Lettre à Abigaëlle Maestrati (Tunisie) [1 Juin 1941]


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Lettre à Abigaëlle Maestrati (Tunisie) [1 Juin 1941]

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Allemande
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MessageSujet: Lettre à Abigaëlle Maestrati (Tunisie) [1 Juin 1941]   Lun 21 Juin - 12:41

Montreuil, dimanche 01 juin 1941

Ma très chère Abigaëlle

J'espère que cette lettre te trouvera en bonne santée, de même que ton mari et tes enfants. Comment est donc la vie en tunisie ? Le vieil Ilias tient-il toujours son café au coin de la rue ? Je suis persuadée que Marie-louise et Toussaint continuent de l'embêter ! Il faudra que tu les remercies de la part de tati Hermeline, leur photographie de premiers communiants m'a beaucoup touchée, surtout le petit mot qu'ils avaient écrit derrière.

A Montreuil, rien de bien neuf. Aujourd'hui avait lieu l'indémodable loto du conseil municipal, mais il n'avait pas la même saveur que les autres années. Les lots étaient composés de beaucoups de bric-à-brac certes, mais il manquait quelque chose... Non en fait, il y avait justement quelque chose en trop : les portraits allemands ! Maman ne manquera pas d'en faire une description plus détaillée dans son courrier, aussi ne vais-je pas épiloguer, mais cela oscilllait entre le risible et le pathétique.

Enfin, je t'écrivais surtout pour te demander conseil. Non pas que je ne m'inquiète pas de mon beau-frère, de mes neveux ou de toi, mais comme tu t'en doutes, je suis régulièrement abreuvée de nouvelles grâce au réseau de la famille.
Bref, comme tu es ma soeur et que tu es l'ainée, je pense que tu es la plus à même de me répondre. Maman le pourrait aussi bien sûr, mais elle s'en ferait toute une histoire et irait inquiéter le major alors que vraiment, il n'y a rien.

Voilà, ma question est comme tu vas le voir toute à fait simple : à quoi reconnait-on que l'on est amoureuse ? Non pas que je le soit bien sûr ! Mais enfin vois-tu, je serais plus tranquille si je le savais (pas savoir si je suis amoureuse, attention, je ne le suis pas ; Juste savoir comment on sait si on l'est ou pas, nuance !). Après tout, comment en reconnaitre les symptômes si personne ne m'en parle n'est-ce pas ? Tu te doutes bien que ce n'est pas à Sainte-Marie qu'on nous instruit de cela, et cette pauvre Geneviève est incapable de me donner une réponse cohérente, tu la connais !

J'espère que ma lettre ne mettra pas trop de temps à te parvenir, je t'embrasse très fort, et j'embrasse très fort Orso qui doit être bien inquiet des vues de l'Italie sur son île. Mille baisers également à Toussaint et Marie-Louise,

Votre Hermeline


PS : Le major dit qu'un contingent de la coloniale doit arriver bientôt à Radhès. Peux-tu te renseigner à propos du cousin Marcel ? Depuis le 28 avril que les japonais tiennent la Conchinchine, nous n'avons plus aucune nouvelle et Tante Alphonsine est au désespoir.

PPS : Tu trouveras ci-joint une photos d'Ivan le jour de sa communion, il est avec Nicolas (celui qui l'assomme avec le cierge) et Serge. Ne la montre pas à maman, elle est persuadée qu'il a déchiré son costume sur un clou dans l'église.

PPPS : Finalement, oublie ce que je t'ai demandé, après tout ce n'est rien, vraiment rien, inutile que tu t'embêtes avec ça et surtout n'en parle pas à maman.
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