Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]


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Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]

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Allemand
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MessageSujet: Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]   Dim 1 Mar - 18:24

Il était encore tôt en cette matinée qui annonçait une journée ensoleillée et à une bonne température. On avait du mal à croire qu'ici, en hiver et en automne, le temps était bien moins clément. Mais là, le soleil avait quitté depuis une heure l'horizon et un Flieger était déjà attablé à une terrasse fraîchement ouverte. D'ordinaire, les cafés du quartier n'ouvrait pas si tôt, mais aujourd'hui, ayant sans doute appris que des militaires allemands de Sarnand avaient eu quelques jours de permission, ils avaient mis leur enseigne dehors et leurs devantures étaient nettoyées et reluisantes. Pour l'Hauptmann qui se promenait, avait jeté son dévolu sur la plus éloignée de ces enseignes. Lui aussi avait un jour de permission et il tenait à la savourer pleinement, et donc autant le commencer tôt.

Même en permission, Peter Hessler restait en uniforme. Ainsi, il démontrait son sérieux et imposait le respect des soldats de la Wehrmacht qui trainaient dans les environs. Un rien suffisait pour les pousser à rire des Français et à abuser de leurs positions envers eux. Et Peter ne voulait pas passer son temps à se justifier et à rappeler à l'ordre ces hommes là ; qu'on pouvait classifier de soudards par moment. L'uniforme de Flieger suffisait à lui même.

Donc assis à une terrasse pour le moment vide de toute autre personne, hormis la sienne, il savourait un bon gros café bien serré, tout en appréciait le calme et la douce chaleur du soleil. Sa coiffe posée sur la table, il se contentait de regarder un peu au hasard. De si bon matin, loin des habitudes militaires et drastiques de Sarnand, il respirait presque une petite forme de liberté jouissif. Il savait qu'il en était rien. Mais un instant de sérénité comme cela n'avait pas de prix dans la tension permanente de l'occupation de son pays sur la France... et même ici à Montreuil....
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MessageSujet: Re: Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]   Lun 2 Mar - 1:07

Trommel était debout depuis quelques heures déjà. Il avait peu dormi, occupé à repenser aux articles d'Action Libre, un collectif rebelle insaisissable pour l'instant. Le jeune gestapiste se demandait si c'était un test que lui avait confié son supérieur. L'homme n'avait pas l'air retors, mais les vrais retors n'en ont pas l'air, ils le sont.

Il se promenait dans Montreuil pour réfléchir à cette question et à bien d'autres, notamment à ce qu'il allait écrire à sa femme et à sa fille. Au gré de sa promenade, il découvrait également sa nouvelle affectation. Une ville plus intéressante que prévue, moins paysanne qu'imaginée. Un bon premier sujet pour une lettre. Une carte postale serait un plus par ailleurs. Pour sa fille, qui ne sait pas encore lire surtout.

Au gré de sa promenade, l'Allemand tomba sur un autre allemand, attablé, seul à une terrasse de café. Cela le surpris d'abord, puis il remarqua le grade de l'homme et se rappela que les officiers avaient d'autres droits et devoirs que les hommes de la troupe. Jeremia étudia brièvement l'homme, sans pour autant l'épier et se dit qu'il devait rapidement décider de ce qu'il allait faire.

Trommel hésita donc un bref instant, puis se dit qu'après tout, avoir des contacts en dehors de la police ne pourrait pas lui faire de mal. Aussi décida-t-il de tenter une approche avec cet inconnu.

L'officier vit donc s'approcher de lui le jeune homme, en uniforme gris de gestapiste, uniforme fort semblable à celui des SS au demeurant à part les grades et fonctions bien sûr. Cet inconnu portait son uniforme de manière impeccable, calot inclus, avait un maintien très droit et un pas bien décidé en s'approchant de la table. Arrivé près de celle-ci, le jeune homme exécuta un salut tout à fait réglementaire et demanda, fort courtoisement:

Guten Morgen, Herr Hauptmann. Darf ich mit euch sitzen? [Bonjour, Capitaine. Puis-je m'asseoir avec vous?]

L'accent de Trommel fleurait bon la Saxe, ce que l'officier ne manquerait pas de remarquer. Le gestapiste resta bien droit, attendant la réponse de l'officier. Pendant ce temps, Jeremia a juste le temps de penser qu'il planifierait plus tard. Il lui fallait vivre maintenant!
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MessageSujet: Re: Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]   Lun 2 Mar - 9:14

Jamais encore il n'aurait pensé être rejoint si tôt par un ''confrère'' et encore le terme était bien large. Car le nouveau venu dans son uniforme impeccable n'était pas un Flieger. Peter avait quitté la contemplation au hasard des environs pour poser son regard sur cette personne qui se présentait devant lui dans un parfait salut. Lui qui pensait avoir sa matinée bien tranquille et sans personne, c'était loupé. Et en plus, un membre de la gestapo était bien la dernière des personnes qu'il attendait venir s'attabler avec lui.

A le voir aussi droit qu'un pic devant lui avec son bref salut, Hessler se contenta d'un simple geste de la main pour lui rendre le salut ; guère réglementaire il était vrai. Le nouveau venu était peut-être un de ces jeunes fringuant tout juste rentrés qui avaient besoin de rester bien carrés pour démontrer aux yeux des autres qu'il y avait des règles à suivre. Pour Hessler, point de soucis quand à l'apparence. C'était bien la dernière chose qu'on pourrait le lui reprocher.

Un gestapiste... peut-être qu'il venait comme cela au petit bonheur la chance, où alors avait-il déjà une idée bien précise en tête à aborder avec Hessler. Sarnand avait eu quelques remue-ménages ces derniers temps que ce ne serait pas étonnant qu'on vienne le titiller. Mais il préféra oublier ses dernières pensées et accorda d'un geste pour accorder au jeune homme à l'accent bien distinct de la Saxe de se joindre à lui.

''Bonjour... Je vous en prie, prenez une chaise. Moi qui me croyais bien matinal, on dirait que je me trompe....''

Il n'eut qu'à tourner légèrement tourner la tête vers le café pour faire venir un serveur. de si bon matin, deux clients pour commencer la journée était comme une aubaine, donc réagir promptement était important pour plaire à la clientèle...Peter se commanda un café. Il en avait bien déjà bu une tasse tout à l'heure, mais une de plus ne lui fera pas de mal.

''Un autre café...."''Profitez de leur café, il est fort mais excellent. Ce n'est pas courant de croiser des ''collègues'' si tôt.....''

Où comment aborder la conversation pour savoir ce que voulait le nouveau venu.
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MessageSujet: Re: Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]   Lun 2 Mar - 21:57

Trommel accepta l'invitation de l'officier et s'assit. Il observa brièvement la rue et ôta son calot, puisqu'il était désormais en pause. Le gestapiste mis son couvre-chef dans une poche de son pantalon. La rue était toujours calme, les oiseaux chantaient, une matinée ordinaire.

Jeremia observa son vis-à-vis. Curieux cet officier, seul, de si bon matin. Et puis, il n'avait salué dans les formes... Un peu de relâche? Pas de quoi virer paranoïaque non plus, mais  de quoi éveiller sa curiosité au moins. La Wehrmacht a ses raisons que la Gestapo ignore, c'est bien connu se dit Trommel.

Le jeune homme ne put toutefois pas masquer sa surprise en entendant parler de café. Certes, ils étaient les seigneurs du pays, mais la guerre a entraîné son lot de rationnement et la présence de café et non d'un ersatz surprit tout d'abord le novice de la Gestapo. Toutefois, il revint vite à la raison en se souvenant que du fait du statut militaire du secteur, la présence d'un si fin breuvage n'était pas si incongrue. Et puis, n'en avait-t-il pas déjà eu? Quel imbécile, le voilà qui commençait à devenir paranoïaque.

Suivant les conseils du Flieger, il profita du passage du garçon pour se commander un café dans un français des plus corrects malgré un accent assez prononcé. Ceci fait, il dit à l'officier, avec un sourire se voulant et semblant avenant:

Ich habe mich nicht vorstellen. Bitte entschuldigen Sie meine Unhöflichkeit. Ich bin Jeremia Trommel, Mitglieder von der Gestapo hier, in Montreuil. [Je ne me suis pas présenté. Veuillez excuser mon impolitesse. Je suis Jeremia Trommel, membre de la Gestapo, ici à Montreuil.]

Le gestapiste attendit la réaction de son interlocuteur en profitant de la douce tiédeur du matin.
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MessageSujet: Re: Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]   Mer 4 Mar - 9:48

Il était vrai que le café était une denrée rare, mais que de mieux que de garder cette boisson pour des gens qui avaient au moins les moyens de le payer dès qu'on le commandait ? Et autant se faire bien voir des clients officiers ou autres d'origine allemande qui venaient en boire en ces lieux. Hessler s'en fichait, il était venu pour le calme et la solitude, mais là, avec la venue de Jeremia, c'était loupé.

N'ayant pas remarqué l'étonnement de Jeremia justement à la suggestion de prendre un café, le Flieger suivit du regard l'installation du gestapiste à sa table. Lui aussi avait commandé un café. Fit-il l'effort de parler lui aussi en français pour le commander. Etonnant. Etait-ce parce qu'Hessler avait parlé lui aussi dans la langue des ''conquis'' ? Bah, tant qu'on ne provoquait pas de problèmes et que la matinée se passait en douceur et en détente, c'était tout ce qu'il demandait.

Parfaitement détendu ; y avait pas de raison devant un homme tel que Jeremia, Peter suivit dans la présentation.

''Il n'y a pas de mal. Peter Hessler, Flieger sur une Hirondelle.

Un Gestapiste.... D'ordinaires ces gars là n'aimaient guère se mélanger avec les autres branches militaires. Peut-être que les exceptions existaient et que Peter en avait un justement devant lui.

''Il est vrai que je ne croise que très rarement des membres de la Gestapo à Sarnand, et tout autant à Sarnand, mais je jurerai que vous venez d'arriver, si je me trompe pas.''

Peter avait un léger sourire lui aussi avenant au visage. Il ne se rappelait pas d'avoir déjà croisé cet homme et à le voir dans un salut parfait et un uniforme repassé sans un pli, comme s'il sortait de chez le blanchisseur... Une chance que ce soit une nouvelle recrue ou alors un nouveau venu.
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MessageSujet: Re: Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]   Sam 7 Mar - 0:26

Jeremia écouta attentivement son interlocuteur. Un Flieger, il aurait du y penser. Libres comme l'air selon la rumeur. C'était la première fois qu'il en rencontrait un. Le gestapiste jeta un oeil nouveau sur l'homme, enfin... tenta de voir en quoi cela le changeait. Mais cela ne le rendait pas plus exceptionnel, pas meilleur, non, ce titre n'avait aucune influence réelle pour Trommel. Mais cela éveillait sa curiosité en raison des bruits qui courraient sur ces personnages. Des héros, certes, mais surtout des esprits libres. Le genre de chose qu'un régime comme celui de l'Allemagne ne tolérait que par obligation. Car un esprit libre peut briser tout un système comme celui que le Führer a construit. Il était donc du devoir de Trommel, en raison de sa fonction d'encadrer de tels individus, pour leur éviter la mort, enfin, plus exactement pour éviter d'avoir à leur donner.

Entendant la question qui lui était adressée, le jeune SS se ressaisit un peu. Visiblement, cet officier était du genre méfiant. Il n'avait pas l'air enchanté de la présence d'un membre de la Gestapo à sa table. Ou alors il le cachait bien dans ce qu'il disait. Oh il avait été poli, mais pas plus. La peur peut-être. Difficile à dire, il allait falloir creuser. Car souvent, la surface des choses paraît bien simple, mais la réalité est toute autre. La peau de l'orange ne reflète guère l'intérieur du fruit, bien plus tendre. Qu'en était-il avec cet homme? Il fallait commencer à s'en faire une idée et à se faire un nom, aussi. Car souvent, la réputation d'un homme fait bien plus que ce qu'il est réellement. Le moment d'un choix important était donc venu.

Du coup, le jeune homme répondit:

Ja, es stimmt. Es macht nicht so lang ich bin dabei. Aber Sie sind schon längst da, oder? Ich bin dann überascht Sie ,allein, auf einer Terrasse, zu treffen. [Oui, cela se tient. Cela ne fait pas longtemps que je suis là. Mais vous êtes là depuis longtemps, ou bien? Je suis donc surpris de vous rencontrer, seul, sur une terrasse.]

Le jeune homme s'appliqua à ne pas paraître intrusif, à faire la conversation. Il savait bien que sa remarque était très intrusive, mais bon, il faudrait vivre avec. C'était donc plutôt décontracté que l'envoyé de la police secrète attendait son café, se demandant comment son vis-à-vis allait réagir. Perche ou pique? À lui de décider!


Dernière édition par Jeremia Trommel le Lun 16 Mar - 1:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]   Dim 8 Mar - 11:13

Hessler était loin de vouloir cacher quelque chose. Après tout, n'était-il pas, en portant l'uniforme, un ''fervent'' servant de l'Allemagne ? Son attitude détachée étonnait peut-être le jeune Gestapiste et il ne se formalisait guère quand ce dernier lui posa quelques questions. Peter aurait pu sourire à l'une d'elles : celle que Jeremia soit étonné de le trouver seul à une terrasse. Le serveur apporta les commandes et déposa les tasses de café devant chaque personne attablée.

Peter attendit que le Français se soit retiré pour répondre aux petites ''attentes'' de Jeremia. Cela avait laissé un peu de temps pour trouver de quoi répondre. Un Fliger seul surprenait... Personnellement, Peter ne voyait pas en quoi. Il avait son arme de poing de rangé à la ceinture au besoin. Il but une première gorgée de son café. Un peu léger, mais qui s'en plaindrait. Le serveur avait du mettre la dose qu'il fallait pour ne pas épuiser son stock trop rapidement... le café était cher en tant de guerre

''Je suis affecté à Sarnand depuis que la France a capitulé devant nos forces. Et je suis seul car il est encore tôt ce matin et que je profite de ce début de journée de permission bien méritée pour être dans un recoin de Montreuil au calme. Ne me dites pas qu'il ne vous arrive pas de vouloir être un peu tranquille par moment pour savourer un instant de solitude ? En plus, mon dragon aurait pris un peu trop de place sur la terrasse. Le pauvre serviteur aurait tiré une drôle de tête en voyant son mobilier d'extérieur en morceaux sous les fesses d'un dragon...''

Il imaginait bien Thuban renifler l'intérieur de la boutique, tout en envahissant la terrasse de tout son corps. Il ne faisait pas partie des plus gros dragons qu'on trouvait dans la région, mais il était déjà un bon morceau.

''Et je doute que les membres de mon équipage apprécierait de rester coller aux bottes de leur officier. Je ne crois pas que vous apprécierez d'avoir votre supérieur constamment sur le dos, même pour un brin de détente n'est ce pas ? Donc je suis ici à ma terrasse et mes hommes se reposent un peu à leur tour. Même en temps de paix toute relative, il faut veiller à ne pas avoir les nerfs en boule n'est ce pas ? ''

Il se demanda alors comment le jeune gestapiste allait digérer tout ce qu'il venait de lui apporter comme réponse
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MessageSujet: Re: Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]   Dim 8 Mar - 23:04

Le jeune homme écouta attentivement l'officier. Celui-ci était habile avec les mots, très habile. Le genre de type que l'on ne peut pas faire parler, même avec les pires tortures imaginables, comme la lecture des idéalistes Allemand sans possibilité de fuite. Lire Fichte était déjà un supplice, mais alors l'entendre... Jeremia renonça vite à cette horrible pensée pour revenir à son affaire.

La réponse ne lui convenait guère, car elle occultait les autres officiers, les collaborateurs de rang égal ou presque à celui de Peter. Mais il allait s'en satisfaire, car enfin, Donnerwetter, c'était la pause comme l'avait rappelé le Flieger. C'est donc tout à fait détendu que Trommel répliqua:

Gut, danke für diese Erklärung. Ich habe leider kein Dienst in der Wehrmacht gemacht. So Zeit zu Zeit vergesse ich wie es geht bei euch. Und Sie haben recht: besser Ruhe zu haben als zu kämpfen zwischen Deutschen. Wir sind Freunden, nicht Feinden, oder? [Bien, merci pour cette explication. Je n'ai hélas pas fait de service dans la Wehrmacht. Ainsi, de temps en temps, oublie-je comment cela se passe chez vous. Et vous avez raison: mieux vaut avoir la paix que se battre entre Allemands. Nous sommes amis, pas ennemi, ou bien?

Tout cela sur un ton très tranquille, amical, sans duperie. Le gestapiste nota toutefois dans un coin de sa tête l'emploi du mot "serviteur" plutôt que "serveur" pour désigner le garçon. Dans leur langue, cela ne pouvait être un lapsus. Voilà qui en disait un peu plus sur son vis-à-vis. Il avait encore des tas de questions, mais cela pouvait attendre. Tranquillement, Jeremia s'appuya au dossier de sa chaise, d'un air détendu, profitant de cette belle journée qui s'annonçait.

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MessageSujet: Re: Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]   Lun 9 Mar - 10:18

Jeremia ne s'était pas offusqué ou encore n'avait pas souri à l'appellation qu'avait donné le Flieger au pauvre serveur Français. Rien qu'un détail comme cela pouvait en dire long sur la personne, comme de trouver tout à fait normal ce nom donné pour le dit serveur vu que la France s'était pliée face à l'Allemagne, ou que ce gars venait sans doute d'une partie de la haute société allemande. Bon nombre de familles riches, pour renforcer leur prestige, étaient fières de présenter un de leur rejeton dans l'uniforme militaire à leurs connaissances. Que de mieux pour espérer montrer qu'on était bien vu du Reich. Bien entendu Peter ne se formalisa pas sur l'une ou l'autre hypothèse. Il ne se concentrait par sur la première et connaissait assez le milieu de la seconde pour savoir de quoi il en retournait. Se retrouver dans la Luftwaffe était déjà quelque chose, à condition d'être sur un dragon de race prestigieuse. Pour Hessler, le dragon qu'il avait choisi lui convenait parfaitement. Thuban n'était pas un dragon de race réputée, mais pour l'instant, tout se passait bien avec lui.

Après la réplique donnée par le jeune gestapiste, Peter eut envie de s'allumer une cigarette. Il était encore trop tôt pour en griller une ; surtout qu'il commençait à trouver qu'il en allumait une à chaque fois qu'un rien l'agaçait ou le perturbait. Qu'est ce que Jeremia cherchait à savoir avec son phrasé un peu alambiqué ? Qui sait ce qui se passait réellement dans la caboche d'un membre de la Gestapo, aussi serein et posé qu'était Jeremia à se détendre tranquillement dans sa chaise. Hessler aussi était détendu ; il n'avait rien à se reprocher.

''Il semblerait que vous n'ayez pas eu besoin de passer par la Wehrmacht pour en connaître les bases et plus encore''

Puis il revint sur la question que le gestapiste avait posé en dernier, dans un but précis.

''Votre question est large... Si vous étions ennemis, je ne crois pas que vous seriez attablé avec moi sur cette terrasse. Amis ? Nous venons à peine de nous rencontrer... ''

Puis Peter adressa un léger sourire au gestapiste, tout en prenant la hanse de sa tasse de café

''Ou encore...De simples relations entre militaires, ou entre personnes portant l'uniforme du pays que nous servons tous les deux, qui profite agréablement de ce début de belle journée. Je pencherai pour ce petit final que je viens d'énoncer''

Il but une courte gorgée de café, savourant pleinement son goût un peu plus dilué que d'ordinaire. Puis il reposa la tasse.

''Et pour vous ? Si je vous retourne cette question ? ''

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MessageSujet: Re: Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]   Lun 16 Mar - 0:35

Le jeune homme était toujours confortablement assis, relâché. La réponse du Flieger et le retour de la question ne semblèrent guère le surprendre. Ou tout du moins, parvint-il à le dissimuler. Il voyait où celui-ci allait sur ce coup-là et c'est donc très calmement qu'il répondit:

Mehr oder weniger wie Sie. Ich hatte "Freunden" in breiten Sinn gebraucht. Sonst, übereinstimme ich mit euch in der Frage: zwei Deutschen auf einer Terrasse die diese schönes Wetter geniessen. Nichts mehr. [Plus ou moins comme vous. J'ai employé le terme "amis" au sens large. Sinon, je vous rejoins sur la question: deux Allemands, sur une terrasse, qui profitent de ce beau temps. Rien de plus.]

Laissant un peu de temps passer, Jeremia en profita pour boire son café. Le breuvage n'était pas de première qualité, mais il ne le remarqua pas, tant cela fait longtemps que la première qualité était devenue très rare avec la guerre et les problèmes acheminement que ce genre d’événement cause. Non, il apprécia sa consommation, vraiment. Tout en buvant, il réfléchit un peu et finit par poser une question à son vis-à-vis pour relancer la conversation:

Und, was denken Sie? Ist die Krieg schon nähe zu Ende oder geht es weiter für eine unbestimmte Zeit? [Et que pensez-vous? La guerre est-elle déjà proche de la fin ou cela continue pour un temps indéterminé?]

La question se voulait innocente, ce que l'Allemand tenta de faire passer à son vis-à-vis par un petit sourire, un ton sérieux mais pas trop, de celui qu'on emploie en parlant à un expert pendant sa pause. Et tranquillement, il reprit une gorgée, attendant la réponse de l'officier. On remarquait par ailleurs que le gestapiste était de plus en plus détendu à son attitude corporelle, moins raide, sans pour autant en devenir négligente. Le temps passait, la tension retombait doucement... pour l'instant.
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MessageSujet: Re: Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]   Mer 25 Mar - 12:53

La réponse était simple et concise. Peut-être pas précise, mais bon, Peter ne s'attendait pas à un discours non plus. Le gestapiste avait cherché à connaître un fond de pensée et comme Peter, il lui en avait offert un des plus sommaires et qui laissait un simple point de vue sans grande conséquence. Doucement, Peter commençait à comprendre le petit jeu de son interlocuteur. Cherchait-il à chercher ce qu'il était réellement, juste par jeu, ou pour mieux connaître le flieger qu'il était, vu qu'il était encore tout frais muté à Montreuil ? Après tout, si cela amusait Jeremia, que grand bien lui fasse. Il ne paraissait pas être un mauvais bougre de toute façon.

Quand Jeremia eut bu sa part de café, il lança une nouvelle question, bien plus approfondie, plus sinueuse. La guerre avait toujours été délicat et Peter avait bien sa vision des choses sur la question, mais il veillait toujours à les garder pour lui. Plus encore qu'il était un Flieger

'' Quand une guerre a commencé, on ne sait jamais quand elle va réellement se terminer. Nous nous battons en Afrique, l'Angleterre commence à résister.... Qui sait comment les autres pays pour l'instant hors du conflit vont réagir. Dans une guerre, on ne peut jamais vraiment prévoir les choses. Et pourrait-on dire qu'elle est proche de finir alors que la France est nôtre et que des résistants se pointent régulièrement pour tenter de nous harceler ? Il n'est guère aisé d'apporter une réponse définitive à la question quand on regarde bien....''

En même temps, cette guerre, cette chose qui était censé apporter la grandeur à l'Allemagne apparaissait comme un demi-mensonge pour le Flieger... S'il avait réellement eu le choix...

'' D'une certaine façon, la guerre est fini, là où nous trouvons tous les deux, guettant juste la suite de ce qui se passera aux frontières des pays où là, la guerre est encore présente. Elle pourrait être considérée comme terminé, le jour où on retournerait chez nous non ? ''
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MessageSujet: Re: Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]   Lun 13 Avr - 16:13

Le gestapiste écouta attentivement l'avis du Flieger. Impassible, il ne sembla pas troublé par ce qui lui fut dit mais se permit tout de même à la fin de demander:

Aber, wenn hier unsere Land auch ist? Wo ist unsere Land eigentlich dann? Es ist keine rhetorische Frage, es ist eine echte Frage für mich. [Mais si ici, c'est aussi notre pays? Où donc vraiment notre pays? Ce n'est pas une question rhétorique, c'est une authentique question pour moi.]

En disant cela, Trommel semblait s'avancer quelque peu, s'ouvrir. On sentait à la façon dont il posait la question et dont il précisait le sérieux que cela le préoccupait réellement d'être là plutôt qu'en Allemagne. La raison en était indéterminée, mais le Flieger pouvait toujours creuser. Jeremia, lui, sirota une goutte de café en attendant la réaction de son compatriote.
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MessageSujet: Re: Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]   Ven 12 Juin - 9:47

Peter lorgna ce qui lui resta de café, faisant tourner le liquide en jouant un peu avec la tasse. La question soulevée était intéressante, mais issue de la bouche de Jeremia, un gestapiste, le Flieger se demandait où il voulait en venir exactement.

*Au diable les craintes. Je n'ai rien à me reprocher*

''Elle est même au bord de la philosophie votre question je dirai. Qu'est ce qui peut dire qu'un pays conquis est nôtre ? Le gouvernement français s'est plié au nôtre en signant une reddition, nos troupes patrouillent dans bon nombre de villes...Mais pourtant, nous n'exigeons pas complètement que la population parle notre langue, qu'elle se plie totalement comme si nous l'avions annexé. Chose qui se faisait dans des temps plus... barbare. Prenons cela un peu à une conquête amélioré, un pays conquis garde une partie de ses moeurs, mais accepte de se plier quand le conquérant lui demande de se plier... Mais pour ne pas vous noyer dans le sujet, je vais répondre plus directement à la question''

Il attrapa sa tasse pour finir la dernières petite gorgée qui restait. Puis il reposa la tasse.

''Pour moi, mon vrai pays est celui qui m'a vu naître et il restera toujours mon pays, même si un jour la France est absorbée aux nôtres, pour n'être que l'Allemagne. ''
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MessageSujet: Re: Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]   Mar 23 Juin - 19:38

Le gestapiste prit le temps de digérer la réponse en jouant un peu avec sa tasse, l'air de ne pas se soucier le moins du monde ce que lui disait Hessler, mais cela semblait être une astuce, puisqu'il répondit, non sans un petit sourire:

So kommt eine neue Frage: warum sind Sie in der Armee? Ich meine nicht hier Sie gehören nicht in unsere Armee, aber wenn Sie nicht um neuen Länder zu erobern kämpfen, warum kämpfen Sie ? [Ainsi vient une nouvelle question: pourquoi êtes-vous dans l'armée? Je n'entends pas ici que vous n'appartenez pas à notre armée, mais si vous ne vous battez pas pour conquérir de nouveaux pays, pourquoi vous battez-vous?

Jeremia laissa passer un instant et ajouta:

Ich bin auch kein Eroberer. Ich bin wo Deutschen sind, um Polizei Dienst zu erfüllen. Nicht mehr und nicht weniger. Ihre Antwort ist sinnvoll aber für meine Arbeit irrelevant. [Je ne suis également pas un conquérant. Je suis où sont les Allemands, afin d'accomplir un service de police. Pas plus et pas moins. Votre réponse est sensée, mais n'a aucune importance pour mon travail.

Et le gestapiste attendit de voir ce que le Flieger allait lui dire. Cette discussion semblait réellement l'intéresser, même s'il savait que son rôle était un obstacle à son bon déroulement.
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MessageSujet: Re: Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]   

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Au petit café du bord non lointain de la Fresne [27/06/41]

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