Alois Schuttman


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Alois Schuttman

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Allemand
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Âge du personnage : 24 ans

MessageSujet: Alois Schuttman    Jeu 19 Aoû - 0:03

Nom : Schuttman

Prénom : Alois Kasimir

Âge : 24 ans

Nationalité : Allemande

Métier : Pilote (courrier), soit le grade d'Oberleutnant

Description physique : Au milieu d'une foule (nordique de préférence), Alois ne se démarque guère. S'il a au moins l'avantage d'être grand et plutôt bien bâti grâce à des années de sport, son physique n'a rien de particulier. Sa démarche rapide retient l'attention quelques secondes, sans plus. Alois a des épaules carrées, mais ce n'est là encore pas ce qui se remarque le plus. Ses mains en disent un peu plus long sur lui. Assez fines, elles auraient sans doute été agréables à voir si elles n'étaient pas gercées et couturées de pas mal de cicatrices dûes à une mauvais habitude de ne porter des gants que lorsqu'il neige.
Ni beau, ni laid, on ne s'attarde généralement pas sur le physique d'Alois. Habitué à la rigueur militaire, il a pris l'habitude d'être toujours aussi bien rasé et coiffé que possible. Si maîtriser la pilosité de son visage n'est pas un problème, sa tendance à piquer un somme dès que l'occasion se présente lui donne un air débraillé. Cette habitude de tire-au-flanc ne se reflète pas forcément sur ses vêtements mais son air régulièrement hagard et ses cheveux clairs ébourifés ne trompent guère.
Lorsqu'il a eu le temps de se réveiller, le visage du pilote est souvent agréable. En dépit de traits de visage plutôt durs, Alois ne fait peur à personne. Nez droit, front haut, pommettes hautes ne parviennent pas à durcir les expressions diverses de ce visage assez jeune. Pour peu qu'on le connaisse un peu, il est possible de lire en Alois comme dans un livre ouvert.

Description mentale : Le pilote de Vesper ne fait pas dans la demi-mesure. Tantôt complètement apathique s'il n'a eu ses douze heures et une demi-heure de sommeil, tantôt jovial au point d'agacer n'importe qui dans un rayon de deux cent mètres, Alois n'a généralement pas un comportement très logique. Il obéit à l'autorité de manière modèle tant qu'il sait que rien ne peut lui arriver. Toutefois, pour peu qu'il décèle un chef un petit peu hésitant, le pilote n'hésite pas à en profiter un petit peu. Sa curiosité s'estompe lorsqu'il peut s'en mordre les doigts et qu'il se retrouve à effectuer telle ou telle corvée. Alois ne tire guère leçon de cette erreur qu'il répète avec joie dès qu'il en a l'occasion, depuis l'autorité paternelle jusqu'à l'armée en passant par des instituteurs qui auraient aimé se débarrasser de lui. En témoigne une oreille gauche légèrement plus décollé que l'autre, car on s'est acharné à faire passer le message en tirant dessus.
Naïf voire crétin, Alois se laisse souvent distraire de son travail par diverses idées saugrenues. Il n'est pas rare qu'il suive une lubie, au mépris l'autorité ou de sa santé. La dernière en date consistait à dormir en vol. Solidement accroché à un Vesper plus que furieux, Alois n'est pas tombé, ce qui renforce d'autant plus sa foi en sa propre stupidité (qu'il nomme "curiosité", mais qui est encore dupe, de nos jours ?).
En amitié, le jeune homme est plutôt du genre apathique que jovial. C'est un bon camarade, mais obtenir de lui qu'il soit un ami fidèle est une chose. Pas du genre protecteur, il laissera les autres se débrouiller car il n'apprécie pas qu'on se mêle de ses affaires. Pour qu'il aille jusqu'à protéger quelqu'un, il en faut beaucoup. De même, il adhère aux grandes lignes de l'idéologie nazie mais y aurait adhéré aussi si elle avait été différente : la politique, ce n'est pas son souci et il ne se prétend pas assez malin pour résoudre tous les problèmes du pays. C'est un suiveur, qui ne demande pas mieux que suivre le reste du troupeau à moins d'un besoin impérieux de voir autre chose. Mais tant qu'on ne titille pas sa conscience, qu'on lui fiche la paix, et qu'il a l'occasion de dormir assez, Alois ne va pas être homme à se rebiffer. Il ne s'est d'ailleurs jamais réellement soucié de sa carrière et a souvent pris la voie la plus évidente qui s'offrait à lui, toujours sous des conseils avisés qu'il n'avait pas demandé mais qu'on lui prodiguait quand même.

Histoire : Benjamin d'une famille de trois enfants auxquels leur père a toujours cherché à mettre la pression en pensant que cela aurait de meilleurs résultats, Alois a longtemps été le vilain petit canard. Il y a mit du sien. En dépit de ses frères qui lui conseillaient d'être un peu plus sage pour qu'on le laisse tranquille, de sa mère qui en venait jusqu'à s'interposer en faveur de son petit dernier, le pilote s'est appliqué à être une tête de pioche.

Toujours le dernier levé, jamais le premier à l'école, sans cesse dehors en train de jouer, des notes trop basses pour faire la fierté des parents, trop hautes pour qu'on puisse le punir sans passer pour des bourreaux d'enfant. Pas d'esprit d'équipe, mais pas l'âme d'un meneur d'hommes. En résumé, rien qui puisse rendre le paternel fier. Herr Schuttman attendit un certain temps, dans l'espoir que l'influence des deux fils dont il était fier marche sur Alois.

Le garçon passa une enfance tranquille, protégé par ses frères. Pour peu qu'un camarade de classe l'ait un peu taquiné, Alois savait qu'il pouvait compter sur Konstantin ou Frantz, tout comme il était le premier à qui ils demandaient de livrer des lettres aux petites copines puisqu'ils étaient sûrs qu'il se tairait. Lui ne s'intéressait pas aux filles. Il ne s'intéressait pas non plus à ses petits camarades. La seule chose qu'Alois demandait, c'était un peu de tranquilité, du calme. Que les autres le laissent vivre sa vie, parents, camarades, professeurs et adultes divers.

Pourtant, lorsqu'on le laissait seul, Alois ne s'intéressait pas à grand-chose, et ne faisait pas grand-chose non plus. Lire ? Un moment, pas plus. Le solfège ? Trop compliqué. Le football ? Pas drôle. L'escrime ? Trop de concentration nécessaire, et pas envie d'être dans l'ombre de ses frères. La seule chose qui attirait son attention, c'était encore les avions en papier. On en fait quand on en a envie, on n'a pas besoin de beaucoup de matériel pour ça, ça n'intéresse jamais personne plus de dix minutes, donc on vous fiche la paix rapidement. Naturellement, ce n'était pas un loisir qui plaisait beaucoup à Karl Schuttman, ne supportant pas de voir son plus jeune fils se comporter encore comme un gamin. Il allait avoir quatorze ans, passait son temps seul, dormait autant que possible, et ne levait pas le petit doigt pour augmenter ses notes ou faire un peu de sport (à défaut d'être une lumière, il aurait au moins pu être un bon sportif). Pour le voir changer, Herr Schuttman avait tout tenté. Les menaces ne marchaient pas. Le priver de quoi ? De papier ? Il avait essayé. Alois avait dormi de plus belle jusqu'à atteindre un total de quinze heures par jour. L'empêcher de dormir ? Donc l'avoir toujours à l'œil, ce qui était impossible. Demander à quelqu'un de le surveiller ? Ses fils étaient trop coulants, son épouse aussi. Et hors de question que son propre père s'en mêle : il serait la risée de la famille.

La méthode douce ne servait à rien. Qu'y avait-il à promettre ? Un matelas plus confortable ? Alois parvenait à s'endormir en cours, sur son pupitre.

Lorsque son dernier fils eût atteint quatorze ans, le paternel Schuttman craqua et l'envoya aux jeunesses hitlériennes. Peu importe comment, il finirait par prendre goût à quelque chose. Au pire, on pourrait toujours moyenner l'arrêt des jeunesses hitlériennes contre des promesses d'excellents résultats. Sinon, il s'intègrerait à ces nouveaux amis, et Karl Schuttman pourrait se réfugier derrière l'idée qu'il avait tout fait pour aider son fils.

Curieusement, Alois commença à se démarquer, petit à petit. Si l'idéologie était pour lui un concept obscur, le sport devenait un peu plus intéressant. Au fil du temps, son mutisme s'effaçait. Le pilote se liait d'amitié avec quelques camarades qui le laissaient assez respirer à son goût et rendait les coups si on se mettait en tête de lui en donner. Si bien qu'on lui fichait la paix et qu'il pouvait s'intéresser à autre chose. La course, par exemple. Pour quelqu'un qui aimait fuir la compagnie, pouvoir mettre de la distance était une vraie nécessité.

C'est un supérieur qui commença à s'intéresser à ce type pas très causant dont on disait qu'il courrait vite et qu'il avait une bonne endurance. En peu de temps, Alois signa un papier signalant qu'il acceptait de devenir pilote. Ce qui tombait bien : il allait atteindre dix-huit ans et n'avait pas la moindre idée de carrière à venir.

On le fit donc entrer dans la vie militaire, et on lui confia un oeuf qui n'allait pas tarder à éclore. Lequel œuf prit tout de même son temps et mit trois mois avant d'arriver à terme. Il en sortit un dragonneau qui développa immédiatement un attachement pour Alois qu'il considéra aussitôt comme la personne qu'il devait fréquenter, et une machine à papouilles qui donne à manger. Comme il ne l'emmenait pas au combat, Vesper en était d'autant plus content. Il n'avait à se fâcher que quelques fois, pour qu'Alois prenne un peu sa carrière en main : ses galons, c'était la nourriture de son dragon.

Relations :
    Karl Schuttman, 54 ans : Père autoritaire au possible, Herrr Schuttman a pour habitude de faire suivre à ses proches la discipline qu'il a suivie toute sa vie à l'armée. Lui demander conseil pour une affaire de coeur ou une quelconque décision qui demande un tant soit peu de sensibilité est tout sauf une bonne idée. En dehors de cela, il possède un talent certain pour enfoncer les portes et remuer le couteau dans une plaie.
    Anna Schuttman, 54 ans née Bergfalk Si on demande à Anna Schuttman de jouer les potiches durant plusieurs années, elle le fait sans problème car c'est dans ce rôle qu'elle excelle. Epouse modèle mais mère extrêmement distraite, elle a souvent laissés ses enfants chéris se débrouiller seule. Maintenant qu'ils sont tous les trois loin et qu'elle ne peut même plus "couver" le petit dernier, elle s'est faite plus présente et leur envoie des lettres dès qu'elle obtient une réponse (voire avant).
    Konstantin Schuttman, 30 ans Marié et père de deux enfants, Konstantin a obtenu un grade qui lui plaisait dans la Wermacht. L'insouciance des jeunes années est bien lointaine, puisqu'il est désormais aussi agréable qu'une porte de prison. Le petit frère qu'il aimait appeller "Kasi" ne vient guère plus le voir depuis que son discours sur l'économie et la politique ressemble à celui du paternel.
    Frantz Schuttman, 28 ans Une femme dans chaque port dit le proverbe médisant à propos des marins. A défaut de partir loin, Frantz l'a adapté en une femme derrière chaque porte. Assez irresponsable, ce marin fait toutefois attention à garder une réputation "impeccable" de coureur de jupons. Rien qui puisse entacher son honneur, surtout ! Ce serait embêtant pour conter fleurette.

    En dehors de cet arbre généalogique qu'Alois évite autant que possible de fréquenter, le pilote connaît désormais une bonne partie de la base de Sarnand. Du moins, une bonne partie le connaît-elle. Retenir tant de noms semble une tâche laborieuse pour le jeune homme qui se trompe régulièrement en parlant à ses interlocuteurs.

Dragon :
    Nom : Vesper
    Race : Natchfalken
    Age : 5 ans

    Vesper est un petit dragon qui prend bien plus de place qu'on ne l'imagine. Volontiers hypocondriaque, il s'inquiète de la moindre blessure qui pourrait non seulement abîmer son organisme de petite créature fragile et sans défense (en dépit d'une mâchoire impressionnante et garnie de dents solides) et la charmante couche d'écailles qui recouvre ses ailes fines, délicates mais étendues, c'est à dire tout à ait idéales pour un dragon occupant un poste comme le mien. Ne prenez pas la lueur maligne de son regard pour un signe de naïveté propre aux jeunes de son âge, car Vesper a compris ce qu'il lui fallait faire pour qu'on le dorlote. Sa fierté de grand et beau dragon l'empêche de demander des papouilles en public, mais nul doute que s'il avait droit à un équipage, il demanderait à être encore plus dorloté. Comme il se repose et restaure une grande partie de la journée, vous aurez relativement peu de chances de l'apercevoir les yeux ouverts. Doté d'un sommeil très léger, le dragon n'aime pas être dérangé et snobbera volontiers quiconque venant le déranger sans effectuer force papouilles ou sans apporter de nourriture. Il respecte l'autorité, puisqu'il a bien compris que c'est l'autorité qui lui permettait de manger de la viande et d'avoir un toit solide. Il n'hésite d'ailleurs pas à empêcher Alois de faire une sottise qui risquerait de se répercuter par une privation pour son dragon : les bonnes relations entre humains, c'est sa nourriture à lui. Et sa nourriture, c'est sacré.
    Toutefois, s'il y a une chose que Vesper serait incapable de faire, même pour un beau quartier de viande, c'est se battre. Hors de question d'abîmer ses ailes dans une bataille où il sait qu'il risque de ne pas faire le poids. Vesper a conscient qu'il était plutôt petit, même d'après les standards de sa race, et il tient trop à sa santé pour la mettre en danger ainsi. A celle d'Alois aussi, mais il ne compte pas l'avouer. Vesper aime se dire qu'il est difficile à vivre, et qu'il ne supportera pas le premier péquenot venu.
Texte personnel :Konstantin Schuttman semblait s'être souvenu qu'il avait un petit frère qu'il n'avait même pas vu au Noël de cette année-ci. Alois aurait été très occupé par son dragon, qu'il ne pouvait décemment pas emmener de peur que Herr Schuttman ne se décide à "dresser" cette bête. Ému par l'instinct paternel soudain dont faisait preuve son jeune frère (enfin Alois semblait-il grandir, enfin), Konstantin avait pris sa défense devant le paternel. Il avait même assuré qu'Alois passerait des vacances en février avec sa femme et ses deux enfants, en tant qu'invité. Il avait même ajouté qu'il était persuadé que son petit frère avait bien grandi et que dragon ne pouvait que réveiller un instinct paternel soigneusement enfoui, signe indéniable de maturité. Il avait donc écrit à son petit frère qu'il souhaitait le voir en février et l'avait sommé de demander une permission de quelques jours. Refuser aurait été malpoli pour Alois qui se doutait que son frère était du genre à vérifier que la permission eût pu être accordée ou non. Il avait espéré s'en sortir en prétextant qu'il ne pouvait se séparer de Vesper. Qu'à cela ne tienne, Vesper était invité aussi.

C'est à ce moment-là que les choses avaient commencé à sentir le roussi.

Vesper avait moins d'un an mais constituait déjà une solide menace pour tout ruminant passant à proximité. La petite famille n'était elle-même pas très rassurée, et la belle-soeur d'Alois avait eu un air particulièrement choqué lorsque Vesper avait demandé un mouton cru. Le fait qu'elle ait pâli à vue d'oeil n'avait rien à voir avec une tentative de camouflage dans la neige, ce que le dragon n'avait manifestement pas saisi lorsqu'il engloutissait sa bêlante bestiole. Alois s'était arrangé pour le nourrir discrètement, en l'envoyant toujours plus loin de la maison. Il avait eu assez de mal à mentir à ses neveux en leur expliquant que les traces rouges dans la neige étaient un tableau fait par un lutin des montagnes un peu myope, ce qui expliquait qu'elles ne représentent rien. Et ne parlons pas de l'os qu'il avait discrètement glissé dans sa poche pour qu'ils ne le voient pas. Ou des sucreries qu'il avait du offrir pour qu'ils parlent pas de ça à Papa et Maman "parce que le lutin serait très très gêné, c'est un grand timide".

Vesper qui se sentait ignoré noyait son chagrin dans la nourriture.

Son pilote était revenu le voir au bout de quelques jours, voulant s'excuser de l'avoir volontairement écarté, de ne pas lui avoir fait confiance. Le dragon s'était plaint de divers tracas, qu'Alois s'était offert d'atténuer autant que faire se pouvait. Même la douleur lancinante dans le fond de sa gueule depuis le dernier repas ? Même ça. Et Alois avait retroussé ses manches, pris une grande inspiration et avait plongé dans l'odeur fétide. A se demander de quoi Vesper avait pu se nourrir. Aurait-il été capable de déterrer des charognes ?

« Je te préviens, si tu parles, je vomis. Alors pas de commentaire. » avait-il menacé

Au bout de quelques péripéties dans la salive du dragon, il mit la main sur ce qui semblait être un lambeau de chair. En tout cas, c'était flasque, allongé, tout rouge et collant. Tenant ce lugubre trophée, il sortit finalement de la gueule du dragon. Lequel pouvant enfin parler se fit entendre.

« C'est pas ton bien-aimé frère, le type en amont, là ?
- Si. Je me demande pourquoi il est dehors. Ca ne doit pas être pour s'occuper de son dragon qui boude, lui. Il n'a qu'un chien qui ne prend pas beaucoup de place, lui.
- Parce qu'il y a un chien ?
- Oui. Il s'est enfui lorsqu'on est arrivés. Peur de toi.
- Ah bon.
- Mine de rien, je crois que tu devrais t'en aller. Konstantin n'a pas confiance en toi, et le sang partout autour de la gueule, ça risque de l'effrayer.
- Petite nature. » grommela Vesper en poussant un soupir qui se voulait noble et indigné.

« Tu ne t'en vas pas ?
- Je reste avec toi. Qu'on supporte les coups durs et autres, comme le vrai duo que nous devrions toujours être ! » plainta-t-il d'un ton larmoyant

Attendri, Alois s'approcha du gigantesque museau qu'il s'apprêtait à caresser lorsqu'il s'aperçut qu'il tenait toujours à la main le lambeau de tout à l'heure. Il y jetta un bref coup d'oeil avant de s'apercevoir qu'il s'agissait d'une lanière de cuir sur laquelle était inscrit ...

« Oh non ...
- Qu'y a-t-il ? Et mes papouilles ?
- Qu'est-ce qu'il y a marqué là ? » demanda le pilote avec un visage qui n'était plus du tout attendri
« C'est petit et tâché de sang. Je ne sais pas.
- Alix.
- C'est quoi, Alix ?
- Le nom du chien de ma belle-famille.
- Ta belle-quoi ? Aaaaah. Ah. »

Vesper regarda tour à tour son pilote qui n'avait pas l'air très joyeux, la lanière, et l'autre type qui s'avançait. Est-ce que deux humains étaient capables de l'embêter pour une lanière (et ce qu'il y avait eu dedans) ? Dans le doute, le dragon préféra fuir. Ca réussissait bien à Alois depuis plus d'une dizaine d'années, il pourrait toujours dire avoir eu un mauvais exemple. Tant pis pour l'idée qu'ils devaient affronter les épreuves ensemble.

« Bonne soirée ! » lâcha-t-il avant de s'envoler dare-dare.

Alois n'eut le temps que de pousser un juron avant de se retourner et de s'apercevoir que son frère était à quelques centaines de mètres seulement. Mauvais signe. Tant pis, il allait protéger son dragon et jouer les innocents si on s'apercevait que le chien avait été mangé par un Vesper peu regardant. Coûte que coûte ! Pas de corps, pas de crime pensa-t-il pour se rassurer lorsqu'il agita la main pour faire signe à son frère qu'il était content de le voir, et tout ça. Mauvaise main constata-t-il en agitant le collier sanguinolent. Il fouilla ses poches, trouva une enveloppe qui n'avait rien à y faire et fit disparaître la pièce à convictions là-dedans. Tant pis, son frère l'avait vu. Mais avec de la chance, il n'oserait pas se mêler d'une lettre "personnelle", soigneusement rangée dans son enveloppe.

« Alois ! » s'exclama-t-il d'un ton joyeux malgré une relative inquiétude dans ses yeux « J'ai vu que le chien avait suivi ton dragon, tout à l'heure. Je me demandais si ... Attends, qu'est-ce que tu caches-là ? Une enveloppe ? Nooon, mon petit-frère aurait enfin une petite-amie à qui écrire ? C'est fou ce que l'armée a pu te changer ! Allez, montre à ton frère !
- Non. C'est privé.
- Ben voyons ! Je te signale que j'ai deux enfants, et toi pas l'ombre d'une conquête connue. Pour peu qu'une fille s'intéresse à toi, il faut que je m'arrange pour que tu ne la fasses pas fuir ! »

Une brève altercation opposa les deux frères, l'un cherchant à s'emparer de ce que l'autre espérait faire disparaître promptement. Malheureusement pour Alois, la lutte n'était pas son fort. Son frère, plus costaud, n'avait pas eu de difficultés à s'emparer de l'objet. Avec un sourire de triomphe, Konstantin s'empara de l'enveloppe et y trouva le collier sanguinolent. Le sourire de triomphe s'effaça aussi rapidement qu'une discussion enjouée à un repas de famille avec Herr Schuttman.

« Ton ... Ton ... Ta saloperie de dragon a bouffé mon chien !
- Bouffé, c'est peut-être un brin exagéré, tu sais ... » commença Alois en prenant soin de reculer petit à petit « Il ne voulait pas le faire, je pense. Mauvais moment, mauvais endroit ...
- Ta saloperie de dragon a bouffé mon chien ! »

Si Konstantin était assez furieux pour répéter ce qu'il disait, c'était mauvais signe. Alois se recula un peu plus.

« Allez, je pense qu'il faut faire table rase du passé ... Vesper est jeune, il ne pensait pas te faire de la peine. On n'a pas eu l'occasion de lui présenter le chien, mais sans cela, ce regrettable incident ne serait pas arrivé ...
- Ta saloperie de dragon a bouffé mon chien !
- ... Si tu trouves au fond de ton coeur de père la clémence de lui pardonner une erreur de jeunesse, il est certain qu'il ne te décevra plus. Je te demande de le faire en ami, en frère en qui j'ai tout confiance, et ... et ... Bon anniversaire ? »

C'était de loin l'une des diversions les plus minables qu'avait trouvé Alois. Ca, et au secours, une poule s'est coincé dans le lustre !. Mais les quelques secondes où Konstantin fronça les sourcils en réfléchissant au fait qu'il était né en août suffirent à ce qu'Alois choisisse de prendre la fuite. Il lui courut après, dans l'espoir de lui faire regretter sa négligence en le forçant à expliquer à la belle-soeur qui le défendait toujours dans les réunions de famille et aux neveux qui l'aimaient bien que au fait, Vesper a mangé votre chien. Mais c'était pour jouer. Confronter Alois à ses responsabilités était de loin la pire chose qu'on pouvait lui faire. Hélas, le pilote n'avait rien perdu de ses talents à la course à pied.

« Le petit con. » bougonna Konstantin en sachant qu'il allait devoir expliquer lui-même la disparition du chien.
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