Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)


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Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)

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Allemand
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MessageSujet: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Dim 29 Aoû - 19:33

Terrible, la sanction du Major pour avoir raté sa prise de vue avait été terrible. Enfin, pas tant que cela mais quand même, il avait demandé à Wolfgang de l'aider à préparer la scène du jour et le jeune homme n'était pas ravi du tout de voir les idées farfelues de l'homme plus âgé. Il voulait des choses irréalistes ! Déjà il avait envie de ... fraises ! Mais ce n'était pas un repas destiné à être aphrodisiaque ou alors il manquait quelque chose. Par exemple une postière pour Wolfgang et ... une grosse allemande pour Camille (oui qui aime bien chatie bien). En tout cas il manquait du monde.

Il avait eu le tournage assez calme avec Jochen sur un texte prononcé d'une voix atone et surtout sur des passages totalement niais sur ce que pensaient chacun sur la France avec la gentillesse et les bienfaits de l'occupation de l'armée du Reich. D'après ce qu'il avait compris dans ce qu'avait dit le Major, il y avait pire pour Camille et Liliane qui avaient dû marcher dans Montreuil en ventant les bienfaits de la collaboration avec l'armée allemande. Les quatre précédentes séquences étaient selon l'homme catastrophiques car personne ne savait jouer la comédie. Et en ce jour il avait demandé à Wolfgang de préparer des jeux destinés à ... rendre plus vrai la journée.

Comme s'il n'avait que cela à faire ! C'était quand même pénible... Il arriva sur les bords de la Fresne alors que personne d'autre n'était là, juste un panier avec les provisions pour le pique-nique et c'était tout. Ah non ! Une nappe à carreaux aussi, comme c'était cliché ! En tout cas la journée était belle et il ne comprenait pas ce qui retardait l'équipe de tournage. Peut-être qu'ils avaient oublié ? Ou que le Major n'était pas remis des émotions de la veille.

Malheureusement non, puisqu'il le vit arriver vers lui et lui tendre un papier avant de repartir totalement furieux. Wolfgang regarda le mot et sourit de toutes ses dents. Enfin une bonne nouvelle. Restait à savoir s'il en informait les autres ou pas ... il verrait bien ! En attendant, il fallait qu'ils arrivent... ça ne devrait plus tarder logiquement.
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MessageSujet: Re: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Lun 6 Sep - 23:58

Bon sang !! La poisse s'attachait-elle à lui comme une tâche d'huile de moteur sur une chemise blanche ? Le major chargé de la propagande avait derechef exigé sa présence, pensait-il que la piètre performance de la dernière fois était due à la fatigue ? Toujours est-il que Jochen avait poussé un retentissant "Scheisse !!" à la lecture de la lettre exigeant sa présence ce 24 mai sur les bords de la Fresne.

IL avait bien tenté de refourguer le bébé à quelqu'un d'autre, mais c'était SA présence, et non celle d'un autre, qui était requise. Maugréant et bougonnant, il avait expédié un petit déjeuner pourtant copieux en dix minutes et avait passé une bonne partie de la mâtinée à essayer de se calmer en s'entraînant au combat rapproché avec quelques camarades en mal d'action. Il avait récolté un beau bleu sur le torse et une main légèrement endolorie entourée d'un bandage fin retenant une compresse.

Il sorti de la base pour se rendre à son "rendez vous" coincé dans son uniforme de flieger. La casquette inclinée sur le côté gauche, il tâtait nerveusement la crosse de son C96 qu'il avait amené avec lui, peut être une erreur qui sait ? Il croisa quelques connaissances qui, après l'avoir salué, lui demandèrent la raison de cette mine renfrognée. Jochen, pressé par le temps, répondit qu'il leur expliquerait à l'occasion et s'éclipsa.

Arrivé sur les rives de la Fresne, il s'arrêta un moment pour profiter de ses derniers instants de paix et de calme de la journée. Se tournant avec un soupir, il remarqua un jeune blondinet devant une nappe à carreaux étendue sur le sol, du plus mauvais effet.

"C'est du major tout craché..."

Il s'approcha de l'endroit les mains dans les poches. il aurait préféré se retrouver avec le vieux postier et son fulgur plutôt qu'avec un môme et un tortionnaire mental... qui pour l'instant brillait par son absence...

- Gutten tag ! Le major n'est pas là?
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MessageSujet: Re: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Mar 7 Sep - 19:50

Bordel pourquoi fallait-il qu’on requière encore sa présence, sa prestation n’avait pas été suffisamment au ras des pâquerettes pour leur faire passer l’envie de quémander ses services ? Elle avait eu au moins quelques jours pour se remettre de sa première fois devant les caméras, ce qui constituait en soi une bien maigre consolation. Le mot d’ordre aujourd’hui était la modération, il fallait vraiment qu’elle limite les déclarations frôlant la pure débilité, car ce n’était pas parce que c’était passé une fois que ce serait le cas à nouveau.

Arrivée sur les lieux un premier constat s’imposait : il manquait le crétin à l’origine de ce calvaire. Elle se dit qu’un empêchement devait probablement l’avoir retardé et la montroise n’allait pas s’en plaindre. La mise en scène la fit doucement rire intérieurement. Son regard se posa ensuite sur les personnes présentes, en particulier sur Waldenstein. La vue de l’arme l’agaça, à croire que les hommes avaient besoin de ça pour compenser un complexe. Le bandage du Flieger finit de la renfrogner. L’équation arme plus main enflée n’avait mis qu’un instant à lui renvoyer l’image d’une brute, à tort peut-être mais comment aurait-elle pu savoir ?

« Vous comptez éblouir le Major en montrant votre habileté au tir au pigeon ? »


Servir une raillerie en guise de bonjour n’était pas l’entrée la plus diplomatique qui soit. La française se morigéna intérieurement, autant profiter de l’absence du guignol en chef et de ses amis cadreurs pour arranger un peu les choses au lieu de les envenimer.

« Nous sommes partis sur de mauvaises bases. Je vous présente mes plus plates excuses si mon comportement a pu vous embarrasser d’une quelconque façon. Croyez moi ou non mais toute cette agitation m’a rendu profondément nerveuse. La pression me fait perdre mes moyens, vous comprenez ? Aussi je vous serai infiniment reconnaissante de faire preuve de plus de compréhension et de compassion comme agirait un véritable gentleman. Merci. »

On avait vu mieux en terme de tentative d’apaisement, néanmoins comme ça les choses étaient posées à plat. Elle signifiait à sa manière sa volonté de faire des efforts, la balle était dans le camp du grand blond maintenant. Son attention se porta ensuite sur l’autre garçon présent. Liliane regretta presque ses déclarations un tantinet hâtives, bien que vagues, devant une tierce personne. Inutile de s’emballer, il était possible qu’il ne comprenne pas le français. Elle lui adressa un sourire radieux (tant qu’à y être autant essayer de se le mettre dans la poche) suivi d’un bonjour poli, puis demanda d’un ton candide.

« Est-ce qu’un de vous est au courant du programme ? »
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MessageSujet: Re: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Sam 18 Sep - 14:40

Il y avait déjà des gens à venir et Wolfgang salua tout d'abord le soldat allemand qui arriva avec une arme. Il voulait en faire quoi ? Il n'en avait pas besoin ! La preuve ? Wolfgang n'en avait pas d'arme lui donc du coup il ne voyait pas l'intérêt d'en emporter pour le déjeuner sur l'herbe. En pensant à cela, le flieger se demanda si les femmes seraient dans la même tenue que celles sur le tableau éponyme. C'était peu probable.

Il inspira après avoir répondu au salut et il continua à se demander ce qu'il allait leur dire. Il vit alors arriver la française qui commença à parler pour lancer des piques. Oh que c'était bien ! Il allait l'aimer elle si elle rabattait le caquet des gradés !

" Mademoiselle. "

Il regarda s'il voyait arriver Camille et soupira car le français n'était visible nulle part. Il se dirigea vers la magnifique nappe et prit sa décision, il allait tout leur dire. Enfin presque tout.

" Le Major a déposé ceci à notre intention, il ne pourra pas venir tout de suite mais il veut que nous commencions à manger. "

Il s'installa, enfin plus particulièrement, il s'affala sur le sol tout en regardant ce que faisaient les autres personnes. Maintenant il n'y avait plus qu'à attendre ... ou pas. Il sortit quelques petites choses des paniers et commença à picorer tranquillement.
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MessageSujet: Re: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Sam 18 Sep - 17:04

Le jeune blondinet qu'il avait en face de lui le salua et le dévisagea un moment. Ses yeux s'attardèrent un bref instant sur l'arme que Jochen avait apportée, mais il ne répondit pas pour autant à la question posée par le Flieger. Jochen leva un sourcil interrogatif, mais n'eut pas le temps d'ouvrir sa bouche que quelqu'un d'autre s'amenait... une présence pas plus sympathique que celle du petit Aryen, car il s'agissait de la blonde dont Jochen avait partagé le calvaire et subit la présence lors du dernier tournage.

Ni bonjours, ni politesse, elle commença par lui envoyer une remarque à la figure.

« Vous comptez éblouir le Major en montrant votre habileté au tir au pigeon ? »

Jochen serra les poings et sa mâchoire se crispa. Il pensa très fort :
*Non, je comptait lui prouver ma loyauté au régime en exécutant les nuisibles dans votre genre, le tout pour vanter les bienfaits de la présence allemande en France !!*
De fait, il avait le pistolet qui le démangeait, et il aurait bien volontiers logé une balle entre les deux yeux de la prof, mais son arme était juste là pour faire la guerre, pas pour régler des contentieux personnels, et il avait ses mains pour les régler, même s'il répugnait à frapper une femme.
La petite pique de la prof sembla réjouir le nabot blond, pour le coup, Jochen l'aurait bien volontiers exécuté lui aussi. Mais il se contenta de darder un regard franchement hostile sur les deux personnes qu'il allait devoir supporter, une fois encore pour une d'entre elles.

Puis se passa un évènement auquel Jochen ne s'attendait vraiment pas, la française, après une courte pause, repris :

« Nous sommes partis sur de mauvaises bases. Je vous présente mes plus plates excuses si mon comportement a pu vous embarrasser d’une quelconque façon. Croyez moi ou non mais toute cette agitation m’a rendu profondément nerveuse. La pression me fait perdre mes moyens, vous comprenez ? Aussi je vous serai infiniment reconnaissante de faire preuve de plus de compréhension et de compassion comme agirait un véritable gentleman. Merci. »

Alors ça c'était trop fort !!! Lui ne pas agir comme un gentleman !! Mais s'il n'avait pas agit comme un gentleman la dernière fois, la demoiselle se serait sûrement retrouvée au mieux en prison, au pire elle serait déjà morte et enterrée, en tout cas, elle aurait certainement de gros problèmes. Jochen ne su pas quoi répondre devant l'énormité de la demande française, du reste il n'en eu gère le temps car, après avoir regardé alentours, l'Aryen modèle réduit parla :

" Le Major a déposé ceci à notre intention, il ne pourra pas venir tout de suite mais il veut que nous commencions à manger. "

Le jeune flieger fronça les sourcils. Ça puait le piège, le major était certainement caché dans les environs avec sa caméra prête à tourner. En fait, si on avait établi une liste des personnes que Jochen aurait volontiers tuée aujourd'hui, le Major arrivait en pôle position, ensuite suivait la prof et en troisième position, le nabot. Il ne lui avait peut être rien fait, mais il l'énervait, c'était comme ça... quand une journée de merde commençait, rien n'allait en général. Après un rapide coup d'œil aux alentours, histoire de voir s'il y avait une caméra dans le coin,Jochen s'installa et regarda dans le panier ce qu'il y avait.

*Ah le pingre !! Pas même une petite bouteille de bière !! *

Le Flieger regretta amèrement de ne pas s'être blessé plus grièvement ce matin, Cela aurait pu lui permettre d'avoir une bonne raison d'éviter ça... il laissa échapper un léger gémissement lorsqu'il s'assit, sa main était encore endolorie et le bleu qu'il avait sur le torse s'était rappelé à son bon souvenir... vraiment une journée de merde...
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MessageSujet: Re: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Sam 18 Sep - 23:24

Tout espoir de voir la séance de tournage annulée s’envola avec les déclarations du plus juvénile des blondinets. Liliane n’en ressentit néanmoins guère de réelle déception. Résignée, à aucun moment elle n’avait vraiment cru à cette éventualité. Dans la foulée elle en profita pour faire part de façon un peu informelle de son agréable étonnement devant le bon niveau en français du garçon pour son âge. Stupide déformation professionnelle, elle devait certainement avoir affaire à une personne complètement endoctrinée, pas à un gentil gosse en échange linguistique avec son lycée.

Après le petit éclaircissement du benjamin du groupe elle attendit avant de s’installer que l’autre pilote réagisse à ses propos, lui dise quelque chose, donne au moins son avis sur ce contretemps… mais rien ne vint, si ce n’est un air mauvais un peu plus tôt. L’enseignante le regarda alors comme un élève grossier refusant obstinément toute forme de communication. Ah non par pitié ! Il n’allait tout de même pas se remettre à jouer les muets exactement comme quelques jours plus tôt. La mauvaise grâce qu’elle avait manifestement mis dans la forme était critiquable, la jeune femme ne s’en cachait pas, mais il fallait aussi que chacun y mette du sien et s’il s’obstinait dans son mutisme on n’était pas prêt d’avancer. Même si elle se doutait évidemment que son partenaire de scène ne devait pas la porter dans son cœur, son estimation de l’ampleur de son ressentiment était largement en-deçà de la réalité. En effet elle était loin d’imaginer la violence de ses pensées et se serait probablement bien gardée de lui adresser la moindre parole si elle en avait eu vent, entre autre.

Liliane s’assit finalement sans faire de manière sur le sol, rattrapée soudainement par l’excessivité du décor. Etait-ce un message subliminal de la part du Major voulant signifier que le cadre était à l’image de leur jeu d’acteur, à savoir caricatural et de mauvais goût au possible ? Non, il fallait qu’elle cesse avec ses délires paranoïaques où chaque action était le fruit d’une réflexion tordue. La française lança ensuite à l’intention de Waldenstein.

« Déridez-vous un peu, il faut montrer le bon exemple devant vos jeunesses. »


On pouvait percevoir une pointe d’agacement dans sa voix, il n’y avait cependant nulle trace d’agressivité. Susceptible comme elle supposait que devait l’être l’allemand, elle entretenait toutefois peu d’espoir d’amélioration. Malgré un mélange d’exaspération et d’angoisse qui lui nouait un tantinet l’estomac, c’est avec une réelle expression de gourmandise qu’elle se mit à picorer, faisant intérieurement le regret irréaliste de ne pas avoir fait suivre une bonne eau de vie. La montroise se dévissa le cou pour observer les environs. Ils ne pouvaient tout de même pas être au complet, elle ne voulait pas être la seule représentante de nationalité française. Où était l’autre jeune aviateur présent le jour de la convocation ?

« Si vous nous racontiez un peu au prix de quel exploit vous avez acquis cette blessure ? »

En toute honnêteté l’information ne l’intéressait pas le moins du monde mais cette tentative d’amorce de conversation s’inscrivait dans sa politique de tempérance. Aussi elle soignait son intonation qui, sans dégouliner de faux bons sentiments, se voulait déjà un peu plus amicale. On ne savait jamais, peut-être que les trois malheureux élus de cette aberration cinématographique pourraient rendre ce moment moins pénible en faisant des efforts… Ouais, et les allemands étaient venus en France la fleur au fusil. Rah bon sang, qu’est-ce que cette situation pouvait la faire chier ! Assaillie par sa mauvaise humeur, elle ne se gêna pas pour sortir une cigarette, se foutant royalement de trancher avec le cadre. La fumeuse occasionnelle prit juste le soin de ne pas envoyer de fumée dans la direction d’un de ses interlocuteurs (même si l’envie mesquine la titillait, et pas qu’un peu).
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MessageSujet: Re: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Jeu 23 Sep - 10:43

Le réveil n’avait pas sonné ce matin là. Maltraité trop de fois, le mécanisme n’avait réussi qu’à émettre un couinement rauque avant de se taire définitivement. Ceci combiné à l’entraînement particulièrement intense de la veille et à un plongeon dans la mauvaise bière de Sarnand pour oublier le couvre-feu qui le cantonnait dans ces murs humides, Camille dormait encore comme un bienheureux aux alentours de dix heures du matin.

Un rayon de soleil éblouissant se glissa jusqu’à lui et il ouvrit un œil vitreux en essayant de remettre son environnement immédiat. Sa chambre. Normal. La lumière vive l’était beaucoup moins par contre. Un mouvement brusque le précipita à bas de son lit, encore entortillé dans son drap. Bon sang, il avait dormi beaucoup trop tard. Un regard hargneux au réveil défectueux lui apprit qu’il avait encore le temps de s’habiller et de se présenter à l’instructeur de vol avant de devoir répondre à une énième convocation de la Wehrmacht.

Le pilote bondit dans son uniforme de la veille, s’éclaboussa d’eau froide et se rasa sommairement, avant de se jeter sur l’aire d’atterrissage sans passer par la case petit déjeuner. Il mit près d’une demi-heure à s’expliquer à l’officier en fonction, invoquant ses états de service qui n’avaient pas vraiment besoin d’entraînement supplémentaire en réalité, et la convocation du Major qui l’avait soi-disant obnubilé. Le lieutenant le laissa filer en râlant et en lui promettant au moins deux jours d’arrêts dont Camille savait qu’ils n’arriveraient jamais.

Il prit le temps de soigner Orphée avant de remonter dans sa chambre et de déplier le fameux carré de papier blanc qui le condamnait pour la journée. Ce fut à ce moment là qu’il s’aperçut qu’il était vraiment en retard. Il aurait déjà dû y être. Il dégringola à nouveau les escaliers de la base, se jeta dans le téléphérique et traversa Montreuil d’un pas vif, les mains enfoncées dans les poches et la casquette rabattue presque sur les yeux.

Ce fut ainsi qu’il arriva sur les rives de la Fresne, où une joyeuse assemblée se livrait à rien moins qu’un déjeuner sur l’herbe. Oscillant entre la perplexité et le désespoir, Camille s’approcha et salua fugacement les deux soldats allemands, avant de s’incliner légèrement devant sa compatriote. Pas de Major en vue, et l’atmosphère avait l’air tout sauf détendue entre les victimes désignées du jour. Le pilote s’attarda sur le géant blond qui remplaçait apparemment Witsenhausen. Armé, blessé légèrement àla main, et l’air renfrogné… on verrait plus tard ce qu’il avait dans le ventre. Il engagea sobrement la conversation.

- Bonjour.

Camille croisa le regard de Wolfgang. Egal à lui-même, il n’avait pas l’air traumatisé par les suites de leur entraînement au-dessus du lac. Tant mieux, surtout si leur accord tenait toujours. Mais l’absence de tout furieux de la propagande aux alentours était louche, et Camille qui avait assez vu de stratagèmes fourbes envisageait sans problèmes une caméra cachée quelque part. Il tendit l’oreille, à l’affût d’un léger ronronnement de moteur, et dans le doute n’accorda qu’un signe de tête de connivence au jeune Flieger. Il était prêt à un sabotage de plus.

- Je suppose que je suis le dernier que vous attendiez aujourd’hui. Quelqu’un sait-il en quel honneur on nous offre le déjeuner ?

La dernière phrase avait allumé une lueur d’ironie dans ses yeux rieurs enfoncés sous le bord de sa casquette. Il sortit les mains de ses poches, en profita pour allumer lui aussi une cigarette. La fumée s’échappant des lèvres de la Française avait réveillé ses mauvaises habitudes. Il souffla tranquillement à son tour, mais resta debout, comme en faction, les yeux glissant nonchalamment sur tout ce qui aurait pu cacher un Major, une caméra,une équipe de tournage ou même un Berghexe. On ne savait jamais et la méfiance qui raidissait sa nuque lui interdisait de s’asseoir et de commencer à manger comme s’il lui était naturel de pique-niquer avec l’occupant. Même sans la menace d’une caméra fantôme, il se refusait à donner cette apparence aux promeneurs des berges ombragées.
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MessageSujet: Re: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Ven 24 Sep - 16:21

Ah, la belle entente entre soldats allemands et civiles françaises, la joie de la collaboration avec l'occupant, Wolfgang ne pouvait pas s'en passer et il trouvait que c'était une excellente nouvelle de voir les deux adultes se disputer encore plus que Camille et lui. Il avait un sourire moqueur aux lèvres et il mangeait puisqu'on lui offrait le couvert. Il s'affala même sur le tissus à carreaux tout en continuant la découverte du contenu du panier.

Il sortit tout ce qui pouvait se manger et il ne fit aucune manière en coupant le saucisson avec le couteau fourni. C'était tout de même dangereux de fournir une arme blanche pour un repas comme celui-là sans présence officière pour éviter le bain de sang. Bon, oui, l'autre allemand était armé mais quand même ! Parce que franchement là il avait presque envie de couper autre chose que le saucisson, les langues des deux autres ce serait bien ça éviterait tout problème futur et surtout il mangerait en paix.

Quoi que non, les gémissements de douleur et le sang risqueraient de perturber un bon repas au calme. Il ne prononça aucune parole en déposant les tranches de charcuterie devant chaque convive et ne dit rien de plus en croquant à belles dents dans ses propres munitions.

Heureusement Camille arriva. Le terme n'était peut-être pas le plus adapté au sentiment de Wolfgang quand le français fit son entrée mais au moins ça faisait quelqu'un de plus proche de son âge.

" Heil Herr Caporal "

Oui, une petite pique de temps à autre ça ne pouvait pas faire de mal.

" Oui, le Major veut que nous commencions à manger sans l'attendre. Il doit se cacher dans un coin et attendre le moment propice pour nous filmer quand nous nous rirons ! Il devrait y'avoir du schnaps ça aiderait. "

Il tendit de la charcuterie au français parce que tant qu'à faire autant être un petit peu gentil et serviable et se remit à manger sans trop prêter attention aux autres. Il était certain que la situation était tendue, enfin sauf pour Wolfgang qui semblait parfaitement à l'aise.
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MessageSujet: Re: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Ven 24 Sep - 17:44

La mauvaise entente entre le pilote et la jeune française semblait amuser le blondinet, peut être aussi la prof qui s'amusait à le faire tourner en bourrique. Jochen, lui, ne s'amusait pas du tout. Il avait vainement tenté la dernière fois de prouver sa bonne foi aux yeux de la française, en vue de tisser une base de relation amicale, mais elle s'était obstiné à ne pas le croire, et si elle essayait de repartir sur de nouvelles bases, elle en payait les pots cassés.
Jochen s'empara d'un morceau de fromage et d'une tranche de pain et commença à manger, sans grande conviction. La prof s'assit et tenta une nouvelle fois d'engager la conversation

« Déridez-vous un peu, il faut montrer le bon exemple devant vos jeunesses. »

Le bon exemple ? Quel bon exemple ? Crier "Seig Heil" à tout bout de champ tout en vantant les mérites du parti national socialiste? Il laissait ça aux hystériques endoctrinés qui suivaient les discours de Goebbels des feux de joies dans les yeux, et ceux de Hitler avec des étoiles pleins les mirettes. De plus le ton d'agacement qui perçait dans la voix de l'enseignante encouragea Jochen à maintenir son clapet fermé... et puis on ne parlait pas la bouche pleine, or il mastiquait depuis deux bonnes minutes son pain et son fromage.

« Si vous nous racontiez un peu au prix de quel exploit vous avez acquis cette blessure ? »

Mais elle allait lui lâcher la grappe oui ?!!! La dernière fois, le mutisme de Jochen ne l'avait pas dérangé plus que ça, il faut dire qu'elle avait trouvé en la vendeuse une personne beaucoup plus loquace qu'un officier qui venait de se faire traiter de menteur doublé d'un affabulateur patenté, ce n'étaient certes pas les termes employés par la française, mais pour Jochen, cela revenait au même. Et, s'il ne se génait pas pour mentir aux personnes du style du major, il ne supportait pas que des personnes pour lesquelles il éprouvait de la sympathie, et qu'il était prêt à aider du mieux possible, le considère comme une taupe, un agent indigne de confiance, un peu comme le loup lâché dans la bergerie...
Un regard dénué d'expression se tourna vers la française, il n'avait même plus envie de se fatiguer à afficher sur son visage le fruit de sa rancune envers la française. Et puisqu'elle l'avait prit pour un espion, autant continuer à jouer les méchants, puisque la prof ne changerait pas d'avis... aussi il répondit en chuchotant pour être sur que seule la française entende, essayant sans succès d'effacer de sa voix la colère qu'il éprouvait...

- L'exploit en question n'est autre qu'un entraînement au combat rapproché pour le cas où des français écervelés armés de couteau nous attaquent...


*Et surtout histoire de me défouler un bon coup avant de tuer quelqu'un pendant le pique nique...*
La remarque n'était pas plus diplomatique que la pensée, mais en y réfléchissant, la française avait ouvert les hostilités par deux fois devant un Jochen conciliant la première fois, certes hostile la deuxième mais résigné au silence. et puis vu que la française le voyait comme un ennemi, un peu plus ou un peu moins, la différence ne se verrait même pas...
Un bruit de pas annonça l'arrivée d'un nouvel individu, un pilote français d'après l'uniforme, un peu plus jeune que Jochen, se rapprochant déjà plus de l'âge du juvénile blondinet occupé à farfouiller dans le panier à victuailles.

- Bonjour.
" Heil Herr Caporal "


Tiens, visiblement les deux plus jeunes se connaissaient. Jochen ne pouvait savoir quelle aurait pu être leurs relations, mais la réponse du gamin ressemblait à s'y méprendre à une pique digne d'une flèche de la Parthe blonde qui fumait non loin du Flieger, et dont le carquois était fort bien garni... si seulement elle savait différencier ses alliés de ses ennemis...

- Je suppose que je suis le dernier que vous attendiez aujourd’hui. Quelqu’un sait-il en quel honneur on nous offre le déjeuner ?

" Oui, le Major veut que nous commencions à manger sans l'attendre. Il doit se cacher dans un coin et attendre le moment propice pour nous filmer quand nous nous rirons ! Il devrait y'avoir du schnaps ça aiderait. "

Jochen marmonna dans sa barbe, un petit sourire en coin :

- Rire, hein? J'en connais un qui n'a pas fini d'attendre derrière sa caméra...

Puis il saisi le morceau de saucisson coupé par le jeune blond, après un signe de tête pour le remercier, et entreprit de le manger. Tout en mastiquant, il regarda le ciel bleu et les nuages défilant là haut. Il se remémora la sensation de plénitude qui l'envahissait lorsqu'il volait, le calme qu'il ressentait, et il senti sa colère retomber d'un coup, sans raison apparente.
Il baissa les yeux, revenant au spectacle du pique nique. Il tourna les yeux, discrètement, vers la prof. Elle était prof de quoi déjà ? Et où enseignait-elle? Et depuis quand était-il rancunier à ce point? Et surtout pourquoi ? Lui qui d'habitude était conciliant, pourquoi n'avait-il pas accepté le "cesser le feu" sous entendu dans la déclaration maladroite de la jeune femme? Peut être était-il trop mal luné pour le comprendre comme tel? Un peu honteux, il s'adressa à la prof, d'une voix changée où toute trace de colère avait disparu...

- Excusez moi pour tout à l'heure... Je n'avais aucune raison de vous traiter comme ça, et je n'ai aucune excuse...

Mea culpa un peu tardif mais sincère... comment la prof allait-elle réagir? Jochen ne s'attendait à rien de précis, mais si la prof était aussi rancunière que lui l'avait été, le tournage d'aujourd'hui risquerait fort de se terminer douloureusement...
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MessageSujet: Re: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Sam 25 Sep - 20:37

Un air pincé accueillit la réponse du grand Flieger, elle était doublement irritée. L’allemand s’était montré ouvertement insultant et de surcroit après une autre démarche d’apaisement. La montroise se fit violence pour ne pas répliquer avec acidité une nouvelle gentillesse, reportant son agacement sur l’herbe qu’elle arrachait méthodiquement brindille par brindille entre deux bouffées. Et il fallait en plus que le jeunot dans son coin s’amuse de la situation. Toute cette affaire commençait à sérieusement lui taper sur les nerfs, elle n’avait qu’une hâte, à savoir que ce cirque prenne fin le plus tôt possible.

L’arrivée du pilote français constitua la première vraie bonne nouvelle de la journée. C’était une piètre consolation mais au moins elle se sentait un peu moins seule déjà. Le ton fut donné dès l’accueil de l’adolescent blond, a priori leurs rapports n’étaient pas non plus au beau fixe. Eh bien ça promettait… Retranchée derrière une prudente attitude de neutralité (néanmoins vaguement offusquée), là où chacun y alla de son petit mot quant à la localisation du Major elle se contenta de réclamer à mi-voix du Schnaps, si Schnaps il y avait, pour aider à digérer le peu qu’elle avait ingurgité.

Un mélange de perplexité et de surprise effaça en un clin d’œil la façade maussade qu’elle affichait lorsqu’elle entendit les excuses de Waldenstein. « Mais il souffre de dédoublement de la personnalité lui ? » fut la première pensée qui fusa dans son esprit. Ce changement de comportement était inattendu, tardif aussi en effet et surtout étrangement convainquant. Liliane regarda le Flieger sans rien dire durant une poignée de secondes avant de répliquer avec une esquisse de sourire.

« Ce n’est rien, j’ai été désagréable… »


Voilà une bonne chose de réglée. Elle ne lui faisait pas pour autant plus confiance, ce qui était le cas de l’essentiel de ses connaissances (et cette méfiance naturelle datait bien d’avant la guerre), cependant elle s’engageait ainsi implicitement, dans le doute, à se montrer au moins correcte et à ne plus chercher querelle. Débarrassée de ce soucis, la montroise se mit à réfléchir tranquillement à leur situation.

Que le Major et son équipe se fussent cachés dans l’espoir d’obtenir des séquences plus spontanées ne l’aurait guère surprise, le stratagème aurait parfaitement collé au projet de « cinéma réalité » du metteur en scène. Restait à trouver où, si jamais l’hypothèse était exacte. Pour le moment ses coups d’œil n’avaient guère porté leur fruit et elle préférait à présent laisser la tâche (éventuellement vaine) aux autres. Pourquoi se fatiguer et même peut-être se faire remarquer négativement pour rien ? Eh ! Si ça se trouvait le gosse blond les faisait tourner en bourrique depuis le début. Et si la séance était en fait annulée ? A en juger par le plaisir qu’il prenait à contempler les chamailleries des uns et des autres on ne savait jamais, ce n’était pas si farfelu. Non ? Il fallait bien que sa nature suspicieuse se reporte sur quelqu’un.

N’y tenant plus, elle lâcha finalement de but en blanc tout en écrasant distraitement son mégot sur le sol.

« Vous êtes sûr qu’il doit venir ? Vous avez peut-être mal compris. C’est le Major en personne qui vous a averti ou on vous a fait parvenir un mot ? »

Même si elle faisait bien attention à parler calmement l’enseignante se doutait que ces questions n’allaient guère plaire au pilote allemand juvénile. Tant pis, son but n’était pas de s’en faire un ami mais plutôt de tester la sincérité de sa réaction.

« Bien que j’en doute, si notre ami réalisateur est caché quelque part il y a un moyen facile de le faire sortir de son trou… »

La française se releva tranquillement, ajusta machinalement les plis de sa robe - histoire de ne pas avoir l’air trop pressée - avant de compléter.

« Si nous bougeons pour faire semblant de partir il se peut qu’il débarque en trombe. Si ce n’est pas le cas nous serons au moins fixé sur ce point, nous n’aurons qu’à revenir ici et à patienter durant un certain laps de temps. »

Autrement dit elle ne comptait pas rester les fesses collées à cette nappe indéfiniment. Maintenant comment allaient réagir les autres ? Au fond Liliane espérait autant éclaircir la question de la présence ou non de l’abruti fini à l’origine de ce calvaire que pousser les différents acteurs à se dévoiler un peu en prenant position par rapport à sa proposition. Qu’on la rabroue, qu’on la soutienne, peu importait au final, et si sa tentative de manœuvre se révélait être un échec au moins elle aurait essayé quelque chose, ce ne serait pas la première fois qu'elle se plantait en beauté. Subir, rester inactive, c'était ça qui la rongeait le plus.
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MessageSujet: Re: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Lun 4 Oct - 12:47

Il haussa un sourcil en entendant le salut ironique du Flieger. Ah, il voulait jouer à ça ? Très bien. La réponse fusa, dans un allemand déformé par une prononciation nettement à la française et une voix déjà rauque par ailleurs.

- Heil, Herr Moustique.

Après tout, une petite bestiole qui vole, qui énerve et quine fait pas grand mal au final, ça correspondait parfaitement au Falken, plus petit qu’Orphée, et à son adolescent de pilote. Étouffant un sourire victorieux, Camille termina tranquillement sa cigarette pendant que les deux qui étaient un peu plus adultes échangeaient des amabilités. Voilà qui n’avait pas l’air du genre à faire les affaires du Major, au vu de l’atmosphère qui se détendait à peine.

En tout cas, voir toute cette assemblée taper dans le stock de nourriture ne manqua pas de rappeler au pilote français qu’il avait sauté le petit déjeuner. Avec un léger soupir, il abdiqua devant la protestation bruyante de son estomac vide, et se laissa tomber au bord de l’immense torchon à carreaux qui ajoutait au décor sa note de niaiserie bon marché. Il prit le saucisson que lui tendait Wolfgang, attrapa la grosse miche de pain qui allait avec et tira son poignard de sa botte pour en couper une tranche généreuse.

S’il n’était pas encore à couteaux tirés avec les soldats allemands en présence, il comptait bien montrer que lui non plus n’était pas sans armes, et qu’il ne se baladait pas comme le premier touriste en goguette.On ne savait jamais, et surtout, c’était bon pour l’image qu’il voulait dégager. Pas un mot gentil, pas un geste amical, pas un sourire. Le grand blond avait raison, le Major pouvait toujours attendre les rires. Le pilote essuya les deux côtés de sa lame sur le tissu rouge et blanc, autant qu’il serve à quelque chose, et rangea l’arme avant de mordre férocement dans sa tartine.

Il mastiquait encore avec énergie, détaillant avec intérêt la mise soignée et l’allure gracieuse de sa voisine, l’œil perdu dans un pli sage qui barrait ses jambes repliées, quand ladite voisine prit la parole pour dire la seule chose sensée depuis le début de cette mascarade. S’il n’y avait pas d’instructions plus claires que les deux lignes de sa convocation, et puisque faire la conversation avec les envahisseurs ne faisait partie ni de ses attributions, ni de ses ordres directs, ni de ses passe-temps, alors Camille n’avait rien à faire là et ne comptait pas y rester une minute de plus.

Il avala sa dernière bouchée, se frotta grossièrement les mains pour se débarrasser des miettes, et se leva vivement à la suite de sa compatriote. Un regard rapide aux deux autres laissa transparaître son envie de se sortir de là au plus vite, l’éclat sombre de ses yeux bleus faisant figure d’avertissement. Pas question qu’ils soient la cause d’un déshonneur de plus pour la nation française. Il avait selon lui largement assez donné dans le déjeuner sur l’herbe.

- De toute façon, en l’absence d’ordres mieux définis et en dehors de ma propre hiérarchie, je n’ai plus rien à faire ici. Le pique-nique était charmant, mais la discussion qui pourrait l’accompagner ne m’intéresse malheureusement pas dans ces conditions.

Voilà, le ton était donné. Il ne parlait pas aux allemands.C’était pourtant simple à comprendre, non ? Il salua sommairement les deux militaires.

- Flieger, Oberleutnant.

Se tournant vers la jeune femme, il lui offrit galamment un bras ferme assorti d’un sourire chaleureux.

- Madame… Si vous souhaitez abréger ce rendez-vous, puis-je vous raccompagner ?

Si le Major se cachait quelque part et assistait à la scène,nul doute qu’il bondirait sur ses chers protagonistes pour les empêcher de se faire la valise en bonne et due forme. Et si la professeure avait annoncé à voix haute son intention de faire seulement mine de partir, Camille, lui, était bien décidé à filer pour de bon si rien ne venait le retenir.

Ou en tout cas, il en avait tout l’air. Il se permit un clin d’œil pétillant à la jeune femme à présent toute proche de lui.


Dernière édition par Camille Libberecht le Sam 9 Oct - 14:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Ven 8 Oct - 18:42

Ne pas lui sauter dessus, armé en tout et pour tout d'un couteau à beurre pour pouvoir l'éventrer avec beaucoup de lenteur et surtout que cela lui fasse très mal et que sa mort soit lente. Les yeux de Wolfgang auraient pu tuer que déjà le caporal ne serait plus de ce monde. Il osait ! Le fourbe, le lâche, le pervers car oui c'était certain qu'il était déviant pour oser le menacer de la sorte, lui un fleuron de l'armée du Reich ! Enfin il fallait croire qu'il était un fleuron puisqu'on le destinait à faire ce film stupide. Il grimaça en ayant cette pensée et continua à écouter ce que disait les autres personnes présentes.

Bon et bien il allait devoir parler de ce que lui avait donné le Major, ce petit mot qu'il gardait bien au chaud dans la poche de son pantalon. Il regardait tous les autres alors qu'ils faisaient des perspectives sur la possibilité que l'homme ne soit dissimulé quelque part et quand Camille commença à les saluer, il se leva d'un bond.

" Caporal, je crains que vous n'ayez raison, le Major n'est pas là, il a eu a priori des envies de meurtre à notre intention à tous. Il doit encore chercher des choses à montrer dans nos prestations respectives. "

Il n'expliqua pas immédiatement comment il l'avait su, il se tourna vers les deux autres personnes tout en attendant qu'elles fassent éventuellement un commentaire, puis il reprit la parole.

" Mais dites moi, si ce n'est pas indiscret, qu'avez-vous donc fait pour que cet homme plutôt obstiné soit aussi remonté ? Avec Camille on a été plutôt calmes je trouve, ça aurait pu être pire non ? "

Il regarda le caporal qui voulait visiblement repartir mais lui n'avait pas obligatoirement envie de quitter les lieux car son retour à Sarnand signifiait sans aucun doute de nouvelles choses à faire et passer du temps sur les bords de la Fresne n'était pas pour lui déplaire ... Enfin si c'était ce qui était prévu par les autres personnes présentes bien entendu.
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MessageSujet: Re: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Mer 13 Oct - 15:33

La prof sembla accepter le mea culpa tardif du jeune flieger, qui comprit que la hache de guerre était pour l'instant, enterrée, ou du moins juste recouverte d'une fine couche de terre. Un poids de plus enlevé de la conscience de l'Allemand, qui poussa un léger soupir de soulagement. De nouveau, il se perdit dans la contemplation muette du paysage et du ciel, n'écoutant que d'une oreille distraite ce qui se passait autour de lui.
Quand on vint à parler de l'absence du Major, il sorti de sa "méditation" et écouta plus attentivement. L'idée de la prof n'était pas sotte en soit, le Major, de fait, serait surement défait si ses sujets se tiraient au milieu d'une de ses combines pour trouver un sujet intéressant à filmer, et l'idée de faire flipper un propagandiste ne déplaisait pas à Jochen. Seulement voilà, même s'ils appartenaient à des armes différentes, l'homme était son supérieur hiérarchique, et se défiler ainsi revenait à une forme d'insubordination au mieux, au pire, si le major avait suffisamment de poids, un acte de désertion... Jochen était, de toute façon, condamné à rester autour du tissu à carreau moche.
Le nouveau français dit plus ou moins ouvertement qu'il s'emmerdait et qu'il n'avait rien à faire ici en compagnie de l'occupant, en des termes plus diplomatiques évidemment. Jochen leva un sourcil dubitatif. Ce français semblait bien imbu de sa personne, le genre de types que Jochen n'aimait pas du tout. Et encore un type qui classait toute personne germanophone dans la catégorie "méchant", "pourris", "nazis" ou encore "cinquième colonne".

*Tout comme une certaine autre personne en somme* pensa le jeune homme en levant les yeux vers la française.

Le caporal, comme l'appelait l'angelot miniature, se proposa de raccompagner sa compatriote si elle souhaitait mettre un terme à la rencontre "conviviale".

* Plus con que viviale aurait dit Werner...* se dit le jeune Flieger en pensant à ce qu'aurait pu dire de la situation un de ses amis basé en Norvège.

Les français voulaient partir? Grand bien leur fasse, lui devait rester et ne ferait rien pour les empêcher de prendre la tangente, même s'il mourrait d'envie de les imiter. Sur ce, le nabot à la chevelure de blé se leva et parla.

" Caporal, je crains que vous n'ayez raison, le Major n'est pas là, il a eu a priori des envies de meurtre à notre intention à tous. Il doit encore chercher des choses à montrer dans nos prestations respectives. "

Des envies de meurtre ? Jochen en avait eut un paquet ce fameux jour, et pour nombre d'entre elles, orientées vers le propagandiste cinéphile. Il fit des efforts pour avoir l'air surpris, mais ne l'était pas du tout en final... Il se passa de tout commentaire néanmoins

" Mais dites moi, si ce n'est pas indiscret, qu'avez-vous donc fait pour que cet homme plutôt obstiné soit aussi remonté ? Avec Camille on a été plutôt calmes je trouve, ça aurait pu être pire non ? "

Ah, visiblement cette phrase semblait s'adresser à lui et la prof. Il la regarda, remarqua qu'elle en faisait de même avec lui, et lui envoya un discret clin d'œil, moins pétillant que celui qu'elle avait reçu du pilote français, et un peu complice.

- Avec nous aussi ça a été assez calme... mis à part quelques pêches gâchées bien entendu...
ajouta-t-il avec un sourire.

Évidemment, il cacha sous silence l'altercation qui les avait opposé, la prof et lui, à propos des sous entendus qu'il prenait pour des messages de soutiens, et que la prof manifestement prenait pour autre chose. Il omis également le mutisme qui avait été le sien pour une bonne moitié de tournage, alors que la française faisait des prodiges pour paraître le plus gourde possible, avec un peu trop de succès surement...

- Vous voyez ce qui aurait pu provoquer l'ire de cet homme, mademoiselle ?

Il se tourna de nouveau vers la demoiselle professeure, attendant sa réponse, et espérant aussi que celle si ne les remettrait pas sur le chemin de la guerre...
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MessageSujet: Re: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Lun 1 Nov - 0:57

A entendre son ventre crier famine elle aurait presque regretté d’avoir si tôt mis les pieds dans le plat afin d’élucider le mystère de l’hypothétique retard du Major de la propagande. Entre sa contrariété de se coltiner à nouveau Waldenstein et celle d’avoir le sentiment progressif que la situation ne tournait pas rond, elle avait finalement peu picoré malgré son appétit féroce.

Liliane fut un brin étonnée de ne pas recevoir une avalanche de remarques déplaisantes quant à sa suggestion. Au lieu de cela elle eut l’agréable surprise de voir le Caporal se ranger de son côté. Sa résolution renforcée, elle accepta avec un franc sourire le bras qui lui était offert. Il fallait dire que l’enseignante n’avait pu s’empêcher de ressentir une pointe de fierté patriotique en voyant l’attitude distante et revêche de son homologue français face aux deux allemands. Ce sentiment avait évidemment un quelque chose de ridicule mais les petites victoires étaient bien trop rares pour être ignorées. Sans tomber dans l’extrémisme il était toujours plaisant de constater qu’il y avait toujours des Montrois qui n’avaient pas la flatterie comme obsession dès qu’un Fritz pointait le bout de son nez.

Le ralliement du pilote du Porte-drapeau à sa cause rendit soudainement le jeune Flieger plus enclin au partage des informations en sa possession. Elle essaya à peine de dissimuler le sourire narquois qui commençait à lui tirailler le coins des lèvres lorsqu’elle le vit se lever d’un coup devant la perspective de voir son petit groupe éclater prématurément. Eh bien voilà, on avançait enfin. Son sourire perdit néanmoins sa satisfaction pour laisser place à la neutralité à l’énoncé de la deuxième partie du discours du blondinet. Quel petit fouteur de merde celui-là ! Elle lui aurait volontiers collé le bonnet d’âne s’il avait été dans sa classe malgré son âge. Son regard se mit instinctivement à chercher celui de l’éclaireur. En toute franchise, elle était plus curieuse qu’inquiète à l’idée d’entendre sa version de cet épisode récent. Peut-être qu’à force de se faire des scénarios catastrophes elle finissait pas s’insensibiliser…

Ma foi, c’est une façon habile de présenter les choses.

Adepte de l’omission quand elle relatait des faits sensibles, il était inutile de préciser que la dame était pour une fois satisfaite des propos du géant blond. Quelque part un brin rassurée, elle abandonna un peu de la raideur qu’elle manifestait souvent à son encontre. Après avoir affiché une moue pensive la française finit par déclarer.

« Se pourrait-il que nos débats culinaires et vestimentaires aient déplu à notre cher Major ? »

Sur ce elle secoua légèrement la tête d’un signe d’incompréhension. Bon maintenant il ne fallait pas qu’on lui demande plus de détail à ce sujet. Afin de s’en assurer le plus simple restait de détourner l’attention générale, aussi elle enchaina en demandant à l’autre binôme de corvée de tournage.

« Vous avez vraiment été aussi calmes que vous le dites ? »

Liliane ne put s’empêcher de regarder un instant dans la direction de son compatriote avec un sourire amusé. Son « Herr Moustique » en guise de salut à l’autre énergumène résonnait toujours dans sa tête et elle avait le plus grand mal du monde à imaginer les deux garçons sages comme des images.

« Oh et puis tant qu’à y être… Sauriez-vous Flieger, par hasard, si cela signifie que le tournage est reporté ou annulé définitivement en raison de la médiocrité de nos prestations respectives à tous ? »

A son plus grand mécontentement une pointe d’espoir avait percé dans sa voix, malgré tous ses efforts pour affecter l’indifférence.
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MessageSujet: Re: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Lun 1 Nov - 2:38

La main délicate de la professeure sur son bras affermit sa décision. Il n’avait rien à faire là, et il semblait tout à fait approprié de raccompagner cette jeune dame plutôt que de rester sur les bords de la Fresne à bayer aux corneilles. Mais curieusement, le jeune Allemand sauta sur ses piedsà cet instant. Camille lui adressa un regard en biais dans la seconde. Qu’est-ce qu’il savait, à la fin ? Il attendait que tout le monde s’énerve pour donner les véritables instructions du Major ? Ou pour faire son rapport, peut-être ? Le pilote de Porte-drapeau serra les dents. Malgré ses actes de sabotage avérés, il était loin d’être impossible que Wolfgang soit un traître fini incapable de tenir une parole.

- T’as l’air assez renseigné…

Le ton méfiant soulignait la mine farouche du jeune homme, figé comme si ses sens en alerte le rendaient prêt à tout, en écho à l’expression meurtrière du Flieger quelques instants auparavant malgré le seul couteau à beurre susceptible de lui servir d’arme improvisée.

Les débats de la Française et de l’officier allemand sur leurs expériences de tournage détournèrent son attention du couteau à beurre. Ils avaient apparemment eu des dialogues pour le moins frivoles, ou en tout cas assez creux pour friser le ridicule. Camille haussa un sourcil. Mais après tout, ça ne le regardait pas vraiment, ou en tout cas moins que la question que venait de poser la jeune femme. Il prit la parole avant que Wolfgang puisse ouvrir la bouche sur ses salades habituelles.

- Disons que le tournage a du être écourté en raison d’un incident technique.

Un second regard en coin au Flieger ponctua la réponse du pilote, qui prit un ton détaché.

- Indépendamment de notre volonté, bien entendu…

Pourvu que l’autre ne se remette pas à affabuler par dessus son joli mensonge propre. Il fallait rester sobre pour être crédible, du moins quand on voulait être cru. A vrai dire, qu’on le croie ou non lui importait peu dans les circonstances présentes, personne ne prouverait jamais la manœuvre réelle qui avait eu lieu en plein ciel, au dessus du lac.

La dernière question de Liliane méritait toute son attention. Il n’avait pas bougé de sa position et soutenait toujours galamment le poignet de la jeune femme. Il serait bien parti sur-le-champ mais il aurait été impoli de la presser. Et si elle tenait à savoir une bonne fois pour toutes si on viendrait encore l’importuner pour la plus grande gloire de l’Allemagne nazie, il ne pouvait qu’attendre la réponse. Il ne voyait pas le Major abandonner le tournage en se rendant compte qu’il avait été présomptueux de penser pouvoir mater des acteurs aussi mal disposés. Mais il ne voyait pas non plus ce que leur tortionnaire espérait encore pouvoir tirer d’eux. Même s’il disposait de certains moyens de pression, les Français étaient les moins vulnérables à son influence, et il faudrait rien moins qu’une autre convocation officielle pour rattraper les oiseaux s’ils s’envolaient.

Camille ne bougea pas de sa place, indiquant clairement qu’il partirait dès la fin de la discussion, entraînant sa compatriote avec lui loin de ce déjeuner aux allures de cadeau empoisonné.
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MessageSujet: Re: Un déjeuner sur l'herbe (24 mai)   Dim 7 Nov - 13:49

Wolfgang s'amusait follement, il se délectait même de la situation qu'il venait de créer. Parce qu'après tout, il était certainement capable de s'occuper tout seul mais ce n'était pas aussi drôle de voir ainsi coopérer des personnes normalement ennemies. Il fixa tour à tour chacun des convives de ce repas improvisé alors qu'ils donnaient des explications sur ce qui avait été fait et son sourire s'agrandissait de plus en plus au fil du temps.

Une histoire de pèches gâchées pour l'équipe des vieux et des incidents techniques pour les jeunes. C'était intéressant mais totalement inutile comme informations, cependant si les deux autres disaient aussi peu de choses que Camille leur aventure devait avoir été épique et même plus que cela peut-être. Il sourit quand le caporal le fixa comme pour le défier d'ajouter quelque chose. Oh, c'était qu'il ferait presque peur avec son air détaché de tout. Et le fait qu'il soit encore là allait donner à Wolfgang un excellent moyen de pression. Pas de manière directe, il savait bien que s'il s'aventurait dans cette direction, il se ferait au mieux mal voir par le pilote allemand mais de manière indirecte.

" Cependant, vous devez avouer Caporal, que ma dernière manoeuvre malgré les problèmes techniques a été réalisée avec soin et sans précipitation aucune. "

Oui, la manoeuvre qui avait consisté à retourner sur Orion sans aucune sécurité et en tombant d'Orphée ! Il était encore ravi de ce qu'il avait réussi à faire et n'avait qu'une envie ... recommencer. Mais le sort de leur troupe d'acteurs était le sujet du débat et il devait malheureusement mettre fin à cette belle entente.

" Il ne me l'a pas dit, je pense que c'est terminé définitivement mais on sait jamais avec des gens comme lui, ils sont pire que certain caporal français borné et c'est dur. "

Non, il n'insistait pas du tout et il n'était pas suicidaire, simplement amusé par le tour que prenait la conversation. Même s'il ne se faisait aucune illusion sur le fait que Camille allait partir en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire et qu'il allait se retrouver tout seul. Tant pis, ça aura été un repas agréable mine de rien, il n'avait pas eu à faire semblant de quoi que ce soit, oui, très agréable !
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