Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)


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Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)

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MessageSujet: Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)   Lun 5 Avr - 21:11


Pierre Méliès

Là, sur un banc, un garçon attendait, il était seul, les yeux rivés sur le sol et une légère grimace aux lèvres. Il faut dire qu'il était certain de se faire disputer et même peut-être par sa maman. Et ça n'était pas du tout agréable pour lui. Sa mère ne l'avait encore jamais vraiment grondé. Il se tortilla sur son banc, vraiment mal à l'aise. Pourtant, il n'avait pas fait grand chose, il avait juste fait quelque chose qu'il n'aurait pas dû.

Avec son groupe de copains, ils avaient juste trouvé une porte vers la cave et il avait été le seul à oser se diriger vers le couloir sombre sans lumière. Il avait fait moins de trois mètres quand il avait dérapé sur un bout de bois qui trainait au sol. Et là il était tombé et s'était foulé la cheville. Il avait poussé un cri qui avait causé la fuite de tous ses si courageux compagnons. Et quelques minutes plus tard, un professeur l'avait récupéré et conduit dans ce couloir.

Un couloir du coté de Sainte-Marie car sa mère devait aller voir un professeur de là-bas. Il releva la tête quand le professeur avec lequel sa maman devait voir, arriva. Il avait la cheville bandée, ses yeux étaient encore légèrement embués de larmes qu'il avait versé seul dans le noir. Pierre se mordit la lèvre inférieure en constatant que c'était une femme et qu'elle ne le connaissait pas. Oh, que ce soit une femme ne le dérangeait pas du tout, il avait des professeurs féminins. Mais qu'elle ne le connaisse pas risquait de le faire passer pour un enfant dissipé et cherchant à passer d'un côté à l'autre. Alors que non, il avait juste voulu visiter et avoir un petit frisson en s'engageant dans un couloir sombre inconnu.

Ce serait sa ligne de défense en attendant que Constance, sa mère, arrive pour son rendez-vous avec mademoiselle Keller. D'après ce qu'on lui avait dit, il avait été assez puni par sa cheville bandée, mais on ne savait jamais avec les professeurs... surtout qu'il avait à recopier une carte du Reich en plus avec les villes importantes en rouge et les capitales en noir. Oui, finalement il avait eu une autre punition. Et le regard de sa maman quand elle le verrait en ferait une troisième. Heureusement que Pierre était trop grand pour pleurer, sinon il aurait bien eu envie de verser quelques larmes. Mais il était bien élevé et comme le professeur Keller arrivait, il se leva en s'appuyant sur le montant de la porte et en restant sur son pied valide.

" Bonjour professeur. "

Elle avait certainement été mise au courant de ce qui l'amenait ici, en fait, simplement le fait que sa maman vienne le chercher pour le ramener à la maison le temps que sa cheville aille mieux. Et elle allait certainement aussi le faire entrer dans son bureau et lui poser tout plein de questions sur les raisons qui l'avaient poussé à aller dans les couloirs des caves... Mais il était presque certain que c'était bien d'explorer...
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MessageSujet: Re: Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)   Lun 12 Avr - 21:02

Encore un qui se sentait l’âme d’un aventurier chevronné. A force ils allaient la rendre malade d’inquiétude. Bon sang, il fallait vraiment que ces incursions cessent. Trainer dans ces caves dans le noir le plus total relevait de la pure idiotie. Mais comment faire rentrer cette notion dans le crâne d’un enfant de onze ans sans obtenir l’effet inverse ? Deux options pouvaient résoudre le problème. De un, faire peur au môme au point de le traumatiser en s’exposant au risque de recevoir les foudres d’une mère furieuse de voir sa progéniture se plaindre de cauchemars réguliers. Et puis il commençait à atteindre un âge où l’on est moins impressionnable… De deux, rendre l’objet de toutes les curiosités banal et inintéressant. Inutile de préciser que c’était plus facile à dire qu’à faire. Bien sûr, si le garçon avait été son élève, il y aurait aussi eu la carte de la punition sévère mais la professeure n’en était pas particulièrement fanatique. Il fallait dire que les filles de Sainte-Marie des Anges qu’elle avait dans sa classe étaient relativement calmes de manière générale (trop à son goût pour être honnête, même si elle se gardait bien de le dire ouvertement). En plus une sanction sans explications ou prise de conscience était totalement stérile.

Bien que partagée intérieurement, la française afficha un air sévère dans un premier temps, raffermissant sa résolution. Ses collègues, d’une institution comme de l’autre, et elle-même, s’en mordraient les doigts un jour s’ils faisaient preuve de laxisme en fermant les yeux sur ces petites escapades irréfléchies, c’était ouvrir la porte à d’autres bêtises pouvant peut-être prêter à conséquence. Hm… Liliane ne put s’empêcher de se sentir affreusement hypocrite. Petite elle rêvait de trouver le courage d’effectuer ces fameuses entorses au règlement et avec du recul elle se disait que ça ne lui aurait pas fait de mal. En voyant la mine du gamin et sa cheville bandée, la montroise vit sa détermination s’amenuiser un peu plus. Elle le plaignait sincèrement s’il était lui aussi frappé par une étrange malédiction qui attirait les chutes, les entorses et autres maladresses dans les pires situations. Pour sa part une baignade forcée en attestait déjà, sans parler de la cuisante honte antérieure suite à une gamelle de toute beauté en plein parc. Son expression se radoucit sensiblement mais son ton resta ferme. De toute façon, infantiliser avec une diction trop gentillette était, à ses yeux, contreproductif.

« On va attendre ta maman dans mon bureau, tu peux marcher seul ou tu as besoin d’aide ? »

Une fois tous les deux installés, la professeure enchaîna sans attendre.

« Eh bien, je t’écoute, raconte-moi ce qui s’est passé. »

Ne pas assaillir de reproches tout de suite, ça ne faisait que mettre la personne en face sur la défensive ce qui débouchait souvent sur une minimisation et une légitimation intérieure de la bêtise (bien que pas si vilaine en l'occurrence). En agissant ainsi Liliane espérait attiser la culpabilité de l’enfant ou au moins comprendre la raison de ce petit accident même si elle avait déjà une idée là-dessus. D’autant plus que sa mère, qu'elle devait rencontrer, ne pourrait pas lui reprocher d’avoir brusqué son petit.
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MessageSujet: Re: Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)   Mar 13 Avr - 21:50


Pierre Méliès

Si Pierre avait eu un caractère doux et tendre, il aurait certainement eut la lèvre inférieure tremblotante à l’écoute du ton du professeur. Mais ce n’était pas son frère et il avait beaucoup trop d’amour propre et de fierté pour se laisser impressionner par le ton faussement moralisateur. Parce que en matière de disputes, c’était le regard de sa mère qui valait tout. Une simple lueur de tristesse ou de dépit dans les yeux de Constance et Pierre se sentait vraiment mal. Mais que quelqu’un qu’il ne connaisse pas ne soit pas très gentil avec lui, il s’en fichait un peu.

Par contre, le fait que sa cheville lui fasse mal ne l’aidait pas à avoir l’air courageux. Surtout qu’il clopina plus qu’il ne marcha pour entrer dans le bureau du professeur. Heureusement, il put s’assoir rapidement et comme il s’y attendait, les questions arrivèrent. Il inspira avant de répondre au professeur.

« Et bien j’ai juste voulu voir ce qu’il y avait dans la cave et je suis tombé en glissant sur une branche. Avec les copains on a trouvé la porte et on a voulu voir ce qu’il y avait derrière juste comme ça pour savoir pas parce qu’on est des vilains curieux hein ! »

Il fit un sourire à la dame, il paraissait que des fois ça fonctionnait et comme c’était elle qui allait voir Constance, l’apaiser avant que le rapport à sa mère soit fait était une bonne idée. Il se tortilla un peu sur sa chaise avant de se trouver bien calé et de pouvoir laisser reposer sa cheville bandée. Il attendit de voir s’il y avait d’autres questions de la part de la dame/professeur.

---

A cet instant, Constance était reçue à Sainte Marie et était informée que son fils était dans le bureau du professeur Keller. Elle fronça les sourcils et demanda à Rose d’avancer un peu plus vite. Cette dernière regardait tout autour d’elle tout en marchant et en commentant, comme toujours, ce qu’elle voyait.

« C’est beau le jardin, pourquoi je pourrais pas jouer avec Pierre et ses copains ? Tu crois qu’Adrien il viendra me prendre en photo ? J’aurais une gentille maitresse ? Je vais apprendre à faire des gâteaux ? Il est trop grand ce couloir ? C’est Pierre qui a fait une bêtise ? Tu vas le fâcher ? Pourquoi tout le monde me regarde bizarrement ? J’ai un trou à ma robe ? »

Et cela continuait encore et encore pendant tout le trajet. Elle ne cessa de parler que quand sa mère frappa deux coups à la porte du bureau où Pierre et Liliane Keller parlaient.
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MessageSujet: Re: Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)   Sam 24 Avr - 20:56

Liliane resta silencieuse un petit moment, la mine stoïque. Une fois de plus elle était partagée. Finalement, à bien y repenser, la relative autodiscipline qui régnait dans sa classe n’était pas si regrettable, cela lui évitait au moins la gestion des bêtises avec laquelle, en définitive, elle n’était vraiment pas à l’aise. Sans l’ombre d’un doute la montroise avait conscience de son manque flagrant de tact et de doigté dans le dosage de l’indulgence et de la sévérité. Trop ou pas assez, rarement le juste milieu, aussi elle avait une fâcheuse tendance à fermer les yeux dans la mesure du possible afin d’éviter d’avoir à tomber de façon publique dans un excès comme dans l’autre. Couardise ? Que nenni ! Intérieurement elle justifiait son attitude en soulignant que son noble métier c’était d’enseigner, de transmettre son savoir, pas d’être sur le dos de pauvres gamins dont l’enfance était déjà gâchée par les boches. Oui, il y avait largement assez de parasites pour fliquer les moindres faits et gestes comme ça, pas la peine d’en rajouter une couche.

La professeure sentit sa bonne humeur revenir. D’une part elle avait trouvé une nouvelle raison de pester contre les schleus et d’une autre elle tenait là de quoi ne pas enquiquiner plus le petit sans avoir l’impression de manquer à ses devoirs d’enseignante. La petite voix ténue qui lui murmurait que son raisonnement empestait la mauvaise foi pouvait bien se taire, la française était décidée à faire la sourde oreille aujourd’hui. Les comportements puérils n’étaient après tout pas réservés qu’aux enfants, ils étaient même loin d’en avoir l’absolue exclusivité.

Un sourire léger finit par s’esquisser sur son visage.

« La curiosité est une qualité quand elle est utilisée à bon escient. »

Hum hum, elle aurait presque rougit de honte de son petit trait moralisateur bien bateau, en plus de se sentir encore une fois affreusement mal placée pour faire la leçon. Qu’est-ce qu’on ne devait pas faire parfois pour la forme… Le seul conseil que Liliane pensait sincèrement était « sois plus malin et ne te fais pas attraper quand tu feras une idiotie à l’avenir » mais il ne fallait pas abuser non plus, elle avait beau savoir qu’elle faisait un piètre modèle en dehors des cours classiques il y avait des limites à tout. Bref il fallait enchaîner.

« Bon, ça ira pour cette fois, mais qu’on ne vous y reprenne pas, je peux te faire confiance ? »

Sinon ce sera mon pied au cul la prochaine fois.

Peut-être aurait-il fallu enfoncer le clou en assommant le môme d’un interminable sermon, insister encore et encore, poser plus de questions. La blessure constituait cependant à ses yeux une punition plus que suffisante. Et puis la dame avait en horreur tout ce qui ressemblait à un interrogatoire, ou pour être précis, c’était son cauchemar, à elle, transposer dans la réalité, même très vaguement, la dérangeait profondément.

« Ah ! je crois que ta maman arrive. »
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MessageSujet: Re: Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)   Lun 3 Mai - 21:21


Pierre Méliès ~ Rose Méliès

Pierre n'ajouta rien à ce que disait la dame parce que ça ne servait à rien et qu'il devait de toute façon attendre sa mère pour partir. Donc engager une polémique sur la notion de curiosité dans le cadre scolaire n'était pas ce qu'il trouvait le plus amusant au monde. Il attendit donc que l'orage relatif passe en montrant son visage de pauvre petit garçon repentant, il fallait espérer que cela suffirait.

Et quand elle annonça que sa mère arrivait et qu'elle alla ouvrir la porte, Pierre sut qu'il n'aurait pas de trop gros sermon de la part du professeur. Il se tourna vers sa mère pour voir Rose lui sauter sur les genoux en hurlant. Oui, sa soeur n'était pas un modèle de sagesse et de discipline. Et surtout, elle n'avait pas la moindre notion de timidité.

" Pierre t'a fait une bêtise, tu vas avoir quoi comme punition ? "

Là il aurait préféré que sa soeur ne parle pas, oui ce serait un beau rêve mais ce n'était pas la vérité et Constance s'installa à coté de son fils tout en notant sa cheville bandée et son air coupable. Car oui, pour elle, qu'il ne sourit pas signifiait qu'il avait l'air coupable, elle le connaissait très bien son fils ! Elle commença :

" Rose voyons ! " puis vers le professeur "Professeur Keller, merci de me recevoir, avant de passer à la raison initiale de ma présence, pourriez vous me dire ce qui se passe avec Pierre ? "

Elle avait posé la question avec calme et patience, comme d'habitude car cela ne servait à rien de s'énerver, ce ne devait pas être bien grave car Pierre était un gentil garçon. Rose regarda la dame et lui fit un sourire plein de fossettes avant de la saluer comme il se devait.

" Bonjour ? Ce sera toi ma maîtresse ? "

Oui, oui, pour rose c'était un salut comme il se devait. Et Pierre attendit que le professeur en question explique la situation, il parlerait ensuite...
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MessageSujet: Re: Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)   Mar 11 Mai - 0:13

C’est avec un étonnement non feint, sans néanmoins s’en formaliser, que Liliane regarda la petite Rose débouler dans la pièce et sauter sur les genoux du jeune blessé. Fille unique, elle se laissa aller à imaginer un instant ce qu’aurait été sa vie si elle avait eu un frère ou une sœur… Fatigante, c’était le premier qualificatif qui lui venait à l’esprit à en juger par ce que laissait entrapercevoir les rapports entre les deux enfants.

« Professeur Keller », ces deux mots sonnaient à ses oreilles de la plus merveilleuse des façons. Ah qu’est-ce que ça pouvait lui faire du bien de s’entendre appeler ainsi, d’avoir un début de conversation avec une personne inconnue sans détecter la présence d’un accent d’outre-Rhin. Comme quoi il n’en fallait pas beaucoup parfois pour bien disposer la montroise au caractère de temps à autre irascible. Elle gratifia la cadette d’un gentil sourire suivi d’un « peut-être un jour oui » avant de répondre aux interrogations de sa mère.

« Eh bien votre fils a juste l’esprit un peu trop aventureux et une malheureuse branche mal placée a mis fin à son projet d’exploration. Mais ne vous inquiétez pas, ce n’est rien de bien grave, Pierre vous expliquera ça plus en détail. »

La française était quelque peu avare en informations et restait sciemment dans le vague en employant un ton qui, sans être léger, ne se voulait toutefois pas alarmiste. A ses yeux il était inutile d’en faire plus. Il ne fallait pas oublier qu’elle n’éprouvait que du mépris et du dégout à l’encontre de ceux qui ressentaient une joie jubilatoire dans la dénonciation gratuite, même aux conséquences anodines et sans importances. Bornée, elle refusait d’abandonner sa résolution de ne pas enfoncer l’enfant à outre-mesure comme le ferait peut-être une enseignante acariâtre ou frustrée.

« D’après ce qu’on m’a rapporté, un de mes collègue lui a déjà donné une punition. Par ailleurs nous avons un peu discuté et je pense qu’il a compris la leçon maintenant, n’est-ce pas ? »


Afin d’appuyer son propos elle accompagna ses paroles optimistes d’un regard sévère à l’intention du garçon. Cependant, à peine eut-elle achevé sa déclaration qu’elle la regretta aussitôt et se retint de justesse de se mordiller la lèvre inférieure avec nervosité. Elle s’était quand même avancée un peu vite en affirmant quasiment qu’elle avait l’assurance que cela ne se reproduirait pas alors qu’elle ne connaissait absolument pas cet élève. Quelle idiotie, décidément elle parlait vraiment trop, à force cette manie allait lui jouer des tours… Sans même parler de l’indélicatesse de la formulation… Il faudrait qu’elle veille à améliorer son sens de la communication dans le cadre de ce genre d’entretien (ce qui ne serait pas très compliqué en vue de l’état actuel des choses frôlant la catastrophe).
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MessageSujet: Re: Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)   Sam 15 Mai - 11:53


Pierre Méliès ~ Rose Méliès

La petite blonde sur les genoux du plus grand brun regardait le professeur avec un grand sourire quand elle lui répondit qu'elle serait peut-être sa maîtresse. C'était bien mais elle avait l'air d'avoir fâché Pierre. Et Rose n'aimait pas être fâchée. Elle resta dans les bras de son frère pour être rassurée et lui fit un gros bisou sur la joue pour lui dire qu'elle l'aimait très fort et elle se mit à jouer avec ses doigts.

Constance regardait le professeur pendant qu'elle donnait ses explications. Alors c'était une aventure qui avait causé la blessure de Pierre. Elle savait qu'il était un peu téméraire et que parfois il faisait preuve de sottise en avançant sans se préoccuper des conséquences possibles.

" Je comprends ce que vous voulez dire professeur. Pierre, je suis déçue. "

Elle fixa son fils qui baissa la tête, oui là maintenant il avait compris. Il savait ce qu'elle voulait dire et il inspira tout en évitant de pleurer. En trois mots, sa mère lui avait fait bien plus de peine que tout le discours du professeur et alors que cette dernière continuait à parler, Constance regarda sa fille se blottir dans les bras de son frère pour le réconforter. Elle avait de la chance d'avoir des enfants aussi gentils.

" Une punition qui est certainement méritée, je m'assurerais qu'il la fasse. "

" Oui professeur j'ai bien compris, pardon maman. "

Le ton était très peu assuré et Constance posa une main sur l'épaule de son fils pour lui montrer qu'elle ne lui en voulait pas, elle était déçue mais ça n'irait pas plus loin à la maison. Par contre, il ferait sa punition sans aide aucune et ce même si elle ignorait de quoi il s'agissait. Elle redressa la tête tout en regardant la jeune femme qui lui faisait face. Maintenant que cette question était réglée, on pouvait passer à autre chose. Il semblait qu'elle était un peu gênée d'avoir parlé sur ce ton à Pierre mais Constance ne la blâmait pas, elle ne le connaissait pas donc elle ne pouvait pas savoir que maintenant il regrettait certainement de tout son coeur... et qu'il recommencerait peut-être aussi.

" Maintenant que cette question est réglée, j'aimerais inscrire Rose pour la rentrée prochaine. Je me suis dit que vous pourriez peut-être lui montrer les lieux si cela ne vous dérange pas dans votre emploi du temps. "

" Oh oui ! S'il te plait maîtresse ? Tu veux bien me montrer là où Pierre il a fait sa bêtise ? "

" Rose ! "

La petite baissa la tête en murmurant un "pardon" et Constance attendit que la jeune femme lui réponde. Il y avait d'autres points à voir, mais c'était certainement le plus important de visiter du moins aux yeux de Rose.
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MessageSujet: Re: Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)   Sam 29 Mai - 15:47

[HJ: vraiment désolée du retard, ça ne se reproduira plus !]

Liliane se sentit quelque peu soulagée d’avoir enfin clôt la question de la petite bêtise du garçon, voilà qui était une bonne chose de réglée. Sautant sur l’occasion de se rattraper elle répondit par l’affirmative à la requête de la mère sans tarder.

« Assurément, suivez-moi je vais vous faire une visite guidée des lieux. »

Sur ces paroles elle se leva et enjoignit d’un geste de la main le groupe à la suivre, commençant à débiter un rapide historique des lieux, probablement assommant pour les deux enfants. Aïe, ils avaient indirectement réussi à titiller la fibre enseignante de la montroise, même si le sujet était loin d’être son domaine de prédilection, elle n’allait pas faire dans le concis.

« Datant du moyen-âge… »


Blablabla. Tout en poursuivant ses explications et descriptions l’enseignante jeta un nouveau coup d’œil à la progéniture de la française. Elle avait vraiment de beaux enfants plein de vie, et pour une fois elle le pensait sincèrement. C’était peu glorieux, mais elle ne comptait plus le nombre de fois où elle avait débité des mensonges éhontés sur le côté mignon et éveillé des marmots d’amies et de collègues. Elle se garda bien toutefois de partager sa réflexion. D’une part parce que ça aurait été étrange de sortir comme ça des propos flatteurs, elle serait juste passée pour une incompétente ayant un besoin maladif de reconnaissance et d’approbation. D’autre part Liliane n’avait jamais été très douée de manière générale pour la formulation des compliments directs. On imaginait toujours que c’était par intérêt ou du rentre-dedans peu fin, alors qu’il s’agissait souvent simplement du constat de qualités évidentes sans arrières pensées !

« …là vous avez les dortoirs… »

Il y avait aussi d’autres trucs cachés qu’il valait mieux que personne ne découvre, d’où une vraie inquiétude devant le caractère de la petite fille dont la scolarisation future ne faisait pas de doutes. Si comme son frère ainé elle passait aussi son temps libre à farfouiller partout et que… le tableau qui se peignait dans son esprit avait de quoi se donner de graves sueurs froides… Il faudrait trouver une solution préventive d’ici là. Prenant soudainement conscience qu’elle n’avait pas dit un mot depuis quelques temps Liliane lâcha avec un demi-sourire.

« Vous trouvez encore la force de tenir une maison ou de travailler après vous être occupé de ces deux-là ? »


C’était une manière détournée de demander ce qu’elle faisait dans la vie, histoire de faire la conversation car pour le moment la montroise trouvait cette femme et sa petite famille sympathique (et d’octroyer un peu de répit à tout le monde en faisant une pause dans son baratin peut-être indigeste). Bon d’accord, même si elle l’avait trouvée infecte elle aurait quand même tenté de tenir le crachoir afin de palier à une ambiance pesante. Elle détestait les longs silences oppressants dissimulant tout juste les ressentiments mutuels, ce genre d’ambiance était, à ses yeux, malsaine et dérangeante.

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MessageSujet: Re: Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)   Mar 8 Juin - 21:49


Pierre Méliès ~ Rose Méliès

La petite blonde sauta sur ses pieds rapidement quand sa maîtresse accepta de leur faire visiter l'école. Elle lui sourit et se précipita vers elle en tendant sa main vers celle du professeur. Constance sourit en voyant que sa fille n'était pas timide le moins du monde. C'était bien et elle aimait ce caractère, elle se demandait si jamais Adrien aurait été aussi à l'aise, mais il était fort probable que non.

Pierre se leva lentement et grimaça quand son pied entra en contact avec le sol. Sa mère se plaça à ses côtés et lui tendit le bras pour qu'il s'appuie tout en tentant d'avancer. Elle espérait que cela ne lui ferait pas trop mal tout en sachant qu'il refuserait de se plaindre puisque c'était sa bêtise qui avait causé cette douleur.

Le discours de Liliane commença sur l'établissement et elle sourit tout en était certaine de la réaction de sa fille à tous ces termes inconnus. La pluie de question ne tarderait certainement pas et Pierre devait l'avoir compris car même s'il grimaçait parfois quand il s'appuyait trop sur sa jambe, il souriait et semblait attendre le déluge.

Constance repéra le jeune homme qui arrivait vers eux avec une paire de béquille et le jeune garçon eut un véritable sourire armé de ce nouveau moyen de transport.

" Pierre tu me prêteras tes béquilles ? Maîtresse c'est quoi le moyen-âge ? C'est quoi une voute avec des gros tiques ? Y'a combien de lits dans les dortoirs ? On fait combien de batailles d'oreillers ? Faudra que je dorme ici ou je pourrais aller chez ma maman ? Tu as des enfants ? On mange quoi le midi ? Je pourrais aller voir mes frères ? "

Oui, le déluge commençait et ce fut Pierre qui répondit le premier, maintenant armé d'un instrument suffisant pour lui faire oublier la douleur.

" Tu sais bien que quand on a des béquilles et qu'on a pas mal, on a toujours des malheurs ! "
" Même pas vrai ! Adrien il en a eu et j'en ai fait et j'ai rien eu ! Et puis toi t'es qu'un menteur ! Hein maîtresse c'est qu'un menteur Pierre ? "

Elle ne pouvait pas demander à sa mère parce que Constance n'approuverait pas et trouverait un moyen de faire cesser la petite dispute alors que c'était trop marrant.

De son côté la mère attendait la réaction du professeur tout en répondant à sa question.

" Je n'ai pas que ces deux là à m'occuper, j'en ai deux autres plus calmes, mais j'ai une nourrice pour m'aider. Et je travaille car c'est presque obligatoire de nos jours, je suis secrétaire."

Elle ne donna pas d'autres détails, attendant la réaction aux questions de Rose et surtout voulant voir si Mademoiselle Keller allait prendre la main que la petite Rose continuait à lui tendre. Avec elle, aucun silence pesant n'était possible.
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MessageSujet: Re: Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)   Mar 15 Juin - 21:26

Pas de râles d’ennui, de longs silences forcés, ni de protestations ouvertes ? Mais de quelle planète pouvait bien provenir ces enfants ? Durant son enfance la française avait connu une période où elle avait été très dissipée mais aussi d’une grande curiosité au sujet de tout et n’importe quoi, comme la petite Rose en ce moment, avant finalement de s’assagir et de s’enfermer durant de longues années dans une réserve excessive. Elle ne lui souhaitait pas le même parcours. En tout cas, ce déluge d’interrogations faisait plaisir à voir, ou plutôt à entendre, même si toutes les questions ne portaient pas sur les points les plus studieux et qu’elles provenaient exclusivement de la future élève. Oui, cet enthousiasme la réjouissait, il en fallait peu pour rendre l’enseignante optimiste dans ce genre de situation, l’angoissée dépressive des jours de poisse était bien loin aujourd’hui. Si seulement sa cousine pouvait avoir ne serait-ce qu’une fraction de cet intérêt pour les études… la différence d’âge entre la petite Méliès et l’autre bécasse rendait la comparaison d’autant plus déprimante (sentiment auquel elle se refusa pourtant de se laisser aller).

C’est donc avec un plaisir non feint que la montroise tacha de répondre simplement aux questions, avec plus ou moins de brio ceci dit en passant, y compris aux plus incongrues.

Des enfants ? Non elle n’en avait toujours pas et ne se sentait pas particulièrement pressée bien que cela commençât à faire jaser. Le contexte ne s’y prêtait absolument pas pour elle, en plus cela aurait signifié se caser définitivement, or la française n’était pas prête à renoncer à sa relative liberté. Elle, mariée à nouveau et gentille femme au foyer, la vision avait de quoi faire sourire. Sans même aborder les raisons essentielles, Liliane trouvait déjà la simple idée de s’imaginer sérieusement en couple ridicule. Il faudrait être fou pour supporter ses humeurs et excentricités se disait-elle souvent sans s’en soucier plus que ça. La solitude était parfois pesante, mais affirmer que cette dernière était insupportable aurait été mentir. Un désagrément, voilà ce que cela représentait réellement à ses yeux. Certes son caractère la poussait à rechercher à établir un contact avec à peu près n’importe qui croisait sa route (y compris ceux qu’il ne fallait pas) cependant que ce bref lien soit superficiel et faux lui importait peu, seul comptait l’impression de vie sociale du moment. Au final sa profession satisfaisait amplement sa fibre maternelle, quoi qu’on en dise, son mode de vie inconstant lui seyait parfaitement.

Réalisant soudainement le geste en attente de Rose, Liliane s’empressa de prendre la main que la petite fille lui tendait. Pas de doute, la professeur était attendrie. Contournant le problème de la prise de partie entre les deux enfants, elle répondit avec un sourire.

« Pierre a juste besoin de ces béquilles pour le moment. »

Puis ajoutant à l’intention de la jeune Méliès.

« Si jamais quelqu’un t’embête viens me voir, je m’occuperai du problème. »


Elle se concentra ensuite sur la réponse de la mère. Ainsi donc elle en avait deux autres et travaillait en plus.

« Vous avez bien du courage, personnellement je ne pense pas que j’aurai l’énergie pour… »

Une association d’idée tirée par les cheveux ne tarda pas à germer dans son esprit. Secrétaire, papier, donc univers plus ou moins proche des bouquins, soit un nouveau point positif. Le raisonnement était tout ce qu’il y avait de plus fumeux mais qu’importe, penser comme une abrutie était libérateur et très divertissant à petite dose. La française était comme ça, elle pouvait déployer des trésors d’inventivité pour imputer tous les maux du monde à une personne comme s’entêter à en trouver une autre sympathique. Hélas, à force de flirter avec la débilité il arrivait que l’on finisse par être contaminé de temps à autres, ce propos allait parfaitement être illustré sous peu.

Continuant d’abreuver par intermittence son auditoire d’informations sur l’établissement, elle conclut avec grandiloquence en ouvrant de sa main libre une porte.

« Et voilà notre belle bibliothèque ! »


Euh… la pièce censée renfermer des centaines de bouquins ressemblait à une vieille salle de classe servant de débarras. Peut-être parce que c’était justement un débarras. Un brin poussiéreuse, la salle contenait quelques tables usées, des chaises et trois vieux malheureux manuels. Absorbée comme elle l’avait été, l’enseignante s’était tout simplement trompée de couloir. Ses joues rosirent immédiatement, c’était un nouveau moment de solitude. Toussotant nerveusement elle tenta de se rattraper maladroitement.

« L… l… l’ancienne salle de lecture je veux dire. »
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MessageSujet: Re: Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)   Jeu 17 Juin - 20:08


Pierre Méliès ~ Rose Méliès


Les réponses arrivèrent pour le plus grand plaisir de Rose qui continua à écouter ce que lui disait sa maîtresse tout en marchant. Elle devait être sage sinon sa maman serait fâchée et elle voulait pas fâcher sa maman. Pierre, lui marchait plus facilement avec ses béquilles et suivait le petit groupe tout en réfléchissant au temps qu’il allait mettre pour faire sa punition. Et puis elle était pas gentille cette punition, s’ils voulaient pas qu’ils entrent dans des coins, ils n’avaient qu’à pas laisser les portes ouvertes et puis c’était tout.

Constance prit soin d’écouter les réponses pour pouvoir entendre éventuellement les questions qui suivraient. Elle manqua d’éclater de rire quand le professeur permit à Rose d’aller la voir en cas de problèmes. Elle ne fit aucun commentaire mais la réponse de sa fille à la proposition ne tarda pas à fuser.

« Pierre il m’embête tout le temps, tu lui donneras des punitions tout plein ? »
« Tu veux te taire crevette oui ! »
« Je suis pas une crevette ! Maîtresse ! Pierre il fait rien que m’embêter ! »
« C’est même pas vrai et le professeur Keller le voit bien, et puis si tu es une crevette toute rose. »
« Non ! T’es qu’un menteur ! Et puis je t’aime plus, t’es plus mon frère na ! »

Elle tira la langue à son frère qui ne l’était plus sous le rire de ce dernier qui répondit de la même manière sous le regard attendri de leur mère qui ne fit aucun commentaire, les petites disputes avaient toujours lieu entre ces deux-là.

« Excusez les professeur, ils sont intenables aujourd’hui. Je n’ai pas tant de courage pour le moment, je travaille presque tous les jours. Et votre … »

Quelle bibliothèque ?

« Elle est moche ! »
« Rose ! »

La méprise du professeur n’était pas grave, mais Rose n’allait pas laisser un commentaire comme celui-là rester dans son esprit, elle devait le faire partager sous le rire plus ou moins discret de Pierre.
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MessageSujet: Re: Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)   Jeu 24 Juin - 20:03

Autant pour elle, il faudrait vraiment qu’elle apprenne un jour à la fermer. Liliane observa cependant avec une expression attendrie proche de celle de leur mère la petite dispute qui éclata entre les deux enfants. Etant fille unique et ayant un peu plus de dix ans de différence avec sa cousine Juliette, elle n’avait jamais connu les joies et déboires qu’impliquait avoir un frère ou une sœur à cet âge là. Ce qu’elle avait pu s’ennuyer des fois quand elle était petite, et c’était certainement pour cela qu’elle avait été insupportable pendant une longue et difficile période.

« Ton frère ne fait que te taquiner, ce n’est pas la même chose. »


Vint ensuite l’angoisse de sa énième bourde. Mais pourquoi fallait-il toujours que ses étourderies se produisent devant des témoins, en public ? Avec quelques années de moins elle aurait clamé d’une petite voix « c’est trop injuste ! ». A la place elle médita un instant sur l’hypothèse d’une éventuelle malédiction avant de réaliser le grotesque de sa réflexion. L’enseignante devait manquer de sommeil ou être un peu malade pour en arriver à de tels égarements. Des vacances à lézarder au soleil en bord de mer, voilà ce qui lui ferait du bien. Et même qu’elle pourrait simuler une crampe lors d’une baignade pour se faire secourir par un beau blond/brun/roux (elle ne faisait pas de discrimination capillaire) repéré au préalable dans le coin. Ah quel pied ce serait ! Hélas c’était tout sauf à l’ordre du jour (et avec la chance qu’elle avait ça aurait été le petit vieux obèse et édenté du coin qui se serait pointé).

Retournant à des sujets plus terre-à-terre, la française s’empressa de refermer la porte et de remettre en mouvement le petit groupe. Avant que tout malentendu ne s’installe devant son court silence pensif elle précisa.

« Ce n’est rien, il n’y a pas de mal. »

Moche… c’était le moins que l’on puisse dire au sujet de cette pièce. Elle se garda bien de sourire franchement toutefois, s’autorisant juste une simple esquisse. Les enfants avaient tendance à détecter très facilement les adultes plus indulgents que les autres et à exploiter la sympathie qu’ils savaient leur inspirer. Sous-estimer largement l’intelligence des plus jeunes était une erreur que certains commettaient, Liliane n’était pas de ceux-là.

« On va faire un petit détour, comme ça tu pourras repérer l’emplacement de la salle des professeurs. C’est ici qu’il faut venir en cas de vrai problème. »


La montroise acquit aussitôt la conviction qu’elle aurait peut-être mieux fait d’oublier cette étape si elle avait vraiment tenu à sa tranquillité. D’un autre côté si la petite Méliès pouvait casser les pieds de certains de ses collègues imbuvables… C’était vraiment moche comme pensée. Peu de temps plus tard elle poussait la porte du lieu en question, pas d’erreur cette fois, faisant un petit geste de la main aux enseignants présent à l’intérieur.

« On ne va pas les embêter longtemps, Rose voici quelques professeurs que tu auras probablement au cours de ta scolarité. »
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MessageSujet: Re: Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)   Ven 25 Juin - 21:51


Pierre Méliès ~ Rose Méliès


Le professeur était gentille mais cela ne changeait pas grand chose au fait que Rose trouvait que son frère était pas gentil pour l'instant. Oh, il savait être adorable mais là il n'était pas gentil parce qu'il lui avait dit non. Il y avait aussi le fait que lui il ait le droit à des béquilles et pas elle ! Elle écouta donc le professeur parler et fixa son frère avec un regard noir lâchant la main de sa maîtresse et allant droit vers lui, le menaçant d'un doigt brandi.

" Pierre tu arrêtes de me maquiner ! "
" D'accord crevette, j'arrête de te taquiner. "

L'éclat de rire dans les yeux du garçon était clairement visible, il aimait les mots enfantins de sa soeur et il était prêt à parier qu'elle continuerait à lui ressortir du maquiner à certains moments pas forcément opportuns. Il se tourna vers le professeur qui tentait de rattraper sa bourde alors que Constance prenait sa fille par la main pour qu'elle suive le mouvement sans trop discuter. Cela n'empêcha pas la petite de commenter tout ce qu'elle voyait avec des oh et des ah mais elle ne pesta plus contre son frère qui suivait silencieusement aussi.

La salle des professeurs en cas de vrais problèmes était très jolie et Rose se demanda ce que c'était un vrai problème. Elle réfléchit aux moments où elle devait aller voir sa maman pour les bêtises et déclara fermement.

" D'accord maîtresse quand je pourrais pas taper sur le nez des méchantes filles, je viendra te voir ! "
" Rose ! "

Non, sa fille n'était pas mal élevée, elle était juste très très impulsive, à croire qu'elle avait prit tout le caractère frondeur qui manquait à sa mère bien plus calme et réfléchie. Donc les questions d'hérédités n'étaient pas si importantes que ça finalement.

" Merci pour cette visite professeur, avez-vous d'autres choses à nous faire voir ? "

Il valait mieux que Constance recadre les choses et la visite en cours sinon sa fille allait poser encore des centaines de questions qui n'étaient pas forcément très utiles.
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MessageSujet: Re: Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)   Mer 7 Juil - 14:01

Liliane, relâchant par réflexe la menotte, regarda filer la petite fille et retint à grand peine un éclat de rire devant la petite scène qu’elle lui joua. L’un comme l’autre ne manquait pas de caractère, c’était certain qu’on ne devait pas s’ennuyer avec ces deux là ! Décidément, si un jour elle avait des enfants, elle souhaitait qu’ils aient la même énergie qu’eux. Quoi que, ça ne devait pas être évident les jours où il fallait déterminer qui aurait droit à la dernière part de gâteau… Bref, trêve de bavardages intérieurs inutiles.

Les yeux de la française s’agrandirent légèrement de surprise suite à l’interprétation par Rose de sa proposition. La formulation était abrupte, et certes peu conventionnelle, mais elle reflétait pourtant relativement bien une partie des cas de figure en question. Il n’y avait rien de mieux qu’un bon coup de gros dictionnaire de latin sur le nez pour remettre les idées en place (pour être honnête, elle ne l’avait jamais fait personnellement mais elle se souvenait avoir vu, il y a de cela un paquet d’années, Jeanne, une vraie teigne tenant plus du gorille que de la fillette, en action et ça avait semblé bien efficace). Enfin, il valait mieux éviter de partager cette histoire, d’autant plus qu’elle n’approuvait la méthode que dans des cas spécifiques très rares.

Elle jeta un dernier regard rapide à l’intérieur de la salle des professeurs avant de refermer la porte. Il y avait un type à lunette lisant du Baudelaire dans un coin et dans un autre une vieille pie, à l’érudition indiscutable, mais très stricte et aux manières imbuvables. L’animosité entre les deux femmes était née suite à une remarque – absolument déplacée aux yeux de l’ainée des Keller – ayant peu à peu donné lieu à une gueguerre indirecte transformant en discipline à part entière l’art de balancer ses quatre vérités aux moments les plus inopportuns. Le rouge lui serait presque monté aux joues à l’évocation de certains de ces souvenirs. Elle s’exhorta au calme. La veuve aurait bien mis en garde l’enfant si elle n’avait pas eu « l’étrange » certitude que sa spontanéité la pousserait à répéter innocemment dès la première occasion ses propos, en pire.

Madame Méliès fit bien de recadrer l’entrevue, la ramenant sur terre, une fois de plus. Tête en l’air comme elle l’était dans ce genre de cas de figure, l’enseignante se perdait presque systématiquement dans des explications sans fin partant dans tous les sens. Ainsi, une visite pouvait s’étaler sur plusieurs heures sans qu’elle se sente le moins du monde lassée. Or, si la montroise avait tout son temps, ce n’était peut-être pas le cas de la mère.

« Je pense qu’on a vu l’essentiel, à moins que vous n’ayez une autre requête en particulier ? »

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MessageSujet: Re: Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)   Sam 10 Juil - 23:42


Pierre Méliès ~ Rose Méliès


La visite touchait à sa fin et Rose devenait de plus en plus difficile à tenir. Sans compter que Pierre devait encore faire son travail scolaire et sa punition, ce qui montrait à Constance qu'elle allait devoir y aller. Ce n'était pas trop génant pour elle puisqu'elle allait ainsi pouvoir se reposer. Son travail était terriblement prenant et faire des heures supplémentaires pour parler avec ses enfants n'était pas de tout repos non plus. Cependant, elle préférait être épuisée que de délaisser les petits.

" Dans ce cas merci professeur. Je crois que nous allons vous laisser, Pierre a du travail je crois. "

Le garçon baissa la tête en comprenant ce qu'elle voulait dire et il se fit tout petit pour que Rose n'en profite pas. La petite ne semblait pas décidée à se servir de cela car elle regardait encore sa maîtresse avec des yeux émerveillés pensant qu'elle allait avoir des heures de jeu avec cette dernière. C'était tout de même peu probable qu'elle joue tant que cela, mais en tout cas, elle serait une grande qui rejoindrait ses deux frères dans une grande école.

" Merci professeur. "

Le ton du garçon était plus que repentant et il commença à avancer lentement tandis que Rose s'élançait vers Liliane en lui tendant les bras pour lui dire au revoir.

" Au revoir maîtresse ! Tu viendras manger à ma maison ? "

Elle fit un câlin à la demoiselle alors que Constance souriait et lui faisait signe de partir devant avec Pierre. Elle voulait ajouter quelque chose à l'intention de Liliane.

" Je vous remercie encore une fois et comme l'a dit Rose, vous pouvez venir manger à la maison si le coeur vous en dit pendant vos vacances. Je crains que les voyages ne soient délicats en ces temps troublés. "

Elle haussa les épaules et salua le professeur avant de faire demi-tour pour rejoindre ses enfants qui parlaient entre eux de ce qu'ils allaient faire de leur fin de journée. Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes et elle était heureuse de voir que, malgré la bêtise de Pierre, tout allait bien dans sa famille. La guerre, les luttes, les privations n'étaient qu'un mauvais pas, mais pas assez nuisible pour détruire les instants de bonheur. Les autres feraient bien parfois de s'en souvenir ...
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Les enfants sont toujours sages (16 mai 1941)

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