Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]


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Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]

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Allemand
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MessageSujet: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Lun 12 Avr - 23:38

[Louise ^^]

Heinz Siedler écoutait énormément son entourage.

Quand il avait besoin d'un conseil pour mener sa politique policière, le plus souvent, c'était Erwin Kurz qui s'arrangeait pour être présent au bon moment ; il lui disait d'être ferme, rusé et de fusiller quelques badauds. Quand un problème le travaillait à midi ou au dîner, s'il se trouvait encore à Montreuil, Klaus Krüger avait généralement une idée ; il assurait qu'il fallait être compréhensif avec la population, savoir être assez souple pour ne pas provoquer les mécontents. Lorsque le petit déjeuner ou le dîner avait lieu à Sarnand avec les officiers de la Luftwaffe, Horst Klegerman s'arrangeait pour s'asseoir à côté de lui et passait de longues minutes à lui expliquer qu'il faudrait pendre tous les Montrois et utiliser les Montroises restantes comme des domestiques.
Siedler n'écoutait jamais Klegerman ; en général, il riait nerveusement en jetant des regards gênés autour de lui.

Il y avait une autre personne qu'il écoutait rarement et dont il avait parfois ostensiblement honte. Il fallait dire que Hans Pfeffel n'était pas aussi gradé que Klegerman, n'avait pas d'aussi bonnes manières que Krüger ou l'intelligence de Kurz ; Hans Pfeffel, c'était le crétin, la brute, le type qui faisait une tête de plus que Siedler et qui cassait des chaises dans des bars. Quand Siedler parlait à Pfeffel de ses soucis de travail, il s'attendait à parler dans le vide.

Pas ce mercredi quand, au volant de leur Mercedes W136, Pfeffel répondit que si Siedler était intrigué par le dossier de Louise Desfontaine (dont il se plaignait depuis dix bonnes minutes, parce qu'il était frustré par Action Libre mais voulait avoir l'air énervé par quelque chose d'autre), il n'avait qu'à aller la voir, la Louise. Si Kurz était là, il aurait répondu que c'était stupide ; comme Kurz n'était pas là, Siedler se contenta d'attendre en silence que Kurz dise quelque chose, avant de se rendre compte : 1) que Kurz n'était pas là, 2) qu'après tout, Pfeffel avait peut être une bonne idée.
C'est ce qu'il répondit. Que Pfeffel avait peut être une bonne idée ; et Pfeffel racla un pare-boue contre le trottoir en ratant son créneau.

Alors Siedler partit plus tôt ce soir là pour passer à l'infirmerie de Sarnand. Il savait que c'était sans intérêt : il avait choisi un dossier au hasard pour se plaindre et, aux dernières nouvelles, Desfontaines n'avait encore rien fait de douteux. Sauf que Siedler n'appliquait jamais les conseils de Klegerman, restait prudent avec ceux de Kurz et prêtait l'oreille à ceux de Krüger ; quant à ceux de Pfeffel, c'était une si grande nouveauté qu'il avait décidé de donner une chance à l'idée... et puis, ça avait l'air de faire plaisir.

Ca ne pouvait pas faire de mal, non ?

Peu avant la fin de l'horaire de jour à l'infirmerie de Sarnand, Siedler -revenu en avance de Montreuil- toqua donc à la porte, prêt à feindre un horrible mal de tête aussi faux que la rayure sur le pare-boue de la Mercedes était vraie. Il se demandait juste s'il n'aurait pas dû s'habiller en civil plutôt qu'avec son uniforme gris aux insignes du SD, mais de toute manière, il était le seul le "civil" de la base en temps normal...
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Ven 16 Avr - 15:40

Les couloirs de Sarnand étaient vides à cette heure-ci, certaines infirmières avaient déjà quitté leur service. Louise n'en faisait pas partie, elle trouvait que c'était se moquer des patients que de partir dès que l'horloge indiquait l'heure de fin de service, furent-ils allemands... Son supérieur infect n'étant plus là depuis une vingtaine de minutes, elle pouvait faire ce qu'elle voulait désormais. Elle rendit donc visite à l'un de ses patients français, le plus mal en point de son service. Après avoir vérifié que son état était stable, elle resta assise à son chevet pour discuter avec lui. Ils parlaient de tout et de rien, souvent de rien, mais cet homme avait besoin de parler car sa femme venait d'être emportée par une maladie dont le nom peinait à lui revenir en mémoire avec tous les médicaments qu'il prenait. Entre toutes les injections qu'il prenait, il arrivait qu'il divague de temps à autre. Elle trouvait cela rageant car il n'était âgé que d'une trentaine d'années, il avait sa vie devant lui, mais on ne l'avait pas épargné. Aujourd'hui, son esprit était clair, et c'est grâce à cela qu'il réagit le premier en entendant le claquement de bottes sur les dalles froides de l'infirmerie.

Louise tourna la tête, elle aussi, au bruit de pas. Ce n'était pas son supérieur, elle reconnaissait son pas nerveux lorsqu'il arpentait les couloirs de Sarnand. Ce n'était pas non plus l'une de ses collègues car cela ne ressemblait pas aux talons que portaient les femmes. Quand aux patients, ils ne déambulaient jamais avec leurs bottes d'officiers au pieds. C'était un militaire, ça s'entendait. Un bruit fort, sec et régulier, ce ne pouvait être qu'un militaire. Et c'est justement ce genre d'homme qu'elle apperçut par la porte entrouverte. Un officier en uniforme allemand... Elle le vit toquer à la porte de son bureau, mais ce dernier était vide. Elle décida donc de se lever, non sans regret, et de laisser son patient. En refermant la porte de l'infirmerie, elle prit garde à ne pas la faire claquer.

Le bruit de ses pas attirèrent l'attention de l'officier, qui jusque-là, lui était parfaitement inconnu. Elle resta instinctivement sur ses gardes, c'était un allemand avant tout...

-Bonsoir... Puis-je vous aider ?
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Ven 16 Avr - 19:07

Il tourna la tête dès qu'il entendit une voix de femme, sans trop savoir si c'était celle qu'il cherchait. Heinz ne savait toujours pas ce qu'il foutait là, mais tant qu'à y être, autant faire son job à peu près correctement. Il se sentirait ainsi moins stupide et moins coupable d'avoir quitté le travail si tôt.

"Oui," répondit-il en français en pivotant vers elle.

Maintenant, il lui fallait une excuse... médicale. Puisque sa venue n'était pas vraiment justifiée, il ne pouvait pas se permettre d'afficher de grands panneaux lumineux genre "gestapo, commencez à trembler !". Son uniforme était certes assez différent de ceux de la Luftwaffe pour le trahir -les pattes noires sur un col ouvert, le losange sur la manche et le grade SS porté sur une seule épaule-, mais il voulait faire croire qu'il n'était plus en service.

Ce qui était le cas : il venait pour faire plaisir à Pfeffel.
Ou plutôt il venait parce que venir ferait plaisir à Pfeffel, même si mentir en disant qu'il l'avait fait aurait suffit.
Bref.

"Est-ce que vous auriez..." nomdemédoc nomdemédoc nomde... "de l'aspirine ?"

... C'était un médoc. Il aurait pu faire pire, vraiment (comme demander un truc contre la syphilis), mais il risquait de vraiment passer pour une chochotte. Il décida de sourire pour faire croire qu'il résistait courageusement au mal de tête ainsi que pour avoir l'air amical. Il n'était vraiment pas là pour le travail, et qu'elle ai son dossier à la Gestapo n'était sûrement qu'un hasard, pas besoin de prendre peur... non ?
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Ven 16 Avr - 19:31

C'est lorsqu'il lui fit face qu'elle remarqua la marque des SS sur son uniforme. Il fallait vraiment, vraiment faire attention dans ce cas-là. Son séjour à la Gestapo lui avait valut le "mérite" d'y constituer un dossier,alors il valait mieux se tenir à carreaux devant un SS... Il avait une mine souriante, mais la jeune femme savait qu'il ne fallait jamais faire confiance aux apparences, après tout, elle était bien tombée amoureuse d'un allemand. Celui qu'elle avait devant les yeux semblait venir pour un mal de tête car il lui demandait de l'aspirine. C'était étrange qu'un officier aussi gradé que celui-ci se déplace lui-même pour un simple cachet d'aspirine, mais elle voyait de tout, à Sarnand, c'était plausible...

-De l'aspirine ? Oui, j'en ai dans mon bureau, entrez, je vous prie.

Elle ouvrit la porte de son bureau et attendit qu'il entre avant de pénétrer à son tour dans la pièce. Sur une étagère, elle attrapa une boîte d'aspirine qu'elle posa sur son bureau.

-Dois-je remplir un formulaire attestant de votre visite pour justifier votre absence auprès de vos supérieurs ?

Décidément, c'était beaucoup de remue-ménage pour quelques cachets... Elle sortit quand même un formulaire de sa paperasse ainsi que de quoi écrire.

-A quel nom dois-je le mettre ?

Les pièges, elle connaissait, mais des pièges l'aspirine, ça non... Elle se rassura en se disant que son révolver était dans un tiroir, portée de main. Puis elle chassa cette idée de son esprit, elle devenait paranoïaque ! Pourquoi un officier n'aurait-il pas le droit de venir chercher quelques cachets ? Elle s'inquiétait car elle savait que c'était un SS, mais il se pouvait qu'il ignore son passé... Du moins, elle l'espérait.
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Ven 16 Avr - 19:42

Pas d'hystérie, de crise de nerfs ou de tentative de meurtre ? Bon ! Peut être que ça allait bien se passer, sans larmes ni hurlements. Ou peut être que l'infirmière était vraiment idiote et n'avait pas encore décodé l'uniforme, ce qui était assez peu probable.

Une fois dans le bureau, il s'installa tranquillement sur la première chaise venue et attendit qu'elle suive. Sa question suivante lui indiqua qu'elle n'avait encore aucune idée de son identité, ce qui n'était pourtant pas trop difficile à comprendre. Il était le seul officier du SD -et même de la SS- qui logeait à Sarnand et qui avait donc de bonnes raisons de fréquenter son infirmerie. Comme il était là depuis deux mois, elle aurait eu largement l'occasion de le reconnaitre.

"Non, ça va," répondit-il en évitant de placer un amusement déplacé dans sa réponse. "C'est moi, mon supérieur. Berlin ne s'intéresse pas à savoir si je suis au travail maintenant, je crois."

Joli sourire ; avec cette réponse, elle devrait forcément savoir qui il était : ce n'était pas comme si ce n'était pas le nom que tous les plus ou moins résistants maudissaient. Même si elle faisait partie de la catégorie des moins, ça ne pouvait pas lui échapper.

"Mais vous avez peut être besoin du formulaire, pour justifier les médicaments. C'est Siedler -S, I, E, D, L, E, R. Heinz pour le prénom. Et vous," il se demanda s'il devait la reconnaitre. Elle ressemblait certainement à la photo de Louise Desfontaine, elle était française et il n'y avait pas tant d'infirmières françaises à Sarnand. "Vous êtes Fraulein Desfontaine ?"

Il avait préféré le tourner en question. Puis, avant qu'elle ne décide qu'il était temps de péter un plomb :

"Vous faites, comment vous dites ? Tourner des têtes chez les officiers, mademoiselle."

Oui, voilà, il en avait entendu parler à table, certainement pas dans un vieux dossier plein de trucs horribles.
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Ven 16 Avr - 20:02

Elle était en train d'écrire quand son coeur s'arrêta de battre un instant. Siedler ? Encore un chasseur de juifs et de résistants... Elle releva la tête pour se rendre compte qu'elle avait à peine regardé son visage et qu'elle ne l'avait pas reconnu. Elle ne l'avait encore jamais rencontré en personne, mais l'un de ses amis l'avait prévenue en lui désignant l'officier de loin, au détour d'un couloir. Il connaissait son nom, et ce n'est pas sans une certaine dose d'humour noir qu'il lui dit qu'elle faisait tourner les têtes. Pire encore, il savait qui elle était. Aspirine ou pas, les cachets ne l'interressaient pas, c'était elle qu'il était venu voir.

Les Desfontaine, il n'y en avait pas beaucoup à Montreuil, et encore moins étaient résistants. Si elle était fichée dans les dossiers de la Gestapo, il n'y avait plus aucun doute. Bien que devenue aussi pâle qu'un fantôme, elle s'efforça de garder son calme. A la question "Vous êtes Fraulein Desfontaine ?", elle aurait voulut répliquer que c'était admirable, pour un officier SS de savoir lire les plaquettes qui ornaient les bureaux des infirmières. Elle ne dit rien, mieux valait ne pas s'énerver et conserver son calme pour éviter tout dérapage. Elle ne préféra même pas répondre à Siedler. Elle choisit de lui reposer une question, tout aussi réthorique que celle qu'il venait de poser.

-Vous ne venez pas pour de l'aspirine, monsieur Siedler, je me trompe ?

Elle ne pouvait s'empêcher de s'adresser à lui sur ce ton narquois. Elle avait peur, certes, mais rien ne lui enlevait cet éternel mépris pour l'occupant. Elle espérait qu'il lui réponde que si, il ne venait que pour de l'aspirine, pour que le ton ne monte pas. Il s'appercevrait bien vite qu'il avait à faire avec une véritable garce quand celle-ci le voulait...
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Sam 17 Avr - 1:39

Quelle réponse Pfeffel aurait-il donné à cela ? Un grand sourire goguenard, un roulement de muscles menaçants ? Qu'aurait dit Kurz devant une conclusion si abrupte ?

De toute façon, ni l'un ni l'autre n'était là ; les questions étaient sans objet.

Heinz croisa les jambes, la gauche par dessus la droite et laissa retomber ses mains sur sa cuisse. La question ne semblait pas le rendre particulièrement heureux, mais il n'était pas en colère non plus. Pensif, plutôt, parce qu'il ne venait vraiment pas pour le travail et ne pouvait décemment pas lui dire qu'il était là pour les beaux yeux d'un de ses hommes.

... est-ce qu'il venait de penser ça ?

"Non. Mais vous pouvez en donner quant même, je n'en ai plus dans ma chambre."


Et que c'était bien pour les lendemains de cuites du samedi soir, parce qu'il n'était pas question de prendre du café avant de retourner faire la grasse mat' le dimanche suivant.

Elle avait pâlit, l'air crispée. Il la trouvait sur la défensive, se demanda si elle oserait l'attaquer. Il avait encore son arme à la hanche ; elle, à moins d'être inconsciente, de la porterait pas sur elle. Dans le bureau ? Il doutait qu'il soit privé. Elle n'était qu'une infirmière, il s'agissait plus probablement du bureau commun à toutes les femmes du service. Elle n'irait quant même pas planquer une arme juste sous le nez de ses collègues, non ?

"Mais je ne suis pas ici, pour des raisons professionnelles. Mes services n'ont rien contre vous," ajouta-t-il pour clarifier la situation.

Restait à trouver une vraie-fausse raison d'être ici... mais ça pouvait bien attendre qu'elle pose la question, non ?
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Sam 17 Avr - 20:50

Non, il ne venait pas pour ce maudit aspirine. Volontairement, il avait dévoilé son jeu, elle savait qu'il savait, histoire sans paroles... Chacun sachant de quoi l'autre était fait, ils se mesuraient du regard et s'observaient mutuellement sans le cacher, la tension monta d'un cran pour la jeune infirmière. Histoire de bien enfoncer le clou, et sans doute dans un léger sarcasme, il ajouta qu'il n'était pas venu pour les affaires. Ah non ? Et c'était pour quoi alors ? Ses jolis yeux ? Ayant assez d'être prise pour une cruche, elle décida de véritablement lui tirer les vers du nez.

-Si le but premier de votre visite n'est pas de refaire votre stock d'aspirine, qu'est-ce qui vous amène ?

Sa journée de travail n'avait pas été de tout repos, elle ne supporterait pas qu'un homme tourne ainsi autour du pot, surtout si ses fonctions lui permettaient de l'arrêter et de ruiner sa vie. Elle essaya donc de l'esquiver par tous les moyens.

-Je n'ai pas beaucoup de temps devant moi, j'ai des patients à aller voir à l'extérieur de Sarnand...

Elle espérait le presser et l'empêcher de l'enquiquiner plus longtemps, mais l'adversaire semblait tenace, et s'il ne quittait pas les lieux sur-le champs, c'était mauvais pour elle. Très mauvais... Et plus aucun homme dans le service pour venir éloigner Siedler. Que disait l'expression déjà ? Ah oui, on n'est jamais mieux servi que par soi-même... Mais que faire quand celui d'en face est un homme dont la force suffirait à vous mettre à terre en un clin d'oeil ? Sortir son arme et tirer aurait été la bonne réponse s'il n'avait pas son révolver à la ceinture. Louise était parfois inconsciente, mais pas suicidaire: le temps de poser son doigt sur la gachette, elle aurait déjà le corps criblé de balles. Ne jamais se donner pour vaincu, c'est ce qu'elle s'acharnait à répéter à ceux qui baissaient les bras, et c'est ce qu'elle ferait. Même si la jeune femme semblait en position d'infériorité, une petite dose de chance n'était pas à exclure, et elle y croyait. Peut-être naïvement ou avec un peu trop de désespoir ?
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Dim 18 Avr - 0:20

Fallait-il s'étonner qu'elle ai été capturée, ou était-elle devenue aussi peu fine depuis sa captivité ? Son comportement criait "je vous déteste". Non que Siedler soit étonné, même s'il ne lui avait personnellement rien fait ; après tout, à la place de l'infirmière, il ne réagirait sans doute pas différemment. Elle ne pouvait pas savoir qu'il était sincère, ni deviner qu'il n'était vraiment pas là pour le travail.

Il avait vraiment besoin d'une bonne excuse.

"Je vous l'ai dit, mademoiselle : vous êtes jolie et les officiers vous aiment bien. Je pensais que ce serait bien, si je vous rencontrais."

Blablabla. Ce job avait vraiment de sales conséquences. A force, il finirait peut être même par aimer mentir ; il n'en était pas là mais trouvait cette aisance croissante à débiter des bêtises de plus en plus douteuse. C'était à vomir.

"Vous devez me comprendre. Vous travaillez avec des soldats allemands, c'est très important, que je sache si tout se passe bien. Ce qui vous est arrivé est très, très regrettable, je ne veux pas que ça arrive encore ou que vous ayez des problèmes. Est-ce que tout va bien avec les soldats ? Ils sont corrects avec vous ?"

A bien y réfléchir, il y avait une espèce de curiosité morbide. Siedler ne torturait pas, n'avait jamais torturé personne et ne comptait pas le faire. Il n'assistait pas aux séances ou ne le faisant que lorsqu'il savait qu'aucun coup n'interviendrait. Il n'avait jamais vraiment côtoyé des victimes après leur sortie, jamais fait face aux conséquences des actes de ses collègues. Et elle, elle l'avait vécu, et il pouvait lui faire face sans voir un visage ensanglanté.
Elle restait jolie, oui.

"Si un soldat ou un officier est incorrect avec vous, je peux faire quelque chose pour qu'il arrête."
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Dim 18 Avr - 14:25

Comment avait-il sû pour l'incident avec cet officier allemand ? Peut importe, elle ne voulait pas apparaître comme l'innocente victime, et il savait tout aussi bien de quoi la résistante était capable. Se remémorer l'affrontement avec cet officier la mit définitivement de mauvaise humeur. Elle essaya cependant de contenir sa rage.

-Ce qui s'est passé avec cet officier il y a quelques semaines n'est pas une généralité à appliquer à tous vos hommes. Il s'est montré violent avec l'un de mes patients, je l'ai défendu et nous nous sommes retrouvés dans un bar. Je pense que son caractère a été accentué par l'alcool. Il a essayé d'abuser de moi, je me suis défendue. Aucun homme dans ce bar n'a réagit car il m'a emmenée à l'abri des regards, mais je pense qu'ils m'auraient défendue s'ils l'avaient vu. La plupart des soldats qu'ils soient allemands ou français ont ce sentiment d'honneur qui les rend respectables, et c'est ce que je constate auprès de mes patients. Je peux donc vous dire que tout se passe très bien ici, heureusement, la majorité des militaires ne profitent pas du pouvoir que leur accorde leur grade pour tout se permettre.

Elle pensait réellement ce qu'elle disait, les seuls pourris dans ce bas-monde, c'était les nazis et les hommes comme celui qui l'avait agressée. Il arrivait pafois qu'un geste dérape car les militaires se faisaient soigner par des femmes, mais cela n'arriva pas à Sarnand. Ici, le seul qui lui posait problème, c'était son supérieur. Toujours en train de boire et de décharger ses devoirs sur ses infirmières, celui-là... Mais les officiers, non, ils l'avaient toujours traitée avec respect car ils savaient que leur sort dépendait d'elle, mais elle leur rendait cette sympathie en retour.

Elle ne voyait pas vraiment où Siedler voulait en venir, pourquoi se préoccuppait-on du sort d'une simple infirmière ? Pourquoi s'arrêter sur un incident qui datait de plusieurs semaines déjà ? Et pourquoi tant d'attention pour elle alors qu'il parlait de réprimander l'un des siens ?
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Dim 18 Avr - 19:47

"Quel officier ?"

La jeune femme avait l'air de croire que Siedler était au courant, mais tel n'était pas le cas. Le type n'avait sans doute pas cru bon d'aller voir la gestapo ou n'en avait eu l'envie. En tout cas, c'était une affaire qui n'était pas parvenue aux oreilles de la rue Carnot. Ce qu'il avait voulu savoir, c'était si quelqu'un à Sarnand lui avait donné la moindre raison d'aller razzier l'armurerie pour cribler de balles quelque malheureux soldat. Son dossier n'indiquait pas d'actes de terrorisme identifié de sa part ou de celle de son mouvements, mais on ne savait jamais vraiment jusqu'où pouvaient aller les ramifications... elle pouvait mentir. Elle pouvait lui dire qu'elle était parfaitement heureuse ici alors qu'elle préparait en fait un sale coup. Elle pouvait aussi dire la vérité et, malgré la torture, ne pas détester les pilotes de la Luftwaffe.

"Si vous avez son nom, je pourrai transmettre à ses supérieurs, pour que nous soyons sûrs qu'il ne recommencera pas. Ne vous inquiétez pas, vous n'aurez aucun problème."


Par contre, il notait qu'elle avait réussi à se faire remarquer par le type en question, qu'elle fréquentait des bars en soirée seule et qu'elle avait été capable de le repousser. Qu'est-ce qu'elle cherchait, des aventures d'un soir ? Ou des rencontres douteuses après le couvre feu ? L'homme était-il ivre et incapable de faire des gestes précis ou était-elle armée ?

"... cela ne vous dérange pas ? D'être à Sarnand, avec des soldats allemands, après ce que vous avez vécu ?"

Il se rendit compte qu'il attendait plus de sa question que ce qu'il n'avait espéré en entrant. Finalement, il n'avait peut être pas encore quitté le travail...
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Lun 19 Avr - 13:39

La jeune femme se rendit compte que Siedler ne parlait pas de l'incident avec cet officier, mais de son séjour quelque peu chaotique chez ses confrères. Tant mieux, elle n'avait pas enie de s'attarder sur le sujet et avoir à dire qu'elle avait suivit cet officier pour reprendre le pendentif qu'elle lui avait volé.

-Laissez tomber pour cet officier, je pensais que vous parliez de lui... Je ne connais ni son nom ni son grade, de toute manière.

Elle ne voulut pas lui montrer que ce souvenir lui avait laissé l'amer souvenir de l'enfant qu'elle avait perdu, à force de coups. Peu de gens étaient au courant, et elle ne voulait pas que LUI, le sache. Son frère aussi avait succombé, alors peu importaient les coups et les cicatrices à présent. Elle sentit une pointe de raillerie dans sa voix lorsqu'il lui demanda comment elle ressentait ses relations avec les allemands aujourd'hui.

-J'avoue en avoir voulu à mon supérieur lorsqu'il m'a envoyé au service des blessés allemands. Longtemps je n'ai pu supporter leur présence près de moi, mais j'ai apprit à faire la différence entre être allemand ou être nazi. Les soldats allemands ne sont que des militaires qui doivent obéir aux ordres, il leur reste encore un peu d'humanité, mais on leur défend de réfléchir par eux-même. Je les plains... Les nazis quant à eux, je trouve scandaleux qu'ils agissent avec les civils français comme s'il s'agissait du camp militaire adverse.

Elle n'en dit pas plus, ce n'était pas nécessaire de continuer. Elle avait choisi entre paraître insensée aux yeux de Siedler en ne voyant pas d'inconvénient à vivre auprès des allemands, ou critiquer les siens. Elle avait choisi, peu importaient les conséquences, les coups ne lui faisaient plus rien.

-Les patients de mon services viennent en tant que blessés, pas en tant qu'occupant hostile. Ils me traitent avec respect et je fais de même car je sais qu'ils ne sont pas la cause de mon malheur et qu'ils ne pevent rien pour moi. Je veille sur eux avec autant d'attention que les français et je ne lésine pas sur les soins. J'agis sans arrière-pensées avec eux car je sais qu'ils m'en seront reconnaissants une fois guéris. Je pense qu'agir de la sorte ramènera un peu d'humanité entre nous et mettra fin aux hostilités qui opposent nos pays.

Oui, elle y croyait en cette humanité. Allemand ne signifiait pas nazi, chasseur de juifs ou brutes sanguinaires, elle le savait. Certains allemands étaient même contre tout ce qui se passait en ce moment, la fin de cette guerre n'était probablement qu'une question de temps.
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Sam 24 Avr - 0:15

Encore des mensonges ? Si c'était le cas, elle faisait un drôle de choix stratégique. S'il avait été un nazi convaincu au lieu d'être un SS opportuniste et sensibles aux critiques de ses supérieurs face au parti, s'il avait été un Klegerman fanatique ou même un Pfeffel agressif, il aurait certainement très mal réagit. En attendant, si elle parlait du comportement de la gestapo... ce qui lui était arrivé était fâcheux, mais elle l'avait sans doute cherché, non ?

"Si je puis me permettre, mademoiselle. D'après les conventions, les civils ne sont plus des civils, s'ils portent des armes ou font de l'espionnage militaire. Je peux vous assurer que mon service, à Montreuil, n'agit que contre les civils qui choisissent eux même, de ne plus être des civils."

Fallait pas déconner, non plus ! On attrapait des gens qui gardaient des fusils pour autre chose que de la chasse ou qui se trouvaient en possession d'informations qui n'avaient rien de privé. Il était persuadé que les innocents n'avaient rien à craindre et refusait qu'on croit le contraire. De toute manière il ne pourrait pas du tout supporter ce travail s'il n'avait pas cette conviction.

"Vous ne pensez jamais qu'un de vos patient pourrait poser problème ? Si le Major Klegerman ou moi même avons besoin d'une infirmière, vous pourrez le faire ?"

Il était impossible qu'il n'y ai aucun nazi dans ses patients. Croire qu'ils seraient tous reconnaissants frisait la stupidité : il y avait des hommes qui considéraient simplement qu'elle était payée pour son job et qu'ils ne lui devaient rien. Ou qu'elle n'avait pas le choix de toute façon et que cela ne changeait rien à la situation.
Oui, si elle devait soigner quelqu'un comme Klegerman qui cumulait ces deux traits, est-ce que les belles paroles tiendraient toujours ?

"Si vous préférez, je peux laisser une note aux services appropriés, pour que vous ne travailliez plus avec des Allemands."

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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Sam 24 Avr - 20:43

Toujours cette hypocrisie des SS, cette éternelle mauvaise foi qui les caractérisaient si bien... Les juifs n'avaient pas besoin de porter des armes ou faire de l'espionnage militaire pour être raflés ou persécutés, et il le savait très bien. C'était un peu se foutre de la gueule du monde, mais ça, elle y était habituée. Intérieurement, elle bouillonnait mais elle n'envenima pas la conversation. Lui, par contre, il enfonça le clou, et comme il faut. Que cachait-il derrière cette offre d'emploi ? Pourquoi avaient-ils besoin d'elle, précisement ? Ses patients ne lui posaient jamais problèmes, mais celui qu'il lui proposait peut-être pas... Il paraissait en douter, mais comment lui faire comprendre que créer des liens forts avec la personne qui s'occupe de vous tous les jours étaient possible ? Elle avait la légère impression qu'il tenait à l'éloigner des allemands...

-Capitaine, cela peut paraître étrange parce que vous êtes un homme et que vous ne faîtes pas partie de la profession, mais une infirmière tient beaucoup à ses patients. On s'y attache et ils s'attachent à nous lorsque nous les soignons sur du long terme parce que nous veillons sur eux. Qu'ils soient français ou allemands ne change rien pour moi, je veux qu'on me les laisse. Même si je dois travailler pour le Major Klegerman ou pour vous, je ne veux pas m'en séparer.

Oui, c'était sans doute parce que c'était une femme qu'il y avait cette valeur sentimentale entre elle et ses patients. Bien sûr le soldat qui ne venait que pour faire extraire un balle logée dans l'épaule ne passait pas autant de temps à l'infirmerie qu'un grand brûlé, et donc il ne nouait pas autant d'affinité avec elle. Mais Siedler ne semblait pas le comprendre... Ne plus travailler dans le service allemand et être employée par des SS, ça ne faisait pas vraiment de différence au niveau nationalité... Mais cela augmentait ses chances de mal finir. Avait-elle vraiment le choix ?

-Oui, je pourrais le faire, mais j'amerai d'autant plus que cela me permette aussi de continuer à Sarnand...
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Jeu 29 Avr - 22:14

[Sarnand n'est pas un hôpital, les blessures graves ne sont pas traitées là ^^" ils n'auraient ni le personnel, ni la place, ni les moyens. C'est une petite base, il ne faut pas l'oublier !]

Oui, et une infirmière pouvait aussi trafiquer une injection ou faire sciemment un mauvais pansement en espérant qu'on devrait amputer ensuite. Quand on y pensait cela pouvait faire de gros dégâts, priver une nation tant de ses soldats que d'une force future... et quoi qu'elle dise, ce n'était pas parce qu'elle était dans la profession qu'elle était immunisée à la haine. Et un homme du SD n'y était pas forcément sensible non plus, ajouta-t-il intérieurement. Quoi qu'elle en dise Heinz refusait de croire que la profession faisait le moine. Dans la droite ligne de cette conception, pouvait-il sciemment ignorer ses propres préceptes et accepter l'argument ?

Pas le moins du monde.

"Nous avons déjà beaucoup d'infirmières, à Sarnand, je crois."


Et même un peu trop : les Allemands avaient cru bon d'en amener deux et les Français avaient omis de retirer les leur, même quand leurs effectifs militaires avaient baissé. Peut être que le responsable administratif aimait les jupes des demoiselles ? Enfin, il doutait que dans cette zone de paix, les dames aient de quoi occuper leurs journées.

"Vous auriez aussi des patients, dans un hôpital français, mais ainsi vous seriez sûre, de ne jamais avoir de problèmes avec des gens comme moi."

En retour, lui serait sûr que s'il avait besoin de l'infirmerie, personne (ou pas elle, en tout cas) ne tenterait de l'assassiner. Ou d'assassiner Klegerman. L'homme n'était guère sympathique mais tout de même, il restait un soldat du Reich...
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Lun 3 Mai - 22:02

[Désolé ^^]

Il tournait autour du pot, et cela commençait à réellement énerver la jeune infirmière. Intimement persuadé qu'il était la cible de son réseau, il cherchait à l'éloigner de Sarnand, elle le sentait.
"Des gens comme moi"... Etait-ce une menace implicite ?

-Je ne crains pas les allemands, Monsieur Siedler, pas plus qu'ils n'ont à me craindre du point de vue médical. Je me plais dans cet hôpital, pourquoi voulez-vous m'en séparer ?

Tout ça, c'était du vent, elle n'aimait pas Sarnand plus qu'autre chose, mais elle voulait savoir à quel jeu jouait réellement Siedler.Il y avait quelque chose de dangereux, mais d'indéfinissable entre eux, c'était ça qui la troublait. Elle ne voulait pas que cela vire au drame, à coups de gachette, simplement qu'il joue cartes sur tables pour une fois.
Ce mélange de peur et d'excitation, elle ne l'avait pas eu depuis longtemps, sa petite dose d'adrénaline était une drogue à laquelle elle devenait dangereusement dépendante, même après être passée dans les bureaux de la Gestapo... Elle ne pouvait cependant plus se permettre de jouer avec sa vie ainsi, car un homme partageait la sienne. Soldat allemand, en plus, c'était un comble...

-Venons-en au fait, Herr, j'ai des patients à aller voir à leur domicile...

Fallait-il s'étonner que les allemands lui tombent dessus ? Elle était parfois insupportable, et là, ce n'était que le commencement. Ca allait lui retomber sur le coin de a figure, elle le savait, mais rien ne valait une petite provocation pour bien lui montrer que si elle, elle résistait, c'était précisemment à cause de "gens comme lui"... Aucun patient ne l'attendait, c'était encore du vent. Elle voulait partir, qu'on lui foute un peu la paix et que cette guerre s'achève enfin.
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Ven 7 Mai - 22:54

"Mais j'en étais déjà aux faits, mademoiselle Desfontaine," répondit l'Allemand qui, après tout, était venu sans but particulier... et qui vient sans buts n'a au final pas grand chose à faire pour être satisfait. Venir, s'intéresser, repartir, c'est ce qu'il avait prévu dès le début. N'en avait-il pas déjà fait assez pour satisfaire ce qu'il devait à Pfeffel ?

"Je vous trouve très méfiante. Je ne suis pas venu avec la volonté de vous nuire, mais pour m'assurer, que vous êtes satisfaite de votre situation."

Et pour faire plaisir à mon chauffeur, parce que je suis une pédale qui s'intéresse au cul de ses hommes plus qu'à celui de sa secrétaire, pensa-t-il avec un brin d'amertume. Sur tous les hommes du SD il avait fallut qu'il soit l'anormal, le déviant du lot ! Mais son visage restait neutre, ne serait-ce que parce qu'il commençait à avoir l'habitude de ce genre de pensées. Elles devenaient normales, comme un simple élément d'un décors devant lequel on passe quotidiennement. Peut être qu'il faudrait qu'il fasse plus attention avec Pfeffel. Être amoureux de Paul était bien assez compliqué alors qu'ils ne travaillaient pas ensemble... il fallait qu'il garde la tête froide.

"Mais si vous avez à faire, je vais vous laisser. Juste..."

Sourire.

"... est-ce que je pourrai avoir, mes aspirines ?"

Parce que d'une, s'il demandait des aspirines, on lui donnait ses aspirines, point. Il fallait bien qu'il y ai des avantages à travailler au SD, non ? Le premier était qu'on faisait peur aux gens. Donc qu'ils vous donnaient ce que vous demandiez. Et puis, mine de rien, c'était très utile, ces petites choses là...
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Sam 8 Mai - 0:09

Il y avait quelque chose d'étrange avec lui, elle avait sentit qu'elle frôlait les limites, mais tous deux étaient resté calmes. L'un savait de quoi l'autre était capable, du meilleur, comme du pire. Le meilleur, en l'occurence, c'était laisser l'autre repartir en vie... Charmant. Mais il était différent des autres SS, il ne s'était pas attardé sur sa joyeuse rencontre avec la Gestapo même s'il le savait, et bien qu'elle ai été à la limite de l'injurier lui et sa bande de SS, il avait conservé son sang froid. Elle, elle était à deux doigts de le perdre, sous le poids de toute cette tension, non pas qu'elle soit une amoureuse de la gachette, mais la peur la bloquait littéralement. Voilà sans doute pourquoi elle avait eut un ton si dur.

-Pardonnez-moi si j'ai été incorrecte, capitaine, mais ma méfiance vient du fait que des gens comme vous m'aient fait subir les pires choses pour des raisons infondées.

Infondées ? Vraiment ? Peut-être pas tant que ça, peut-être pas du tout. Elle n'avait jamais vraiment sû pour quel motif officiel elle avait été arrêtée, parce qu'à cette époque, elle n'était pas "en activité". Ils l'avaient arrêtée et battue pour faire parler son frère, c'est tout. Innocente, elle ne l'était pas, c'était certain, mais le peu qu'il lui restait, elle l'avait perdu dans les bureaux des nazis.

-Je peux vous certifier que Sarnand me convient parfaitement. Les allemands ne m'opportunent pas et je les soigne de bonne grâce parce que c'est mon métier, cela ne va pas plus loin.

Il lui demanda ses aspirines. C'est vrai qu'au départ, il était venu pour ça... Elle baissa les yeux vers la boîte qu'elle avait posé sur son bureau et la saisit.

-Tenez, dit-elle en la lui tendant.

Il lui fallut un effort colossal pour esquisser une espèce de sourire tendu. Elle ne pensait pas que se retrouver de nouveau face à un SS lui ferait un tel effet...
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Lun 10 Mai - 1:01

Infondées, mouais ! Elle pouvait l'affirmer autant de fois qu'elle le voudrait, Siedler ne la croyait pas. Le SD attaquait les coupables, il n'avait pas le temps pour les innocents. Le traitement qu'elle avait reçu était regrettable mais elle ne pouvait pas dire sans être hypocrite qu'elle n'avait rien fait pour le mériter. C'était écrit dans son dossier : terroriste, espionne.
Elle l'avait cherché.
Le SD n'attaquait pas les innocents.

Mais Siedler savait qu'elle ne voudrait rien entendre. Les gens comme elle se mentaient à eux même et se complaisaient dans cette hypocrisie, parce qu'ils s'effondreraient s'ils savaient qu'ils ne pouvait haïr que leur propre personne.

"Merci," répondit-il en refermant ses doigts sur ses aspirines. Étrangement, le sourire à lui renvoyer vint facilement, très facilement, comme si même son visage s'habituait aux histoires de façade. La boite trouva vite une place dans la poche de son manteau. "Au revoir, alors, mademoiselle."
Il se leva il lissa rapidement les bords de son manteau, accorda un dernier sourire -étrange, vraiment étrange que ce ne soit pas plus crispé- et se dirigea vers la porte, se demandant s'il devait ajouter une note au dossier, demander qu'on la mute dans un hôpital civil français. Il pourrait ainsi s'en débarrasser définitivement, faire disparaitre le risque. Il pouvait aussi décider que ça n'en valait pas la peine et laisser couler, au risque qu'elle fasse quelque chose de répréhensible et que, indirectement, il en soit responsable.
Il verrait. Plus tard. Quand il s'ennuierait ou se sentirait de mauvaise humeur...

[Fini pour moi !]
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MessageSujet: Re: Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]   Mer 12 Mai - 23:55

[Fin pour moi aussi !]
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Echange d'aspirines [Mercredi 21 mai]

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