Se partager un gâteau à la framboise [Dimanche 13 Juillet 1941]


AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

 

Se partager un gâteau à la framboise [Dimanche 13 Juillet 1941]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Allemand
avatar

Messages RP : 14
Messages : 16
Âge du personnage : 34 ans

MessageSujet: Se partager un gâteau à la framboise [Dimanche 13 Juillet 1941]   Mar 10 Mar - 1:12

En ce beau début d'après-midi ensoleillé, sur le chemin menant à la ferme des Deresko ronflait une moto.

C'était, plus précisément, une BMW R35, dans sa version civile datant d'avant 1940. Noire métallisée, ornée d'un logo très américain et des lettres DTI, pour Dässen TextilIndustrie, elle détonnait dans une France de campagne dans laquelle le pétrole devenait si cher qu'on ne l'utilisait que pour l'unique tracteur de Viers.

La moto s'arrêta entre le chemin et la cour de la ferme.

Le conducteur retira son casque et le laissa pendre aux poignées du guidon. Il ne se recoiffa pas (quel besoin ? Il allait rencontrer des paysans, pas la reine de Saba) mais déboutonna sa veste de cuir, la retira et la replia tranquillement sur son avant bras. Sans le vent de la course, le soleil de juillet promettait de le faire bouillir. Viers se trouvait légèrement plus en altitude que Montreuil ; la fraîcheur était d'autant plus agréable qu'Erlinger avait passait toute sa matinée à vérifier les comptes de l'entreprise.

La petite famille s'occupait tranquillement dans la cour. On ne pouvait pas dire que cela sentait la richesse, ce qui, à vrai dire, arrangeait bien Erlinger. La vue était charmante, par contre, très joli panorama sur la zone industrielle.  L'Allemand colla un grand sourire sur son visage. Si ses renseignements étaient vrais il cherchait une jeune femme d'une vingtaine d'années non mariée, alors un beau et charmant sourire ne pouvait que faire du bien.

"Messieurs, mesdames, bonne après-midi !" clama-t-il avec un superbe accent américano-québécois qui ne sentait pas vraiment l'Allemagne et un air affable. "Franz Erlinger. Je cherche mademoiselle Elizabeth Deresko. Serait-il possible de m'entretenir en privé avec elle ?"

Il espérait qu'elle ne prendra pas peur. Certains Français s'excitaient lorsqu'un Allemand venait discuter avec eux, comme si tous les boches faisaient partie de la Gestapo ou quelque chose comme ça. Ou, mieux ! Le père pourrait se prendre à croire qu'il y avait quelque chose entre la fille et lui et leur imposer un chaperon.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Française
avatar

Messages RP : 42
Messages : 73
Âge du personnage : 21 ans

MessageSujet: Re: Se partager un gâteau à la framboise [Dimanche 13 Juillet 1941]   Jeu 19 Mar - 23:35

Quatre paires d’yeux dévisageaient le nouveau-venu, avec des degrés de sympathie et d’intérêt divers et variés. Le plus petit, par exemple, dévorait la moto du regard, la bouche grande ouverte ; sale comme un cochon, les genoux poussiéreux, les pognes pleines de boue, de la paille dans sa tignasse châtaine, ils serraient dans ses poings crasseux l’anse d’un panier en osier, avec six œufs à coquilles brunes. Ses deux sœurs, assises sur le perron, examinaient l’Allemand avec une curiosité manifeste, un poulet mort sur les genoux, les cheveux ornés de plumes. Le chef de famille était un peu plus présentable : occupé à réparer la chaîne de sa bicyclette, il avait un peu de graisse sur les mains, mais rien qu’un chiffon ne pouvait pas réparer.

Deresko Père se leva presque immédiatement, pour accueillir le visiteur et lui proposer un café – ou tout du moins de ce qui se rapprochait le plus d’un café dans leur baraque – mais il n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche. Elisabeth bondit sur ses pieds, comme un diable à ressort ; elle jeta son poulet à Solange, s’ébroua pour chasser la majorité des plumes puis rejoignit leur visiteur. Ses doigts malmenaient ses boucles avec vigueur pour en retirer le duvet, la paille, la poussière... bref, pour qu’elle soit un peu plus présentable. Elle savait que malgré tous ses efforts, elle aurait l’air d’une paysanne, mais elle n’était pas obligée d’avoir l’air aussi négligé que Justin.

"C’est moi, mais si vous venez à cause d’un colis égaré ou abîmé, ce n’est pas à moi qu’il faut vous adresser, vous devez voir directement avec la Poste." débita-t-elle, sans reprendre son souffle. "Et d’ailleurs, tout le monde vous dira que Framboise et moi prenons grand-soin du courrier, alors s’il est égaré ou dégradé, c’est pas nous..."

Elle s’accorda une seconde pour prendre une courte inspiration – ce qui laissait à l’étranger le temps d’en placer une.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Allemand
avatar

Messages RP : 14
Messages : 16
Âge du personnage : 34 ans

MessageSujet: Re: Se partager un gâteau à la framboise [Dimanche 13 Juillet 1941]   Ven 20 Mar - 0:00

L'étranger se fendit immédiatement d'un grand sourire. En général Erlinger avait tendance à se germaniser lorsqu'il abordait des gens pour affaire, mais face à des Français, il optait désormais pour sa bonne vieille démarche du début des années 30, celle qui n'aurait pas dépareillé dans un club de jazz moyen de gamme qui vous servait en douce de la piquette de Toronto : une démarche de cow boy, détendue, qui aurait été jugée quasi grossière dans les beaux salons de Hambourg.

"Vous vous méprenez, mademoiselle. Je ne suis pas venu me plaindre."

Il connaissait sa réputation, mais s'abstint de lui dire que c'était justement pour ça qu'il comptait faire affaire avec elle. Pour ce qu'il comptait transporter mieux valait employer quelqu'un qui savant emmener une boite d'un point A à un point B sans qu'il se transforme en galette bretonne.

"Je m'intéresse aux performances des Porte-Drapeau et j'ai entendu dire que votre Framboise avait un excellent profil de vol. C'est pour une étude très sérieuse, avec un budget." ça faisait toujours bien de dire ça, les gens s'imaginaient immédiatement qu'ils pourraient bénéficier de frais annexes. "Je pourrais vous rémunérez pour votre aide, évidemment."

Il jeta un regard au père. La fille était une postière, les cheveux courts et prompte à parler, sans doute incontrôlable. Il serait improbable que le père exige d'assister à leur entretien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Française
avatar

Messages RP : 42
Messages : 73
Âge du personnage : 21 ans

MessageSujet: Re: Se partager un gâteau à la framboise [Dimanche 13 Juillet 1941]   Sam 21 Mar - 14:34

Elisabeth pouvait se vanter d’avoir un peu d’expérience en tant que factrice et avait déjà vu toutes sortes de profils parmi les destinataires des courriers aéropostaux ; tour à tour messagère de l’amour et oiselle de mauvais augure, elle savait comment réagir face aux mécontents. En conséquence, apprendre que l’étranger ne venait pas pour se plaindre ne la rassura pas. Elle pouvait appeler Framboise pour prendre sa défense ou se cacher derrière Brouguignoles si le visiteur était mécontent de ses services mais s’il venait pour d’autres raisons... elle ne savait vraiment pas à quoi s’attendre.

Elle resta donc droite et digne face à l’étrange Américano-québeco-allemand, les sourcils légèrement froncés, les cheveux toujours agrémentés d’une légère neige plumeuse, dans l’attente d’explications. Les membres de sa famille semblaient avoir repris leurs activités mais elle savait qu’ils laissaient traîner une oreille à proximité.

Une étude sur les Porte-Drapeau ? C’était quoi, cette histoire ? Un peu dubitative, la jeune fille haussa un sourcil et croisa les bras. Elle savait que les militaires étudiaient et sélectionnaient les dragons avec un certain soin, en vue d’améliorer leurs performances et d’atténuer leurs défauts, mais ceux employés par la Poste étaient généralement laissés en dehors de ces bêtises. On ne leur demandait pas d’être spécialement performants et beaucoup n’étaient que des rebuts de l’armée.

Elisabeth avait très envie de lui demander qui organisait cette étude, d’où venait le budget et pourquoi il n’était pas passé par son supérieur, mais la promesse d’une rémunération calmait un peu son envie de chercher la petite bête. A tous les coups, c’était un type avec un courrier urgent ou qui ne devait pas passer entre les mains de la censure... Bref, quelque chose de ne pas bien méchant et Elisabeth voyait luire devant ses yeux le collier de sa copine Louisa. Elle pourrait s’acheter le même, et peut-être même un bijou encore plus joli, si le dénommé Franz se montrait un peu généreux.

"C’est à voir." déclara-t-elle, avec un infime sourire en coin. "On peut en discuter, et voir ensuite avec Framboise si elle est d’accord. Qu’est-ce que vous attendez de nous, pour votre étude sur les Porte-Drapeau ?"

Dans son dos, son père s'était repenché sur sa bicyclette ; sans cesser de regarder le couple du coin de l'oeil. Il n'avait pas l'air spécialement méfiant mais il gardait tout de même un oeil sur sa fille.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Allemand
avatar

Messages RP : 14
Messages : 16
Âge du personnage : 34 ans

MessageSujet: Re: Se partager un gâteau à la framboise [Dimanche 13 Juillet 1941]   Sam 21 Mar - 20:25

Difficile de savoir si elle était partante ou pas, et ce qu'elle avait compris exactement. Savait-elle déjà que cette histoire "d'étude" était complètement bidon et qu'il ne s'agissait que d'une vague justification, ou souriait-elle parce qu'elle espérait prouver les capacités de sa dragonne ? En tout cas, elle acceptait d'en discuter et c'était tout ce qui comptait pour le moment.

"Rien de bien compliqué. Il s'agirait juste d'aller d'un point A à un point B, dans un temps imparti et en portant des charges d'un poids variable."


C'est à dire des colis sur lesquels Erlinger comptait bien se faire un bénéfice et ce, sans en informer qui que ce soit à part lui même. Ceci dit cette histoire d'étude était bidon mais pas impossible : la Luftwaffe ayant réquisitionné tous les dragons qui avaient autrefois servi de courriers privés, il pouvait paraitre légitime de chercher à les remplacer par autre chose.

"Le... problème, c'est que vous devrez mener cette étude sur votre temps libre. Il n'y a pas encore d'accords entre l'entreprise qui me mandate et la Poste française, raison pour laquelle je m'adresse directement à vous. Bien entendu si les résultats correspondent à ce que nous recherchons, nous envisagerons de passer un contrat de partenariat avec la Poste elle même."

Dans le cadre des activités légales de son entreprise, et absolument pas des produits qu'il comptait faire venir en douce.

"En raison de la surcharge de travail, je pourrais vous payer votre salaire horaire normal plus dix pour cent."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Française
avatar

Messages RP : 42
Messages : 73
Âge du personnage : 21 ans

MessageSujet: Re: Se partager un gâteau à la framboise [Dimanche 13 Juillet 1941]   Dim 22 Mar - 0:27

Une fossette se dessina au creux de la joue d’Elisabeth. Son sourire s’était fait un peu plus mutin, un peu plus moqueur au fil des explications, car elle se faisait de moins en moins d’illusions sur la nature de ces soi-disant études : Herr Erlinger décrivait ce qui ressemblait fort à des activités de contrebande. Elisabeth aimait profondément son travail et se montrait très loyale envers la Poste, mais elle devait avouer qu’un colis non affranchi se glissait parfois par inadvertance dans ses sacoches – sans parler des mots doux qui rembourraient ses poches, sans timbre, sans adresse, parfois même sans destinataire.

A une époque où beaucoup de denrées étaient rationnées, elle ne voyait pas de mal à frauder de temps en temps. Elle était persuadée que d’autres pilotes de l’aéropostale avaient déjà prêté l’oreille à des propositions de ce genre. Ils n’étaient pas payés des mille et des cents, les dragons étaient parfois mieux traités qu’eux-mêmes ; dans ces conditions, pourquoi se priver si un homme leur permettait de mettre un peu plus de sucre dans leurs confitures ?

"Encore une fois, je ne peux pas vous serrer la main avant d’avoir consulté Framboise... c’est aussi son temps libre, et c’est elle qui va faire le plus d’efforts... mais en tout cas, vous avez toute mon attention. Bien entendu, notre réponse va dépendre de la distance à parcourir : nos heures pour la Poste restent prioritaires. Si les colis sont d’une masse et d’une solidité raisonnables, ça fera du bien à Framboise de se dégourdir les ailes, mais je suis garante de sa fraîcheur pour les heures de service, vous comprenez bien..."

Elle passa machinalement une main dans ses boucles indisciplinées, une lueur joueuse dans l’œil.

"Elle est encore jeune, ce n’est pas une vieille grincheuse comme Fulgur, elle a de la ressource et elle accepte toutes les excuses pour voler... Le travail pour la Poste passe d’abord, bien sûr, mais voler pour une étude... ou pour n’importe quelle autre raison, je pense que ça lui ira aussi."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Allemand
avatar

Messages RP : 14
Messages : 16
Âge du personnage : 34 ans

MessageSujet: Re: Se partager un gâteau à la framboise [Dimanche 13 Juillet 1941]   Jeu 26 Mar - 18:05

"Bien entendu, je comprends."

Il était difficile de la prendre totalement au sérieux avec son sourire mutin et ses plumes dans les cheveux. Et puis elle lui rappelait une gamine qu'il avait connu quand lui même avait son âge, pas physiquement (l'autre avait été très blonde, polonaise d'origine, avec des seins minuscules et d'immenses yeux bleus), mais dans l'attitude et le maintien. Franz aurait même pu être intéressé s'il avait eu dix ans de moins et pas d'alliance au doigt.

"Nous adapterons les voyages à vos disponibilités, cela va sans dire. Je dispose déjà d'un ouvrage de service de la Poste contenant quelques informations sur les Porte-Drapeau. Il est daté de 1892, alors je pense qu'il doit être un peu périmé, mais je devrai pouvoir évaluer à peu près les distances pour que ça reste faisable.

Quant à Framboise, je suis sûre que je pourrai trouver quelque chose pour la rémunérer elle aussi. Il me semble que les dragons aiment beaucoup les bijoux, je pourrais peut être me procurer quelque chose à son goût.

Je vais vous laisser y réfléchir. Voici mon adresse et un numéro de téléphone si jamais vous décidez d'accepter,"
dit-il en lui tendant une carte de visite. "Je suppose qu'il est inutile de préciser qu'il faudrait garder cette information pour vous. Je ne compte pas engager tous les dragons de Viers et ce serait bête de faire des jaloux, n'est-ce pas ?"

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Française
avatar

Messages RP : 42
Messages : 73
Âge du personnage : 21 ans

MessageSujet: Re: Se partager un gâteau à la framboise [Dimanche 13 Juillet 1941]   Dim 29 Mar - 18:22

Un léger rire tinta dans la cour des Deresko dès que Franz suggéra qu’un bijou pourrait convaincre Framboise de l’intérêt de ses études. Elisabeth était consciente du sérieux de son interlocuteur – et de la gravité de la mission proposée – mais elle ne pouvait pas s’empêcher de traiter cette affaire comme un nouveau jeu. Il connaissait plutôt bien les dragons, le bougre ; la demoiselle était prête à lui suggérer l’achat d’un mouton ou deux pour mettre sa compagne dans de bonnes dispositions mais un bijou... c’était plus durable, plus précieux et beaucoup mieux pour parader devant les membres de la Poste. La Porte-Drapeau ne résisterait sans doute pas à un pot-de-vin pareil.

"Je pense que Framboise va vous apprécier." déclara la jeune postière, en prenant la carte de visite entre deux doigts. "Ne vous inquiétez pas, elle n’est pas écervelée, elle saura tenir sa langue et je ferai de même. Quand est-ce que vous êtes disponible pour une visite ou pour un coup de téléphone, et quel délai me laissez-vous avant que je vous donne ma réponse définitive ?"

Elle jeta un vague coup d’œil du côté de sa famille. Son petit frère s’était approché de la moto, les deux mains serrées sur l’anse de son panier, émerveillé et intimidé ; sa sœur et son père se consacraient à nouveau à leurs tâches du moment mais Elisabeth savait qu’ils s’efforçaient de capter quelques mots de la conversation, l’air de rien. Elle leva machinalement les yeux vers le ciel, mais aucune forme rouge, frangée de bleu et de blanc, ne tranchait sur l’azur. Framboise devait être avec ses congénères à la Poste ou en train de chasser le maigre gibier de Viers.

Une fois cette courte observation terminée, la jeune femme offrit un nouveau sourire à Franz. Elle espérait qu’il comprenait qu’elle était vivement intéressée ; elle ne pouvait pas donner son accord sans consulter sa dragonne, comme elle l’avait déclaré, mais elle était sûre que Framboise se rangerait à ses côtés et qu’ils feraient affaire avec ce curieux Américano-québeco-allemand.

Elisabeth savait où était son intérêt.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Allemand
avatar

Messages RP : 14
Messages : 16
Âge du personnage : 34 ans

MessageSujet: Re: Se partager un gâteau à la framboise [Dimanche 13 Juillet 1941]   Mar 31 Mar - 0:57

"Je suis très heureux de l'apprendre," répondit Franz. Si la dragonne l'aimait bien, alors... il n'allait pas s'en plaindre, et cette remarque ne signifiait qu'une chose, que la jeune fille était prête à participer à sa petite affaire. Ce serait même sympa d'avoir une copine avec des ailes : Franz aimait la diversité et il ne connaissait encore personne qui soit capable de voler par ses propres moyens.

"Le plus tôt sera le mieux, mais votre délai sera le mien. Je vous l'ai dit, vous êtes la seule que j'ai contactée pour le moment, vous n'avez donc pas de concurrence." Parce que les autres étaient de vieux croutons ou de vrais bon collabo pète sec. "Si c'est ma secrétaire qui récupère l'appel, ne lui donnez pas de détails, donnez lui simplement votre nom et si vous acceptez."

Non parce que connaissant Henriette et ses yeux de fouine, si elle se doutait de quoi que ce soit elle serait bien capable d'envoyer une petite lettre amicale à la Gestapo. Pour son propre bien comme pour celui d'Elisabeth Franz préférait que les choses reste entre lui, la rouquine et le contact avec lequel il arrangerait la livraison.

Il jeta un oeil à sa montre. Il n'était pas en retard, mais s'il ne tardait pas trop, il aurait encore le temps de finir de revoir la comptabilité du Pic-Vert sans avoir à y passer deux heures le lendemain.

"Bon, je vais y aller. Surtout n'hésitez pas à appeler pour prendre rendez-vous. Je suis très occupé en ce moment, mais pour vous, je ferai une petite place dans mon emploi du temps !"

Affirmation aussitôt suivie d'un clin d'oeil entendu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Française
avatar

Messages RP : 42
Messages : 73
Âge du personnage : 21 ans

MessageSujet: Re: Se partager un gâteau à la framboise [Dimanche 13 Juillet 1941]   Sam 4 Avr - 0:48

Séduite par la mention d’un bijou pour Framboise et surtout par la perspective de toucher une prime, Elisabeth ne comptait pas présenter de nouvelles objections ; silencieuse, les joues un peu plus colorées, elle se contenta de hocher la tête chaque fois que Franz ajoutait une information supplémentaire à sa petite liste, en signe de compréhension. Une réponse rapide. Laisser la secrétaire en dehors de leurs petites affaires. Ne pas hésiter à prendre rendez-vous...

La jeune femme le gratifia d’un sourire presque charmeur. S’il avait eu dix ans de moins... et surtout s’il n’avait pas eu un anneau au doigt... elle se serait sans doute laissée tenter. Elle avait toujours eu un faible pour les audacieux, avec un pied dans le camp des honnêtes gens et l’autre sur la mince frontière entre le domaine légal et son voisin illégal.

"C’est entendu. Je vous dis à bientôt, dans ce cas..."

Après avoir fourré la carte de visite dans la poche de son gilet, elle honora le visiteur d’une inclinaison de la tête et du buste, avant de revenir près de sa sœur et de son père. Justin hésita ; ses yeux voyageaient entre la moto, son cavalier et sa famille. Il prit finalement sa décision et rejoignit sa fratrie en trottinant, sans lâcher son panier garni d’œufs. L'ensemble du groupe dit poliment au revoir à l'étranger, avant que l'attention générale revienne sur l'aînée des filles.

"Je te fais confiance, Beth, pas d’imprudence..." marmonna le chef de la famille Deresko, en se repenchant sur son vélo.
"Vous vous êtes donné le mot, Camille et toi ?" protesta la jeune femme, en se rasseyant sur le perron. "J’ai 21 ans et j’ai un dragon, j’vous rappelle..."

... et la conversation continua dans cette direction, dans le tourbillon des plumes que les deux filles arrachaient, dans le léger voile de poussière soulevé par les sandales de Justin, dans la voix affectueuse mais bourrue du père de cette joyeuse bande.

Bref, c’était à nouveau une journée normale dans la ferme des Deresko.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Se partager un gâteau à la framboise [Dimanche 13 Juillet 1941]   

Revenir en haut Aller en bas

Se partager un gâteau à la framboise [Dimanche 13 Juillet 1941]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Die Adler :: Les alentours :: L'arrière pays :: Village de Viers sur Ruisseau-