Pour des clopinettes (Mercredi 23/07/1941)


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Pour des clopinettes (Mercredi 23/07/1941)

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MessageSujet: Pour des clopinettes (Mercredi 23/07/1941)   Mar 31 Mar - 21:43

[HJ- Pour Pascal et ceux qui veulent !]

Et c’était reparti pour un tour. En l’occurrence, un tour des rues de Montreuil, de bon matin, à la recherche d’une épicerie. Au moins, cette fois, François évitait la pluie – ce qui n’était jamais gagné, même en plein mois de juillet – mais ça ne suffisait pas vraiment à le dérider.

Il aurait bien tapé dans un caillou pour évacuer sa mauvaise humeur, si seulement il y en avait eu un à sa portée. Mais non. Les rues du quartier bourgeois semblaient décidées à rester aussi proprettes que leurs riverains pouvaient le souhaiter. Frustré, François serra les poings dans les poches de son uniforme et accéléra un peu l’allure. A défaut de le défouler, ses grandes enjambées lui permettraient au moins d’en terminer plus rapidement avec cette corvée. Tout comme, à défaut de passer inaperçu, son uniforme lui permettrait certainement de ne pas se faire importuner par des passants. Il était aviateur, merde ! Pas commis, pas coursier, pas livreur. A-via-teur ! Que le commandant lui refile les corvées les plus absurdes sous des prétextes fallacieux, c’était déjà lourd, mais là c’était franchement exagéré. L’achat de cigarettes, il y avait déjà eu droit une fois, le commandant aurait pu faire un effort pour varier, non ? Même si, celles qu’il avait achetées la dernière fois étaient vraiment meilleures que les autres – et François en doutait – le commandant était bien assez grand pour aller les chercher tout seul, non ? De toute façon, rien ne garantissait qu’il retrouve les mêmes : avec les restrictions, on ne trouvait pas de tout… et il ne se souvenait même plus de la marque. Et il était absolument hors de question de retourner à l’épicerie de la dernière fois. Déjà qu’il devait jouer les coursiers dans les rues de Montreuil au lieu de se reposer après son service, il n’allait certainement pas retourner chez l’autre collabo d’épicière !

Marmonnant dans la barbe qu’il n’avait pas, François obliqua donc vers le Pont du 11 novembre et le quartier ouvrier qui se trouvait au-delà. Si on en croyait les bavardages de ses collègues, c’était le coin où on trouvait le plus de communistes – même s’ils étaient probablement plus difficiles à trouver depuis quelques temps. L’aviateur n’avait rien contre les rouges, mais Vichy et l’Occupant ne les portaient clairement pas dans leur cœur. Et ne disait-on pas que les ennemis de ses ennemis étaient ses amis ? François n’était pas vraiment près à donner à des inconnus le titre d’amis, mais il était probable qu’il croise moins d’allemands dans les rues de Saint-Paul qu’ailleurs. C’était déjà pas mal. Ca et le fait que, s’il devait donner de l’argent à un épicier, autant que c’en soit un qui ne léchait pas les bottes des allemands ! Parce que, ce coup-ci, en plus des cigarettes du commandant, il avait écopé d’une véritable liste de courses. Comment avaient dit Baudin et Leroy, déjà ? Puisqu’il allait faire des achats, il pouvait bien leur rapporter quelques petits trucs, hein ? Comme s’il n’était qu’un coursier !

A trop ressasser ses pensées, François faillit manquer la première épicerie devant laquelle il passa. Heureusement, il n’avait plus le nez baissé à la recherche d’un caillou à envoyer rouler, si bien qu’il finit tout de même par remarquer l’enseigne Chez Chevrier qui s’étalait au-dessus d’une vitrine. Pas trop loin du pont – il ne mettrait donc pas des heures à retrouver son chemin vers le téléphérique – c’était parfait ! – enfin dans la mesure où quelque chose pouvait être parfait pendant cette journée pourrie.

« Bonjour, » lança donc l’aviateur – toujours poli, même de mauvais poil – en franchissant le seuil de l’épicerie.
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MessageSujet: Re: Pour des clopinettes (Mercredi 23/07/1941)   Mer 1 Avr - 20:32

[ HJ - Court mais c'est qu'un début de RP ]

'' Mais puisque je vous dis que nous n'en avons plus ! Trouver du beurre ces temps-ci, c'est impossible. Je peux vous vendre de la farine ou du café, mais du beurre, non. ''

'' Mon fils fête son anniversaire demain ! Je suis prêt à payer le double... Ou le triple s'il le faut ! ''

Cette petite femme était dans le désarroi le plus total et elle ne manquait pas d'arguments, mais que pouvait faire Pascal face à cela ? Depuis ce matin c'était la même rengaine : expliquer à une file de personnes se pressant devant le magasin d'alimentation Chez Chevrier, qu'il n'avait plus de beurre et qu'ils devaient attendre la prochaine livraison qui était retardée de quelques jours par rapport à la date habituelle. Les produits de bases se faisaient de plus en plus rare et Pascal devait lui-même des fois tripler les prix auprès de ses grossistes pour avoir ce qui lui fallait pour éviter que son épicerie coule. D’ailleurs, le beurre était le produit le plus cher et le plus introuvable avec la viande en zone occupée. Avant la guerre, le beurre était aux alentours de 3.2 F le kilo, maintenant il était à 7 F et la qualité ne l'accompagnait pas toujours. Saloperie de guerre.

'' Désolé Madame, mais je ne peux rien faire pour vous. Si vous tenez absolument à avoir du beurre vous aurez plus de chance dans le quartier du Meunant. Les prix là-bas sont chers, voir même inabordables, mais vous trouverez sûrement ce que vous voulez. C'est valable pour vous tous aussi ! JE N'AI PLUS DE BEURRE !''

Des soupirs et des '' non ! '' se firent entendre dans toute l'épicerie. La femme s'en alla accompagné de deux autres clientes, outrées par le comportement de Pascal qui, bien que polie du début à la fin, commençait à en avoir par-dessus la tête des gens qui tentaient de lui soutirer du beurre qu'il ne possédait pas. Le trafiquant d'arme était aussi fatigué de sa soirée d'hier où il avait dû attendre en pleine forêt, un '' client '' qui était arrivé avec plus de quinze minutes de retard et qui avait finalement demandé une légère baisse de prix. Ce genre de personne énervait au plus au point Pascal qui avait la réputation de jamais changer les tarifs.
C'était décidé ! Il allait maintenant mettre une pancarte devant son magasin pour préciser que son magasin était en rupture de stock de beurre. Mais alors qu'il allait justement commencer son travail, la sonnette de son magasin sonna pour annoncer la venue d'un autre client. Décidément, cette journée allait tuer de fatigue pascal qui était déjà au bord de la crise de nerf. C'était un soldat français qui venait d'entrer et à en juger par son uniforme c'était un aviateur, ils étaient rares ces temps-ci, mais cela faisait du bien d'en voir quelques fois. C'était même rassurant de savoir que la ville de Montreuil n'était pas à la proie complète des Allemands. Mais tout cela n'allait pas rendre plus heureux notre criminel qui continuait de faire la tête. '' Reste commercial et chaleureux. Aller ! Un grand sourire ! '' lui commandait sa raison dans sa tête. Pascal le fit, avec beaucoup de difficultés certes, mais il le fit.

" Bonjour ! Bienvenue chez Chevrier ! Chevrier c'est moi et vous trouverez tout ce qu'il vous faut ici ! Sauf du beurre. Nous sommes en rupture de stock pour ce produit en particulier.''
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