Lettre à Dorothée Kurtzmann [7 Février 1940]


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Lettre à Dorothée Kurtzmann [7 Février 1940]

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Allemande
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MessageSujet: Lettre à Dorothée Kurtzmann [7 Février 1940]   Mar 19 Mai - 0:26

Montreuil, le 07 février 1940
Ma bien chère Dorothée,

Ici, c’est bien triste, mais c'est la guerre ! Oui, je n’ignore pas que la guerre est partout et non, rassure toi, aucun combat n’a lieux à Montreuil ou dans ses environs. Mais chaque jour qui passe voit un peu plus l’ambiance se détériorer entre papa et maman.
Une guerre franco-allemande n’a pu venir à bout de leur amour, il semblerait que celle-ci soit celle de trop.
Tu ne devineras jamais, mais papa s’est fait nommer à la base de Sarnand avec Fürshin. Maman en est toute désolée. Elle aurait préféré je pense que se soit ton Kurtzmann qui arrive, puisqu’il t’aurait alors emmené avec lui. Je me demande pourquoi tu l’as épousé ? Ce n’est pas qu’il est méchant, mais sincèrement, 1939 était-elle bien l’année où épouser un allemand ? Regarde Françoise ! Bon, je t’accorde que ton époux et bien plus beau garçon que son Gaston, mais lui au moins a eu la délicatesse d’être fait prisonnier par l’Allemagne, ce qui nous offre un vernis de famille martyre bien utile par ces temps. L’Allemagne a mauvaise presse (façon de parler bien sur, le Courrier-du-Nord est dithyrambique et ne sais plus comment flatter sans coller aux doigts de ses lecteurs) et les allemands encore plus depuis qu’on en voit partout en ville.
Je t’accorde que papa (et nous même dans une moindre mesure) le sommes aussi, mais vois combien cela coûte à maman et à la famille de Montreuil ! Évidemment, tu ne vis pas ici.

L’ambiance est délétère. Geneviève, Ivan et moi n’avons pour l’instant que peu d’ennuis, car chacun ici nous connait comme les petits-enfants de Pierre-François, mais l’arrivée de notre major de père dans ce panier de crabe qu’est devenu Sarnand risque de nous faire passer du coté de l’ennemi. Et pourtant, papa est bien l’homme le plus gentil du monde.
Moi, je m’en moque, je sais me défendre (savais-tu que le sport était devenu obligatoire ? Tu devrais voir Sœur Marie-Joseph nous faire faire la gymnastique le matin ! Enfin, nous sommes toutes ridicules, mais nous avons désormais une santé de fer), mais je m’inquiète pour maman. Et pour Ivan aussi, c’est un véritable pou, mais c’est mon petit-frère et il reste encore un petit garçon (même s’il est déjà en âge de faire sa communion solennelle, le père François dit que ce sera ce printemps). Geneviève elle la pauvre, j’ignore si elle se rend seulement compte de ce qui l’entoure, elle est amoureuse… (Elle aussi d’un allemand, un soldat de Sarnand. Pour faire remonter la côte patriotique française et rétablir l’équilibre entre nos parents, je suis donc condamnée à épouser un français !)

Enfin, je digresse, car au final ma lettre n’a vraiment qu’un seul but : A quand une photographie de mon nouveau neveu ! Maman et papa sont très heureux pour toi et toute la famille aussi. Papa est heureux pour ton mari, Geneviève, Ivan et moi aussi mais on ne le dira pas, puisqu’ici c’est la guerre !

Geneviève, Ivan, maman, papa et toute la famille se joignent à moi pour vous embrasser très fort.
Ton Hermeline.

PS : Si tu m’aimes, demande à ton Kurtzmann de faire un petit effort pour que l’Allemagne perde quelques batailles, cela ferait tellement plaisir à maman ! De bonheur et pour faire bisquer papa, elle pourrait aller jusqu’à Sarnand le narguer… Qui sait, ils se réconcilieraient peut-être ?
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