Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)


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Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)

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Allemand
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MessageSujet: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Dim 7 Mar - 20:47

Bouteille de Whisky : fait !

Billets de train : fait !

Chaussures pas trop crades : fait !

Cheveux coiffés : ... relativement faits (y'avait du vent).

Lavage de dent : impeccable (l'avait fait avant de quitter le bureau).

Costume civil : presque neuf, peut être même que Paul ne se rendrait pas compte qu'il l'avait déjà mis deux fois pour aller le voir. Ou trois. Mais cette fois, il l'avait fait repasser bien comme il faut.

Bouquet de fleurs : Pas fait, fallait pas déconner, non plus.

Restait à faire : frapper à la porte. Sachant que les relations avec Paul n'étaient pas vraiment au beau fixe depuis que Heinz était venu le voir en uniforme (à moins que ça ne date d'avant ?), c'était... et bien, pas si facile à faire.

Inspiration. C'était Paul, à la fin, ils couchaient ensembles depuis trois mois. On ne devait pas avoir de mal à entrer chez son amant (à moins de vouloir le demander en mariage et d'avoir peur qu'il dise non, mais ils n'étaient pas prêts de le faire).

Les billets. La faute aux billets ! Si ça se trouve, Paul ne serait pas d'accord et il faudrait trouver quelqu'un d'autre avec qui aller à Paris. Heinz se voyait mal demander ça à Constance (elle lui poserait des questions douteuses) et encore moins de reporter son plan romantique sur Pfeffel.

Bon bon bon. De toute façon, on ne pouvait pas savoir si Paul voudrait ou pas si on ne frappait pas à la porte.

Donc toc toc.

Et, dès que la porte s'ouvrit, une tentative de super sourire qui foira en moins de deux secondes pour un équivalent mi gêné mi stressé. Ca commençait bien...
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Mar 16 Mar - 13:24

Camille Nantois, dernière enfant de la fratrie Nantois, institutrice célibataire, la trentaine bien tassée, était partie vers une destination inconnue. Comme toujours, elle avait prévenu ses élèves avant même d’en parler à son frère, et lorsque son aîné avait finalement eu vent de l’affaire, grâce aux bruits de couloir de Ste-Marie, elle avait déjà bouclé ses bagages et confié son chat à la voisine. Paul avait été chagriné et vexé d’être le dernier averti – d’autant plus que Camille avait refusé de lui dire où elle partait, et surtout avec qui – mais cette escapade imprévue l’arrangeait, au bout du compte. Il était censé s’absenter, lui aussi – et, à l’image de sa sœur, il ne comptait pas dire où, et encore moins avec qui. Il n’était pas ravi d’avoir des secrets pour elle, mais serait mort plutôt que d’avouer qu’il fréquentait un homme – et, pire, qu’il avait une liaison avec le chef de la Gestapo.

Il songeait de plus en plus souvent à ses amours perdues, à commencer par Alexandre et Elain, et rêvait de mettre les voiles, loin de Montreuil, de son amant, des questions de sa sœur et de ses principes bafoués. Il avait séduit Heinz et n’avait pas réussi à le repousser par la suite. Il savait qu’il récoltait ce qu’il avait semé, et devait en assumer les conséquences, mais le fardeau n’en était pas moins lourd à porter.

Il avait accepté de « sortir » avec son amant, mais s’était demandé dix fois, cent fois, s’il avait fait le bon choix. Il s’était juré de ne pas revenir sur sa décision, mais ce n’était pas l’envie qui lui manquait. Il ne savait jamais sur quel pied danser face à l’Allemand et parvenait rarement à déterminer la nature de ses sentiments. Il n’arrivait même pas à décider s’il était heureux de le voir ou non, en particulier depuis sa petite visite en uniforme. C’était généralement agréable et flatteur, d’être aimé, mais les sentiments du gestapiste le mettaient franchement mal à l’aise.

Bref, en un mot comme en cent, il était aussi mal à l’aise que son amant, et un sourire un peu narquois étira ses lèvres lorsqu’il ouvrit la porte sur un Heinz défait.

"Tu as l’air enchanté de me voir" attaqua-t-il, en s’écartant pour le laisser passer. "Est-ce qu’il y a un problème ?"
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Sam 20 Mar - 13:55

"Non," répondit aussitôt Heinz, de peur que Paul ne s'imagine qu'il se passait des choses à la Gestapo. "Ou si, je suis enchanté de te voir, mais il n'y a pas de problème," précisa-t-il après s'être rendu compte que sa réponse pouvait aller avec n'importe laquelle des deux propositions.

Il entra et entendit la porte se refermer derrière lui, comme d'habitude. Bon. C'était la première étape... enfin, la deuxième, la première étape était de frapper. Maintenant il fallait enchaîner la suite en espérant qu'il ne se passe rien entre le début et la fin de la composition.

Bon sang, pourquoi fallait-il qu'il soit si empoté ? Il ne cherchait pas la Lune, non plus !

"J'ai acheté des billets," finit-il par dire après s'être mordillé la lèvre en espérant que Paul allait deviner de quoi il s'agissait par l'action du Saint esprit. "De train. Pour Paris."

Il plongea les mains dans ses poches pour récupérer les deux plaquettes de carton fin, avec leurs horaires et leur destination ; sans faire attention, il ramassa aussi la photo qui s'était glissée entre les deux, une photo du chat Chaussette/Afrika prise par l'un des gamins de Constance. Pierre ou Adrien, l'un des deux, Heinz ne se souvenait pas duquel.

Il tendit les billets.

"J'ai pris pour le week end dans deux semaines, mais je peux changer, si tu veux."

Ou changer la destination, ou ce qu'il voulait, tiens. Ils pouvaient même aller en zone libre si ça le chantait, tant qu'ils étaient ensembles et qu'ils essayaient de faire marcher les choses. Ca ne pouvait pas continuer comme ça, ils ne pouvaient pas continuer à se voir comme s'ils (ou il) ne se voyaient que parce qu'ils s'y sentaient forcés.

Dans les films, les gens tombaient amoureux quand ils étaient dans des endroits romantiques. Paris était romantique ; Paul se rendrait peut être compte qu'il l'appréciait un peu s'ils partaient.
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Mar 23 Mar - 2:55

Sans doute parce que sa vie avait été une longue succession de soucis, d’embûches et de peines, Apollinaire Nantois n’était pas d’un naturel joyeux. Sa position d’aîné, et son sexe, l’avaient forcé à assumer des responsabilités très jeune, sous le toit des Nantois aussi bien qu’à l’extérieur, à travers champs et à travers bois. Il devait notamment protéger ses sœurs, et avait lamentablement échoué. Il savait que France était morte à cause de sa négligence, même si sa mère avait longuement tenté de le convaincre du contraire. Il avait connu la guerre, le sang, la mort, dans les deux camps, et le réconfort que pouvait apporter l’épaule d’un pair. Alexandre. Il avait aimé, souffert et trahi. Il n’avait pas pu se résoudre à épouser une femme, même pour sauver les apparences, et était passé d’un homme à un homme, jusqu’à tomber dans les filets du dénommé Heinz Sielder. Il ne considérait pas qu’il avait touché le fond, mais évitait de faire le point sur sa vie, pour ne pas être tenté de descendre une demi-bouteille de whisky dans la journée. Rien de très gai, en un mot. Pourtant, ce jour-là, Paul était de bonne humeur.

Une fois n’était pas de coutume, ses élèves s’étaient montrées coopératives. Il n’avait pas eu besoin de les menacer pour qu’elles se mettent gentiment au travail , comme les gamines modèles qu’elles étaient censées être, et quelques unes avaient même arraché de bonnes notes aux derniers examens, à force de travail et de persévérance. Il avait également reçu des nouvelles d’une de ses anciennes élèves, qui semblait heureuse de la vie qu’elle menait. Quelques jours de beau temps, associés à de longues promenades avec Camille, n’avaient rien gâché et, cerise sur le gâteau, sa sœur avait fait ses bagages le vendredi soir, le laissant seul tout le week-end. Il allait pouvoir profiter de la présence de Heinz sans redouter qu’elle vienne frapper à sa porte, sous un prétexte ou un autre.

Bref, en un mot comme en cent, les réponses maladroites de son amant l’amusèrent, au lieu de l’irriter. Non, pas de problèmes et oui, enchanté de te voir. Ben tiens. D’humeur joueuse, le professeur réfléchissait à une contre-attaque lorsque l’Allemand embraya sur un tout autre sujet. Pas franchement surpris, car le gestapiste avait une fâcheuse tendance à passer du coq à l’âne, en particulier lorsqu’il était nerveux, Paul remonta simplement ses lunettes sur son nez, et attendit patiemment la suite, sans perdre son calme ni son air amusé.

"Ça me va" répondit le professeur, sans faire mine de prendre les billets.

Il les regarda juste avec un certain intérêt, et lorsqu’il tendit la main, ce fut finalement pour attraper l’intrus du lot – à savoir le cliché.

Il savait que son amant était bizarre. Il aimait les hommes à la base – et pire, était amoureux de lui – donc, forcément, c’était un homme étrange. Mais de là à se balader avec des photos de chat. Un peu perplexe, Paul remonta une nouvelle fois ses lunettes sur son nez, et lui rendit la photo.

"Une nouvelle recrue de chez vous ?"
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Mar 23 Mar - 18:17

Il avait l'air de bonne humeur, c'était bien. Heinz avait l'impression que ça n'arrivait pas souvent et, bien sûr, que c'était au moins un peu de sa faute. Il avait du mal à savoir si Paul était juste comme ça, un type avec des idées noires, grognon ou juste incapable de voir quand il y avait du soleil dehors ; ou si Paul ne prenait ses airs de martyr contenu que quand il était là.

Ce jour là, pour une fois, ça n'avait pas l'air d'avoir d'importance. Ca pouvait se passer bien, si Paul était de bonne humeur il accepterait sans doute plus facilement.
Il fallait croiser les doigts, avec sa main libre qui disparaissait dans sa poche, celle sans les billets, avec rien dedans.

Heinz regardait le visage de Paul plutôt que les billets. Plus précisément, il regardait ses lunettes, là où elles chevauchaient l'arcade du nez. Son amant avait la manie de les remonter à toutes les sauces ; la lubie du moment, c'était de savoir quel type de remontage correspondait à quelle humeur. Premier remontage : curieux ? Calme ? En passe de faire une déclaration diabolique après l'avoir fait marcher ?

"ça me va."

Pfiou.
Calme ? Curieux ? Pas diabolique, en tout cas.
C'était drôlement chouette, qu'il soit d'accord. Heinz sourit.

Il allait ouvrir la bouche pour dire quelque chose quand remontage-de-lunettes. Etonné ? Sceptique ? Quelque chose glissa entre ses doigts.

Voilà. Ca n'allait plus ?

Il baissa les yeux, surpris par la question, et découvrit la photo. Ses joues rougirent furieusement et il la récupéra maladroitement.

"C'est Chaussette. Quelqu'un me l'a donné."

Il n'avait pas très envie de parler du chat. Il préférait demander à Paul ce qu'il faisait de ses journées, ou faire l'amour pour fêter leur week end à venir. Ou prendre un bain ensembles, ça, ils ne l'avaient jamais fait.
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Sam 3 Avr - 23:47

Un léger sourire amusé étira ses lèvres quand il se vit reprendre des mains avec maladresse et empressement le cliché. La réponse que lui fournit Heinz ne le laissa pas néanmoins moins perplexe. Ca ne l’éclairait pas plus sur la raison de la présence de la photo au milieu des billets toutefois ce n’était pas la première fois qu’il répondait partiellement ou à côté, il fallait bien souvent lui tirer les vers du nez pour obtenir une réponse claire. Cette pensée lui laissa une pointe d’amertume dans la bouche qui se dissipa relativement vite, cependant, il ne tenait pas à gâcher sa bonne humeur pour si peu. Le français s’apprêtait à arranger de nouveau machinalement ses lunettes mais se contenta finalement de juste effleurer la branche de la monture avant de laisser retomber sa main. Pour peu qu’il eut été d’une nature un peu plus curieuse ou excentrique il aurait commencé à soupçonner que son amant entretenait une sorte de fétichisme à l’encontre des chaussettes.

Il s’appuya contre le chambranle de la porte, les bras croisés. Le voir en tenue de civil l’aidait à se détendre et à oublier ses problèmes d’éthique. Ce costume lui allait plutôt bien même s’il lui semblait l’avoir déjà vu une fois le porter si sa mémoire ne défaillait pas. Le professeur évita malgré tout soigneusement de le questionner au sujet de l’origine de la boule de poil, redoutant que l’allemand bafouille gêné une explication ayant un rapport de près ou de loin avec son métier, ce qui les aurait obligatoirement emmenés sur un terrain glissant au bout d’un moment. Il n’était pas sûr que leur fragile relation supporte une querelle de plus. Une petite part de son esprit lui souffla qu’il venait de rater là une occasion de régler la question Siedler une bonne fois pour toutes et les ennuis qui allaient avec.

Il ajouta finalement simplement en sortant deux verres d’un placard.

« On fête ça ? »

Non pas qu’il souhaitait se mettre dans un état minable tout de suite mais associer à nouveau le whisky, en quantité raisonnable, à quelque chose d’agréable ne pouvait pas lui faire de mal. Il avait accepté de lui donner une seconde chance, autant profiter du contexte exceptionnellement favorable. Après tout, la compagnie de son amant était tout sauf désagréable tant qu’ils parvenaient à maintenir à distance ce qu’il faisait en-dehors de ces murs. Et puis, la perspective de se rendre à Paris n’était vraiment pas pour lui déplaire. Le ton calme employé ne dénotait cependant pas un enthousiasme fou, enfin Heinz devait commencer à avoir l’habitude de son naturel peu expansif ou tout du moins parfois réservé si on omettait ses coups de colère qu’il ne s’embarrassait pas de cacher.
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Dim 4 Avr - 23:45

Y'avait pas que Heinz qui sautait du coq à l'âne, apparemment... à moins que Paul ne veuille fêter le chat ? L'Allemand savait que son amant appréciait ces animaux, d'après ce qui était sorti des conversations sur celui de sa soeur (ou plutôt, des conversations sur sa soeur qui parfois l'amenait à dire qu'elle avait un chat). Mais de là à vouloir fêter le fait que Heinz ai un chat...

Qu'il n'avait plus, d'ailleurs. Au revoir, argument de séduction paulien.

Il était plus probable que Paul parle du voyage, en y réfléchissant ; le brusque retour à la conversation précédente avait de quoi dérouter un brin, de même que le fond enthousiaste de la réponse. Certes, le ton n'était pas très lyrique, mais les mots employés restaient plus joyeux que ce que Paul lui servait d'habitude. Sachant que l'homme n'avait pas semblé très emballé à l'origine par leur projet de voyage, la surprise était bien présente dans la petite tête du gestapiste.

Son instinct professionnel lui souffla que tout changement a une source et que toute source est douteuse de base ; Heinz expulsa l'idée et se contenta de sourire, heureux que Paul accepte avec bonne humeur. Finalement, s'habiller aussi bien que possible et essayer d'être séduisant portait peut être ses fruits.

Ou alors c'était vraiment le chat.

"Tu aimes les chats ?" demanda Heinz, un soupçon de méfiance dans la voix, comme s'il s'attendait à ce que Paul lui saute dessus en criant que ça faisait des mois qu'il attendait d'oser lui demander de revenir avec de fausses oreilles de chaton. Ou avec un chaton tout court : y'avait rien de mieux pour sauter sur le lit au moment crucial ou vous regarder avec de grands yeux pseudo innocents ; de quoi rendre nerveux n'importe qui.

"De l'eau, s'il te plait."
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Lun 12 Avr - 19:42

Il déposa les récipients sur la table avant d’apporter une carafe d’eau selon le souhait de son invité. Paul se servit ensuite un fond de verre de whisky, pas plus, et fit tournoyer doucement le liquide ambré, son regard se perdant dedans un instant, avant de le siroter tranquillement par petites gorgées. L’alcool brûlant diffusait une familière et agréable sensation de chaleur. Cela ne manqua pas de réveiller la désagréable impression, en vertu de sa vision de la chose, qu’il se faisait plus ou moins entretenir par son amant. Le professeur repoussa cette pensée, les raisons de broyer du noir ne manquaient pas dans sa vie, il ne pouvait pas se permettre de se tourmenter en permanence dès la moindre occasion sans en devenir fou.

Il finit enfin par répondre à la question, après un petit moment pensif, ne sachant pas trop comment interpréter le ton employé par Heinz.

« Oui. »


Paul avait plus marmotté qu’émis une réponse haute et claire, accompagné d’un hochement de tête affirmatif très peu marqué. Pourtant oui, il aimait beaucoup ces félins en particulier, il ne manquait pas de flatter celui de sa sœur quand il lui rendait visite, sans toutefois le câliner comme un déséquilibré. Malgré cela il semblait déterminé à bouder le sujet. Attitude qui pouvait être perçue comme un léger repliement sur lui-même. Probablement dictée par un besoin de rattraper son précédent inhabituel éclat de spontanéité (qui chez une toute autre personne n’aurait certainement pas mérité un tel qualificatif). Il repoussa une fois de plus ses lunettes en pressant le pont reliant les deux verres de son index droit cette fois, fronçant instinctivement et imperceptiblement les sourcils.

Bien disposé et agacé à la fois, tels étaient les mots qui pouvaient définir son état d’esprit actuel. Il ne savait plus vraiment trop sur quel pied danser avec l’allemand depuis leur brouille. Au tout début, tout était clair, il était un simple compagnon de couche à qui l’on pouvait juste reprocher d’être né du mauvais côté du Rhin. Puis, au bout d’un mois, l’inoffensif partenaire s'était brusquement mué en traitre méprisable et haïssable ; sur le moment la situation aussi avait été limpide. Et maintenant, après lui avoir accordé une sorte de seconde chance, qu’en était-il réellement ? Il le tolérait à peine ? L’appréciait ? Il était à peu près sûr que, tant qu’il parvenait à fermer les yeux sur certains aspects de sa vie, la présence du dénommé Siedler lui était agréable mais de là à s’ouvrir… Un pas en avant, deux en arrière, paraissait être l’idiome du jour. L’affection qu’il semblait lui vouer le dépassait autant, il pensait pourtant avoir été assez clair et n’avoir en rien donné de quoi alimenter de vains espoirs. Ses sentiments sur le sujet en général pouvaient se résumer par un gros « ? ». Bref des questions ressassées sans fin, une vraie torture mentale.

D’un autre côté, discuter de chat n’engageait à rien, parler pouvait éventuellement l’aider à chasser la gêne qui le tenaillait, comme lorsqu’il lui avait ouvert la porte, et, à trancher entre céder à sa bonne humeur, ou l’élan maussade qui commençait à poindre à son tour. Nouveau tripotage de branche des lunettes suivi d’une interrogation forcément atone.

« Tu as le temps de t'en occuper ? »

Il faisait allusion à Chaussette évidemment. Si Apollinaire avait pu percevoir les pensées de son amant peut-être aurait-il cédé à une étrange hilarité, ou alors l’aurait-il pris pour un cinglé et mis illico à la porte, à moins qu’il ne soit resté perplexe, sans voix, avec de grands yeux ahuris.
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Jeu 22 Avr - 16:14

"Du chat ?"

C'était bien la peine de poser la question : puisqu'on en était à la conversation épileptique, il pouvait être bon de vérifier qu'on parlait de la même chose. Quitte à passer pour un abruti fini un peu lent du cerveau... au pire, s'il buvait assez d'eau, il aurait une excuse toute trouvée pour aller s'enterrer honteusement dans la salle de bain.
Dès que la carafe fut sur la table, il se servit un verre et commença à siroter. Autant commencer tôt s'il voulait justifier son excuse.

Et si Paul parlait du chat... eh bien la question aurait été, plutôt, est-ce que Constance avait le temps de s'en occuper, elle ou un de ses enfants encombrants (sympathiques, mais encombrants : on avait pas idée de laisser des gosses trainer dans les locaux du SD !). Mais s'il expliquait qu'il avait refilé le chat à sa secrétaire, il perdrait l'atout chaton définitivement car Paul n'accepterait certainement pas qu'il le reprenne...

"Ma secrétaire s'en occupe avec moi," répondit-il avant d'avaler une nouvelle gorgée. "Je ne le garde pas à Sarnand alors je le vois, la journée."

Car Sarnand était un endroit très dangereux, où l'on croisait des renards africains et des mini dragons surexcités à longueur de journée. Quand la base était devenue une telle ménagerie, Heinz n'en avait aucune idée, mais il doutait que le château soit une demeure acceptable pour un chaton doux et innocent qu'on pourrait enfermer dans la cuisine le moment voulu. Avec quelques croutes de vieux fromage, la bestiole attendrait avant de les déranger.

"Mais il griffe un peu partout, au travail. C'est gênant. Mais il est mignon, hein ?"
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Dim 2 Mai - 21:26

C’était en effet un endroit incongru pour un chaton. Paul avait vaguement entendu parler de quelques rumeurs faisant référence aux petites péripéties dont Sarnand était le théâtre sans toutefois trop savoir quel crédit il fallait y accorder. Il était fort probable qu’elles soient teintées d’un réel fond de vérité néanmoins il prenait garde aux immanquables exagérations qui allaient de pair. Il imaginait aussi que son compagnon ne devait tout simplement pas souhaiter prendre le risque de passer son temps libre à courir après la boule de poils à travers les différentes vastes ailes du château, regorgeant par ailleurs d’innombrables cachettes pour un animal de cette envergure. Cette éventualité était d’autant plus incompatible si on prenait en compte son asthme. Le professeur avait cependant quelques difficultés à trouver ce en quoi les locaux du SD étaient plus adaptés pour accueillir un petit chaton, même durant uniquement une partie de la journée, c’était pour le moins étrange.

Il laissa toutefois un sourire amusé se dessiner à l’écoute des dernières phrases d’Heinz, il se serait presque laissé attendrir. Visiblement il n’était pas le seul à apprécier les chats. Il était vrai que l’allemand avait un tempérament relativement doux, loin des démonstrations de force que l’on attribuait souvent aux personnes de sa profession, c’était l’inverse même, il le voyait rarement prendre l’initiative. Pour ce qu’il en savait dans le cadre privé du moins. Indubitablement il préférait ses visites quand il était disposé ainsi et non lorsqu’il n’était qu’une loque ivre sur la défensive. C’était un petit point de plus en faveur de l’option « bonne humeur ». Il déclara en tendant la main, joignant ainsi le geste à la parole.

« Je peux revoir la photo ? »


L’enseignant remplit ensuite à moitié son verre vide, d’eau cette fois, pour le moment il en avait fini avec le whisky. Le geste était machinal, mécanique, et non motivé par des raisons bien précises comme c’était le cas pour son invité (et dont il était à mille lieues de se douter). Le liquide translucide prit une teinte ambrée très diluée en comparaison avec la précédente. Il ne fit cependant pas mine de toucher au récipient et s’en désintéressa après avoir jeté un regard distrait, comme s’il se demandait pourquoi il l’avait rempli à nouveau. Le français croisa les bras et pencha légèrement la tête sur le côté, se retenant de toucher à ses lunettes pour une fois.

« Tu penses réellement que c’est raisonnable de le garder à ton travail ? »


Il avait mis les pieds dans le plat, l’interrogation n’était néanmoins nullement formulée avec agressivité ou sur un ton de reproche, et tenait plus de la rhétorique, c’était juste une question de logique et de bon sens.
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Lun 3 Mai - 23:22

La photo revint dans le cadre de l'action si rapidement, par un réflexe si soudain, que Heinz se demanda si inconsciemment il n'avait pas prévu cela depuis le début. Peut être qu'il était (sans le savoir) absolument génial et que, dès que Timothée Vivier était entré, il avait compris que le garçon pourrait beaucoup lui apporter. La réquisition du chaton, le prêt à Constance dont l'un des enfants était photographe, "l'oubli" de la photographie dans sa poche... tout indiquait, clairement, qu'il possédait de grands dons de stratège.

Presque aussi automatiquement un sourire lui tira les lèvres. C'était ça, il était un tacticien hors pair et grâce à l'Opération Chaton, Paul aurait enfin un peu d'affection pour lui. Ils pourraient dorloter la petite chose tous les deux et si avec un peu de chance Chaussette lui griffait méchamment le bras, son amant aurait une occasion en or de se sentir très coupable et de le câliner pour se faire pardonner. Heinz n'avait pas envie de croire que tout ça n'était qu'un vulgaire hasard né d'une faute professionnelle volontaire, ni que Paul ne s'intéressait peut être même pas sérieusement à Chaussette.

"Non, non, ce n'est absolument pas raisonnelement... raisonnablement raisonnable, tu as raison je pense qu'il faut que nous trouvons une autre solution !" s'empressa de répondre le gestapiste alors que Paul récupérait la photo. Il fixait le roux avec toute l'intensité disponible dans ses yeux marron pâle, manquait de se mordiller la lèvre par anticipation.
N'empêche, il aurait préféré qu'il s'appelle Afrikakorps, le chat. Mais Paul n'aurait pas aimé.

"Si tu n'aimes pas le nom, on peut changer, il ne comprend pas, que c'est son nom."

Paul était professeur de littérature, le plus naturel était donc de proposer...

"On pourrait l'appeler Esmeralda, comme dans le livre !"

Le livre de Hugo avec des cloches et des chouettes églises. Il fallait vraiment qu'ils aillent à Notre Dame quand ils seraient à Paris, d'ailleurs !
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Dim 9 Mai - 16:54

Paul s’amusa de la confusion orale de son amant, un gentil sourire moqueur étira ses lèvres un peu plus alors qu’il récupérait la photographie de l’animal de compagnie. Heinz avait bien réagi à sa remarque, ce qui écartait une source de prise de tête. C’était un petit, mais tout de même bel et bien un, soulagement. Il était fatigué de toutes ces complications. L’allemand fit d’ailleurs bien de garder pour lui ses préférences au sujet du surnom adéquat pour la petite bestiole, c’était un coup à vous transformer un Paul de quasi bonne humeur en un grinçant et amer.

« Pourquoi pas ? »

Il était certain que le nom convenait mieux à la boule de poil que Quasimodo, à moins de posséder un sens de l’humour douteux ou que l’animal en question ne se soit pris un mur en pleine face. L’enseignant ne tarda cependant pas à faire un rapprochement avec leur futur séjour à Paris et se demanda un instant s’il s’agissait oui ou non d’une simple coïncidence avant d’abandonner la réflexion. Oui il préférait Esmeralda à Chaussette même si le dénominatif restait tout autant peu commun.

Le professeur rapprocha la photo de son visage tout en remontant par la même occasion ses lunettes afin de réexaminer le cliché plus attentivement. Le geste était inutile, il n’était pas myope et pouvait largement se passer de lunettes à condition d’être prêt à accepter la fatigue oculaire résultant de leur absence. C’était juste un de ces tics dont on a parfaitement conscience mais néanmoins dont on ne peut pourtant guère se défaire aisément en un claquement de doigts. Il déclara sans quitter des yeux l’image.

« La solution serait peut-être de le garder ici, tu pourrais le voir lors de tes visites. »

Le « peut-être » était de trop, c’était la conclusion naturelle de l’échange, comment régler au mieux le problème sinon ? Il avait beau apprécier fortement ce genre d’animal, il ne savait pas trop ce qui lui prenait. Durant une seconde, l’idée folle que toute cette histoire de photo oubliée et de chaton à loger n’était qu’un coup monté et parfaitement prémédité lui traversa l’esprit. Impossible, le peu de whisky qu’il avait bu avait dû lui monter à la tête, ce n’était pas le genre de Heinz. D’un autre côté il avait bien passé un mois à le prendre pour un simple gratte papier… Non, il devenait trop suspicieux. Le français reposa la photographie sur la table avant d’ajouter en regardant sérieusement son compagnon.

« Si ça ne pose pas de problèmes à ta secrétaire qui s’en occupe avec toi bien entendu. »

Comme si une personne censée oserait refuser la garde exclusive d’un vulgaire chaton au chef de la Gestapo en personne. Un léger froncement de sourcil accompagna cette pensée fugitive aussitôt écartée. La question était pourtant sérieuse, profiter de quelques denrées supplémentaires grâce à son statut ne lui posait pas trop de problèmes mais c’était hors de question d’accepter le félin, aussi adorable soit-il, si cela devait se faire aux dépends de quelqu’un.
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Lun 10 Mai - 23:02

Exactement, très bonne idée ! Il irait voir le chat, et Paul en même temps ! D'ailleurs, n'était-ce pas une merveilleuse forme d'engagement ? Avoir un chaton ensemble, ce n'était évidemment pas comme avoir un enfant, mais puisque Heinz en était le propriétaire, il était évident que Paul entendait l'accepter chez lui. Sur le long terme. Enfin, plus ou moins, peut être que le brun pensait que le chat survivrait quelques semaines avant de se jeter par une fenêtre, mais ça restait très peu probable, non ?

"Tu as raison, c'est une très bonne solution," répondit Heinz avec un ton de bonne femme domestiquée, très heureux que tout se passe à merveille. Les choses allaient rarement dans son sens lorsqu'il était avec Paul... ou alors, pas sans passer par de douloureux affrontements. Une telle détente était si reposante que l'Allemand aurait tout fait pour la conserver ainsi.

Mais les choses ne peuvent durer indéfiniment. Paul était une personne intelligente et possédait une bonne dose d'esprit critique ; ce qui devait arriver arriva : la question de la propriété de la bestiole. Heureusement que le professeur ignorait que Heinz ne s'occupait absolument plus de Chaussette, pire ! qu'ils n'habitaient plus sous le même toit et qu'il n'avait pas vu le chaton en personne depuis quelques temps. Il faudrait raconter un énorme bobard à Constance pour qu'elle le reprenne à ses enfants (ou espérer que l'un d'eux était allergique). Mais cela Paul ne devait pas le savoir. Le connaissant, il refuserait de prendre Chaussette/Esmeralda dans de telles conditions. Non seulement le plan tomberait à l'eau mais en prime, Paul serait de nouveau de mauvaise humeur et le considèrerait comme un voleur d'animaux.

"Elle déteste les chats, en fait," mentit-il avec un semblant de gêne. Il espérait que Paul penserait qu'il se sentait coupable d'imposer ça à Constance et qu'il ne flairerait pas l'embrouille. "C'est son fils qui a pris la photo, mais elle n'aime pas. Elle sera contente, si elle ne voit plus le chat."
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Mar 11 Mai - 15:07

Mouais, il avait le sentiment croissant que tout s’imbriquait un peu trop parfaitement et quand tout allait bien c’était forcément louche, rien n’était jamais simple avec l’allemand. Le professeur scruta avec attention sa réaction. En effet il valait mieux pour ce dernier qu’il parvienne à lui faire gober le morceau car s’il se rendait compte qu’il tentait de lui faire avaler une couleuvre le ton risquait vite de monter. Apollinaire supporterait très mal la découverte d’une nouvelle entourloupe, plus par principe que pour la gravité du mensonge en lui-même, il estimait avoir suffisamment été abusé comme ça. Pour le moment il détecta ce qui semblait être une pointe de gêne. Restait à savoir l’origine exacte de ce sentiment. Etait-ce un embarras sincère ou la preuve qu’il ne disait pas la vérité ?

« Excuse-moi un instant… »


Il se leva pour ranger la bouteille de whisky qui trainait sur la table. En réalité ce n’était qu’un prétexte pour tourner le dos à son compagnon un instant ; le regarder l’empêchait de réfléchir correctement. L’opération se révéla infructueuse, il ne pouvait s’ôter du crâne la vision d’un Heinz précédemment dans l’expectative plein d’espoir. Il avait beau se masser le front rien n’y faisait. C’était particulièrement irritant pour une personne comme lui qui avait d’ordinaire l’habitude de conserver un très bon contrôle sur ses émotions et de nature relativement cartésienne.

Plus suspicieux que jamais, en revenant, il prit appui d’une main sur la table, se pencha vers son amant tout en le regardant fixement de ses prunelles sombres afin de lui mettre un peu la pression (il avait déjà pu constater qu’il supportait mal le stress). Paul ouvrit la bouche comme s’il s’apprêtait à déclarer quelque chose mais se ravisa au dernier moment. Est-ce que quelque part il n’essayait pas inconsciemment de se venger des soucis que lui avait causé Heinz en sabotant sans s’en rendre compte des moments paisibles à chercher la petite bête dans le moindre propos ? Avait-il franchi la limite séparant doute légitime et acharnement ?

Probablement, après tout il n’y avait rien d’exceptionnel ou de farfelu dans l’explication lapidaire fournie. Sa secrétaire avait peut-être accepté le partage de la garde du chaton pour faire plaisir à un de ses enfants avant de réaliser que ce n’était vraiment pas possible. L’allemand ne méritait pas d’être traité comme ça mais le professeur était fait ainsi, une fois sa confiance perdue une fois il fallait du temps pour la réacquérir, on n’allait pas le changer à près de quarante piges.

Finalement cette proximité soudaine éveilla des préoccupations d’un autre genre, de sa main libre il caressa la joue de son invité avant de lui presser l’arrière de la tête pour l’embrasser. Il rompit le contact en s’éloignant un peu, soucieux de garder encore un peu les idées claires. Le pauvre – enfin pauvre mais pas trop, c’était de sa faute après tout et il s’en sortait plutôt bien en vue de ce qui aurait pu arriver – Heinz ne devait pas comprendre grand-chose de ce qui se passait dans le crâne du français. Afin de revenir au sujet principal il ajouta placidement.

« Très bien on fera comme ça pour Esmeralda. »
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Ven 14 Mai - 14:33

Tout heureux d'avoir réussi son coup de grand stratège improvisé, Heinz ne se doutait absolument pas qu'un geste aussi innocent que le rangement d'une bouteille de whisky pouvait cacher tant de doutes. Pour lui, Paul était de bonne humeur et avait encore l'air de bonne humeur lorsqu'il s'était levé... pourquoi se méfier ? Au contraire, il se laissa aller contre sa chaise et décida qu'il aimait leurs discussions quand ils n'étaient pas sur la défensive, ou en train de se disputer, ou de baiser comme des gens en colère parce qu'ils n'avaient rien d'autre à se dire. Il avait le sentiment que dans plusieurs heures, quand il serait couché, il regretterait peut être qu'aucune dispute ne soit venue alléger sa culpabilité. D'une certaine façon être un homosexuel malheureux de ses relations amoureuses avait l'air moins dégoûtant qu'un homo épanoui.

Il regretta aussitôt de l'avoir pensé, car c'était comme si Paul l'avait entendu et avait décidé d'exaucer son souhait. Dérouté par ce soudain changement d'ambiance, Heinz fixa le Français en fronçant les sourcils, l'air de ne pas comprendre ce qui lui prenait subitement. Il n'avait pas besoin de le feindre car rien n'avait annoncé le retour de l'orage. Il s'apprêtait à lâcher un "quoi ?" intrigué quand Paul changea encore d'attitude pour... l'embrasser.
D'accord. Tout était parfaitement compréhensible et prévisible. Absolument. A s'en taper la tête contre les murs. Pas qu'il se plaigne du baiser ni rien... et puis, peut être que le coup du regard bizarre était un truc de sadique et que ça l'excitait.
Ouais. Et Klegerman portait des jupes, aussi !

Mais vint le nouveau changement d'attitude, Paul recula et parla avec autant de passion qu'une moule sur son rocher. Deuxième démonstration de sadisme, non ? Après l'avoir fait flipper, l'avoir embrassé, voilà qu'il faisait comme si rien ne s'était passé !

"D'accord. Tu m'embrasses encore ?"
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Sam 22 Mai - 1:06

Il ne fut que vaguement étonné par la demande directe de son compagnon et l’accueillit par un léger sourire en coin. On ne pouvait pas vraiment parler de caprice étant donné qu’il s’agissait de l’élément fondamental de leur relation. Visiblement la question de l’adoption de l’ex Chaussette/Afrikakorps, nouvellement renommée Esmeralda, était réglée aussi pour lui, il n’avait rien à ajouter pour le moment. En guise de réponse Paul retira ses lunettes et les posa soigneusement sur la table afin de ne pas être embarrassé avec, en prenant cependant bien son temps pour un acte si anodin. Pour une fois le faire mariner quelques instants ne lui ferait pas de mal. Le professeur se surprit de cette pensée avant de se recentrer sur le moment présent sans chercher à tergiverser plus longtemps.

Il se rapprocha à nouveau, se pencha, toujours avec les mêmes gestes mesurés, et prit son visage entre ses mains. D’abord sage, le français mit petit à petit de la passion dans son baiser, laissant ses doigts glisser dans la chevelure courte puis sur la nuque de son partenaire. Heinz ne pourrait pas se plaindre qu’il ne l’embrassait pas pour de bon ce coup-ci. Ainsi lancé il parvenait sans difficultés à se défaire de ses préoccupations récentes, à mesure que les secondes défilaient ses soupçons antérieurs s’éloignaient au grand galop pour n’être finalement plus qu’un point insignifiant à l’horizon de son esprit. Il se laissait aller, peut-être un peu trop, mais dans l’immédiat il s’en foutait royalement. Le temps des questions ne reviendrait que trop tôt. De s’interroger sur son paradoxal étonnement de n’avoir relevé ni disputes, ni tension, ni de trop gros ressentiments, juste un peu de gêne passagère. De culpabiliser, de redouter d’aller fatidiquement de Charybde en Scylla en continuant de voir l’allemand. Seules comptaient les agréables sensations du moment et son désir croissant.

Paul tira doucement sur sa veste pour obliger le blond à se lever. D’une main il entreprit de faire glisser le vêtement et de l’autre de desserrer sa cravate tout en déposant une série de baisers descendant vers son cou. Ouais, inutile de s’empoisonner la vie en permanence, sa sœur était absente, il y avait les billets pour Paris, le chaton, une telle conjoncture ne se représenterait pas de sitôt, il fallait en profiter, après tout ce n’était pas si compliqué en fin de compte de jouer à l’aveugle et de nier ce qui c’était passé. D’une facilité déconcertante même à partir du moment où on laissait ses pulsions dicter sa conduite… C’est en s’attaquant à la chemise que l’enseignant réalisa soudain qu’il avait plus ou moins consciemment entrainé son compagnon vers sa chambre, ce qui, loin de le déstabiliser, ne le fit que redoubler d’ardeur dans ses caresses. Ca aurait été mentir que d’affirmer qu’il n’aimait pas mener la danse dans leurs ébats, imposer son propre rythme. Jusqu’à présent Heinz ne s’en était pas plaint, il se laissait relativement faire. On observait parfois ce genre de comportement chez les personnes à hautes responsabilités dans la vie quotidienne, cet inversement constituant peut-être une sorte d’exutoire…
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Mer 26 Mai - 1:18

Entrer, fermer la porte, s'embrasser et desserrer la cravate : souvent, c'était ainsi qu'ils avaient commencé chaque rendez vous. Coucher avant de parler, parfois coucher sans parler tout court, jusqu'à ce qu'ils se rendent compte que ce qu'il y avait derrière la façade posait quelques problèmes... et pas des moindres. Ce jour là, le processus avait été différent, tant des fois précédentes de par l'absence de tension que parce qu'ils avaient parlé avant de passer au lit. Pouvait-on dire qu'ils s'amélioraient ?

Heinz cessa assez rapidement de comparer l'heure présente avec les jours précédents et, ravi, passa ses bras autour du cou de son amant. Quitte à s'embrasser, il renonça à penser à quoi que ce soit d'autre. Sa relation avec Paul lui apprenait que plus on pensait, plus on s'en prenait plein la figure ; d'ailleurs, Paul ne lui demandait pas particulièrement d'être imaginatif, si bien que Heinz se laissa faire avec docilité.

Reposant ; c'était reposant, exactement le mot pour décrire cela...

/Coupure de programme/

Alerte enlèvement, alerte enlèvement...

Un petit garçon a disparu. Il est châtain, avec des cheveux bouclés et des yeux bleus, je répète, il est châtain, bouclé, yeux bleus. Il porte une salopette en jean et a l'oreille déchirée, je répète, l'oreille déchirée.

Si vous retrouvez le petit Teddy l'Ourson, merci de le ramener à madame Anne-Sophie de la Coquillette, merci !

/Retour des programmes/


Dormir ou ne pas dormir, là est la question.

Les petites amies de Heinz lui avaient appris que c'était un truc de mec. Les femmes s'endorment rarement après l'amour ou, en tout cas, ses compagnes restaient excitées comme des puces. Lui avait envie de pioncer. Peut être parce que l'épaule de Paul était confortable et que le brun ne bougeait pas encore. Peut être parce qu'on était le matin et que Heinz n'était pas du matin. Peut être parce qu'il était parfaitement détendu et que ses yeux étaient fermés.

Se poser des questions ou ne pas se poser de questions ?

Au lieu de se répondre, il passa un bras autour de la taille de Paul, genre "bouge pas, je végète".
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Sam 29 Mai - 22:22

Ne faillant pas à la réputation de la gent masculine, Apollinaire s’était endormi comme une masse. Il ouvrit paresseusement les yeux avant de les refermer aussitôt et de chercher machinalement à tâtons ses lunettes sur la table de chevet. Ah c’est vrai, elles étaient quelque part abandonnées dans la cuisine. Combien de temps avait-il roupillé ? Dix, trente minutes, une, plusieurs heures ? Ou plus ? Sans être un gros dormeur il avait tendance à avoir le sommeil comateux, quelle que soit la durée, l’enseignant était bien en peine d’estimer cette dernière d’ailleurs. En tout cas c’était plus agréable de se réveiller globalement de bonne humeur avec un Heinz câlin, qu’amer en mode à « l’auberge du cul tourné » après avoir baisé comme des machines. Il laissa ses doigts courir le long du flanc de son partenaire, le caressant tranquillement. Cette insouciance rarement retrouvée depuis deux mois faisait flotter dans l’air une impression de déjà-vu.

C’était presque bizarre.

Pourtant, le français ne correspondait pas au profil des hommes se complaisant dans des attitudes régressives. Déjà le spectre de ses ex commençait à se profiler, repoussé immédiatement. Ce n’était pas le moment de s’adonner à de douloureuses comparaisons ou de se plonger dans une nostalgie dépressive. Son comportement de ce jour était-il dû à un instant de faiblesse ? Il craignait que son amant n’aille s’imaginer des choses, or il était plus perdu que jamais. Paul aurait volontiers tordu le cou à ceux qui clamaient haut et fort que le temps arrangeait tout. Non, c’était faux. Plus de l’eau coulait sous les ponts et plus la confusion était grande, les résolutions émoussées et les questions sans réponses pressantes, voire obsédantes. Dans les choux, il ne savait pas trop s’il devait se sentir honteux, apaisé ou culpabiliser de son attitude.

« Qu’est-ce qu’on est en train de faire ? »

La question était d’ordre générale, certainement pas à prendre au premier degré, mais d’expérience, il avait remarqué que ce qui était évident pour lui ne l’était pas nécessairement pour Heinz. Il n’ajouta pourtant aucune explication supplémentaire pour éclairer le blond. En fait, si son compagnon tentait de détourner son attention, pour une fois, il ne s’en exaspèrerait pas. Au fond il l’espérait même un peu, et puis, l’interrogation était plus pour lui-même, de l’ordre de la rhétorique que d’autre chose. Cette langueur inhabituelle le terrassait littéralement, le français n’avait ni envie de bouger, ni de réfléchir, juste de continuer à caresser la peau de celui qui partageait sa couche. Il faudrait bien un jour ou l’autre se bouger de là et regarder la vérité en face…

Finalement il demanda simplement après avoir déposé un baiser au creux de son cou.

« C’est quelle heure ? »

C’était déjà un pas vers le ressaisissement mais si l’allemand ne l’avait toujours pas remarqué, l’enseignant venait de lui apporter une preuve supplémentaire de son déphasage complet.
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Ven 4 Juin - 1:00

... dormir.

Autrement dit, puisque Paul ne remuait pas, ne parlait pas, Heinz se laissait enfouir sous une bonne masse de coton. Cool, le coton : silencieux, confortable, il effaçait les mauvais souvenirs, les mauvaises pensées, les pensées tout court. Sans s'en rendre compte l'Allemand commença à ronfler. Oh, pas un ronflement de brutasse ; juste un léger sifflement dans les narines qui pourtant en disait bien assez.

Ses paupières se soulevèrent doucement lorsque la poitrine vibra sous son oreille. Son visage se tourna lentement vers Paul, ses yeux le regardèrent avec un air vitreux franchement pas éveillé. Il cligna des paupières et le fixa quelques instants, le visage vide d'expression et passablement incapable de répondre un truc plus clair que "ach ?", du genre "j'ai rien compris, répète pour voir ?"

Puis vint la question de l'heure.

Heinz cligna des yeux. Roula sur le flanc, puis sur le dos et de l'autre côté, tendit le bras vers le réveil sur la table de nuit, l'approcha de son visage pour mieux voir depuis son regard d'endormi. Il se fit la réflexion qu'il était vraiment lent en se rendant compte qu'il lui fallait plusieurs secondes pour décrypter les aiguilles.

Il reposa le réveil et roula en sens inverse, se hissa sur un coude en regardant le plafond.

"Sept heure."


C'était même pas tard, vraiment.

"On a le temps de le refaire si tu veux."

Autant profiter de sa bonne humeur, non ?
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Lun 7 Juin - 17:40

Sept heure donc, même si en effet c’était tôt, il avait vraiment dormi comme une marmotte. Le professeur grattouilla machinalement sa vieille cicatrice sur son flanc droit avant de bailler à s’en décrocher la mâchoire. Emerger complètement n’était pas si évident, et il n’avait même pas de gueule de bois comme excuse cette fois.

Paul répondit dans un premier temps par un marmottement spontané et indistinct, difficilement interprétable, à la proposition de son compagnon. De la confusion, de l’hésitation, voilà une onomatopée qui trahissait bien sa situation générale. Etrange expérience que celle-là pour un homme atteignant la maturité et qui avait toujours pensé savoir précisément ce qu’il voulait et n’acceptait pas dans la vie. Ne pas penser ou être simple d’esprit, c’était ça la clé du bonheur en fait, être « beau et con à la fois » comme le dirait si bien une chanson plus tard.

Le français se redressa avec déjà un peu plus de vigueur et remit un peu d’ordre dans ses cheveux, conservant néanmoins un air hébété durant une poignée de secondes, se demandant ce dont il avait envie pour le moment, si jouer les prolongations au lit avec son amant le tentait vraiment. Finalement il lâcha tout en cherchant à capter le regard d’Heinz.

« Je suis plutôt du genre classique, dans la simplicité, mais est-ce que tu aimerais essayer d’autres choses ? »

Ça c’était fait. Il fallait toutefois reconnaître que pour le coup il était un peu hypocrite car il était certain qu’il n’était absolument pas disposé à répondre positivement à n’importe quelle excentricité. Il y avait aussi une pointe de méchanceté dans le fond de sa question. En effet Apollinaire savait pertinemment qu’un tel sujet abordé directement gênerait plus ou moins l’allemand qui, contrairement à lui qui était fixé sur la question depuis bien longtemps, ne semblait pas encore tout à fait à l’aise avec sa sexualité. Pourtant c’était une interrogation naturelle dans une relation basée essentiellement – pour ne pas dire uniquement – sur une histoire de fesses. La seule part d’ombre sur cet aspect était de savoir finalement qui était la pute de l’autre… Ouais il passait d’un état détendu à un amer, voire un tantinet mesquin, avec une facilité déconcertante ces derniers temps. Certes il n’avait jamais été d’un naturel follement joyeux, mais être lunatique à ce point, ça, c’était une nouveauté tout sauf à son goût. Enfin bon, pour le moment ça allait encore, maintenir un état d’esprit paisible était une simple question d’autodiscipline et d’envie surtout.
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Lun 7 Juin - 22:33



OLEN (Pygmée)

Olen se sentait toujours un peu courbaturé le matin. Il devait parfois parcourir de longues distances pour se nourrir, et c’était l’épuisement, davantage que son horloge interne, qui l’obligeait à s’assoupir le soir venu. Quand la chasse était bonne – parfois, d’autres pygmées joignaient ses efforts aux siens, et l’aidaient à abattre un chat, qui leur donnait assez de viande pour tenir deux ou trois jours – le jeune pygmée attendait le lever de la Lune pour rejoindre sa cachette sous les toits. Il aimait bien regarder l’astre d’argent s’élever dans les cieux devenus noirs, même si ses congénères pépiaient qu’une Reine de la Nuit sortait au coucher du soleil pour darder ses yeux blancs, entièrement blancs, sur les pygmées trop audacieux, avant de dévorer ceux qui avaient le malheur de lui déplaire. Olen n’avait pas peur et, avec le retour des beaux jours, et la douceur des températures, il restait dehors de plus en plus tard. Il fut même obligé de découcher plusieurs nuits, à cause de la pluie et des vents, qui gelaient ses muscles et l’empêchaient de voler jusqu’à son nid.

Il se trouvait sur un rebord de fenêtre, lové dans un coin, après une nuit passée dehors, lorsque les rayons du Soleil caressèrent la peau tendre de sa voilure. Aussitôt, le pygmée ouvrit les yeux, tout engourdi, les paupières encore lourdes de sommeil, et tourna la tête vers l’astre diurne. Tout était calme dans les rues de la ville. Pas un pygmée, pas un chat. Il tenta de déployer une aile mais le vent l’avait frigorifié, et les articulations refusèrent de se déplier. Gémissant de fatigue et de douleur, Olen reposa sa tête sur ses pattes et ferma les yeux, en attendant que le Soleil le réchauffe suffisamment pour qu’il puisse s’envoler. Il resta un moment ainsi, puis fit une nouvelle tentative. Cette fois-ci, ses muscles et ses os lui obéirent, avant tant d’enthousiasme que la griffe de son aile cogna la fenêtre derrière lui. Pépiant d’indignation, le pygmée se redressa et attaqua la vitre en guise de représailles, à grands coups de bec, jusqu’à ce que la tête lui tourne un peu. S’estimant vengé, il déploya enfin ses ailes, pour de bon, et quitta son perchoir.

C’était un autre jour, et il avait beaucoup de choses à faire, à voir, et à découvrir.
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Mar 8 Juin - 23:36

Nyè ? Mais c'était quoi cette question ? Y'avait un piège ? S'il n'y en avait pas, ça restait quant même assez choc. Et inhabituel ! S'il y avait bien une question à laquelle Heinz ne s'était pas attendu, c'était à celle ci. L'Allemand se retrouva donc bouche ouverte, tourné vers le Français, un sourcil en arc de cercle et l'autre qui restait droit. Il semblait se demander si c'était une farce, mais comme ce n'était pas le cas, il se décida à fixer le mur (et à redescendre son sourcil), le temps de réfléchir.

Il s'était posé la question, plusieurs fois. Fait des rêves, parfois bizarres. Fantasmé sur des trucs pas forcément nets avec ses collègues et divers officiers de Sarnand ; les uniformes avaient cela de vicieux qu'ils rendaient tous les mecs potables à peu près désirables. Il se demanda un instant si Paul serait sexy en uniforme de l'armée de l'air ou de la Luftwaffe, avant de se dire que ce n'était vraiment pas quelque chose qu'il pouvait lui dire... comme ça. Ou tout court.
Il ramena son regard vers Paul.

Il inspira, gêné. Il avait beaucoup de réponses, mais est-ce qu'il oserait les donner ?

Il ouvrit la bouche, la referma et avala. C'était vraiment trop gênant.

"J'aime bien les uniformes," finit-il par dire avec une petite voix. Il se donnait l'impression de parler de choses dégueulasses et perverses, alors que dans un autre contexte, personne n'aurait bronché. "... de l'armée de l'air," ajouta-t-il pour que Paul ne pense pas qu'il voulait le faire en uniforme du SD. Puis, il termina, rouge pivoine : "... française, si possible."

Comme pour confirmer que oui, c'était vraiment pas un truc à dire, un fracas empêcha toute réponse immédiate. Heinz sursauta et se tourna aussitôt vers la fenêtre sur laquelle s'escrimait une... chose volante. La chose -un pygmée- semblait outragée, scandalisée par sa déclaration. Elle ne pouvait pourtant pas avoir entendu !
... non ?
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Ven 18 Juin - 16:03

La réaction de son compagnon ne se fit pas attendre. Difficile d’illustrer avec plus de justesse un mélange de surprise et de gêne. Une pointe de culpabilité le traversa tandis qu’un sourire légèrement amusé étirait ses lèvres. Le résultat de sa question allait bien au-delà de ses espérances. Puis, ce fut au tour de l’enseignant d’être étonné lorsqu’il réalisa que l’allemand allait vraiment répondre à son interrogation pour le moins directe et embarrassante. Des idées farfelues effleurèrent un instant son esprit, un instant seulement car il n’était pas d’une nature particulièrement curieuse ou obsédée par la chose au point de ne pas pouvoir patienter le temps que son amant trouve le courage d’énoncer à voix haute un de ses fantasmes.

Ses sourcils commencèrent à se froncer lors de l’énonciation de la première partie de sa réponse. Ouais il fit bien de préciser son propos sans quoi il aurait été fort tenté de l’expulser « manu militari » hors de son lit. Pulsion à laquelle il n’aurait probablement pas réellement cédé toutefois, élever légèrement la voix en prenant un air menaçant suffisait en général à l’impressionner (et à le blesser plus ou moins). Une fois passé ce bref énervement il repensa à la réponse de son partenaire arrachée à grand peine, portant la main en direction de l’arrête de son nez avant de réaliser que nulle paire de lunettes ne trônait encore à cet endroit. Devait-il comprendre qu’il aurait trouvé excitant de le voir revêtir un uniforme de l’armée de l’air française ou Heinz parlait-il de lui-même ? Le français n’eu guère le temps de s’appesantir sur le sujet.

En effet un bruit pas possible provenant de la fenêtre le tira de son embryon de réflexion. Paul eut juste le temps d’entrapercevoir un volatile tout ce qu’il y a de plus inattendu. Il semblait s’agir d’un des fameux dragons pygmées dont tout le monde parlais à Montreuil depuis quelques temps, mais il n’aurait pas été prêt à en jurer. Toujours était-il que la coïncidence entre la réponse du blond et les coups de becs enragés du modèle réduit de reptile avait de quoi faire sourire, surtout en prenant en compte le petit côté superstitieux qu’il avait cru détecter chez lui lors d’une de leur conversation ultérieure. Il ironisa.

« Attention si tu me retournes la question le ciel risque peut-être de nous tomber sur la tête en guise de punition. »

N’empêche, si la vitre était sérieusement amochée, ça l’embêterait bien de devoir la faire remplacer. Maudits pygmées ! A ce propos la situation allait vite devenir intenable avec l’adoption proche du chaton s’il s’avérait exact que ces créatures s’attaquaient aux félins. Le professeur ne tenait pas à voir débarquer une ordre de mini dragons mettant à sac son appartement dans le but de saisir la pauvre boule de poil parce qu’il aurait eu le malheur de laisser une fenêtre ouverte pour aérer. Esméralda lui apparut pour la première fois comme un cadeau empoisonné avant même son arrivée.

Se massant le front pensivement, il finit par lâcher tout en se redressant.

« Tu devrais peut-être profiter de l’heure matinale pour sortir sans qu’on te remarque. »
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MessageSujet: Re: Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)   Sam 26 Juin - 19:34

Si Paul lui avait demandé des précisions, Heinz aurait sans doute été bien en mal de répondre. Pour une fois il n'était pas question de savoir ce qu'il préférait le plus entre telle ou telle option : le fantasme lui avait toujours semblé trop honteux pour qu'il se rende compte que les deux lui plaisaient. Il n'avait jamais tenté d'approfondir tout cela et savant, assez confusément, qu'il trouvait les uniformes en général très séduisants. Mais celui que portait Heinz n'attirait que colère, peur, haine et parfois même le dédain des autres officiers. S'il avait été français, pilote et médaillé, est-ce que Paul aurait été impressionné ou séduit au lieu de le voir comme un monstre ?

Il n'osait pas le lui demander, par honte et par réalisme. Paul répondrait qu'il n'était ni français, ni pilote, ni médaillé et que la question n'avait pas lieu d'être. Pire, cela ne ferait que lui rappeler son travail infâme. Et tout ça pour quoi ? Ce n'était pas comme s'il pouvait récupérer des uniformes de pilotes français pour une partie de jambes en l'air ! Et s'ils les tachaient ? S'il croisait le propriétaire dans les couloirs ? Pour ne rien arranger, il devrait choisir l'uniforme d'un pilote qui faisait approximativement sa taille ou celle de Paul... ce ne serait plus un uniforme anonyme mais l'uniforme d'un homme qu'il pouvait reconnaitre tous les jours. Encore une personne qu'il ne pourrait plus regarder dans les yeux sans rougir épouvantablement.

Heureusement, Paul coupa court à toute occasion de développer. Heinz ressentit pourtant une vive déception, comme si son amant faisait preuve de désintérêt. Il ne s'étonna même pas quand on lui indiqua clairement que sa présence n'était plus souhaitée.

"Tu as raison," répondit-il de mauvaise grâce en se levant.

De toute façon, pensa-t-il en se rhabillant en silence, il n'avait plus vraiment envie de rester.
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Liebst du Katzen ? (Samedi 24 Mai)

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