Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)


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Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)

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MessageSujet: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Sam 1 Mai - 18:45

Oui, quitter la Terre et aller dans les cieux pour voler et se sentir libre ! Mais en ce matin du 21 mai, c'était impossible tout simplement parce que quelqu'un avait déjà décidé pour Wolfgang de l'occupation de sa journée. Il devait rejoindre un fou de Major sur l'aire d'atterrissage et ensuite, dieu seul savait ce que le fou avait décidé.

Aussi, c'était un Wolfgang un peu énervé mais bien propret qui arriva sur l'aire en compagnie d'Orion comme il lui avait été demandé. Il regarda l'aire et ne mit pas longtemps à repérer le Major et son équipe de tournage accompagné d'un grand dragon d'un brun clair que le jeune pilote reconnu immédiatement. Enfin, dont il reconnu la race, un Berghexe, c'était plutôt rare à Sarnand et celui là il pensait avec presque certitude ne pas le connaître.

" Flieger Wolfgang Abendroth au rapport avec mon Falken Orion comme demandé Major !"

L'abruti, heu le Major, se retourna et lui fit un grand sourire avant de lui rendre son salut et de recommencer à le snober en commençant à donner des ordres à son équipe de tournage. Ce que Wolfgang ne comprenait pas par contre, c'était pourquoi le dragon ? Après tout, ils n'allaient pas quitter Sarnand pour le moment si ? Enfin, il verrait bien. Il se retourna vers Orion quand une voix grave l'interrompit.

" Orion, un nom intéressant, une bien belle constellation et un nom approprié, sais-tu d'où il provient ? Oh, mais je manque à tous mes devoirs, je me nomme Sophos et je serais votre accompagnateur sur cette délicate mission. "

Wolfgang imitait à la perfection le poisson hors de l'eau alors qu'Orion s'approchait du grand dragon et se mettait à discuter avec lui de choses que le jeune pilote n'aurait jamais cru que son dragon savait. Oui, il avait tendance à lire à haute voix, mais de là à parler de philosophie et de mythologie avec un autre dragon ... Il ne l'aurait jamais cru. Bon, en tout cas, les deux dragons s'entendaient bien et même s'il se sentait un peu à l'écart, il attendit de voir arriver Camille, son cher camarade d'entraînement pour ce jour béni ...
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Lun 10 Mai - 21:54

Il s’était levé avec le soleil ce jour là. Il aimait la fraîcheur du petit matin, le ciel pur de ce mois de Mai. Joli mois de Mai… même si depuis deux ans, c’était un mois synonyme de catastrophe… Camille éclaboussa son visage d’eau froide avant de dégringoler dans les étages pour prendre son petit déjeuner et arriver à temps dans l’étable d’Orphée. Ils avaient rendez-vous sur l’aire d’atterrissage pour cette fichue histoire de film. Le Porte-drapeau fut harnaché sans hâte, avec une concentration entrecoupée d’une série de ruminations énergiques.

- …Qu’ils ne comptent pas sur moi pour dire des amabilités aux Boches…

- Ecoute, Cam, je ne sais pas ce qu’ils vont nous demander mais on ne va pas se laisser rabaisser.

- Evidemment.

Le jeune homme croisa d’un air entendu les yeux noirs de son dragon. Leur détermination était toujours la même, un an après, même si la situation n’était plus tout à fait comparable à celle de Mai 1940.

L’équipage fin prêt se dirigea enfin vers l’aire d’atterrissage. Au premier regard, on ne pouvait pas rater l’équipe de tournage. Difficile de faire moins discret qu’un Berghexe au milieu de la cour du château, il faut dire… Camille s’avança avec l’air froidement indifférent qu’il réservait aux mauvais jours. Il salua le Major avec toute la raideur dont il était capable.

- Caporal Libberecht présent, Herr Major, avec le Porte-drapeau Orphée.

Alors que son pilote prenait aussi vite que possible du champ par rapport à l’instigateur de cette ridicule propagande, Orphée toisait tranquillement l’immense dragon rayé de pourpre en grande discussion avec Orion. Rien que de très intellectuel, ce qui surprit un peu le courrier… Mais comme il ne manquait pas d’un minimum de savoir-vivre, il s’approcha pour saluer les deux dragons d’une inclinaison de la tête plutôt formelle.

- Bonjour. Orphée, courrier de Sarnand. Vous venez de loin, n’est-ce pas ?

Affecté dans la région depuis trente ans, il connaissait beaucoup des dragons qui y passaient, mais pas celui-ci. Les Berghexe étaient d’un naturel sauvage, mais cela n’empêchait pas le fait qu’ils avaient leur réputation aussi bien que les autres, même si on les croisait moins souvent.

A quelques pas de là, Camille allumait sa première cigarette du matin, abritant la flamme minuscule au creux de sa main gauche et de son visage penché en avant. Il prit acte de la présence de Wolfgang par un simple regard en biais à travers le léger voile de fumée bleutée qui l’entourait. Ça commençait mal pour les grandes démonstrations d’amitié, mais le Français n’était visiblement pas d’humeur.

Fumant avec un calme apparent, il se demandait comment le Flieger comptait réagir. Après tout, la dernière fois qu’il l’avait vu, il avait presque l’air d’avoir encore une âme derrière son petit crâne de petit nazi. Même s’il voulait le faire tomber en même temps que l’envoyé de Goebbels, Camille songeait que ça valait toujours mieux que d’avoir à composer avec un jeune louveteau fanatique et enthousiaste sur la question propagande.
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Ven 14 Mai - 18:52

" En effet, nous venons de loin, mon équipage et moi. Mais je suis ravi de participer à ce film, vous savez que la caméra est une caméra très récente et qu'elle fonctionne avec ... "

Et le discours continuait encore et encore pendant que Wolfgang s'approchait du Major pour voir ce qu'il notait par rapport à l'arrivée de Camille, mais non, rien du tout. Il ne fit pas un signe continuant à les snober calmement et le jeune Flieger se permit de toussoter une fois pour le faire réagir.

" Ah tout le monde est là, maintenant nous allons commencer. Nous allons nous éloigner un peu de la base pour commencer à filmer. Je veux vous voir tous deux sur vos dragons et filmer le décollage ensemble ! Si vous n'êtes pas synchronisés je me verrais de vous faire revenir. Et avant toute chose que vos deux dragons se mettent côte à côte et vous vous serrez la main avant de monter. Devant les caméras cela s'entend. "

Wolfgang continua à toussoter, il écarquilla les yeux avant de se diriger, un léger sourire aux lèvres vers Camille. Alors le Major voulait qu'ils se serrent la main, il se ferait un plaisir de la lui broyer. Il le regarda un instant de haut en bas avant de lui glisser à l'oreille.

" Je pense que je vais me faire un grand plaisir de voler à tes cotés pour montrer que mon faible grade n'est pas mérité et que je pourrais sans mal te dépasser en compétences. "

Il s'éloigna alors qu'Orion prenait la pose, bien droit le cou tendu dans une belle position militaire. Et alors que Wolfgang se dirigeait vers son dragon, on put entendre.

" Action ! "

Quelle action ? Où ça une action ? Mais il pouvait pas dire que la caméra tournait parce que là il avait faillit se ridiculiser en cherchant où avait lieu l'action. Mais il ne le fit pas et s'approcha d'Orion en ajoutant un petit texte de sa composition.

" Tu sais quoi mon fidèle Orion, nous allons nous entraîner avec nos bons amis français aujourd'hui. Cet entrainement va être encore une fois admirablement agréable. Oh ! Mais que vois-je, le caporal Libberecht arrive, je sois aller le saluer ! "

Il avait un vrai sourire aux lèvres et il attendit que le dit caporal arrive à son niveau.
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Lun 31 Mai - 10:53

Il ne s’était pas levé du bon pied, ce matin-là. Et ce n’étaient pas les intentions du Major qui allaient arranger les choses. La colère commençait doucement à monter dans ses veines, déjà… Le jeune homme jeta un regard en biais à l’officier allemand, évaluant rapidement le degré de latitude qu’il avait quant aux ordres qu’on lui donnait. Pas beaucoup, apparemment, malgré l’enthousiasme de l’officier. Son visage fermé s’assombrit encore, réduisant son regard clair à deux fentes peu engageantes.

- Orphée.

Le dragon tourna aussitôt la tête vers lui, juste pour saisir le geste net, presque cassant, de son pilote qui l’invitait à se positionner pour le décollage. Le Porte-drapeau se posta à proximité du Falken, ignorant superbement ses poses de jeune blanc-bec. Bien plus âgé, il connaissait l’élégante économie de mouvement que donnait l’expérience, et ses déplacements sans heurt et sans fioritures respiraient un mépris glacé.

A l’inverse de sa monture, Camille sentait la brûlure de la colère monter en lui comme un poison, qu’il ne cherchait même pas à retenir alors que le Flieger venait vers lui. Mais ses fanfaronnades eurent le don de réveiller toute la malice du Caporal. Sa colère se transforma brusquement en ironie féroce. Lui, le dépasser en compétences ? Il dut se retenir d’éclater d’un rire sauvage. D’accord, Wolfgang savait à peu près se tenir sur son dragon. Mais de là à le rattraper ! Peut-être en vitesse, à cause de la rapidité du Falken… mais il n’y avait aucune comparaison en dextérité ou en réactivité, qui étaient ce qui comptait réellement dans les capacités d’un pilote. Un immense sourire, un sourire inquiétant, éclaira son visage.

Action ? Oh, oui, il allait y avoir de l’action. Pas de problème. Le Français marcha d’un pas assuré jusqu’à son dragon, ignorant le petit discours de l’Allemand. Il prit le temps de toucher l’encolure rouge vif qui se ploya légèrement vers lui, et donna rapidement ses instructions à voix basse et rauque.

- Attention au décollage. Rapproche-toi encore un peu, on prendra le vent juste avant eux. Gare aux coups de griffes, mais avec une bonne synchro on aura l’avantage et ils ne verront rien d’en bas.

Il se retourna vers Wolfgang et franchit les quelques pas qui les séparaient encore alors qu’Orphée se décalait nonchalamment. Il se paya même le luxe de tendre une main franche au jeune pilote. Mais il avait aux lèvres un sourire qui ne pouvait tromper personne, même avec les œillères du nazisme le plus fanatique. Un sourire monstrueusement carnassier.

Il serra sans frémir la main du pilote allemand, avant de monter sur le Porte-drapeau et de boucler son harnais d’un geste habitué. Il se fondit presque immédiatement avec sa monture, faisant corps avec la courbure puissante du cou du dragon. Le décollage allait être serré. Une erreur et le major les rappelait. Il espérait fiévreusement que l’équipe au sol ne s’y connaissait pas assez techniquement pour se rendre compte que les dragons étaient trop près d’environ un mètre pour décoller ensemble en étant sûrs de ne pas se gêner.

Il saisit l’instant précis où les deux dragons s’envolaient. S’en remettant à Orphée pour la vivacité de réaction, il serra les jambes, donnant l’ordre du décollage rapide. Il s’agissait ici de déployer les ailes bleu-blanc-rouge une fraction de seconde avant celles du Falken, pour encastrer les membranes juste au-dessus des siennes et l’empêcher de prendre l’air exactement en même temps qu’eux. Synchronisant ensuite les battements d’aile, le Porte-drapeau pourrait garder l’avantage de déventer légèrement le dragon allemand. C’était une manœuvre de précision utilisée avec un peu plus de marge dans certaines formations de combat, et Orphée avait des chances d’y être plus habitué qu’Orion.

Avec un peu plus de chance, l’équipe au sol n’y verrait que du feu, l’écart d’altitude étant trop mince pour être bien visible depuis la terre. Camille serra les dents sur son sourire féroce, les yeux brillants, tendu par la concentration. S’ils réussissaient, ce serait une preuve irréfutable de leur supériorité en vol sur le Falken et son pilote. Et Wolfgang serait le premier à s’en rendre compte.
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Mar 8 Juin - 21:23

[HJ : et c'est à moi d'être en retard ...]

En se retrouvant face au français, Wolfgang comprit que le jeu allait se dérouler avec beaucoup de paramètres et de variables. Tant mieux, il allait lui aussi s'amuser à ce petit jeu ! Il serra la main tendue dans un jeu de broyage de phalange qu'il était certain de ne pas gagner mais qu'il ne voulait pas perdre non plus et il se hâta de prendre place sur Orion en oubliant un instant sa douleur à la cuisse. Hors de question de recommencer le décollage si jamais il en prenait l'envie au Major.

Il le regarda avec un sourire aux lèvres, mais tout comme Camille, ce n'était pas un sourire de joie ou de plaisir, c'était le sourire qu'il réservait à son oncle quand il allait faire ensuite quelque chose de répréhensible mais qu'il ne pourrait pas être pris ! Car il sentait que quelque chose allait être fait du côté ennemi pour l'empêcher de décoller ou de voler convenablement.

Il se pencha sur l'encolure et glissa lui aussi ses ordres à Orion.

" Tu décolles et prend de la hauteur rapidement, je sais que sinon ça n'ira pas."

Il attendit le signal du décollage et s'accrocha alors que les ailes se déployaient d'un côté comme de l'autre. Et effectivement, il avait eu raison, le Falken manquait un tout petit peu de taille pour dépasser le Porte-Drapeau en battements d'ailes et il fut légèrement déstabilisé au départ. Wolfgang se pencha du côté opposé pour signaler à Orion de changer de cap le plus vite possible pour ne pas se retrouver sous le vent généré ainsi.

Le dragon gronda un instant mais réussi à se décaler de plus en plus avant de prendre de la hauteur un peu maladroitement. Ce n'était pas une franche synchronisation, mais ça devait suffire au Major puisqu'ils ne se firent pas rappeler au sol. Wolfgang lança un coup d'oeil vers l'autre équipage et fit monter un peu plus Orion tout en attendant la suite de l'opération.

Ils entendirent plus qu'ils ne virent le départ de Sophos qui avait décollé avec tout le matériel de tournage et le Major qui avait à présent un porte voix. Le grand dragon les dépassa et commença à voler à un bon rythme en s'éloignant de Sarnand.

" Suivez sans être trop proches, vous ne maîtrisez pas assez les manoeuvres pour voler côte côte ! "

On sentait du dépit dans la voix du Major et Wolfgang soupira alors que l'homme leur faisait de grands signes. Il n'eut d'autre choix que de suivre et au bout d'un vol finalement assez court, il poussa un cri assez peu viril. Ce n'était pas possible qu'il ait choisi ce lieu au hasard !

Sous les ailes des dragons, un petit lac que le pilote reconnaissait sans mal, un lac où il avait manqué de se faire casser le bras et où Camille avait attrapé froid ! Non, Wolfgang n'était pas du tout d'accord avec les plans éventuels du Major qui faisait déjà poser Sophos et qui leur faisait des signes qu'il ne comprenait pas. A priori ils devaient voler encore mais savoir quoi faire ... aucune idée. Ah ! Des mots leurs parvenaient !

" ... faire ...tesse ... pas ... ...tises ... ...garde. "

Ah ben oui d'accord ! Il allait faire ça bonne idée, mais il sentait qu'il aurait du mal à interpréter les ordres. Et l'imbécile qui faisait de grands gestes avec les mains en tournant... oui bien sur ! Il haussa les épaules et Orion vola un peu en cercle en attendant de voir si Orphée savait quoi faire.
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Dim 20 Juin - 1:54

Camille ne put réprimer un sourire victorieux en voyant le Falken obligé de décrocher légèrement de sa trajectoire initiale pour arriver à décoller correctement. Son sourire s’effaça avec le léger frisson qui courut le long de sa nuque, au moment où le souffle des énormes ailes du Berghexe parvint dans son dos. Et toute son amertume lui revint en bloc à l’annonce du Major. Ah, ils ne maîtrisaient pas assez les manœuvres ? Pauvre imbécile, incapable de faire la distinction entre une maladresse et un sabotage délibéré… Mais sur le moment il fallait bien avouer que ça lui convenait mieux que de se faire griller.

Orphée suivit le rythme sans broncher, mettant un point d’honneur à ne pas se laisser distancer en vitesse. Il savait trop bien la différence de rapidité entre lui et Orion. Camille scrutait le paysage, et reconnut rapidement le trajet qu’ils suivaient… Le pilote grinça des dents. Ce damné major était vraiment bien renseigné, ou alors il avait une chance de cocu. Il y avait même une possibilité pour qu’il soit vraiment cocu… mais ce n’était pas le moment de penser à ce genre de détails.

Surtout que ledit major avait l’air de vouloir qu’ils restent en l’air. Et de faire…. De faire quoi d’ailleurs ? Le mégaphone déformait horriblement, et l’écho se répercutait sur les roches autour de l’étendue d’eau calme. Bon, il allait falloir composer.
"Je vous laisse faire une course de vitesse, mais pas de bêtises, je vous regarde." Non, ça aurait trop fait plaisir au pilote du Falken.
"Je vais faire un tour en vitesse, pas de bêtises, Sophos vous garde." Ah non, ça c’était pas équitable, mettre un dragon poids moyen dans l’équation. En plus il n’avait pas l’air de vouloir s’éloigner.
"Vous pouvez faire de la vitesse mais pas longtemps, si vous faites des bêtises prenez garde." En tout cas il n’avait pas envie qu’ils fassent n’importe quoi, ils ne devaient pas faire de bêtises et il y avait une question de vitesse quelque part.
"Vous allez faire le tour du lac en vitesse mais pas de bêtises, on vous regarde." Déjà plus probable. D’ailleurs le dragon allemand était déjà en train de cercler.

A bien y regarder, l’officier allemand s’agitait sur la berge. Il faisait la toupie. Non, le moulin à vent. Ou alors il touillait sa marmite. Ridicule de toute façon… Mais le message était presque plus clair que ses tentatives d’ordres entrecoupées.

Il voulait tourner ? Parfait. On allait tourner. Camille se pencha sur le cou d’Orphée, et observa un instant la trajectoire d’Orion. Il faisait simplement le tour du lac… très bien.

- Cap à dix heures. On intercepte sa trajectoire en enroulant un looping autour d’eux. Boucle très large, il faut prendre pas mal de vitesse avant.

Le Porte-drapeau commença aussitôt à prendre de l’altitude. Le Français surveillait la progression du Falken en dessous… ils avaient parcouru plus d’un quart de cercle… Vite, ou ils n’auraient pas le temps. Il appuya les deux mains de chaque côté du cou écarlate, et Orphée plongea.

Le vent rugit à ses oreilles. Ils allaient essayer de passer sous le ventre d’Orion, hors de portée des griffes, pour remonter en piqué de l’autre côté et enfin vriller sur le dos avant de reprendre une trajectoire horizontale. Une manœuvre qui déroutait assez bien les tireurs embarqués sur les dragons légers, quand il n’y avait qu’une arme dont on orientait le canon horizontalement… mais ils ne l’avaient que rarement tentée, y préférant en général un looping franc, pourtant réputé plus difficile mais demandant moins de vitesse au déclenchement.

Et tant pis si ce n’était pas vraiment ce qu’attendait leur tortionnaire d’un jour. Non, ce n’était pas une figure qu’on faisait entre amis, c’était une manœuvre d’approche d’un dragon courrier ou léger ennemi. Entraînement ou pas, les jolies voltes synchronisées n’étaient pas dans les intentions de Camille aujourd’hui.
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Lun 21 Juin - 12:32

Bon, a priori Camille n'avait pas décidé de collaborer ouvertement avec lui et ne disait rien concernant ce que pouvait bien vouloir le Major. Wolfgang commençait à bien connaître le pilote de l'autre dragon et il savait fort bien que s'il pouvait, il tenterait de le faire tomber ou de faire qu'il se ridiculise. Et il en était hors de question. Il fixa les mouvements d'Orphée avec un léger sourire aux lèvres. Le dragon ne prenait pas une direction similaire à la sienne et il avait bien compris que jamais le français ne collaborerait. Très bien...

Il se pencha sur l'encolure d'Orion et lui parla.

" Devient son miroir !"

Oui, ça le Falken pouvait le faire même s'il n'était pas aussi aguerri que le porte drapeau. Il obliqua pour prendre une trajectoire opposée à son camarade d'entrainement et il commença à suivre les mêmes mouvements que lui. Oui, il était maintenant hors de question de se laisser déstabiliser une nouvelle fois. Il gronda un peu pour la forme mais suivit au mieux les évolutions de son ... partenaire ... enfin non, de son adversaire car c'était bien de cela qu'il s'agissait.

Par contre, il manqua de décrocher quand le grondement de Sophos retentit. Wolfgang regarda le Major qui avait enfin trouvé un porte voix et qui hurlait. Oups, il n'avait pas l'air content du tout.

" On a l'impression que vous allez vous battre, revenez sur le sol immédiatement ! "

Wolfgang déglutit, malgré sa bêtise l'homme pouvait faire des dégâts et il fit comprendre à Orion qu'il valait mieux obéir sans discuter plus que ça. Tout en surveillant Camille du coin de l'oeil, il descendit rapidement et se posa tout aussi vite. Le Major était rouge de colère et il faisait les cent pas en attendant que les deux pilotes se présentent au rapport.

Wolfgang descendit d'Orion et rangea rapidement ses lunettes de vol dans sa poche, faisant ainsi tomber une photographie à ses pieds. Il rougit alors que le vent la faisait s'envoler en direction de l'équipage français qui venait de se poser. Il commença à bouger mais l'ordre claqua.

" Abendroth, restez là !"

Donner une occasion à Camille de se moquer de lui en laissant envoler la photographie de Beth, ce n'était pas une bonne chose, pas bonne du tout. Peut-être que le français ne dirait rien, mais c'était peu probable. En plus on voyait clairement Framboise derrière la pilote française...
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Ven 25 Juin - 23:11

Concentré sur sa figure, Camille saisit du coin de l’œil la fusée grise du Falken qui prenait la direction opposée à la sienne, avec à peine un temps de retard sur lui. Un instant, il ne put retenir une impulsion admirative envers le jeune Allemand, qui arrivait à suivre ses mouvements en inverse sans même savoir à l’avance ce qu’il était en train de faire. Enfin, la vivacité de son dragon n’y était sans doute pas pour rien. Puis l’agacement balaya tout le reste… à quoi croyait-il jouer ? Ils ne préparaient pas un ballet aérien pour le plus grand plaisir de l’état-major nazi.

Quoique… le plaisir était apparemment tout relatif. Orphée ne broncha pas sous le grondement de l’immense Berghexe, et Camille se tendit en tirant sur la sangle de poitrine du Porte-drapeau. Tiens bon. Le courrier termina sa manœuvre et vira rapidement sur l’aile, revenant vers la berge… il ne fallait pas trop tenter le sort quand même. Un coup d’œil vers le sol suffisait pour se rendre compte que la situation avait des chances de se dégrader, simplement en observant la couleur du Major.

- On se pose. Vite.

- Ok. Attention, il a le pouvoir de t’en faire baver même si on n’est pas sous ses ordres directs.

- …Je sais. Mais on n’a rien à faire avec lui.

- On ne nous laisse pas le choix.

Orphée avait raison, pensa Camille. L’équipage tricolore dégringola sur la plage de gravier, les serres rouges s’enfonçèrent dans le sol en crissant sous la violence de l’arrêt. Le pilote décrocha son harnais et sauta à terre alors que son dragon s’immobilisait, repliant ses ailes grandes ouvertes lors du freinage.

A peine eut-il le temps d’ajuster son uniforme d’un geste rapide qu’un papier volait à ses pieds, alors qu’un ordre du Major clouait Wolfgang au sol. L’expression figée du Flieger et le dos tourné de l’officier donnèrent à Camille la fraction de seconde dont il avait besoin pour ramasser le document et le retourner. Et il figea net à son tour. …Beth ? Impossible de s’y tromper, surtout avec Framboise en arrière-plan.

Son sang ne fit qu’un tour. Au-delà de ce que fichait une telle photo dans la poche d’un Allemand, le Français comprit ce que le major y verrait : une magnifique preuve d’amitié (il n’osait penser plus) franco-allemande. Et ça, ce n’était absolument pas envisageable dans l’immédiat. La photographie disparut dans la poche du pilote, rejoignant la boîte de fer-blanc abritant ses cigarettes.

Camille se redressa comme si de rien n’était, présentant au reste du monde toute la rigueur d’un pilote français. Mais il n’arrivait pas à effacer de sa rétine le visage rieur de sa cousine et les couleurs flambantes de son Porte-drapeau. Un Porte-drapeau ! On faisait difficilement plus patriotique, comme dragon. Il coula un regard en biais vers le pilote du Falken, où se mêlaient curiosité et colère. Comment pouvait-il être aussi imbuvable envers les Français et avoir un quelconque lien avec Elisabeth Deresko, postière à Viers et joyeuse camarade de jeux d’enfance ? A moins qu’il n’ait volé l’image… mais ça supposait qu’il était vraiment déviant. Quoique, il avait déjà montré des tendances exhibitionnistes et sadiques, alors c’était loin d’être impossible.

Quoi qu’il en soit, tout ceci méritait une petite explication tout ce qu’il y a de plus sérieuse, et Camille se promit de coincer le Flieger aussi vite que possible hors de vue de cette bande de fanatiques. Pour l’heure, il se contenta de faire quelques pas en avant pour attendre la suite des élucubrations du Major, le visage fermé, et une étincelle tapie au fond du regard.
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Dim 27 Juin - 11:03

Il l'avait vue et il allait s'en servir c'était certain. Wolfgang savait que cela serait ce qui allait se produire car, à sa place, il en aurait fait autant. Il se tendit alors que la photo disparaissait dans la poche et il attendit que le Major parle. Cela ne tarda pas d'ailleurs.

" Vous vous prenez pour qui tous les deux ? Vous savez que j'ai les moyens de vous faire mettre à pied pour le restant de vos jours et que cela ne sers donc à rien de tenter de tromper ma vigilance. Je vous demande de nous montrer la collaboration et la bonne entente entre français et allemands et tout ce que vous trouvez le moyen de faire c'est de vous affronter ou de vous préparer à cela ! Silence, je ne veux pas de vos pitoyables excuses ! Puisque vous êtes visiblement incapables de savoir vous comporter sur vos dragons, vous allez le faire sans vos montures ! Caporal, redonnez la photographie au Flieger tout en la montrant bien à la caméra. Flieger vous acceptez la photographie et vous donnez une accolade fraternelle au caporal. Ensuite nous aviserons ! "

Il se tourna vers l'équipe de tournage et il leur fit signe de commencer à filmer. Wolfgang se tendit avant de faire un pas vers Camille et d'entendre.

" Bougres d'idiots ! Vous n'avez pas pensé une seconde que plus de pellicule serait nécessaire ! Nous allons en chercher et leutnant, vous surveillez ces deux zouaves ! Sophos, on y va ! "

L'énorme dragon décolla emportant avec lui l'équipe de tournage au grand complet et l'incompétent Major. Il était en droit de se demander pourquoi il partait avec tout le monde, laissant les deux "volontaires" pour cette opération seuls et sous la surveillance d'un leutnant aux allures guindées. Wolfgang se tourna vers lui alors qu'il s'élognait, sortant une cigarette de sa veste et s'installait sans les regarder. Il s'approcha de Camille et tendit la main.

" Donne moi la photo maintenant ! "

Au pli que formait sa bouche il ne comptait pas dire un mot de plus, un mot gentil ou quoi que ce soit. En tout cas, il attendait que le caporal obéisse. Et oui, même si cela contrariait les plans du Major, hors de question de faire ce type d'échange devant les caméras. Et comme l'homme chargé de les surveiller était loin, aucun risque de se faire entendre. En tout cas, le Flieger était sérieux, il allait récupérer cette photographie !
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Sam 3 Juil - 22:37

Camille ne s’attarda pas sur l’expression tendue du Flieger, trop occupé à penser à autre chose alors que le Major les assaisonnait proprement. Il fit de son mieux pour garder un visage impassible sous le déluge de reproches et de menaces qui pleuvait sur eux. Pas question de se faire mettre à pied une fois de plus, et surtout pas pour le reste de sa carrière.

Comment, redonner la… zut, il l’avait vue. Hors de question de lui montrer le détail et encore moins aux caméras. Le pilote français réfléchissait à toute vitesse… il pouvait toujours montrer le dos de la photo, après tout le major n’avait pas précisé… Un rapide regard en biais à Wolfgang lui apprit qu’il n’en menait pas plus large. Puis, à l’instant où il se résignait à jouer encore une fois avec le feu, le miracle arriva. Le même soulagement que lorsqu’il entendait le déclic caractéristique d’un chargeur allemand vide… plus de munitions. Plus de pellicule.

Le pilote leva la tête et suivit longtemps l’énorme dragon des yeux alors qu’il s’éloignait du lac, attendant d’être sûr qu’ils soient hors de portée. Mais déjà Wolfgang s’approchait de lui, la voix dure. Camille jeta un regard au planton allemand, puis toisa le Flieger et mit les mains dans ses poches.

- La photo de Beth ? J’aimerais déjà savoir ce que tu faisais avec.

Il ressortit posément la main de la poche où il avait rangé le cliché, mais ce n’était pas cela qu’il tenait entre ses doigts. Il ouvrit tranquillement la boîte de fer-blanc, accrocha une cigarette à ses lèvres et rangea la boîte. Un claquement de briquet plus tard, il soufflait une bouffée de fumée gris-bleu vers le lac, sans un regard pour le jeune Allemand, les mains à nouveau dans les poches.

Ils disposaient de plusieurs minutes avant que l’équipe de tournage ne revienne et leur surveillant avait l’air tout sauf zélé. Autant faire mariner un peu le Flieger tant qu’il n’avait pas tiré l’affaire au clair. Il devait savoir comment il était arrivé en la possession de cette image, et pourquoi il la gardait. Dans un coin de son esprit, l’Allemand avait essayé de dévoyer Beth avec ses idées déviantes, avait volé la photographie, avait peut-être même tenu des propos inconvenants à sa cousine. L’éventualité que Beth lui ait donné le document était toujours envisageable, mais alors il faudrait aussi qu’il s’explique avec la pétillante jeune femme, et la perspective de devoir la sermonner pour avoir fraternisé, voire pire, avec l’occupant ne le séduisait pas vraiment.

Dans la poche de sa vareuse, le bout de ses doigts redessinaient le contour de la photo, alors que son autre main envoyait nerveusement la cendre de sa cigarette sur le sable. Il devait admettre que Wolfgang avait la même idée que lui sur un point : faire l’échange devant la caméra n’était pas envisageable, ça ferait trop plaisir à la propagande. Pourtant, le Major était peut-être stupide, mais il ne serait probablement pas dupe. Il leur ferait recommencer la scène d’un claquement de doigts, ou inventerait n’importe quelle diablerie pour faire croire à leur amitié.

- Je ne vois pas pourquoi je te la rendrai, elle n’est peut-être même pas à toi. Et le Major s’en apercevrait. Fais-toi mettre à pied si ça te chante mais sans moi.

Il surveillait attentivement les réactions du jeune pilote, derrière la mince volute de fumée qui montait devant son visage impassible. Il ne comptait pas rendre la photo s’il l’avait volée, il ne manquerait plus que ça. Mais il était certain qu’avec le Major dans les pattes, il n’aurait pas d’autre choix. A moins de rendre un cliché au sujet plus acceptable. Il fit mentalement le tour des papiers qu’il avait sur lui. Son brevet de pilote, sa carte d’identité, des photos de famille… une ou deux cartes postales. Parfait. Il était presque sûr d’avoir ramassé la photo de Beth assez vite pour que l’officier Allemand ne la voie pas, quand elle était tombée face au sol.

Fouillant à nouveau ses poches, il en tira un mince portefeuille qu’il ouvrit, puis il y rangea la jolie frimousse de la postière entre une photo d’Orphée datant de 36 et la ringuette des cousins Von Lichtenstein. Il en ressortit ensuite une carte vierge représentant la cathédrale de Strasbourg, que son père lui avait ramené trois ans auparavant sans jamais y écrire. Vestige d’une splendeur maintenant aux mains de l’ennemi, ayant survécu à trois guerres, la griffe du troisième Reich y interdisait à présent le culte catholique. C’était un symbole à double tranchant qui convenait parfaitement aux desseins de Camille… Il mit la carte directement dans sa poche, remplaçant la photographie compromettante.

- J’ai une idée.

Il reprit une bouffée de fumée. C’était crucial de convaincre le Flieger que son projet les sauverait tous les deux de la honte de ce film dégradant, et que c’était le seul moyen d’avoir le Major. Si Wolfgang mouftait quoi que ce soit, ils joueraient un peu trop dangereusement pour eux deux.

- J’ai une autre image qu’on peut montrer à la caméra. Laisse-moi faire, sinon tu vas nous plomber tous les deux… et je te le ferai regretter.

D’un coup de talon, il écrasa son mégot sur un galet. Il avait toujours la photo de Beth qui lui servait d’otage provisoire. Si l’Allemand avait une excuse acceptable il lui rendrait peut-être, mais en attendant il devait lui faire accepter de jouer son jeu. Et il n’avait pas la moindre intention que tous les petits fanatisés nazis voient sa cousine en gros plan, quoi qu’il arrive. Si Wolfgang ne comprenait pas qu’à la moindre protestation il se discréditerait complètement, tant pis pour lui, car la première réaction de Camille serait de l’enfoncer.
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Dim 4 Juil - 17:05

La situation n'était pas si bonne que ça puisque forcément ce français borné ne voulait pas coopérer. Mais une minute ! Comment savait-il de qui il s'agissait ? Parce que tout de même ce n'était pas souvent que la demoiselle faisait des visites à Sarnand ! Et tout le monde ne l'appelait pas Beth non plus ! L'allemand fronça les sourcils et toisa un instant le caporal avant de regarder ce que faisait le leutnant. Bon, ça allait, il ne les regardait pas et la caméra était toujours à la même place, face à eux mais sans personne pour filmer.

Le Flieger fit un pas en avant en gardant la main tendue, hors de question qu'il se laisse faire par ce français de pacotille ! Donc l'autre allait faire ce qu'il avait dit et ce serait tout ! Mais non, il fallait que, comme tous les français, il retarde l'inévitable tout en tentant d'argumenter avec lui mais au jeu de l'argumentation, il avait à faire à un maître. Et Wolfgang ne se laissa pas impressionner par son petit discours comme quoi ils seraient mis à pied pour ça.

" Le Major est idiot mais je sais qu'il ne nous mettra pas à pied, il a besoin de nous deux ! Donc tu me rends la photo qui est à moi maintenant !

Mais non, l'autre rangeait la précieuse image et en sortait une que Wolfgang ne pouvait voir, dans la taille c'était similaire, mais dans le contenu, il était certain que ce n'était pas le cas. Le plan que le caporal proposa fut suivit d'un instant de réflexion par Wolfgang qui ne comptait pas le laisser gagner sur quelque point que ce soit.

" Et si je refuse, tu fais de ma vie un enfer ? Tu n'en as pas les moyens crois moi, je suis bien mieux placé que toi. Car après tout, un seul mot de moi et tu es mis à pied ! Ils sauront que c'est faux, mais ils montreront leur force. Donc désolé mais je veux voir la photo que tu proposes d'échanger AVANT et ... "

Il mis les mains dans ses poches tout en fixant le caporal avec un sourire mauvais.

" ... tu m'expliques comment tu connais le surnom de ma petite amie. Jaloux peut-être ... "

Il attendit la réponse qui n'allait certainement pas manquer d'arriver rapidement pendant que son esprit cherchait un moyen de récupérer son bien sans se battre avec le caporal. Car il savait à coup sûr qu'il ne devait pas en venir aux mains, du moins pas en premier.
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Dim 4 Juil - 18:58

Comme prévu, le petit Allemand s’agitait. Il l’avait assez fréquenté pour savoir qu’il était incapable d’accepter les choses simplement, incapable de se plier à plus fort que lui, et incapable de se discipliner même quand il était clair que c’était dans son intérêt.

Mais la dernière phrase le figea sur place. Il jeta un regard meurtrier au Flieger, alors qu’une foule d’images cauchemardesques défilaient dans sa tête. Wolfgang tenant Elisabeth par la main, Wolfgang présenté à son oncle, Wolfgang en costume du dimanche sur le parvis de… non, il ne fallait pas délirer non plus. Il ouvrit la bouche et sa voix habituellement grave et chaleureuse était devenue glaciale.

- Imbécile… C’est ma cousine.

C’était encore pire que ce qu’il avait osé imaginer. Beth, la petite amie de cette vipère hitlérienne ? Sa joyeuse cousine compromise avec l’occupant ? Elle était pilote de Porte-drapeau, nom d’un chien ! Son propre père en aurait été malade si sa petite sœur Marie-France s’était avisée ne serait-ce que d’approcher un soldat allemand.

Quant à la photographie, pour le moment, Wolfgang pouvait se brosser. Ah, il voulait voir l’autre ? Très bien. Le Français ressortit la carte postale et lui montra clairement, sans la lâcher pour autant. La cathédrale de Strasbourg au coucher du soleil était un tableau magnifique, surtout avant la guerre…

- Voilà. Ecoute-moi bien, je suis peut-être rattaché à Sarnand mais je ne prends pas mes ordres de l’occupant, contrairement à toi. Ne va surtout pas croire que j’aurai besoin de dire quoi que ce soit pour que tu aies de graves ennuis si tu l’ouvres un peu trop. Réfléchis deux minutes : ils veulent qu’on montre la belle amitié franco-allemande, et toi tu leur montrerais que tu… tu leur montrerais la photo de Beth ?

Il n’avait pu se résoudre à prononcer les mots « petite amie ». Mais son ton s’échauffait nettement au fil de son discours, tout en restant suffisamment contenu pour ne pas alerter leur chaperon.

- S’ils voient le quart de cette image, on peut être sûrs de dire adieu à tous les principes militaires. Et si tu protestes ouvertement pour faire capoter mon plan, c’est clair qu’ils demanderont des explications que tu n’as pas envie de donner.

Camille fixait sur lui deux yeux bleu glacier qui le fusillaient. N’est-ce pas, qu’il n’avait pas envie de donner ce genre d’explication au Major ? Il avait intérêt, du moins c’était ce que disait son regard. Il y avait sa cousine en jeu et il ne comptait pas l’entraîner dans cette sombre affaire de propagande. Et si Wolfgang n’était pas de cet avis, alors il n’hésiterait pas à employer d’autres moyens pour le convaincre. A commencer par une bonne discussion avec Beth… Voire une autre session d’entraînement au corps à corps avec le Flieger. Après tout, le décor était parfait pour cela…
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Jeu 8 Juil - 23:50

Ca commençait à bien faire les insultes, il n'allait pas se laisser faire comme ça et Wolfgang se redressa brusquement sans attendre la suite de ce que disait Camille.

" Je ne suis pas un ..."

Quoi ? Sa cousine ! Non, c'était impossible qu'une demoiselle aussi délicieuse que Beth soit apparentée avec un garçon aussi détestable que Camille. Bon, oui, Wolfgang n'était pas totalement objectif cas après tout il aurait pu s'entendre avec le français si ce dernier n'avait pas été français justement. Ou tout du moins, pas aussi français pour ne pas voir qu'il avait du coup des oeillères. Oui, il était dans le camp des vaincus et cela devait être difficile à digérer, en tout cas lui l'aurait mal digéré, mais ce n'était pas une raison.

" Ta cousine tu dis ? et bien la gentillesse n'est pas héréditaire alors. "

Il avait appris le mot héréditaire il y avait peu et il n'était pas peu fier de pouvoir le replacer dans un bon contexte. Il attendit la suite du discours sans perdre son air un peu interloqué mais en gagnant un petit sourire car c'était si bon d'énerver le français qu'il ne pouvait presque pas y résister.

Bon, oui, il ne voulait pas montrer la photo devant la caméra mais ce n'était pas une raison pour ne pas montrer une autre photo que celle proposée par l'autre ! Car la cathédrale de Strasbourg n'était pas une chose qu'il avait envie d'avoir dans ses poches !

" Tu as d'autres photos, montre les moi !"

Non, il n'était pas autoritaire, enfin presque pas, mais comme Camille l'avait dit, il était l'occupant donc voila, il n'y avait qu'à faire ce qu'il ordonnait et tout se passerait bien. Et qu'on tente de le foudroyer avec le regard ne fonctionnait plus depuis bien longtemps car il avait eu bien trop de gens qui avaient essayé d'en faire autant.
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Lun 12 Juil - 18:51

- La gentillesse n’est apparemment ni héréditaire, ni contagieuse.

Non, mais, il ne fallait pas rêver non plus, il s’attendait à quoi ? A ce qu’il saute de joie en l’appelant frérot ? Elisabeth était sans aucun doute une jeune femme très chaleureuse, mais fallait pas pousser mémé dans les orties non plus. Et on ne pouvait pas dire qu’elle l’ait influencé d’un poil.

- Tu as surtout de la chance qu’elle t’ait ne serait-ce que regardé. Je ne vois vraiment pas ce qu’elle trouve à un gringalet énervé comme toi.

Parce qu’on ne la lui faisait pas, Beth avait pratiquement le même âge que lui, donc Wolfgang avait quelque chose comme cinq ans de moins qu’elle, et ce n’était qu’un gosse quoi qu’il puisse en penser. On ne devenait pas un homme juste parce qu’on avait appris à voler, ni même parce qu’on savait se servir d’une arme à feu, et encore moins parce qu’on avait fait partie d’un groupe de louveteaux à qui on avait fait croire que la vie c’était des bagarres de cour de récréation.

Il aurait presque eu pitié du jeune Flieger s’il n’avait pas été aussi insupportable. Mais son petit sourire assorti à son air vaguement déstabilisé lui donnait une tête suffisamment bancale pour rendre au pilote français la maîtrise de ses nerfs.

D’autres photos ? Camille regarda le garçon une seconde fixement avant d’éclater de rire, un vrai rire franc. La carte postale ne lui convenait pas ? Il voulait faire du tourisme dans son portefeuille peut-être ? Et puis quoi encore ? Il calma un peu ses éclats de rire avant de reprendre la parole, sa voix rauque teintée d’ironie moqueuse.

- Tu veux pas que je te présente à la famille non plus ? Ne va surtout pas croire que tu as tous les droits, même si vous autres boches aimeriez bien que ce soit vrai…

Il haussa les épaules et jeta un coup d’œil au lieutenant qui finissait sa cigarette, assis sur un rocher et les yeux dans le vague, apparemment plus préoccupé par ses pensées que par les deux pilotes. Après tout, il n’avait rien à cacher et la moitié de Sarnand avait déjà vu ses photos, qu’il sortait dès qu’il parlait de sa famille pour illustrer ses histoires de façon plus vivante. Sauf que d’ordinaire, il les montrait à des amis ou à des camarades, pas à des Allemands. Sait-on jamais qu’ils s’en servent plus tard comme moyen de pression contre lui... Il regarda Wolfgang de haut en bas et de bas en haut.

- On ne t’a jamais appris à dire s’il te plaît en français ? A moins que tu ne le saches pas, même en allemand.

Le ton était neutre pour une fois, et un demi-sourire s’esquissait lentement au coin de sa bouche volontaire. Le message était clair, il n’avait aucun ordre à accepter, mais s’il voulait engager la discussion sur un autre registre, la proposition était là. Au petit Allemand de se décider entre sa fierté mal placée et son envie d’approcher Camille.
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Mar 13 Juil - 19:11

" Espèce de ... "

Le regard que Wolfgang décocha à Camille aurait pu faire geler l'enfer mais cela ne suffirait certainement pas au français pour montrer sa volonté de collaboration. Il ne le voudrait jamais et le Major serait obligé de leur donner des ordres très clairs et tout et tout pour qu'ils arrivent là où ils le désiraient. Mais non ! Wolfgang ne se laisserait pas faire par un caporal français incapable de mesure et de maîtrise de soi. Quoi ? lui non plus n'en avait pas mais c'était totalement différent puisque lui n'avait qu'un grade inférieur et était plus jeune en plus ... on devait lui pardonner !

" Tu oublies qu'on doit montrer notre bonne entente ! Je crois que je vais glisser au Major que tu as tout plein de photos à regarder. "

Ah mais ! Ce n'était pas dit qu'il allait se laisser marcher sur les pieds comme ça sans protester. Il s'approcha avec un faux sourire aux lèvres et glissa quelques mots à l'oreille du français qui osait insulter sa politesse.

" Je ne suis poli qu'avec ceux qui le méritent et pas avec les larves. "

Il allait loin, trop loin certainement mais l'autre l'avait énervé, sa journée était longue, il avait mal donc voila ! Et puis flute ! Il n'allait pas s'excuser non plus ! Il fit un pas en arrière et rencontra un corps solide. Il se tourna et leva les yeux, un grand corps solide qui le regardait sans sourire et qui donnait l'impression de vouloir le fusiller sur place.

" Flieger Abendroth, présentez vos excuses au Caporal. Caporal vous acceptez ses excuses et vous lui serrez la main. Le Major a oublié de vous avertir que la caméra continuait à filmer votre discussion je le crains. "

Wolfgang se sentit déglutir alors que le Leutnant s'éloignait sans dire un mot mais sans oublier de les fixer tous les deux et il sut qu'il était allé trop loin. Même pour lui, il n'aurait pas du prononcer ces mots qu'il n'avait pas pensé en fait. Jamais il n'aurait dit ça s'il n'y avait eu cette succession d'évènements et il se dit qu'il était trop impulsif et qu'il devrait se raisonner un jour !

" Caporal, je vous prie de m'excuser, ma conduite et mes paroles étaient inqualifiables. "

Il tendit sa main en avant en baissant un peu les yeux signe rare d'humilité. Mais il ne faudrait pas que l'homme la refuse ou dise la moindre chose qui l'énerverait à nouveau par contre ...
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Mar 20 Juil - 17:06

Camille retint un haussement d’épaules devant le regard meurtrier de l’Allemand. Il n’y avait vraiment rien à en tirer. Parler au Major de ses photos était aussi puéril qu’idiot, et serait sans doute sans effet notoire. Après tout, les dirigeants militaires n’avaient pas plus le droit que les autres de s’insinuer dans sa vie privée sans son accord, et encore moins devant une caméra.

En revanche, le sourire en carton-pâte qui fleurissait sur le visage malveillant du Flieger n’augurait rien de bon. Pas plus que les mots venimeux murmurés à son oreille. Ses poings se serrèrent avant qu’il songe à s’en empêcher, et il sentit le sang lui monter à la tête. C’en était trop. Mais son regard assombri par la colère croisa brutalement l’expression neutre du lieutenant, par-dessus l’épaule du Flieger. Beaucoup trop proche. Il prit une inspiration involontaire alors que Wolfgang reculait, et dut résister à la tentation d’en faire autant.

Il n’était pas au bout de ses peines. Avec la sensation de recevoir un cube de glace dans l’estomac, il prit conscience du bourdonnement infime de la machine infernale toujours braquée vers eux. Toute couleur déserta ses joues, aussi vite que le coup de sang qui avait précédé. Il allait devoir faire attention à ses changements de teint si ça continuait comme ça… même s’il avait d’autres soucis en tête dans la minute. A commencer par la contrition apparemment sincère de Wolfgang…

Camille cligna une fois des yeux. L’incroyable venait de se produire sous ses yeux. La surprise balaya à la fois la colère et la peur de ses veines, le rouge et le blanc de sa peau. Impossible de savoir ce que le jeune Allemand en pensait réellement mais l’occasion était trop belle…

- Wolf…


Sa voix s’élevait à peine plus qu’un murmure, probablement inaudible pour tout autre que l’intéressé. Avec un étonnement non dissimulé, d’instinct, le Français prit la main tendue non à la façon froide et formelle des salutations civiles, mais avec l’élan des frères au combat, doigts croisés comme des épées levées, coudes serrés devant l’adversité. Il rompit le contact rapidement mais le geste était fait, presque avant même qu’il en comprenne la portée.

Avec une sincérité désarmante, il venait de sceller un pacte qui l’alliait au jeune Allemand. Que celui-ci le veuille ou non, Camille lui avait offert une véritable coopération contre tout ce qu’on pourrait encore attendre d’eux dans cette aventure stupide. Une offre qu’il ne s’imaginait pas voir refuser. D’un naturel habituellement aussi sociable que chaleureux, le pilote français était capable d’oublier d’un revers de main leurs querelles d’adolescents trop vite devenus soldats. Cependant, encore sous le coup de l’étonnement, Camille n’était pas tout à fait conscient qu’il n’offrirait son amitié qu’une fois, et encore moins que c’était bel et bien ce qu’il venait de faire. Sur le fil du rasoir, il suffirait d’une velléité de refus pour basculer dans une haine aussi violente que l’offre avait été inattendue.

Pris dans l’instant, le regard bleu de Camille n’avait que la claire franchise des compagnons d’armes qui se savent perdus s’ils ne s’en remettent pas aussi aux autres. Il n’envisageait pas de reculer. Il avait agi sans réfléchir mais son caractère entier lui interdisait les regrets.

Il avait eu le courage de franchir l’autre moitié du pas qu’avait fait Wolfgang, et plus encore. Il avait risqué un accord apparent avec la propagande, un souffle de printemps avant l’orage, un sourire derrière les fusils. Une inspiration avant de sauter, sans mesurer le gouffre. Le temps d’un battement de cœur, il avait laissé tomber les masques, et avancé à visage découvert. Le visage d’un enfant presque adulte, qui avait reconnu la lueur d’un passage dans le miroir que lui renvoyait l’autre.

[Wolfgang : édité pour toi ^^]
[Camille : merci !]
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Jeu 22 Juil - 11:14

Le regard du leutnant était posé sur eux et il le sentait tel une épine agaçante dans le dos. Un regard qui semblait le transpercer et attendre un faux pas pour agir. Oui, car Wolfgang était certain que le regard était de ceux qui agissaient, de ceux qui avaient une forte tendance à foudroyer les impertinents et à promettre des sanctions exemplaires pour ces derniers.

Il attendit, la main toujours tendue, que Camille fasse quelque chose et si possible pas quelque chose d'idiot car il n'était pas certain de le supporter. Ce n'était pas tant que les relations entre eux deux étaient mauvaises qui faisaient ça, c'était qu'il en avait assez d'être toujours celui à faire les premiers pas quand il s'agissait d'opérations de réconciliation. Car oui, sous prétexte qu'il n'était pas gradé (et si ça continuait il ne le serait pas avant un moment), on lui demandait toujours d'être celui qui acceptait tout ! Franchement, c'était pénible à la fin !

Il allait retirer sa main quand le français la prit dans un étau de franche camaraderie. Il fronça les sourcils tout en écoutant ce qu'il avait à dire, mais seul la première syllabe de son prénom fut audible et il sembla que c'était la seule chose qui sortirait de la bouche du caporal. Il se laissa faire sans mot dire, sans maudire non plus d'ailleurs.

Wolfgang fronça les sourcils, bougeant un peu pour que son visage ne soit pas clairement visible sur la caméra, et il fixa Camille droit dans les yeux. Son regard à lui ne laissait rien filtrer alors que celui du français était franc, logique peut-être étant données ses origines mais tout de même. Il pinça légèrement les lèvres, en proie à une certaine réflexion ignorant totalement les tourments intérieurs du caporal.

" Je suis censé dire Cam et le laisser en suspend maintenant ? "

Wolfgang était satisfait de ce qu'il lisait dans les yeux de l'autre et les siens commençaient à briller d'une lueur espiègle alors que ses lèvres s'étiraient en un sourire moqueur. Mais ce n'était pas face au français qu'il agissait de la sorte, mais face à la mascarade qu'on les forçait à interpréter.

Il fit un clin d'oeil au caporal et se tourna, image même du bon soldat vers la caméra et le leutnant.

" Flieger Wolfgang Abendroth, j'attends vos nouveaux ordres Herr Leut... nant. "

L'hésitation venait du dragon qui se posait avec habitude et du Major qui approchait avec un sourire qui ne disait rien qui vaille au jeune pilote. Il se recula pour se retrouver au même niveau que Camille et il hocha la tête de manière presque invisible pour lui signaler que maintenant ils allaient s'amuser tous les deux. En espérant simplement que cela serait suffisant pour que le français comprenne ce qu'il voulait dire ainsi.

" Oh Camille, tu pourrais me redonner la photographie de l'église, tu sais celle que tu as rattrapé alors qu'elle tombait de ma poche. C'est pour envoyer à ma grand-mère, la femme de mon Generalleutnant de grand-père. "

Et vlan prenez ça dans la tronche les gens de la propagande, même si le père de Wolfgang n'était pas militaire, son grand-père avait assez d'influence pour parvenir sans mal à faire muter cet abruti de Major sur le front s'il le fallait ... enfin sauf s'il était protégé par la propagande ...

Il sourit à Camille en priant qu'il accepte de jouer le jeu, maintenant qu'ils étaient deux dans le même sens, cela irait bien plus vite pour faire enrager les gens non ?
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Ven 23 Juil - 18:19

Le regard fixé dans le bleu glace opaque des yeux de Wolfgang, incertain de sa réaction, le pilote français oscilla une seconde entre l’envie d’ajouter un coup de poing à sa poignée de main, et celle d’afficher un immense sourire victorieux. Mais l’étincelle de malice qu’il saisit juste après fit pencher la balance vers une moue vexée qui ne cachait pas un fond d’acceptation joyeuse. Il ouvrit la bouche pour protester qu’il n’y avait qu’Orphée qui l’appelait Cam régulièrement.

Le clin d’œil de l’Allemand lui coupa la parole avant le premier mot. Et aussi le battement grave des ailes du Berghexe, ressenti bien avant de le voir perdre rapidement de l’altitude. Il était temps de remettre les masques, et il ne répondit au signe de tête du Flieger que par un mouvement d’épaules léger. Compris.

Il plongea la main dans sa poche pour en ressortir la carte postale, glissée négligemment entre deux doigts. Il la tendit au Flieger à sa droite sans un regard, sans un sourire, juste le geste nonchalant qui suivait la requête, sans hésitation.

- Tiens.

Ton neutre. Pas question de donner la moindre accroche à la pellicule pour que le Major en tire on ne sait quelle interprétation machiavélique.

- Et ce n’est pas une église, c’est une cathédrale.

Autant en rajouter un peu, tant qu’on y était avec la froideur. Déterminé à saborder le film par tous les moyens, et tant mieux si Wolfgang suivait l’idée. Il n’y aurait rien à tirer d’acteurs comme eux, ou en tout cas ils pouvaient courir pour l’amitié franco-allemande.

Il laissa le sourire de Wolfgang glisser sur son visage fermé, consciemment. Il laissa le silence s’épaissir presque jusqu’à devenir gênant, jeta un léger coup d’œil à la caméra sur pied que personne n’avait touché. Tournait-elle encore ? Ça faisait un sacré morceau de pellicule, maintenant. Mais il ne sut pas déterminer à quoi correspondait le petit ronronnement mécanique qui s’en élevait.

Le second coup d’œil fut pour l’équipe de tournage qui débarquait, et en particulier le sadique notoire qui leur servait d’officier. Camille en avait assez vu pour supposer que les prochains ordres de tournage risquaient de ne pas lui plaire. A moins de prendre les devants.

- Orphée, viens là.

Un geste semi-circulaire suivit l’injonction. Le Porte-drapeau redressa la tête et franchit les quelques mètres qui le séparaient de son pilote. Il courba le cou jusqu’à souffler sa respiration dans l’oreille du jeune homme, inquisiteur. Mais Camille se contenta de gratter le museau écarlate par dessus son épaule, sans cesser de suivre du coin de l’œil l’équipe de tournage. Il s’appuya légèrement contre l’encolure reptilienne, l’allure plutôt décontractée.

Le message était, à ses yeux, plutôt clair. Il était pilote, et on avait réquisitionné son dragon en même temps que ses services. Très bien. Il n’avait pas le pouvoir de s’opposer à un ordre de mobilisation. Mais faire le pantin devant une caméra ne faisait pas partie de ses attributions… S’ils voulaient le voir agir, il allait falloir se rapprocher de son domaine de compétences, ou il ne répondait pas de son obéissance.

Le dernier coup d’œil fut pour Wolfgang. Lui aussi était courrier après tout, mais Camille doutait qu’il ose refuser un ordre de la Wehrmacht, quel qu’il soit. Ils avaient passé un accord silencieux mais on ne changeait pas les nazis. L’uniforme ennemi s’imposa à sa vue comme s’il venait de le remarquer, comme s’il devenait un accroc dans ses plans maintenant que les deux pilotes avançaient dans le même sens. Il retint un frisson. Son père lui aurait probablement fait passer sa coopération à coup de martinet, s’il l’avait su et s’il avait eu quelques années de moins. Tant pis. Il releva le menton, mêlant assurance et défi.
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Lun 26 Juil - 19:02

La carte postale reprenait sa place dans la main de Wolfgang mais il n'avait aucun doute sur le fait que le Major allait très vite savoir qu'ils avaient fait un échange de photographie. Il ne se formalisa pas cependant de la remarque sur le fait que ce ne soit pas une église mais une cathédrale et il attendit un instant avant de répondre. Il devait répondre convenablement pour ne pas risquer de se retrouver avec un nouveau camarade à dos.

" Oh, c'est comme dans notre langue alors. Cathédrale ou Katedrale le français est plus facile qu'il n'y parait. "

Le Major inspira fortement alors qu'il parlait et Wolfgang sentit que la suite n'allait pas être si agréable que cela. Il attendit sans bouger alors que Camille appelait Orphée. C'était peu probable qu'il les fasse voler à nouveau sauf s'il constatait qu'ils étaient tous deux plus calmes mais on ne savait jamais.

La tension se poursuivit alors que le Leutnant s'approchait et parlait au Major sans que quiconque puisse saisir le sens des mots échangés. L'équipe de tournage changea la pellicule alors que s'approchait l'homme honni des deux malheureux candidats au ridicule.

" Et bien il semble que vous soyez plus proches maintenant. Flieger je veux que vous passiez de votre dragon à celui du caporal alors que vous volez au dessus du lac. Caporal, à vous de coordonner la manoeuvre. Et bien entendu, nous referons autant de prises que nécessaire, après votre première tentative sans filmer. "

Wolfgang attendit qu'il se décale pour hocher la tête et se diriger vers Orion sans tenter de parler pour le moment. Il n'avait jamais eu l'occasion de faire ce type de mouvement à l'entrainement mais cela lui plaisait d'essayer quelque chose de potentiellement dangereux. Donc il ne chercherait pas à contrarier ou à contredire le Major. Maintenant, il lui fallait attendre que Camille lui donne ses instructions pour s'organiser au mieux. Et cela n'était pas forcément simple.
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Mer 4 Aoû - 5:41

Voir le petit Allemand réagir en souplesse à sa provocation avait de quoi surprendre mais prouvait qu’ils allaient bien dans le même sens. Appuyé aux écailles flamboyantes, le pilote croisa les bras devant la tension qui montait dans les gestes des officiers. Les murmures perfides de leur chaperon lui firent crisper la mâchoire. Dieu seul savait ce que l’autre pouvait dire de l’attitude de chats sauvages que les deux courriers tenaient depuis le début. Ou même de certains gestes… qui lui avaient échappé. Un regard en biais à Wolfgang lui apprit que le Flieger n’en menait probablement pas si large qu’il voulait bien le faire croire s’il n’avait rien d’insolent à répliquer, ou alors l’ordre ne lui déplaisait pas… impossible de trancher.

Un sourire narquois se dessina en filigrane sur le visage sombre de Camille, qu’il s’empressa de cacher en se détournant pour grimper à sa place sur Orphée. Le Major venait de lui laisser le champ libre pour la manœuvre. Sur son propre terrain. Avec pour partenaire le Flieger à qui il avait bien failli casser un bras à cet endroit même, et qui jouait à présent le même jeu que lui. La délicieuse ironie de la scène faisait briller ses yeux d’une lueur de malice à faire frémir les moins endurcis.

Le Français s’engouffra dans la faille. Il avait déjà une idée précise de ce qu’il voulait tenter. Et il était sûr qu'Orphée n’y verrait aucune contre-indication à condition de prendre quelques précautions. Quant à l’avis de Wolfgang, on ne lui laissait pas le choix. Après tout, c’était là l’ordre de son supérieur, ce qui avait de quoi faire bien rire le caporal. Il n’y avait pas dix façons de s’y prendre et la plupart passeraient très mal à l’image pour de la fraternité internationale.

- Il te faudra un harnais long. Laisse le maximum de distance avec le mousqueton de cou. Tu as un déclenchement à distance ?

Passer d’un dragon à l’autre sans risquer la chute impliquait de garder une attache sur l’un ou l’autre en permanence. La marge de manœuvre en vol dépendrait de la longueur des sangles. Si Wolfgang avait une cordelette permettant de décrocher le mousqueton central sur la nuque d’Orion après avoir fait la jonction avec Orphée, il ne risquait rien. Sinon, il travaillerait sans filet.

- Sécurités jusqu’au dernier moment, à mon signal tu décroches tout sauf l’attache principale.

Il ne disposait pas sur Orphée du harnais secondaire permettant les récupérations ou les abordages facilités, puisque le courrier n’avait jamais eu de passager prévu en dehors de son pilote. Il allait falloir composer avec le matériel de l’Allemand. La manœuvre devrait se faire très vite, parce que le Porte-drapeau légèrement plus grand déventerait inévitablement le Falken, ce qui pouvait provoquer une perte de vitesse, voire des embardées sur une dizaine de mètres. Camille envisageait une approche par au-dessus, vent arrière. Hors de question de mettre Orion en position de force s’il devait embarquer son pilote, l’abordage apparent n’était pas dans ses projets.

- Orphée te récupère, tu rattaches les sécurités aux sous-ventrières et on vire sur l’aile. Orion peut décrocher avant si t’as pas de déclencheur, mais faudra que tu travailles sans assurance. Fais voir la longueur de ton filin, que je sache s'il faut serrer la ligne de vol ou si on a une marge d’erreur.

Le pilote jaugea son homologue Allemand de haut en bas, s’attardant un bref instant sur la jambe raide. Tant pis, c’était son problème. De toute façon, Orphée l’attraperait par les épaules ou par la taille, la blessure ne devrait pas trop gêner sauf s’il faisait le mariolle.

- Paré ?

S’il n’avait pas de questions, ils n’avaient plus qu’à faire les acrobates une fois de plus. Mais ce n’était pas pour déplaire à Camille, dont toute notion de peur ou de doute s’envolait à l’instant où il quittait la terre.
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Ven 6 Aoû - 14:28

La manœuvre plaisait à Wolfgang alors qu’il entendait le français parler de ce qu’il lui fallait. Un harnais long ça pouvait se faire, il lui suffirait de desserrer un peu certaines courroies pour que ça se fasse sans mal. Par contre le déclenchement à distance il n’en avait pas prévu parce qu’il n’avait pas prévu de faire ce type de manœuvre pour un film de propagande. Il allait réussir même si cela demanderait plus de difficultés et plus de risques. Mais il ne serait pas dit qu’il serait le couard dans l’affaire.

Il écouta les explications de Camille tout en essayant de visualiser ce qu’il envisageait. Comment ça ce serait Orphée qui passerait au dessus d’Orion ? Non mais et puis quoi encore ! Jamais le Falken n’accepterait de se faire survoler, c’était une situation qui n’était pas normale et donc il n’allait pas le vouloir. Après Wolfgang allait devoir faire des efforts et câliner le dragon durant longtemps pour le lui faire oublier. Pourquoi est-ce que cela ne pouvait pas se faire dans l’autre sens ? Wolfgang et Orion passaient au dessus et ensuite il se laissait descendre sous le ventre de son dragon avant de sauter à l’abordage d’Orphée !

Bon, il y avait là aussi une grande part de risque mais au moins il aurait le beau rôle. Mais nul doute que le Major refuserait qu’ils discutent plus avant et avec sa jambe blessée, il ne parviendrait pas à faire ça sans mal ! Bon sang !

« Ca me convient mais je n’ai pas de déclenchement à distance. Par contre ce ne serait pas mieux que TU me rattrapes au lieu d’Orphée ? »

Il se dirigea vers Orion pour montrer à Camille ce qu’il possédait en matière de sécurité et en utilisant deux systèmes de sécurité, un sur Orion et l’autre dans le vide en attendant que les deux dragons se mettent l’un au dessus de l’autre ça serait mieux.

Là Camille passait sous le ventre de son porte drapeau, il laissait tomber son mousqueton de sécurité et ils attachaient les deux ensembles. Puis ensuite il suffirait au français de tendre les bras pour rattraper Wolfgang et à l’allemand de décrocher le mousqueton du Falken. Puis le plus petit dragon descendrait rapidement alors que Wolfgang serait remonté pour se retrouvé accroché aux sous-ventrières.

Ce serait amusant non ? Il expliqua sa proposition à Camille tout en attendant de voir quel était son verdict concernant le matériel qu’il possédait. Il ne restait plus qu’à voir si cela convenait aux dragons… le Major lui aurait ce qu’ils pourraient lui montrer, ni plus ni moins et toc !

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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Lun 9 Aoû - 6:28

L’idée de se faire rattraper par le Porte-drapeau n’avait pas l’air de tellement plaire au pilote du Falken. Bon, Camille y était peut-être allé un peu fort, mais ce n’était pas une raison pour discuter ses instructions. Et puis… il jeta un regard en biais à l’Allemand. En fait, il n’avait jamais tenté de récupération d’un aviateur lui-même, et de très rares manœuvres de suspension sous son dragon. Pas question de faire ce genre d’acrobatie au risque de se casser la gueule en plein air et d’immortaliser ça sur pellicule par-dessus le marché.

Il examina d’un œil de connaisseur le matériel de Wolfgang. Les sangles étaient de bonne facture, la longueur un peu plus courte que ce qu’il espérait par contre. Le système était un peu différent du sien puisqu’il avait un harnais principal et un harnais secondaire alors que le Français disposait d’une sangle principale remarquablement longue et de deux mousquetons de sécurité au bout de lanières beaucoup plus courtes. Il considéra le problème un instant. Il ne pouvait pas compter sur un quelconque déclencheur mais le double harnais d’Orion allait lui servir.

- Bien. Tu vas utiliser mon harnais principal que je laisserai libre sous Orphée, et une de tes sangles le temps de décrocher l’autre. Déjà tu ne risqueras pas la chute dans le lac.

Un demi clin d’œil malicieux fit frémir la paupière du pilote. Il était bien placé pour savoir que même en été, le plongeon n’était pas exactement l’idée la plus saine. Maintenant, restait à régler la question de remonter le pilote allemand sur le Porte-drapeau… une fois en vol ils n’auraient que quelques secondes avant qu’il ne pendouille au bout des lanières de cuir, et là bonjour pour le remonter, et plus encore pour atterrir. Quoique… Il n’avait pas vraiment envie de réinventer une manœuvre qu’il n’avait jamais faite, mais plus encore il craignait que l’image donnée soit un peu trop fraternelle pour ses critères. Rattraper Wolfgang sous les bras et le laisser raccrocher son harnais sur les sangles d’Orphée était certainement faisable, acrobatie connue ou pas, mais il n’avait pas envie que le Major aime l’idée. Il croisa le bleu inexpressif des yeux du Flieger et baissa la voix jusqu’au murmure grave, de façon à ne pas être entendu des autres personnes présentes.

- On saborde le film ou pas… ? Parce que si oui, j’préfère autant pas te ramasser proprement.

Il redressa la tête, fit un tour d’horizon comme pour repérer le terrain. Le lac était un espace parfaitement dégagé et largement assez grand pour toutes les acrobaties imaginables. Il pouvait accorder à Wolfgang de ne pas se faire attraper par son dragon tel le poisson moyen dans les serres de l’aigle pêcheur. Pour ça le plus simple était encore de le laisser se suspendre à son harnais long, puis de le remonter à la force des poignets jusqu’à ce qu’il puisse accrocher son propre mousqueton aux sous-ventrières du Porte-drapeau.

- D’accord, Orphée ne t’attrapera pas. Par contre, j’espère que tu aimes les tyroliennes…

Et il expliqua son plan au pilote allemand. Pas très différent de sa proposition, au détail près que Camille ne le soulèverait pas directement mais le hisserait par l’intermédiaire des solides sangles de cuir. Son dispositif ne lui permettait pas de se déplacer de beaucoup à partir du moment où il laissait descendre son harnais principal, ce qui expliquait en partie qu’il ne bougerait pas de son poste pendant la manœuvre.

Restait à savoir si les dragons étaient prêts à tenter l’expérience. Orphée souffla légèrement dans les cheveux de son pilote, signe de bonne humeur généralement accepté pour un acquiescement. Facile pour lui, il avait le beau rôle et ne risquait même pas de se faire déventer. Par contre, les instincts de conservation du Falken risquaient de poser quelques problèmes. Camille ne s’inquiétait pas de l’équilibre du dragon gris, trop agile pour réellement décrocher sur un simple trou d’air. En revanche, Wolfgang allait devoir se montrer plutôt rapide avec ses mousquetons. Une erreur et il risquait la rupture de sangle en plein vol si Orion s’affolait ou brisait la trajectoire. Mais la question n’était pas du ressort du Français…

- Quand vous voulez.

Visiblement, le plan plaisait bien au Porte-drapeau, impatient de s’élancer dans le ciel. Son pilote acquiesca, quêtant l’accord de l’autre équipage d’un haussement de sourcil interrogateur accompagné d’un sourire en coin.
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Sam 14 Aoû - 12:52

Le français était doué, cela Wolfgang voulait bien le comprendre et il était obligé même de le reconnaitre. Cependant quelques heures plus tôt il aurait tout fait pour le nier mais là, avec le respect mutuel naissant il ne pouvait pas le refuser alors que l'autre parlait et expliquait son idée. Oui, cela pouvait lui éviter de plonger dans le lac et il aurait même l'intense privilège de tenter une accrobatie qu'on lui avait toujours refusée. Cependant il devait bien avouer que ce n'était pas réaliste puisqu'il n'abandonnerait jamais Orion. Il regarda le Major quelques instants pour tenter de voir quelque chose dans ses yeux mais l'homme continuait à avoir l'air niais habituel. Très bien ... maintenant Wolfgang allait pouvoir se déchaîner.

Il s'approcha de Camille et le fixa quelques secondes après sa question et hocha doucement la tête, avec un sourire sadique aux lèvres. Oui, le film serait un échec et il savait exactement comment le faire échouer sans que l'homme ne puisse imaginer pouvoir faire une nouvelle prise. Il allait lui montrer qu'on ne s'amusait pas tant que cela avec un Flieger motivé.

" Ca me convient comme plan. Mais j'aimerais proposer un changement ou deux si ça ne te gène pas. "

Il s'approcha de Camille pour expliquer les changements qu'il proposait. Ce serait plus dangereux mais certainement tout aussi faisable et surtout empêcherait toute manoeuvre future mais le Major n'avait pas besoin de le savoir. Il expliqua comment il allait volontairement s'arranger que les deux sangles de sécurité de son harnais lâchent à la fin de l'exercice. La première céderait alors qu'il serait accroché par la seconde. Et quand il arriverait au niveau d'Orphée et qu'il pourrait s'accrocher à ce dernier, la seconde serait inutile et elle pourrait comme par hasard tomber dans le lac.

Nul doute que le Major serait furieux mais qu'ils ne pourraient plus faire la véritable scène et cela serait parfait pour Wolfgang. Pour tenir sur Orphée ou sur Orion sans sangle de sécurité il y aurait un peu de danger mais il pourrait se débrouiller du moins il l'affirmait à Camille une lueur de défi dans les yeux, si le français refusait tant pis : lui ferait comme il l'avait prévu.

" On y va ! "

Il se tourna vers Orion tout en espérant que le Falken accepterait son plan. Oui, il se mettrait en danger mais pas plus que d'autres fois.

" N'oublie pas ta jambe. Et j'espère que tu sais ce que tu fais. "

Il passa une main sur le dragon avant de monter avec la force de l'habitude et de lui prodiguer les derniers conseils alors que le Faljen décollait rapidement pour avoir assez vite un rythme calme et posé. Il était en confiance mais n'était pas encore assez certain d'Orphée pour accepter tout sans rien dire, au moins geste suspect il était probable qu'il décroche sauf si Wolfgang était en danger. C'était parti !
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Mer 18 Aoû - 20:34

Le gamin avait le goût du risque. Parfait, Camille n’avait pas besoin de s’embarrasser d’une mauviette de toute façon. Un éclair de malice dans le regard fut sa seule réponse à la proposition du Flieger. S’il était partant pour se mettre en position délicate, même vis-à-vis de sa propre hiérarchie, tant mieux…

Le Français vérifia ses sécurités alors que le Falken décollait et donna l’ordre du départ à Orphée, qui s’arracha et prit rapidement nettement plus d’altitude que le courrier gris. Le pilote attendit d’être en vol stabilisé pour décrocher son harnais principal et le laisser descendre sous le ventre de son dragon, pour vérifier l’angle que prenait la sangle avec la vitesse. Il s’agissait de bien viser. Une manœuvre de précision… il aimait ça. Le mousqueton pendait environ deux mètres sous le Porte-drapeau, ce qui ne lui donnait pas tant de marge que ça au final. Et il prenait un angle prononcé en virage…

- Ok, on cercle très large pour revenir sur eux bien droit. Tu descends progressivement une fois aligné.

- Compris.

Orphée entama un arc de cercle faisant la moitié du tour du lac, et synchronisa sa trajectoire sur celle d’Orion, à une dizaine de mètres derrière lui, deux hauteurs de dragon plus haut. L’approche se faisait en douceur pour ne pas effrayer le Falken, plus nerveux. Le mousqueton suivait dessous, presque au niveau des pattes arrières rouge vif.

- Paré à la manœuvre ? Jonction par bâbord !

Il avait crié à l’adresse du Flieger, dans le souffle d’air soulevé par la vitesse réduite des dragons. Orphée descendit encore un peu, et arriva à la hauteur de l’équipage allemand. Le mousqueton arrivait vite malgré tous leurs efforts pour réduire l’écart de vitesse, et irait rejoindre le pilote sur sa gauche… avec une précision d’un mètre. Restait à espérer qu’il l’attraperait sans mal. Camille tenait fermement l’autre bout de la sangle, prêt à hisser le jeune dès qu’il aurait fait son transfert de harnais.

Le Porte-drapeau continuait sa route, aligné sur le Falken, surveillant leur direction générale en laissant son pilote gérer les mouvements de Wolfgang. Ils avaient encore cinquante mètres avant de devoir virer, s’ils voulaient rester au-dessus de l’eau. Il prenait garde à garder une ligne de vol très stable, prévenant les écarts éventuels d’Orion et la résistance de la sangle sabotée qu’il prévoyait d’après les instructions de Camille.

La berge du lac se rapprochait vite. Orphée amorça le virage en souplesse, avec un rayon très large, mais le changement de direction se ressentit fortement sur le double équipage encore accroché ensemble. Ce fut le moment que le harnais secondaire de l’Allemand choisit pour lâcher avec un claquement sec, libérant le Falken qui put instantanément poursuivre une trajectoire indépendante.

Quant au jeune pilote, la force centrifuge le projeta en suspension sous l’aile tricolore, avant que Camille ne profite du retour à un vol droit pour le remonter dans le mouvement. Il était à présent au niveau des pattes avant du Porte-drapeau, et pouvait théoriquement atteindre la sous-ventrière de cuir au-dessus de sa tête avant de s’agripper au harnais et de se hisser derrière le pilote. Enfin, ça, c’était pour un homme en bonne condition physique… pas un Flieger sorti du service actif pour blessure. Mais Camille commençait à croire que Wolfgang avait assez de cran pour y arriver quand même. Il surveillait tout de même le petit Allemand de très près, parce que sans sécurité, ce n’était pas le moment de décrocher. D’une main il libéra un de ses mousquetons secondaires et se prépara à crocheter le harnais de l’autre dès qu’il serait à sa portée.
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MessageSujet: Re: Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)   Sam 21 Aoû - 15:31

Le membre 'Wolfgang Abendroth' a effectué l'action suivante : Jet de dés

'D6' :


EDIT Wolf -> \o/ Dé 6 réussite, dé 5 réussite critique !
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Quitter cette terre de souffrances (20-05-1941)

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