Elle ne vaut pas Berlin [5/7/1941]


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Elle ne vaut pas Berlin [5/7/1941]

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Allemand
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MessageSujet: Elle ne vaut pas Berlin [5/7/1941]   Mer 1 Sep - 22:44

Plus de cinq heures de train depuis l'Allemagne. La logique voudrait qu'il soit épuisé. Mais non. Le contraire, même ! Il était excité comme une véritable puce. Il devait officiellement prendre du service demain. Frederick était en effet arrivé à Montreuil il y a environs une demie heure, en pleine soirée. Arriva ensuite les présentations aux collègues et supérieurs au siège de la Gestapo, puis ensuite les explications quant à la situation en ville. Couvre-feu, informations sur la résistance et sur les citoyens, règles.. Les bases, en résumé.

Demain, il pourra enfin s'occuper de cette ville, comme tant d'autres avant elles. Mais cette fois, c'était une ville occupée, et non une sûre ville d'Allemagne ou le travail était toujours à moitié fait d'emblée. Cette fois, il y avait des résistants, des ennemis du Reich à tous les coins de rue. Enfin.. Des Français. Et c'est pour mieux connaître cette ville toute nouvelle pour SS-Scharführer qu'il décida d'en faire le tour, et ce après le couvre feu, s'assurant une relative tranquillité durant sa ballade. L'après couvre-feu arriva bien vite. Entre les formalités des présentations, la visites du bâtiment, les informations... Enfin quand ce fut terminé, le Wurtembergois, à peine installé dans sa petite mais charmante chambre, enfila sa tenue feldgrau, à col ouvert, bien qu'il préfère l'aspect "dur" du col fermé, marcher avec cet uniforme qui l'étouffait à moitié ne lui plaisait vraiment pas, surtout par une nuit d'été. Plus son Walter PPK, plus par réflexe que par réels précautions.

En quittant le bâtiment, il adressa de court et courtois "Aufwiederzehn", expliquant rapidement ce qu'il allait faire. Il quitta le bâtiment qui aurait du être un lycée pour se lancer à l'exploration de la ville, plus ou moins à l'aveuglette. Après quelques minutes de marches, décevantes par ailleurs. La ville avait un air... "Sale", comparée aux villes allemands qu'il avait eu le bonheur de visiter. Sale, triste, sans vie... Quoique. Ca pouvait s'expliquer à l'occupation et au couvre-feu... Ou alors c'était tout simplement car elle était française. Oui. C'était sûrement ça. Ah, ces français.

Ah, l'architecture s'améliorait. Les quartiers bourgeois, sans doutes. Fortement désertée. forcément, au vue de l'heure. Et l'obscurité était plutôt pesante. Mais il réussit à apercevoir un petit banc de bois en bord de route, éclairé par un lampadaire. L'endroit classique pour s'y poser quelques instants, ce qu'il fit avec empressement, ses magnifiques bottes noires claquantes sur le trotoire de la ville. Il s'autorisa un soupir de soulagement en posant son petit arrière-train aryen sur le banc, s'y enfonçant le plus confortablement possible avant de croiser les bras et continuer d'observer le quartier. Puis, dans un murmure mêlé à un autre soupir, il lâcha une phrase d'un vérité incontestable :

"Oui. Cette ville ne vaut vraiment pas Berlin."
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MessageSujet: Re: Elle ne vaut pas Berlin [5/7/1941]   Jeu 2 Sep - 1:01

Les bicyclettes, s'était géniale. On pouvait fendre la bise à toute allure, s'autoriser d'innocents dévoilements de gambettes quand le vents s'engouffrait sous les jupes et accessoirement, ça permettait aussi de transporter Greffier dans son panier quand on allait rendre visite à la famille Pelous.

Les bicyclettes, s'était aussi la plaie. Surtout quand elles choisissaient de dérailler alors qu'on était déjà furieusement en retard. Le couvre-feu venait juste de tomber, quand la stupide chaine de son stupide vélo avait décidé de rompre tout contact avec le pédalier. Hermeline n'avait dû son salut qu'à ses excellents réflexes et à un lampadaire, qui avait fort aimablement prêté son fût pour que la jeune fille s'y cramponne et évite la chute.
A la lumière de sa lanterne à essence, et avec l'aide précieuse de son couteau de l'armée suisse, la petite pensionnaire s'était lancée dans une tentative de réparation de fortune. Seulement, ce qui au grand jour lorsque rien ne pressait n'était déjà pas si simple, prenait de nuit à la lueur faiblarde d'une mèche, des dimensions quasi-épiques.

Une barre de cambouis au milieu du front, les mains meurtries et le moral en berne, Hermeline tenta un dernier essai... Qui se solda par deux doigts pincés dans l'engrenage.

"Aïlle ! Sacrebleu de saperlotte de flute, zut, crotte !!!" Piailla la blondinette en portant à la bouche ses doigts douloureux, pendant que son chat ouvrait un œil alanguit depuis son panier et poussait un petit soupir.

"Oh tu peux me regarder comme ça toi, on peut pas dire que tu m'aides beaucoup ! C'est ta faute si on est en retard en plus..." Grommela-t-elle, non sans se fendre d'une grattouille à l'attention du petit minet qui, soudain, dressa la tête et agita les oreilles en direction du coin de la rue.

"Oh ooooh... " Murmura pour elle-même la jeune fille, tandis qu'une ombre se découpait sur le mur d'en face. "Pourvu que ce soit n'importe qui, soeur Gilberte, père Tuot, même un résistant, mais pas la milice..." Pria-t-elle en réprimant un frisson. Elle se souvenait parfaitement de l'endroit où étaient ses papiers, mais dans le tiroir de sa table de nuit au dortoir, ils ne lui seraient strictement d'aucune utilité. Et le souvenir de la malheureuse madame Vallat, assassinée froidement par un sadique de la Wehrmacht, vint la heurter de plein fouet tandis qu'elle déglutissait péniblement.
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MessageSujet: Re: Elle ne vaut pas Berlin [5/7/1941]   Jeu 2 Sep - 14:26

Quelques secondes après sa phrase à lui-même, il eut comme pour réponse les échos de plaintifs gémissements. Par réflexe, à nouveau, et non par peur, il se leva rapidement de son petit reposoir, une main sur la crosse de son arme à feu, la tête tournée vers l'endroit d'où provenait le bruit. La voix était clairement aigüe, malgré le fait qu'il n'en n'aie entendu qu'un vague écho. Une voix de femme, jeune, sans doutes. Aucun risque.. Aucun risque ? Le nouveau en ville ignorait tout de ses dangers, sinon l'évident et les suppositions. Bizarrement, le fait que des résistants utilisent ce genre de stratagème pour attirer leurs victimes dans un piège était l'une des suppositions que Frederick imaginait.

Il tira son arme de son étui et avança d'un pas prudent en direction de la petite voix aigüe qui se fait entendre à nouveau quelques instants plus tard. Du peu de ce qu'il avait entendu et compris, c'était du français. Et la voix... Une adolescente. Une enfant, peut-être-même. Mais que ferait une enfant, seule, et après le couvre-feu ? Il allait bientôt le savoir, il l'apercevait enfin.

... Elle était aux côtés d'une bicyclette. Cassée, à première vue. Depuis combien de temps était-elle là ? Est-ce pour cela qu'elle avait raté le couvre-feu ? Non. C'était.. Trop simpliste, trop innocent comme solution. Il n'y avait qu'une solution qui lui revenait sans cesse en tête : Les résistants. Donc, une fois qu'il fut à portée, et qu'elle voyait l'allemand elle aussi, malgré le manque de lumière, il leva son arme, la fillette en joue. Il prit quelques instants pour l'observer.. Elle semblait avoir peur. De la peur sincère. Quoique.. C'était peut-être le fait d'avoir une arme braquée sur elle. Moui, peut-être. Il avala sa salive, et commença une phrase qu'il inttrompit presque immédiatement.

"- Du... "


Ah ! Pas en allemand, imbécile.


Il reprit, en français, cette fois, d'une voix forte qui voulait se faire bien entendre, quoique légèrement ébranlée par le doute et l'inquiétude d'un possible piège.

"- Toi ! Petite. Ne bouge plus, et dis-moi ce que tu fais ici."

C'était peut-être du français, cette fois, mais l'accent était toujours bien là.
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MessageSujet: Re: Elle ne vaut pas Berlin [5/7/1941]   Jeu 2 Sep - 16:03

Bon, autant pour les prières à Notre-dame de Ghisallo (sainte patronne des cycliste), saint Nicolas (gardien des écoliers), Sainte Catherine (patronne des jeunes filles) et Saint George (protecteurs des scouts), parce-que ce qui s'approchait ressemblait furieusement à un sadique. Et un sadique armé qui plus est. Retirant ses doigts de sa bouche, la petite jeune fille émit un hoquet d'angoisse avant d'essuyer ses mains moites sur sa robe, y laissant deux énormes marques de graisse à vélo.

Il était temps désormais d'adresser une fervente prière à Sainte Rita, sainte patronne des causes désespérées.

Se redressant lentement, Hermeline leva les bras, son couteau suisse en mode tournevis toujours dans la main. Jetant un regard inquiet au SS qui l'interpelait, la petite blondinette coula un œil sur sa bicyclette dont la chaine pendouillait lamentablement sur le sol, puis soupira. Pourquoi les gens avec des armes se trouvaient-ils obligés de poser des questions aux réponses évidentes ? Après ils s'étonnaient de la simplicité de la réponse, soupçonnaient le pire, se fichaient en rogne pour rien... Et ça finissait en meurtre de vieille dame ou peut-être même pire, de pensionnaire de Sainte-Marie.

Deux fois. C'était quand même déjà la seconde fois qu'un allemand armé lui demandait ce qu'elle fichait en la menaçant alors qu'au final, elle avait plus le droit qu'eux de faire ses affaires où et quand elle le voulait ici et même ailleurs. Sauf que la dernière fois, elle s'en était tirée avec un cocard, une lèvre fendue et quelques bleus qui lui avaient durés des semaines. Elle espérait juste que ça ferait moins mal cette fois ci...

"Je réparais la chaine de ma bicyclette. Elle a sauté." Dit-elle en tâchant de rester calme, pendant que Greffier se mettait à faire le dos rond et à griffer le fond de son panier en miaulant.
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MessageSujet: Re: Elle ne vaut pas Berlin [5/7/1941]   Jeu 2 Sep - 18:31

Elle avait l'air.. Vraiment jeune. Il s'approche lentement d'elle tout en écoutant d'une oreille presque d'une oreille ce qu'elle lui répondre, et c'était ce à quoi il s'attendait. Quand il fut à une distance respectable, arme toujours levée, il remarqué ses cheveux, et plus difficilement ses yeux. A cet instant il fut pris d'une certaine "sympathie". Bien sûr, il n'allait pas la prendre dans ses bras.. Mais il se sentait un rien rassuré, au point qu'il baissa lentement son arme, sans pour autant lâcher la jeune fille des yeux. Il allait reprendre, plus calmement, quand il entendit le grattement et le miaulement de l'animal dans son panier, ce qui lui fit brusquement tourné la tête dans sa direction.

Un chat.. Un petit animal tout poilu tout doux. Impossible que cette jeune fille aie un quelconque rapport avec des résistants ou autre. Il reporta son regard sur la petite, une légère grimace embêtée au coin des lèvres. Il venait d'arriver dans cette fichue ville. Il n'avait pas envie de s'embêter dés le premier soir avec une gamin qui n'a simplement pas eu de chance. Et s'il n'avait aucune pitié quand il s'agissait de... Persuader ou sanctionner un adulte, il avait tout de même quelques hésitations quand il s'agissait d'enfants. Pas beaucoup. Mais quand même. Surtout quand ils n'avaient rien fait de mal, et qu'ils semblaient être si.. Allemands.

Dans un soupir dépité, il rangea son arme et plaqua machinalement ses mains dans son dos, avançant d'un deux pas.

"- Dis-moi ton.. Ton nom. Et où tu vis. Je vais te raccompagner."

Il pouvait vaguement deviner dans quelle sorte d'endroit où elle vivait, à la vue de son uniforme. Mais il ne connaissait nullement la ville.. Sinon un vague plan au siège de la Gestapo. Il allait devoir la suivre...
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MessageSujet: Re: Elle ne vaut pas Berlin [5/7/1941]   Ven 3 Sep - 15:35

Grâces soient rendues à Sainte Rita, loué soit son nom et merci pour le coup de main ! Si la situation n’avait pas été ce qu’elle était, Hermeline aurait aussitôt tout planté là pour courir se confondre en dévotions devant la statue de la sainte et lui payer un cierge gros comme le bras. Mais vu les circonstances, la blondinette se contenta d’un soupir de profond soulagement lorsque l’arme s’abaissa, ne cachant rien de l’angoisse qui avait été la sienne.

Visiblement, ce SS-là n’avait aucune intention de lui tirer dessus _ du moins pour l’instant _ et il poussait même la délicatesse jusqu’à ne pas lui demander ses papiers ou l’embarquer au poste… C’était peut-être même suspect comme comportement.
Si l’homme, maintenant tout proche, n’était pas un sadique, rien ne prouvait qu’il ne fût pas un pervers. Il courait des histoires absolument effroyables sur le comportement de certains occupants, récits qu’aucune jeune fille de moins de vingt-cinq ans ne devrait entendre, mais que les pensionnaires de Sainte-Marie se répétaient le soir en cachette en frissonnant de peur.
Que la plupart de ces rumeurs proviennent d’un roman à la moralité douteuse et au scénario indigent que les grandes se refilaient sous le manteau ne changeait strictement rien à la donne. Hermeline n’était pas tranquille et elle se saisit de Greffier, qu’elle serra fort sur son cœur, comme pour se rassurer.

« Je m’appelle Hermeline. Je suis pensionnaire à l’institution Sainte-Marie des Anges. » Répondit-elle, les épaules crispées, ses yeux scrutant nerveusement chaque mouvement de Frederick. S’il le fallait, elle pourrait toujours donner dans l’expression de sa germanitude mais tant qu’à y être, elle préférait garder profil bas. Si son père apprenait qu’elle avait trainé après le couvre-feu, elle risquait un sacré coup d’accélérateur pédagogique en 41 fillette sur son petit derrière rose et dodue. Ou en langage vulgaire : Un bon coup de pied au cul.

« C’est par là.. » Rajouta-t-elle en indiquant du doigt une ruelle perpendiculaire à celle où ils se trouvaient. « .. Mais je ne peux pas partir sans ma bicyclette, je dois la réparer. Je ne peux pas la laisser là ! »
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MessageSujet: Re: Elle ne vaut pas Berlin [5/7/1941]   Ven 3 Sep - 21:59

Bon sang. Ne s'estimait-elle pas déjà heureuse qu'un officier de la SS qui aurait très bien pu la molestée et l'amener au poste se contente de gentiment la raccompagnée chez elle ? Il devrait aussi s'occuper de sa fichue bicyclette. Il la fixa un instant dans les yeux, un sourcil haussé, puis finit par soupirer, longuement. avant de s'approcher lentement du petit vélo, l'examinant, cherchant surtout le problème. La chaine.. Scheisse. Un SS n'est jamais formé à ce genre de choses !

Il s'accroupit, sans vraiment savoir ce qu'il allait faire, et attrapa la chaine. Il resta perplexe devant cette technologie mécanique moderne ! Il avait de la culture, certes, mais il y a une différence entre connaître le noms des Kaiser du Saint Empire Romain Germanique par coeur et les.. Bicyclettes. Il bidouilla pathétiquement le petit engin, espérant ainsi le réparer sur un coup de chance.. Ou un miracle. Quand soudain, une illumination lui venue. Illumination qui s'exprima par cette singulière phrase :

" - Merde. Mais qu'est-ce que je fais ?"


Il se leva brusquement, les sourcils froncés, comme offusqué par sa propre conduite. Il attrapa sans la moindre délicatesse la petite bicyclette, des deux mains d'abord, la force de Frederick n'étant pas sa plus grande force, avant de tenter de le caler sous son bras, son autre main venant l'y aider. C'était.. Vraiment plus lourd que ça en avait l'air. Surtout pour l'allemand chétif. Mais il fit de son mieux pour cacher ce que son fardeau lui infligeait, sûrement en vain, en se retournant vers Hermeline.

" -Ne traînons pas. Avance, je te suis."

Sa phrase avait été calmement posée, mais dans la tête du SS, elle voulait surtout dire : "Grouille-toi, sale gosse, je sens que mes muscles vont exploser."
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MessageSujet: Re: Elle ne vaut pas Berlin [5/7/1941]   Lun 6 Sep - 11:17

En voyant le SS se pencher sur sa bicyclette, Hermeline se demanda comment une armée _ qui venait de conquérir l’Europe en un claquement de talon _ avait pu réussir ce tour de force, alors que ses hommes semblaient incapables pour la plupart de distinguer le bon bout d’une machinerie à peine plus complexe qu’une essoreuse à salade.
Le grand échalas regardait le vélo de l’air d’une poule qui aurait trouvé une fourchette, avec sur le visage la même expression d’incompréhension que Wolfgang devant le piège à dragon-pygmé. Wolfy s’y était ouvert la main…

Heureusement pour sa petite santé (la sienne à elle, pas celle du SS), son bougonnant sauveur décida avec une belle humilité d’abdiquer devant la difficulté technique, préférant jouer de ses muscles.
Son interjection d’une rare vulgarité fit faire un pas en arrière à la petite blondinette, qui serra convulsivement Greffier sur son cœur, prête à prendre la fuite si cette prise de conscience qui venait de frapper Frédérick consistait à finalement lui passer les menottes.
Le petit chat émit un couinement plaintif, tandis que sa maîtresse se détendait un peu en entendant l’homme lui intimer l’ordre de prendre la direction de ses pénates.

Récupérant sa besace qu’elle jeta sur son épaule, le panier de son féroce félin qu’elle se calla dans une main, la chose ronronnante toujours dans les bras, Hermeline prit la direction de Sainte-Marie d’un pas pressé qui résonnait dans la ruelle.

« Merci pour votre aide… » Dit-elle au bout de quelques minutes, sa bonne éducation lui revenant au fur et à mesure que la distance qui la séparait de l’institution s’amenuisait. « …C’est très aimable à vous. J’espère que je ne vous met pas en retard ?» Demanda-t-elle poliment avant de se foutre une paire de claque mentale magistrale. A quelle occupation honnête pouvait bien se consacrer un SS à une heure pareille ? S’il se rendait au bordel, son affaire pouvait bien souffrir de quelques minutes de retard sur l’horaire prévu ! Et s’il allait arrêter des gens, alors il servait bien mieux la population en escortant une pensionnaire jusqu’à son école qu’en allant traumatiser une innocente famille communiste.

Rectifiant l’agencement de tout son chargement, la jeune fille renifla d’un air agacé. Décidément, jamais la rue ne lui avait semblait si longue, si sombre et si mal accompagnée…
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MessageSujet: Re: Elle ne vaut pas Berlin [5/7/1941]   Lun 6 Sep - 17:37

Rah. Le moment était mal choisit pour faire la causette. Le SS avait pourtant espérer que la peur dissuaderait la petite de toute tentative de communication. Frederick était en effet un peu trop occuper à transporter la bicyclette, ce qui semblait être pour lui une véritable torture. Les dents serrées, il avançait, retenant sa respiration déjà haletante, seulement après quelques minutes de marche. Il maudit tant de fois qu'il le pouvait sa force quasi inexistante. Cela lui avait d'ailleurs causés bien des ennuis. L'on a jamais l'air très fin lorsqu'on essaye de transporter le corps évanoui d'une femme légère comme une plume et que même en la traînant, l'on y arrive à peine. Alors une bicyclette...

Il finit par lui répondre, essayant de paraître le plus naturel possible dans le ton, retenant sa respiration tout le long de la phrase.

"- Ce.. N'est rien, Fraulein. Je visitais la ville, simplement. Je suis arrivé d'Allemagne il y a quelques heures. Mais.. J'espère que je n'aurais pas à vous croiser de nouveau en pleine rue après le couvre-feu."

Ceci dit, et après avoir habilement cachersilencieusement sa reprise de souffle il pria pour qu'elle ne se retourne pas et qu'elle ne voie pas le pathétique calvaire qu'il semblait endurer. Non pas que l'opinion que la petite avait sur lui comptait pour le SS, mais il avait tout de même une certaine fierté. Très peu. Mais il en avait.
Ainsi donc, il avançait, sa longue colonne vertébrale penchée en avant avec le reste de son corps, pour causse l'engin, les bras tremblant de fatigue. Bon sang. Encore heureux qu'il n'avait pas emporté l'uniforme à col fermé.
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MessageSujet: Re: Elle ne vaut pas Berlin [5/7/1941]   Mar 7 Sep - 16:56

Hermeline n'avait pas le souvenir qu'une fois, durant sa courte vie, elle ait eu à vivre semblable situation. Pourtant, la vie en caserne dans des pays souvent à peine civilisés, avait apporté son lot de péripéties exotiques et parfois même dangereuses. Mais à chaque fois, le danger était clairement identifié et les risques étaient connus. Et surtout, elle n'avait jamais vraiment été seule face au doute.

Là, le moins que l'on puisse dire, c'était que malgré tout l'amour et toute la tendresse dont il était capable, Greffier n'était que d'un piètre réconfort pour sa petite maîtresse. Marcher de nuit dans la vieille ville, à la seule lueur d'une lampe asthmatique, avec pour seule compagnie le claquement de ses talons sur les pavées, leur échos déformé sur les murs et les soufflements et halètements d'un inconnu armé dans son dos, ce n'était pas le meilleur moyen d'emplir le cœur d'une petite jeune fille de plénitude. Loin de là. Vraiment.

La réponse du SS à sa tentative d'échanger des civilités, hachée, hoquetante et sifflante, acheva de convaincre Hermeline que non, il n'était plus question de continuer ainsi.
Se retournant, elle mesura du regard l'état du cerbère, tâchant de se rassurer sur son innocuité avant de reprendre la parole.

"Ecoutez, on ne va pas réussir à s'en sortir comme ça. Je suis confuse d'avoir gâchée votre promenade, et je vous promet sur tout ce qu'il y a de sacré en ce monde que je ne serais plus jamais en retard pour le couvre-feu. Mais s'il vous plait, Sainte-Marie est en haut de cette côte et je pense que ce serait beaucoup plus agréable pour chacun d'entre nous si au lieu de porter mon vélo, on pouvait le faire rouler. Si vous tenez le plateau et retenez le pédalier pendant que je réenclenche la chaine, je suis sûre que nous pouvons réparer ma bicyclette et nous épargner à vous un lumbago, et à moi des angoisses inutiles." Dit-elle sur un ton tout à la fois suppliant et désolé.
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MessageSujet: Re: Elle ne vaut pas Berlin [5/7/1941]   

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