Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]


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Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]

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MessageSujet: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Lun 13 Sep - 2:41

Pied gauche, pied droit, pied gauche... si Rodolphe avait été Allemand, il en aurait probablement été à marmonner "links, recht, links..." dans sa barbe. Il aimait la façon dont les talons de ses bottes résonnaient sur les pavés inégaux du quartier bourgeois. Tout en flânant, il jetait un œil désinvolte à la devanture des boutiques du quartier. Elles étaient plutôt bien garnies, tout compte fait, surtout en cette période de privations. Fallait-il en conclure que le marché noir était particulièrement fructueux, ou simplement que la zone n'avait pas été trop méchamment touchée ? Rodolphe n'aurait su le dire, il passait surtout par des intermédiaires, et n'avait donc guère de contacts directs avec les commerçants. En plus, comme il n'avait été affecté que récemment à Sarnand, il n'avait pas encore un réseau très développé. A vrai dire, les affaires allaient plutôt au ralenti depuis sa mutation.

La promenade au moins le détendait, ce dont il avait bien besoin après avoir reçu cette lettre de son imbécile de frère. Il faut dire que se faire traiter de "sal***** de collaborateur", même par écrit, avait de quoi mettre quelqu'un de mauvais poil.

Il marqua un arrêt devant l'épicerie Vaubert. Il avait une soudaine envie de pâté. Est-ce qu'il y en aurait là-dedans ? Pâté et vin rouge, ça allait bien ensemble... oui, seulement festoyer tout seul, ce n'était pas très amusant. Or, même s'il n'était pas en mauvais termes avec les autres officiers de la base de Sarnand, on ne pouvait pas vraiment dire que Rodolphe avait d'amis proches parmi eux non plus...

Seulement voilà, il était impossible de devenir proche d'un Flieger ou d'un Aviateur sans devoir fréquenter sa bestiole avec, et Rodolphe n'avait pas particulièrement envie de s'approcher des dragons. Pour le reste, difficile de faire ami-ami avec un de ses officiers supérieurs. Et vu qu'en plus les choses n'allaient pas pour le mieux avec sa famille...

La pensée de la soirée solitaire qui l'attendait (une fois de plus) détruisit sa bonne humeur, et ce fut avec un petit air renfrogné que Rodolphe se détourna de la devanture.

"Qu'ils aillent au diable, tous autant qu'ils sont !"

Seulement, il en oublia de regarder où il allait, et fut prit totalement au dépourvu quand il se cogna dans une confortable bedaine, et s'étala par terre d'une façon qui manquait totalement de dignité. Il se redressa en pestant.

"Pouvez pas regarder où vous...?!" sa voix mourut sur ses lèvres quand il constata à qui il avait affaire. C'était un homme de petite stature, dont les cheveux blonds bien peignés ne cachaient pas un début de calvitie, à l'air débonnaire, tout de noir vêtu. "Mes excuses, mon père", termina Rodolphe.

On ne pouvait pas dire qu'il ait été élevé dans le respect de la religion, mais il savait quand même se tenir.
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MessageSujet: Re: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Lun 13 Sep - 10:24

Thomas flânait tranquillement dans le quartier. Il trouvait qu'il l'avait bien mérité. Toute sa journée précédente avait été consacrée à son arrivée, ce qui l'avait pas mal fatigué. Certes, des soldats l'avaient aidé avec ses malles, mais bon, ils ne les avaient pas vidés, et vu le nombre impressionnant de livres, d'habits et autres objets que ces dernières contenaient, tout le temps économisé en transport fut perdu en rangements. En plus, il vivait seul. Dans une très jolie maison, sans doute, mais SEUL. Ce qui signifiait pour lui, devoir se faire à manger lui-même. Or, lui et l'art qu'est la cuisine, cela faisait deux, à part pour quelques rares mets. Conséquemment, il était aller dîner dans un restaurant de la ville, où tout le monde avait regardé avec suspicion cet Allemand, trahi par son léger accent du Sud. Et une fois rentré chez lui, il avait réalisé qu'il avait oublié de faire son lit, avait perdu un peu de temps à le faire et avait mal dormi, car son matelas était un peu trop dur à son goût.

Il repensait donc à tout cela, la pipe à la bouche, en train de flâner dans le quartier dans lequel il vivait désormais et se demandant s'il trouverait une gouvernante en ville. Il allait rédiger une annonce, mais avant, il allait faire des courses, car il avait faim, et il savait quand même préparé des Knödel, sorte de gnocchi bavarois. Mais alors qu'il réfléchissait aux ingrédients nécessaire, il fut bousculé par un jeune homme, pas très grand, qui tel une gazelle fonçant sur un éléphant, se retrouva au sol.


"Qu'est-ce que..."s'exclama-t-il, avant d'entendre les paroles de Rodolphe et de sourire en lui répondant en français:

"Vous pouvez m'appeler Thomas, ou Monsieur Krieg, mais pas mon Père, je ne suis pas curé. Par contre, je constate que les nouvelles vont vite. Vous devez être Français à en juger par vos vêtements et votre facilité à parler cette langue. Mais que fait un militaire dans un quartier si... tranquille? "

Il souriait tout en disant cela, tirant sur sa pipe, visiblement de bonne humeur. Certes, cette rencontre était pour le moins... surprenante, mais elle avait au moins le mérite de le distraire des ses soucis actuels.


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MessageSujet: Re: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Lun 13 Sep - 16:09

L'aimable prélat ne semblait pas se formaliser de cette rencontre pour le moins... renversante. Et puis, il était Allemand, remarqua Rodolphe, le nom et l'accent le trahissaient. Mais que faisait-il à Montreuil, ça c'était un mystère. Il avait l'air on ne peut moins martial, alors qu'est-ce qui avait pu le décider à quitter son Allemagne natale pour s'installer en France occupée ?

Rodolphe finit de se relever et s'épousseta machinalement.

"Dans ce cas, mes excuses, mein Herr. En effet, je suis Français, comme vous l'avez si aptement remarqué… Lieutenant Rodolphe Conreid." Il tendit la main à Thomas Krieg.

Il ne put masquer une certaine gêne quand Krieg lui demanda cequ'il faisait dans ce quartier. Il pouvait difficilement avouer à un parfait étranger qu'il était venu se dégourdir les jambes pour essayer de se calmer avant d'envoyer une réponse cinglante à son frère – justement sur un sujet aussi sensible que celui de l'occupation. Et puis zut, il avait l'air gentil, ce Thomas Krieg, il n'allait pas l'embêter avec des histoires de familles.

"Je faisais une petite promenade, tout simplement… vous savez, on se sent vite un peu oppressé, à Sarnand."

Oups… mauvais choix des termes employés. Il avait voulu dire que l'atmosphère était oppressante dans un lieu clos (surtout avec des dragons qui traînaient dans tous les coins), ce n'était pas du tout une allusion finement voilée à la présence des Allemands… Rodolphe hésita à clarifier, puis se dit que cela ne ferait qu'empirer les choses.

"Et puis c'est un joli quartier", ajouta-t-il, avec la pénible sensation qu'il ne faisait que s'enfoncer dans un trou qu'il avait lui-même creusé. Il était temps de reprendre les choses en main. "Mais vous-même, vous n'êtes pas d'ici, n'est-ce pas ? Vous êtes arrivé récemment ?"
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MessageSujet: Re: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Lun 13 Sep - 18:04

L'homme lui sert la main, souriant. Il semble sincèrement heureux de rencontrer quelqu'un d'amical dans cette ville, surtout un Français. Il l'écoute se présenter, puis parler des raisons de sa venue dans le quartier, auxquelles il y répond, sans perdre un petit sourire en coin, énigmatique, qui pouvait autant être narquois qu'amusé, c'était difficile à dire. Son français est des plus correct, on sent une érudition dans ce domaine chez cet Allemand, bien qu'il ait un très léger accent caractéristique du Sud de l'Allemagne lorsqu'il parle la langue de Molière, carctérisé notamment son refus total de faire une bonne partie des accords.

Je comprends tout à fait le côté oppressant que peu avoir la vie militaire, surtout en caserne. j'ai vécu cela il y a bien dé années maintenant, mais je m'en rappelle encore bien. Il est toujours bon de changer de cadre, mais surtout d'avoir le pouvoir de le faire, c'est là un privilège d'officier par rapport au simple soldat ou au sous-officier.

Pour ce qui est de la beauté du quartier, j'avoue être également séduit. Ces grandes maisons, cette ambiance si... comment dire cela? Rural? Oui cela me semble pas mal pour décrire ce quartier. Néanmoins, je m'attendais plutôt à croiser des militaires en permission au centre ville, d'où mon étonnement en vous voyant."


Puis il daigne répondre aux questions le concernant, bien qu'il semble, à leur écoute, un peu surpris. Visiblement, les informations ne vont pas si vite qu'il l'avait cru. La première question le fait franchement sourire du fait de sa formulation et c'est avec un franc sourire cette fois qu'il y répond:

"Naturellement, non, Monsieur. Je suis du Sud de l'Allemagne, d'Heidelberg pour être précis. Dois-je vous rappeler que Montreuil est une ville française?"

Sa dernière phrase se veut clairement ironique, et cela s'entend à l'intonation de sa voix. Il répond plus sérieusement à la seconde question, son sourire s'étant un peu effacé pour laisser place à un air bien plus sérieux:

"Je suis arrivé hier, par le train. Le voyage fut long et éprouvant, cela faisait un petit moment que je n'avais plus voyager sur une si grande distance. Mais je suis finalement arrivé en début d'après-midi après être parti très tôt de mon Allemagne natale. Et vous-même, depuis combien de temps êtes-vou ici? J'avoue tout ignorer de qui est qui dans cette ville, je sais juste que j'ai rendez-vous avec un Oberst de la Wehrmacht à qui je dois m'annoncer, mais ce n'est pas pressant."

HRP: les fautes d'orthographe sont intentionnelles et marquent les moments où Krieg ne fait pas les liaisons./HRP


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MessageSujet: Re: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Lun 13 Sep - 19:57

Krieg se montrait très aimable, même si une légère ironie teintait sa voix quand il fit mention de la présence de Rodolphe en ville. Pourtant il n'y avait rien là de très surprenant, le centre-ville de Montreuil, on en a vite fait le tour... et puis, c'était trop animé pour quelqu'un qui voulait simplement flâner en toute tranquillité.

L'Allemand enchaîna sur la beauté du quartier, s'exprimant dans un français plus que correct quoique parfois un peu saccadé, suite à l'absence des liaisons. Bref, un accent typiquement germanique. Parlait-il français par pure politesse, ou était-il heureux d'avoir une occasion de pratiquer la langue ? Au fond peu importait, Rodolphe avait l'habitude de passer d'une langue à l'autre sans même y penser.

Bien entendu, Montreuil est une ville Française, mais cela ne veut plus dire grand chose en France occupée, et surtout en Alsace. Et puis la remarque de Rodolphe n'était pas à prendre au mot, c'était plus une façon de poser la question sans se montrer trop direct. Cependant l'ironie de Herr Krieg ne semblait pas méchante, juste un amusement sincère devant une formulation malheureuse, Rodolphe ne s'offusqua donc pas.

"En effet, si vous venez d'arriver, vous devez être assez fatigué", remarqua-t-il. "Mais je comprend que vous ayez eu envie de découvrir la ville plutôt que de vous reposer tout de suite."

Il parlait vraiment très bien français, avait-il séjourné en France avant la guerre ? Mais cela manquerait sans doute de tact de poser la question comme ça, sans préavis.

"Moi, cela ne fait pas très longtemps que je suis là, une ou deux semaines seulement, et je n'ai pas eu le temps de rencontrer grand monde."

Il fallait reconnaître qu'il n'avait pas fait énormément d'efforts dans ce sens non plus. Mais il ne savait jamais comment adresser la parole à un inconnu sans avoir l'air d'être lourdement insistant ou impoli. Après tout, les gens n'aimaient pas forcément qu'on les aborde, comme ça, sans raison. Mais curieusement, la discussion avec Herr Krieg s'était engagée tout naturellement, sans malaise ni gaucherie. Peut-être était-ce dû à l'apparence somme toute inoffensive de Herr Krieg, ou à sa jovialité sincère.

"Ah, si vous devez voir un colonel de la Wehrmacht, j'imagine qu'il s'agit du Colonel Klaus Krüger. Je ne l'ai pas rencontré moi-même..."

Rodolphe fut sur le point de remarquer qu'il avait entendu des choses plutôt positives sur le caractère de Krüger, mais se rattrapa à temps. Faire des commentaires sur le caractère de ses supérieurs, ce n'était jamais une bonne idée, et puis Krieg se rendrait vite compte par lui-même de ce qu'il en était.

En revanche, il n'était toujours pas certain de comprendre ce que Krieg faisait là. Il avait dit ne pas être curé, pourtant la façon dont il était habillé lui en donnait l'air. Est-ce que Rodolphe s'était trompé du tout au tout sur ce point ? Il hésitait à demander, craignant de commettre un nouvel impair. Krieg était la première personne avec laquelle il parvenait à échanger quelques mots en dehors de son travail, et il se sentait assez réticent à mettre fin à ce moment agréable. D'un autre côté, il ne le connaissait pas vraiment assez bien pour lui proposer de partager cette bouteille de vin rouge sur laquelle il avait mis la main, et qu'il n'avait pas très envie de boire tout seul... plus tard, peut-être.

"Je suppose que vous êtes, hum..."

Voyons, il fallait trouver le terme adéquat pour ne pas trahir la perplexité de Rodolphe vis à vis de la nature du travail que Krieg devait exécuter...

"...rattaché à la base de Sarnand, même si vous logez en ville. On pourrait presque dire que nous sommes collègues. Si cela ne vous dérange pas que j'utilise ce terme pour décrire la relation d'un français et d'un allemand."

Mais Herr Krieg n'avait pas ce petit air arrogant de certains officiers prussiens, au contraire, on pouvait s'attendre à ce qu'il ne se montre pas snob vis-à-vis des français.

"Si vous le souhaitez, en tout cas, je me ferai un plaisir de vous montrer le chemin jusqu'à Sarnand."

Bon, évidement, il était difficile de s'égarer, vu que le château surplombait le village, mais c'était l'intention qui comptait, hein.
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MessageSujet: Re: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Lun 13 Sep - 20:25

L'Allemand écoutait depuis un moment ce français lui parler, faisant bien attention aux silences de cet interlocuteur, qui semblaient en dire plus que ce que celui-ci racontait. Et plus il l'écoutait, plus il le trouvait... sympathique. Lorsqu'on l'avait envoyé dans ce pays, il s'attendait clairement à une sorte de lutte des classes, de schisme, entre Allemands et Français, et voilà que le premier Français avec lequel il avait une discussion semblait des plus corrects vis-à-vis de lui. Était-ce du à son air de gentil monsieur inoffensif? À une crainte des éventuels appuis du pasteur? À la crainte, au sens quasi religieux du terme, de l'occupant, ce qui aurait expliqué une partie des silences de cet officier? Ou alors était-ce du à l'origine de cet homme, Alsacien d'origine à entendre son accent, qui avait, si on pouvait dire, l'habitude de l'occupant? Ou alors était-il de ces fameux collaborateurs, dont on commençait à parler, de ces Français qui avaient cessé d'avoir honte de la défaite et avait choisi le camp des vainqueurs, avec tout ce que cela leur en coûtait?

Ses pensées occupaient beaucoup le Feldpredi, qui en plus devait se concentrer pour parler et comprendre le français, qu'il maîtrisait certes bien, mais avait un peu rouillé à l'oral, par manque de pratique. Néanmoins, il en fut tiré par la dernière question du Français et réalisa qu'il attendait de lui une réponse. Un peu confus, il commença par répondre à la question du château:

"Ah euh... oui, volontiers!"

Puis il réalisa que son manque d'attention devait se voir et se remémorant les paroles de son interlocuteur, se décida à être plus loquace, histoire de ne pas perdre la face:

"J'avoue m'être un petit peu reposé hier, mais j'avais surtout besoin d'ingrédients pour cuisiner et aussi de commencé à cherché une gouvernante. Non pas que je sois du genre à aimer avoir des domestiques, mais je souhaite pouvoir travailler calmement, aussi avoir quelqu'un qui prépare les repas et s'occupe du ménage me semble-t-il nécessaire."

Il se sentit tenu d'ajouter:
"Contre paiement, cela va de soi, je ne suis pas de ceux qui estiment que parce que nous sommes dé occupants, nous devons traiter la population locale en esclave."

Retrouvant un peu de contenance, il enchaîna sur le sujet de l'Oberst, dont le nom lui avait été soufflé par l'officier, jugeant qu'il était inutile de commenter la durée du séjour du Français.

"Ja, c'est cela, l'Oberst Krüger! Je ne retrouvais plus son nom. Il va falloir que je trouve ses bureaux, mais je pense que c'est là une tâche facile, son PC doit être bien indiqué et tout les soldats doive en connaître l'emplacement. Je ne suis donc guère inquiet."

Enfin, ayant quasiment traiter de tous les sujets, il revient un peu sur son affectation en disant, avec un petit sourire aux lèvres, sans doute amusé.

"Je dépend de la Wehrmacht, mais plus particulièrement de la Heer, je peux certes être amené à travailler à Sarnand, qui est sur la... ah, je ne trouve plus le mot!Waffenplatz, place des armes? Bref, ce n'est pas mon lieu premier de travail, mais je dois apprendre à le connaître également. Je viens donc volontiers avec vous, car je doute que vous soyez un de ces fameux résistants qui s'en prend aux Allemands.."

Sa dernière phrase est dite avec un grand sérieux, son sourire a disparu, remplacé par un air des plus sérieux, car après tout, n'est-ce pas là prendre un risque que de suivre un homme qui se prétend officier Français sans en avertir personne? Et s'il lui arrivait malheur? Et si... Krieg balaya ces pensées, se disant qu'il n'y a que le premier pas qui coûte et qu'au pire, sa mort servirait le glorieux Reich.


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MessageSujet: Re: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Lun 13 Sep - 21:25

Le commentaire de Herr Krieg sur les résistants, bien qu'ayant été énoncée avec beaucoup de sérieux, fit rire Rodolphe de bon coeur. Evidemment, la Résistance, c'était un peu comme un fantôme. On en entendait beaucoup parler, mais quand à la voir... Personnellement, Rodolphe n'était pas bien convaincu de l'ampleur du mouvement. Il fallait sûrement y voir beaucoup de propagande de la BBC, et les marmonnements de quelques mécontents, mais des gens qui faisaient sauter des ponts, il y en avait très peu.

"Je ne tenterai pas de me disculper sur ce point", répondit-il après avoir maîtrisé son hilarité, "car tout ce que je pourrai dire serait aussi bien dit par un de ces fameux résistants. Cependant, en ce qui me concerne, s'il faut choisir entre les Allemands et les Anglais, eh bien... je crois que je préfère les Allemands. Et puis nous autres Alsaciens, nous sommes déjà à moitié Allemand. J'aime à croire que nous avons hérité du meilleur des deux peuples, la rigueur Allemande et la fantaisie Française."

Il poursuivit, cette fois avec le plus grand sérieux.

"En outre, je crois que la France a tout à gagner en collaborant avec l'Allemagne. Il n'y a pas de honte à avoir été vaincu par cette formidable machine de guerre, et je crois qu'il faut savoir perdre avec dignité. Bien sûr, tout le monde ne partage pas cet avis... enfin, les choses étaient ce qu'elles étaient en 1939, mais elles sont différentes désormais, et nous devons nous adapter."

Surtout que la plupart des Allemands qu'il avait rencontrés jusqu'alors s'étaient tous montrés tout à fait corrects, voire amicaux. Évidement, Rodolphe avait eu du mal à digérer l'annexion de l'Alsace-Lorraine (sans référendum !) mais bon, c'était le passé, et puis sur le fond il n'était pas contre.

Secouant la tête, Rodolphe sourit, n'ayant pas envie de rester sur une note trop sérieuse. "Mais je ne vais pas vous embêter avec mes opinions politiques, sans compter qu'un bon soldat n'est pas vraiment censé en avoir... Je ne crois pas que vous aurez du mal à trouver une domestique compétente, il y a certainement beaucoup de gens qui cherchent du travail. Vous devriez peut-être laisser une petite annonce chez des commerçants, ou dans le journal local. D'ailleurs, en parlant de commerçants, je crois me souvenir que vous avez mentionné que vous avez besoin de faire quelques courses pour ce soir... peut-être voudrez-vous les faire avant que nous ne nous rendions au château ? Il y a justement là une épicerie."

En effet, l'épicerie Vaubert se situait à quelques pas seulement des deux hommes.
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MessageSujet: Re: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Mar 14 Sep - 12:18

Au rire de l'officier, Krieg se rend compte du côté comique de son propos et rit également avec le Français. La confiance avait toujours été un risque, en tous temps et en tous lieux, ce n'était pas aujourd'hui que ça allait changer, n'est-ce pas? Et puis, s'en prendre à un homme qui n'a pour ainsi dire, aucun pouvoir militaire, ce serait absurde. S'en prendre à des civils comme lui, ce serait se discréditer au plus haut point, passer pour une bande de sauvages, sans foi ni lois. L'aumônier écoute attentivement la tirade du Français sur la Résistance et son opinion sur l'attitude que la France doit adopte face au Reich. Tant de bon sens, se dit-il, cela serait assurément suspect pour la Gestapo, cette bande de tueurs parés des attributs de la Justice voyait en effet le mal partout, pour eux, un innocent est un coupable qui s'ignore et cet officier Français ferait bien d'y prendre garde ,sa langue trop bien pendu pourrait lui jouer des tours.

L'Allemand semble rassuré en entendant l'Alsacien dire qu'il ne devrait pas parler ainsi, au moins sait-il quels dangers il encourt. Avant d'en venir au sujet du repas, il se permet donc de réagir aux propos qui ont précédés, non sans sourire, d'un air amusé.

"Un résistant n'aurait pas tenu un autre discours, ni pri un air moins sérieux que cela."prenant lui-même un air bien plus sérieux, il ajoute:
" Vous devriez effectivement vous abstenir de parler politique de la sorte avec des inconnus, car on ne sait jamais où est la Gestapo.Ces hommes en noir sont du genre paranoïaques, se méfiant des gens trop bien-pensant. D'ailleurs, si je continue à parler ainsi, ils vont surement en avoir après moi..."termine-t-il avec un petit sourire chargé d'ironie.

Ayant refermé le volet politique de la discussion, l'aumônier se décide à aborder un volet tout autant important, si ce n'est plus: la subsistance. Il répond alors à la proposition du Français en ces termes

"Oh, j'ai failli oublier la raison de ma venue dans cette rue. Que ferais-je sans vous? Pas grand-chose sans doute! Vous connaissez déjà ce magasin? Savez-vous s'ils ont de quoi préparer des Knödel? Je profiterai de mon passage pour déposer une annonce pour une gouvernante, car je pense comme vous qu'il doit bien y avoir du monde qui cherche du travail et je dispose d'un traitement suffisant pour payer au moins une employée. Une fois ces courses faites, je pensais manger puis je pourrai vous suivre à la découverte de Sarnand, si cela vous convient bien sûr!"

L'homme d'église attend la réponse du Français, l'air serein, tirant toujours sur sa pipe, qui depuis le temps, arrive au bout. Il se demande toutefois s'il aurait du lui proposer de venir manger avec lui, mais se disant que s'il cuisinait, cela risquait de passer pour une tentative d'empoisonnement, déjà que peu de gens aime les Knödel, alors si en plus il les ratait... Non, c'était décidément encore plus dangereux que d'aller se promener seul avec un Français, fut-il ouvertement un résistant. Le déshonneur était bien pire que la mort, surtout pour un Allemand!
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MessageSujet: Re: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Mar 14 Sep - 13:11

Rodolphe eut un sourire un peu crispé quand il fut fait mention de la Gestapo. Bon, la Gestapo locale n'avait pas l'air pire qu'ailleurs, mais certaines rumeurs qu'il avait entendu sur ces gens là... leur omniprésence semblait beaucoup plus réelle que celle de la Résistance, dans tous les cas. Cependant, il répondit avec nonchalance.

"Oh, vous savez, si la Gestapo commence à arrêter tous ceux qui s'expriment en faveur ou en défaveur de l'occupation, ils n'ont pas fini, nicht wahr ? Mais vous avez raison, il y a certains sujets qu'il vaut mieux éviter, par les temps qui courent."

Il jeta un regard en coin à son compagnon, et se demanda l'espace d'un instant si celui-ci pourrait être de la Gestapo. Quel meilleur déguisement, après tout, qu'un homme à l'air aussi jovial et inoffensif que Krieg ? Et pourtant, impossible d'imaginer cet homme-là avec une casquette ornée d'une tête-de-mort.

Ce qui ne signifiait pas qu'il ne pourrait pas être un délateur... mais son sourire, sa bonhomie semblaient trop sincères pour être feints.

Ils en revinrent au sujet de la cuisine, un sujet beaucoup moins dangereux et qu'aucun Français digne de ce nom ne refuserait d'aborder. Des knödel... cela fit sourire Rodolphe encore une fois. Impossible de trouver plus Allemand.

"Vous venez d'arriver en France et vous n'avez qu'une hâte, manger Allemand..." s'amusa-t-il. "Auriez-vous déjà le mal du pays ? Un de ces jour, quand vous en aurez l'occasion, il faudra que vous veniez chez moi, et je vous ferai découvrir quelques recettes bien françaises."

Sans être très doué en cuisine, Rodolphe vivait seul depuis un bon moment et il ne mangeait pas toujours à la cantine des officiers. Il était donc tout à fait à même de bricoler une tarte à l'oignon, voire un boeuf bourguignon... ou mieux encore, une quiche lorraine. La viande, denrée rare en ce moment, était assez facile à se procurer à Sarnand, avec tout ce que dévoraient les dragons personne ne remarquait un agneau ou une volaille de plus ou de moins. Il avait beau admirer l'Allemagne en général, il fallait admettre que dans le domaine culinaire au moins les Français avaient une indiscutable supériorité.

"Cela dit, je pense que vous trouverez aisément les ingrédients nécessaires, c'est une recette facile à adapter avec les moyens du bord."

A condition de trouver des pommes de terre bien entendu, mais il devait bien y en avoir dans Montreuil. Les féculents étaient bien plus abondants que la viande, en ce moment, donc tant que Herr Krieg avait l'intention de faire des knödel végétariens...

"Vous avez des cartes de rationnement, bien sûr ?" ajouta-t-il. "Allons donc voir ce qui peut se trouver dans cette épicerie, j'ai moi aussi des courses à faire, et puis nous pourrons nous retrouver plus tard pour aller visiter Sarnand."

Herr Krieg ne proposa pas à Rodolphe qu'ils mangent ensemble, mais cela se comprenait, le pauvre venait juste d'arriver et devait avoir envie d'un peu de tranquillité, sans compter qu'il ne devait pas encore avoir eu le temps de ranger tous ses bagages. Ou peut-être n'avait-il pas envie de partager ses knödel...
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MessageSujet: Re: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Jeu 16 Sep - 12:26

L'Allemand commence à fouiller dans ses poches, pour en extraire assez rapidement un porte-monnaie, qu'il ouvre. Il regarde à l'intérieur et l'air satisfait dit:

"Oui, j'ai de quoi acheter les ingrédients pour mes Knödel, mais je ne sais pas s'ils ont de la viande, j'avoue ne pas connaître suffisamment les lieux en matière d'approvisionnement. Sinon, des champignons feront bien l'affaire aussi."

Puis, se sentant vraisemblablement attaqué par cette remarque sur sa cuisine, il cherche une réponse. C'est désormais pour lui une question d'honneur. Ces Français sont peut-être supérieurs dans le domaine culinaire, c'est même certain, mais de là à l'accuser d'avoir la nostalgie du pays. Il se doit de trouver une parade à cet argument fallacieux et vite.

"Oh, je n'ai par ailleurs pas le mal du pays, mais mes talents culinaires étant limités, je ne voudrais pas massacrer la cuisine française dès mon premier jour. Je préfère prendre des risques avec la cuisine allemande et savourer la cuisine nationale faite par un Français, vous par exemple."

Il dit tout cela en souriant gentiment. Le pasteur vient de se sauver de cette horrible situation, tout en donnant un coup de brosse à reluire à son interlocuteur. Le grand chelem en quelque sorte. Rassuré par cette victoire, bien que sans doute temporaire, l'officier ayant de la repartie, il propose, afin de tenter de rendre cette victoire définitive:

Et si nous entrions dans cette épicerie? Cela nous permettrait de faire nos achats, tout en continuant à parler, au lieu de rester dehors. Car le temps passe, et je n'aimerais pas vous attirer des ennuis en vous mettant en retard.
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MessageSujet: Re: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Jeu 16 Sep - 17:08

Herr Krieg eut l'air vaguement vexé que l'on puisse suggérer qu'il avait le mal du pays, ce qui laissa Rodolphe perplexe. Il ne voyait pas très bien ce qu'il avait dit qui puisse provoquer une semblable réaction. Ou peut-être qu'il avait mal interprêté le ton de Herr Krieg, car ce dernier n'avait pas l'air de lui en vouloir, finalement, et paraissait même plutôt content de lui. Souriant une nouvelle fois quand l'Allemand suggéra qu'il lui fasse découvrir la cuisine locale, Rodolphe répondit :

"Ce sera avec plaisir que je vous préparerai quelques unes de nos spécialités... car on a beau être français, un repas n'est jamais meilleur que pris en bonne compagnie."

Il se sentit gêné après coup, car sa remarque trahissait le fait qu'il bénéficiait peu de ce genre de compagnie en règle générale. Il ne voulait pas donner à Herr Krieg l'impression qu'il était un inadapté social (même si ce n'était pas totalement faux, ou peut-être justement parce qu'il y avait du vrai dans cette idée).

"Cela dit", se sentit-il obligé d'ajouter, "la cuisine Allemande n'est pas mauvaise non plus... bon, j'espère que vous me pardonnerez si je vous confesse que je n'aime pas particulièrement le sauerkraut, mais un Scharzwälder kirschtorte est une façon assez agréable de terminer un repas."

Evidemment, Rodolphe venait de trahir sa faiblesse pour les desserts en général, et le chocolat en particulier.

"Mais vous avez raison, nous devrions nous occuper de ces courses."

Ils pénétrèrent dans l'épicerie, précédés du tintement de la cloche qui annonçait des clients à la propriétaire de l'établissement. Jetant un coup d'oeil autour de lui, Rodolphe fut impressionné par la quantité de mets présentés. Le rationnement ne semblait pas avoir touché la région très durement. Entre les rangées de fruits et de légumes, on trouvait aussi des conserves, des sucreries, des boissons variées... incroyable. La dernière ville où il avait été posté était loin de présenter une telle abondance, et Rodolphe songea sombrement que cela présageait mal des opportunités sur le marché noir.

Bien sûr, le fait que Montreuil soit au fond une petite ville devait sans doute avoir à faire avec cette situation. Les Montreuillais devaient trouver assez facilement des agriculteurs et des fermiers pour les approvisionner.

Derrière le comptoir se tenait une adolescente, sans doute la fille de l'épicière. Les cheveux indisciplinés, de petite taille, elle n'attirait pas l'attention au premier regard, mais elle était plutôt jolie dans son genre.

"Bonjour", fit poliment Rodolphe.
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MessageSujet: Re: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Jeu 16 Sep - 18:42

Avec les restrictions, il y avait bien peu de chance que les gens défilent en masse toute la journée. Ils venaient bien sûr prendre leur ration quotidienne mais ne revenaient pas ensuite, sauf si ils avaient un uniforme caca d'oie ou si ils portaient des talons hauts et collaient au talons des Fritz-des poules en bref-.
On n'était donc pas trop dérangé lorsqu'on était commerçant et que les Huns ne s'aventuraient pas fréquemment dans votre boutique.

Les Vaubert voyaient arriver quelques Allemands, c'était inévitable, mais c'était le plus souvent les gens du pays qui s'approvisionnaient chez eux. On ne changeait pas les habitudes et les petits rituels de la population d'une petite bourgarde comme Montreuil. Marie France avait ainsi passé sa matinée à discuter avec les matinaux du coin, se hissant sur la pointe de ses pieds pour atteindre certains produits, les emballant tout en faisant sa concierge, fourrant les billets et pièces dans son tiroir caisse et adressant quelques paroles aimables à tout quidam s'aventurant dans la place.

Elle avait même dû indiquer le chemin de Sarnand à quelques personnes...elle qui n'avait pas le sens de l'orientation et ne connaissait pas le nom des chemins, routes, et rues, se guidant au radar, était la pire des guides qu'ils auraient pu trouver. Elle avait fait de son mieux, mais il n'était pas exclu que ces personnes soient encore en train de chercher, à l'heure qu'il est, l'itinéraire à suivre par sa faute!
Ensuite tout s'était fait plus calme, et pour passer le temps - Bah oui elle n'allait tout de même pas rester là à fixer la devanture le regard complètement vide!- la petite brune s'était emparée d'un paquet de caramel ,qui trainait par là et qu'elle avait volontairement omis de compter dans l'inventaire de la boutique,et d'un pavé un peu poussiéreux qu'elle avait lu des centaines de fois étant gamine, le crime de l'Orient Express. Bizarrement à chaque fois que le bouquin revenait dans ses mains, elle ne se souvenai jamais de l'identité du meurtrier. Peut être dû à sa mémoire de passoire....

Etrangement elle ne resta pas seule longtemps et vit surgir dans sa boutique deux étrangers. Etrangers ou inconnus au choix. Elle ne les avait jamais croisé à Montreuil avant en tout cas! L'un était bati pour les travaux de force et pas très grand et en uniforme français. L'autre habillé dans le genre ecclésiastique, mais qui pourtant n'était pas le curé de Montreuil et ne portait d'ailleurs pas de soutane -qui pouvait il donc être?!Il n'y avait pas trente six paroisses aux alentours- avait l'allure d'un bon vivant sachant profiter des plaisirs qui se présentaient à lui.
Le soldat très correct la salua avec un de ces accents rocailleux qui démasquait son statut de métèque à Montreuil et la fit doucement sourire, un peu moqueuse qu'elle était. Se décidant à poser son livre, elle s'aperçut qu'elle était encore en train de machouiller son caramel. Un zéro pour l'élégance MF! L'avalant aussi vite que possible, elle s'empressa de répondre


-Bonjour Messieurs et ...bienvenue à Montreuil, le coin le plus paumé des Vosges, enfin, il me semble que vous êtes nouveaux par ici, mais je peux me tromper!

Toujours cette amertume d'être coincée dans cet endroit oublié de Dieu où rien ne se passait jamais.

-Vous cherchez quelque chose de précis peut être?

Paroles suivies d'un petit sourire spécial "client à fidéliser".
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MessageSujet: Re: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Jeu 16 Sep - 20:42

L'adolescente répondit immédiatement avec un sourire de circonstances, et de façon très aimable. Elle avait une voix étonnamment grave, et pas du tout juvénile, même si son élocution était un peu gênée par le fait qu'elle était occupée à mâchouiller quelque chose. Le contraste entre son allure de jeunette et sa façon de se tenir et de s'exprimer était frappant. Quelle âge pouvait-elle bien avoir, au fond ? Enfin, les adolescents perdaient bien vite leur innocence, dans ce contexte de guerre totale. Contraints d'assumer des responsabilités d'adulte, il fallait bien qu'ils grandissent vite.

"Non non, vous avez raison, nous sommes des nouveaux venus", le sourire de Rodolphe répondit à celui de la jeune fille, encouragé par son amabilité. "Je suis arrivé à Montreuil la semaine dernière, et Herr Krieg est arrivé aujourd'hui même. Je suppose que vous connaissez tout le monde, dans les parages..."

Se rendant compte après coup qu'il avait omis de se présenter, il se mit en devoir d'y remédier.

"Au fait, je suis le lieutenant Rodolphe Conreid, nouvellement affecté à Sarnand." Si son accent ne suffisait pas, son nom de famille trahissait suffisamment ses origines mélangées. "Alors vous risquez de me voir souvent. Vous êtes remarquablement bien approvisionnée." La remarque invitait une explication, même si la question n'était pas posée de façon explicite.

La question de ce qu'ils cherchaient fut posée.

"Je me demandais si vous auriez du pain et du pâté... voyons voir... ah, oui, des oignons aussi. Et je crois que Herr Krieg cherchait de quoi faire des Knödel."

Ses yeux dérivèrent vers le comptoir où traînait le livre qu'était en train de lire la jeune fille, et se plissèrent pour déchiffrer le texte à cette distance. Le crime de l'Orient-Express... Rodolphe se souvenait vaguement l'avoir lu, il y a fort longtemps, sans en garder un souvenir particulièrement frappant. Il était grand adepte de lecture cependant, un plaisir solitaire par excellence qui convenait à quelqu'un qui avait du mal à se faire des amis.
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MessageSujet: Re: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Sam 25 Sep - 11:45

Ils étaient bien nouveaux dans les parages, mais au fond elle s'attendait à ce qu'ils confirment ses propos. Les têtes qu'elle croisait dans la rue, elle les ancrait bien au fond de sa petite caboche, et il aurait été peu probable qu'elle ait oublié ces deux là. Ils formaient une paire atypique. On avait le petit hercule et le grand homme massif, deux opposés...qui s'étaient manifestement attirés. Elle n'avait pas encore entendu l'autre parler, mais elle supposait qu'il devait être de la même région que le soldat. Souvent les militaires se regroupaient en bandes régionales.Elle s'était trompé. Apparemment c'était un Bosch.

-Connaitre tout le monde?!Peut être pas. Je connais moins du quart de l'armée occupante et quelques soldats par ci par là!Tout le monde ne descend pas dans cette épicerie. Il y en a une plus haut, et puis à Sarnand, vous avez des réserves! Mais je dois dire que je suis assez physionomiste, donc quand je croise quelqu'un dehors, il est aussitôt réportorié dans mes fichiers..,enfin ,dans ma tête!
Et vous deux..je m'en serais souvenu!
, répondit elle, accompagnant ses paroles d'un petit rire.

Lui était Lieutenant, un officier,sans doute serait il plus sympathique que les simples soldats qu'elle avait pu rencontrés. Enfin ça ne serait pas bien difficile pour lui!

-Vous êtes donc Lieutenant. Vous serez mon premier!Premier Alsacien..ou Lorrain aussi!Vous ne courez pas les rues, croyez moi. ajouta t elle, son visage orné d'un demi sourire évocateur. Oui nous sommes bien achalandés, mais ce n'est pas un crime, elle avait repéré le petit ton étonné du soldat, nous sommes dans une région ou les fermes abondent, vous ne devriez pas être étonné, et pour le reste on se débrouille.

MF se tourne ensuite vers l'allemand:
-Et vous, Monsieur Krieg, que faites vous donc à Montreuil?Vous ne me semblez pas militaire..et il est rare que les civils allemands viennent dans le coin....

Des Knödel? Un truc de Fritz à coup sûr. Elle ne voyait absolument pas ce que c'était.

-Excusez moi, mais je crois que je ne pourrais pas vous fournir si vous ne m'indiquez pas en quoi consiste ces..Knöchoses!Pour le pâté et les oignons, rien de plus facile. On a un bon petit pâté qui vient directement de la ferme des Nanteaux,vous verrez c'est un délice!.
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MessageSujet: Re: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Dim 26 Sep - 15:02

L'Allemand, qui jusqu'alors parcourait les lieux du regard, l'air plutôt admiratif, reporte son attention sur la jeune femme. Certes, il n'a pas l'apparence typique de ses congénères, puisqu'il est vêtu d'un beau costume plutôt que d'un uniforme, mais n'est pas exactement un civil, puisque la religion, comme l'armée est toujours un peu à part.

Il sourit à la question le concernant, avant de répondre, fort poliment en souriant, d'une voix douce:

"Je suis Monsieur Krieg. Je ne suis effectivement pas un militaire, enfin plus, j'ai servi lors de la Guerre de 14-18, mais cela ne vous intéresse probablement pas.

Tout en disant cela, il rallume sa pipe et poursuit:
Si je sui ici, c'est comme aumônier militaire, au service de la Wehrmacht et donc de l'Oberst qui dirige les forces allemandes ici présentes. Mais cela ne m'empêche pas de discuter avec les Français, bien que je n'aie aucun devoir particulier envers vous."

Étant satisfait de son explication, il entend la seconde question, posé à cause de son camarade français. Ce dernier voulant être sympathique avait posé la question des Knödel à la place de l'aumônier. C'était fort charitable de sa part, mais aussi stupide. Cela aurait pu, voire du agacer Krieg, mais il s'en fichait. En effet, à quoi bon s'énerver pour si peu? Et puis, il avait tout son temps pour inculquer de la Krultur à cette jeune femme, ce qu'il commença donc à faire, sur un ton des plus amical:

"Les Knödel sont un plat typiquement Allemand, et du Sud plutôt, c'est donc normal que cela ne vous évoque rien, Fräulein. Pour en cuisiner il me faut:

3 baguettes(de préférence de la veille)
1 botte de persil
du beurre
2 gros oignons
3 oeufs
1 litre de lait
de la farine
des lardons ou 10 gros champignons de Paris
50cl de crème fraïche fluide.


Il lui laisse un peu de temps pour prendre note, puis reprend par une question:
Au fait, je cherche une gouvernante, savez-vous si quelqu'un cherche du travail en ville et surtout un travail de ce type?"

Thomas attend ensuite tranquillement les réponses, tirant sur sa pipe.
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MessageSujet: Re: Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]   Lun 27 Sep - 2:44

La conversation s'était engagée tout naturellement avec la jeune épicière, qui parvenait à s'enquérir des besoins de ses clients tout en poursuivant la discussion. Elle rappelait un peu sa soeur à Rodolphe... enfin, sa soeur il y a dix ans, parce que ces derniers temps... en revanche, l'entendre évoquer ses "fichiers" le mit un peu mal à l'aise. C'était le genre de choses que dirait quelqu'un qui travaillait pour la Gestapo... enfin, si c'était le cas, elle ne se serait pas trahie aussi stupidement, n'est-ce pas ? Et puis il n'avait rien à cacher... enfin, presque rien, et surtout rien de politique.

Sa remarque sur les Alsaciens et les Lorrains le laissa un peu perplexe, il aurait crut qu'ici en particulier il y en aurait un certain nombre. Ou était-ce une plaisanterie ? Le ton employé était équivoque.

En tout cas maintenant il savait comment il se faisait que le magasin soit si bien fourni. L'un des nombreux avantages de la province sur Paris, les Parisiens pouvaient être aussi snob qu'ils le voulaient, ils mangeaient sûrement moins bien que les provinciaux.

"Je goûterai avec plaisir ce pâté", fit-il avec le sourire. Il se sentait de bien meilleure humeur qu'une demi-heure plus tôt. Il commençait à comprendre pourquoi les gens passaient autant de temps à socialiser, d'une façon qui lui avait parfois semblé une perte de temps (sans doute parce que c'était un domaine pour lequel il n'était pas très doué).

Ce fut au tour de Herr Krieg de prendre la parole pour se présenter, au soulagement de Rodolphe qui était jusque là resté un brin perplexe quand aux fonctions de l'aumônier. Même maintenant, il n'était pas vraiment sûr de savoir ce que faisait un aumônier. Enfant, il était allé une fois de temps en temps à l'église, parce qu'il le fallait bien, mais ça s'était arrêté là. Enfin, le mieux était d'éviter le sujet, autant que possible.

Puis Herr Krieg expliqua de quoi il avait besoin pour faire ses Knödel. La liste fit presque saliver Rodolphe. Il avait un faible pour les oignons et les lardons, d'où son penchant pour la quiche lorraine et la tarte aux oignons, entre autres. Il se promit de faire découvrir ces mets à Herr Krieg, à l'occasion. Enfin, s'ils se revoyaient. Une fois installé, Herr Krieg aurait sans doute l'occasion de fréquenter beaucoup d'autres personnes, alors... Rodolphe fit de son mieux pour repousser ce sentiment désagréable, qu'il n'avait pas particulièrement envie d'identifier.

Herr Krieg demanda à l'épicière - Rodolphe se rendit compte à ce moment qu'elle ne s'était pas présentée et qu'ils ne connaissaient pas son nom - si elle connaissait quelqu'un qui puisse faire office de gouvernante. Peu désireux de l'interrompre, Rodolphe résolut d'attendre que la jeune fille ait répondu avant de lui demander son nom.
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Rencontre intempestive [Samedi 28 juin]

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