L'écrabouilleur de jeunes filles [Mercredi 11 Juin] [Inachevé]


AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

 

L'écrabouilleur de jeunes filles [Mercredi 11 Juin] [Inachevé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Char d'assaut chaleureux
avatar

Messages RP : 196
Messages : 1140

MessageSujet: L'écrabouilleur de jeunes filles [Mercredi 11 Juin] [Inachevé]   Dim 11 Juil - 2:36


Oberst Klaus Krüger

"Hans, faites attention dans les virages."

"Jawohl, Oberst," répondit le chauffeur pendant que Krüger se baissait pour ramasser les pages éparses de son dossier. Le problème de la voiture était que quand quelque chose tombait sous vos pieds, l'effort pour récupérer ce quelque chose se révélait toujours aussi agaçant que démesuré.

Il défroissa placidement une feuille un peu froissée avant de la ranger bien dans l'ordre avec les autres. Hans conduisait trop vite et trop brusquement ; il faudrait soit changer de chauffeur, soit le réprimander sérieusement pour qu'il se décide enfin à s'améliorer. Sauf que Krüger aimait bien Hans comme personne -il lui rappelait un peu le jeune homme qu'il avait été-.
Peut être qu'il devrait justement le virer à cause de ça, à bien y réfléchir. Quand on voyait ce que son caractère avait fait à son oeil, avoir le même n'était absolument pas un bon point pour l'avenir.

Krüger pensait justement que la conduite du soldat dérivait sans aucun doute de ce caractère fâcheux quand ledit soldat pila avec violence face à un piéton. L'officier manqua s'écraser sur le siège passager avant de se retenir, les deux mains en avant. Il se rassit lentement en sifflant entre ses doigts. Le virer, oui, ET lui faire récurer les chiottes. A travers le pare brise, il vit une jeune fille blonde, pas assez loin du capot pour le satisfaire.
Lui faire récurer les chiottes ET éplucher les patates.

"Est-ce que ça va, mademoiselle ?" demanda-t-il en descendant de voiture, parce que franchement, ça se faisait pas de se barrer après avoir manqué d'écraser une pauvre civile sans défenses.


[Juliette !]


Dernière édition par L'Admin le Lun 6 Sep - 11:30, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://adler.jdrforum.com
Française
avatar

Messages RP : 9
Messages : 35
Âge du personnage : 17 ans

MessageSujet: Re: L'écrabouilleur de jeunes filles [Mercredi 11 Juin] [Inachevé]   Dim 11 Juil - 13:42

Quand on se promène en ville, même seule, ce n'est certainement pas parce qu'on trouve la vie dangereuse, nocive. On n'est pas suicidaire en général. Et surtout quand on a le soir même un rendez-vous très important pour son développement personnel.

Juliette était en ville à la recherche de bas en soie - malgré le désaccord de sa mère. Et elle n'avait pas l'intention de finir sous les roues d'une voiture, d'où l'utilisation du passage clouté. Et bien, cela ne devait pas suffir dans l'esprit du conducteur, parce qu'en tournant la tête, elle vit arriver une voiture à toute blinde. Au lieu de faire un pas de côté ( elle n'avait de toute façon pas le temps d'échapper à son destin ), elle serra son sac sur sa poitrine, ferma les yeux, commença sa dernière prière ... Rouvrit les yeux. Le bruit de frein avait son avantage: quand il s'arrêtait et qu'on ne sentait pas le métal de la voiture dans son ventre, c'est qu'il n'était rien arrivé de trop grave.
Juliette ouvrit donc les yeux, et son regard tomba sur la voiture. Une allemande, nota-t-elle.

Un militaire, visiblement en colère, descendit et vint se renseigner sur son état de santé. Un gradé allemand, qui s'intéressait à elle. Juliette ne pouvait oublier sa peur, et son coeur affolé en témoignait, mais attirer la sympathie d'un grand ... Cela pouvait être utile.

Elle lui répondit en allemand:

" Tout va bien, Herr ... Oberst ." L'uniforme la renseignait sur le grade. " Mais j'ai bien cru mourir cette fois..."

Elle frissonna, tenant toujours son sac contre elle, et regarda d'un oeil un peu vague le capot si prêt d'elle. Elle l'avait échappé belle. Elle releva la tête et dédia un sourire charmant ( charmeur? ) au soldat:

" Mais je crois que tout va bien maintenant, j'ai juste un peu les jambes qui tremblent..."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Char d'assaut chaleureux
avatar

Messages RP : 196
Messages : 1140

MessageSujet: Re: L'écrabouilleur de jeunes filles [Mercredi 11 Juin] [Inachevé]   Dim 11 Juil - 20:14


Oberst Klaus Krüger

Le virer, lui faire récurer les chiottes, éplucher les patates ET laver tous les caleçons de la garnison. Au moins le jeune homme avait-il l'air honteux lorsque Krüger le fusilla du regard ; le pauvre garçon se recroquevilla sur son siège alors que le bout de son nez rougissait considérablement. Cela n'apaisa guère l'officier qui nota dans la case "personnes fréquentées au quotidien" => "choses à faire" de punir l'imbécile avant de se tourner de nouveau vers la jeune fille.

Heureusement, la petite blonde était tout ce qu'il y a de plus indemne et vu les rumeurs sordides qui courraient depuis Sarnand, Krüger se félicita qu'aucune étincelle du style "le colonel du coin roule sur une gamine innocente" ne vienne mettre le feu aux poudres. Mais la petite voix tremblante, les joues pâles, les genoux mal assurés le convainquirent qu'elle avait besoin d'un remontant.

"Vous avez toutes les excuses de l'armée allemande pour cet incident, mademoiselle,"
l'assura-t-il avec sincérité, "et les miennes, bien évidemment, ainsi que celles de mon chauffeur."

Dont la rougeur s'étala du nez vers les joues, mais il n'osa pas sortir pour confirmer. Hans semblait s'efforcer de devenir invisible derrière son volant.

"Voudriez vous boire quelque chose ? Vous n'avez pas l'air très bien, un café vous remettrait peut être d'aplomb. Nous ne sommes pas pressés et si cela peut vous aider à excuser mon chauffeur, nous pouvons vous déposer -si votre destination n'est pas trop loin d'ici."

Ces derniers jours, en effet, Krüger ne pouvait qu'attendre et observer le déroulement d'évènements qui lui échappaient. Il faisait partie de la Heer et ne pouvait donc rien faire pour Sarnand, dans un sens ou dans l'autre ; mais si les aviateurs français décidaient d'être mécontents et que ce mécontentement faisait tâche d'huile... il avait un mauvais pressentiment et, comme toujours lorsqu'il était dans cet état, il n'avait qu'une envie : se mettre hors du cadre et regarder la scène se jouer sans lui, jusqu'à ce qu'il sache quoi faire pour désamorcer la bombe.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://adler.jdrforum.com
Française
avatar

Messages RP : 9
Messages : 35
Âge du personnage : 17 ans

MessageSujet: Re: L'écrabouilleur de jeunes filles [Mercredi 11 Juin] [Inachevé]   Mer 14 Juil - 20:08

Juliette avait encore le souffle court, le coeur battant, les jambes tremblantes, mais ça n'empêchait pas son cerveau de marcher. Elle avait bien pesé le pour et le contre, et s'était rapidement dit qu'une ballade en voiture auprès d'un officier allemand ( et dans une belle voiture ) pouvait lui assurer une renommée intéressante, et plus d'intérêt pour les soldats allemands... Dont un certain petit blond.

Elle secoua doucement et poliment la tête vers l'Oberst:

" J'accepte évidemment vos excuses, Herr Oberst. Ne soyez pas trop sévère avec votre chauffeur, je crois bien qu'il s'en veut déjà assez."


C'était visible, car la forme derrière le volant semblait s'être enroulée sur elle-même et n'osait pas sortir parler lui-même avec son ex-future victime. Elle sourit timidement ( enfin, presque ) vers la voiture, et tourna un regard candide vers son interlocuteur gradé. Ce dernier était une crème avec elle: il lui proposait un café, une voiture ... Oh, qu'elle était contente d'être sur cette route à cette heure !
Elle hocha la tête, s'éclaircit la gorge d'un toussotement élégant pour "cacher son émotion", et fit semblant de réfléchir - quelques secondes - avant de répondre avec beaucoup de politesse:

" Je vais accepter votre offre pour un café. Il me semble que boire quelque chose empêchera mes jambes de danser sans moi."

Elle attirait ainsi l'attention sur une des choses dont elle était fière: le galbe de ses jambes. Au club zazou, elles avaient un certain succès. Mais est-ce qu'un homme beaucoup plus âgé serait troublé? Ca, la jeune fille n'y connaissait rien. Elle précisa aussi d'une voix douce:

" J'allais à la mercerie acheter ... du tissu. Ce n'est pas très loin, à quelques rues."

Elle n'allait pas expliquer à un inconnu, qui plus est un homme potentiellement intéressant malgré son âge et son grade, qu'elle voulait des bas en soie quand même?
Soudain, elle se rendit compte qu'elle n'avait pas dit son nom. Elle décida de faire un pas à son tour vers les allemands, qui avaient déjà faits leurs excuses après tout.

" Je suis Juliette Keller, Herr Oberst. "

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Char d'assaut chaleureux
avatar

Messages RP : 196
Messages : 1140

MessageSujet: Re: L'écrabouilleur de jeunes filles [Mercredi 11 Juin] [Inachevé]   Jeu 15 Juil - 2:09


Klaus Krüger

Il ne vint jamais à l'esprit de l'officier que la jeune fille pouvait chercher à le manipuler. Dans son esprit d'homme de quarante ans normalement constitué, une gamine (ils avaient une telle différence d'âge qu'il ne pouvait la voir que comme une gamine) qui vient de manquer se faire écraser a peur, a le coeur qui bat, les jambes qui tremblent, les yeux humides, la lèvre frissonnante et la respiration nouée. Cette fille pense à sa vie qui vient de défiler sous ses yeux, à ce qu'aurait ressenti sa mère devant sa tombe, à l'amoureux qu'elle n'embrasserait plus jamais et, quand on lui propose d'aller boire un café, elle pense que ce café lui permettra de se remettre, mais qu'il n'est peut être pas convenable d'y aller avec un inconnu en uniforme allemand. Pas un instant il n'imaginait que Juliette Keller pouvait tenter de le séduire ou de l'influencer ; exagérer sur ses émotions, certainement : elle était une adolescente éprouvée et, comme les enfants, les adolescentes éprouvées aiment exagérer.

Toutefois, c'est avec une voix un peu sèche qu'il répondit : "Mademoiselle, Hans est impardonnable. Je vous prie de ne pas essayer de me faire changer d'avis."

Le jeune homme s'était conduit dangereusement malgré les nombreux rappels et avait manqué tuer quelqu'un. Quoi que dise la petite blonde, Krüger ne changerait pas d'avis.

"Ravi de vous rencontrer, mademoiselle Keller. J'aurai souhaité que ce soit pour une occasion moins embarassante," dit-il en revenant à sa portière encore ouverte. Le chauffeur se redressa instinctivement dans son siège, s'apprêtant à reprendre le volant. "Je suis le colonel Krüger."

Il entra dans la voiture une fois que Juliette se fut installée et ordonna à Hans, un peu plus martial que d'habitude, d'aller les déposer devant chez Manon. S'il y avait bien quelqu'un qui saurait remettre d'aplomb une jeune fille d'aplomb, c'était elle !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://adler.jdrforum.com
Française
avatar

Messages RP : 9
Messages : 35
Âge du personnage : 17 ans

MessageSujet: Re: L'écrabouilleur de jeunes filles [Mercredi 11 Juin] [Inachevé]   Ven 16 Juil - 19:09

D'un geste qu'elle voulait gracieux mais qui finit légèrement tremblant ( l'uniforme c'est sexy sauf quand le militaire n'est pas de bonne humeur, surtout en zone occupée) , Juliette se défit de toute responsabilité envers le pauvre Hans et décida de le laisser se débrouiller avec son supérieur. Même s'il n'avait pas fait exprès de la (presque) renverser, il avait dû faire autre chose pour contrarier ainsi le Colonel. Elle ne voulait pas s'en mêler - et elle n'avait pas bien vu son visage, au jeune conducteur, ce qui ne lui donnait pas plus envie de le défendre: dans sa conception des choses, il aurait dû au moins la regarder en face et lui sourire pour qu'elle lui pardonne vraiment.

En tout cas, Juliette remarqua que son rôle de jeune fille à protéger était efficace mais celui de séductrice manquait de résultats. Elle l'abandonna, préférant les valeurs sûres, et trouvant curieusement agréable de voir ce grand monsieur à l'air sévère se radoucir pour une jeune fille comme elle sans arrière pensée.
Ledit monsieur accepta sa présentation, et lui retourna la politesse. Elle hocha doucement la tête et le suivit docilement vers la voiture. Elle n'était pas sûre de vouloir que le chauffeur reste le chauffeur, mais elle ne dit rien.

" J'aurais aimé, de même, Herr Oberst."
dit-elle plus calme qu'auparavant.

Elle entra, les yeux écarquillés, contente de pouvoir visiter une voiture allemande. Pardon, une belle voiture allemande. Même celle de son riche père n'était pas si belle, affirma-t-elle pour elle-même mentalement. Elle s'installa rapidement, ramenant sagement ses jupes près d'elle, et sourit à l'homme qui s'installait près d'elle.
Ce dernier décida de les mener chez Manon. Bonne idée, ne put s'empêcher d'apprécier la jeune fille, qui avait ( et c'était rare) le sifflet coupé devant tant de chance. De un, elle était vivante, et de deux, elle gagnait plein de privilèges d'un coup.

Reprenant cependant rapidement sa contenance, elle interrogea le militaire candidement:

" Vous êtes dans la Heer n'est-ce pas? Vous avez beaucoup d'hommes sous votre commandement?"

Elle se dit qu'elle était bien indiscrète finalement, et qu'il pouvait se sentir agressé ou espionné ( on était en guerre après tout ), aussi elle ajouta:

" Je connais quelques soldats de Sarnand. Ils descendent parfois ici, et sont toujours très agréables."

S'il était dans la Heer, il ne devait peut-être pas connaitre ceux qu'elle connaissait... Dommage, elle aurait pu lui soutirer des informations sur ses préférés. Mais elle ne savait pas trop de quoi lui parler, il avait l'air si austère!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Char d'assaut chaleureux
avatar

Messages RP : 196
Messages : 1140

MessageSujet: Re: L'écrabouilleur de jeunes filles [Mercredi 11 Juin] [Inachevé]   Dim 1 Aoû - 1:57


Oberst Klaus Krüger

"C'est exact, je suis dans l'armée de terre. Je dirige le régiment de Montreuil et de la région," déclara-t-il, non sans fierté. Cela représentait plusieurs milieux d'hommes et, si tous ne se trouvaient évidemment pas à Montreuil, même une jeune fille innocente et peu au fait des choses militaires pouvait trouver le tout un peu ronflant. On pouvait bien s'autoriser à crâner de temps en temps, non ?

"Au total, cela représente un peu plus de deux mille hommes. Les plus gros régiments ont plus de soldats."


Il connaissait assez peu les gens de Sarnand en dehors des officiers. Ces hommes étaient probablement trop âgés pour fréquenter les mêmes lieux que la jeune fille, ou tout du moins, il l'espérait : quel âge avait-elle, encore une fois ? Elle n'était certainement pas majeure. Krüger ne se montrait pas très sévère quant aux interdictions faites aux soldats de fréquenter des demoiselles françaises tant qu'elles n'étaient pas mariées, mais il sentait en droit d'être beaucoup plus rigide quand les "victimes" tenaient plus de l'adolescente que de la femme.

Les hommes de la Luftwaffe n'entrant pas dans sa juridiction, et comme il n'aurait de toute façon pas pu demander sans être horriblement grossier ce qu'elle faisait avec eux, Krüger décida de laisser tomber cette question.

"Je suis heureux de voir que mes compatriotes se conduisent bien,"
dit-il simplement pour clore le sujet, juste avant que la voiture ne s'arrête devant leur destination. Il ouvrit la portière et la tint ouverte pour la jeune fille.

"Êtes vous déjà venu ici, mademoiselle Keller ? Les Français ne fréquentent plus beaucoup ce café, mais j'ai cru comprendre qu'il était assez populaire avant la guerre."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://adler.jdrforum.com
Française
avatar

Messages RP : 9
Messages : 35
Âge du personnage : 17 ans

MessageSujet: Re: L'écrabouilleur de jeunes filles [Mercredi 11 Juin] [Inachevé]   Mer 4 Aoû - 22:24

Juliette ouvrit des yeux admiratifs. Elle préfèrait l'armée de l'air avec les majestueux et terrifiants dragons, mais diriger un régiment entier, c'était tellement … Dangereux. Envahissant. Militaire. Dans l'esprit de Juliette, c'était glorieux. Dommage qu'il soit allemand. Tant mieux. Juliette ne savait jamais de quel côté elle était censée être, puisque ça dépendait de la personne avec qui elle était: entre des parents germanophiles, la fréquentation de soldats, mais aussi de certains avec des idées d'accointement avec les Résistants, elle se sentait tour à tour allemande puis française.

Aujourd'hui, elle était pro-allemande, et acceptait avec joie les attentions d'un gradé si prestigieux.

«  Tant d'hommes ! Vous devez avoir énormément de travail ! »
fit-elle d'un ton candide.

Dommage, il ne connaissait pas tellement de soldats de Sarnand. Impossible de lui soutirer des informations sur celui qui l'intéressait. Tant pis, pensa-t-elle. Quant à Krüger, il ne renchérit guère, se réjouissant simplement qu'elle apprécie ceux qu'elle connaissait. Ce genre de sujet était peut-être trop léger pour un allemand de la Heer.

La voiture s'arrêta, trop vite. L'Oberst descendit et laissa Juliette sortir à son tour, lui tenant galamment la portière. En sortant, Juliette rajusta sa jupe d'un revers de main, et se tint bien droite pour montrer qu'elle était bien digne de la belle voiture avec chauffeur sans pour autant avoir dévoilé des atouts encore trop jeunes.
Elle regarda autour d'elle et avoua:

« Je n'ai pas vraiment fréquenté ce café. J'ai dû y venir une fois, guère plus. Je ne vais pas aux cafés depuis bien longtemps. »


Elle sourit innocemment au soldat, espérant qu'il ne s'interroge pas trop sur son âge. Il la savait jeune, mais peut-être pas autant. Elle sourit aussi au chauffeur, en tournant la tête vers lui pour le remercier de l'avoir conduite. Il ne semblait toujours pas être remis de son avertissement car il avait toujours le regard baissé et ne sembla pas la voir.
Elle revint sur Krüger et lui demanda, revenant à l'allemand:

" Vous venez souvent ici? "


Si il l'avait emmenée dans un lieu fréquenté essentiellement par des allemands, peut-être pourrait-elley revenir sans lui avec l'espoir de rencontrer des gens ... disons, plus jeunes.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Char d'assaut chaleureux
avatar

Messages RP : 196
Messages : 1140

MessageSujet: Re: L'écrabouilleur de jeunes filles [Mercredi 11 Juin] [Inachevé]   Dim 8 Aoû - 22:12


Oberst Klaus Krüger

Krüger acquiesça en dissimulant une partie de la fierté qu'il ressentait. Plus que de la modestie, il lui paraissait essentiel de savoir se tenir. La vanterie frisait l'impolitesse et était la marque des parvenus, un comportement que de vrais officiers de carrière se devaient de combattre. On était à l'armée, pas en politique.

"Plutôt, oui. Mais c'est calme ces temps ci."

Grâce à la "paix" et au calme de Montreuil et des environs, on ne pouvait pas dire que son régiment était surchargé ou menacé. Le colonel ne savait pas qu'à ce moment précis, un officier de la marine appelait d'un café pour qu'une ambulance vienne chercher un Amiral Darlan agonisant qui mettrait moins de deux minutes à mourir. Il ne se doutait pas encore que cette journée était son dernier jour de sérénité avant longtemps.

Tout en parlant, il mena la jeune fille jusqu'à la terrasse. Il faisait un beau soleil avec seulement quelques nuages ; comme Krüger passait la majeure partie de sa journée à l'intérieur, cette occasion de profiter un peu du temps et de l'air extérieur le mit de bonne humeur.

"Hans !" Il fit signe au jeune homme de venir, debout devant la table qu'il avait choisie. "Allez garer la voiture le long du trottoir et rentrez au QG. Vous serez de garde ce soir."

Puis il s'installa et fit signe à Charlotte, une petite blonde rondelette, de venir les servir. Elle sourit pour lui faire comprendre qu'elle l'avait vu, acheva de s'occuper de ses clients puis slaloma entre les tables. Krüger posa sa casquette sur la table et croisa les jambes.

"En général, je mange ici à midi. Beaucoup d'officiers font cela. Un café, s'il te plait. Qu'est-ce que vous prenez, mademoiselle ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://adler.jdrforum.com
Française
avatar

Messages RP : 9
Messages : 35
Âge du personnage : 17 ans

MessageSujet: Re: L'écrabouilleur de jeunes filles [Mercredi 11 Juin] [Inachevé]   Jeu 19 Aoû - 0:50

Juliette avait un don naturel - qui n'était pas le chant. Elle savait prendre les hommes. Après plusieurs tests - séduction, petite fille et maintenant fierté patriotique - elle venait enfin de trouver la corde sensible de Krüger. Elle l'avait vu d'éclairer et redresser imperceptiblement les épaules quand elle s'était intéressée à son régiment. Il ne s'épancha cependant pas sur le sujet, et Juliette retint une moue.
Elle savait peut-être désormais comment lui être agréable - au moins un peu - mais elle n'apprenait rien d'intéressant. C'était presque désespérant. Presque, parce qu'elle gagnait beaucoup à cette rencontre. Un café gratuit déjà.
Elle essaya cependant une autre approche:

" Cela fait longtemps que vous les dirigez? Déjà, avant, en Allemagne? Comment on fait pour atteindre votre grade?"


Sa voix de jeune fille en fleur prenait des tons admiratifs et innocents, mais ses yeux n'avaient pas l'air innocent qu'il aurait fallu. Il était calme, curieux certes, mais il cherchait surtout autour d'elle des têtes connues, susceptibles de la voir. Elle ne savait finalement pas trop si elle voulait être vue avec l'allemand. On l'accuserait peut-être de le séduire. Elle ne l'avait pas fait. Il n'avait pas voulu. On l'accuserait de fricoter avec les allemands. Mais c'était normal non? Bref, elle n'avait pas envie de trop de rumeurs. Juste ce qu'il fallait pour qu'on la respecte. Ah que la vie des filles était difficile!

Elle suivit sans rechigner l'Oberst là il la mena. Quand il fit venir son chauffeur, elle lui adressa un sourire encore plus charmeur, espérant qu'il se dériderait. Mais Hans exécutait déjà les ordres, et Krüger s'asseyait. Ramenant d'une main sa robe, Juliette l'imita et observa le manège de la serveuse, la casquette et écouta le soldat.

" Je voudrais bien un café au lait si vous avez?"


Beaucoup d'officiers. Et les jeunes sous-officiers? Non, il ne fallait pas penser à cela. Il fallait profiter de l'instant. Juliette était une opportuniste même si elle ne se voyait pas comme cela, et elle profitait aussi de sa double origine familiale pour passer de l'allemand au français, et vice versa, lorsque cela l'arrangeait.
Attendant qu'on prenne sa commande en compte, elle croisa élégamment et décemment les jambes, se demandant jusqu'où elle pouvait aller avec un officier comme son interlocuteur.

" Avec deux sucres, si je peux?"

On rationnait ce genre de choses, alors si elle pouvait en avoir... Mais elle restait polie et aimable, demandant si elle pouvait, pour ne pas paraître trop gourmande.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Char d'assaut chaleureux
avatar

Messages RP : 196
Messages : 1140

MessageSujet: Re: L'écrabouilleur de jeunes filles [Mercredi 11 Juin] [Inachevé]   Sam 28 Aoû - 19:30


Oberst Klaus Krüger

Charlotte ne parlait pas très bien allemand, même si elle progressait depuis qu'elle travaillait ici. Si Juliette craignait un jugement négatif, ce n'était pas la petite serveuse qui allait lui présenter la note : chez Madame Manon, on voyait trop de courtisanes pour s'en offusquer. Et puis les Allemands aimaient leur présence, et il s'agissait de la majorité de la clientèle des lieux.

La jeune femme coula un regard vers Krüger. Le lait était rationné pour tout le monde, sauf les femmes enceintes ou avec de jeunes enfants. Quant au sucre, comme le vrai café, il s'agissait désormais d'une denrée de luxe. Le colonel hocha presque imperceptiblement la tête et Charlotte annonça qu'elle pouvait tout à fait servir un café au lait avec deux sucres et qu'elle allait s'occuper de leur commande. Elle s'effaça en roulant ses hanches rebondies, vite oubliée par Krüger qui retournait à sa conversation.

"Je suis colonel depuis quelques années, mais j'occupais un poste administratif. L'armée a eu besoin de plus de dirigeants combattants avec la mobilisation."

Il parlait d'un ton neutre, sans jugement sur ladite mobilisation, et ne s'épancha pas sur ce qu'il avait fait ou pu faire au combat. Son regard passait un peu partout sans s'arrêter sur rien, montrant une espèce de curiosité d'habitué indifférent.

"Devenir colonel n'est pas bien difficile quand on est un officier correct. L'essentiel est de le devenir assez tôt pour pouvoir prétendre à un rang de général. En somme, il suffit d'être raisonnablement intelligent, assez obéissant, d'avoir des nerfs qui tiennent le coup et du charisme ; surtout, avoir de la chance. Mais ce n'est pas une carrière pour une jeune fille comme vous... avez vous déjà des projets professionnels ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://adler.jdrforum.com
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: L'écrabouilleur de jeunes filles [Mercredi 11 Juin] [Inachevé]   

Revenir en haut Aller en bas

L'écrabouilleur de jeunes filles [Mercredi 11 Juin] [Inachevé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Die Adler :: Montreuil :: Centre ville-