Jamais deux sans trois [Vendredi 6 Juin, nuit] [Scénar 1 -Fin 1/3]


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Jamais deux sans trois [Vendredi 6 Juin, nuit] [Scénar 1 -Fin 1/3]

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MessageSujet: Jamais deux sans trois [Vendredi 6 Juin, nuit] [Scénar 1 -Fin 1/3]   Ven 18 Juin - 18:43

L'oeuf était bleu pâle, strié de volutes plus sombres. Il était aussi de bonne taille, ce qui n'avait rien de surprenant : dans la boite, sur le bon d'information qui indiquait qui était l'oeuf en question, Pierre lisait "pêcheur-rayé".

Il fit signe à Pierre -l'autre Pierre, Pierrot quoi- de l'aide à sortir la sphère de sa boite. Une ombre à se droite se profila et, en silence, se pencha pour saisir l'oeuf. Les quatre mains le hissèrent hors de la boite et le firent glisser dans un grand sac de toile.

"Calme toi !" souffla Pierrot en fermant le sac. Le paquet avait une allure fort disgrâcieuse parce que, autour et surtout au dessus de l'oeuf, les deux hommes avaient accumulé des ordures pour faire sortir le tout par le camion poubelles.

"Il en manque plus que la dernière fois,"
répondit Pierre. Il avait les mains moites ; c'était pas parce que ça avait marché la fois d'avant qu'il fallait que ça fonctionne encore et tout ça l'angoissait. Il se demandait même pourquoi il avait accepté de suivre l'idée de Pierrot. Tout le monde savait que le parigot était la pire tête brûlé de l'équipage d'Austerlitz. "Si d'autres sont venu, ils ont peut être attiré l'attention !"

Il ne vit pas l'expression de Pierrot quand il répondit : "Raison de plus pour se dépêcher."

Le parigot hissa le sac sur son dos. Il s'agissait de repartir avant que le garde se réveille, ce qui pouvait arriver assez rapidement puisque le somnifère glissé dans son café n'était pas très fort.

"Passe devant, tu sais quoi faire !"

Pierre déglutit, mais il n'avait pas trop le choix puisqu'il ne portait pas le sac. Il remonta silencieusement l'escalier, Pierrot derrière lui, puis se mit à quatre pattes pour passer devant la loge. Une fois qu'il serait hors de vue il n'aurait qu'à revenir, debout, et passer comme si de rien n'était. Si le garde était éveillé il suffirait de lui souhaiter le bonjour pour que Pierrot sache que la voie n'était pas libre.

La première partie se passa bien, même si faire la moitié du couloir sur les quatre fers n'était pas tout à fait au goût de Pierre. Il faisait peut être partie de l'équipage au sol, mais il rêvait trop du ciel pour aimer ramper ; quand il jugea qu'il était assez loin, il se releva en se frottant les mains, puis les genoux pour retirer la poussière.
Il s'apprêtait à repartir lorsqu'il entendit un clic à sa gauche.

Les deux soldats allemands qui le braquaient ne dirent rien, pas plus que l'officier qui le fixait, luger à la main, sourire aux lèvres et jusque dans les yeux. Pierre aurait dû crier, prévenir Pierrot de se barrer, de se planquer, de faire quelque chose ; mais quand Horst Klegerman posa un doigt sur ses lèvres, Pierre eu l'impression que c'était sur les siennes qu'il appuyait. Ses entrailles gelaient, il suait abondamment de la nuque et ne pouvait plus bouger du tout.

Klegerman le contourna lentement et avança vers la loge. Pierre le regarda passé, les yeux noyés, de plus en plus pâle. Ses neurones cherchaient une solution mais tournaient dans le vide : simple spectateur, il se sentait paralysé.

Pierrot dû entendre les pas et croire qu'il s'agissait des siens.

Pierre le vit passer l'angle -ainsi, le garde dormait bien !- et se figer face à Klegerman. Plus réactif que Pierre, Pierrot laissa tomber son sac et s'enfuit en sens envers, vers la Tour Sud, la porte de sortie qui n'était peut être pas encore barrée. Klegerman tira, deux fois, toucha, deux fois, à l'épaule et au milieu du dos. Pierrot trébucha et ne se releva pas.

L'allemand s'agenouilla près du sac, fit rouler l'oeuf qu'une longue fissure balafrait. Il secoua la tête d'un air désapprobateur.

"C'est malin," dit-il en allemand, mais Pierre ne comprenait pas l'allemand, "On ne va plus pouvoir le transporter, maintenant."

Il se releva et, du bout du menton, désigna Pierre.

"Emmenez le."
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