Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)


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Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)

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Grand Vizir
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MessageSujet: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Dim 20 Juin - 3:28

C’était une nuit comme les autres à Sarnand.

Quoique. Cette nuit était vraiment superbe dans son genre. Aucun nuage, pas de vent, une Lune superbe, qui étincelait dans sa robe d’argent. Toutes les étoiles semblaient s’être apprêtées pour un bal céleste et formaient un réseau extrêmement dense de points blancs, resplendissantes sur la voûte noir. Un Waldoheule avait commencé à tourner autour de Sarnand, pour observer ses abords, après la disparition du Soleil. Il avait vu chaque étoile apparaître, une par une ou presque. Quand il céda sa place à la Fleur-de-Nuit Nobilitas, le ciel était devenu une vaste toile piquetée d’étoiles pâles, qui se reflétaient dans les grands yeux blancs de la dragonne. Tandis que son équipage la préparait, l’immense bête nocturne ne cessait de lever la tête, pour regarder la Lune et ses compagnes. Stéphane la laissait faire, indulgent, car ses mouvements ne gênaient pas la mise en place des différentes lanières sur son dos. Sarnand était calme, Nobé de bonne humeur. Il estimait donc que tout allait bien, et fronça les sourcils quand la dragonne souffla par les naseaux une fois, puis deux, car c’était généralement un signe de mécontentement.

"Il y a des pygmées sur les toits" dit-elle au bout d’un moment, sans cacher son déplaisir.

Stéphane haussa les épaules, soulagé.

"Il y en a toujours"


Nobilitas insista, avec une pointe d’inquiétude.

"Il y en a vraiment beaucoup"

Alerté, Stéphane leva les yeux à son tour. Effectivement, il y en avait beaucoup. Même si les toits n’étaient pas intégralement recouverts, il était clair qu’il y en avait plusieurs dizaines. Ils échangeaient des murmures, déployaient et repliaient leurs ailes d’un air nerveux, planaient pour changer de place, faisaient mine de se battre avec leurs voisins, tapotaient la pierre et les tuiles du bout de leurs griffes, sifflaient... Au départ, Stéphane n’avait rien entendu. Maintenant, il se demandait comment il avait fait pour ne pas les remarquer. Ils faisaient un boucan d’enfer, comme une sorte d’essaim bourdonnant, juste au-dessus de Sarnand.

"RRREINE DE LA NUIIIIT !"

Nobé et tous ses hommes sursautèrent, Stéphane compris. Ce cri avait semblé sorti d’une centaine de gorges, au moins. Mais ce n’était que le prélude. Quelques secondes plus tard, toutes les bêtes se lançaient dans un concert de sifflements stridents, de gloussements, de grognements et autres bruits de gorge, en clamant de temps à autre « Rrreine de la nuit » ou un « Oriooooon ! Lumiiiiiière Oriooooon ! » extatique.

Ecouter les gammes d’un seul pygmée, c’était déjà quelque chose. Malgré leur petit gabarit, ces bêtes avaient du coffre.

En entendre cent, à deux heures du matin, c’était un avant-goût de l’Enfer

[HJ – Debout Sarnand !!]
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Dim 20 Juin - 11:04

Pour dormir dans le dortoir de Wolfgang, mieux valait avoir un sommeil de plomb. Car n'ayons pas peur des mots, les soldats ronflaient. Enfin, presque tous, Wolfgang lui ne ronflait pas, il mioumiounait selon l'expression de sa mère. En gros, il émettait de petits bruits de gorge tout mignons et pas très forts. Mais l'important pour lui était de pouvoir dormir dans n'importe quel environnement. Donc à deux heures du matin, le bruit de ruche qui régnait au dessus de Sarnand ne le réveillait pas. Il aurait vécu quelques années plus tard, il aurait pu comparer le bruit avec celui des wuwuzela, mais ce n'était pas le cas.

Il fut par contre réveillé, au beau milieu d'un rêve où on l'interrogeait sur les inventions les plus inutiles, par le cri poussé par les pygmées. Il se dressa dans son lit en récitant.

" 1932, le fil à couper l'eau chaude !"

Heureusement, personne ne fit attention à lui parce que, déjà, les cris se multipliaient et qu'ils ne pouvaient pas s'entendre. Il se leva rapidement et s'habilla tout aussi vite que si on lui avait dit que la base était attaquée et que ce n'était pas un exercice. Il ne prit pas le temps de vérifier les plis éventuels de son uniforme avant de courir en direction de l'aire d'atterrissage.

Il savait déjà qu'il verrait certainement du monde, il y avait une sorte de panique frénétique dans les couloirs, et des dragons. Entre autre son dragon qui pouvait avoir l'impression d'être appelé. Il arriva sur l'aire en même temps que d'autres et il ne sut pas trop quoi faire. Orion venait effectivement de sortir des étables et Wolfgang alla rejoindre son dragon.

" Qu'est-ce qui leur prend ? "

Oui, il se disait que, peut-être, le dragon saurait ce qui arrivait aux pygmées ainsi rassemblés. En tout cas, il y en avait vraiment beaucoup ...
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Mar 22 Juin - 0:59

Avant goût de l’Enfer peut-être pas, mais en tout cas, avant goût de catastrophe très certainement.

Yannick, les sourcils froncés, acheva d’escalader le dos de ‘Reine de la nuit’ pour avoir un meilleur point de vue sur les toits de Sarnand. Et ce qu’il y vit le préoccupa davantage. Jamais il n’avait vu une telle concentration de pygmées, ce qui amenait plusieurs questions à son esprit. La première, comment avaient-ils pu se reproduire autant ? Il en avait vu pas mal dans les couloirs et les étables, mais n’avait jamais pensé que c’était… à ce point. La seconde, qu’est ce qu’ils fichaient là ? Ils attendaient que Nobilitas s’envolent pour l’escorter jusqu’à la lune ? Pour la vaincre en l’attaquant tous ensemble ? Et la dernière et non moins importante : que devaient-ils faire ?

Mais celle-là, c’était celle que devait se poser le Commandant et c’était à lui d’y répondre. Ainsi le breton quitta-t-il son poste d’observation pour rejoindre le sol où le reste de l’équipage embarqué attendait déjà les instructions.

Et dire que c’était censé être une virée de routine ! Vu comment les choses se présentaient, il y avait de fortes chances qu’ils soient amenés à revoir leurs plans. La chasse aux pygmées serait-elle ouverte ce soir ?

Il aimait bien ces petites bestioles – un peu trop bruyantes à son goût, mais très divertissantes – mais se doutait qu’autant de dragons sauvages en liberté risquait de vite poser problème. D’autant que les dragons en question étaient des opportunistes et mangeaient tout et n’importe quoi, tapant dans la bouffe des humains comme des grands dragons.
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Mar 22 Juin - 19:26

Occupé à boucler les sangles dont il avait la charge, François ne faisait pas vraiment attention à ce qui se passait autour de lui. Nobilitas bougeait un peu, mais ce n’était pas franchement gênant et l’aviateur n’interrompit donc pas sa tâche pour si peu. La première remarque de la dragonne, qui frappa ses oreilles au moment où il attachait la dernière boucle, ne le dérangea pas non plus. Après tout, ça n’avait rien d’inquiétant puisque, comme le faisait remarquer le cap… le commandant Wilson, il y avait toujours des pygmées sur le toit.

En fait, il y avait toujours des pygmées partout, maintenant, et François ne pouvait pas s’empêcher de partager l’opinion de la Fleur-de-Nuit sur laquelle il servait à leur sujet. Ces dragons étaient de vrais pestes ; ils pépiaient, criaient, roucoulaient à n’en plus finir, sans aucun égard pour les honnêtes soldats qui essayaient de travailler, se concentrer ou dormir ; ils ne se faisaient pas prier pour piquer la nourriture où ils la trouvaient, même si elle se trouvait justement dans une assiette ou un plat destiné à un être humain ; et ils étaient franchement insupportables quand ils avaient décidé de s’approprier quelque chose. Comme les vrais grands dragons, ils étaient jaloux de leurs possessions… sauf que leurs possessions en question ne leur appartenaient en général que dans leur esprit et qu’ils étaient loin de posséder ne serait-ce que la moitié du quart d’une étincelle de l’intelligence des grands reptiles – et certains n’étaient déjà pas des lumières, comme les Toute-Vitesse, par exemple.

En bref, si le jeune homme appréciait et admirait les dragons, il ne supportait pas les pygmées, et il releva la tête de sa dernière sangle bouclée quand Nobilitas annonça qu’il y en avait beaucoup. Effectivement, il y en avait beaucoup. Vraiment beaucoup. Bien plus que d’habitude et… Le cri le fit sursauter, comme tous ses camarades. Par réflexe, il se plaqua les deux mains sur les oreilles, avant de se reprendre et de laisser ses mains retomber, puis de se rapprocher du commandant et des autres membres d’équipage. Il se plaça à côté de Kerendrec, mais ne lui prêta pas vraiment attention, ses yeux passant du dirigeant en second de Sarnand à la dragonne et aux toits où se trouvaient les pygmées. Qu’est-ce qui leur prenait, à ces sales bestioles ?

« Qu’est-ce qu’on fait ? » articula-t-il, sans être certain d’avoir vraiment prononcé quelques mots, tant les petits dragons faisaient du bruit.

Il allait falloir faire quelque chose, certainement, on ne pouvait pas les laisser piailler comme bon leur semblait. Eux, ils faisaient peut-être partie de l’équipage d’un dragon nocturne, mais la majorité des habitants de Sarnand dormaient à cette heure-là. Enfin… Auraient voulu dormir puisqu’ils devaient être réveillés maintenant, et que certains se pointaient déjà sur l’aire d’atterrissage.
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Mar 22 Juin - 20:31

C’était l’avantage d’être domestique dans une base militaire : on devait peut-être travailler pas mal d’heures par jour, on devait transporter de la vaisselle qui ne demandait qu’à s’échapper et à se briser au sol, on risquait de rencontrer à n’importe quel instant des inconnus, des soldats et des allemands… mais on avait une chambre individuelle. Pas bien grande, pas très lumineuse, mais largement suffisante et, surtout, un peu à l’écart de tous les lieux de passage privilégiés du château. Autrement dit au calme, ce qui était certainement ce qui importait le plus aux yeux de Madeleine. Elle n’avait de toute manière pas besoin que son refuge soit très grand puisqu’elle n’y passait pas énormément de temps, qu’elle n’avait pas beaucoup de mobilier et qu’elle l’occupait seule. Enfin, presque seule, mais Glouton ne prenait pas beaucoup de place donc sa présence n’était pas du tout gênante.

La jeune femme dormait donc à poings fermés lorsqu’un cri semblant sortir tout droit des abîmes de l’Enfer – au moins ! – résonna sur l’aire d’atterrissage et dans les moindres recoins du château, y compris celui où se trouvait sa chambre. Madeleine se réveilla en sursaut et, à moitié affolée, mis quelques secondes à réaliser que le ciel ne lui était pas tombée sur la tête mais qu’un son inconnu était la cause de son réveil. Hébétée, elle détailla ce qui l’entourait, profitant de la faible lueur que projetait la lune dans la pièce pour vérifier que tout était bien à sa place… sauf Glouton. Le dragon pygmée ne se trouvait ni perché sur les barreaux du lit, ni debout sur le dossier de sa chaise, ni couché sur son coussin sur ladite chaise. Un peu (beaucoup) inquiète – et d’autant plus que le bourdonnement qui semblait venir du dehors ne perdait pas d’intensité – la domestique comprit vite que quelque chose n’allait pas et ne s’attarda pas plus longtemps sous ses couverture. Elle repoussa ses draps et se leva d’un bond avant de s’habiller le plus vite possible et de quitter sa chambre.

Quelques instants plus tard, vêtue d’une jupe et d’un chemisier enfilés à la va-vite, Mado se trouvait à l’issue donnant sur l’aire d’atterrissage la plus proche de sa chambre et contemplait d’un air effaré Nobilitas et son équipage au milieu de la cour et, surtout, les pygmées sur le toit du château. Il y en avait beaucoup. Enormément. Et il faisait tant de bruit que c’en était véritablement effrayant. Est-ce que son Glouton était quelque part au milieu de cet essaim ? Qu’est-ce qu’ils faisaient tous là ?

Lorsqu’elle se rendit compte qu’elle n’était pas la seule à sortir du château, la domestique referma la bouche en rougissant – ce qui devait passer relativement bien inaperçu dans la pénombre – et se renfonça le plus possible contre le mur de pierre, comme si elle voulait s’y fondre, tout en croisant les bras sur sa poitrine, aussi bien pour se faire la plus petite possible que pour se protéger de la fraîcheur nocturne. Mais elle n’eut même pas le temps de prier pour que personne ne la remarque, tout occupée qu’elle était à observer avec inquiétude le manège des petits dragons et les réactions des autres personnes présentes.
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Dim 25 Juil - 19:14

Samson avait commencé à parler des pygmées bien avant de les rencontrer. Il avait en effet tendance à accuser des êtres invisibles, camouflés ou minuscules dès qu’il était confronté à un phénomène inexpliqué, et les dragons pygmées avait une place de choix dans son cœur. Il avait été stupéfait et ravi la première fois qu’il avait croisé un représentant de l’espèce, et s’était aussitôt lancé dans une campagne de séduction. Il avait fait ses premières armes avec Racaille, le dragonnet trouvé dans la chambre du Major Von Lichtenstein, puis avait tenté d’en attirer d’autres dans son périmètre, en les flattant et en leur proposant des lambeaux de viande. Mais Racaille ne l’avait pas entendu de cette oreille et avait résolument chassé tous ses congénères. Il considérait que Sam lui appartenait et n’était absolument pas partageur, à l’image de ses cousins géants. Un peu désappointé au départ, le Stabsgefreiter s’était fait une raison et s’était consacré à l’éducation de Racaille.

Il ne savait pas trop s’il était le maître de Racaille ou le contraire, mais s’accommodait plutôt bien de la situation. Son dragon et lui s’entendaient comme larrons en foire et échangeaient quotidiennement des insultes extrêmement fleuries, dans toutes les langues parlées à Sarnand et à Montreuil. Racaille désertait parfois le dortoir deux ou trois jours mais revenait toujours, souvent escorté par plusieurs congénères, mâles et femelles. Même avec un œil sur Racaille, un autre sur Nimue, le nez dans ses bouquins et son esprit en cavale, Samson avait rapidement réalisé que les pygmées étaient de plus en plus nombreux. Il n’avait pas bronché au départ mais avait fini par s’inquiéter. Il filait un coup de coude à Gabriel dès qu’ils se croisaient, pour attirer son attention sur le phénomène, mais son cousin français n’avait toujours pas compris l’origine de ces agressions physiques – et Sam n’osait pas évoquer ses craintes à voix haute, de peur que les pygmées l’entendent.

En tous cas, il ne fut absolument pas surpris par les performances vocales des pygmées, la nuit du Chœur des Cent Voix. Il fut réveillé en sursaut, gueula « Je l’avais bien dit ! » puis galopa, pieds nus, dans les couloirs, avant de s’arrêter devant une fenêtre.

"Ha, les vicieux !"


Ils se servaient de la lumière lunaire pour augmenter leurs forces, c’était sûr ! Ils allaient attaquer, c’ était certain ! Ils étaient sur le point de conquérir le monde, il l’avait toujours dit ! Ils étaient dangereux !

Enfin, sauf Racaille. Racaille appartenait à un autre monde, un monde où insultes et salutations se confondaient joyeusement, et où la nourriture était servie à heure fixe, en temps de guerre comme en temps de paix.
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Jeu 29 Juil - 22:18

Depuis le départ de la dizaine de dragons de la Die Adler, Sarnand était "calme" : moins d'hommes, moins d'officiers, moins de dragons pour se chipoter, prendre des places à table ou juste vivre dans le château. Parce qu'on pouvait difficilement vivre en étant entièrement silencieux, même quand on était une petite souris comme mademoiselle Madeleine. Mais dans la liste des choses que Heinz Siedler avait appris au cours de sa vie figurait en bonne place le point suivant : certaines personnes sont plus capables que d'autres de vivre bruyamment.

Il va sans dire qu'au moment où le gigantesque cri traversa le plafond et les fenêtres ouvertes de sa chambre, Heinz Siedler n'avait aucune pensé pour les choses de la vie. Il dormait du sommeil du juste qui a bien bu pour être sûr d'être le plus juste possible, et, mieux encore, d'être un juste sans cauchemars. Ses prévisions n'avaient toutefois pas pris en compte une invasion de pygmée comme réveil matin... douloureux. C'est ce qu'il pensa immédiatement, avant toute chose : douloureux, le réveil matin. Heinz n'avait pas fini de cuver mais la gueule de bois se faisait déjà sentir.

Il referma les yeux entreprit de se cacher consciencieusement sous son oreiller, puis sous l'oreiller et le traversin, puis sous l'oreiller, le traversin et la couverture. Il aurait aussi pu se lever pour fermer la fenêtre mais l'effort lui parut tout simplement surhumain, ce qui ne l'empêcha pas de grogner quelques insultes qui lui auraient fait honte en temps normal. Maladroitement, il tendit le bras pour attraper la bouteille de whisky sur sa table de nuit. Le whisky faisait du bien, y'avait pas de raisons que quelques gorgées ne l'aident pas à se rendormir, non ?
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Dim 1 Aoû - 1:53

Nobé banda ses muscles lorsque tous les pygmées commencèrent à piétiner le toit, leurs griffes cliquetant contre les pierres, les gouttières, le toit, comme l’auraient fait des centaines de gouttes de pluie. Quelque chose dans leur manège la mettait mal à l’aise, et elle découvrit ses crocs en sifflant comme un chat en colère, menaçante. Elle était gigantesque comparée à ces parasites, mais les pygmées étaient vraiment très nombreux, et elle regretta furtivement que les autres dragons nocturnes ne soient pas à ses côtés. Discretio, le Fleur-de-Nuit sur lequel Stéphane avait fait ses premières armes, était passé les voir au petit matin, mais était reparti au coucher du soleil. Avec un tel partenaire à ses côtés, Nobilitas se serait ouvertement moqué de ces petites bestioles qui l’avaient nommée Reine. Mais là, elle n’avait aucune envie de rire. Ces créatures l’effrayaient, plutôt.

Stéphane posa une main sur la crosse de son revolver et l’autre sur la patte de sa dragonne, pour la rassurer. Les Fleurs-de-Nuit n’appréciaient pas les situations inhabituelles, et le commandant préférait calmer sa partenaire avant qu’elle soit envahie pour de bon par la nervosité. Comme si les pygmées répondaient à un signal, ils s’élancèrent aussitôt dans les cieux, leurs ailes claquant aux vents, sifflant, criant et rugissant toujours, avant de fondre contre un seul dragon vers la tête de Nobilitas. Sans même prendre le temps de réfléchir, la dragonne ferma les yeux, opposant aux serres pygmées ses épaisses paupières. Ce réflexe préserva ses précieux globes oculaires, mais elle sentit tout de même les petits dragons attaquer les écailles à coups de bec et à coups de griffes, et poussa un pur clairon de rage, en secouant sa grande tête.

Sans ouvrir les yeux, elle se cabra et rugit à nouveau, furieuse, balançant sa queue et ses pattes antérieures dans l’air, sans se soucier des dégâts qu’elle pouvait causer. Les hommes qui se trouvaient encore au sol s’écartèrent vivement, Stéphane compris. Les mâchoires de la dragonne claquèrent, une fois, deux fois.

"Allez-vous-en ! Dégagez !"

Ils s’écartèrent de Nobilitas, en une nuée colorée et bourdonnante, mais une vingtaine d’entre eux repartirent à l’assaut. La pygmée rose de Stéphane vint aux nouvelles et se posa sur l’épaule de son maître, attirant l’attention de dix de ses congénères, qui piquèrent vers le commandant. Exaspéré, ce dernier dégaina son revolver et tira sur les attaquants.

Il tira cinq fois.

Quatre des pygmées tombèrent aussitôt au sol. Les six autres s’enfuirent en poussant des cris de terreur.

Luscinia, la petite pygmée rose, poussa un petit pépiement d’admiration craintive et se lova contre le cou de Stéphane.

Nobilitas ouvrit les yeux et claironna à l’attention des pygmées qui s’éloignaient.

Stéphane tira une nouvelle fois, sans viser cette fois. Sa balle rebondit sur une tuile avec une giclée d’étincelles, loupant de peu deux pygmées qui s’enfuirent en hurlant.

"Reeeeeine de la nuiiiit pacontente, pacontente, pacontente !"
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Mar 3 Aoû - 13:41

De voir tous les petits dragons se rassembler avait le mérite de faire comprendre quelque chose. Ils étaient plus que dangereux et pas uniquement pour les réserves de nourriture. Wolfgang regarda leur manège alors qu'Orion ne voyait pas ce qui se passait et pestait contre la nature qui ne l'avait pas fait Nachtfalken. Mais comme pester ne servait à rien, il cessa immédiatement quand l'attaque se prépara. La lumière était assez forte pour qu'il remarque ce qu'ils faisaient et Wolfgang se baissa instinctivement alors que la masse grouillante fondait sur la Fleur de Nuit. Il inspira ensuite quand il entendit Nobilitas gronder et il se redressa pour voir ce qui se passait.

Il inspira une nouvelle fois avant de pester car il n'avait pas d'arme. Pourquoi est-ce qu'il était trop jeune ? Orion inspira dans le dos du Flieger et gronda en direction des pygmées.

" Oust ! "

Wolfgang, lui, se contenta de reculer vers les étables. Mais il ne fuyait pas non, il allait chercher le harnais d'Orion. S'il fallait se battre, il préférait le faire sur le dos du dragon et en vol si possible. Car c'était certainement une question de temps pour que toutes les lumières de Sarnand soient allumées et donc qu'ils puissent décoller sans mal.

Courant vers l'étable du Falken, il récupéra le harnais rapidement et retourna tout aussi vite vers l'aire d'atterrissage où les pygmées étaient en train de constater que la reine de la nuit n'était pas contente. Elle n'était, malheureusement pour eux, pas la seule.

" Orion, prépare toi à décoller. "

Il fixa le harnais sur le dos du Falken et hurla par dessus la cacophonie.

" Capitaine ach nein ! Commandant (*), avez vous besoin d'aide ? "

En gros, il aurait bien aimé en découdre, ça lui faisait bizarre de tuer des pygmées mais ... tant pis, ils avaient commencé et là pour le moment Wolfgang était en dehors de la grande réflexion, il y avait un danger pour la base, il agissait !

(*)commandant au passage selon Flo mais je pense que faut dire que commandant
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Dim 8 Aoû - 23:35

Les doigts de Heinz Siedler effleurèrent plusieurs fois le goulot sans pouvoir l'attraper avant qu'il ne sorte de sous son oreiller. Vraiment, quelle soirée pourrie ! D'abord la gueule de bois, ensuite le bruit, et puis la bouteille qui résistait ! Bordel, sa vie était triste. Très triste. Il rampa sur les coudes jusqu'à ce que le whisky soit enfin à portée.

Whisky. Victoire ! Une bonne gorgée avalée à jeun lui crama la gorge. Le cul de la bouteille claqua sur la table de nuit. L'officier en pyjama s'enfonça sous ses draps. Il croisa les mains sur son ventre. Ses paupières se fermèrent. Maintenant, dans l'idéal, les bruits allaient s'en aller gentiment au pays de Mickey Mouse et emmerder d'autres gens que lui.

Non ?
... non. Parce que la vie était injuste et ne voulait pas que Heinz Siedler soit en forme pour faire des châteaux de cartes dans son bureau entre deux signatures d'aller simple pour un camp de concentration quelconque. D'ailleurs, en plus d'être injuste, la vie le détestait. A présent, elle décidait que les hurlements des dragons ne suffisaient pas, non, il fallait que les gens s'en mêlent à tirer des coups de feu. Bordel, bordel, bordel. Il se demanda si quelqu'un avait eu la charmante idée d'assassiner Klegerman. Peut être que s'il butait le tireur, il pourrait dormir tranquille ? Il devait bien avoir son pistolet quelque part...

Heureusement pour le commandant Wilson (et peut être aussi pour les gens alentours vu l'état d'ébriété de Siedler), l'Allemand ne parvint pas à se rappeler de l'endroit où il avait rangé son pistolet avant de se décider pour une solution moins fatiguante : aller à la fenêtre et gueuler très fort :

"Mais c'est pas un peu fini ce bordel ?"

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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Mer 18 Aoû - 1:16

Accolée au mur de pierres froides, Madeleine ne quittait pas des yeux la scène qui se déroulait sous ses yeux, mais elle aurait été bien incapable de dire qui était là et qui faisait quoi. Toute son attention était tournée vers les dragons pygmées, sur le toit, et le reste ne prenait pas plus de consistance qu’un rêve, comme si le vacarme causé par les petits dragons saturait tous ses sens en même temps que son ouïe. Seule la silhouette de Nobilitas se détachait un peu, avec ses yeux opalescents fixés sur le toit. Néanmoins, malgré le fait qu’elle ait plus ou moins adopté une petite bestiole ailée et celui qu’elle leur accordait pour le moment toute son attention, la domestique n’avait pas prévu que les dragons pygmées décideraient soudain d’accompagner leurs cris d'un concert de cliquetis de griffes. Lorsqu’ils se mirent à piétiner le toit, la réaction de la jeune femme fut de se renfoncer un peu plus dans son coin, en serrant un peu plus les bras sur sa poitrine et les doigts sur la manche de son chemisier. Elle sentait la pierre contre son dos, à travers le tissu, et ce contact avait quelque chose de rassurant. Au moins, il était normal, pas comme le chaos ambiant.

Chaos qui ne sembla d’ailleurs pas si chaotique que ça, a posteriori, c’est-à-dire quand les dragons décidèrent de prendre leur vol. Madeleine déglutit nerveusement et se colla un peu plus contre le mur, en tâchant de repérer son dragon à elle au sein de la nuée de bestioles volantes et en se demandant ce qu’ils comptaient faire en se précipitant ainsi sur Nobilitas qui était tout de même bien plus grande qu’eux, qui semblait plutôt énervée et… dont le pilote l’était aussi apparemment.

Le claquement sec des coups de feu fit sursauter la jeune femme plus que tout le reste et elle ouvrit de grands yeux, d’abord surpris puis horrifiés, quand elle vit quatre pygmées tomber au sol sur les dix qui avaient piqué vers le commandant Wilson. Contrairement aux six petits dragons indemnes, la domestique n’exprima ses émotions par aucun son audible, mais elle eut l’impression que le sang se retirait de son visage quand le pilote de Nobilitas tira à nouveau et que les bruits des coups furent immédiatement suivis par le son des ricochets sur les tuiles du château où se trouvaient encore perchées quelques-unes des petites bestioles.

Sans réfléchir, Mado quitta son renfoncement et se précipita vers l’aviateur, sans prêter la moindre attention aux autres acteurs ou détails de la scène. Elle ne remarqua pas l’autre dragon – après tout, le courrier allemand était bien plus petit que la Fleur-de-Nuit – qui se faisait harnacher par son pilote, pas plus qu’elle n’entendit le hurlement en provenance d’une des fenêtres du château ou ne repéra les gens qui se bousculaient sur l’aire d’atterrissage, autrement que pour les éviter. Elle ne s’arrêta qu’une fois arrivée à proximité de l’équipage de Nobilitas, mais ce fut vers le visage Stéphane qu’elle leva des yeux agrandis par l’inquiétude, tandis qu’elle mettait à contribution plusieurs muscles qui n’avaient pas travaillé jusque-là – à savoir ceux qui actionnaient ses lèvres et ses cordes vocales, entre autres.

« Ne tirez pas, Commandant ! Il y a Glouton et… »

Les connexions neuronales durent choisir cet instant pour s’établir à leur tour, puisque la jeune femme parut soudain réaliser à qui elle venait d’adresser la parole. De blêmes, ses joues prirent une jolie couleur cramoisie, et elle déglutit nerveusement en baissant les yeux sur ses mains qui commençaient à se tordre en tous sens.

Elle venait d’adresser la parole au commandant Wilson, de son propre chef. Pire, elle l’avait apostrophé. Elle avait… Mais c’était pour Glouton. Si elle ne faisait rien, il risquait d’être touché et donc blessé, voire même tué, par une balle perdue – ou non. Aussi la domestique prit-elle une (relativement) grande inspiration, avant de relever la tête vers l’aviateur, non sans cesser de se tordre les mains ou d’avoir les joues en feu.

« S’il vous plaît… ? » acheva-t-elle d’une toute petite voix – bien plus faible, en tout cas, que celle qui avait prononcé les mots précédents – et le regard suppliant.
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Mer 18 Aoû - 14:28

Yann n’avait pas de réponse à offrir à Drisslet. Du moins dans l’immédiat. Les hommes de sa famille étaient tous connus pour leur esprit d’entreprise et leur imagination fort peu compatibles avec la carrière de militaire de bas échelon. Il lui avait fallu des mois pour réprimer ses élans et rester soigneusement en retrait en attendant qu’un ordre de son supérieur vienne, des mois ! Il était donc résolu à attendre le plus longtemps possible avant de tenter ce qu’il avait en tête en voyant tous ces pygmées. Et pour une fois, ce n’était pas à base d’explosifs.

Fort dommage, mais il ne pouvait décemment pas plastiquer Sarnand pour le débarrasser de ses parasites ailés.

Les choses se précipitèrent alors qu’il se faisait cette réflexion : les pygmées passèrent à l’attaque, visant la tête de leur Nobilitas qui se cabra et rugit avec force. Il suivit François alors qu’ils s’écartaient prestement tous deux pour rejoidre le reste de l’équipage à quelques mètres de la dragonne : elle aurait besoin de place pour manœuvrer et ne pouvait s’inquiéter de risquer les écraser. Elle hurla quelque chose en allemand, où il crut reconnaître le mot que les envahisseurs lui balançaient quand ils voulaient qu’il foute le camp. Puis, la petite pygmée à la couleur ridicule du Commandant vint se poser sur son épaule. Signal ou pas, Yann ne savait pas mais en tout cas plusieurs de ses congénères plongèrent vers eux.

Les détonations déchirèrent les tympans du breton qui nota avec une pointe d’admiration et de fierté que leur Commandant avait fait mouche presque à chaque balle. La question du petit aviateur Allemand qui avait aidé à capturer Fennec fut couverte par un autre mâle beuglement – en allemand pourquoi faire simple ? – que Yann ne prit pas le temps d’essayer de comprendre où d’en identifier la source. Madeleine, la gentille domestique si timide venait de se jeter à l’assaut de leur Commandant.

Ça n’allait pas du tout ça, les civils n’avaient rien à faire sur les champs de bataille ! C’est à peu près à ce moment que l’esprit d’initiative breton décida qu’il avait assez attendu des ordres qui ne venaient pas.

« J’ai une idée. » souffla Yann à François, avant de galoper dans la direction opposée, s’éloignant de Nobilitas, du Commandant et de la domestique. Lorsqu’il fut à bonne distance de la masse imposante de la Fleur-de-Nuit, il leva les bras au ciel et les agita en de grands signes à l’intention de la masse couinante et virevoltante.

« YOUHOU les pygmées ! » beugla-t-il à son tour avec toute la force que lui permirent ses poumons. « Allez vous couchez et soyez sages si vous voulez à manger ! »

Glouton et Madeleine lui avaient appris cela sur les pygmées : il y a toujours un moyen de négocier avec eux, pour peu que l’appât soit suffisamment attractif. Après… rien ne disait que cela fonctionnerait mais il aurait essayé.
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Dim 22 Aoû - 17:28

Samson était une particule de Sarnand. Un atome. Un électron libre. Un élément qui n’avait d’importance qu’une fois intégré à d’autres éléments semblables, et que nul ne pouvait comprendre faute d’outils adéquats. Il parlait de planètes pour répondre à une question sur l’heure, de dragons pour décrire le temps et de pygmées pour presque tout le reste. Il en faisait presque une religion. Se lever en pleine nuit pour observer les mœurs de ces étranges créatures n’avait rien d’extraordinaire. En voir cent sur les toits de Sarnand, chantant, hurlant, sifflant et caquetant à tout-va, ne perturbait pas le Stabsgrefreiter non plus. Il était à moitié prêt à les rejoindre pour imiter leur rituel, d’ailleurs – continuant à beugler des imprécations et des « Je vous l’avais bien dit », l’aviateur enjambait la fenêtre pour poser le pied sur une brique mal alignée, afin de commencer son escalade, lorsque la tête de Siedler apparut le long du mur, plus loin, et gueula une question en allemand.

"Je crois pas, non !"
clama-t-il, presque joyeusement.

Comme toujours, Samson n’avait pas peur. D’aucuns disaient qu’ils n’avaient pas assez de cervelle pour ça. D’autres se tapotaient la tempe d’un air blasé. Le reste s’en fichait. Une main posée sur le rebord de la fenêtre, l’autre accrochée à la fenêtre même, déjà à demi-fermée derrière le grand blond, l’Allemand cherchait un appui du bout du pied. Quand ses orteils nus trouvèrent une saillie, ils testèrent sa solidité et se déclarèrent satisfaits. Pesant de tout son poids sur ce pied-là, Samson se pencha en avant pour poser son autre genou sur le rebord de la fenêtre, et s’apprêtait à sortir complètement lorsque des coups de feu claquèrent dans l’air froid.

Samson s’imagina immédiatement que les pygmées lui tiraient dessus et se balança en arrière, pour retourner à l’intérieur du bâtiment. Il manqua naturellement de s’étaler sur le sol de pierre, mais une longue pratique de ce genre d’acrobaties et la fenêtre qu’il n’avait pas lâchée lui permirent de récupérer un semblant d’équilibre dans les plus brefs délais. Il se pencha alors à nouveau par la fenêtre mais ne vit rien – Nobilitas cachait les corps des pygmées tués. Il constata juste que les petits monstres se barraient à tire-d’aile.

"Racaille !" cria-t-il. "Racaille ! Où tu es, pygmée à la manque ?!"

Un petit pépiement et un éclair vert et doré répondirent à son appel. Quelques secondes plus tard, le pygmée se posait sur le rebord de la fenêtre et glapissait, outré.

"Reeeine de la nuiiiit ferpan, ferpan ! Tuénous, tuénous ! Grrrr ! Danger, danger !"
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Mar 24 Aoû - 3:00

Forcément, Sarnand était dans tous ses états. Des hommes se massaient sur l’aire d’atterrissage, d’autres beuglaient aux fenêtres, les courriers se posaient sur les remparts, les légers et les moyens geignaient dans leurs cavernes en demandant d’une voix endormie si la guerre était arrivée jusqu’à eux. Ceux qui n’avaient pas été réveillés par les hurlements hystériques des cent pygmées l’avaient été par le clairon vindicatif de la Fleur-de-Nuit, et ceux qui avaient le sommeil assez lourd pour passer outre avaient été alertés, presque instinctivement, par les coups de feu. Portel arrivait aux nouvelles, et Stéphane se doutait que Klegerman ne tarderait pas à débarquer, s’il ne se contentait pas d’envoyer un subordonné.

Il adressa un coup d’œil sévère à l’adolescent qui demandait, avec un accent allemand prononcé, s’il avait besoin d’aide. Non, il n’avait pas besoin d’aide. Visiblement échaudé par la mésaventure de leurs quatre camarades, tués par balles, les pygmées restaient à bonne distance de Nobilitas et semblaient même s’apprêter à partir. Ils devaient à tout prix se débarrasser de ces créatures, elles étaient devenues aussi nuisibles que les rats.

"Je n’ai pas besoin d’aide, non, mais vous pouvez..."

Il fut interrompu par les clameurs désespérées de Madeleine et leva les yeux au ciel, exaspéré. C’était des parasites ! Des animaux bruyants, gourmands, irrespectueux ! Il sentait la chaleur de Luscinia contre son cou, mais même cette petite boule de douceur et d’amour ne pouvait pas le convaincre de laisser leur chance aux pygmées. Ces bestioles devaient disparaître, point barre. Mais lorsqu’il se tourna vers Madeleine, avec son éternel air embarrassé, et ses yeux mouillés, son cœur s’attendrit un peu. Bon. Ils pouvaient peut-être épargner les pygmées apprivoisés. Il faudrait les marquer, ou leur accrocher un grelot au cou, ou quelque chose du genre, pour les différencier des sauvages.

"Vous pouvez fouiller Sarnand avec mademoiselle pour essayer de trouver son pygmée. Il doit y avoir des cages pour les rats quelque part, j’aimerais bien que vous capturiez tous les pygmées errant dans Sarnand avec. On rendra les dragons apprivoisés à leurs propriétaires demain matin. Quant à aux autres..."

Il grogna et rengaina son revolver, alors que Yann tentait de faire partir les pygmées en les appâtant avec de la bouffe.

"Mangé, mangé, mangé, mangé ?!" piailla un groupe de ces insupportables créatures.

Poussée à bout, Nobilitas se cabra sur ses postérieurs, prête à s’envoler pour leur donner la chasse. Comme ils n’étaient complètement stupides, les dragons miniatures comprirent la menace et s’envolèrent en hurlant –certains s’engouffrèrent à l’intérieur de Sarnand par les fenêtres ouvertes, mais la majorité fila vers Montreuil.

"Débarrassez Nobilitas du harnais et rangez-le, messieurs" lança Stéphane à ses hommes. "Le spectacle est fini pour ce soir. Cette nuit, la priorité, c’est de préparer le plan d’extermination de ces bestioles"

C’était la fin du règne pygmée.
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Mar 31 Aoû - 17:27

Non, décidément, François n’aimait pas les dragons pygmées. C’était déjà vrai quand ils s’infiltraient partout dans la base, piaillaient à qui mieux mieux et à n’importe quelle heure du jour et de la nuit et chapardaient dans les cuisines alors que la nourriture était rationnée ; ça l’était encore plus quand ils se rassemblaient sur les toits de Sarnand pour faire un boucan de tous les diables… avant de fondre vers la tête de Nobilitas ! Comme ses camarades d’équipage et son commandant, le jeune aviateur s’écarta vivement de la Fleur-de-Nuit qui se cabrait et rugissait, histoire de ne pas risquer d’être écrasé, mais il ne lui vint évidemment pas à l’idée de reprocher sa réaction à la dragonne. Non seulement il la comprenait parfaitement, mais en plus il avait même tendance à trouver qu’elle était très patiente avec ces sales bêtes, depuis le temps qu’elles l’assommaient à coups de « Reeeine de la nuiiit » et autres imbécilités. Les dragons miniatures n’étaient rien d’autres que des parasites et rien n’obligeait les français de Sarnand à les supporter – contrairement à d’autres sortes de parasites, mais c’était là un autre sujet.

Lorsque la petite dragonne rose du commandant Wilson vint se percher sur son épaule, entraînant – volontairement ou non – dans son sillage dix de ses congénères aux couleurs plus normales, François ne s’étonna même pas que le pilote de Nobilitas réplique par cinq coups de feu. Le commandant semblait être capable de toujours conserver son flegme et de rester insensible à tout ce qui pouvait l’agacer ou le toucher, mais se faire attaquer par des dragons pygmées qui osaient aussi s’en prendre à la Fleur-de-Nuit était une raison largement suffisante pour une telle réaction. Malgré son air détaché et impénétrable, le commandant n’en restait pas moins humain, comme son subordonné avait commencé à s’en rendre compte quelques temps auparavant, et François avait l’impression d’avoir une idée très précise de l’exaspération que ressentait son supérieur. Les sourcils froncés de concentration et d’agacement, il se contenta de hocher la tête devant la réussite des tirs du rouquin, prêt à répondre aux ordres qui suivraient.

Mais aucun ordre ne vint. Le commandant avait bien commencé à dire quelque chose à un flieger, mais il venait d’être interrompu par une jeune femme – une des domestiques de la base. Aussi lorsque Kerendrec décida de prendre les choses en main, François haussa-t-il un sourcil, avant de suivre le breton de l’autre côté de l’aire d’atterrissage. Ce n’était pas qu’il n’était pas capable de prendre une initiative en cas de besoin, mais il savait parfaitement que dans l’armée ce n’était pas ce qu’on attendait de lui, sans compter que, contrairement à son collègue, il n’avait aucune idée de la façon dont fonctionnait le cerveau des pygmées – si tant est qu’ils en aient un. L’artificier semblait plus au point que lui à ce sujet, puisqu’il obtint une réaction des dragons miniatures même si elle n’était certainement pas aussi efficace que celle qu’il avait dû espérer.

« Pas mal, » déclara-t-il toutefois à Yann, avant de s’éloigner pour rejoindre Nobilitas puisque c’était le moment de lui ôter son harnais.

Tout en défaisant les boucles, l’aviateur repassait les événements qui venaient de se produire et les ordres du commandant, et il conservait son air renfrogné. Il avait beau ne pas aimer les pygmées, il n’avait pas franchement envie pour autant de les chasser, même s’il devait reconnaître qu’il fallait faire quelque chose. Non seulement ils étaient insupportables, mais en plus ils se mettaient à attaquer dragons et humais, ce qui était tout simplement inconcevable. Malheureusement, si on pouvait se débarrasser de ces parasites volants, il y en avait d’autres plus ou moins cloués au sol qu’il était bien plus difficile de chasser des lieux où ils avaient établi résidence.
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Jeu 2 Sep - 12:40

Trop de monde et trop d'ordres étaient lancés pour que Wolfgang puisse savoir exactement quoi faire. Surtout que quand même, il n'y avait pas trente six moyens de chasser les pygmées, on allumait toutes les lumières de Sarnand et on ... quoi ?

Comment ça il n'avait pas besoin d'aide ! On avait toujours besoin de l'aide d'un jeune allemand bien sous tous rapports et on devait toujours lui dire oui et pas un non qui ne valait rien. Pourquoi est-ce que personne ne pouvait comprendre cela ? Wolfgang descendit d'Orion, prêt à aller en découdre avec ce français à la manque quand ce dernier eut ce qui ressemblait le plus à un éclair de génie pour un officier français (autant dire pas grand chose car les officiers français (ou allemands d'ailleurs) n'étaient pas connus pour leur grande vivacité d'esprit (sinon Wolfgang serait déjà officier (ce qui ne saurait tarder disons le tout net (enfin quand il serait un peu plus âgé parce que là ce n'était pas le moment) même s'il n'attendait pas le moment avec impatience) et le seul officier vif d'esprit d'ailleurs) ni pour leur vivacité tout court) (*).

Il le toisa froidement, ce qui ne donna rien puisqu'il faisait nuit mais quand même ... le commandant Wilson avait dû le sentir au plus profond de son être ... ou pas !

" A vos ordres commandant "

Il fit signe à Orion de retourner dans son étable qu'il allait lui retirer son harnais plus tard et que pour le moment il devait s'occuper de fouiller Sarnand pour récupérer les pygmées apprivoisés. Comme si c'était son travail ! Il n'y avait pas des vétérinaires formés pour ça ? en plus, un pygmée ça ne s'apprivoisait pas ! C'était certain ça mais un français, officier de surcroit ne pouvait pas le savoir.

Il s'approcha de la petite chose tremblotante à allure humaine et posa une main sur son épaules.

" On va le chercher maintenant ! "

Elle au moins, elle obéirait aux ordres qu'il pouvait donner. Enfin si elle ne s'évanouissait pas avant ... Ce qui n'était pas certain.

(*) ça va vous suivez avec les parenthèses ?
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Jeu 2 Sep - 21:28

En temps qu'homme ivre, Heinz Siedler avait un caractère assez lunatique. Il suffisait que quelque chose vienne lui voler sous le nez pour que son attention s'en trouve détournée ; la mouche, ce soir là, vu un cri en allemand dans lequel pointait beaucoup trop d'insolence. Instantanément outré et scandalisé par cet affront, Siedler décida que finalement, il avait grand besoin de son pistolet.

Il perdit, sans surprise, un temps fou avant de retrouver son pistolet. L'arme était pourtant soigneusement rangée dans son holster, juste à côté de sa veste d'uniforme, mais le drap sous son oreiller et son tiroir à chaussettes lui avaient parus plus indiqués pour commencer ses recherches. Siedler vérifia rapidement que l'arme regorgeait de balles avant de retourner à la fenêtre.
Sauf que l'inopportun avait disparu.

Scandaleux. Encore plus scandaleux ! Non seulement cet imbécile faisait montre d'une insolence qui mériterait le fouet (Siedler était officier ! Du SD ! Et il avait un pistolet !), mais en plus, il ne se laissait même pas tirer dessus avec dignité ! Par quelle fenêtre avait-il disparu, celui là ? Il allait voir, quand Siedler l'aurait attrapé ! Ca allait barder pour ses fesses, ah ça oui, trois plombs dans la gauche, trois dans la droite, il risquait pas de s'asseoir de sitôt !

Sa volonté affermie par l'image d'un homme sans visage se tenant les fesses, Siedler sortit de sa chambre.

Le pas moyennement assuré, il s'engagea dans les escaliers et descendit à l'étage inférieur. Il allait voir. Des plombs dans le gras, oh oui ! Il le murmurait en boucle en ricanant, son petit pistolet entre les mains. Il allait voir, quand il allait le reconnaitre !
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MessageSujet: Re: Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)   Ven 10 Sep - 23:38

Lorsque le commandant Wilson montra clairement son exaspération en levant les yeux au ciel, Madeleine dut se retenir à grand-peine de baisser les siens vers le sol. A la place, elle se mordilla un peu plus la lèvre inférieure et laissa ses mains se tordre de plus belle, comme si elle ne pouvait pas contrôler à la fois la direction de son regard et les mouvements nerveux de ses doigts, tandis qu’elle ressentait la furieuse envie de se liquéfier sur place. Sauf que ce n’était évidemment pas possible, si bien qu’elle se contenta de se recroqueviller un peu sur elle-même, de façon à donner moins de prise aux foudres de l’aviateur. En effet, la domestique avait peut-être pioché dans ses réserves de courage pour ne pas disparaître sous terre quand elle avait réalisé ce qu’elle faisait, mais elle n’était pas vraiment – pour ne pas dire pas du tout – certaine d’en avoir assez pour supporter la réponse du commandant. Même pour Glouton. Et celle pensée amena presque la jeune femme à s’entailler la lèvre sous le coup du désespoir. Elle ne pouvait décidément pas laisser le commandant ouvrir le feu sur les dragons pygmées, au milieu desquels se trouvait le sien… mais elle n’était définitivement pas en position de contester ordres et les actions dudit commandant…

Heureusement, lorsque le pilote de Nobilitas reprit la parole, ce ne fut pas pour lui faire une quelconque réprimande ou l’accabler de reproches, et Madeleine eut besoin de quelques secondes pour enregistrer et analyser ce qu’il disait. Fouiller Sarnand pour essayer de trouver son pygmée. Ca signifiait qu’il n’avait pas l’intention de tirer sur Glouton, n’est-ce pas ? Capturer tous les pygmées mais rendre les apprivoisés à leurs propriétaires. Glouton était apprivoisé – ou à peu près – ce qui signifiait qu’il ne risquait rien, non ? A ce stade de sa réflexion, le soulagement envahit subitement l’esprit de Mado et elle expira violemment l’air qu’elle n’avait même pas eu conscience de retenir… juste avant de sursauter quand une main se posa sur son épaule et qu’un ordre claqua à son oreille.

Déboussolée, la domestique jeta un regard effrayé à l’allemand qui venait de lui parler, juste au moment où ses neurones se mettaient en branle pour terminer l’analyse des paroles du commandant Wilson qu’ils avaient occultées jusque-là. Le tout – à savoir les mots du commandant et l’ordre du flieger – ne tarda donc pas à former un schéma logique et la jeune femme hocha donc la tête en rougissant un peu plus puisque, non seulement elle s’adressait à un allemand, mais en plus elle le faisait avec un bon moment de retard.

Néanmoins, avant d’ébaucher un pas dans la direction du château, Madeleine se tourna une dernière fois vers le commandant et esquissa un semblant de sourire à son attention. Très petit, très tremblant et très rougissant – même si l’obscurité nocturne avait des chances de la cacher un peu – mais un sourire quand même.

« Merci, » réussit-elle même à articuler à mi-voix, mais suffisamment fort pour rester audible avec un peu de chance.

Et, les mains crispées sur ses jupes pour les empêcher de se tordre dans tous les sens, la jeune femme entreprit de suivre l’aviateur allemand, sans savoir ce qui était le plus important : ne pas trébucher pour ne pas tomber ni bousculer le jeune homme, retrouver Glouton le plus vite possible ou ne pas avoir à suivre le flieger trop longtemps. A la réflexion, les trois étaient aussi importants, puisqu’ils étaient liés – plus vite elle retrouverait le petit dragon, moins longtemps elle resterait avec l’allemand et moins sa maladresse aurait de chances de s’exprimer – et le fait que le flieger en question ne soit pas totalement inconnu ou terrifiant parce qu’il avait participé à la récupération de Fennec deux mois plus tôt n’y changeait rien. Il ne l’était peut-être pas autant que Klegerman mais il l’était quand même.


[HJ- Twi, à toi de voir si on arrête là ou si Mado et Wolfy continuent la chasse au pygmée au risque de rencontrer Heinz dans les couloirs ^^]
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Le Choeur aux Cent Voix (20.07.1941)

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