Juliette Keller


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Juliette Keller

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Française
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Âge du personnage : 17 ans

MessageSujet: Juliette Keller   Sam 19 Juin - 14:57

Fiche de personnage

Nom : Keller

Prénom : Juliette

Âge : 17 printemps

Nationalité : Française

Métier : Lycéenne à Ste-Marie

Description physique : 

Juliette ne passe pas inaperçue. Elle n'est pas particulièrement belle, certes, mais son comportement attire souvent l'oeil et on s'attarde sur les détails qui lui donnent du charme.
On laisse volontiers son regard glisser dans ses cheveux. Blond foncé, bouclés volontairement – ce qui lui prend des heures par semaine avec des bigoudis – ils tombent aux épaules et souligne le cou et les épaules. La frange courte lui donne un faux air de jeune fille sage et timide, digne de son lycée.
L'or brun de ses cheveux encadre un visage un peu trop ovale, et des pommettes un peu trop hautes. Cependant, ses yeux bruns, légèrement relevés, sont harmonieusement surmonté de sourcils brun foncé, plus sombres que ses cheveux. Le nez, droit, trahit un tempérament fier, et sa bouche, bien rouge déjà naturellement, dont elle relève la couleur avec du rouge à lèvres malgré le risque de faire catin, est pulpeuse, assurant par milles moues qu'elle peut se faire sensuelle.
Si le visage attire, le corps est plus banal... Et terriblement féminin. Elle estime avoir dix kilos au moins en trop, mais ce sont surtout des formes de femme: hanches prononcées, seins hauts, fermes et ronds. Elle est assez fine des articulations, et semble parfois fragile – sauf que ses yeux et sa manière d'agir trahissent sa vraie nature.
Juliette veut toujours être à la mode, et est souvent un brin coquine: un bouton de trop d'ouvert, une ceinture qui souligne trop la taille, le chapeau de côté pour dévoiler mieux le visage, ...

Description mentale :

Certains signes physiques ne mentent pas. Juliette est effectivement une fille très décidée: quand une idée la prend, elle fait tout pour la réaliser, quitte à bousculer les autres ou à réduire à néant ses chances de faire autre chose. Sa manière de marcher est en adéquation avec ça: elle a un pas ferme, bien qu'élégant comme il se doit, et sa chute de reins est presque provocante. Elle, elle profite des atouts naturels que Dieu lui a donné.

Ainsi, son autre trait de caractère, après le tempérament décidé, c'est ce jeu qu'elle aime faire sur la sensualité. Elle se sait jolie et déteste qu'on lui rappelle son âge pour la tempérer. Si elle reste toujours dans le domaine du sensuel, elle ne va jamais plus loin et dépasse rarement les limites de la décence (ou presque: il lui arrive de tenir la main à des garçons devant l'école de bonnes soeurs, et parfois de les embrasser - sur la joue, faut quand même pas exagérer), même si elle s'en sait capable et peut en parler sans complexes avec ses amies. Elle adore les jolies choses ( les bas en soie remportent l'unanimité ) mais l'environnement de l'école et de la famille n'est pas le meilleur pour ce genre de choses, alors elle se lâche quand elle retrouve ses amis au Club zazou.

Etrangement, cette jeune fille arrive à attirer l'amitié de ses camarades de classe qui ne lui refusent pas souvent ce qu'elle sait demander avec des battements de cils et de grands sourires charmeurs – surtout les garçons. Elle sait se montrer généreuse, parfois même sans intérêt particulier , mais aussi très rancunière. Elle a très bonne mémoire même si elle ne l'utilise pas forcément pour des choses utiles.

Elle n'a guère le tempérament studieux en tout cas. Elle a des envies de jeune fille qui ne tournent guère autour de l'école: germanophile convaincue, elle rêve d'épouser un allemand riche et faire sa vie avec lui, tout en passant du temps sur ses passions: le chant, la peinture et l'écriture. Il faut avouer que si elle chante faux ( même si elle pense le contraire ), elle a un joli coup de crayon et de pinceaux, et avec un peu de travail , elle pourrait même écrire des choses assez jolie. Dans l'idéal allemand, elle rêve d'avoir , avec ce mari, de beaux enfants aussi blonds qu'elle (et lui?) dont on puisse être fier.

Un rien rebelle, elle garde cet aspect pour l'école et sa famille: ayant du répondant et une pointe d'insolence, elle a tendance à ne pas prendre en compte l'avis de certains membres de sa famille qui lui reprochent ce comportement, voire à se moquer des autres, comme ses professeurs. Elle garde cependant pratiquement toujours une manière polie de s'exprimer qui la protège plus ou moins de réactions trop violente ou rapide de ses interlocuteurs.

Quant au reste... Juliette reste une adolescente et peut se montrer parfois lunatique. Elle a un goût certain pour les potins, voire même les rumeurs, ce qui peut se révéler gênant pour certains... pratique pour d'autres. Elle aime s'exprimer et montrer aux gens qu'elle est unique – heureusement, selon beaucoup – et se faire remarquer. Elle a du mal à se faire oublier même quand elle le souhaiterait.
Elle peut encore évoluer, elle n'a que 17 ans, mais certaines choses resteront sans doute acquises à jamais si elle ne subit pas de trop gros choc pour la faire changer.

Histoire :

Quand l'horrible petit truc rouge, fripé et vagissant né au sein de la famille Keller, fut baptisé Juliette en juillet 1924, personne ne pouvait alors se douter que toutes les vies des membres de la famille allaient être bouleversées à ce point.
Johann Keller, riche industriel dans le textile, voulait un garçon qui puisse prendre sa relève et briller dans l'armée. Il fut bien déçu quand on lui annonça qu'il avait une petite fille... jusqu'au premier sourire de l'enfant qui le conquit définitivement. A partir de ce moment, il lui cèda tout et ce laxisme contribua au caractère capricieux de Juliette.
La mère, Alice Keller, née Kledermann, vient d'une des familles franco-allemandes d'Alsace. Elle a surtout gardé le côté allemand de son éducation et a tenté dès les premiers pas de sa fille de les lui inculquer. Tâche difficile au point que si Juliette sait par quel couvert on commence à table, de quelle manière on s'adresse à un supérieur, et comment lacer un corsage, etc elle n'a pourtant jamais réussi à satisfaire assez sa sévère génitrice.
La famille Keller est une famille bourgeoise, autant chez Johann que chez son frère ainé, Karl. Cependant les deux frères ne se fréquentent guère. De toute son enfance, Juliette a du voir son oncle et sa tante une petite douzaine de fois ( une fois l'an? ). Elle a pourtant développé une grande admiration pour sa cousine, Liliane... Admiration qui est retombée comme un soufflet quand elle a appris que Liliane était devenue professeur - la déchéance !

Bref, l'enfance de Liliane se partagea entre grosses bêtises ( comme lorsqu'elle a failli mettre le feu à la maison ) , cours de maintien et de politesse et aussi, malheureusement, les leçons avec son précepteur, jusqu'à douze ans. Et puis des heures pour comprendre comment se mettre en valeur - encouragée par sa mère qui rêve d'un beau mariage et par son père qui la trouve parfaite. C'est aussi chez elle qu'elle découvrit la musique - et malgré les grincements de dents désespérés de son professeur, le chant. Sa mère lui enseigna le dessin et la peinture, et comment choisir les bonnes couleurs et les bons tissus pour s'habiller.
Ensuite, l'entrée au collège a bouleversé sa vie. Entrer dans une classe où tout le monde se connait déjà alors qu'elle n'avait jamais mis les pieds dans une école, ce fut une épreuve importante... Qui lui a permis de développer des choses utiles en société: un battement de cil séducteur, un rire léger, une hypocrisie pratique et la capacité encore plus utile de se faire des amis et s'assurer leur loyauté. Elle devint rapidement charismatique et leader d'un petit groupe de filles.
Une autre découverte, ce fut les garçons. A la sortie de Ste-Marie, ils étaient déjà assez nombreux... Les regards, les rires, les petites blagues, tout contribua à prouver à Juliette qu'elle était faite pour eux. Dans les limites de la décence. Ou presque, puisque pour les soeur, prendre la main d'un garçon devant l'école était indécent. Les bisous sur la joue devant l'école aussi. Les yeux doux aussi. Etc.
En classe et en dehors, Juliette goutait donc à la saveur d'avoir un pouvoir sur les gens et d'être appréciée, et admirée.

Eleve déjà peu concernée par les mathématiques, la littérature ou la géographie, Juliette a pourtant de très bonnes notes en allemand ( qu'elle parle couramment grâce à sa mère ), en dessin et en gymnastique (bien qu'elle soit un peu fénéante sur les bords). Le reste de ses notes baissa d'un coup lorsque la guerre commença - ce qui lui valut de redoubler sa première. Pas parce qu'elle avait peur ( bien que les bruits et Sarnand ne soient guère rassurants ), mais parce que rapidement tous ces soldats lui tournèrent la tête. Quand l'Allemagne prit le dessus et qu'elle s'installa dans la région, elle comprit qu'elle et son père, pro-allemands - allaient sûrement mieux s'en sortir que d'autres. Elle développa une admiration presque malsaine pour l'uniforme. Bien que loin d'être réellement nazie, elle n'est pas contre eux.
Et puis la guerre, et surtout l'occupation, c'était aussi la prospérité de certains endroits comme les clubs et les bars... Qui attiraient beaucoup notre petite Keller. Elle avait appris à faire le mur avant d'arriver en seconde, et elle pratiqua assez souvent avec quelques copines courageuses.
Elle découvrit donc le club des zazous qui la séduit immédiatement. Quand elle y rencontra quelques soldats sympathiques, elle se décida à y aller plus souvent... Et c'est là qu'elle fit la connaissance de Friedrich von Warlau, il y a une semaine environ. Blond, allemand pure souche et tellement charmant, elle a décidé qu'elle l'aurait. Elle lui sort souvent le grand jeu depuis ces quelques jours mais joue les innaccessibles...

Autre chose importante faite ces dernières années? Elle a retrouvé sa cousine Liliane à Ste-Marie, où cette dernière est professeur. Si l'une comme l'autre semblent s'apprécier ( les liens du sang? ), elles ne se parlent pas tellement souvent, mais les ragots ça se partagent entre filles non?
A part ça, elle n'aime pas rentrer chez elle: sa mère est bien trop coincée à son goût et la brime en permanence ( pas le droit de se maquiller, de sortir, de voir des garçons, ... Il faut toujours qu'elle se tienne droite, visite des vieilles rombières et reste des heures à table à laisser Alice délirer sur les potentialités de mariage ). Son père est tout le temps dans son usine, et s'il la couvre de cadeaux, il lui manque plus que la maison en elle-même.
Et pour finir, Juliette Keller a décidé de pratiquer des choses qu'elle n'a pas encore essayé... Et son prochain cobbaye sera sûrement son cher Friedrich.

Relations :

-Cousine de Liliane Keller, professeur de français à Ste Marie. [Le point faible: les études, sur lesquelles elles ne sont pas d'accord. Point fort: pour une conversation superficielle. Liliane la prend un peu pour une cruche]
-Elève de Paul Nantois, professeur de littérature [ Ne semble pas aimer son humour et ses réponses quelques peu insolente... Et sa manière d'être dissipée... Et celle de se moquer pratiquement entièrement de réussir ses examens... Un vrai prof. ]
-Voisine de Marie-France Vaubert
-Elle fréquente le même club zazou que Friedrich von Warlau et Fritz Helmar
-Elle est amoureuse de Friedrich von Warlau [ Hors de question de lui dire malgré tout, pour le moment. C'est plus amusant de le regarder être gentil à croquer. ]


Dernière édition par Juliette Keller le Jeu 24 Juin - 0:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Juliette Keller   Dim 20 Juin - 14:05

Texte personnel :

Le rose et le noir

« Ha non! »

Juliette tapa du pied en assénant catégoriquement sa réponse d'une voix ferme, maitrisée, … capricieuse. Elle ne parlait à personne, sauf si on comptait sa valise comme une personne.

« Ha non! » répéta-t-elle avec hargne.

Sa compagne de chambre leva un sourcil perplexe et faillit demander ce qu'il se passait, mais connaissant le caractère de Juliette, il valait mieux que la blonde s'explique d'elle-même plutôt que de lui demander sous peine de subir un transvasement des éclairs de colère sur elle. D'ailleurs, Juliette, après une ou deux insultes en allemand, s'expliquait.

« Mais comment ose-t-elle? J'avais ma belle robe, la rouge, et les collants assortis... Et là, là ! »

Elle en bredouillait presque. Elle sortit de la valise ouverte une chose informe, rose.

« Une robe de jeune fille de bonne famille, bien sage. Mais je ne peux pas mettre ça! »

Elle jeta rageusement l'infâme vêtement en travers de la valise, et les poings sur les hanches se tourna vers sa camarade:

« Je ne peux pas me montrer comme ça au Club. Surtout qu'il y a des nouveaux arrivants, à ce qu'il paraît. Trouve une solution. » Le ton était énervé, mais se fit plus doux: « S'il te plait. »

Mais que pouvait faire la gentille brunette assise sur son propre lit? Si elle aimait bien Juliette et ne l'aurait jamais dénoncée, elle ne cautionnait pas ses frasques, et était totalement adaptée à l'école des soeurs: elle n'avait pas une seule robe un tant soit peu décolletée de toute façon! Mais elle n'avait pas besoin de parler, comme d'habitude: Juliette passait déjà à autre chose, et finissait de vider, plus ou moins élégamment, la valise en carton qu'elle avait ramenée de son week end en famille.
Et elle se releva soudain, le visage décidé. Sans aucune pudeur, elle enleva son uniforme et essaya tout de même la robe. Le soupir d'horreur traduisit rapidement ses sentiments.
Effectivement, l'ample vêtement rose était sage. Très sage. Et même avec une ceinture bien placée, il resterait sage.
Presque découragée, Juliette s'assit sur le bord de son lit, faisant grincer les ressorts.

« Je ne vais pas y aller comme ça... »

L'autre fille ne répondit pas. Elle s'installait pour la nuit, car le couvre-feu approchait à grands pas. Mais une Keller ne se laissait pas abattre par de telles considérations. Et sautant sur ses pieds, elle quitta la chambre quelques minutes.
Quand elle revint, le sourire triomphant, elle portait une robe noire dans ses bras. La tenant devant elle, elle se regarda en pliant la tête:

« Le noir est trop sobre, mais elle ira bien. J'ai pas vraiment le choix. Le rose ou le noir. J'ai choisi. »


Et en effet, la robe empruntée à on ne savait qui lui allait beaucoup mieux que le sac de patate rose. Elle moulait bien les formes ( trop? ), dévoilait ce qu'il fallait de la délicate poitrine , et tombait bien malgré ce noir trop sage. Juliette hocha la tête, satisfaite.

« Passons à la suite... »

Fouillant dans le reste de sa valise éventrée, elle en sortit une ceinture rouge qui vint relever sa taille. Elle enfila ensuite des bas noirs et rouge … et se glissa sous les couvertures. A temps, car une des soeurs vint passer la tête par l'entrebaillement de la porte:

« C'est l'heure, jeunes filles. Eteignez. »


« Bonne nuit, ma soeur » dirent en choeur les deux lycéennes.

Et à peine le battant refermé, Juliette se relevait et se coiffait. Elle jeta un regard coquet à sa camarade:

« Tu me trouve comment? »


La réponse la satisfaisit, et elle ajouta la dernière couche en passant un peu de bleu sur ses paupières et en mettant du rouge à lèvre.
Excitée, comme à chaque fois, elle alla à la fenêtre, attendre l'heure prévue pour la sortie. Peu de temps après, un léger grattement à la porte la fit sursauter.

« A tout à l'heure! » chuchota-t-elle pour l'autre élève.

Et elle rejoignit son amie. Et usant de leurs précautions habituelles, les deux jeunes filles quittèrent Ste Marie pour rejoindre leur lieu préféré: le club zazou de Montreuil. Bien avant d'arriver, elles riaient déjà et plaisantaient sur les folies qu'elles allaient faire.

En entrant, elles reprirent leur sérieux. On les connaissait bien ici, et tout le monde savait que ce n'était pas quelques épreuves du baccalauréat qui allaient les empêcher de venir.
Immédiatement après leur premier pas dans le club, elles avaient repéré leur table. Quelques soldats allemands y buvaient déjà, discutant avec quelques jeunes français. Des collaborationnistes, voire des collaborateurs. Aucun intérêt, toutes ces considérations. S'ils avaient de quoi boire, et un joli sourire... Et puis la guerre, pour une pro-allemande comme elle. Comme elles...
Tout sourire, les deux filles s'approchèrent, et saluèrent joyeusement. Deux hommes étaient des habitués et leur firent une place. S'asseyant gracieusement, elles se firent servir un verre de vin.

La soirée commença, semblable à beaucoup de ces soirées clandestines. L'une comme l'autre souriait, plaisantait... Les jeux de cartes s'enchainaient, les verres d'alcool aussi... Personne ne se doutaient que les deux amies étaient encore mineures, et peut-être moins mûres que leur aspects extérieurs.
Juliette se sentait bizarre pourtant, ce soir-là. Elle sentait un regard sur elle. Oh, ça, elle avait l'habitude qu'on la regarde, qu'on l'admire. Mais ce regard là était plus... doux. Elle finit par accorder sa pleine attention au jeune soldat. Friedrich. Il était blond, ne riait pas vulgairement comme d'autres. Il semblait plus réfléchir à ses paroles. Juliette but dans son verre, l'effleura plusieurs fois « par mégarde ». Elle l'observa du coin de l'oeil quand il ne la voyait pas, rit à ses blagues et le laissa garder la préséance sur les autres dans ses conversations. Un énorme effort de la part de la blondinette – et qui n'échappa pas à son amie. La jeune Keller réussit à soutirer des informations intéressantes sur le jeune homme, discutant autant en allemand qu'en français avec tout le monde ... Sans s'adresser directement sur ces points au jeune homme au début, avant de jouer les coquettes et de le presser de répondre à certaines questions. Le jeu du mystère était si palpitant, il sembla s'y complère aussi, en répondant parfois vaguement, parfois en lui retournant sa question.

Quand il fut plus que l'heure de retourner dans leur chambre à Ste Marie, Juliette et sa meilleure amie saluèrent joyeusement, à leur habitude, la tablée, et se levèrent. Galament, deux jeunes hommes les raccompagnèrent. Ce soir-là, Friedrich était l'un d'eux, et insista pour les ramener jusqu'à l'école. La soirée se prolongeait ainsi, et les deux filles étaient à l'abris de représailles de la milice pour avoir bravé le couvre-feu militaire.

Quand les deux soldats les laissèrent, Juliette se prit un coup de coude amusé dans les côtes:

« Mignon, le blondinet, hein! »


Souriant malicieusement, Juliette répondit:

« Pas mal. On va dormir? »

Même à sa complice, elle ne voulait pas parler de cette étrange impression qu'il lui avait laissé dans le creux du ventre. Elle avait hâte de retourner au club le voir. Mais Juliette Keller ne connaissait pas le coup de foudre. Enfin, elle ne voulait pas y croire. Du tout.

Alors pourquoi en se déshabillant puis en se glissant dans ses draps et enfin en posant la tête sur l'oreiller, elle se demanda s'il avait une fiancée au pays et si le lendemain soir il serait à la même table, son regard cherchant une certaine robe noire et rouge. Elle n'avait pas à regretter son choix entre le rose et le noir, décidément. Le sommeil avait le goût des rêves à venir.
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