Les visiteurs [Jeudi 10 juillet]


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Les visiteurs [Jeudi 10 juillet]

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Allemande
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MessageSujet: Les visiteurs [Jeudi 10 juillet]   Ven 27 Aoû - 9:59

Durant les vacances, la discipline qui d'ordinaire réglait la vie des malheureuses pensionnaires restées à l'institution se faisait plus souple.
Si les sœurs s'appliquaient à occuper leurs ouailles par d'agréables leçons de choses en forêt, ou par des activités artistiques ou domestiques diverses, en dehors des heures consacrée à ce programme somme toute léger, les jeunes filles étaient autorisée à sortir des murs en toute liberté durant le jour.
De plus, le port de l'uniforme était plus ou moins suspendu, du moins lorsque les élèves étaient en sécurité dans les murs de la pension, quand elles n'assistaient pas à la messe, ou lorsqu'elles allaient faire une sortie en famille...

Aussi lorsque le mercredi, Sœur Gilberte avait annoncé à son troupeau de jeunes agnelles que le lendemain, il leur faudrait faire la toilette du dimanche et porter l'uniforme _ un jeudi !?! _ Les plus folles rumeurs avaient-elles commencé à enfler. Certaines s'étaient mise à rêver que le Grand Maréchal Pétain allait venir leur rendre visite, d'autres avait rebondis pour se demander si ce n'était pas Hitler lui-même qui allait passer à Sainte-Marie... Quelques grandes personnes, qui avaient un peu trop abusé de romans illicites, avaient même commencé à craindre (ou espérer ?) qu'un bataillon de SS (si possible, jeunes, beaux et portant bien l'uniforme) ne vienne pour emporter les plus jolies des pensionnaires en Allemagne ! Une partie encore, craignait en silence que ces même SS ne soient là pour arrêter des juives ou des fille de communistes réfugiées à l'école sous une fausse identité et Hermeline, Hermeline elle, tremblait que l'affaire des œufs de dragons ne l'ai rattrapée jusque dans les bras de Sainte Marie des Anges, à qui elle adressait d'ailleurs toute ses plus fervente prières....

C'est donc dans une ambiance étrange et survoltée, que la trentaine d'élève présente au pensionnat durant les vacances d'été se mirent en rang dans la cour, la jupe plissée fraichement repassée, le chemisier bien rentrés dans la ceinture, les sockettes bien tirées hors des souliers vernis, leurs foulards colorés flottant dans le matin frais... Et le brouhaha de leurs conversations les faisant ressembler à une escadrille de dragon-pygmées, plutôt qu'à de très dignes demoiselles Françâââââises, élèves de la non moins dignes et très vénérable Institution Sainte-Marie.
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MessageSujet: Re: Les visiteurs [Jeudi 10 juillet]   Ven 27 Aoû - 10:52

Heureusement que les pensionnaires faisaient effectivement du bruit sinon les cris d'une dispute auraient été encore plus audibles. Avec le brouhaha que faisaient les jeunes filles, seuls quelques mots pouvaient être distingués et les quelques jeunes filles attentives pouvaient éventuellement reconnaitre la voix de la Mère supérieure et celle d'un homme a priori inconnu. Le fait qu'un homme, un mâle, soit présent pendant les vacances était assez étonnant pour les faire se tourner vers leurs camarades et leur faire signe de sa taire. Au fur et à mesure que le silence se faisaient, la dispute était plus simple à entendre.

" ... ce sont des jeunes filles de bonne famille, je ne pense pas que ce soit une bonne idée ! "
" Ma mère, justement elles sont de bonne famille et de plus elles ne seront pas seules. Vous ne voulez tout de même pas que la France soit mal représentée ? "
" Dans ce cas, demandez aux garçons de saint François ! "
" Je vous ai déjà expliqué que ce n'était pas possible et vous comprenez bien pourquoi. "

Les derniers mots de la mère supérieure n'avaient pas été entendus mais maintenant les pas pressés de la vénérable femme se dirigeaient vers l'assemblée presque silencieuse. A ses côtés lorsqu'elle entra, un homme d'une trentaine d'années, uniforme allemand impeccable, cheveux bruns et courts, l'air fatigué. Mais, malgré cet air presque épuisé, on lui sentait un certain charisme et une autorité naturelle qui devait pouvoir mater les plus rebelles. Il toisa tour à tour chaque jeune fille présente avant de hocher la tête en guise de salut. La mère supérieure prit la parole.

" Mesdemoiselles, je vous présente Herr Oberst Gustav Übling. Il voudrait parler avec vous d'une visite prochaine qui va avoir lieu à Montreuil. "

On voyait bien qu'elle faisait tout son possible pour ne rien dévoiler et elle hocha la tête à l'intention de l'Oberst.

" Nous devons attendre encore quelques instants, ils on du retard. Excusez moi mesdemoiselles. "

Il se mit au repos et regarda un instant le ciel avant de reporter son attention sur les jeunes filles qui parlaient à voix basse sans avoir l'air d'attendre qu'elles se taisent. Il savait qu'ils les feraient taire sans difficulté.
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MessageSujet: Re: Les visiteurs [Jeudi 10 juillet]   Dim 29 Aoû - 22:43

Une à une, les jeunes filles et les fillettes s'étaient tues, écoutant avec une attention mêlée d'inquiétude leur Mère supérieure se disputer. Or, la mère supérieure n'élevait jamais la voix. Même sur les élèves les plus dissipées, une simple observation énoncée de sa voix ferme suffisait à ramener le calme. Tournant toutes leur visage de droite et de gauche, les pensionnaires s'interrogeaient du regards, cherchant laquelle reconnaitrait qui la voix d'un père, d'un frère, d'un cousin, même celle d'un gentil voisin... Mais rapidement toutes avaient secoué la tête. La voix était inconnue de tout le monde.

Les accents allemands cependant, focalisèrent l'attention des élèves sur la poignée d'entre elles ayant des accointances plus ou moins fortes avec l'occupant. Mais là encore les épaules se soulevèrent et les regards n'exprimèrent que surprise et même, un léger effarement.

Une trentaine de paires d'yeux inquisiteurs se fixèrent sur l'homme qui venait d'entrer dans la cour avec la mère supérieure. La présentation fut suivit d'un moment de flottement, mais le regard acéré de la vieille femme rendit leur savoir vivre à ses ouailles qui se fendirent toute d'une petite révérence, plus ou moins sincères.
Les quelques mots prononcés par l'Oberts Übling plongèrent ensuite toutes les demoiselles dans un abîme d'expectative, et bientôt des sanglots se firent entendre.

"Huguette par tout les saints, essaye de te tenir enfin !!!" Chuchota Hermeline dans un gémissement, à sa voisine dont elle attrapa la main pour la réconforter.

"Je veux pas être emmenée en allemaaaaagne !" Chouina sa camarade de classe. Si elle ne brillait pas par son intelligence, elle avait pour elle un physique réellement époustouflant, et sa naïveté proverbiale avait eu tôt fait d'additionner la présence du militaire allemand avec les rumeurs répandues par le dortoir des grandes. Ses voisines dans le rang foudroyèrent du regard les jeunes filles des classes supérieures, dont certaines masquaient un sourire moqueur derrière leurs mains, et tentèrent de calmer leur amie.

"Ils n'emmèneront personne ma chérie, le major m'aurait prévenue sinon, mais je t'en supplie, arrête de pleurer..." Murmura Hermeline en lui débarbouillant son petit minois tout chiffonnés. Sauf que les sanglots étouffés de la pauvre Huguette venaient de provoquer une réaction en chaine.
Les plus petites des pensionnaires, rendues nerveuses par toute cette agitation, suivirent bientôt l'exemple de leur ainée, commençant également à renifler et à hoqueter...
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MessageSujet: Re: Les visiteurs [Jeudi 10 juillet]   Dim 5 Sep - 19:22

Alors qu'on entendait les jeunes filles parler les unes avec les autres, l'homme se tourna vers la porte et sembla écouter un bruit qui arrivait. Or, de bruit pour le moment nulle trace. Enfin si, un bruit de porte qui s'ouvre et se referme mais rien de plus. Et quand une jeune fille sembla prête à réellement fondre en larmes, la porte d'entrée s'ouvrit pour laisser passer un garçon. Mais pas n'importe quel garçon, un blond habillé d'une chemise beige, d'un short noir et pieds nus. Sur sa chemise, un sigle bien connu de tous les garçons allemands. C'était un membre des jeunesses hitleriennes, cela ne faisait aucun doute. Il le laissait passer aucun signe sur son visage alors que le reste de son groupe faisait son entrée, tous vêtus de la même manière marchant au pas, en rang de quatre.

Quand ils terminèrent leur entrée sur un salut hitlerien et qu'ils se mirent ensuite tous au repos, les bras dans le dos, les jambes légèrement écartées, l'homme eut un sourire et guetta toutes les réactions possibles.

" Mesdemoiselles, je vous présente le Kameradshaft de Weinzig qui nous fait l'honneur de venir à Montreuil pour un séjour d'une semaine. Ces jeunes gens ne connaissent pas un mot de français et ne connaissent pas non plus Montreuil et ses environs. Nous avons pensé que votre collaboration pourrait être souhaitable pour les aider lors de leur camp. Bien entendu, vous ne passerez que quelques heures par jour avec eux et rentrerez ici pour dormir. "

Il n'expliqua rien de plus et fit un signe de tête à la mère supérieure pour qu'elle se recule un peu alors que chaque garçon se présentait tour à tour en claquant les talons et que certains avaient les yeux légèrement baladeurs même si leurs manières restaient irréprochables. L'homme voulait visiblement des volontaires et ... il fixait Hermeline d'un air insistant signifiant clairement, tu vas être volontaire ma fille, tu n'as pas le choix.

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MessageSujet: Re: Les visiteurs [Jeudi 10 juillet]   Lun 6 Sep - 21:49

La main de Dieu écartant les nuages _ et déposant au milieu de la cour la sainte Vierge entourée d'une nuée d'angelots joufflus sonnant les trompettes de la renommée _ n'aurait pas causé un ébahissement plus parfait et plus évident que l'intrusion d'un, puis de toute une troupe de garçon dans le cœur du gynécée de la très digne institution.
Les jeunes filles, de la plus jeune qui avait encore besoin d'un doudou en peluche, à la plus grande qui allait chercher au club zazou un autre type de doudou, toutes regardèrent l'entrée de la Kameradshaft avec des yeux ronds comme des billes et l'air à peu près aussi intelligent qu'une dinde à la veille de noël.

Un silence de mort accueillit la présentation du petit aréopage testostéronifère par l'Oberst Gustav Übling. Les débuts de sanglots avaient été comme étouffés, puis un long frémissement secoua les rangs des pensionnaires. Lissant leurs jupes, rectifiant leur chevelures, redressant les épaules, les demoiselles se refirent discrètement une beauté alors qu'un brouhaha léger s'élevait doucement pendant que chaque adolescent venait se présenter.

"C'est des garçons ?!"
"Qu'est-ce qu'ils font là ?"
"On va sortir dehors avec eux ??"

"Est-ce qu'on va être obliger de les épouser ?"
"Huguette !" "Huguette !" "Huguette !" Trois voix s'élevèrent pour tancer la pauvre jeune fille trop naïve, donc celle d'une Hermeline qui contemplait le tableau avec l'air d'un dragon-pygmé devant un miroir : Stupéfait et sur la défensive.

"Il veut qu'on les aide à quoi ? A apprendre à lacer leurs souliers ?" Chuchota une des élèves en pouffant, provoquant les rires de ses camarades de dortoir.

"Chuuut Chantal !" Murmura Hermeline en étouffant un rictus derrière sa main. Reportant son regard sur l'instigateur de tout ceci, elle ouvrit de grands yeux innocents et bête _ mais alors bête à manger du foin _ tentant par tout les moyens que faire croire que la lumière qui brillait dans son regard provenait d'un trou qu'elle aurait à l'arrière de la tête.
Il voulait des volontaires ? Grand bien lui fasse ! Elle, elle avait autre chose à faire de ses journées que de les passer à jouer les nounous pour un gang de Wolfy en puissance.

Rien n'était pire qu'un Wolfgang Abendroth... Sauf un escadron entier de Wolfgang Abendroth !
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MessageSujet: Re: Les visiteurs [Jeudi 10 juillet]   Mar 7 Sep - 17:34

Les manières des adolescents étaient irréprochables et l'on pouvait se demander pourquoi certaines jeunes filles en avaient peur. Certaines avait effectivement raison de se méfier en raison de mauvais rapports avec certains anciens membres des jeunesses mais dans l'ensemble nul ne pouvait dire si oui ou non tous se ressemblaient. L'homme remercia son groupe d'un signe de tête et reprit rapidement la parole.

" Mesdemoiselles, je pense que le mieux est que vous puissiez discuter un peu avec ces jeunes gens. Certaines d'entre vous doivent bien parler allemand, au moins quelques mots. "

Il glissa quelques mots aux garçons qui hochèrent la tête et sortirent en direction de la cour intérieur de Sainte Marie. La mère supérieure soupira discrètement en faisant signe à ses pensionnaires de suivre les garçons. Heureusement, elle pourrait assister à l'ensemble des discussions et si l'un d'entre eux avait le malheur de trop s'approcher, il subirait son digne courroux.

Un adolescent un peu plus grand que les autres, ou du moins qui le paraissait, fixait Hermeline avant de s'avancer vers son groupe. Il semblait mal à l'aise et il faisait un petit sourire timide à la jeune fille. Le décrire était simple, c'était l'un des seuls à ne pas avoir les cheveux blonds et les yeux clairs. Enfin ... pas vraiment l'un des seuls, mais ses cheveux châtain et ses yeux presque bleu marine lui donnaient une apparence que l'on ne pouvait pas ignorer. Il faut dire qu'il était loin d'être désagréable à l'oeil si l'on en croyait certains murmures.

Il se planta devant la jeune fille et son sourire se fit réel alors qu'il la prenait dans ses bras et la faisait un peu tournoyer.

" Hermeline ! Je suis certain que c'est toi ! Tu n'as pas changé, enfin si un peu mais presque pas ! "

Il consentit à la reposer sur le sol en guettant sa réaction. Il n'y avait aucun doute ... il la connaissait. Mais elle reconnaitrait-elle le garçon du colonel allemand qui avait vécu durant quelques mois dans la même caserne qu'elle ? Et se souviendrait-elle de son prénom ? Oui, Sebastian ce n'était pas très complexe, mais cela faisait deux ans. Logiquement, ils s'étaient bien entendus, du moins lui avait ce souvenir. Pour la jeune fille, c'était encore à voir.
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MessageSujet: Re: Les visiteurs [Jeudi 10 juillet]   Mer 8 Sep - 0:02

Se vautrant à plaisir dans son rôle de blonde effarouchée, Hermeline ne fit même pas semblant de vouloir bouger, jusqu'à ce qu'un regard impératif de la mère supérieure ne brise les rangs des demoiselles qui se mirent à suivre les garçons, d'abord timidement puis avec un peu plus d'assurance.
Un léger flottement se fit sentir, les germanophones devenant rapidement le point central d'un bouquet de pensionnaires. Entourée de ses camarades de dortoir, la benjamine des Von Lichtenstein regarda avec un détachement clinique les ouailles de Übling s'égailler parmi elles, tandis que Chantal, Huguette et Yvette se lançaient dans un épluchage en règle de leurs invités. Savoir que le petit blond du fond avait plus de biscotos que le petit voisin de l'une, que le grand blond du milieu avait de plus jolis yeux que l'amoureux de l'autre, que le mignon qui arrivait n'arrêtait pas de la regarder, cela n'était vraiment....

"Hein ?" Réagit-elle enfin, quand un coup de coude du petit chef des moyennes la ramena sur terre, juste à temps pour qu'elle se rende compte qu'en effet, un pseudo-scout aryanisant se tenait devant elle et semblait chercher quelque chose.

Levant le nez sur le garçon, elle n'eut même pas le temps de l'interroger que déjà, il se jetait sur elle et la faisait tournoyer dans les airs.

"Naaaaaaméééééééoooooooooooooooooh !" Cria-t-elle en se sentant décoller, ses amies se mettant pour la plupart à glousser, tandis que Huguette se mettait à sangloter juste histoire de se montrer solidaire avec la malheureuse victime du jeune barbare.
Rejoignant enfin le sol, Hermeline fusilla son agresseur du regard tout en serrant les poings, toute prête à en découdre et rapidement rejointe par sa grande sœur.

Geneviève avait déjà pris son élan pour gifler le vil suborneur, quand elle se figea en éclatant de rire. Vexée, blessée de voir ainsi méprisée par sa propre famille cette terrible agression, la blondinette jeta à son ainée un regard à faire tourner le lait dans le pis des vaches.

"C'est ton Bastian, espèce de crème d'andouille !" Ricana Gigi, plongeant sa benjamine dans un abime d'expectative.

Reportant son attention sur le pauvre garçon qui devait se demander à quelle sauce il allait être mangé, la jeune fille fronça les sourcils, croisa les bras, image vivante d'une réflexion intense. Un type appelé Bastian ou quelque chose d'approchant, qui était allemand, qui visiblement la connaissait bien... Le moment où la lumière vint la frapper fut facilement identifiable, puisqu'elle tendit l'index vers Sebastian en poussant un couinement hystérique, avant de se jeter à son cou et de lui claquer une grosse bise sur chaque joue.

" Sébastian !?! Mais comment tu es arrivé ici ? Ces sadiques ne t'ont pas fait marcher jusqu'ici pieds nus quand même ! Tu étais plus petit que moi avant, comment tu as fait pour grandir autant ? Ce n'est pas juste ! Fais gaffe la mère sup' est en train de te tailler des croupières chez ton Oberst !" "Non Huguette, il ne va pas me trainer par les cheveux en Allemagne, c'est un ami !" Plus qu'un ami même, un complice admirable lors de plusieurs raid victorieux contre les gamins qui habitaient hors de la caserne, et qui avait partagé avec elle un nombre raisonnable de corrections en rapport avec leurs activités d'écoliers buissonniers.

Ca, ça n'était définitivement pas un Abendroth !
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MessageSujet: Re: Les visiteurs [Jeudi 10 juillet]   Mer 8 Sep - 23:30

Le regard d'Hermeline fut une douche froide pour Sebastian qui se recula un peu, les bras dans le dos comme un enfant prit en faute. Oui, il avait encore des côtés enfantins qui n'étaient pas partis. Il regarda la soeur de son ancienne amie pendant qu'elle parlait et il lui sembla reconnaître son nom. Allons bon, si la jeune fille ne se souvenait plus de lui, il était dans de beaux draps. Il se retint de se présenter alors qu'Hermeline semblait relier les fils de sa mémoire à ceux de sa langue et parlait rapidement en allemand.

Heureux d'entendre une langue qu'il comprenait, il lui sourit quand elle se mit à lui poser des questions un peu bêtes. Il éclata de rire à la mention de la mère supérieure, signe qu'il s'en fichait un peu.

« Les cinglés dont tu parles sont mes camarades et je te prierai de surveiller tes paroles jeune fille ! Non t'as raison, certains sont malades mais on fait avec. Alors pour venir c'était en train et avec des chaussures mais là on est en camps et donc pieds nus pour nous endurcir. Si tu veux mon avis c'est idiot mais chut ! Pour la taille, tu sais je suis un garçon donc c'est normal que je pousse. Toi par contre tu n'as pas eu cette chance. Attention … pas taper ! »

Il avait prononcé ces mots rapidement et surtout pas trop fort pour ne pas être entendu de l'Oberst et maintenant il se reculait, un grand sourire aux lèvres alors qu'il était presque certain que la demoiselle allait vouloir se venger de sa plaisanterie.

Il lui fit un signe de la main et il partit en courant en direction de la cour intérieure, espérant que son amie le rejoindrait, signifiant ainsi que le souhaitait l'oberst, sa volonté d'être volontaire ! L'homme s'approchait d'ailleurs d'elle avec un sourire que l'on pouvait qualifier de paternaliste, peut-être une mauvaise idée mais c'était comme ça.

« Mademoiselle VonLichtenstein, vous ressemblez à votre grand-mère je dois dire. J'espère que Sebastian ne vous a pas ennuyée, mais il était assez excité à l'idée de vous revoir. Vous ne vous souvenez certainement plus de moi, j'étais l'assistant de votre père il y a quelques années de cela. »

Oui, la taille du monde était ridiculement petite et à présent l'homme devait dire quelque chose à la jeune fille. Malheureusement pour elle, cela signifiait sans nul doute qu'elle serait réellement désignée volontaire pour cette mission de la plus haute importance. Quelle chance que de vivre entourée de garçons voulant à tout prix lui faire plaisir.
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MessageSujet: Re: Les visiteurs [Jeudi 10 juillet]   Mer 25 Mar - 0:29

C'est le pied léger, l'âme sereine et le sourire au lèvres qu'Hermeline fit le premier pas pour rejoindre Sebastian. Et c'est un gémissement de chaton écrasé sous une botte qui l’arrêta, suspendue entre deux mouvements alors qu'elle tournait la tête pour découvrir une Huguette tremblant de tout ses membres et qui regardait par-dessus l'épaule de sa blonde camarade avec des yeux agrandis d'horreur.

"Mais qu..." Elle n'eut guère d'occasions cependant pour demander de quoi il retournait puisque visiblement, l'incarnation des pires cauchemars de toute bonne française patriote catholique Béarnaise venait de se matérialiser devant le petit groupe de pensionnaire et d'entamer la conversation.

Esquissant une petite révérence comme celle que leur professeur de maintient s'échinait à leur apprendre, la dite demoiselle VonLichteinstein dévisagea le chef du bataillon des éphèbes sous les reniflements et les mots de réconfort que ses amies échangeaient dans son dos.

"Herr Oberst Gustav Übling" Salua-t-elle en polissant son rôle de petite fille modèle depuis la pointe de ses boucles blonde jusqu'au bout de ses souliers vernis. "Je suis désolée, je crains de n'avoir aucun souvenir de vous, je pense avoir été trop jeune à l'époque pour pouvoir vraiment vous avoir connu. Mais je ferais passer la commission à Père que vous êtes en ville, il voudra sans doute vous rencontrer" Dit-elle sur le ton que tout les enfants du monde employaient pour s'excuser de ne pas avoir sortit le chien mais que promis, ils feraient ça demain. Contrit mais point trop quand même.

Surtout que si le nom ne lui évoquait de le bruit du vent et éventuellement un ballot de paille roulant au milieu du désert aride de sa mémoire, le visage lui ne lui était pas inconnu. Nul doute qu'après avoir remué les souvenir de ses sœurs ainées et pépié quelques mots à son papa, plus d'informations viendraient éclairer sa lanterne et peut-être éveiller plus de détails.

Une mains tremblante et mouillée de larme vint soudain se glisser dans la sienne, tandis que la courageuse Huguette venait de surmonter sa peur d'être trainée jusqu'en Allemagne par les cheveux afin de venir protéger sa camarade, épaulée par Chantal qui vint entourer la taille d'Hermeline pour finir d'encadrer la jeune fille.

"Oh ! Oui pardon, Huguette, Chantal, je vous présente Herr Oberst Gustav Übling, qui était en poste dans le même contingent que mon père avant la guerre." Reprit-elle en français pour ses amies, bien moins familière avec la langue de Goethe. "Herr Oberst Gustav Übling, je vous présente mes bonnes amies : Huguette Gramont d'Angosse, et Chantal Nettancourt." Dites amies qui esquissèrent chacune une sorte de révérence avant que la moins larmoyante des deux ne chuchote plutôt bruyamment à l'oreille de la demie-teutonne que c'était bientôt l'heure du club de pastels et que sœur Aglaé serait sans doute dé-vas-tée si ses ouailles arrivaient sans leur matériel et dans une tenue vraiment inappropriée...

Hermeline ne se souvenait pas de s'être inscrite, mais comme le gardien des va-nu-pieds n'en savait rien et qu'elle n'allait pas contredire ses amies fasse à l'ennemi, il y avait un risque évident qu'elle se retrouve prochainement en tenue de sortie pour aller peindre la ligne bleue des Vosges sous la houlette enthousiaste de sœur Aglaé.
Quelque chose était en train de mal tourner mais même si elle ne savait pas bien quoi encore, cela ne l'empécha pas de faire un petit coucou désolé à l'attention de Sebastien. Geste gentiment mais fermement abrégé par Chantal qui donnait l'air de s'être portée volontaire pour une mission d'un interêt cruciale pour la France.

Oui, quelque chose était en train de mal tourner, mais quoi ?


*[texte en courier new] : échange en allemand


Dernière édition par Hermeline VonLichtenstein le Mer 25 Mar - 21:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les visiteurs [Jeudi 10 juillet]   Mer 25 Mar - 20:14

L'Oberst ne disait certainement rien à Hermeline mais cette dernière avait confirmé son nom et le fait que son père voudrait le voir. Il sourit et la laissa parler avec ses amies tout en semblant réfléchir à quelque chose d'important. Elle avait l'air d'une petite fille modèle mais l'homme avait lui aussi une fille, et même si elle était restée en Allemagne et qu'il ne l'avait pas vue depuis un certain temps, il connaissait la rouerie de ces jeunes personnes.

Cependant, il ne fit aucun commentaire sur la promesse et la suite de la discussion, restant juste attentif à ce qui se passait autour de lui et il leva une main pour couper court à la discussion des garçons qui se figèrent et se mirent au garde à vous avec application.

"Je comprends que vous ayez pas mal de choses à faire en temps normal mesdemoiselles, mais pour le moment vos activités usuelles sont suspendues le temps que certaines d'entre vous soient volontaires pour nous accompagner. Je me demandais d'ailleurs, mademoiselle Von Lichtenstein si vous ne seriez pas volontaire, votre maitrise de l'allemand étant un grand point positif vis à vis des jeunes gens derrière moi qui ne parlent pas bien la langue de Molière."

Il la regarda sans cesser de sourire alors que derrière lui Sebastian faisait des grimaces et des gestes pour qu'elle accepte. Mais il fallait peut-être mieux qu'elle évite d'éclater de rire devant les pitreries du jeune homme. Sachant que les autres adolescents étaient plutôt du modèle sérieux et très dignes. Sauf peut-être le plus petit blondinet qui faisait de son mieux pour ne pas éclater de rire et un grand brun qui n'avait d'yeux que pour Huguette et qui avait l'air prêt à la serrer contre lui pour la rassurer (pas certain que ça marche).
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MessageSujet: Re: Les visiteurs [Jeudi 10 juillet]   Jeu 26 Mar - 1:43

Un frémissement, effrayé venant de sa gauche, admiratif venant de sa droite, secoua Hermeline lorsque Herr Übling remit en rang son troupeau d'un seul geste de la main. Même la mère supérieure sembla intéressée par la méthode, puisque ses petites protégées elles avaient souvent besoin de multiples rappels à l'ordre pour parvenir au silence.

Mademoiselle Von Lichtenstein par contre ne se retint qu'à grand peine de claquer des talons, mais redressa le dos et carra les épaules comme pour la parade. Les réflexes conditionnés par la vie en casernes pouvaient parfois avoir ce genre de petits effets pernicieux.

Le discours du chef de troupe était clair, concis, bien argumenté, et c'est une petite jeune fille prête à mobiliser dans la lutte toute la puissance de son intellect afin réussir à dire "merci, mais non merci" de manière polie et élégante qui ouvrit la bouche...

"Oh mais non !" Souffla à sa place une voix qui n'était pas la sienne.

Tournant des yeux abasourdis sur son flanc gauche elle contempla Huguette, cette bonne, douce et fragile Huguette, qui réussissait l'exploit incomparable de regarder l'Oberst d'un air mortifié, et sa petite camarade d'un air de réclamer sa clémence.

"Elle ne peut pas aller seule... quelque part... avec des gens... vous comprenez... le qu'en-dira-t-on... elle doit rester avec nous !" Bredouilla la pulpeuse béarnaise tout en passant par des teintes de rouges jusque là encore jamais observées sur Terre. Et ici en cette place vivait pourtant Madeleine Rollin, ce qui en terme de rougissement avait tenu jusque là valeur de mètre étalon de l'outrage.

Merci Huguette pour ton soutiens, il est tout à fait plaisant de ne pas être abandonnée par ses amies face à un adversaire. Mais par quelle sorcellerie l'agnelle se trouvait-elle soudain des accents de lionne s'il vous plait ?!?

Se tournant vers sa droite pour chercher réponses et soutient, Hermeline rouvrit la bouche et...

"Et puis franchement, vos garçons n'apprendront jamais le français avec Mistinguette..." Glosa une voix qui n'était toujours pas la sienne, mais provenait d'une Chantal visiblement en pleine forme qui venait l'air de rien de gratifier l'un des membres de la troupe d'une œillade aguicheuse. "... Comme dit toujours Sœur Maria-Catena, pour apprendre une langue étrangère il ne faut pas être tenté de parler la sienne propre. Chaque fois qu'ils ne vont pas savoir quoi dire en français ils vont parler allemand puisqu'ils savent qu'elle le comprend, et chaque fois qu'ils ne comprendront rien à ce qu'elle dit ils lui feront répéter en allemand. Total ils ne feront aucun efforts, n'apprendront rien, et tout le monde aura perdu son temps. Non vraiment monsieur Gustave, le mieux pour que vos scouts apprennent le français, c'est qu'ils pratiquent avec des gens qui ne parlent pas leur langue. Hermeline, elle ne vous servira vraiment à rien."

Et bien merci Chantal pour ta confiance absolue en mes compétences, c'est très aimable à toi de bien vouloir partager ainsi avec tout le monde ta fine analyse de la question... Mais quelqu'un pourrait-il m'expliquer ce qui ce passe ?

L'air aussi dégourdie qu'un pigeon cherchant le meilleur angle pour attaquer un bout de pain, la demoiselle Von Lichtenstein tournait la tête d'un coté puis de l'autre, se plongeant dans une conversation silencieuse principalement composée de grimaces d'incompréhension et de tricotages de sourcils avec ses camarades, lesquelles répondaient de la même manière sans que cela n'éclaire en rien la lanterne de la pauvre jeune fille mais risquait peut-être d'agacer ce bon "monsieur Gustave". En tout cas, cela avait définitivement fini d'énerver la mère supérieure qui ressemblait à une bouilloire sur le point d'exploser.
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MessageSujet: Re: Les visiteurs [Jeudi 10 juillet]   Dim 29 Mar - 16:33

Alors que la jeune fille semblait sur le point de répondre ce que fut pas une mais deux de ses camarades qui vinrent à sa rescousse en invoquant des raisons toutes plus ou moins réalistes pour qu'elle ne soit pas volontaire.

Effectivement, une jeune fille seule au milieu des garçons cela n'était pas convenable mais jamais il n'avait demandé une seule personne et jamais il n'avait indiqué qu'elle serait seule. Mais le rougissement sur les joues de la pauvre petite pensionnaire qui venait d'intervenir découragea l'Oberst dans ses velléités d'explications. Il ne servait à rien de lui dire quoi que ce soit sauf pour la faire tourner de l'oeil. Il inspira et lui fit un léger sourire avant de se tourner vers la seconde qui avait un discours plus long et plus élaboré contenant un fond de vérité.

Demander à quelqu'un qui parlait aussi bien les deux langues n'était pas forcément le meilleur moyen d'apprendre le français aux jeunes gens de son groupe. Mais en même temps il ne pouvait pas également lancer les gens ensembles s'ils ne pouvaient pas se comprendre. Alors oui, quelques uns de ses garçons comprenaient un peu de français mais ce n'était pas grand chose, donc avoir un interprète ou une interprète était une bonne chose.

"Vos arguments sont intéressants mesdemoiselles. Et effectivement il ne serait pas bon d'avoir une seule volontaire et qu'elle parle allemand en permanence. Et je vous remercie toutes les deux."

Il hocha la tête vers elles et s'éloigna vers la mère supérieure avant de reprendre la parole à voix haute.

"Ces trois jeunes filles sont volontaires, Hermeline Von Lichetenstein, Huguette Gramont d'Angosse, et Chantal Nettancourt. Je vais leur laisser le temps de passer une tenue plus appropriée pour marcher en forêt pendant que ces jeunes gens iront installer les tentes. Sebastian, Rüpert et Heinrich attendront avec moi et nous les escorteront jusqu'au camp. Soyez certaine que je veillerai avec attention à ce que rien ne leur arrive."

Il sourit à Hermeline avec un soupçon de sadisme peut-être avant de donner les ordres en allemand pour que les jeunes gens s'en aillent, laissant juste les trois garçons cités. Sebastian, le petit blondinet et le grand brun d'ailleurs ... les trois seuls qui ne semblaient pas dépourvus d'émotions.
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Les visiteurs [Jeudi 10 juillet]

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