Un nouveau venu ( 21.06.1941 )


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Un nouveau venu ( 21.06.1941 )

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Allemand

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MessageSujet: Un nouveau venu ( 21.06.1941 )   Lun 23 Aoû - 1:05

Voilà presque dix heures que Nocturnus volait sans relâche pour rejoindre sa nouvelle affectation, la base de Sarnand. S'il n'était pas handicapé par ses blessures, encore toute récente, le dragon aurait effectué ce trajet sans soucis, mais là, les douleurs semblaient plus vives à chaque battement d'ailes et voler devenait un effort constant. La fatigue du voyage commençait à se faire sentir, même s'il n'était que faiblement chargé, puisque le matériel de guerre avait été laissé dans son ancienne base pour servir sur un autre dragon. Le dragon et son pilote étaient partie la veille en fin d'après midi pour voler une grande partie de la nuit afin de préserver la fragile vue du Waldoheule et profiter de la fraicheur nocturne, sans parler des risques d'une fatale rencontre ennemi alors que le dragon était blessé.
Le matin commençait à se lever maintenant, inquiétant Noctus dont la vue baissait considérablement à cause du masque de tissu protecteur qu'il devait mettre pour ne pas abimer sa vision, le tissu opaque rendait l'atterrissage plus délicat, sans parler de l'arrêt obligatoire pour l'enfiler. Perché sur le harnais dont nombre d'attaches inutilisées voletaient librement, Stefan avait le nez sur la carte, traçant scrupuleusement le chemin qu'il empruntait et cherchant des indices de leur lieu d'arrivée dans le paysage, lequel commençait à ce valonnée et à monter, signe de l'arrivée dans les Vosges. En regardant le jour poindre à l'horizon, l'allemand sortie la vaste morceau de tissu de son sac pour l'agiter :


- Il va falloir s'arrêter pour enfiler tes lunettes de soleil, Noctus, nous sommes bientôt arrivé mais le soleil le sera avant nous, regarde ici, l'empla...


Lorsque soudain une lanière du harnais claqua sur le dos de la main du pilote, qui laisse échapper le tissu dans un mauvais réflexe. Stefan put seulement regarder le masque protecteur voleter en direction du sol en laissant échapper un juron et en tapant du poing sur les durs écailles du dragon. La maladresse et la malchance étaient décidément l'éternel compagnon d'aventure du militaire. Se calmant quelque peu, Stefan se plongea dans la carte et les calculs pour décider de la conduite à tenir, car impossible de faire voler le dragon de jour sans protection, ce serait du suicide, car le dragon serait totalement aveugle, autant voler les yeux fermés, sans parler d'atterrir !

- Bon, il va falloir que tu te dépèches Noctus ! Met les bouchés double et tu peux y arriver, tu pourras te reposer une fois sur place. Schnell !

Le Waldoheule puisa dans ses dernières réserves d'énergie pour accélérer le rythme, mais cela eu comme effet de rouvrir quelques blessures mal refermées, le halètement de l'animal devenait plus rapide et la fatigue et la douleur s'entendait nettement dans la respiration du dragon. Heureusement, ils arrivèrent rapidement en vue du village de Montreuil, puis du château de Sarnand. Stefan poussa un soupir de soulagement en voyant le château puis une grimace en voyant la piste d'atterrissage, une petite cour, moitié gazonnée, moitié boueuse, au délimitage incertain. Le saurien connaissant parfaitement la procédure et étant le mieux placé pour se poser, le pilote devenait inutile dans ces moments-là, aussi l'allemand se tu pour regarder le dragon prendre sa position d'approche.

Noctus ralentit, déployant ses ailes plus largement pour freiner et avoir un meilleur contrôle, tandis que ses yeux perçants cherchait le meilleur endroit pour se poser. Il frôlait les tours de l'immense édifice lorsque les rayons du soleil se levèrent finalement et perçant la brume le frappèrent de plein fouet, le dragon gémit de douleur et fut complètement éblouie au moment le plus périlleux de l'atterrissage. Ses longues griffes manquèrent le sol d'un demi mètre et claquèrent dans le vide, ce fut donc les chevilles qui heurtèrent le sol tandis que le dragon s'affaissait sous son propre poids, car mal positionné, blessé et fatigué ses jambes ne le soutenaient plus. Stefan eut juste le temps de dégager ses jambes du harnais avant que le dragon ne touche le sol, réflexe qui pouvait lui permettre d'éviter de mourir écraser sous sa monture. Lorsque Nocturnus tomba au sol, avec un petit cri de douleur, il n'avait pas planté ses griffes dans le sol, il ne put donc pas retenir sa glissade dans l'herbe humide de la rosée nocturne et sa vitesse l'emporta pour allez frapper l'épais mur d'enceinte du château, heureusement désert de toute construction à cet endroit, tandis que le pilote sautait du harnais à temps pour éviter de finir comme mortier entre deux rochers. Un immense fracas retentit lorsque le dragon heurta le mur, qui stoppa net sa glissade et son atterrissage raté, suivie d'un nouveau cri de douleur, plus fort cette fois.

- Voilà qui devrait faire venir le comité d'acceuil et la moitié du château, maugréa l'Oberleutnant qui se relevait en essuyant la boue sur son uniforme de vol.


Dernière édition par Stefan Zorn le Lun 23 Aoû - 17:37, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Un nouveau venu ( 21.06.1941 )   Lun 23 Aoû - 12:24

Une fois n’était pas de coutume, Nobilitas était chargée de veiller sur Sarnand au point du jour. Eclose, élevée et entraînée à Sarnand, la Fleur-de-Nuit avait une fâcheuse tendance à considérer la base comme sa maison ; et ce trait de caractère ne s’était pas arrangé avec la promotion de Stéphane, bien au contraire. Parmi les Français, seul Portel avait un grade plus élevé, et même si aucun dragon ne mettait son autorité en doute, sa Gallia n’était pas spécialement impressionnante. De ce fait, Nobé était devenue encore plus possessive, encore plus dominatrice, et encore plus féroce en entraînement, en partie pour faire honneur à son Stéphane, dont elle était très fière, et en partie pour affirmer son nouveau rang hiérarchique. Alors que Nocturnus se traînait vers Sarnand, la grande dragonne nocturne décrivait des spirales et des arabesques au-dessus du vieux château et de ses terres.

La Fleur-de-Nuit était dans une forme éblouissante, pour le plus grand plaisir de son pilote. Les pygmées continuaient à l’ennuyer, mais ils ne troublaient plus son sommeil ; elle pouvait de nouveau dormir toute la journée. Portée par les vents d’altitude, la créature décrivait un large cercle autour de Sarnand, comme un immense oiseau de proie, lorsqu’un mouvement au loin attira son attention. Conformément à ce que ses instructeurs lui avaient appris, elle se plaça immédiatement face à la menace ; et comme elle ne pouvait pas voler sur place, comme les dragons chinois et les Falken, elle vola à la rencontre de son adversaire, à vitesse réduite.

"Dragon" prévint-elle.

Le Soleil était en train de se lever, mais elle voyait encore assez clair, largement, pour identifier la race et le drapeau peint sur les ailes du nouveau-venu. Ce n’était pas une menace, et elle tourna sur l’aile pour reprendre son vol circulaire au-dessus de la base.

"Waldoheule allemand, à trois heures. Il n’a pas d’équipage, juste son pilote, et ne vole pas très bien" déclara-t-elle.

Stéphane attrapa ses jumelles, pour observer la bête. Il ne la voyait pas très bien, mais ne mettait pas le jugement de Nobé en doute.

"Demande aux dragons déjà debout de dégager l’aire d’atterrissage. S’il est blessé, et fatigué, y a des chances qu’il se loupe, et c’est pas un dragon courrier"


Sa Fleur-de-Nuit transmit immédiatement cet ordre, en français puis en allemand. Ses yeux blancs revenaient sans cesse sur le dragon allemand, et elle souffla par les naseaux, dubitative, lorsque la bête passa en-dessous d’elle. Elle avait été blessée en combat par un Waldoheule et ne portait pas cette race dans son cœur ; le vol pataud du nouveau-venu l’amusait, la cruelle, mais elle poussa un cri d’indignation lorsque l’intéressé se mangea le mur de Sarnand, en faisant trembler les murailles. Immédiatement, elle se lança dans une tirade en allemand, rugissante – Stéphane tenta de la faire taire, mais ses premières tentatives ne rencontrèrent pas un franc succès.

"Vous ne pouvez pas faire attention, non ?! (Nobé !) Vous auriez pu tuer quelqu’un ou abîmer Sarnand ! (Nobé !) Ha, elle est belle, l’armée allemande ! Même pas foutu d’atterrir sans détruire la moitié des bâtiments autour ! (Nobé, ça suffit !)"

Surprise par le cri de son pilote, la dragonne se tut, non sans avoir conclu son engueulade par un petit reniflement méprisant.

"On descend" ordonna Stéphane.

La Fleur-de-Nuit obéit et mit un point d’honneur à décrire une spirale descendante parfaite, pour faire un atterrissage aussi parfait que possible. Elle dérapa un peu sur le sol humide mais planta résolument ses griffes dans la terre détrempée, pour ne pas trop glisser. Immobile au milieu de la grande cour, elle examina son nouveau congénère sans rien dire dans un premier temps, en se détendant graduellement. Il n’avait pas abîmé Sarnand. Il semblait s’être fait mal. Et puis, bon, même s’il était Waldoheule, il ne lui semblait pas trop menaçant – elle n’en avait pas du tout peur.

"Désolée" émit-elle, en s’asseyant sur son arrière-train.

Quant à Stéphane, debout sur le cou de sa dragonne, il appela l’autre pilote.

"Tout va bien ? Vous n’êtes pas blessé ?"

Il y avait plusieurs pilotes allemands qui parlaient français à Sarnand, et il espérait que c’était le cas pour celui-ci.
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MessageSujet: Re: Un nouveau venu ( 21.06.1941 )   Lun 23 Aoû - 13:50

Avant les missions, l'entraînement. Alois et Vesper s'étaient pliés à ces consignes avec une joie mitigée. Leur petit confort était toujours amélioré lorsqu'il n'y avait pas de vols hasardeux d'un point à l'autre. Ce qui était plus embêtant, c'était d'obéir à divers ordres toute la journée. Bon gré mal gré, Vesper qui pensait à ne pas s'attirer d'ennuis s'était exécuté en soufflant plus que de raison pour montrer son exaspération. Le Natschfalken volait rapidement, dans l'espoir de rentrer au plus vite, engloutir une volaille et dormir de tout son soûl sans avoir vu la lumière du jour. Alois prenait de l'avance en somnolant, se sachant suffisamment bien arnaché pour confier l'atterrissage et la discussion à son dragon. Car maintenant que toute forme d'instructeur était loin, celui-ci ne se gênait pas pour maugréer à voix basse en vol, à l'intention d'Alois qui acquiesçait d'une oreille distraite.

- Evidemment, ils ne font pas attention au fait qu'un dragon nocturne, ce serait logique de l'entraîner un peu moins quand les beaux jours arrivent et qu'on se doute qu'il va se retrouver exposé au soleil en rentrant. Mais non, voyons : personne n'y pense ! Et moi, je risque à tout moment de me retrouver cruellement aveuglé. A moins de porter leurs écharpes de tissu qu'on met pour les chevaux, mais je refuse de porter ce qu'on met aux chevaux : les dragons mangent les chevaux et ne se déguisent pas en chevaux. Tu m'écoutes, oui ?


Quelque chose avait retenu l'attention du pilote, qui plissait les yeux à son tour pour essayer de distinguer ce dont il s'agissait. Il se releva légèrement, pour suivre des yeux cette forme conséquente qui volait d'une manière un peu étrange. Un bruit sourd se fit entendre, signe que cette masse qui venait d'être arrêtée par un mur était bien un dragon de taille respectable.

- Vesper, c'est habituel d'atterrir en cognant un mur ?

- Je ne crois pas. Sauf si c'est une mode. Mais ça m'étonnerait, ce doit être assez douloureux. La piste d'atterrissage est mauvaise, mais ... Oh, regarde, un autre dragon !
- Je crois qu'on va descendre, peut-être que le pilote du dragon à terre a besoin d'un coup de main. Tu iras te reposer dans l'étable à dragons plus tard.


Le pilote et son dragon eurent en effet l'air d'avoir besoin d'aide. Pas tant pour les aider à se relever que pour empêcher une dragonne acariâtre de mettre en pièces l'un ou l'autre. Commandant à son dragon de ne pas chercher à faire un atterrissage élégant, Alois lui demanda de poser en douceur, sans rencontrer de mur, et assez loin pour échapper à un coup de griffe éventuel de la dragonne. La dragonne était bien plus imposante qu'un Natchfalken, et Alois préférait autant ne pas l'irriter avec un nouvel atterrissage manqué : les yeux de Vesper ne se réduisaient désormais qu'à deux petites fentes dans l'espoir d'atténuer la luminosité. Le courrier s'approcha donc en voletant doucement, pour se poser près des deux autres dragons. La parlotte, ce n'était plus son problème, et le dragon nocturne ferma les yeux pour ne pas supporter plus longtemps les rayons du soleil. N'ayant pas entendue l'interrogation de Stéphane, Alois renouvela la question.

- Vous allez bien ?
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MessageSujet: Re: Un nouveau venu ( 21.06.1941 )   Lun 23 Aoû - 15:16

Nocturnus, après avoir rencontré de près le château de Sarnand, n'avait pas bougé, laissant simplement retomber sa tête au sol, tandis que sa respiration se calmait peu à peu. L'ombre que lui fournissait encore le château lui permettait d'entre ouvrir doucement les yeux pour faire l'étendue des dégâts et compter les blessures. Une longue coupure sur son flanc s'était en partie réouverture, il allait avoir besoin de nouvelles agrafes, une aile qui avait frappé le mur présentait une déchirure de la membrane, ses chevilles et son dos étaient également douloureux, mais rien de grave. Le Waldoheule soupira avant de jeter un oeil à son pilote qui s'approchait, ainsi qu'aux dragons qui se posaient et remplissaient déjà l'étroite piste.

Le premier dragon à se poser fut une grosse Fleur-de-Nuit, dont les cris avaient retenti lorsque l'allemand avait raté son atterrissage, elle était bien plus grosse que ce dernier, mais sa tête et ses dents étaient de taille inférieure, elle était d'un bleue nuit qui se dégradait vers la fin des ailes, elle arborait également une longue cicatrice sur la nuque. Sa fougue dévoilait son jeune âge. Elle s'excusa avant de s'asseoir, mais cela ne calma pas le Waldoheule qui fulminait devant tant d'impétuosité. Nocturnus lui jeta un regard acéré avant de lui lancer :

- On reparlera quand tu auras mon âge et mon vécu ... Mes cicatrices viennent d'un féroce combat au-dessus de Londres et non pas d'une vache qui ne se laissait pas faire comme pour toi !

Stefan ne put s'empêcher de rire devant la répartie de son dragon, piqué au vif dans son amour propre Noctus ne devait pas vraiment apprécier les remarques du dragon, surtout qu'il était français et plus gros que lui. Le pilote français regardait son homologue depuis le dos de son dragon, il venait de lui demander si tout allait bien en français. L'homme semblait légèrement roux, un peu plus grand que Stefan, il était très commun et avait encore l'air jeune, ils devaient avoir à peu près le même âge.

Peu après, ce fut au tour d'un plus petit dragon de se poser, plus silencieusement, un Nachtfalken, il semblait également jeune, mais se tenait un peu à l'écart, sans doute sa petite taille lui ayant donné un caractère prudent, il était également dépourvu de toute cicatrice, ce qui est étrange pour les dragons. Son pilote, dont le profil parfaitement aryen et la combinaison allemande désignait comme un compatriote s'approcha à son tour pour le saluer et redemander si tout allait bien. Après un coup d'oeil et une parole rassurante pour son dragon, Stefan se présenta en allemand :

- Guten Tag, je vais utiliser ma langue maternelle, je la maitrise mieux et mon dragon ne parle pas votre langue, même si je comprends le français. Je suis l'Oberleutnant Stefan Zorn, récemment affecté à la base de Sarnand pour repos et comme vous le constatez pour soigner mon dragon, Nocturnus. Je m'excuse pour l'atterrissage brutal, il n'était pas dans mon intention de causer des dommages à vos installations, mais la fatigue, les blessures ainsi que le soleil lui ont fait rater la piste. Je vais bien, j'ai pu me dégager à temps, mais je pense que Nocturnus souhaiterais se reposer et voir un vétérinaire. J'aimerais également rencontrer mon supérieur sur la base.

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MessageSujet: Re: Un nouveau venu ( 21.06.1941 )   Lun 23 Aoû - 22:33

Complètement absorbée par l’examen du nouveau-venu et de ses blessures, ainsi que par le réseau dense de ses cicatrices, signe que le Waldoheule était un combattant expérimenté, Nobilitas avait oublié sa tirade virulente et fut passablement déconcertée par la réponse acerbe de l’intéressé. Surprise les premières secondes, elle ne tarda pas à reprendre du poil de la bête et se redressa, très digne, avec, dans le regard, ce qui ressemblait fort à une lueur blasée. Ces vieux... Un grand ramassis de rabat-joie. Un peu offensée tout de même, la dragonne fit mine de riposter, avant de se raviser. Elle n’avait que cinq ans mais savait que ses aînés empochaient toujours le dernier mot, et ne tenait pas particulièrement à expliquer à un Waldoheule que la longue cicatrice zébrant son cou venait d’un de ses congénères.

Un mouvement à la périphérie de son champ de vision la fit sursauter. Sur le qui-vive, elle tourna vivement la tête et reconnut Vesper, escorté de son pilote. Soulagée, elle se détendit immédiatement et inclina même la tête pour saluer le Nachtfalken et son pilote. Ils avaient déjà volé ensemble et elle n’avait rien contre eux.

"Bonsoir, Vesper"

Pendant ce temps, Stéphane guettait la réaction du Waldoheule et de son aviateur. Comme ils ne semblaient pas trop amochés – et comme Stefan se lançait dans une longue tirade en allemand, dans laquelle l’Irlandais ne comprenait qu’un mot sur deux – le commandant demanda à la dragonne de se pencher, pour que les hommes puissent retirer le harnais. Ce qu’ils firent sans trop se faire prier, défaisant rapidement les boucles et les sangles. Ils avaient à peine commencé lorsque Stefan arriva au bout de sa présentation – Nobilitas traduisit de son mieux.

"C’est l’Oberleutnant Stefan Zorn, il est là pour soigner son dragon, Nocturnus. Il parle allemand et comprend le français, mais son dragon ne parle qu’allemand. Il s’excuse d’avoir raté son atterrissage et voudrait voir un vétérinaire, ainsi que le supérieur"

Stéphane démonta souplement. Il atterrit dans la boue et fut éclaboussé presque jusqu’à la taille mais ne s’en formalisa pas – à Sarnand, dès que la saison des pluies reprenaient, c’était la même histoire, tous les ans. Dans son dos, les hommes continuaient à libérer Nobilitas de son harnais.

"Un volontaire pour aller prévenir Klegermann" lança-t-il.

Il était presque sûr qu’il serait obligé de désigner quelqu’un, mais l’un des hommes finit par se sacrifier et abandonna Nobilitas.

"Bienvenue à Sarnand" déclara simplement Stéphane, avant d’adresser un signe de tête à Alois, pour signaler qu’il l’avait vu. "Je suis le Commandant Stéphane Wilson"

Habituée aux nouvelles arrivées allemandes, Nobilitas poursuivit :

"Je suis Nobilitas. Mon pilote et moi dirigeons l’escadrille nocturne, je suppose que nous volerons ensemble lorsque vous serez rétablis. J’espère que vos blessures ne sont pas trop graves ?"
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MessageSujet: Re: Un nouveau venu ( 21.06.1941 )   Mer 25 Aoû - 3:15

Des dragons qui étaient prêts à se taper dessus. Alois jugea que la situation commençait à sentir mauvais et regarda à gauche et à droite pour vérifier que Vesper aurait bien la possibilité de se replier en toute discrétion. Dire de manière détournée à un dragon qu'une vache constituait pour lui un solide adversaire ne semblait pas être une initiative idéale pour la bonne entente entre les dragons de la base. Pour l'avoir déjà vue s'entraîner, et comme sa tirade précédente en témoignait, le pilote ne pensait pas qu'il soit particulièrement bon de titiller Nobilitas. D'un autre côté, un dragon vétéran pouvait sans doute se le permettre. Dragonne massive et dragon expérimenté ne le mettaient pas très en confiance quand aux chances que tout ceci finisse très cordialement. Alois se demanda même quelle bonne excuse il pourrait utiliser pour s'en aller si de telles accusations continuaient à fuser : pour peu que Vesper se retrouve pris entre deux feux, il ne resterait que de la purée de Natchfalken, avec un zeste de pilote allemand si on fouillait bien. D'ailleurs, le petit courrier n'avait pas l'air plus rassuré que son pilote, puisqu'il cherchait visiblement une échappatoire et tapotait nerveusement le sol de la patte gauche et rouvrait de temps à autre les paupières pour guetter les mouvements des deux autres dragons. Trop tard pour s'enfuir : dragons et pilotes les avaient remarqués et salués. Nobilitas était plus grosse, c'est derrière-elle qu'il serait intéressant de se cacher. Mais elle ne releva pas l'attaque et le pilote de Vesper poussa un soupir rassuré tout en levant les yeux au ciel. Un peu trop audible sans doute, ce soupir.

Alois fut distrait de ses préparatifs de sortie bien orchestrée par la tirade de Stefan. Par bonheur, elle était en allemand et non en français comme il l'avait craint. Le pilote trouva immédiatement son compatriote plus sympathique, en dépit d'un dragon démolisseur de murs, il lui adressa même un sourire. Le dragon blessé, lui paraissait d'ailleurs bien plus excusable, et Alois se pencha pour évaluer un peu les blessures qu'il avait reçues. Son coup d'oeil ne valait rien ou presque, il n'avait qu'une connaissance très théorique des blessures, puisque Vesper avait rarement connu des douleurs plus violentes qu'une indigestion ou une écharde dans la patte. Alois allait se proposer de traduire rapidement pour Stéphane dans un français hasardeux quand Nobilitas décida de s'en charger. Le pilote s'activa donc en silence pour enlever les sangles qui le retenaient à Vesper. Stéphane étant descendu de son dragon, Alois en fit de même en éclaboussant son dragon qui lui lança le regard noir typique du dragon qui aurait aimé ne pas recevoir de boue sur le museau.

Sans gêne mais avec une distance convenue, Alois s'approcha du dragon blessé, et observa vaguement les blessures. Peut-être pourrait-il encore voler jusqu'à l'étable, où il pourrait se reposer avant qu'on ne s'occupe de lui ? Ce serait sans doute plus agréable que rester là à attendre qu'on le soigne un peu avant de lui dire de bouger son imposante masse musculaire dans un endroit où il ne risquerait pas de provoquer de nouveaux accidents. Pris dans la contemplation des blessures et autres cicatrices du dragon, Alois entendit vaguement Stéphane se présenter, sans songer à en faire de même dans l'immédiat - de toute façon, c'était du français, et il n'écoutait pas beaucoup le français et ce même lorsqu'il était prononcé par une voix faimilière. Il fallut que Nobilitas parle à son tour, dans sa langue natale, et que Vesper lui donne une pichenette assez voyante pour qu'il prenne la parole.

« Alois Schuttman, Oberleutnant comme vous, ravi de vous rencontrer. » déclara-t-il d'une voix posée, un peu songeuse, un peu endormie « Je pense qu'il serait plus agréable pour Nocturnus de se reposer dès maintenant dans une des étables en attendant qu'on s'occupe de lui. Vesper et moi avions prévu d'y aller jusqu'à vous voir atterrir, voulez-vous que nous vous montrions-le chemin ? »
« Hem ... A ce propos ... » intervint Vesper qui rouvrit un peu les yeux « si tu ne parviens pas à voler, Nocturnus, je crois qu'il va nous falloir un coup de main de Nobilitas. C'est que ... Je crains que mon gabarit ne soit pas d'une grande aide pour secourir d'autres dragons. »
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MessageSujet: Re: Un nouveau venu ( 21.06.1941 )   

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