Ramène ta fraise ! [22/06/1941]


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Ramène ta fraise ! [22/06/1941]

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MessageSujet: Ramène ta fraise ! [22/06/1941]   Mer 23 Juin - 21:31

Plus de blessures apparentes, Tim était libéré de bon nombre de choses et il pouvait reprendre ses bonnes vieilles habitudes à savoir le crapahutage en forêt. Bon, pas totalement parce que le docteur avait dit qu'il devait se ménager et ne pas faire d'extravagances. Comme si c'était l'habitude de Timothée de faire des extravagances ! Franchement ! Bon, oui, le médecin le connaissait plutôt bien et il lui avait même demandé s'il voulait parler de certaines choses concernant son développement pubertaires. Ce à quoi le jeune garçon avait répondu. " J'sais d'jà tout c'que j'dois s'voir, z'inquiétez pas, j'suis tout en état d'marche ! " Autant dire que le pauvre médecin, un brave homme d'une cinquantaine d'années avait soupiré avant de partir.

Et là, en ce dimanche, Tim avait décidé d'aller chercher des fraises. Oui ! Mais pas n'importe quelles fraises, des fraises des bois, les plus douces et juteuses qui soient. Et il avait plus où moins prévu d'en apporter à Hermeline pour leur rencontre du lendemain si jamais il était possible d'en trouver assez pour qu'il ne mange pas tout. Parce que bon ... il aimait trop ça pour trop se restreindre et ce même pour une jeune fille de bonne famille qu'il avait embrassé sur les lèvres.

Et oui, ça aussi ça lui avait permit de dire qu'il était devenu un homme, un vrai, il avait embrassé une fille ! Si c'était pas un signe ! Il arriva dans SON coin à fraises de bois et il vit une femme qui était penchée sur les plans ! Ah non alors, si elle se mêlait de lui chipper sa récolte !

" Hé ho ! Faut pas s'gêner ! C'mon coin et ... ho b'jour mam'zel Keller, c'fini les cours à Saint' Marie ? Z'avez pas eu trop d'soucis avec Her... l'filles ? "

Il devait surtout éviter de montrer qu'il s'intéressait à Hermeline, ça devait rester secret même si elle n'était pas assez bête pour ne pas avoir compris ce qu'il avait failli dire. Mais bon, il se pencha se mettant de la terre sur les genoux et ramassa une fraise, il n'y en avait pas beaucoup de déjà bien rouges, dommage. A deux, c'était certain qu'ils allaient les finir comme ça. Tant pis, il prendrait des fleurs pour Hermeline, c'était une fille elle devait aimer les fleurs !
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MessageSujet: Re: Ramène ta fraise ! [22/06/1941]   Lun 5 Juil - 20:02

Liliane avait beau être relativement citadine, elle ne rechignait pas à effectuer une promenade en forêt de temps à autre. Le calme, la beauté brute et simple des paysages suffisaient à faire taire sa légère aversion de la vie grouillante des bois. Comme on le disait souvent, ce n’était pas la petite bête qui allait manger la grosse !

Alors qu’elle arpentait paisiblement un petit sentier elle se surprit à regretter les excursions équestres auxquelles elle s’adonnait régulièrement à une époque. Du cheval, ça faisait vraiment longtemps qu’elle n’en avait pas fait. Il faudrait qu’elle organise ça correctement si un jour l’occasion se présentait, une sortie de ce genre ne se faisait pas en solo. Déjà parce que sinon ça ressemblait à un truc de loser voire de barge, ensuite car avec la chance qu’elle avait, elle pouvait être assurée de faire une mauvaise chute entrainant une atroce fracture du bassin la condamnant à trépasser seule, oubliée de tous, sa carcasse finalement dévorée par des bergers allemands égarés et affamés…

L’arrivée aux environs d’un coin à fraise repéré ultérieurement lui arracha un petit cri de ravissement, la tirant par la même occasion de ses digressions glauques totalement absurdes. Ca aurait été un sacrilège que de déguster des fruits aussi délicats en ayant l’esprit empoisonné par des pensées aussi nocives. La montroise s’accroupit donc et entreprit une petite récolte, n’attendant pas de rincer les fraises pour les goûter. Concentrée comme elle l’était à sa tâche elle n’entendit pas que quelqu’un approchait, se retrouvant totalement prise au dépourvu lorsqu’une voix la houspillant retentit.

Être surprise en flagrant délit de gourmandise, avec quelques brindilles dans les cheveux, le bout des doigts rosi par le jus des fraises, les vêtements maculés de poussière et d’humus par endroit, au beau milieu des bois, était embarrassant, surtout pour une personne qui passait la majorité de son temps à se donner tantôt des airs de dame (bécasse) mondaine, tantôt des attitudes de professeur exigeant et appliqué. Quoi qu’il en soit, son expression de lapin surpris par les phares d’une voiture était assez éloquente du trouble passager qui la traversa. La française se détendit cependant bien vite à partir du moment où elle réalisa qu’il s’agissait du jeune Timothée Vivier. Tim c’était Tim, elle aurait pu tomber sur cent fois pire. Liliane se morigéna pourtant un instant ; elle aurait dû reconnaître instantanément sa voix, ce n’était pas comme s’il y avait trente-six personnes qui s’exprimaient ainsi à Montreuil ou dans les environs.

Un poing sur la hanche, elle se redressa en levant un sourcil interrogateur, soucieuse de retrouver un peu de contenance en dépit de son allure qui faisait très… « je suis tombée en chemin dans un buisson après avoir trébuché encore et encore comme une gourde ».

« Her comme, Herr quelque chose, Hera, Hermione… »

C’était ce que l’on appelait tourner autour du pot, mais cette manie de jouer plus ou moins gentiment n’était pas quelque chose de nouveau pour quiconque l’avait déjà eu comme enseignante ou tout simplement un minimum fréquentée. En l’occurrence elle agissait sans la moindre malice, c’était essentiellement une réelle surprise mêlée à de la curiosité qui la poussait à s’exprimer ainsi, son sourire amusé qu’elle n’essayait même pas de cacher en attestait.

« …ou Hermeline ? »

L’enseignante, après une courte hésitation égoïste qui lui fit instantanément honte, tendit une main en coupe contenant quelques uns des précieux fruits ramassés ultérieurement dans la direction du garçon. Quoi ? Non, elle n’essayait pas le moins du monde d’acheter des informations croustillantes en échange d’un partage équitable !
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MessageSujet: Re: Ramène ta fraise ! [22/06/1941]   Ven 9 Juil - 15:11

Le professeur avait une allure de petite fille prise en faute et Tim faillit se moquer d'elle avant de se souvenir qu'elle était professeur et que donc logiquement, elle devait inspirer un certain respect. Alors ce n'était pas obligatoirement nécessaire, mais bon, il préférait voir si elle relevait son lapsus. Il semblait que oui car elle cherchait, bien mal selon Tim, ce que le début du prénom pouvait signifier.

Il se força à ne pas rougir quand elle finit par arriver sur le bon prénom et il choppa quelques fraises dans la paume de sa main avant de les enfourner rapidement pour se donner une contenance. Il ne fallait pas croire qu'il était impressionné mais elle ne devait pas le savoir tout de suite tant que ce n'était pas certain que la demoiselle avec laquelle il sortait le lendemain accepte de faire cette annonce.

" P'tet qu'vous avez r'son, mais ça j'peux pas vous l'dire, v'comprenez c't'un s'cret ! "

Il se mis à genoux sur le sol pour ramasser les dernières fraises, en gardant pour la femme et en mangeant certaines. Il reprit bien vite la parole parce que rester silencieux ce n'était pas très amusant.

" V'croyez qu'y va y'en avoir d'autres ? J'sais pas moi, p'tet que j'pourrais les r'cupérer un d'ces quat' matins si je m'débrouille bien ? Et puis j'vais bien faire gaffe d'pas en causer aux autres comme ça, ce s'ra chouette. "

Il continuait à faire sa récolte tout en parlant et en mangeant et cela donnait à son sabir une difficulté supplémentaire à être saisi. Mais il n'en avait pas grand chose à faire car c'était pour lui facile de se comprendre.

" Au fait vous c'quoi qu'vous donnez comme cours ? J'pourrais v'nir un jour pour mat'... r'garder ? C'pas d'sport ou d'la nage d'fois ? Oh ! non ! J'sais, v'z'apprenez aux filles à faire l'cuisine, l'z'oeufs, l'gateaux t'ça ! "

Il tendit une main à la propreté douteuse remplie de petits fruits rouges pour qu'elle puisse se servir et donc ainsi faire échange de bons procédés. Restait à savoir s'il avait mis dans le mille ou pas ... c'était peu probable.
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MessageSujet: Re: Ramène ta fraise ! [22/06/1941]   Ven 23 Juil - 14:55

Sa curiosité avait beau être piquée au vif pour diverses raisons, Liliane s’exhorta à l’étouffer. S’il se passait vraiment quelque chose entre ces deux adolescents ça se saurait bien assez tôt, elle imaginait mal les deux énergumènes capable de discrétion dans ce domaine. Après peut-être qu’elle se faisait encore une fois des films pour rien, ou qu’elle se trompait au sujet du peu qu’elle pensait savoir sur leur compte. Quoi qu’il en soit la montroise ne souhaitait pas insister plus. Elle sourit à l’écoute des propositions sur son domaine de « compétence » et de sa demande.

« Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, j'ai quelques doutes sur la nature de ta motivation. Et puis même, encore faudrait-il que l’apprentissage de la langue des fridolins t’intéresse. Ceci dit en passant, pour ouvrir une petite parenthèse, je te déconseille fortement tout plat présenté comme étant de mon cru si tu tiens à éviter l’indigestion. »

Ignorant l’état de propreté douteux de la main contenant les fraises, elle ne se fit pas prier pour piocher dedans. Elle essaya un instant d’imaginer ce que pourrait donner son espèce de patois à la sauce Fritz, retenant un éclat de rire qui transforma un début de sourire un peu con en grimace. Après avoir rapidement retrouvé son calme l’enseignante esquissa un vague geste d’excuse, expliquant d’un français mêlant bizarrement un accent allemand caricatural et une tentative d’’imitation du parler du garçon.

« J’ssayais d’mag’ner l’tête d’ces cr’tins d’la rue Carnot ou d’Sarnand s’ils t’ent’daient causer comm’ça dans leur langu’. »

Hum… cette intervention se passait de commentaires. Un léger courant d’air fit froisser ses cheveux bouclés artificiellement, lui faisant réaliser par la même occasion que quelque chose clochait dans sa fameuse tignasse. Un tâtonnement à l’aveuglette lui permit de déloger quelques brindilles indésirables qu’elle se fit un plaisir d’envoyer au loin. Vint ensuite la réponse aux questions antérieures du jeune Tim.

« Pour le reste, je ne suis pas sûre que cette saison-ci s’y prête bien… »


Son regard se perdit dans le vague, fixant un quelconque point imaginaire.

« D’un autre côté laisser pourrir un fruit aussi précieux serait plus que dommage, une aberration… »


Elle engloutit prestement deux fraises supplémentaires, prenant toutefois bien le temps de mâcher lentement, presque avec raideur, afin d’en apprécier toute la saveur. Dieu que ces machins étaient bons !

« Donc c’est une idée, oui… »


L’enseignante tourna lentement sur elle-même, ses yeux clairs rivés vers le sol : elle cherchait un endroit où s’asseoir. Un dilemme la tiraillait. Devait-elle opter pour un rocher à peu près plat, sec mais rude ou choisir de se poser à même le sol, potentiellement plus moelleux pour ses fesses douillettes, hélas assurant d’un autre coté une vilaine et large tache à cet endroit précis. Un nouveau regard à son allure générale la fit trancher pour la grosse caillasse. Sans ressembler à une femme des cavernes elle était déjà suffisamment cracra comme ça, pas la peine d’en rajouter inutilement, après on risquait de lui chercher des poux pour savoir ce qu’elle avait bien pu fabriquer pour se mettre dans cet état. Il y avait des gens comme ça qui avaient l’étrange faculté de se trouver quasiment présentable au sortir de la traversée d’un marécage et d’autres ayant la capacité tout aussi fascinante de se dégueulasser de la tête aux pieds sans que le cadre ne s’y prédispose spécialement, contre toute logique.

« Et toi tu en pens… »


Splash. Non… ce n’était pas possible. La forêt n’était pas assez grande ?! Pourquoi fallait-il qu’un piaf décide de se soulager précisément pile au-dessus de l’endroit où elle venait de s’installer à l’instant ? Cette saleté de pigeon aurait tout de même pu prendre un boche pour cible ! Berk, berk, berk, la fiente avait touché son épaule droite, c’était dégoutant, un coup à presque vous couper l’appétit.
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MessageSujet: Re: Ramène ta fraise ! [22/06/1941]   Mer 28 Juil - 13:03

Timothée découvrait qu'il aimait bien mademoiselle Keller. Oh, il le savait depuis un certain temps déjà mais là c'était de plus en plus manifeste et alors qu'elle répondait à ses nombreuses questions, un peu dans le désordre cependant, il continuait sa récolte qui commençait à arriver à son terme. Mine de rien, il n'y en avait pas pour tout le monde. D'autres coins à fraise devaient bien exister mais il ne les connaissait pas et du coup ben il était un petit peu privé.

" Oh tout'd'suite ! Comme si j'avais qu'ça à faire d'mater l'filles d'Sainte Marie. Surtout que ben j'suis pas con hein ! Enfin c'est c'qu'on m'dis d'fois. "

Il la regarda alors qu'elle éclatait de rire sans raison apparente et il fronça les sourcils quand elle lui parla avec son accent. Ce n'était pas de sa faute d'abord ! Il grogna pour la forme et croisa les bras devant lui pour montrer sa désapprobation. Non mais ! On ne se moquait pas de lui comme ça sans raison alors qu'il faisait des efforts. Et puis ce que c'était comme ça !

" Je peux bien parler aussi hein ! Faut pas croire. Mais c'est plus long à dire l'mots. "

Il avait pris son temps pour répondre et ne s'était fait avoir qu'une fois. Et puis na, il allait parler comme ça devant elle pour lui montrer qu'il y arrivait !

" Ouais je sais que c'est pas d'trop la saison mais j'crois que j'pourrais quand même m'dépatouiller. "

Il regarda autour de lui pour vérifier qu'il n'avait oublié aucun des précieux fruits et surtout qu'il repérait bien les endroits où, quelques jours plus tard il pourrait revenir faire une récolte puis il se tourna vers le professeur qui s'installait sur un rocher. Il la regarda quand elle parla de ne pas les laisser perdre et il hocha la tête avec une gravité de circonstance. C'était certain qu'il ne fallait pas que cela se perde quand même ! Mais parfois, à moins de mettre un surveillant devant pour être certain de ne rien rater, on en perdait quand même. D'un autre côté, il voulait bien être ce surveillant si on lui en donnait le temps.

" Je sais pas. Mais je pense que je pourrais m'arranger pour que rien ne soit perdu, même si je dois les confier à d'autres au final. "

Il la toisa alors qu'elle lui demandait ce qu'il en pensait et il éclata de rire à la mine dégoutée qu'elle fit quand l'oiseau rata sa cible. Parce que l'épaule c'était chouette mais la tête (alouette) ce serait mieux.

" Trop marrant ! T'crois qu't'as dit un truc qui lui a pas plu ? Allez fait pas c'tête là ! T'veux un mouchoir ? "

Il continuait à rire sans pouvoir s'arrêter et sa proposition avait été noyée dans les éclats de voix. Il s'était laissé tomber au sol pour se moquer à loisirs du professeur et semblait ne pas pouvoir s'arrêter. Un bruit de course s'était fait entendre au loin...
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MessageSujet: Re: Ramène ta fraise ! [22/06/1941]   Dim 1 Aoû - 22:17

La française s’amusa de la réaction du jeune garçon face à ses doutes, rectifiant son intention avec un faux air de parfaite sollicitude.

« C’est surtout que je m’inquiète pour ta vertu, les filles de nos jours sont intenables, en particulier celles de Sainte-Marie. »


Naturellement elle plaisantait et exagérait les choses, quoi que pour certaines personnes… Enfin bref, il était presque étrange de l’entendre d’un coup prononcer les mots en entier, à quelques exceptions près mais Liliane n’était pas de nature à pinailler avec les gens qu’elle aimait bien. Ca aurait été transformer une gentille taquinerie en pure mesquinerie et à ce petit jeu, il y avait peu de chances qu’elle en sorte gagnante. Elle souffla donc, au cas où.

« Je n’ai aucun doute sur la qualité de ta diction quand tu le veux. »


Sur ce elle resta relativement silencieuse, attentive aux propos de Tim, rompant son immobilité pour jeter de temps à autres quelques coups d’œil à la recherche d’éventuels petits fruits rouges bien cachés qui auraient pu lui échapper, sans grande conviction toutefois. Autant l’enseignante s’enorgueillissait de son ouïe plutôt fine, autant elle faisait amplement plus confiance à l’acuité visuelle du garçon qu’à la sienne.

« Très bien, toute récolte nécessite de passer la main à un moment ou à un autre, sa réussite dépend de la capacité de chacun à s’en tenir à sa tâche respective. »


La montroise faillit ajouter la notion de confiance à la liste avant de réaliser le ridicule de cette idée. Même pour quelque chose d’anodin on ne pouvait jamais savoir à l’avance, en particulier depuis le début de la guerre, chaque décision était tout bonnement un pari plus ou moins risqué. L’attaque du pigeon perfide la tira brutalement de ses réflexions alors qu’elle s’apprêtait à demander son avis à l’amateur de fraises.

Ce n’était pas drôle du tout, du tout. D’abord de dégoût, sa moue devint un tantinet boudeuse à mesure que son interlocuteur s’esclaffait devant son désarroi. Ah ouais il le prenait comme ça ? Il allait voir ! Par malheur, et par chance pour sa contre-attaque, la fiente était relativement « grasse », aussi elle ne rencontra pas de grande difficulté à en saisir du bout des doigts une petite quantité qu’elle s’empressa d’essayer d’envoyer sur le garçon moqueur. Satisfaite, son sourire enfantin en attestait, et quelque part un brin honteuse de sa réaction puérile, la dame s’activa ensuite à nettoyer ses doigts souillés avec les maigres moyens à sa disposition, c'est-à-dire essentiellement des végétaux.

« Il n’a pas du apprécier qu’on se goinfre de ses fraises… »


Des bruits lointains de course captèrent son attention. Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Du gibier, un ou plusieurs promeneurs ? Si ça en était de quelle nature ? Et puis si ça se trouvait il pouvait tout aussi bien s’agir d’un caillou aillant dévalé une pente. Les forêts étaient loin d’être des lieux silencieux, la manière dont les sons étaient portés, déformés, expliquait en partie la fascination qu’exerçait ce genre d’endroit sur l’imaginaire.

« On va voir ? »


En bougeant ils pourraient peut-être tomber sur d’autres coins à fraise aussi.
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MessageSujet: Re: Ramène ta fraise ! [22/06/1941]   Mer 4 Aoû - 21:30

Tim la dévisagea quand elle parla de sa vertu avant de grogner.

" J'm'en fous d'ma vertu, c'même plus drôle quand que j'y pense pas. "

Il l'écouta parler et hocha la tête sous la compréhension mais il cessa quand elle sembla ramasser l'attaque du pigeon vengeur et il la fixa d'un air de dire, ne tente même pas ça ! Mais la fourbe tenta et il grogna en sautant sur le côté pour éviter le projectile dégoûtant. Oui, il se salissait souvent mais ce n'était pas une raison pour le salir plus que de raison !

" Ca mange des fraises les pigeons ? "

Non ! Quand même pas ! Les merles et les moineaux oui mais pas les pigeons quand même ! Il regarda la jeune femme quand elle se redressa en lui proposant d'aller voir ce qui avait fait le bruit. Il se demandait aussi mais quand même ce n'était pas forcément une bonne idée, si jamais il s'agissait de soldats ça pouvait mal tourner. Mais bon, ils se promenaient après tout.

" D'ac ! Pas de problèmes ! "

Il avança vers les sons qui se faisaient moins forts. Il semblait que les personnes qui couraient avaient cessé de le faire ou bien étaient plus loin maintenant. Il y avait tout de même des possibilités pour que ce soient des enfants ou des jeunes s'amusant donc des amis potentiels pour Timothée.

" Je te propose qu'on fasse pas trop de bruit ! Heu ... merde j'z'ai dit tu, v'm'en voulez ? "

Oui, le tutoiement était plus grave que la grossièreté non ?
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MessageSujet: Re: Ramène ta fraise ! [22/06/1941]   Dim 8 Aoû - 21:28

Cible ratée, et zut ! Ce n’était pas comme si cet échec n’était pas prévisible, mais il fallait tout de même reconnaître que pendant un instant l’enseignante avait entretenu le futile espoir de voir son immature vengeance se concrétiser. De manière générale le nombre de fois où une boulette en papier avait atteint l’intérieur d’une corbeille se comptait sur les doigts de la main, inutile donc de préciser que les jeux d’adresse et de visée n’avaient jamais été sa tasse de thé.

« Je ne suis même pas sûre qu’il s’agisse bien d’un pigeon, c’était peut-être un étourneau, un merle, une pie, une grive, un dragon pygmée ou… peu importe. »

Même s’il s’agissait d’une évidence, elle préférait à présent éviter d’expliquer que son attention s’était plus portée sur le projectile que sur le bombardier à plume à l’origine du désastre, comme si ne plus en parler pouvait effacer l’attaque et la réaction qu’elle avait eu suite aux plaisanteries légitimes du jeune français.

Liliane regretta presque l’acquiescement de Timothée, elle n’en montra rien mais un petit pincement, commençant à devenir familier, lui noua l’estomac quasi instantanément. A peine avait-elle formulé sa question qu’une part d’elle-même souhaitait déjà faire un micro bond dans le temps afin d’ignorer les bruits de course, de proposer de prendre le sens inverse… Cette pulsion était néanmoins pour le moment très mineure, étouffée par sa curiosité naturelle.

Après tout ils n’avaient rien à se reprocher, ramasser des fraises dans les bois n’était en rien répréhensible. Ah non, erreur, l’argument de l’innocence n’était visiblement plus valable depuis quelques temps. De toute manière son goût de la découverte trouvait vite ses limites dès qu’il engageait la mise en danger de son intégrité physique. Pas de doute, elle se dégonflerait au moindre bruit suspect pouvant laisser supposer qu’il pourrait s’agir d’éventuels fous de la gâchette. L’interrogation la ramena sur terre.

« Cela ne me dérange pas, ni le "merde" d’ailleurs. »


Un tel laisser-aller n’aurait bien entendu en aucun cas été toléré dans l’enceinte de Sainte-Marie ou même tout simplement dans un lieu public fréquenté. L’enseignante avait beau ne pas être très à cheval sur les règles de bienséances elle tenait malgré tout à conserver son autorité intacte, quitte à se montrer étonnement sèche et cassante dans ce but si la situation l’exigeait à ses yeux.

Elle suivit le conseil, bien que son énonciation à voix haute fut inutile, se déplaçant avec beaucoup de précaution, l’oreille tendue, avalant petit à petit la distance la séparant de la source inconnue à l’origine des bruits…

La suite
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MessageSujet: Re: Ramène ta fraise ! [22/06/1941]   

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