Miroir, mon beau miroir [Vendredi 20 Juin]


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Miroir, mon beau miroir [Vendredi 20 Juin]

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MessageSujet: Miroir, mon beau miroir [Vendredi 20 Juin]   Ven 16 Juil - 18:07


Oberst Klaus Krüger

Le colonel Klaus Krüger était généralement un homme calme, posé, réfléchi. Cela lui avait permis de monter en grade à des postes d'administrateur malgré son oeil en moins, de se faire pas mal d'amis tout en évitant de s'attirer des ennuis. Il tirait une certaine fierté de ce caractère maîtrisé et égal, mais jugeait également que cela rendait ses colères particulièrement légitimes.

Or, ce vendredi, Klaus Krüger était justement en colère. Rien de nouveau : cela l'avait pris la veille, après un appel téléphonique d'un sous préfet pas très content parce qu'un de ses officiers avait eu l'excellente idée de flinguer une petite vieille totalement inoffensive (et surtout parfaitement française) dans les locaux de la police ; en temps normal, Krüger aurait convenu fort facilement que l'acte était abusif. Sauf que le sous préfet avait, encore avec raison, noté que la réponse à l'infraction semblait d'autant plus disproportionnée que police et gestapo avaient mis le Quartier St-Paul sans dessus dessous le 18 juin et qu'il n'était donc pas opportun de rallumer l'incendie en commettant des meurtres sur séniors le 19 juin.
Ce qui signifiait (étant donné que Krüger était d'accord) que le 20 juin, il serait bon qu'il touche deux mots à l'officier concerné.

C'est donc avec une saine colère que Krüger fixait l'homme debout devant lui. On avait pas besoin d'être un grand humaniste pour penser qu'un soldat a autre chose à faire de ses journées (et, l'espérait-il, de ses nuits) que de mettre trois balles à une grand-mère. L'honneur militaire se perdait, vraiment.

"Repos, Hauptmann Raydel,"
commença l'officier, assez sèchement et sans lui proposer de s'asseoir. Krüger ne le connaissait pas bien : Raydel avait débarqué quelques jours plus tôt. Il ne lui avait pas fait mauvaise impression à ce moment là, malgré un sentiment de gêne persistant à cause du bandeau que portait son subordonné. Cela lui donnait l'impression de se regarder dans un miroir déformant ; eh bien, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

"J'ai entendu dire que vous aviez abattu un suspect la nuit du 19 juin, c'est à dire hier soir. Comme je n'ai pas eu de rapport de vous à ce sujet, j'aimerai avoir quelques détails sur l'affaire, si vous voulez bien."
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MessageSujet: Re: Miroir, mon beau miroir [Vendredi 20 Juin]   Ven 16 Juil - 18:56

Otto n'était pas à Montreuil depuis très longtemps, il était arrivé quelques jours plutôt en France et par cette occasion dans ce quartier. L'Hauptmann de la Wehrmacht était déjà au parfum, les environs étaient majoritairement occupés par des français et les allemands occupaient le terrain afin de fournir aux sauvages un semblant d'organisation et de droiture. Hier soir, alors qu'Otto était tranquillement installé à son bureau, un soldat était venu le voir, on avait besoin de lui au poste de la police française.

Le capitaine s'était rendu sur les lieux où il avait vu le suspect, une vielle femme totalement ridicule, en véritable française, cette dernière pleurnichait et Otto n'avait pas résisté. Il avait donné la mort à la vielle femme sans remords, jeunes ou vieux, ces gens étaient tous les mêmes.

En ce vingt juin, alors que des projets d'enquêtes se propageaient, le même soldat que la veille au soir était entré dans la pièce, cette fois, c'était Krüger, son supérieur qui le demandait. Immédiatement, il s'était rendu au point de rendez-vous, rue Carnot.

Vêtu de son uniforme règlementaire, il traversa rapidement sans être dérangé par un français, il arriva très rapidement à la hauteur de son chef. Il se mit au garde à vous et attendit que l'homme lui indique la mise au repos. L'Oberst portait le même bandeau à l'œil que l'Hauptmann ce qui donnait un brin de comique à la situation.

L'homme prit ensuite la parole, apparement, il n'avait pas eu de rapport sur l'acte de hier soir, ce qui était totalement vrai car Otto n'avait pas terminé la rédaction, lorsque le soldat était venu le voir en lui apportant la convocation de son chef, l'Hauptmann engageait une deuxième feuille dans la machine.

-"Le rapport sera sur votre bureau demain monsieur. "

Il continua de parler, fixant toujours son "faux" double, comme pour attendre une réaction de la part du commandant de la Wehrmacht.

-"Hier soir, vers vingt deux heures, un garde est venu me trouver dans mon bureau, il m'a dit qu'on demandait un Hauptmann en urgence aux bureaux de la Police française.
C'est avec hâte que j'ai rassemblé mes affaires et que je suis allé aux bureaux de la police, arrivé sur place, un français très standard, c'est à dire complètement lassé et idiot m'a indiqué le lieu de détention du suspect."

Il marqua une courte pause pendant laquelle il reprit sa respiration et quelques secondes après avoir arrêter de parler, il reprit son récit.

-"Je suis donc monté au bureau du commisaire et le suspect était bien ici. Une grand mère. Elle venait d'être prise à circuler dans les rues sans aucun papier de laisser-passer et si vous voulez mon avis, sa justification était bidon. J'ai appelé les officiers de la Gestapo, aucune petite fille chez elle."

Nouvelle pause, nouvelle respiration rapide et il poursuivit l'évoquation des faits d'hier au soir.

-"Bien que cette vérification fut réalisée après sa mort, j'ai su qu'elle n'était pas très... Claire. J'ai donc conduit la femme dans l'arrière cour, celle où les traitres sont tués et j'ai tiré trois balles dans la vielle femme avant de faire emporter son corps par deux policiers."

Le capitaine accorda un sourire timide au colonel, il savait par les gens au pays que Krüger ne montrait pas particulièrement d'attachement aux mythes dont le Reich prenait la défense mais c'était un homme très compétant dans son domaine. Pour Otto, aucun doute, le meurtre de hier soir était totalement justifié et après tout, tuer un français pour le plaisir était tellement jouissif.
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MessageSujet: Re: Miroir, mon beau miroir [Vendredi 20 Juin]   Ven 16 Juil - 19:45

[J'ai changé le orange, ça faisait vraiment trop mal aux yeux ^^" N'oublie pas non plus de changer la police pour les dialogues en allemand : il faut utiliser "courier new".]


Oberst Klaus Krüger

"Peut être que la petite fille n'était pas chez elle, en effet, mais chez son fils ou sa fille. Il ne vous est pas venu à l'idée qu'ils pouvaient habiter à deux endroits différents et donc que l'adresse sur sa carte d'identité ne serait pas celle où se trouvait l'enfant ?" lui fit remarquer Krüger, toujours d'un ton acerbe. Il n'appréciait que moyennement le petit sourire final de l'homme. Même si la vieille femme avait été une "traitresse" (ce qui était stupide de l'avis de Krüger), il y avait une mesure à tout. "Ou que, ne la voyant pas revenir, ou voyant la gestapo arriver, ils auraient pu aller chez un voisin ?"

Il n'ajouta pas que puisque la garde du 19 juin avait été assurée par Hans Pfeffel et que ledit Hans Pfeffel était plus bête que les chaussettes de son patron, il était très probable que la gestapo n'y ai pas pensé non plus. Parfois, Krüger regrettait vraiment que Siedler ne soit pas tout seul avec sa secrétaire pour faire "régner l'ordre".

"Hauptmann Raydel, êtes vous au courant des peines encourues pour les Français de race non juive qui se promènent sans Ausweis ? Je ne les connais pas en détail, mais je peux vous assurer que la mort ne figure pas dans cette liste. Vous n'êtes autorisés à abattre des personnes que si votre vie ou celle de vos hommes est en danger. Même si cette femme avait été une résistante qu'on avait retrouvé avec une mitraillette et la tête tranchée d'un soldat allemand, elle aurait dû être déférée devant un tribunal."

Il fit une pause, le temps de resserrer sa cravate, quand il entendit son ton s'échauffer : Krüger ressentait de la colère et de l'indignation, mais cela ne l'autorisait pas à sortir de ses gonds. Surtout pas devant un homme qu'il suspectait soudain d'être un sadique, un déséquilibré ou un traumatisé de la guerre qui n'avait pas encore compris qu'il n'était plus sur le front polonais.

"Ici, nous respectons la loi et les règles. Vous êtes un soldat, pas un boucher, Raydel. Les soldats ne tirent pas sur les civils désarmés de soixante-quinze ans parce qu'ils se promènent sans Ausweis et ici, il n'y a pas "d'arrières cours où sont tué les traitres" mais des pelotons d'exécution en bonne et due forme. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?"

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MessageSujet: Re: Miroir, mon beau miroir [Vendredi 20 Juin]   Ven 16 Juil - 20:00

Le colonel semblait être très énervée à l'égard du Hauptmann Raydel qui pourtant était simplement attaché aux principes et il fallait le dire, Otto était très chauvin et il s'emportait parfois pour un rien. Le capitaine était cependant un homme assez digne et tuer une grand-mère n'était pas plus joussif que de tuer un enfant, cependant lorsque cela était nécessaire, Otto le faisait.

L'Oberst Krüger semblait très en colère, lorsqu'il continua de parler, son ton était encore plus monté, comme si il se montait la tête tout seul et qu'au bout d'un certain temps, son cerveau lâchait tout le contenu qu'il contenait. Ce dernier lui parlait mainteant des lois et des règles, la Wehrmacht devait être la seule à respecter les règles, car les SS, eux ne se gênaient pas pour tuer, et il faisait cela en toute liberté. Il était très clair que Krüger était dévoué à son travail mais il n'était pas aussi fanatique que les membres de la Waffen et il était sans doute moins attaché au Parti qu'Otto lui même.

Ce dernier fit un signe de tête lorsque l'homme lui indiqua que les cours où les gens étaient sauvagement assasinés n'étaient pas de rigueur mais qu'on préférait l'utilisation de pelotons d'éxecution formés après un jugement du tribunal où les criminels se devaient d'être jugés.

Le nazi regarda son supérieur, il sentait qu'il n'allait pas du tout apprécier cet homme et qu'il irait rapidement chercher l'approbation d'un membre de la SS, chez eux, le Reich était la chose la plus importante et on défendait ce dernier en tuant, même des grands-mères.

Je comprends, Oberst. J'ai fauté.


Un peu de mensonges ne faisait jamais de mal.
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MessageSujet: Re: Miroir, mon beau miroir [Vendredi 20 Juin]   Ven 16 Juil - 20:20


Oberst Klaus Krüger

Krüger resta silencieux un moment, son unique oeil fixé sur le regard tout aussi unique de Raydel. Son expression était devenue indéchiffrable mais, sous la peau et l'os qui couvraient son cerveau, il pensait activement. Fallait-il croire l'homme ? Il suffisait d'être sain d'esprit et d'avoir un minimum de compassion pour comprendre sans l'aide de ses supérieurs où était le mal. Ou un sens de l'honneur. Il fallait avoir de l'honneur ou au moins de la franchise pour dire la vérité. Si Raydel n'en avait pas assez pour retenir sa main, alors comment croire qu'il pouvait être sincère ? L'Oberst se sentit soudain très las. Il regrettait de ne pas avoir fait une autre guerre, quand les officiers avaient encore un peu de chevalerie en eux. Il pensa que Raydel revenait de Pologne et cela lui laissa un goût amer : était-ce là bas qu'il avait pris d'aussi déplorables habitudes ?

Mais le Hauptmann admettait sa faute et remettait la réponse convenue. Krüger pouvait difficilement lui demander plus ou le reprendre la dessus. Au mieux, il pouvait le punir, même s'il savait que cela ne rachèterait pas la mort de la vieille femme, que cela ne lui donnerait jamais toute confiance en cet homme et que, si Raydel n'était pas sincère, il serait forcé d'avoir l'oeil sur lui en permanence. Le serpent devait être mis en cage.

"Vous êtes mis à pied pendant une semaine, Hauptmann, durant laquelle vous me remettrez votre arme et n'aurez pas le droit d'en porter une autre. Profitez de ce temps pour visiter Montreuil et soyez prudent : nous n'avons jamais eu de tentative d'assassinat à Montreuil, je détesterai que vous soyez le premier à vous faire exploser la cervelle par une famille en colère. Maintenant, votre arme," acheva-t-il en tendant la main, l'air de dire que Raydel n'avait pas intérêt à refuser.
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MessageSujet: Re: Miroir, mon beau miroir [Vendredi 20 Juin]   Ven 16 Juil - 23:57

Mise à pied ? Otto était dans un état de colère grandissant, pour le meurtre d'une vielle femme, le caporal Krüger venait de le mettre à pied pendant une semaine, heureusement, cette semaine n'allait pas se passer tranquillement. Même si l'Oberst était son responsable direct, Otto avait de nombreuses connaissances dans la Gestapo notamment les hauts placés.Aussi, il ferait intervenir ses relations afin d'être intégrer de nouveau le plus rapidement possible. Il ne voulait absolument pas rester sur les bas côtés pendant une semaine car Krüger l'avait décidé. Cet homme n'était pas digne de porter son unforme et son rang d'Oberst.

L'Hauptmann regarda l'autre homme, leurs bandeaux étaient véritablement les mêmes, Raydel se demandait si l'autre homme avait perdu son œil au combat ou si c'était un accident plus personnel. Il s'en fichait après tout car pour une fois Otto n'éprouvait aucun respect pour son supérieur, ce dernier venait de le mettre à pied pour des raisons de patriotisme évident. Il faisait tout pour la prospérité de l'Allemagne, son supérieur ne semblait pas croire aux mêmes idéaux.

Le capitaine regarda fixement l'homme en face de lui, ce dernier lui demanda son arme. Il lui interdisait également d'en avoir une nouvelle pendant cette semaine de mise à pied. Otto décocha son arme et de sa main, il tendit cette dernière à son supérieur.

Une fois que ce dernier est récupéré l'arme, il leva le bras, joint les jambes et il prit la parole en criant légèrement.

-Heil Hitler !

C'était la seule réplique qu'il avait trouvé à dire à son supérieur, il voulait voir comment se dernier allait réagir à une telle réplique. C'était bien plus qu'un simple salut, ces deux mots étaient les mots que l'officier répétait le plus de fois dans la journée.
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MessageSujet: Re: Miroir, mon beau miroir [Vendredi 20 Juin]   Sam 17 Juil - 0:56


Oberst Klaut Krüger

Si Krüger avait entendu penser l'autre officier, il aurait immédiatement -et devant lui- appelé son supérieur pour s'en débarrasser. Il avait son idée de l'Allemagne ; une Allemagne forte, puissante, à laquelle on aurait rendu ses droits sur la scène internationale. Mais aussi une Allemagne fière, respectable, irréprochable qui renvoyait l'image d'un peuple cultivé, travailleur, déterminé et capable de grandes choses. Des actions "patriotiques" comme celles de Raydel ne faisaient que ridiculiser l'armée allemande et la faire passer pour un refuge à criminels... sans parler de l'idiotie stratégique. Tuer une grand mère n'apportait rien à l'Allemagne, ni sécurité supplémentaire, ni avantage économique ou politique, alors que n'importe quel Français pourrait s'en offusquer. Un échec de propagande pour des avantages nuls, voilà ce que cet imbécile avait fait et Krüger était prêt à l'exposer clairement à tous ceux qui viendraient lui demander des comptes.

Ce fut toutefois en silence qu'il accepta l'arme que lui tendait l'autre. Il la rangea très visiblement dans un tiroir qu'il ferma à clef pendant que le capitaine lui balançait un salut tonitruant.

Sauf que Krüger n'avait rien à cacher.

Dans un autre tiroir, il ramassa une petite boite bleue qu'il ouvrit avant de la tourner vers Raydel pour qu'il en voit le contenu : il s'agissait clairement d'une insigne du parti, soigneusement entretenue et nichée là comme s'il s'était agit d'une bague précieuse.

"Dites moi, Hauptmann, vous saluez parce que vous comptez quitter cette pièce ou parce que vous pensez que je ne suis pas un bon Allemand ?" demanda-t-il en refermant la boîte. Il ne lui avait pas demandé de partir ; le salut tenait donc forcément du défi. La question qu'il lui retournait également : après tout, s'il peinait à croire à la véracité des dires de Raydel, pourquoi prendre la peine de lui demander des réponses ?
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MessageSujet: Re: Miroir, mon beau miroir [Vendredi 20 Juin]   Sam 17 Juil - 1:12

Il fut prit de court lorsque l'homme qui était dans la hiérachie son supérieur. Le caporal, chef de l'armée à Montreuil utilisait des méthodes assez curieuses. Il avait adopté un air calme et l'homme venait de sortir une boite, il la fit basculer pour qu'Otto puisse voir le contenu de cette dernière. Il s'agissait d'une insigne très propre et très bien entretenue, cette insigne apparaisait comme totalement neuve alors qu'Otto savait que cette dernière était ancienne.

Le capitaine regarda son supérieur droit dans les yeux, ce dernier venait de gagner quelques points de sympathie, car il possédait une magnifique insigne du parti. La nouvelle Allemagne avait besoin de bases solides et le parti incarnait à lui seul les bases d'une Allemagne pure, solide, une Allemagne où les principes du respect de la Patrie étaient obligatoires.

Krüger semblait être tout de même un bon nazi, même si il ne le montrait pas beaucoup, cette insigne ne faisait aucun doute quant à son appartenance au mouvement du Nationalisme Socialisme. Otto ne répondit pas immédiatement à sa question, il s'accorda quelques secondes afin de réflechir à la réponse. C'est après avoir fixé l'insigne qu'il lui répondit.

-Je suis en soucis pour ma Patrie, malgré notre victoire en France, la guerre n'est pas terminée, et, cher Oberst, je suis très soucieux. Je suis totalement dévoué à mon pays.

C'était totalement vrai, il tenait à son pays et bien que la guerre était presque gagnée en France, il ne fallait pas baisser la garde et apporter aux français une certaine rigueur c'était parfaitement normale. Il regarda l'homme d'un air particulièrement normal. Cela dit, il avait toujours sa mise à pied provisoire en travers de la gorge.
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MessageSujet: Re: Miroir, mon beau miroir [Vendredi 20 Juin]   Sam 17 Juil - 1:32


Oberst Klaus Krüger

Il referma lentement et avec soin la boite pendant que le capitaine parlait, puis la remis dans le tiroir. Une démangeaison à la tempe lui rappela son oeil manquant ; il se fit violence pour rester absolument immobile et ne pas céder au presque-tic de gratter. Ce parallélisme presque comique entre Raydel et lui ne faisait qu'exacerber la conscience qu'avait Krüger de son handicape.
Avec une curiosité malsaine, il se demanda si Raydel avait du mal à viser dans le monde plat et sans relief des borgnes et si c'était pour ça qu'il avait cru bon de tirer trois fois sur la vieille. Il chassa ces considérations pour ne s'occuper que de la confrontation qui prenait fin. Etrange comme, parfois, il suffisait de montrer qu'on était dans le même camp pour que le même désaccord devienne presque bénin.

"Je le suis aussi, Hauptmann, et j'essaie de la servir de mon mieux. Servir l'Allemagne, le parti, le Führer et la Wehrmacht, ce n'est qu'un pour moi. Mais je pense que tuer aveuglément et pour rien ne nous fera pas gagner la guerre. En tuant des innocents nous créons une opposition malvenue alors que nous avons encore besoin de la France, du travail et des soldats qu'elle peut nous fournir. Vous ne le savez peut être pas encore mais des Français composent désormais les escadrons de la Luftwaffe à Sarnand. Pensez vous que vous aidez vos camarades pilotes, sachant que vous avez peut être tué la parente d'un de leurs camarades ?"


Il secoua lentement la tête et ne la ramena pas vers Raydel : son visage s'était finalement arrêté sur le portrait de Hitler, à sa droite. L'officier passait ainsi dans son angle mort, son oeil aveugle ne pouvant percer le tissu noir et épais qui couvrait une paupière cave.

"Je pense que le Führer sait très bien ce qu'il faisait lorsqu'il a signé les accords de Paris qui font de la France notre alliée. S'il pense que la France est désormais prête à marcher à nos côtés, nous ne pouvons qu'avoir confiance en son jugement."


[Note : Les Accords de Paris, signés fin mai 1941, permettent à l'armée de l'air française de participer avec la Luftwaffe à la Bataille d'Angleterre, ce qui revient à faire de la France l'alliée de l'Allemagne. Il s'agit d'un des points de l'uchronie survenus au chapitre 1.]
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MessageSujet: Re: Miroir, mon beau miroir [Vendredi 20 Juin]   Sam 17 Juil - 8:56

L'Oberst venait de réagir de la meilleure façon qu'il soit. En effet, l'Oberst venait de lui expliquer d'une manière très bonne que l'Allemagne ne pouvait pas occuper la France si ils créaient des évènements qui pouvaient pousser à la révolte des français comme les armées de Napoléon avait essuyer une révolte du peuple espagnol un certain mois de Mai.

Mais l'Hauptmann était un homme plus investi que beaucoup de hauts dignitaires qu'ils soient dans l'armée, dans la SS ou dans les bureaux du Reich. Le capitaine soutenait l'action d'Adolf Hitler la tête baissée et même si pour cela il devait fréquenter la Gestapo et leurs méthodes pour le moins... Dures.

La préservation de sa patrie était l'une des choses qui était la raison de son engagement dans l'armée. Son père y était également pour quelque chose, cet homme était mort lors de la première guerre mondiale, les français... Toujours eux. Aujourd'hui la tendance était inverse : l'Allemagne gagnait la guerre, les français étaient occupés et le gouvernement de Vichy était d'accord avec les méthodes d'épuration de la France.

L'Hauptmann était donc d'accord sur le fond avec son supérieur mais la mise à pied était une mesure trop lourde, que ferait-il pendant une semaine ? Il irait mener une enquête pour la Gestapo, trouver les juifs et les communistes, ça il savait aussi faire. Il aimait aider les gestapistes dans le lourd travail qu'ils avaient.

-Je comprends mon colonel. Nous nous battons pour la même chose.
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MessageSujet: Re: Miroir, mon beau miroir [Vendredi 20 Juin]   Mer 28 Juil - 17:50


Oberst Klaus Krüger

Krüger tourna la tête pour faire de nouveau face à l'officier et acquiesça en silence. Encore une fois, la réponse de son subordonné ne le rassurait guère : ne sachant s'il devait lui accorder le moindre crédit, elle lui était tout simplement inutile. Un simple échange de politesses. Certes, le comportement de Raydel avait changé et Krüger agissait en conséquences, mais cela ne voulait absolument pas dire que Raydel intégrait ce qu'il disait. Le capitaine voulait peut être simplement éviter des problèmes avec le Parti.

Il feignit toutefois d'en être satisfait, ne serait-ce que parce qu'il ne pouvait pas faire autrement. Quoi que Raydel fasse aujourd'hui, Krüger savait que cela ne le mettrait pas ou peu de meilleure humeur. Il ne pouvait rien faire pour effacer le meurtre et suspectait sa hiérarchie de ne pas s'en soucier outre mesure. Il devrait donc se contenter de la trop maigre punition qu'il venait d'infliger et des paroles de Raydel, qu'elles soient véridiques ou non.

"Je suis heureux que nous nous comprenions, Herr Hauptmann. Vous pouvez disposer."


Parce que c'était pas tout ça, mais il avait du travail, tout de même. Il salua du salut militaire (ne serait-ce que parce que ça lui évitait de se lever) et fit mine de revenir à ses papiers.
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MessageSujet: Re: Miroir, mon beau miroir [Vendredi 20 Juin]   

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