Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41


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Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41

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Allemande

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MessageSujet: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Mar 15 Juin - 11:12

Si les nonnes de Sainte Marie avaient vent de ce qu’il se passait en leurs murs durant la nuit, elles tomberaient toute en pamoison et en prière. Outres les grandes qui allaient fumer en cachette, il y avait celles qui allaient se cacher sous les comble pour faire du spiritisme, celles qui allaient se glisser sous les draps de leur bonne amie du moment, celles qui allaient piller la cuisine et ce soir là en prime, il y avait Hermeline qui faisait le mur.
La relative culpabilité (venue ou a venir) de toute une chacune dans les dortoirs avait créée une sorte de communauté d’intérêt clandestine, qui consistait à fermer les yeux et à faire mine de n’avoir rien vu lorsque l’on croisait une camarade errant dans les couloirs à une heure où elle aurait normalement du se trouver dans son lit. Les règles de cet accord tacite n’avaient jamais été énoncées à voix haute ni même écrites, mais toute les pensionnaires depuis des générations s’y conformaient, sous peine d’une punition aussi brutale qu’intense dans les toilettes ou au fond de la cour. Forte de cette relative invisibilité, Hermeline avait prudemment endossé ses jupes culottes et une vareuse sombre, puis avait pris le chemin des chats de gouttière.

Depuis la visite impromptue de deux garçons dans l’enceinte du pensionnat, toutes expédition non autorisée en extérieur devant se faire par les toits, sœur Gilberte ayant adopté un monstre tendrement nommé Maginot et qui n’avait qu’une très lointaine parenté avec un chien… Certaines le croyaient plus surement échappé des portes de l’enfer.

Mais pourquoi me direz-vous, la petite blondinette jouait-elle ainsi les filles de l’air ?

Revenus de leur expédition à Sarnand, Peter et elle avaient vainement attendu Timothée au point de rendez-vous. Ils avaient finalement du se rendre à l’évidence, leur camarade leur avait posé un lapin. Se séparant et rentrant chacun de leur coté, la jeune fille avait erré un moment et fait le tour de quelques connaissances, apprenant rapidement que Tim avait été aperçu couvert d’ecchymoses plus tôt dans l’après midi.
Le cœur serré par l’angoisse, elle avait d’abord craint que Wilson ne les ait vendus et que son petit compagnon n’ait été victime des évènements… Sauf qu’à bien y réfléchir, ça n’avait absolument aucun sens. Entre l’heure à laquelle le capitaine leur été tombé dessus et celle où on avait vu Timothée revenir à Montreuil, il ne s’était pas écoulé assez de temps pour que le pilote de Nobilitas ait eu le temps de monter un coup pareil. Quand bien même eut-il été aussi rapide, le gosse serait alors au trou et non tranquillement rentré chez madame Manon. Et Fischer et elle lui tiendraient alors compagnie dans une cellule sombre.

Elle avait envoyé un message à Peter par le biais de Geneviève, lui recommandant chaudement de faire le canard et surtout de ne chercher à voir personne, histoire que sa frimousse ne réveille aucun souvenir dans la mémoire d'un rouquin qui chercherait les copains de la fille Von Lichtenstein. Elle de son coté, avait attendu toute la journée du lendemain que leur ami donne signe de vie ou au moins qu'il leur fournisse une explication, mais rien ne vint.
Que Tim ait perdu deux œufs, c’était un grand malheur. Qu’il en perde un troisième, c’était de la négligence coupable et elle comptait bien lui tirer les vers du nez.

Se faufilant dans la ville endormie, Hermeline était enfin parvenue jusqu’à l’estaminet en question. Heureusement pour elle dans cette partie de la ville, tous les immeubles ou presque voyaient leurs niveaux soulignés d’une corniche à la mode Haussmann, sinon il lui aurait fallut forcer la porte et elle s'en sentait bien incapable. Avisant une gouttière fort bien placée, la petite monte-en-l’air usa de toute son expérience de dénicheuse d’oiseau pour grimper jusqu’à l’étage de son hôte. Être petite avait parfois des avantages, soupira-t-elle en se collant le long du mur et en glissant jusqu’à la fenêtre qui l’interessait, le bout de ses pieds dépassant de manière inquiétante de la précieuse avancée de pierre.

*Pourvu que personne ne lève le nez ou s’avise de jeter un coup d’œil par ici….* Pria-t-elle de toute ses forces avant de s’agripper comme une perdue au cadre qui donnait sur la chambre du garçon.
Dégainant son précieux couteau de l’armée suisse, elle entreprit doucement de faire glisser la lame sous le crochet qui gardait la fenêtre close.


[HRP: le petit Timothé Vivier est attendu, merci ^^]
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Mar 15 Juin - 15:40

Ca s'était plutôt bien passé étant données les circonstances. Timothée n'avait pas reçu trop de cris dans les oreilles, il avait eu droit à un regard de reproche en le voyant revenir ainsi blessé mais rien de plus. Sachant que ce qu'il avait sortit à Madame Manon avait eu l'air de la convaincre que, pour une fois, il n'y était pour rien. Parce que quand même, oui, il n'avait pas à aller chercher des fraises des bois en forêt, mais en même temps, il n'était pas si fautif que ça d'avoir rencontrer trois personnes, des adultes qui parlaient fort, et que ces derniers aient décidé qu'il en avait trop entendu.

Oui, ils voulaient savoir ce qu'il avait entendu et c'était pour cela qu'ils avaient cogné ! Mais lui n'avait rien entendu mis à part le nom d'une fleur et ça n'était pas gênant quand même d'entendre le nom d'une fleur. Que ce soit une fleur de montagne qui poussait dans les environs ne changeait rien, pourquoi diable ils avaient cogné parce que Tim avait entendu le mot Edelweiss ? Ca avait eu l'air de concerner sa patronne qui avait certainement fait passé le mot à Heinz Siedler.

En tout cas personne ne serait assez fou pour, volontairement : s'ouvrir l'arcade sourcillère gauche et avoir un magnifique oeil au beurre noir qui virait au violet en mangeant près de la moitié du visage, se fouler le poignet droit le forçant à enfler fortement et empêchant tout mouvement de torsion, se faire une entorse de la cheville droite en causant un gonflement empêchant la chaussure d'être portée, se luxer à moitié l'épaule, avoir des contusions sur tout le corps, manquer de peu d'avoir deux côtés cassées et avoir de la chance qu'elles ne soient que fêlées. Non, personne ne pouvait vouloir ça, surtout que ça faisait quand même v'chment mal c'te p'tain d'con'rie selon les propres termes de Tim.

Personne sauf Hermeline a priori puisque c'était elle qui tentait d'ouvrir la fenêtre de la chambre du blessé. Le blessé dormait assez mal, il faut dire que la douleur était présente donc que ça n'aidait pas et il entendit les bruits derrière sa fenêtre. Il repoussa les couvertures et passa la main sous son oreiller pour prendre le couteau qu'il gardait toujours en prévision. Il se leva lentement en prenant sa canne de fortune pour pouvoir aller jusqu'à la fenêtre qu'un couteau tentait d'ouvrir. Il avait vu la silhouette et savait de qui il s'agissait, aussi il ouvrit la fenêtre pour qu'elle entre tout en ne se souciant absolument pas de sa tenue de nuit plus que sommaire. Tant pis pour elle, ses sous-vêtements étaient propres c'était déjà ça !

« T'fais pas d'bruit où on va s'faire chopper ! Qu'est-c'tu m'veux ? »

Oui, il n'était pas de bon poil de se faire réveiller au beau milieu de la nuit par quelqu'un qui voulait certainement lui prendre la tête avec des explications. Surtout qu'elle était où elle hein pendant qu'il se faisait cogner dessus ? Bien pénarde avec Peter ! Il alluma une bougie et fit signe à la jeune fille de fermer les rideaux, avant de retourner en grimaçant vers son lit où il s'allongea tant bien que mal.

« T'viens voir comme je m'suis fait cogné d'ssus par d'zabrutis d's'lopries d'fumiers ? »

La partie venait de commencer et la meilleure défense c'était toujours l'attaque.
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Mar 15 Juin - 21:11

Lorsque la vitre s'ouvrit sans prévenir, Hermeline sursauta fort bêtement et manqua de basculer. Seul son instinct de conservation et les ongles qu'elle planta dans l'encadrement de la fenêtre lui permirent de ne pas finir en petit tas de pulpe douloureuse quatre mètres plus bas. Les genoux un peu mous, la jeune fille se laissa couler dans la chambre avec un évident soulagement.

"Pour pas ce faire choper tu peux même commencer pas baisser d'un ton ! Franchement j'ai encore moins envie que toi de me faire attraper dans ta chambre, je finirais le cul tanné par le martinet et enfermée à vie dans un couvent au fin fond de la Bavière." Chuchota-t-elle en tirant les rideaux avant de se retourner vers le lumignon que tenait son compagnon.

Et de tiquer en esquissant une grimace compatissante quand elle vit son état.

Mais elle se reprit bien vite. Elle n'était pas venu pour le plaindre ou jouer les mamans, elle venait pour lui demander des explications. De plus, connaissant le caractère de Tim, il y avait fort à parier qu'il n'était pas pour rien dans la correction sévère qui semblait avoir reçu. Et de la part de quelqu'un qui avait réussi à perdre trois oeufs de dragons français, son commentaire bravache était plus que malvenu.

"Oh le pauvre petit chou ?" Demanda benoitement la petite pensionnaire en croisant les bras sur sa poitrine, en une imitation fort réussite au demeurant de la surgé du dortoir des grandes. "Tu n'as bien sur rien fait pour mériter ça ? Je sais pas moi , tenté de vendre un troisième oeuf peut-être et t'être fait doubler comme un couillon ? Ou mieux encore, pendant que Peter et moi on se faisait surprendre par un pilote et qu'on grenouillait comme des perdus pour sauver au moins tes fesses, toi tu affrontais seul un escadron de super nazis qui tentait de nous prendre à revers. C'est ça ?" Grinça-t-elle à mi-voix, très agacée de se faire rabrouer par celui qui avait déjà par deux fois failli à la tâche pourtant simple qui lui était confiée. Après tout, ceux qui avaient pris le plus de risque dans l'affaire à chaque fois, c'était bien les deux infiltrés qui avaient bossés comme des forçats pour sortir les œufs de leurs couveuses, pas celui qui restait tranquillement de l'autre coté à regarder voler les papillons en se faisant livrer les paniers...

A chaque parole qu'elle murmurait, Hermeline s'était rapprochée de Tim pour finalement finir avec un doigt accusateur qui finit plusieurs fois planté dans le torse du coupable. Même si elle prit soin de ne pas appuyer trop fort et de viser un espace qui ne comportait ni plaie ni bleus, elle n'était pas un monstre tout de même.
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Mar 15 Juin - 22:54

Il y aurait pu avoir de la culpabilité dans le regard de Timothée quand il remarqua qu'Hermeline avait faillit tomber mais tout trace disparu quand il entendit le ton et le mélange d'allemand et de français. Aïe, ça allait mal se passer et il allait certainement devoir tout expliquer pour qu'elle comprenne. Ce n'était pas bien difficile mais bon, ça n'allait pas lui plaire du tout. Evidemment ce serait un mensonge éhonté mais qui comptait ?

Il la laissa avancer vers lui en parlant et en lui racontant ce qu'elle pensait de son expédition et il grimaça en entendant le début, ça commençait très mal. Il se força à rester calme et à ne pas rire de ses idées ridicules, rire qui s'étrangla dans sa gorge quand il entendit ce qu'elle venait de dire. Comment ça un pilote les avait surpris ? Mais elle ne pouvait pas le dire plus tôt, elle était cruche de se pointer là en pleine nuit ! Ca puait l'embrouille à plein nez !

Il attendit la fin du laïus et les coups doux sur son torse pour lever les mains en signe d'apaisement, gagnant une grimace de douleur quand son poignet se rappela à son bon souvenir.

" T'veux l'vérité j'parie. C'pas bien d'fficile à piger qu'oui j'suis qu'un couillon et que je m'suis fait filer quand j'suis allé r'cupéré l'oeuf ! M'ont cogné d'ssus pour que j'le lâche et voila l'travail. J'tais pas d'taille cont' ces gars là. Mais j'crois que j'sais où qu'sont planqué l'matos, enfin j'pense. Et j'entendu parler d'Edelweiss, j'crois qu'c'est d'gens qu'vont p'voir bien planquer donc faut pas t'nerver comme ça, t'trouves pas qu'j'ai assez morflé ! "

Il n'avait pas haussé la voix pour ne pas se faire surprendre et il poursuivit un peu plus calmement.

" Et c'quoi c't'histoire de p'tain d'pilote ! M'dis pas qu'il v'za vu et qu'tu t'pointes ici comme un fleur en pleine nuit ! T'conne où quoi ? Va falloir qu'on trouve un truc à dire s'quelqu'un s'pointe ! "

Et là, contre toute attente, Tim avait un sourire grivois aux lèvres. Elle n'allait pas frapper un blessé quand même ...
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Mer 16 Juin - 13:05

S'asseyant en bout de lit, les jambes en tailleurs, Hermeline fit un geste comme pour inviter Tim à déballer son sac. "Oui, la vérité ce serait pas mal pour commencer !" Dit-elle avant de tendre l'oreille aux excuses du garçon et de les décortiquer.
L'évocation de l'Edelweiss lui fit ouvrir un œil circonspect et briller la pupille. Si les franc-tireurs de ce groupe avaient les œufs, alors ça voulait dire que Berlin n'était pas près d'en voir la couleur... Lumière qui s'éteignit brusquement alors qu'elle poignardait Timothée du regard après sa dernière phrase. Si elle ne le gifla pas, c'est parce-qu'au dernier moment elle retint sa main, qui déjà s'élançait toute seule vers le grand dadais qui lui faisait face. Un vieux reste d'éducation et un brin de prudence lui firent avorter son geste, mais l'intention y était. Si elle cognait sur les blessures encore fraiches de cet imbécile heureux, il risquait de se mettre à gueuler comme un cochon et ça n'arrangerait pas leurs affaires.

"Bien sûr qu'il m'a vu. Il m'a même reconnue et on a échangé nos numéros de téléphones. On a pris le thé ensemble tout hier et là, il attend en bas que je te balance par la fenêtre pour te mettre en cabane..." Grinça-t-elle dans un chuchotis qui charriait des glaçons. "La conne a juste conseillé à Peter de ne plus l'approchée puisque lui n'a heureusement pas été reconnu, et elle a simplement failli se rompre le cou pour venir te voir sans que personne ne le sache. Faï dè ben a Bertrand, té lou rendi en cagant. Figure toi qu'avec tes histoires de vente d'œufs, j'avais pas plus de raison de te faire confiance que toi en ce moment, crétin des alpages ! Fallait bien que je sache si tu nous avais vendu aussi ou si tu avais une bonne raison de pas être venu au rendez-vous !"

Ne pas élever la voix alors qu'elle se sentait trembler d'indignation était un exercice périlleux, mais le métier de pensionnaire en institution privée obligeait à savoir se contenir. Du moins tant que c'était nécessaire. Il y avait gros à parier que sitôt sortie de la rue Carnot, la petite jeune fille aille faire un crochet sur les bords de la Fresne pour hurler sa frustration et sa colère tout son saoul. Pour l'instant, la blondinette se contentait de gardez un ton bas mais qui réussissait pourtant l'exploit de rester expressif. Le signal émit en ce moment était clairement identifiable comme je-suis-très-très-agacée-alors-prend-garde-à-tes-fesses.

"Et puis t'en fais pas Casanova. Si on me surprend ici, tu n'auras qu'a dire que je te fais des yeux de vache amoureuse depuis la fête des fous et que là, j'étais venu profiter de ta faiblesse passagère pour te faire subir les derniers outrage." Gronda-t-elle en haussant les épaules, et c'est à peine si elle rougit sous les insinuations douteuses et le regard égrillard. Mais elle rougit. "C'est pas comme si dans la famille, on avait pas la réputation de sauter à pieds joints dans le lit des garçons." Souligna-t-elle, oscillant entre la moquerie et le mépris tout en tapotant du plat de la main le matelas sur lequel elle était assise.

Attrapant une de ses boucles blondes pour se redonner une contenance, elle se l'entortilla autour de l'index avant de se mettre à la mâchouiller férocement, les sourcils froncés et la cervelle tournant à plein régime.

"Il y a quand même quelque chose de bizarre dans ton histoire..." Souffla-t-elle.
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Mer 16 Juin - 16:30

La main décrivit une trajectoire automatique semblant bien décidée à atteindre la joue blessée de Tim mais elle cessa aussi vite qu'elle avait commencée. Il soupira intérieurement parce que ça n'aurait pas fait de bien si jamais elle était parvenue à destination. Il attendit ses explications à elle et se renfonça du mieux qu'il pouvait dans son lit au fur et à mesure de la tirade. Pas qu'il ait peur d'elle, du moins pas réellement, mais il savait que cette fille était un danger public si elle décidait de trop s'énerver après lui.

A priori elle le croyait même si elle n'était pas tendre et il était heureux de ne pas pouvoir descendre de sa chambre seul car sinon il était certain qu'il se serait fait tirer par l'oreille pour qu'elle puisse crier tout son saoul dans un coin tranquille. D'un autre côté, aller dans un coin tranquille et sombre avec elle ne serait peut-être pas trop désagréable une fois l'averse passée ?

Cela semblait remis à plus tard parce qu'elle reprit en parlant de l'alibi qu'il avait évoqué et en prenant une couleur rouge qui lui allait très bien, on aurait dit une petite fille modèle (ce qu'elle n'était pas bien entendu).

" Ouais ben s'tu veux qu'ça soit f'sable faut qu'tu r'tires d'fringues non ? "

Il repoussa le drap pour montrer que lui n'avait pas la possibilité d'en retirer beaucoup parce qu'il en avait encore moins. Mais il se couvrit assez vite ensuite en grimaçant quand sa main blessée se tordit un peu et il reprit très vite la parole.

" J'blague t'inquiètes ! J'suis un gentilhomme moi ! J'suis pas trop un pervers !"

Non, il ne cherchait pas du tout à changer de sujet de conversation et la grimace qu'il fit en entendant la dernière phrase n'avait pas le moindre rapport avec son contenu, il devait avoir fait un faux mouvement qui lui avait du coup occasionné une légère douleur.

" Quoi encore ? Qu'est-ce t'a pas pigé ?"

Il n'ajouta pas : comme d'habitude ou alors pfff les filles toutes des cruches parce qu'il savait que sinon ça n'allait pas le faire. Mais il s'assit un peu mieux dans son lit parce qu'il sentait que la discussion allait se poursuivre.
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Mer 16 Juin - 19:24

Hermeline se sentit rougir de plus belle lorsque Tim écarta le drap et elle se coup-de-pied-au-culta mentalement pour cela, complètement mortifiée de réagir comme une dinde. Ce n'était pas comme si elle n'avait jamais vu son frère en tenue légère enfin ! Mais c'était juste que là, ce n'était pas son frère et qu'ils étaient plus ou moins dans le même lit.
Prenant une grande inspiration, la petite jeune fille repris fermement le contrôle d'elle-même et toisa le garçon de toute sa hauteur _ ce qui aurait certainement eu plus d'impact si elle ne mesurait pas moins d'un mètre cinquante _ avant de faire une moue dédaigneuse et d'agiter une main languide qui signifiait très clairement qu'elle se fichait de toute ces insinuations douteuses comme de sa première paire de bas..

"T'en fais pas pour la mise en scène chéri, je me déshabille plus vite que tu ne parles. Si quelqu'un monte l'escalier je serais en combinaison avant que tu ais le temps de dire mein gott." Dit-elle d'un petit air bravache, mais en reculant légèrement tout de même.

"C'est pas qu'il y ait quelque chose que je n'ai pas compris, c'est juste que quelque chose me turlupine..." Continua-t-elle, bien décidée à ne pas perdre le fils de sa pensée. Sa mèche de cheveux toujours coincée au coin du bec, la blondinette cherchait désespérément à mettre le doigt sur ce qui sonnait faux dans son esprit depuis tout à l'heure.

"Ça na pas de sens... Si l'Edelweiss voulait vraiment les œufs, ils t'auraient suivis à la cachette dès la première fois où tu leur en as parlé et il les auraient volé, quitte à t'assommer sur place ; Ils n'ont pas d'argent à perdre avec un gamin dépenaillé dont on ne sait pas s'il dit la vérité ou pas. Et s'ils ont vraiment acheté les premiers, t'attaquer la deuxième fois était idiot : Ils auraient pu te payer pareil ou juste te suivre à la cachette et se servir une fois qu'ils auraient identifiés et mis hors d'état de nuire tous ceux qui avaient trempés dans le vol et qui risquaient d'affoler la fourmilière..."
Démêla-t-elle difficilement, tout en répriment un frisson rétrospectif à cette idée. Le groupe des Edelweiss n'était pas réputé pour être des enfants de chœur et supprimer une menace, même composée d'ados, ne devait pas les défriser plus que ça. " Ils n'avaient aucune raison de te dire qui ils étaient puisqu'ils t'avaient de toute façon mis minable... Et te cogner c'était courir le risque que tu cherches à te venger puisque tu connaissais leurs visages et avais fait affaire avec eux... Ça tient pas la route cette histoire..."

Non, ça ne tenait pas la route et c'était même relativement angoissant. Les sourcils froncés, Hermeline jeta un regard tout à la fois inquisiteur et inquiet à Timothée, comme si la solution à toute ses questions pouvait apparaitre en lettre de feu sur le front de son compagnon.
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Jeu 17 Juin - 21:30

Est-ce que sa ruse pour changer de sujet avait fonctionné ? Et bien il semblait du moins pendant un temps, parce qu'il vit les rougeurs sur les joues de la jeune fille et il entendit la remarque plus ou moins bravache tout en souriant encore. Il avait de la chance qu'elle ne soit pas si impulsive que ça et qu'elle ne le frappe pas.

Elle reprit par contre très vite la conversation sur le sujet qui la préoccupait et elle s'expliqua sur ce qui ne tenait pas selon elle. Pourquoi traitait-il avec une petite futée ? Pourquoi n'était-ce pas une gentille cruche qui voulait se faire bien voir ? Certainement parce qu'une cruche n'aurait rien trouvé de mieux que de tout laisser en plan et que la situation ne se serait jamais produite.

Et le pire c'est que ses explications tenaient la route, autant il pouvait parler des résistants dans l'explication à Madame Manon, autant avec Peter et Hermeline ça ne collait pas réellement. Il réfléchit rapidement à la manière de s'en sortir.

" T'crois qu'j'ai pas r'fléchi à t'ça ? J'voulais pas leur r'filer, j'ai plus b'soin d'sous et puis j'sais qu't'aurais pas aimé si j'avais r'fait l'même con'rie ! J'sais qu'z'en ont parlé parce qu'j'ai entendu, y m'ont pas dit qu'z'étaient d'Edelweiss ! Pourquoi qu'm'ont pas fait aut'chose j'sais pas. P'têt pour nous fout' les j'tons et qu'on cherch' pas à les r'trouver ! Y s'sont p'tet dit qu'si m'cognaient d'ssus assez fort on aurait l'foies et qu'on cherch'rait pas plus loin. Ecoute j'sais pas moi ! Qu'est-ce tu veux que j'te dise ? Que j'suis un r'sistant d'vingt balai et que j'vais s'blant d'être avec vous pour p'voir r'cupérer les oeufs ? Oh et p'dant qu't'y es, je m'suis fait ça t'seul en t'bant d'un arbre pour pas qu'vous cherchiez à en s'voir plus ? "

Il n'avait pas rougi un instant pendant toute son explication et à la fin il maintint autant que possible son regard dans celui de la jeune fille. Il reprit la parole un instant.

" Et tu crois que je peux parler bien et que je joue un rôle depuis que nous nous connaissons."

Il avait prononcé les mots lentement, comme pour être certain de ne pas les laisser s'élider sans qu'il ne le veuille. Restait à voir si elle le croyait ou doutait encore ...
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Jeu 17 Juin - 23:59

Hermeline _ en bonne petite écolière attentive qu'elle était _ avait proprement repoussé ses cheveux hors de sa bouche, croisé sagement les bras et plongé son regard dans celui du coupable pour ne rien perdre de ses explications fumeuses. Si la première partie du raisonnement lui parue aussi bancale qu'une chaise à trois pieds, la suite lui arracha une expression sincèrement interloquée, qui resta figée sur son visage pendant une bonne paire de seconde. Puis, lentement, le bord de ses lèvres se retroussa en un petit sourire que la jeune fille dut rapidement contenir à deux mains pour éviter qu'il ne se transforme en véritable éclat de rire. Non pas que cette idée soient complètement loufoque, elle avait lu des romans dont l'intrigue était bien plus capillotractée, mais penser que le petit Tim un peu foufou soit en fait un redoutable pervers presque adulte avait de quoi lui ébranler les nerfs. Surtout à cette heure de la nuit et alors qu'elle était seule avec lui dans sa chambre.

Reprenant patiemment son souffle, la blondinette attendit que la crise nerveuse passe avant de se ressaisir et d'avancer vers Timothée, lui tâtant de nouveau la clavicule du bout de l'index avec un air circonspect.

"Tout d'abord félicitation, J'aurais jamais cru que tu pouvais accoucher d'une phrase pourvue de toute ses syllabes, promis tu auras un bon point. Ensuite, si tu avais vingt ans je te donnerais deux conseils : Travailler ta voix pour avoir un timbre juste un peu plus viril, et manger un peu plus parce-que là t'es quand même pas plus épais qu'un flet dégavé. " Dit-elle avec une petite moue moqueuse, mais avec aussi comme une vague lueur de doute et d'effrois au fond des yeux.
"Mais toute tes fariboles de super résistant ne rendent pas ton affaire plus claire. Parce-que de un : Comment ont-ils su que tu allais faire un nouveau raid si tu ne voulais plus avoir affaire avec eux ? _ T'es pas assez bête pour aller les prévenir de ça, et si tu tentes de me convaincre du contraire c'est que vraiment tu me prends pour la reine des poires _ Et de deux : Pourquoi te sont-ils tombés sur le poil si près de Sarnand et non à la cachette où ils auraient eu l'espoir de trouver un butin plus important ? Parce que je te rappelle qu'on a été les premiers surpris de pas pouvoir en sortir plus cette fois, alors comment auraient-ils su que tu ne recevrais bien qu'un œuf et qu'ils pouvaient te molester tranquillement sans crainte de se voir passer le reste de notre pillage sous le nez ?" Continua-t-elle en scrutant le visage de son complice et en tendant la main vers sa joue tuméfiée. "T'es drôlement arrangé ça c'est sûr, mais c'est quand même bizarre, parce-que quand moi je me suis reçue mon pain dans la figure ça ne ressemblait pas du tout à ça... On dirait que tu t'es pris une bonne pierre plutôt qu'un coup de poing. S'ils avaient voulu te tuer ils n'avaient pas besoin de te lapider, un bon coup de couteau et c'était réglé. Et s'ils voulaient seulement te faire peur, pourquoi prendre le risque de te fendre le crâne et de faire des saletés qui attireraient l'attention sur leurs petites affaires ?"

Faisant courir ses doigts sur le bleu, Hermeline poussa un soupir de franche exaspération. "Tu me mens. Je sais pas encore sur quoi, mais il y a quelque chose dans tout ça qui sonne faux et ça m'agace de pas trouver..."
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Ven 18 Juin - 12:35

Au moins, il avait réussi à la faire rire. Timothée faillit lui ressortir un proverbe qu'il avait entendu mais se dit que ce serait mal prit. Pourtant le proverbe se vérifiait, il y avait à moitié dans son lit une fille qui riait. Mais bon, pas pour ce qu'il aurait pu vouloir qu'elle soit là, quoi que, quand elle posa la main sur sa clavicule, il déglutit. Est-ce que c'était pour le frapper ou pour autre chose.

Elle commenta son mensonge comme quoi il avait vingt ans alors qu'il n'avait pas encore mué et qu'il n'avait pas beaucoup de muscles et il lui sourit timidement, on ne savait jamais si elle décidait de le frapper finalement. Mais ce ne semblait plus à l'ordre du jour alors qu'elle posait la main sur sa joue. Ah ? Heu ? Il se passait quoi là ? C'était lui qui était censé faire rougir les filles, pas le contraire. Et pourtant il sentait un coup de chaud là. Heu il ne devait pas se laisser entrainer par une douce caresse d'une petite main chaude sur sa joue.

Elle parlait et elle disait des choses certainement importantes mais il ne les entendait pas réellement, il était plutôt tendu en se demandant ce qu'elle avait en tête à faire trainer sa main comme ça ! C'était pas juste ça, lui s'il le faisait il allait se faire cogner mais lui n'imaginait même pas lever la main sur elle. Premièrement parce que c'était fichtrement agréable et deuxièmement parce qu'elle était jolie et on cognait pas sur les jolies filles qui ne vous avez rien fait. Il se surprit à déglutir encore une fois quand elle lui parla de mensonge et même à émettre un petit son de gorge qui sur un chat aurait été un ronronnement. Bon sang, saleté de corps !

" Heu oui ben j'sais pas. Oui j't'ai menti en t'disant qu'j'avais vingt piges. Et pi j'sais pas pourquoi que tu crois que j'les ai croisés tout prêt d'Sarnand. J'suis pas r'venu super vite ici t'sais. Y sait p'tet passé une bonne heure hein ! J'étais en train de m'casser vers l'planque quand y m'sont tombés d'ssus. Alors p'tet qui m'ont suivit en s'disant qu'j'allais r'commencer ou alors p'tet qui z'étaient là par hasard, j'sais pas moi ! "

Il releva un peu ses draps, pas parce qu'il avait froid mais parce qu'il avait un peu chaud. Et il leva la main vers le visage d'Hermeline, plus aucune trace de sourire pervers, juste une question dans ses yeux, est-ce qu'il pouvait vérifier si la peau de la jeune fille était aussi douce qu'elle le paraissait ?

" J'peux ? "

Lui n'avait plus envie de s'expliquer, ce qu'ils faisaient était bien mieux de son point de vue. Mais ce n'était pas certain qu'elle veuille continuer sans avoir trouvé s'il mentait ou non. Il n'avait pas répondu à toutes les questions, mais il ne s'en rendait même pas compte, non la chaleur de la main sur sa joue surpassait tout le reste.
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Ven 18 Juin - 15:44

Toute préoccupée qu’elle était par les failles qu’elle devinait dans ses explications, les petits problèmes de poussée hormonale de son camarade passèrent loin, très loin au-dessus de la tête d’Hermeline. Si loin en fait, que le léger rougissement du garçon lui apparu plus comme un signe de douleur qu'autre chose.
Lorsque Timothée commença à gigoter et à grognonner, la blondinette écarta simplement sa main du bleu polychrome, de crainte de lui avoir fait mal. Mais elle reporta bientôt toute son énergie (ainsi que sa mimine toute pleine de doigts) sur l’observation de l’épaule blessée, à la recherchent d’indices sur ce qui aurait pu produire de telles contusions. Elle avait souvent compatis aux blessures de guerre que ramenaient son frère et ses cousins du collège, et elle-même avait appris de manière très personnelle (quoique très récemment mais à la dure) ce qu'un geste brutal pouvait avoir comme conséquences sur un corps.

Préoccupée par l’absence totale d’une quelconque empreinte de mains _ Elle se souvenait pourtant avoir du utiliser le fond de teint de sa mère en quantités industrielles, rien que pour dissimuler les hématomes en forme de doigts que ce crétin bouffi d’orgueil d’Abendroth lui avait fait sur les poignets en l’attrapant _ La petite jeune fille ne prêta qu’une attention distraite aux mouvements de Tim, préférant rester concentrée sur son problème le plus immédiat : A savoir qui, de elle ou de l’imbécile flamboyant qu’elle cuisinait depuis tout à l’heure, s’était fait doubler… Et elle avait la très désagréable impression de ne vraiment pas faire parti du clan des vainqueurs.

« Si tu n’en sait rien mon pauvre, je ne vais pas l’inventer à ta place. Ton histoire ressemble à un mauvais feuilleton de la gazette du dimanche, on dirait que tu rajoutes une ligne à chaque nouvelle édition. » Souffla-t-elle avec dépit, de plus en plus persuadée de se faire mener en bateau, et de moins en moins capable de dire où se situait vraiment le vrai du faux dans toute cette affaire.
Dans les mensonges, chacun savait que le mieux était l'ennemi du bien. Et une longue pratique de cet art délicat rendait encore plus sensible à ce genre de récits décousus, où de nouvelles péripéties fleurissaient à chaque resucée de l’aventure. On ne vivait pas dans une famille de neuf enfants sans en connaitre un rayon sur le sujet et là, ça puait. Mais sa vie en eut-elle dépendue qu’Hermeline aurait été bien incapable de dire pourquoi.

Cependant, la dernière question posée par son hôte eut l’air de la surprendre, puisqu’elle releva les yeux de son examen attentif des différentes plaies qui marquaient le corps du jeune garçon. La première chose qu’elle vit alors fut une main, qui se tenait tout près de son visage, comme en attente. Elle l’observa sans bien comprendre, pendant plusieurs secondes, puis tourna un regard interrogatif vers Tim.

« Pouvoir quoi ? » Demanda-t-elle finalement, indécise, complètement étrangère aux questions intérieures de son compagnon sur la douceur supposée ou non de sa peau.
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Ven 18 Juin - 22:35

La joue était délaissée au profit de l'épaule et Timothée ne savait plus quoi faire, il regardait tour à tour la demoiselle et un point éloigné en tentant de ne surtout pas la toucher avant qu'elle ne donne son autorisation. Pourtant c'était agréable d'avoir une main sur son épaule, il aurait même pu demander à ce qu'elle continue. Mais il n'en fit rien, restant attentif à ce qu'elle disait et faisait. Peut-être était-ce une nouvelle méthode d'interrogatoire, tromper la vigilance de l'ennemi avant de lui poser LA question.

Mais à part le fait qu'elle continue à passer ses doigts fins sur les muscles endoloris, et qu'elle montre clairement qu'elle sentait quelque chose de louche dans son histoire, il ne voyait rien de tel venir. Elle reprit conscience de ce qu'il faisait et elle lui demanda ce qu'il envisageait.

Il déglutit et baissa un peu les yeux avant de se passer la langue sur ses lèvres qui étaient soudainement très très sèches. Il avait raconté une histoire abracadabrante sans aucun problème, mais quand il fallait révéler, non pas des sentiments, mais des sensations ou des envies subites, il avait du mal. Enfin, quand les envies en question concernaient le fait de caresser la joue d'une demoiselle.

" Ben, heu, t'sais, faire comme qu'tu fais toi ? 'vec t'main, là sur m'joue. C'tait bien parce que ben heu, t'm'aimes bien ? "

La main continua son chemin jusqu'à toucher la joue de la demoiselle, une simple caresse qui fit rougir Timothée jusqu'à la racine des cheveux. Il était certainement l'adolescent le plus bravache du quartier, il n'avait même pas bronché quand on l'avait collé dans une cellule de la Gestapo, il avait tout juste eu les larmes aux yeux quand Siedler l'avait interrogé, mais il n'avait pas eu autant de trac qu'à cet instant. Il sentait que ce n'était pas le but d'Hermeline, elle était trop innocente pour que ce soit ce qu'elle veuille et puis elle avait vraiment l'air furieuse. Mais il ne pouvait pas s'empêcher de glisser un instant les doigts sur la peau si douce.

" T'm'en veux b'coup ? T'm'as pas dit c'qu'il avait fait l'pilote, t'penses qu'il va t'dénoncer ? Tu m'dis hein s'tu veux que j'lui fasse sa fête, j'pique un flingue et j'te protège moi !"

La lueur de timidité dans les yeux du gamin était remplacée par une lueur implacable, il montrait qu'il le ferait s'il le fallait. Il n'avait aucune chance, mais il semblait que pour elle il était prêt à tout. Immature et puéril, son comportement ne manquait pas de courage et parfois ça plaisait aux filles les garçons courageux mais sensibles... parfois. Et quand les filles s'intéressaient un tant soi peu aux garçons en question. En tout cas pour Tim, l'important c'était maintenant de plaire à la demoiselle. Demoiselle qui put peut-être entendre quelques mots chuchotés alors que Tim retirait à contre coeur sa main et qu'il la maintenait contre son propre coeur. " Pourquoi qu'l'est si jolie !" Coeur qui battait vraiment vite, oui, il avait un problème là. Enfin, peut-être.
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Sam 19 Juin - 15:47

Hermeline laissa Tim poser sa main sur sa joue sans broncher, mais ouvrit de grands yeux stupéfaits. Ce n'était qu'une innocente caresse, elle avait souvent ce genre d'échange plein de tendresses avec son petit frère... Mais il y avait là comme une subtile différence qui concernait sûrement le fait que Timothée n'était pas son frère, ni de près, ni de loin. C'était un petit mouvement doux, agréable même, il n'y avait vraiment rien d'inquiétant dans cette main qui s'attardait sur sa joue, mais la jeune fille se mit soudain à rougir comme en échos à son compagnon, atteignant bientôt un bon Madeleine Rollin x3 sur l'échelle universelle de la gêne...

Ce que Tim put dire se perdit dans l'éther, la pauvre petite pensionnaire se sentant soudain l'esprit aussi vide que l'âme d'un gestapiste. Est-ce qu'elle l'aimait bien ? A priori oui, mais elle aimait bien aussi Ivan, un nombre assez conséquent de cousins, et jusqu'à Peter qui lui avait gentiment tenu la main après qu'ils se soient fait surprendre à Sarnand. Est-ce que c'était qu'elle l'aimait bien juste un peu plus que les autres que d'avoir posé ses doigts sur lui ? Elle n'en savait rien, fichtre rien... Elle n'avait jamais été gênée lorsqu'elle distribuait des baisers d'au revoir à ses deux amis alors là, pourquoi est-ce qu'elle se sentait au bord de la combustion spontanée ? Ce n'était qu'une main sur sa joue ! Et plus Hermeline tournait ce problème insoluble dans sa tête, plus elle rougissait.
Les œufs, les résistants, tout cela avait quasiment disparut de ses préoccupations immédiates lorsque heureusement son tourmenteur, ignorant qu'il avait pendant un instant eu le pouvoir de rendre Hermeline aussi bête que ses boucles blondes le laissaient supposer, rappela tout cela à son bon souvenir.

"Le pilote ?"

Secouant la tête comme pour se réveiller d'un songe, et surtout pour essayer de se rappeler pourquoi elle se trouvait là finalement _ parce-que de ça elle en était encore sûre au moins, à l'origine ce n'était pas pour échanger des tendresses avec Tim qu'elle avait fait le mur_ la petite blondinette écarquilla de grands yeux affolés avant de poser ses doigts sur la bouche du garçon, histoire de le faire taire.

"Noon ! C'est bon, il nous a juste fait peur, il nous a rien fait ! tu es fou, tu n'as pas d'arme au moins ? Tu te ferais mettre en prison ou même tuer ! Je ne veux pas que tu te mêles de cette histoire ! Si ce type me donne, j'aurais quand même peut-être une chance de m'en tirer, si tu mets les pieds dans ce traquenard toi tu n'auras vraiment aucune chance alors tu fais comme Peter, tu fais le canard !" Murmura-t-elle avec angoisse sans même reprendre son souffle entre chaque phrase. heureusement, cette brusque montée d'un sentiment protecteur envers Tim eu un bénéfice : c'était que la jeune pensionnaire avait enfin remit de l'ordre dans sa cervelle en pleine tempête hormonale et reprit le fil de ses pensées.

"Écoute, c'est pas encore sûr qu'il me dénonce, et il a dit un truc bizarre, comme quoi il allait essayer de joindre un dragon anglais pour faire passer les œufs outre manche... Si ça se trouve c'est un piège grossier pour récupérer les petits dragons, mais si c'est vrai c'est une chance unique ! C'est pour ça que je suis venue, j'ai besoin de savoir qui a les œufs. S'il y a une chance de les envoyer à Londres, je veux les leurs reprendre ! Tu n'auras même pas besoin de venir, je me débrouillerais, ils sauront même pas que ça vient de toi, mais je dois savoir !" Expliqua-t-elle rapidement, de peur que quelque chose ne vienne encore lui faire fondre le cerveau, la main toujours placée de manière à empêcher Timothée de la distraire par ses discours.
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Sam 19 Juin - 21:43

Il allait sans dire que Timothée avait remarqué les joues en feu de sa camarade. Il savait aussi ce qui pouvait se passer quand ce genre de réaction se produisait. Il voyait déjà des suites possibles à la discussion, que ce soient des suites agréables ou non. Et cela accélérait encore si possible les battements de son coeur. Il regarda partout sauf en direction de la jeune fille tant qu'elle n'avait pas répondu à sa question. Mais ce fut la question sur le pilote qui reçut une réponse et non la plus importante.

Il sentit à nouveau la peau douce d'Hermeline sur sa propre peau, elle posait des doigts sur sa bouche, allait-elle en faire le contour ou cherchait-elle simplement à le faire taire et à éviter toute protestation. Elle le défendait, c'était extraordinaire ça. Parce que si elle le défendait c'était parce qu'elle l'aimait bien ! Elle était belle et courageuse et Timothée ne se lassait pas de la regarder. Il faillit parler quand elle évoqua Peter. Comment ça faire comme lui ? Est-ce qu'elle lui avait caressé la joue ? Touché l'épaule ? Posé les doigts sur ses lèvres ?

Il sentit ses poings se fermer en même temps que ses yeux alors que le fiel de la jalousie faisait son chemin dans son esprit. Elle ne lui avait rien promis mais il y avait cru, enfin presque. Il ouvrit les paupières pour continuer à graver l'image de la jeune aux boucles blondes dans son esprit. Si jamais elle partait avec Peter ... Non elle voulait des choses encore, elle voulait qu'il lui donne des informations sur la cachette des oeufs. Il ne pouvait pas, il n'en avait pas le droit et il ne voulait pas mettre Hermeline en danger. Oh, il y avait fort à parier que ce ne serait pas le cas, mais on ne savait jamais.

Il inspira pour parler mais la main était toujours là, il hésita un instant mais sa bouche s'entrouvrit pour laisser sa langue glisser légèrement sur les doigts décidés à ne pas le laisser parler. Il attrapa la main d'Hermeline aussitôt.

" D'solé, mais j'pouvais pas t'répondre et pi ben j'trouve qu'tu sens bon, heu non c'pas ça que je d'vais dire. Enfin si t'sens bon hein, mais l'z'oeufs j'peux t'dire mais j'peux pas t'laisser y'aller t't'seule ! P'tain d's'lop'rie ! Oh s'cuse moi ! Mince alors faut dire. T'peux pas y'aller sans moi, j'viendrais ! "

Ce n'était visiblement pas négociable !

" Heu, même si c'pas p'ssible ? On pourrait p'têt aller que'qu'part t'les deux ? J'sais pas moi, s'baigner ou s'balader rien qu'comme ça, t'sais, comme si qu'on était enfin non mais c'comme t'veux. T'veux bien ? "

Si elle avait compris la fin de la phrase, elle était très forte parce que lui ne l'avait pas comprise. En tout cas, ce qu'il savait c'était qu'il n'avait pas lâché la main chaude dans la sienne et que cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas eu autant envie que quelqu'un lui dire oui.
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Sam 19 Juin - 23:33

S'il y avait bien une réaction à laquelle Hermeline n'aurait jamais pensé, c'était bien celle-là. Quand Timothée avait entre-ouvert les lèvres, elle avait bien innocemment cru que s'était pour râler, rouspéter, voir la disputer enfin bref, une réaction normale au vu de la situation non ? Alors quand elle sentit sa langue sur ses doigts, elle resta pour le moins interdite... Avant de s'empourprer comme un feu de la saint-Jean et de vite retirer sa main dans un hoquet de surprise.

Ou du moins elle essaya, de retirer sa main. Parce-qu'entre temps cette dernière c'était faite attrapée et ne donnait pas vraiment l'impression de devoir être relâcher de sitôt. L'affaire aurait facilement pu tourner à la foire d'empoigne, mais la petite pensionnaire jugea finalement plus sûr de ne pas chercher à se débattre. Après tout, sa main n'était pas si mal que ça là où elle était et en plus, deux ados qui se chamaille sur un lit ça risquait de faire du bruit et surtout, de provoquer le réveil de toute la maisonnée et des questions auxquelles ni l'un ni l'autre n'avaient envie de répondre.

Tâchant d'afficher un air digne, partiellement gâché par ses joues couleurs coquelicots, Hermeline tenta de décrypter ce qu'on lui disait. Ce qui valu à Tim de se voir de nouveau poignardé à grand coup d'index rageur... Et cette main là ne chercha pas à épargner les zones couvertes de bleus sur le torse du garçon.

"Tu plaisantes j'espère ???? Je me fiche de savoir si je sens bon..." Même si à ces mots du jeune garçon, elle avait atteins le degrés Madeline Rollin x7 sur l'échelle du rougissement intempestif. "... il est hors de question que tu ailles voir ces gens ! Tu a vu dans quel état tu es ?" Il y avait même fort à parier que vu comment elle maltraitait ses plaies est ses bosses, il ne se contente pas de voir mais de ressentir pleinement son état. "Tu ne retourneras pas te faire démolir ou bien c'est moi qui te cogne jusqu'à ce que tu ne puisses plus sortir de ce lit avant le jour de ta majorité ! On ira où tu voudras, quand tu voudras tout les deux, mais certainement pas pour chercher les œufs. C'est bien trop dangereux !" Rouspéta-t-elle dans un murmure outragé, le nez à quelques centimètres seulement du visage de Timothée.

"C'est moi qui ait eu cette brillante idée d'aller les voler, alors je vais pas me rouler en boule et me cacher sous mes draps sous prétexte que c'est dangereux. Si tu veux m'aider tu m'expliques ce que je dois savoir mais toi, tu restes à l'abri, c'est bien compris ?" Et il était évident au vu du regard et de la petite moue impérieuse dont elle le gratifiait, que la seule réponse acceptable serait un "oui Hermeline"
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Dim 20 Juin - 11:28

La réaction d'Hermeline, à savoir le rougissement de ses joues, fut suivie d'une réaction presque similaire chez Tim. Presque seulement parce que, lui, avait eu l'initiative de l'opération et donc n'était pas surpris. Il attendit qu'elle parle tout en grimaçant quand l'index lui martela le torse. Heu, il était un blessé de guerre qu'on ne devait pas torturer ! Il serra les dents pour ne pas lui donner la satisfaction de laisser échapper un son de douleur et écouta le sermon.

Enfin, au début, il écouta, c'était facile, elle était loin, elle lui parlait de choses importantes comme, ne pas aller au devant des ennuis, ne pas faire de bêtises, un peu comme si, sans l'avoir avoué, elle se préoccupait de ce qui lui arrivait donc ... elle devait bien l'aimer ! Et puis en plus, elle ne parlait plus de Peter, donc lui elle l'aimait plus que l'autre complice de leur aventure. Mais elle lui dit quelque chose qui le fit se déconnecter. Elle voulait bien aller où il voulait, quand il voulait du moment que ce n'était pas dangereux.

Là, Tim se mit à avoir des tonnes d'images qui arrivaient dans son esprit, des images où Hermeline et lui se promenaient main dans la main, s'asseyaient sur l'herbe, s'offraient des cadeaux ou alors restaient tranquillement dans sa chambre l'un à côté de l'autre, sans parler mais avec le visage proche. Un peu comme la proximité du visage de la jeune fille à ce moment là. Heu, trop trop proche le visage. Tim sentit que le feu de ses joues s'accentuait et se propageait. Elle était bien trop là, c'était pas du tout bon pour les capacités cognitives de Timothée.

Il se passa la langue sur les lèvres, soudainement encore plus sèches qu'auparavant et il entendit les derniers mots prononcés. Est-ce qu'il avait bien compris quoi ? Parce que là, il n'avait pas tout entendu, son cerveau avait décidé de se faire la malle avec la belle. Il se dit qu'elle devait bien avoir dit quelque chose avant et il tenta de reprendre le contact avec la réalité.

" Oui j'ai bien compris. "

Elle était trop proche pour son propre bien et Timothée, sans réfléchir réduisit encore la distance, posant ses lèvres sur celles, boudeuses, de la jeune fille. Aussitôt fait, aussitôt regretté, elle n'allait pas apprécier et lui non plus. Enfin si, il avait apprécié le petit bisou volé, mais il sentait que la réaction ne serait pas agréable. Et puis en plus, il ne pourrait pas se lever pour lui courir après si elle s'enfuyait. Premièrement parce qu'il était blessé, et deuxièmement parce que ben voila quoi, il pouvait pas se lever dans son état et dans sa tenue !

" Heu, je voulais pas hein, t'sais, enfin si j'voulais mais pas comme ça, pas t'le voler l'bisou. S'te plait, t'va pas ! "

Il avait toujours la main prisonnière dans la sienne et ne voulait pas la laisser partir, mais il ne savait pas ce qu'elle allait faire, bon sang de bon soir, pourquoi avait-il agi aussi impulsivement, ce n'était pas bien difficile de ne pas embrasser quelqu'un pourtant ! Enfin là, c'était difficile de ne pas recommencer pour mieux profiter, mais non, il ne le devait pas... sauf si elle le demandait, mais c'était très peu probable.
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Dim 20 Juin - 12:41

Il avait bien compris. C'était déjà ça. Hermeline s'apprêtait à pousser un ouf de soulagement lorsque tout à coup, elle se demanda si Tim avait bien suivit tout ce qu'elle disait et n'avait pas au contraire tout compris de travers. Enfin, elle n'eut pas vraiment le temps de se le demander longtemps, puisque son compagnon venait de trouver l'arme ultime pour la faire taire. Et elle ne savait même pas que c'était possible, de la faire taire, et encore moins de cette façon là.

Le baiser ne dura que le temps d'un battement de paupière, mais cela suffit pour qu'une véritable tempête se déchaine sous les boucles blondes et que la jeune fille se rende compte que l'on pouvait très bien vivre sans cerveau. Parce-que le sien avait définitivement de cesser de fonctionner. Il venait de se passer quelque chose là, non ? Elle ne savait pas encore très bien si elle devait trouver ça agréable ou être complètement mortifiée mais sûr, quelque chose venait de se passer.

"Oh." Dit-elle en ouvrant des yeux stupéfaits. Pas d'interrogation, ni d'exclamation, un simple mot, presque un soupir. De toute façon, il n'y avait plus assez de cohérence dans l'esprit de la petite pensionnaire pour tenter d'aligner deux pensées constructives. "Oh." Pas un discours, pas de colère, de ressentiment, juste l'expression incrédule de ce qu'elle ressentait.
Quelque part entre le moment où Tim lui avait attrapé la main et celui où il l'avait embrassée, Hermeline s'était perdue.

Embrassée ???

"Je... Tu..." Bredouilla laborieusement la blondinette, démarche fort louable de reprendre le contrôle de la situation mais hélas complètement ratée. Elle comprit d'ailleurs très vite toute seule que ce n'était pas une franche réussite et décida, en tout bien tout honneur et non ce n'était pas une fuite, qu'il était grand temps pour elle de rentrer dans son dortoir. Si si.
Cette tentative de glissement vers la fenêtre aurait certainement été couronnée de plus de succès, si elle n'avait pas oublié que sa main était restée dans celle de Timothée et surtout, qu'à force de se balader sur le lit, l'un au moins de ses pieds s'était soigneusement emberlificoté dans les draps. Ce qui, dans l'idée, aurait du être une sortie digne en tout point d'une honorable élève de Sainte-Marie, se transforma en une chute plus ou moins lamentable sur le parquet.

A quel moment précis tout cela avait-il bien pu dérapé ?
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Dim 20 Juin - 13:17

Les mots n'étaient plus nécessaires entre les deux adolescents. Car si Timothée tentait de retenir Hermeline, cette dernière avait atteint une couleur plus que soutenue et elle semblait totalement perdue. Pourtant ce ne devait pas être la première fois qu'un garçon l'embrassait ! Enfin Tim ne voulait pas se l'avouer, mais si elle avait déjà embrassé un garçon sur les lèvres, il lui ferait certainement la peau, au garçon pas à Hermeline. Mais s'il venait de lui voler son premier baiser, elle n'allait pas être contente et elle ne voudrait peut-être plus jamais le revoir.

Elle semblait déjà s'éloigner de lui, sauf que c'était plus qu'une simple impression, Hermeline s'en allait sans dire un mot ou presque. Elle tentait de partir, de le quitter, certainement perdue dans ses émotions comme Tim était perdu dans les siennes. Il ne lui lâcha pas la main cependant mais aurait peut-être dû. Car lorsqu'elle se prit les pieds dans le drap, il ne pu pas la rattraper. Bon, il ne lui aurait pas tenu la main, il n'aurait pas pu non plus le faire, il aurait été obligé d'utiliser sa main blessée et aurait certainement regretté la chose dès qu'il l'avait faite.

Il aurait dû lâcher la main également parce que tenir quelqu'un qui tombe quand on ne peut pas accompagner la chute, ça fait tomber. Et ce fut un Timothé contusionné qui tomba à son tour sur le sol, en tentant de se rattraper sur sa main blessée. Il poussa un cri avant de se mordre les lèvres et de rouler sur le côté, les larmes aux yeux. Heureusement, le drap était entouré autour de ses hanches dans la manoeuvre parce que sinon il aurait eu deux raisons de se sentir mal. Quoi que, la chute avait eu le mérite de le refroidir un petit peu. Sauf qu'il se rendit compte qu'il était à moitié allongé sur Hermeline et qu'il sentait les cheveux blond sur son torse.

Il se figea immédiatement, il était sur le dos heureusement, mais elle ne devait pas l'aider sinon il ne pourrait pas éviter de lui voler un nouveau baiser, ou au moins éviter de mourir de honte.

" Tu as mal ? "

Oui, lui souffrait mais c'était à elle qu'il pensait d'abord. Après tout, sa jambe non blessée s'était un peu mêlée à celle de la jeune fille et il était légèrement couché avec elle ... donc il pouvait bien penser à elle. Et puis non, il ne devait pas penser à la douce odeur qui chatouillait ses narines, parce que sinon il allait encore faire une bêtise, comme renifler ses cheveux par exemple. Et c'est pourtant ce qu'il fit avec un soupir, mal, bien, douleur, bonheur, c'était trop, tout se mélangeait dans l'esprit totalement embrumé de Timothée. Il espéra simplement que personne n'avait entendu de bruit. Mais bon, Madame Manon frappait toujours à sa porte avant d'entrer, il pourrait dire que tout allait bien si jamais il y avait une alerte.

" Hermeline ? T'veux pas r'ster un p'tit peu ? Et pi j'sais pas moi, heu ben ... "

Il avait atteint un degré de chaleur corporel qui n'était certainement pas normal, pas plus que sa façon de se raccrocher à elle comme si sa vie en dépendait. Non, il devait s'en éloigner, c'était ce qu'avait dit Zola... et plus merde ! Il faisait ce qu'il voulait ! Enfin si elle voulait bien aussi.
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Dim 20 Juin - 14:57

Ca allait définitivement de mal en pis. De ça au moins, la jeune fille commençait à en avoir la cruelle certitude. Sans très bien savoir comment ni pourquoi _ alors qu'elle essayait seulement de s'éloigner de Tim _ elle s'était retrouvée à dégringoler du matelas sur le sol, douloureusement consciente qu'elle n'était pas la seule à choir et que tout un tas de truc était en train de lui tomber dessus : son copain, une partie de la literie, une situation inextricable, tout ça tout ça...

Sa tête heurta durement le plancher et elle vit trente-six chandelles, ce qui lui arracha un gémissement étouffé en échos au cris de son camarade de galère. Et en plus il allait aggraver ses blessures ! Essayant tant bien que mal de se relever, de récupérer les lambeaux de sa dignité et de libérer sa victime de sa présence, Hermeline ne mit pas longtemps à réaliser que la situation avait encore une fois évoluée. Désormais, draps, jambes, cheveux étaient si bien emmêlés en petit tas confus sur le sol, qu'elle en cessa presque de respirer. Elle ne savait plus trop bien où commençaient et où finissait ce qui lui appartenait en propre, mais la petite pensionnaire jugea plus sûr de ne plus chercher à gigoter. Plus jamais. A chaque fois semble-t-il qu'elle esquissait un mouvement, tout devenait tout de suite beaucoup plus compliqué.

"Non ça va... Et toi, pas trop esquinté ?" Murmura-t-elle en gardant prudemment les yeux fermés. Si elle ne le regardait pas, si elle conservait un détachement clinique face aux évènements, peut-être qu'il ne se rendrait pas compte que ses joues atteignaient des nuances de carmin à rendre fou un coloriste. Elle se détestait de réagir comme n'importe qu'elle gourde de roman sentimental. Elle n'était pas comme ça !

Sauf qu'elle était assez proche de Timothée pour entendre les battements de son cœur et sentir sa chaleur tout contre elle. C'était tout à la fois nouveau, agréable et passablement anormal. La seule chose vaguement réconfortante, c'était que le jeune garçon semblait avoir les même difficultés qu'elle à garder son sang-froid. Rompant avec la promesse faite à elle-même de ne surtout plus rien tenter, Hermeline esquissa un geste pour mettre une distance plus... académique ? Entre eux deux. Sauf qu'au lieu d'effectuer une retraite discrète vers un coin reculé de le chambre, la jeune fille se retrouva à rouvrir brutalement les paupières et à fixer Tim droit dans les yeux. Est-ce qu'elle rêvait ou est-ce qu'il venait bien de lui renifler les cheveux ?

"Pourquoi ? Pourquoi tu as fait ça ? Et m'embrasser ?" Demanda-t-elle soudain, d'un ton qui hésitait entre la froide accusation et le couinement plaintif, la lippe tremblante mais le regard décidé. Ça n'avait vraiment plus rien à voir avec une histoire de confiance, d'œufs de dragons ou de résistance, mais cela revêtait soudain une importance capitale dans l'esprit de la petite blonde.


Dernière édition par Hermeline VonLichtenstein le Dim 20 Juin - 21:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Dim 20 Juin - 19:31

Coincé, il était coincé alors qu'elle tentait de bouger pour s'éloigner de lui. Mais au moins, elle allait bien, c'était l'essentiel de la chose. Il n'allait pas trop mal non plus pour sa part et il allait réussir à se calmer si rien ne venait gêner son intense concentration pour oublier qu'il était allongé avec une fille qu'il trouvait jolie, qui sentait bon et qui lui occasionnait une chaleur corporelle presque inquiétante. Il inspira pour parler mais rien ne sortit, que dire de toute façon, elle semblait elle aussi chercher ses mots.

Mais si elle fermait les yeux, sans que Timothée ne sache pourquoi, lui les avait grand ouverts et ne rata pas le moment où les pupilles de la jeune fille se posèrent droit dans les siennes. Et la question suivit.

Ah ! Excellente question oui, pourquoi est-ce qu'il avait fait ça. La première réponse était simple, parce qu'il en avait eu envie. Mais là, à l'heure actuelle ce n'était pas la réponse à donner. Il ne devait pas recommencer non plus même s'il en mourrait d'envie. Parce que la première fois, il n'avait pas eu le temps de bien sentir la douceur des lèvres d'Hermeline, mais bon, ce n'était pas du tout la chose à faire dans son état. Non, pas du tout.

Il bougea prudemment pour ne pas perdre la protection du drap et pour réussir à ce qu'ils soient libérés mais ne réussit qu'à se faire mal. Il grimaça, grogna, mais dû se rendre à l'évidence, il ne pourrait pas le faire seul.

" Heu, ben, j'l'ai fait parc'que j'te trouve jolie, et puis j'crois que j't'aime un p'tit peu aussi. T'sais, j'voulais pas vraiment parce que j'sais qu't'es une fille bien et qu'tu dois pas faire ça 'vec moi qu'suis rien. Mais là, si j'm'écoutais, j'recommenç'rais. "

Il s'était reculé aussi loin que le permettaient ses membres endoloris et le drap encore entouré dans les jambes d'Hermeline. Autant, il voulait bien se montrer tout à l'heure, autant maintenant il le refusait catégoriquement. Rien que d'y penser, il rougissait pour assortir les deux parties de son visage, la blessée et l'intacte.

" T'peux m'aider à r'monter sur l'lit ? "

Il baissa les yeux en inspirant et il déglutit visiblement avant de relever la tête pour fixer Hermeline. Il était courageux, du moins, il était censé l'être. Donc pourquoi est-ce que tout son corps, ou presque, se transformait en coton quand elle le regardait de la sorte ? Pourquoi est-ce qu'il avait l'impression de ne rien pouvoir lui refuser si ce n'était pas ce qu'il pensait ? Et avant même qu'il ne finisse de le penser, il avait prononcé les mots.

" Hermeline, est-ce que tu veux être ma p'tite amie ? "

Il grimaça en s'entendant parler, sa voix était réduite à un couinement pas du tout viril et il se mordit les lèvres en observant la jeune fille par en dessous, elle allait partir et il ne la reverrait plus... Il n'aurait jamais dû lui dire ça, jamais. Enfin, elle n'était pas encore partie hein.
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Dim 20 Juin - 22:33

Ce devait être quelque chose dans l'air, son parfum peut-être ? Quelque chose qui faisait que lorsqu'elle se trouvait tout près de Tim comme maintenant, elle se retrouvait avec du fromage blanc entre les oreilles et du mou dans les genoux. Et si ça ne lui avait jamais fait ça avant, c'était tout simplement parce-qu'ils n'avaient jamais été aussi près l'un de l'autre dans un lieu clos. Voilà. C'était une solution simple et logique à un problème qui n'en était déjà plus un. Si elle s'éloignait assez, alors elle ne serait plus exposée à l'influence pernicieuse de ce garçon qui la rendait plus bêtifiante qu'une Geneviève énamourée.

Rien n'était plus bête qu'une Geneviève énamourée.

Et elle n'était pas Geneviève. Et pas non plus énamourée.

Sous les efforts conjoints d'un Tim grimaçant et d'une Hermeline soudain moins fataliste, une distance raisonnable commença à se creuser entre les deux jeune gens. L'hypothèse de l'intoxication devait être juste, puisqu'au fur et à mesure que la blondinette s'éloignait de son compagnon, elle retrouvait une couleur moins gênante et un semblant de calme. Elle réussit même à remettre partiellement en route son cerveau.
Sauf que finalement, ce n'était pas seulement la présence du garçon qui la rendait idiote, c'était peut-être aussi les mots qui sortaient de sa bouche quand il disait qu'il l'a trouvait jolie, qu'il l'aimait bien, que c'était pour ça qu'il l'avait embrassée et qu'éventuellement, il ne serait pas contre l'idée de recommencer...

La petite pensionnaire savait que Madeleine était de sa famille. Pourtant, pendant toute ces années, elle avait cru y avoir échappé. Mais non, il fallait bien s'y résoudre, c'était dans son sang également : Comme sa cousine, elle rougissait comme une perdue et n'arrivait plus à aligner trois mots. Fichue hérédité.
La réponse de Timothée avait eu un effet dévastateur sur l'attitude de la jeune fille, qui s'était mise à mâchonner furieusement une mèche de cheveux et avait laissé son regard s'abîmer dans l'observation minutieuse du plancher, comme si elle y avait guetté une grande révélation. Sauf qu'il n'y avait que très rarement de grandes révélations dans les joints des parquets.

Et puis il y eu une épiphanie !

"Oui, je t'aide, attends !" Voilà, ça elle pouvait le faire. L'aider à remonter sur son lit ! C'était pas un baiser, il lui disait pas quelque chose de tellement gentil qu'elle en perdait la parole, il lui demandait juste son aide parce qu'il était blessé. La vie redevenait simple. Acquiesçant avec un petit sourire soulagé, Hermeline lui reprit la main... A tient, non, pas besoin, ils ne se l'étaient pas lâchée depuis qu'ils s'étaient vautrés sur le sol. Un oubli, certainement un oubli. Elle tenta de se glisser sous le bras de son ami pour le soutenir...

... Et retomba à genoux. Techniquement, elle s'effondra . Mais il était toujours plus délicat de dire "tomber à genoux", plutôt que "trébucher dans ses propres pieds et se retrouver encore plus emmêlée qu'avant avec son petit camarade".

"Petite amie ?" S'étrangla-t-elle, alors qu'elle se demandait si elle ne serait plus désormais capable que de répéter bêtement la fin de ses phrases. Et tout ça en repoussant toujours plus loin les limites du possible en matière de rougissement. Fichue hérédité !

"Oh..." Décidément, il allait falloir qu'elle pense à déposer l'usage exclusif de ce mot, parce-qu'à force elle allait finir par l'user. Elle regarda Tim longuement, ses yeux parcourant tout son visage comme si elle était à la recherche de quelque chose.

"Je suis pas sûre de savoir être une petite amie..."

Mais par tout les dieux, qu'est-ce qui lui avait pris de dire ÇA ?!
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Lun 21 Juin - 14:34

L'aider, ça elle semblait accepter de le faire et Tim lui en était reconnaissant, car après tout,pour lui aussi tout plutôt que de reparler de ses pulsions subites et malvenues. Ce n'était pas le moment de discuter du pourquoi du comment des bisous et des caresses sur les joues. Car même si tout le monde se serait entendu à dire que c'était ELLE qui avait commencé en lui caressant la joue, il ne souhaitait pas pousser l'introspection jusqu'au moment où, certainement, il trouverait qu'elle n'avait fait cela que pour vérifier s'il était blessé.

Il sentit qu'elle tentait de le relever et il fit tout son possible pour l'aider. Il se redressa d'ailleurs un petit peu quand elle retomba encore plus emberlificotée avec lui qu'auparavant si possible. Il grimaça en sentant le genoux de la pensionnaire se placer un peu plus haut que son genoux à lui mais il ne protesta pas de peur qu'elle constate qu'il avait chaud là aussi. Oui, Timothée Vivier chauffait des genoux quand il était gêné, parfaitement, enfin d'au dessus des genoux et pas dans toutes les situations de gène. Mais celle là était une situation qu'il n'avait jamais expérimentée avant et puis flute, il n'avait pas à se justifier.

Il se recula tout de même un petit peu en laissant le drap descendre aussi un petit peu dans la manoeuvre. Heu bon, là le drap en question dévoilait son nombril, il avait d'ailleurs un très beau nombril qu'il observait avec un grand soin alors que sa camarade comptait les lattes du plancher. Oui, c'était tout à fait le moment de voir s'il n'en manquait pas une qui se serait évaporée par l'opération du saint esprit. Et Tim voulait vérifier si, par une opération similaire, son drap n'était pas passé de blanc à rose ou bleu.

La question qu'il avait posé à Hermeline ne prêtait selon lui la possibilité qu'à deux réponses et quelques variétés légèrement distantes mais qui revenaient au même, oui ou non. Mais, et il l'aimait aussi pour cela, la jeune fille n'était pas comme les autres et ne pouvait donc pas répondre par oui ou par non, cela aurait était bien trop classique et le mieux était de répéter les derniers mots pour que Tim ait encore plus envie de regarder son drap.

Le oh le fit redresser la tête et croiser le regard de la demoiselle tout en tentant de ne pas le faire. C'est à dire qu'il portait les yeux partout sauf dans ses yeux quand elle le regardait, bon, cela ne fonctionna pas très bien puisque comme il ne regardait pas exactement dans ses yeux, il se retrouvait à ne pas savoir ce qu'elle faisait et il croisa son regard une seconde fois au moment où elle répondait.

Ah heu, ben, c'était bien ça comme réponse, oui très logique et très pragmatique. Bien mieux qu'un oui ou un non banal ! En tout cas, Tim commençait à sentir que ses dessus de genoux se refroidissaient un petit peu et qu'il pouvait garder surtout le drap en place parce que la remarque lui faisait voir des étoiles et des scènes assez improbables mais très intéressantes.

" Moi non plus j'sais pas, mais p'têt qu'on pourrait essayer t'les deux ? T'sais s'tenir la main et puis s'parler et puis s'faire d'bisous d'fois. Enfin s'tu veux. "

Il fallait qu'elle dise oui, il fallait qu'elle dise oui, il fallait pas qu'elle dise oui parce que là il chauffait encore plus des genoux et elle était bien trop prêt pour sa santé mentale. Mais si elle pouvait dire oui ce serait super non ?
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Lun 21 Juin - 15:59

Il était tout de même réconfortant de voir que le syndrome Geneviève énamourée pouvait toucher aussi bien les filles que les garçons. Hermeline se sentait beaucoup moins petite, seule, perdue et misérable depuis que le regard fuyant et l'air mal à l'aise de Tim l'avaient rassurée sur une chose : Ils se trouvaient tous les deux à peu près dans la même situation, deux jeunes imbéciles en train de rougir.

Bon, si elle voulait vraiment être honnête avec elle-même, elle était peut-être un tout petit peu plus embêtée que son compagnon, mais c'était entièrement de sa faute à lui ! Quelle idée saugrenue de dormir sans un pyjama boutonné jusqu'à la glotte... Forcement, on a beau se concentrer de toute ses forces sur l'apparition possible d'un miracle sur un bête sol en vraies planches, quand on se retrouve plus ou moins à essayer de se sortir soit même de son problème, genre un bête drap en vrai lin tout entourloupé, fatalement on est obligé de poser les yeux dessus. Sur le drap. Sauf quand il a glissé... Et de l'observation forcenée du plancher Hermeline se plongea dans une farouche contemplation du plafond, se répétant comme un mantra "ce n'est qu'un garçon à moitié nu", "ce n'est qu'un garçon à moitié nu", "cesse de rougir pauvre idiote !".

Très, très bien ce plafond. Vraiment. Très accommodant.

Heureusement, Timothée eut la gentillesse de reprendre la conversation. Non pas qu'elle se sente plus à l'aise avec l'idée de petite-amie qu'avec le concept de Tim-sans-pyjama, mais se remettre à discuter permettait au moins de ne plus réfléchir à cette violation de la loi vestimentaire nocturne.
Décidant courageusement qu'un moment de gêne était vite passé, la blondinette s'arracha finalement à son plafond pour poser à nouveau de grands yeux sur son camarade. Parce-que ce n'était vraiment pas poli que de ne pas regarder quelqu'un dans les yeux quand il vous parlait. Dans les yeux on a dit.

La petite pensionnaire acquiesça sagement au début de sa phrase, plus dans un esprit de soutient moral face à l'inconnu que par réel accord de principe avec cette idée, puis se mura dans un mutisme absolu, le regard perdu.

"On ne se l'est toujours pas lâchée." Répondit-elle, sibylline, alors que le silence devenait inconfortable. "La main je veux dire. On se la tient toujours..." Expliqua-t-elle en élevant l'objet du délit, qu'elle contemplait d'un air tout à la fois confus et interrogatif. Si pour le reste de l'univers cette remarque pouvait n'avoir aucun sens, cela sembla provoquer chez la jeune fille une intense réflexion, matérialisée par le mâchouillage obstiné d'une innocente boucle blonde.

Le problème posé sembla enfin trouver sa solution, puisque la mèche fut chassée et que Timothée se retrouva derechef avec un index accusateur pointé sur son torse. Mais pas sur un bleu. Ca fait mal les bleus.

"Tu m'as volé mon premier baiser !" Dit-elle avec un petit sourire nerveux. Voilà, de ça au moins elle en était sûre. "Il va falloir que tu me le rendes..."

Et si elle le disait assez vite, peut-être même qu'elle n'en rougirait pas jusqu'à la moëlle des os. Ou pas.
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Lun 21 Juin - 16:31

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles disait le dicton. Mais là, Tim commençait à se dire que ben ça n'allait pas aller bien loin avec cela si Hermeline continuait à ne rien dire. Parce que oui, le plafond était joli mais moins qu'elle quand même. Heu non c'était pas à ça qu'il devait penser, pas à ça du tout. Il devait trouver un autre sujet de discussion si jamais elle disait non. Quoi que si elle disait non, il n'aurait pas d'autre sujet à trouver puisqu'il se verrait très vite obligé de lui lâcher la main.

Tiens, elle aussi elle constatait qu'ils se tenaient toujours la main. Tim fixa leurs mains jointes comme s'il les voyait pour la première fois. Oh ben ça alors, pourquoi est-ce qu'il ne l'avait pas lâchée ? Au départ c'était pour qu'elle ne s'enfuie pas comme une voleuse, mais maintenant ? Oui, c'était encore un peu pour cela parce que Timothée était certain qu'elle lui avait volé quelque chose d'important.

Pas son innocence, on parle de Tim là donc sur ce plan il n'y avait plus rien à voler. Pas son enfance non plus parce que le garçon ne se considérait plus comme un enfant. Elle ne pouvait pas lui voler l'adolescence qu'il semblait tout juste entamer. Mais par contre, elle pouvait lui voler son coeur. Oui, dit comme cela c'était niais à mourir, mais c'était certainement la vérité parce que sinon pourquoi est-ce que ce dernier aurait un rythme aussi rapide qu'après qu'il ait couru pour échapper au chien lors de sa dernière visite à une ferme où il y avait des fraises ?

Est-ce que Hermeline aimait les fraises ? Non, ce n'était pas la question à se poser pour le moment, il devait se concentrer sur les problèmes les plus urgents, premièrement comprendre pourquoi leurs mains étaient toujours jointes et pourquoi, étrangement, il ne parvenait pas à ordonner à son cerveau de les séparer. Ensuite savoir pourquoi elle persistait à lui tapoter le torse avec son index ? En plus, elle faisait tout pour ne pas regarder, mais elle finissait par regarder quand même ! Lui ne faisait pas du tout ça, il vérifiait tout simplement que tout était à son absence de place dans sa chambre avant de retourner vers Hermeline pour vérifier qu'elle était toujours là. Et non ce n'était pas de la mauvaise foi !

En tout cas, les mots qui suivirent créèrent une nouvelle poussée de chaleur localisée. Il avait un problème c'était certain ! Parce que là il n'était même pas certain que de se faire interrompre par qui que ce soit allait faire diminuer sa fièvre du dessus des genoux. Il inspira en réfléchissant le plus rapidement possible.

" Ben heu, p'tet que ce s'rait possible oui. "

Il faillit détacher leurs mains pour une seule raison, parce qu'il voulait lever la sienne vers les lèvres de la jeune fille et éventuellement déposer dessus une douce caresse. Mais il n'en fit rien, préférant approcher un peu son visage de celui de la demoiselle tout en souriant timidement parce qu'il n'était pas certain que cela allait arranger sa fièvre. Mais bon, il se dit que si elle voulait le reprendre, c'était à elle d'agir non ?

" C'est toi qui le fait cette fois alors ? "

Sa voix était trop aigue, cela se voyait qu'il était intégralement tendu et stressé. Il bougea un peu, laissant au drap la liberté de descendre encore un peu mais ne cherchant pas à détourner les yeux. Les siens brillaient de mille émotions et pour rien au monde il n'aurait changé de point de vue, oui là au milieu de sa chambre éclairée par une simple bougie, il avait la plus belle vue du monde, les yeux de celle qu'il aimait.
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MessageSujet: Re: Comme fantomette... 31-05-41/01-06-41   Lun 21 Juin - 19:43

D'accusateur, le doigt d'Hermeline s'était fait bohème, dessinant les contours des quelques ecchymoses à sa portée. Cela n'avait rien d'immorale ou quoique ce soit d'autre, c'était juste pour s'occuper le temps de trouver la réponse juste. C'est vrai, maman disait toujours qu'avant de répondre à une question importante, il fallait prendre le temps de réfléchir, et s'occuper les doigts permettait toujours de se libérer l'esprit... Enfin il était probable à ce propos que maman parlait d'exercices de coutures et certainement pas de papouiller un garçon, mais c'était là un détail tout à fait accessoire.

Même si la situation était encore un peu confuse pour la blondinette, elle pouvait remercier son camarade qui venait d'éclairer la situation d'un jour nouveau. Ce devait être un don qu'il avait de réduire les plus épineux problèmes à une question si simple que la réponse jaillissait d'elle-même.
Hermeline croisa le regard de Tim et décida que s'il lui n'avait pas eu peur de le lui voler ce baiser, elle n'avait aucune excuse pour avoir peur de le lui reprendre. Et parce que quitte à faire les choses autant les faire bien, la petite pensionnaire dégagea sa main de celle du jeune garçon pour nouer proprement ses bras autour de son cou, juste avant de déposer ses lèvres sur les siennes.

Elle récupéra son bien avec même quelques intérêts, car celui-ci dura un peu plus longtemps que le précédent. De toute façon ce n'était pas grave, les choses étaient toujours plus agréables quand on les faisait avec application. Mais si le baiser en lui même n'avait guère été effrayant, les réactions de son petit corps d'adolescente intoxiquée aux hormones lui parurent tout à fait angoissante. Son cœur battait trop vite, elle avait l'impression que la chambre était devenue une fournaise et elle ne savait plus du tout ce qu'elle faisait là.

Repoussant son partenaire, elle le regarda d'un air incrédule avant de baisser les yeux sur le sol et de serrer ses petits poings sur ses genoux.

"Je suis vraiment trop bête." Dit-elle, essayant de faire un sourire qui se transforma en un demi-sanglot qu'elle ravala bravement. "Ich bin la pire des idiotes, pourquoi j'ai fais ça hein ? J'avais pas assez de questions ? C'est formidable, vraiment formidable, maintenant sur ça aussi je vais me demander si tu me mens. il avait raison grand-père, il y vraiment quelque-chose qui va pas chez les filles de ma famille"

Et voilà qu'elle était tellement bouleversée qu'elle n'arrivait même plus à parler correctement, mélangeant dans un joyeux gloubiboulga son français et son allemand. Fichue hérédité, fichu âge ingrat. Jugeant qu'il était grand temps de quitter cette chambre avant de se donner en spectacle, Hermeline commença à se débattre pour échapper au drap, à Tim, et gentiment aller pleurer dans un coin tranquille pour tenter de remettre un peu d'ordre dans sa tête, son cœur et le reste de sa réalité.
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