Je sers la science et c'est ma joie ! (17.07.1941)


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Je sers la science et c'est ma joie ! (17.07.1941)

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Française
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MessageSujet: Je sers la science et c'est ma joie ! (17.07.1941)   Dim 19 Avr - 21:58

Comme Elisabeth l’avait prédit, Framboise prêta une oreille attentive aux explications sur les études de Franz, le transport de colis, la discrétion nécessaire pour ces opérations ; un éclat avide étincela dans son œil dès que la jeune fille mentionna un bijou, qu’elle vendit comme un signe d’amitié et comme la récompense de leurs futurs efforts. Au bout du compte, la dragonne ne voyait aucun inconvénient à aider le Boche à faire des calculs sur la vitesse, l’endurance et l’aptitude des Porte-Drapeau à garder un secret. Ce qu’il leur proposait ne semblait pas bien méchant... et peu cher payé face à la promesse d’un bijou.

Les facteurs n’étaient pas bien riches et la guerre ne leur avait pas laissé assez d’économies pour qu’ils gâtent les dragons. Au mieux, ils pouvaient réaliser eux-mêmes une petite gravure sur le harnais ou s’arranger avec un voisin fermier pour ajouter un mouton aux repas de leur partenaire ; Framboise ferait partie des rares dragons favorisés par la chance et serait d’autant plus remarquable dans les cours de Viers.

En un mot comme en cent, la dragonne et sa pilote n’eurent besoin que de quelques heures pour prendre leur décision, mais elles attendirent quatre jours avant d’en faire part à Franz – en effet, quatre jours s’écoulèrent entre la visite de l’Allemand et la livraison officielle de colis dans la zone industrielle. Elisabeth avait sauté sur cette opportunité car elle voulait laisser à leur futur partenaire une chance de parler à Framboise en personne, s’il le désirait ; or, elle ne pouvait pas amener une dragonne rouge vif dans cette zone sans une bonne excuse.

Bref, le jour dit, elle remplit sa mission pour la Poste aussi rapidement et efficacement que possible avant de se rendre à l’adresse indiquée sur la carte de visite, un sourire charmant et charmeur aux lèvres pour effacer les éventuels obstacles.

Elle n’avait pas oublié qu’elle devait garder les raisons de sa visite sous silence, et avait donc préparé une petite phrase polie pour abattre les difficultés ; au cas où.
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MessageSujet: Re: Je sers la science et c'est ma joie ! (17.07.1941)   Jeu 30 Avr - 12:16

Des trois usines dont Franz assurait la reprise à Montreuil, il avait choisi le Pic-Vert pour être son quartier général. La fonderie L&K ne lui appartenait pas et le bureau de Tissages, Lévy & Fils lui paraissait exigu, placé dans un bâtiment séparé, alors que celui du Pic-Vert se trouvait dans une mezzanine au dessus de la fabrique même, assez proche pour qu'on puisse y saisir le bourdonnement des machines. Une série de grandes vitres d'allure industrielle déversait des flots de lumières et de chaleur que des stores endiguaient un peu, zébrant les murs de rayures dorées. Une vue sur la cour pavée et le grand portail de fer forgé complétait le tout. De petites habitudes s'ancraient déjà chez les nouveau patron : il aimait prêter attention, de temps en temps, aux ronflements en sourdine de son appareil productif, ou boire son café en détaillant de sa fenêtre chaque espace de cette cour, de ces murs à cause desquels il devait une somme assez faramineuse à une banque de Hambourg. Mais ces dettes, bien sûr, il n'en parlait à personne.

Elles motivaient pourtant ces risques qu'il allait prendre. Les nazis n'autorisaient pas plus le marché noir aux ressortissants du Reich qu'à ceux que l'empire germanique occupait. S'il se faisait prendre Franz risquait bel et bien quelques déboires avec la Gestapo ; il lui importait à présent de ne pas dépasser l'acceptable, de se faire de l'argent vite et bien sans franchir la ligne invisible qui le ferait passer d'un profiteur qu'on peut tolérer à un parasite détestable. Il s'attendait à devoir discuter de cette ligne avec la rue Carnot à un moment ou à un autre. L'idée lui faisait froid dans le dos ; ce ne seraient pas les premiers policiers avec qui il passait des accords pas tout à fait à légaux, mais ceux là le mettaient bien plus en danger que les fédéraux. En Amérique il n'avait eu à craindre d'eux que la prison, et la prison ne lui faisait pas peur ; ici, ils pouvaient bien le fusiller ou l'envoyer entre des murs nettement plus pénibles.

L'entrepreneur ne fut pas surpris par l'éclat rouge qui vint perturber le mécanisme bien réglé de la cour (où, il est vrai, il ne se passait souvent pas grand chose). L'arrivée du dragon en elle même attira son regard par sa couleur et son mouvement, bien sûr ; Franz n'avait jamais eu l'occasion d'être blasé de ces créatures. Simplement, il avait été presque certain qu'Elisabeth allait accepter. Le courage, la bonté comme la cruauté n'avaient rien d'universels, mais on pouvait acheter la plupart des gens dès lors qu'on parvenait à exciter leur convoitise.

Onze heure du matin. L'instant parfait pour prendre sa pause. Franz referma un dossier, agença quelques documents pour bâtir une jolie pile bien droite et récupéra dans une autre un feuillet qu'il fourra dans sa poche. Il ne prit pas la peine de récupérer sa veste de costume : en plein mois de juillet, la chaleur rendait le trois pièces mortel si on s'acharnait à l'assumer à longueur de journée ; ses employés commençaient à s'habituer au blanc immaculé de sa chemise, tranché uniquement par les bretelles et la cravate dont il ne se passait jamais lorsqu'il portait son masque de patron. Il fut dans la cour en trois minutes à peine, le sourire aussi brillant que le cuir bien lustré de ses chaussures ; un sourire américain, dont il avait compris dès son arrivée dans le Vieux Monde que, rêve américain oblige, il faisait fondre tous les indigènes d'un continent qui se croyait vieux et mourant.
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Française
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MessageSujet: Re: Je sers la science et c'est ma joie ! (17.07.1941)   Ven 8 Mai - 3:37

Elisabeth s’imaginait déjà égarée entre les bâtiments ou dans une série d’escaliers, bloquée par des vigiles ou par une secrétaire revêche, mais l’apparition de son futur employeur brisa net son petit roman d’aventures. Elle n’allait même pas avoir besoin de quitter la cour ; les présentations avec Framboise seraient d’autant plus simples, et d’autant plus rapides. Elle répondit au sourire brillant de l’Allemand par un sourire franc et chaleureux, qui creusa deux fossettes sur ses joues, rosies par le vent de la course, l’excitation de l’interdit et le bonheur de pouvoir présenter sa dragonne à un piéton. Elisabeth était extrêmement fière de son travail et de sa partenaire, si bien qu’elle aimait toutes les occasions qui lui permettaient de mettre l’un ou l’autre en avant.

"Bonjour, monsieur Erlinger..." roucoula la jeune fille. "C’est un plaisir de vous revoir... Comment allez-vous, depuis notre dernière rencontre ?"

Elle n’accordait pas une grande importance à la réponse ; c’était un simple échange de politesse, un étalage de banalités avant de passer aux choses sérieuses. Elle tourna à demi la tête vers sa dragonne et lui fit signe de les rejoindre. Framboise, qui s’était couchée au soleil, les ailes étendues, l’ignora dans un premier temps, davantage tentée par son bain de lumière que par une discussion dans la pénombre ; mais comme la postière insistait, la grande créature fit un effort pour se lever et rejoindre les deux bipèdes. Elle se souvenait de la promesse d’un bijou et tendit donc la tête vers l’Allemand, un éclat avide dans l’œil.

"Je vous présente Framboise... Framboise, voilà monsieur Franz Erlinger, qui voudrait tester tes capacités en vol... histoire de les employer au mieux."

"Enchantée. C’est un plaisir..."
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MessageSujet: Re: Je sers la science et c'est ma joie ! (17.07.1941)   

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