était maladroite et tout et tout, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Mar 8 Juin - 1:00

Plus il y pensait, plus il trouvait que c’était une mauvaise idée de laisser la jeune femme attraper le petit renard. N’ayant aucun expérience de la chasse au fauve – bien que la petite bête ne puisse pas vraiment être considérée comme telle – elle avait toutes les chances de se faire mordre, ce qu’il ne souhaitait pas. Plusieurs options s’offraient donc à lui. La première, réquisitionner un des jeunes aviateurs. La seconde, quérir le Capitaine Galerne - il devait bien savoir comment amadouer sa bestiole. La troisième, essayer de trouver une perche collet pour chiens sauvages.

Aucune chance d’en trouver dans une base militaire… Peut-être pourrait-il en fabriquer une, mais cela lui demanderait plusieurs heures entre la récolte des matériaux et la fabrication. Or, il voulait vraiment se coucher tôt et être en forme pour la sortie du lendemain-soir. Donc, il avait le choix entre trouver un adolescent ou le Capitaine Galerne.

« Je suis désolé de vous avoir proposé ça mademoiselle, c’est trop risqué. »

Il se redressa souplement et lui sourit, rassurant.

« Je vais chercher de l’aide, restez ici et surveillez bien le trou. Ne laissez pas le fennec ou le pygmée s’échapper surtout, j’essaye de faire vite. »

Manquerait plus que les deux bestioles se sauvent tiens ! Après un dernier regard appuyé pour le petit dragon qui rentra la tête dans son tablier en essayant de jouer les innocentes peluches, il tourna les talons et partit au petit trot en direction du mess des officiers. A choisir il préfèrerait trouver un jeune officier plutôt que Galerne. Le Capitaine de Vendémiaire n’aurait certainement pas oublié le coup de la brosse à aisselles… Ceci dit, il avait un moyen de pression tout trouvé. Si Galerne refusait d’aider, alors Kerendrec le menacerait. Mais à bien y réfléchir, il ne voyait vraiment pas pourquoi l’homme refuserait de voler au secours de son propre animal de compagnie. Si tant est qu’on puisse qualifier un fennec d'animal de compagnie bien entendu.

Quelques minutes plus tard, le breton poussait la porte du mess des officiers, balayant la pièce du regard à la recherche d’une victime.
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Mer 9 Juin - 21:10

Sans jamais franchir la ligne imaginaire qui marquait la frontière de l'insubordination, Wolfgang jouait avec habitude à la longer le plus possible. S'il avait des soucis importants nul doute qu'il recevrait une punition exemplaire, mais sinon... ça pouvait passer !

Par exemple, le mess des officiers n'était pas fait pour les Flieger, mais parfois on pouvait avoir une bonne raison d'être au mess, pour rencontrer quelqu'un par exemple et quand on disait qu'on attendait un homme tel que le commandant de Sarnand alors qu'on savait parfaitement que ce n'était pas le cas, on pouvait rester quelques dizaines de minutes dans la pièce à boire un peu de café et à manger. Et ça c'était bien. Donc Wolfgang était installé dans un fauteuil confortable quand le français fit son entrée et il se dit qu'il avait trop traîné.

Il se leva et se dirigea vers l'officier avec un air indéchiffrable sur le visage et il le salua avec toute la rigueur militaire qu'il pouvait posséder.

" Artificier ! "

Il attendit qu'on lui réponde pour pouvoir prendre congés en disant qu'il avait certainement mal compris et que son oncle l'attendait dans son bureau. Oui, c'était parfait comme excuse, et puis il n'avait pas tant mangé que cela. Par contre, comme l'homme bouchait la porte, non il n'était pas gros mais Wolfgang ne voulait pas le déranger, il allait devoir attendre encore un peu et cela finalement n'était peut-être pas bon.

Il resta bien droit tout en commençant à trouver le temps long, si seulement il pouvait avoir quelque chose à faire ! Malheureusement, il allait avoir quelque chose à faire ... mais il ne le savait pas encore.
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Jeu 10 Juin - 13:59

Hein ? Quoi ? se demanda Madeleine en relevant brusquement la tête pour jeter un regard incrédule à l’aviateur. Mais non ! Non, non, non, ce n’était pas trop risqué ! Non seulement il n’y avait plus de dragon pygmée, puisque celui qui habitait dans le trou se trouvait maintenant dans ses mains, enroulé dans son tablier, mais en plus le jeune homme avait déjà vérifié qu’il ne restait plus que le fennec. Ce n’était donc pas risqué du tout, n’est-ce pas ? En tout cas… c’était une perspective beaucoup moins terrifiante que celle de partir à la recherche d’une autre personne et de devoir adresser la parole à quelqu’un pour lui expliquer de façon audible et compréhensible les catastrophes qu’elle avait commises. Non, non, non, décidément, ce n’était pas trop risqué du tout ! Il n’allait pas l’envoyer chercher quelqu’un, hein ? priait silencieusement Mado, tandis que d’incrédule son regard se faisait presque suppliant, il ne pouvait pas l’envoyer chercher quelqu’un, parce que…

Parce qu’il y allait lui-même.

Abasourdie, la domestique n’eut même pas le temps de se sentir rassurée par le sourire de l’aviateur et hocha simplement la tête quand il lui recommanda de bien surveiller le trou et de ne pas laisser s’échapper ni le fennec ni le dragon. Néanmoins ce ne fut qu’une fois qu’il eut disparu dans l’angle du couloir que Madeleine se rendit réellement compte de sa situation. Elle était toute seule au milieu d’un corridor, dans l’aile Est, c’est-à-dire le lieu de passage favori des officiers allemands puisqu’ils logeaient là, devant une pile de caisses qui avaient fait pas mal de saletés quand elles avaient été déplacées, devant un trou dans le mur, et avec un dragon pygmée enroulé dans son tablier dans les mains. Qu’est-ce qui se passerait si elle rencontrait quelqu’un ? Si un officier passait par là et la voyait ? songea la jeune femme en se mordillant la lèvre inférieure avec nervosité. Elle ne pouvait même pas se cacher dans un coin puisqu’elle devait surveiller le trou et empêcher le petit renard de se sauver. Et elle ne pouvait pas non plus se tordre les mains puisqu’elle tenait la petite créature jaune et verte – ce qui limitait d’ailleurs ses capacités déjà quasiment inexistantes à rattraper le fennec en cas de tentative de fugue.

Comme s’il avait deviné qu’il faisait partie intégrante des pensées de Madeleine, à moins qu’il ait enfin réalisé que le grand prédateur au regard menaçant n’était plus dans les parages, le petit dragon choisit cet instant pour recommencer à se tortiller dans le tablier de la domestique en piaillant des « Mangéééé ! Mangééé ! » pathétiques. La jeune femme tenta tant bien que mal de resserrer sa prise sur le petit animal mais le résultat ne fut pas franchement probant puisqu’elle n’osait pas serrer trop fort non plus et qu’elle n’avait de toute manière pas beaucoup de poigne. Par conséquent, une petite aile verte à la bordure jaune finit par s’échapper du paquet et se mit à brasser furieusement l’air comme si elle pouvait entraîner le reste du corps draconien en dehors.

« Chut… tenta la domestique en désespoir de cause, avant de prononcer les premiers mots qui lui venaient à l’esprit pour calmer la bestiole. Je te donnerai à manger quand on aura remis Fennec dans sa cage.
– Mangééé ? répéta le petit dragon, en cessant de se tortiller.
– Oui, oui. »

Après tout, peut-être qu’il avait juste faim ? Enfin, si l’idée de manger permettait de le calmer, Madeleine était toute prête à lui promettre un festin. Et à le lui donner ensuite, parce qu’elle tenait toujours ses promesses, même faites à un petit dragon à plumes.

Le problème des gesticulations du pygmée plus ou moins résolu, la jeune femme reporta son regard sur l’ouverture dans le mur, en priant pour que le fennec ne tente pas de se sauver, avant de jeter un coup d’œil à l’angle du couloir derrière lequel avait disparu l’aviateur, et de revenir au trou. Et si le renard se sauvait ? Et si l’aviateur ne revenait pas ? Après tout, il avait certainement plein de choses à faire, non ? La domestique déglutit avec difficulté et secoua la tête comme pour chasser ses pensées, avant de fixer à nouveau le trou. Non, non, il avait dit qu’il faisait vite, ça voulait dire qu’il allait revenir. Mais s’il pouvait faire vraiment vite, ce serait tellement bien !


[HJ- Vous pouvez sauter le tour de Mado jusqu’à ce que vous la rejoigniez ^^]
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Sam 12 Juin - 0:08

Le breton ne s’attendait pas à voir un fligueur dère Loufposte au mess des officiers. Il était quasi certain qu’il n’avait rien à foutre là même, mais au lieu de s’en offusquer ou de lui faire une remarque acide, il décida de retourner les choses à son avantage. Ce micro allemand était assez étroit pour passer dans le trou. Yann n’était pas sadique de nature, mais en bon patriote, il préférait que ce soit un allemoche qui se fasse niaquer par fennec et non un officier français. Bon Galerne à part, parce que c’était tout de même sa bestiole.

« Fligueur. » répondit le breton avec un hochement de tête poli et un accent à couper au couteau.

Restant bien dans le passage pour éviter que sa proie ne s’échappe – le jeune Abendroth était connu pour abuser de la position de son oncle à la base – Yann réfléchit à la meilleure manière de lui présenter les choses. C’était un gosse, un petit défi devrait lui donner envie de l’aider, et si cela ne marchait pas il pourrait toujours sortir le coup du pauuvre français qui avait besoin de l’être supérieur ou une connerie du style. En dernier ressort il pourrait toujours le chopper par la peau du cou et le trainer jusqu’au trou. Quitte à l’assommer un peu avant pour éviter qu’il ne se débatte.

A bien y réfléchir, le breton espérait qu’il se débattrait un petit peu.

« J’ai un défi pour vous. Vous avez déjà chassé le renard ? »

Bon fallait p’être préciser un peu histoire qu’il ne s’imagine pas qu’il essayait de l’entrainer dans les bois.

« L’animal de compagnie du Capitaine Galerne s’est réfugié dans un trou dans le mur. Il faudrait quelqu’un d’agile comme vous pour aller le chercher. »

Ça devrait être mieux comme ça. Il avait un peu collé le défi et le graissage de patte dans la même demande, mais n’importe. De cette manière il arrivait plus vite à l’assommage, ce qui n’était pas un mal en soi, bien au contraire.
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Sam 12 Juin - 10:08

Tout en attendant que le français se décale, Wolfgang se demanda s'il n'aurait pas dû se tenir à carreaux. Parce que là c'était étrange que l'homme se bouge pas du tout. Il haussa les épaules mentalement uniquement en l'entendant reprendre la parole à propos d'un renard.

Comment ça, chasser le renard ? Depuis quand devait-on tuer de pauvres créatures sans défense pour s'amuser ? Oui c'était la guerre et les morts envahissaient les rues (en exagérant un peu), mais ce n'était pas une raison pour tuer des animaux quand même. Car non, le jeune homme n'avait jamais tué une créature vivante, enfin ... aucune créature ayant assez de sang dans le corps pour que cela se voit, donc des mouches, des araignées, des fourmis, même des vers de terre à la limite mais rien de plus gros. Alors il fallait comprendre que dans ces cas là il refuserait de chasser le renard.

Et puis la proposition était louche, pourquoi lui et pas un autre ? Pourquoi un français voulait-il l'entrainer dans une partie de chasse où si cela se trouvait, il serait le seul allemand. Au delà des déviances bien connues du peuple occupé, il y avait le risque de tomber dans une embuscade tendue pour tenter de prouver leur supériorité totalement impossible sur le grand et fier peuple allemand. Mais à l'instant même où il allait refuser, la suite des explications se voulut plus rassurante.

Alors ils avaient besoin de lui pour son agilité. C'était de la flatterie où il ne s'y connaissait pas et en matière de flatterie, Wolfgang pouvait passer pour un maître si cela lui servait. Il fronça les sourcils un instant et haussa finalement les épaules, un sourire narquois naissant sur ses lèvres. L'homme devait avoir besoin de lui pour ne pas subir les foudres du capitaine Galerne. Ou alors c'était un piège mais le jeune homme n'était pas tombé de la dernière pluie, aussi il répondit fortement.

" Montrez moi le chemin Artificier, je suis ravi de vous aider à récupérer cet animal. "

Il était certain que sa réponse dégoulinante d'ironie avait été entendue et que si, par le plus grand des hasards, il était fait prisonnier des infâmes français, certains se mettraient à sa recherche, à commencer par Orion parce qu'il n'était pas sûr que les autres allemands ne soient pas ravis à l'idée d'un Wolfgang torturé...

Il attendit de se mettre en place tout en se demandant s'il avait déjà vu l'animal du capitaine, il y avait des racontars comme quoi ce serait un fennec, mais restait à savoir si c'était vrai ou non... et puis comment Wolfgang allait bien pouvoir le rattraper ...
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   Sam 12 Juin - 23:28

Dommage…

Vaguement déçu, Yann lui sourit malgré tout – même si ça lui faisait un peu mal au cœur – et hocha la tête pour le remercier de son aide. Au moins, à défaut d’avoir pu l’assommer, il le ramenait vite fait à Madeleine, qui devait se faire un sang d’encre toute seule dans les couloirs avec un pygmée et un fennec traumatisé comme seule et unique compagnie. Oui, c’était sans doute pour le mieux.

« Parfait, suivez-moi Fligueur. »

Il espérait que l’autre le suivrait sans en profiter pour se tailler en douce, car pour réussir sa belle sortie il ne jeta même pas un coup d’œil pour vérifier que l’adolescent lui emboitait bien le pas. Très content de sa bonne fortune – pas de Galerne, des ennuis en moins – le breton ouvrit la voie jusqu’à la petite silhouette de la domestique. Elle semblait toujours entière et le paquet était toujours dans son tablier. Parfait, une fois encore.

« J’ai trouvé de l’aide. »

La voix d e l’Artificier trahissait sa satisfaction. Il était content d’avoir trouvé de l’aide et… bailla à s’en décrocher la mâchoire. Mince de mince, l’heure tournait en sa défaveur.

« Le trou est ici, le renard au fond. » indiqua-t-il pour gagner du temps et des explications.
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MessageSujet: Re: Rusé comme un renard (13/05/41)   

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Rusé comme un renard (13/05/41)

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